Déchirer des livres, ça fait du bien ? Atelier de trivialités (8)Vous avez bien vu : sur cette vidéo, on aperçoit de manière fugace le sinistre Jean-Pascal, le premier boyfriend de Jenifer de chez Jenifer & Jenifer, la Star Ac 1, etc, reconverti pour l'occasion en présentateur de Incroyable mais vrai. Mais ce n'est évidemment pas de cela dont nous allons parler. Je ne sais pas si vous avez remarqué cette propension chez l'homme et chez l'homme de culture en particulier : le fantasme de destruction (du livre lu ou à lire) est très présent. Appelons le syndrome Bottin ou symptôme de l'annuaire déchiré, comme vous voudrez : une force contraire à celle qui régit l'amour du livre, des lettres et de la culture surgit parfois à l'improviste, lors d'une scène de ménage, lors d'une colère noire ou alors à l'occasion d'un mouvement d'abattement mâtiné de rage sans déclencheur spécifique, qui pousse l'homme commun à saisir un livre, un journal, une encyclopédie ou un Bottin (ce qui est déjà beaucoup plus dur) et à vouloir le mettre en pièces. On trouve quelques exemples célèbres de colères avec destruction de "matière livresque" (pédanterie quand tu nous tiens....) : des critiques littéraires qui font leur effet en bazardant des livres à travers le studio (Jean Edern Hallier, le Jean-Pierre Coffe de la mal-lecture), aux nazis qui célébraient l'épuration culturelle en caramélisant des chefs d'oeuvre autodafés, en passant par toutes ces performances bestiales (dont celle ci-dessus) qui consistent à déchirer, à tordre le livre pour le massacrer. Tradition de la destruction, gratuite avec les autodafés nazis, inquisiteurs, politiques, mais créative lorsqu'il s'agit de brûler ou de déchirer pour rebâtir, ce qu'ont fait les William Burroughs, Brion Gysin et consorts. A une échelle réduite, le lecteur détruit parfois ses propres livres, s'en débarrasse. Des bébés prennent plaisir à faire des confettis avec, comme le font les jeunes chiots. Détruire pour reconstruire Dans cette appétance pour la destruction, on peut assez facilement voir une volonté de consumer l'intelligence qui va avec le livre mais aussi d'en absorber la science. Est-ce à dire qu'en déchirant à mains nues le Bottin, le gros bras ingère une connaissance du monde qu'il n'avait pas avant ? Cela paraît assez absurde. Un livre qui brûle dégage des vapeurs de mots, des vapeurs d'idées qui, comme pour un barbecue, s'avèrent stimulantes ou cancérigènes. Les Dieux s'en abreuvaient. Les débiles aussi. Il n'est pas dit que les personnes intelligentes n'en puissent pas profiter. L'art du cut-up spécule sur cette idée selon laquelle, dans l'acte d'être écrits, les mots seraient prisonniers du sens que l'auteur leur a donné, et qu'un découpage en règle, en serial-killer ou à la barbare permet de libérer le mot et de lui rendre, comme à un étalon, sa vigueur première. Tout ce qui relève de l'assemblage tend au désassemblage : le corps, les cheveux sur une tête, les Barbies BHL, les automobiles Majorette, les Bibles.... On peut ainsi déchirer des bouquins avec les dents, avec les pieds, avec les mains ou avec l'organe de son choix, et ne penser qu'au progrès de la littérature. Il faut faire avancer la cause : entrer dans une librairie et organiser une action de libération des mots retenus prisonniers par Marc Lévy, Christine Angot, Pamela Andersen, les mots détenus depuis des siècles dans des essais politiques sans queue ni tête, des biographies de vies sans intérêt, des pensums ennuyeux et lourds. Quand nous en aurons fini avec ça, nous reviendrons à Jean-Pascal et entreprendrons de libérer les mots numériques des blogueurs suffisants, les mots numériques des élucubrations sans queue ni queue, sans sens ni chaussettes. Déchirer des livres, ça fait du bien ? Presque autant que de dévisser des têtes, à ce qu'on dit.... Commentaires
De RIPRIP, posté le 27.12.08 à 16:05
![]() 905 combien sont morts sur des charniers plus doux 1371 les vieux ont peut-être interdit aux jeunes de gagner le désert 1870 il neige dans l'estomac du diable 1914 vous trouverez du pétrole qui ne sera pas pour vous 1922 on brûle le bottin place de l'opéra
### fin de citation SOLFAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA De myriam, posté le 29.12.08 à 09:03 ![]() Celui qui déchirera mes livres n'est pas encore né. Je les protège dans une bibliothèque fermée à double tour, à l'abri des gamins, des curieux et des forcenés. Vandales ! De marc, posté le 29.12.08 à 16:48 ![]() Déchirer des livres. Vous allez les chercher où vos idées de sujet ????? Vous prenez de la drogue ? De RIPRIP, posté le 05.01.09 à 14:59 ![]() st marc j'fais l'ménage ya deux questions donc je réponds à ta place l'ortie c'est normal tu vas pas daigner bouger les doigts sur ton clavis pour un tel fakin à la deuxième question d'abord : oui bien sûr marco-paulo la plante se drogue et question de cause alitée : quel est le problème ? quant à la 1ere question on élude elle est trop naze faut grimper d'un cran mon pti marco t'es un peu court Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum livres :
|