Milan Kundera accusé de délation
Kundera, alors étudiant en lettres et cinéma âgé de 21 ans, y déclare "qu'une étudiante, Iva Militka, résidant dans la même cité universitaire, avait indiqué à l'étudiant Dlask, de la même cité universitaire, qu'elle avait rencontré Miroslav Dvoracek, un de ses amis". L'étudiant en question, Dvoraceck, était un pilote tchèque, recherché pour désertion depuis la prise de pouvoir des communistes en Tchécoslovaquie. Il a été arrêté le jour même de sa dénonciation pour être ensuite condamné à vingt-deux ans de prison. Astreint au travail forcé dans une mine d'uranium, comme beaucoup de prisonniers politiques à l'époque, il a été relâché quatorze ans plus tard, en 1963. Ce passé trouble de l'écrivain tchèque a un arrière-goût d'ironie amère. L'auteur, figure de proue du mouvement de libération du Printemps de Prague de 1968, n'a eu, en effet, de cesse de dénoncer le régime communiste, à travers notamment son roman La Plaisanterie, ou le destin kafaïen d'un étudiant dans le collimateur du Parti, coupable d'avoir écrit par provocation "Vive Trotski!" sur une carte postale.
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