Livres : actu romans, essais et bd, extraits... blog Mille feuilles.

Les joies du crédit avec Kurt Vonnegut Jr : C'est celui qui le dit qui y est (16)

Posté par Myosotis le 22.10.08 à 12:00 | tags : élucubration, littérature en vidéo, roman
En ces temps de crise, l'avis d'un écrivain culte n'est pas forcément superflu pour soutenir l'économie. Kurt Vonnegut Jr vous le dit donc : il faut consommer, à crédit de préférence, et en utilisant une carte de crédit à réserve illimitée, c'est mieux. Claquez votre fric, achetez des biens de consommation, des disques, des livres, n'importe quoi, de l'électro-ménager, des strings, des pins, et.... des livres de Kurt Vonnegut Jr qui, quoi qu'on en dise, seront des investissements pour le futur. Il y a quelque chose de bizarre, alors qu'on aurait pu tout simplement choisir un extrait d'une de ses nombreuses lectures ou interviews, à choisir l'une des seules publicités tournées par ce pape de la SF expérimentale underground.
Kurt Vonnegut Jr est mort à il y a 18 mois à peu près, des suites d'une chute (et de quelques traumas cérébraux) à 84 ans et quelques. "Au pays", Kurt Vonnegut Jr est devenu, depuis sa mort, plus célèbre et précieux que jamais. Ses héritiers ont démarré il y a quelques mois la publication de ses écrits posthumes, dont une première série de nouvelles intitulée Armageddon in Retrospect, qui parle, comme souvent chez lui, de la guerre et de ses conséquences. Avant d'être un joyeux écrivain déconnant, libertaire et iconoclaste, Kurt Vonnegut Jr a été avant tout un témoin privilégié de la Seconde Guerre Mondiale. En décembre 1944, il fut capturé, isolé, avec 5 autres compagnons d'armes par les nazis et emprisonné à Dresde où il assista, trois mois plus tard, au plus grand massacre de civils par les alliés de toute la seconde guerre (devant Hiroshima). Kurt Vonnegut ne doit son salut alors qu'au fameux Abattoir 5, The Slaughterhouse 5, un hangar fortifié, abattoir récupéré par la Wehrmacht et transformé à la fois en camp de prisonniers et en lieu de crémation pour les corps des victimes des nazis et des alliés. Vonnegut et ses amis d'infortune étaient chargés de brûler les cadavres, lesquels, dans une de ses images les plus horribles, étaient devenus assez vite si nombreux qu'il fallait les terminer au lance-flammes.
Une certaine idée de l'Amérique
De retour aux Etats-Unis, il tenta de suivre des études de lettres mais sa thèse, sur les rapports entre les peintres cubistes et les révolutionnaires native americans du XIXème siècle fut rejetée, avant que son premier roman Cat's cradle (Le Berceau du chat), à la fin des années 60, ne lui ouvre finalement les portes de l'Université. Kurt Vonnegut Jr connut alors une carrière assez étrange : peu valorisé par ses pairs même si son récit SF de l'épisode Dresdois (Abattoir 5, justement), sorti en 1969, fut reconnu ensuite comme un chef d'oeuvre, Vonnegut devint assez vite une sorte de légende underground, la personification d'une "certaine idée" de l'Amérique et des Américains, plus commenté et chéri que véritablement lu.
Ses livres sont truffés de sexe, d'extraterrestres et de développements sur la destinée, l'irrationnalité des hommes. Dans Abattoir 5, Vonnegut reprend presque mot pour mot, sa situation de février 1945, au milieu des bombes et des morts. Son héros Billy Pilgrim est un soldat qui se retrouve évidemment à Dresde à l'époque du grand bombardement mais qui se fait opportunément abducter par les habitants de la planète Tralfamadore, lesquels l'exposent dans un zoo à côté d'autres célébrités. Billy revient ensuite sur Terre mais se fait assassiner en 1976, par l'ami d'un ami dans le cadre d'une vengeance absurde.
Abattoir 5 est un roman exceptionnellement drôle, compte tenu des circonstances, et une excellente illustration de la maestria de Kurt Vonnegut Jr, qui, à son meilleur, est vraisemblablement le meilleur écrivain de série Z du XXème siècle, un maître capable de mêler l'Histoire, la philosophie politique, les voyages dans le temps et des tas d'autres choses, sans qu'on s'aperçoive de quoi que ce soit. Cette publicité pour une carte bancaire est son meilleur rôle au cinéma et un bel exemple des contradictions de son personnage et de son Amérique.




Commentaires

De RIP rIP , posté le 23.10.08 à 12:23 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

l'ortie j'étais déjà fan de toi

mais là ça confine à l'admiration



De RIP rIP , posté le 23.10.08 à 12:32 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

j'ai une vision

la plante, mets toi à l'alcool

on ne vante jamais assez les bienfaits de l'alcool



De myosotis, posté le 23.10.08 à 14:19 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Ca me va droit au coeur RIP rIP. Je ne savais pas que tu t'intéressais à Kurt V, mais ça ne m'étonne pas. Il y a quelque chose..... les produits chimiques ou l'abduction peut-être ? Tu as été enlevé par des extraterrestres, fauché en plein adolescence et emmené toi aussi sur Tralfamadore.... ?!

De RIP rIP , posté le 23.10.08 à 15:26 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

bien vu lafleur ya des points communs

l'abduction : affirmatif

ô multivers ô inconnu-mystère

le sens de la provoc hein

l'enfer-mement...

... et revoir enfin les étoiles

respect maurice barrès végétal

 

 

 



Ajouter un commentaire

Prénom/Pseudo :
URL/blog :
Votre message :
Crypto


  Discussions en cours sur le forum livres :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines
Sources et amis
- La feuille (FR)
- Le Typographe (FR)
- Tourgueniev (FR)
- M. T. Louverture (FR)
- Tiers livre (FR)
- E®enews (FR)
- Blogs BD (FR)
- Lessig blog (EN)
- Buzz littéraire (FR)
- Culture Café (FR)
- Alalettre (FR)
- Zazieweb (FR)