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Entendre Baudelaire et Keats parler ? C'est possible...

Posté par Myosotis le 24.10.08 à 14:51 | tags : elucubration, littérature en vidéo, poésie

Vous aviez déjà eu envie d'entendre Baudelaire, Emily Dickinson ou John Keats dire de la poésie en vrai ? Nous non, mais visiblement les types responsables de ces animations incroyablement.... hideuses, avaient placé très haut dans la liste de leurs fantasmes cette idée d'animer les grands poètes disparus. Le résultat est évidemment à la hauteur de l'idée originale. Oui, John Keats donne son poème comme si vous y étiez : imaginez vous à Rome au XIXème siècle, Piazza Navona (Keats habitait là à la fin de sa vie, on peut visiter sa maison, voir son lit de mort, son pot de chambre, ses lettres, cela vaut le déplacement), Keats est là, près de vous, maladif et déprimé, et comme toujours, envisage le pire. Et le pire, ce n'est pas la guerre, pour une fois, non, le pire c'est évidemment la mort qui prend trop jeune et vous entraîne de l'autre côté du miroir. Keats est là, respire en 3D et vous lance comme cela la bouche en coin et le visage comme métamorphé au botox du futur ces quelques vers magiques qu'on vous redonne ici en quasi intégralité. Le sommet de la poésie romantique, le sommet du sommet de la beauté faite vers et, il faut l'avouer (sus au chauvinisme) un cran au dessus du Balcon de Baudelaire. Hérésie.
On ne va pas mettre en balance ici Keats et Baudelaire qui n'ont à peu près rien à voir ensemble, si ce n'est qu'ils respiraient tous les deux le bonheur et souffraient visiblement, terriblement d'une déformation congénitale et réellement handicapante des lèvres inférieures et supérieures. Parions que s'ils avaient pu voir ces animations, les deux géants auraient trépassé dans l'heure ou composé des vers autrement plus déprimants et sombres que les leurs.

When I have fears that I may cease to be........
When I have fears that I may cease to be
Before my pen has glean'd my teeming brain,
Before high piled books, in charactry,
Hold like rich garners the full-ripen'd grain;
When I behold, upon the night's starr'd face,
Huge cloudy symbols of a high romance,
And think that I may never live to trace

Their shadows, with the magic hand of chance;
And when I feel, fair creature of an hour!
That I shall never look upon thee more,
Never have relish in the faery power
Of unrelenting love:--then on the shore
Of the wide world I stand alone, and think
Till Love and Fame to nothingness do sink.




Commentaires

De Troudair, posté le 24.10.08 à 15:10 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Pour revivre la mort de Keats comme si on y était, mieux vaut lire Hyperion, non ?


De martin, posté le 24.10.08 à 15:41 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Mortel ! A quand Tatayet reprend Aragon ?

De RIP rIP , posté le 24.10.08 à 16:06 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

on nous prend pour des cons

faux RIP



De myosotis, posté le 24.10.08 à 16:25 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Je me demande même si c'est pas plutôt la Piazza di Spagna plutôt que la Navona. A vérifier.

Pour Hypérion, c'était pas le clone (enfin le cybride) qui remourait comme Keats, Johnny Keats 2 ou quelque chose dans le genre ? Ca fait des siècles que j'ai lu ça. C'est un peu trouble pour moi tout à coup.



De walter, posté le 24.10.08 à 16:55 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
En tout cas je suis morte de rire, si c'était censé être dramatique et solennel c'est rapé.

De sophie, posté le 24.10.08 à 17:23 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Oui, quelle poilade ce truc. Je m'attendais à un morceau de poésie d'émotion et je n'ai rien entendu tellement j'étais pliée en deux.  

De Troudair, posté le 24.10.08 à 17:37 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Oui oui, myoso, dans Hypérion, c'est le cybride qui meurt. Et il me semble aussi que c'est Piazza di Spagna. Il paraît qu'il se prépare une adaptation ciné. On en aura le coeur net.  

De didier, posté le 24.10.08 à 20:10 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

keats est assurément un grand poète, qu'une critique ne tua point bien que byron s'évertuait sottement à prouver le contraire, prolongeant dans ce malentendu passé à la postérité une brouille enfantine, gorgée de jalousie que l'écrivain faussement frivole ressassait depuis que le critique d'un fameux quotidien avait évincé les qualités de son lyrisme de jeunesse pour encenser quelques années plus tard le style de son rival prétendu - john keats... Pour ma part, je trouve la postérité injuste avec byron, car elle a fortement influencé le lectorat contemporain dans un dédain stupide et injustifié pour la poétique byronnienne, pourtant d'une très grande singularité, ( des malentendus semblables peuvent être aisément diffusé pour qui s'attarderait trop longuement sur ce que ts eliot dit d'edgar allan poe - poète - dans son fameux essai sur la critique littéraire - même si l'analyste est grand et réputé ses jugements sont à prendre avec une précaution infinie et il est toujours préférable d'aller de soi - même se faire une opinion sur des auteurs d'une telle importance - je préfère de loin ce que lawrence dit des auteurs qu'il appréhende parlant magnifiquement de Melville, de poe, d'hawtorne ou de wihman ... ) de la frivolité dont on l'affuble ou des légeretés d'éxécution dans son oeuvre poétique, byron est un immense épistolier et un versificateur très méritant - allia a réedité quelques uns de ses plus beaux poèmes et faire un détour par sa correspondance est loin d'être du temps perdu ( à quand dailleurs une agréable adaptation cinématographique des " boires " et déboires du séducteur érudit dans l'angleterre victorienne ? )  -

keats reste malgré tous ces avatars très sectorisés un très grand prosateur, on ne se lasse pas de relire ses grands poèmes, qui tiennent dailleurs plus du compte versifié que de la simple sensation traduite - je l'aime beaucoup ce john keats et me rendre plazza di spagna il y a un an, à l'endroit même ou il passa ses derniers jours m'avait profondément bouleversé - aubier a édité dans le années soixante une très belle sélection de ses poèmes, qui m'empêche tant elle est intelligemment composé de mener à son terme un choix toujours trop exhaustif -

pour ceux que cela intéresse,les éditions belin ont réedité il y a une dizaine d'année sa correspondance complête ( peut être une es plus bouleversantes des lettres anglaises avec celle d'emily dickinson ) de la littérature mondiale avec celle de kleist -     chez les bons bouquinistes, il est encore possible de dénicher à une somme modique se lettres choisies qui sont également très émouvantes -

d.

     



De Dahlia, posté le 25.10.08 à 02:42 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
HAHAHAHA c'est digne des plus belles animations des Monthy Python, c'est fabuleux

De Amadeor, posté le 14.11.08 à 15:13 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

SCARY

C'est bien Piazza di Spagna, et non Navona. Et ce ne sont pas ses vrais effets, puisque tout a été brûlé à sa mort, par peur de la contagion.



De ALAN, posté le 29.12.08 à 09:26 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Moi, j'ai trouvé ça assez fascinant... J'aimerais voir et entendre d'autres poètes, comme Victor Hugo, Lamartine, Musset, etc.   Bravo aux concepteurs des animations ! (j'ai remarqué que les expressions du visage correspondaient vraiment aux paroles). Quant à ceux qui ne trouvent pas ça bien, tant pis pour eux !... Qu'ils ne viennent pas sur des sites de poésie !



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