Difficile d'écrire Copperplate - Atelier de trivialités (9)La calligraphie marchait du tonnerre ces deux ou trois dernières années. Il semble qu'elle ait un peu marqué le pas en pendant les fêtes de fin d'année. Il faudra vérifier ça, si on y parvient, en trouvant les chiffres de vente de coffrets spécialisés sur le net : quelques papiers rares, des plumes, un encrier élégant, disposés classieusement dans une valisette en bois et qui continuent de faire un cadeau impeccable pour à peu près tout le monde. Cette vidéo sans prétention met l'accent sur une question qui est injustement ignorée des français et des amateurs de livres de toutes sortes (romans, entre autres), alors qu'elle a donné lieu à des centaines et des centaines de pages dans le monde anglo-saxon : la question des polices. D'une façon générale et sans caricaturer, les éditeurs français se foutent de la façon dont les livres sont rendus. Le format est central chez eux (car de lui dépend le nombre de pages, le prix du livre et la rentabilité) : personne ne s'intéresse aux polices qui, la plupart du temps, sont invariables d'un livre à un autre, comme si l'apparence du texte sur la feuille n'avait AUCUN intérêt pour le sens des mots, le rapport au lecteur et surtout l'attrait du livre. On continue de trouver insensé qu'un type comme Mark Danielewski (La Maison des feuilles) exige de ses éditeurs un vrai travail de mise en page, car cette dimension est consubstantielle de son oeuvre. Sans aller jusqu'à ces extrémités (Danielewski fait parfois disparaître le sens sous la casse), certains auteurs anglo-saxons explorent au fil des romans la magie des polices, en font développer pour leurs oeuvres et ne manquent pas (ce qui est un gage de sérieux) de faire figurer à la fin de leur ouvrage sous quelle police le livre a été présenté. Ballard, qui n'est pas réputé pour être un écrivain exigeant en matière d'editing, a ainsi fait développer une police spéciale pour la mise en valeur de son Kingdom Come. Will Self a agi de la même manière pour son Book of Dave. Sans rentrer dans de longs développements sur ce sujet qui est quasi inépuisable, on peut se balader au hasard des sites et admirer les polices disponibles , ici ou là, lire ce que fait, par exemple, l'immense lettriste et graphiste Todd Klein de son métier de lettreur (letterer) pour les plus grands dessinateurs de comics. Klein qu'on aura, je l'espère bientôt, en interview, est un homme charmant dont le discours place la calligraphie et la police de caractères au coeur de la dynamique propre à un ouvrage, fut-il livre, roman ou évidemment comic book. Aucune étude sérieuse n'a été faite là-dessus mais il est probable que de mauvais choix de polices condamnent chaque année des milliers de livres à l'oubli. J'aimerais, si j'en avais les moyens, disposer d'un manuscrit de Marc Lévy que j'éditerais de façon différente et dont je surveillerais selon la composition les chiffres de vente pour mesurer l'impact de l'habillage (et je ne parle même pas de l'illustration de couverture) sur la motivation d'achat des lecteurs. Il est à peu près certain que toutes ces choses sont décisives. La séparation du business et du culturel, du scientifique et du littéraire empêche les éditeurs qui devraient s'intéresser en professionnels à ces éléments de mener les études nécessaires. En attendant, écrire Copperplate, c'est cool mais difficile. CQFD. Commentaires
De eZe, posté le 05.01.09 à 23:32
![]() CopperPlate ;) … De RIPRIP, posté le 06.01.09 à 12:04 ![]() c'est des salades tout ça démonstration parce qu'effectivement le sujet le sujet semble inépuisable dans les boyaux de ma tête la police mais que fait la police ? le cadre également est important les marges quoi de là à dire que la police puisse avoir même une toute petite influence sur la vérité de la parole mmm chai pas ça me tente pourtant msieur semoun ouainan ya plein de choses à dire pleeeeeein j'ai remarqué que plus la typo était simple souple lisse plus la lecture était simple souple lisse moi j'aime bien cambria paskeu c'est un peu anguleux ya du gratton le regard cet alpiniste de l'esprit est tenu d'ouvrir une voie difficile la via ferrata en lis tes ratures moi ça m'branche pas c'est tout juste bon pour les journalistes et les avocats chacun sa vision du confort la police semble n'être qu'un véhicule donc UN PANIER A SALADE gyrophare gyrophare gyrophare gyrophare De RIPRIP, posté le 06.01.09 à 15:33 ![]() j'ai envie de dire télékinésie de la police de caractère - télékinésie de la police de caractère ok sur glace ? De RIPRIP, posté le 06.01.09 à 15:36 ![]() - OUVREZ ! POLICE DE CARACTERE ! le petit poulet tout fumant dans son plat avec des petites patates frappa à la porte Ajouter un commentaire |
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