L'Amérique de John Lofland et de Joe Biden
Fils d'un fermier devenu marchand, Lofland est à la ramasse pendant l'enfance et semble pénalisé par des qualités de compréhension nettement inférieures à la moyenne : il lit très tard et est considéré par les gens de sa famille comme un benêt. Etrangement, il décolle à l'adolescence et s'engage dans des études de médecine. A la fac, il découvre les joies de la vie en communauté et commence à produire des poèmes satiriques sur la vie médicale qui font le bonheur de ses collègues. Surnommé le Barde de Milford, il se lance dans le théâtre et commence à se saoûler avec une énergie incroyable. Diplôme en poche, il retourne à Milford pour se consacrer à sa carrière littéraire. Le père de la femme à qui il était promis le considérant comme un poivrot réussit à empêcher son mariage. Lorsque sa promise épouse un autre homme, Lofland déprime et reste cloîtré chez lui pendant 3 années complètes.
Au début des années 1830, il se fait un petit nom en qualité de poète et publie dans la Gazette du Delaware. Il complète sa consommation d'alcool par une addiction sévère à l'opium (laudanum) qui ne le quittera plus jusqu'à sa mort. Il déménage ensuite pour Baltimore (l'une des villes les plus peuplées d'alors) où il se lie d'amitié (toxicomane) avec un auteur autrement plus mémorable : Edgar Allan Poe, hé oui. Lofland et Poe se font concurrence en beuveries, en orgies et en binge drinking. Lofland enchaîne les comas éthyliques et les cures de désintoxication tandis que Poe devient Poe. Il parvient peu à peu réguler sa consommation de drogue et écrit beaucoup à cette époque. John déménage une ultime fois ensuite pour prendre la tête d'un journal célèbre à cette époque, Le Blue Hen's Chicken. Il mourra peu après de tuberculose. Négligé, dépassé par la gloire d'autres auteurs, Lofland tombe dans l'oubli. les textes de Lofland sont marqués par des qualités dramatiques indéniables et par un goût prononcé pour le macabre et le romantisme à l'anglaise, en même temps qu'un intérêt pas si fréquent pour le féminisme, la cause des Native Americans (les Indiens) et les minorités. Ici, un poème un brin Delawariste, appelé tout bêtement Delaware, qui sent l'Amérique de la Liberté à plein nez. Traduit à la maison.
Cher Petit Delaware, état où je suis né,
Patrie de mes pères, berceau des braves
Quelle joie, O Delaware, pour toi,
Depuis qu'une résistance ferme a libéré la nation Commentaires
De patrick, posté le 07.11.08 à 15:22
![]() Je ne connaissais pas ce poète inconnu. Tu l'as inventé ? Il faudrait démarrer une anthologie des poètes américains et européens inconnus ou oubliés, ça pourrait être drôle. Ce Delaware est marrant quand même. De mazz, posté le 07.11.08 à 16:56 ![]() C'est aussi furieux que la Marseillaise ce poème/ "égorger la paix dans une atrocité humaine" c'est gore ! De MADmoiselle, posté le 10.11.08 à 10:30 ![]() "Lofland et Poe se font concurrence en beuveries, en orgies et en binge drinking"... N'importe quoi. Je voudrais bien connaître la source ! De myosotis, posté le 10.11.08 à 11:07 ![]() Exemple parmi d'autres tirée de la biographie de Poe : 1830 (Jan. ?) - Poe accepts a challenge from John Lofland (the "Milford Bard") at the Seven Stars Tavern (on Water Street) to see who can write the greater number of verses. Poe loses to Lofland and is obliged to pay for dinner and drinks. (Phillips, Poe the Man, p. 461 and Mabbott, Poems, pp. 501-502.) C'était des potes de beuverie en plus d'être des écrivains... gothiques. Poe était un gros déconneur. De MADmoiselle, posté le 10.11.08 à 18:53 ![]() Je vais me procurer ça... Mais ce qui est écrit là ne signifie pas "Lofland et Poe se font concurrence en beuveries, en orgies et en binge drinking"... Où sont les orgies là-dedans... Une chose arrivée peut-être une fois n'est pas une habitude. De plus, Poe était bien plus qu'un écrivain gothique... Il n'utilisait ce style que pour en faire la satire et gagner de l'argent... De myosotis, posté le 10.11.08 à 19:48 ![]() Je confesse un brin d'exagération mais généralement quand on en vient à ce genre de paris réguliers, qu'on mélange alcool, bonne bouffe et quelques drogues, le sexe n'est jamais loin. ... Ajouter un commentaire |
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