Atelier de trivialités (4) : la magie des cours de françaisOn peut préférer au dispositif formel et corseté de Bégaudeau et de son Entre les murs (trop théâtral pour moi dans sa fausse reconstruction d'une "réalité" qui n'existe pas), les petits films qui courent un peu partout sur le net et parlent à leur façon de la manière dont est enseignée aujourd'hui la littérature en France. 39 secondes saisies à la volée au portable. Enregistrements pirates de cours, zooms sur une attitude, une moue, un bordel organisé, ou le lynchage d'un professeur malhabile. A l'exemple de cette saisissante lecture d'une scène de Dom Juan de Molière par un professeur pour le moins possédé par son sujet (l'accent "paysan" est si bien rendu qu'on y entend rien de rien), le cours de littérature ou cours de français est l'un des endroits stratégiques où se déroule la bataille de l'écrit, l'un des terrains où la littérature peut espérer assurer sa survie face aux autres médias. Si l'on enseigne le français à l'école et pas le cinéma, la télévision ou le "mobile langage", c'est parce que contrairement à d'autres arts, le livre, dit-on, n'est pas d'un accès facile, d'une consommation immédiate. Pour lire, et on a l'impression d'être un peu con en disant ça, il faut apprendre la langue des signes littéraires (son code, sa grammaire, ce genre de bêtises) mais surtout accepter, ce qui ne paraît plus si évident aujourd'hui, l'idée selon laquelle un... pictogramme pourrait non seulement contenir du sens mais aussi des sensations. S'il va de soi pour les "jeunes générations" que l'image et le son charrient l'émotion, la structure mentale et culturelle capable de tisser un lien d'évidence immédiat entre le mot et son contenu chimique a été ruinée, détruite ou du moins fragilisée. Il apparaît peu probable ou alors moins probable, compte tenu de cette situation, que l'adolescent ou l'enfant aille naturellement vers l'écrit alors que le réservoir d'émotions est si riche et varié par ailleurs et ne réclame pas de machine à traduire, de médiation ou de savoir-faire particulier. Lorsqu'on parle de structure mentale, cela ne désigne pas la simple capacité à lire et à déchiffrer mécaniquement mais bien la capacité qui n'a rien d'innée à relier au signe (le mot, le vers, la phrase, le roman) l'univers symbolique, sensationnel, émotionnel qui lui est DIRECTEMENT associé chez un lecteur chevronné. Rimbaud parle plus ou moins de ce travail dans son fameux poème "Voyelles" et Vian, pour rester dans les auteurs enseignés à l'école, ne dit pas autre chose lorsqu'il invente son dispositif du "Pianocktail". Le cours de français, qu'il soit bon ou mauvais, est, parce qu'il est l'endroit où la littérature s'énonce, se prononce parfois pour la première fois, plus qu'une leçon d'apprentissage, un instant de stimulation d'ordre biologique, une science du cerveau dont le but est de connecter les récepteurs (sensoriels, les oreilles) aux émetteurs d'émotion (le cerveau, le sexe, la peau). On pourrait heureusement rebaptiser les cours de français, cours d'éducation littéraire, comme on baptisait jadis les cours d'éducation sexuelle. Il s'agit dans les deux cas d'un apprentissage du corps autour d'un processus dont on ignore à peu près tout. Comme chacun d'entre nous, je peux me souvenir avec précision de mes professeurs de français plus que du contenu de leurs cours. Je me souviens beaucoup mieux que dans d'autres disciplines, de la façon dont ils parlaient, dont ils agitaient les bras en lisant, dont ils se déplaçaient. Je me souviens de leurs yeux qui brillaient et aussi de la façon dont leurs effets de manche animaient la bouche des filles de ma classe. Inconsciemment, j'étais alors une sorte de puceau littéraire géant qui découvrait non pas les livres (j'en avais lu des tas sans comprendre ce que cela voulait dire) mais les effets qu'ils étaient susceptibles de produire sur d'autres personnes que moi. Paradoxalement, et pour revenir à Bégaudeau, le cours de français a la particularité de ne pas devoir essayer de ramener l'esprit de l'élève dans les limites de la classe, de concentrer son attention, mais bien, au contraire, de la disperser, de la diffracter, de l'éparpiller contre et au travers des murs. Merci monsieur le professeur et blablabla. Commentaires
De ???, posté le 08.10.08 à 11:04
![]() Myosotis, que penses-tu de ceci alors ? et les formules à l'emporte pièce type feeling, coeur, frisson et le sang qui coule à la vitesse d'un torrent, je ne vois pas ce que ça veut dire... c'est un manque de rigueur intellectuel désarmant... De dopidop, posté le 08.10.08 à 12:05 ![]() La perte de contact avec l'ecrit n'est plus si criante que ça : quel gamin n'a pas de blog, ne passe pas des heures sur msn ( alors qu'ils pourrait le faire sur skype => oral ) ? De RIP rIP , posté le 08.10.08 à 14:28 ![]() post mortel fatal l'ortie tu pousses tu pousses la lune est bonne pour toi moi je me souviens de mr bensimon mon prof de cèfran au lycée rock n roll et poèmes saturniens il était tellement romantique mr bensimon aujourd'hui encore je l'imite à la perfection moooooouiiii je ne refuse paaaaaaas appronfondissez votre pensééééée honte à vooooous hé msieur bensimon z'êtes le meilleur
De RIP rIP , posté le 08.10.08 à 14:28 ![]() post mortel fatal l'ortie tu pousses tu pousses la lune est bonne pour toi moi je me souviens de mr bensimon mon prof de cèfran au lycée rock n roll et poèmes saturniens il était tellement romantique mr bensimon aujourd'hui encore je l'imite à la perfection moooooouiiii je ne refuse paaaaaaas appronfondissez votre pensééééée honte à vooooous hé msieur bensimon z'êtes le meilleur
De Solfa, posté le 08.10.08 à 14:48 ![]() Arf moi j'ai pas eu la chance d'avoir de bons profs, de profs marquants... si, peut-être un, il avait voulu qu'on fasse des pièces de théâtre rapides, c'était chouette, mais ça n'a duré qu'un cours. Après on en est revenu aux canons, et on se traînait version vieux boulets. De RIP rIP , posté le 08.10.08 à 15:19 ![]() solfa tu n'es donc pas schyzophrène myoso oui c'est bien l'opalescente qui te mène par le bout du nez végétal De RIP rIP , posté le 08.10.08 à 15:22 ![]() onjour ??? manque de sensibilité desarmant merci ??? muuuuusiic De Solfa, posté le 08.10.08 à 15:36 ![]() Pourquoi est-ce que je serais schizo? De RIP rIP , posté le 08.10.08 à 16:05 ![]() on a cru avec BoGos que toi et didier ne faisaient qu'un bougredane et bougredandouille mais non gratte-moi la puce que j'ai dans l'dos tu es bien toi et lui lui tiens d'ailleurs où est donc passé ce fake vernaculaire de didier aka marcel prooout De RIP rIP , posté le 08.10.08 à 16:05 ![]() Marcel prout-prout même De solfa, posté le 08.10.08 à 16:10 ![]() Ouf. L'espace d'un instant j'ai eu peur. L'apprendre comme ça, ça m'aurait achevé :D De didier, posté le 08.10.08 à 20:29 ![]() C'est marrant que rip ai eu des professeurs, j'aurai juré qu'il n'avait fréquenté que des assistantes sociales - et des psychomotriciens - De Solfa, posté le 08.10.08 à 21:26 ![]() Ca vire à la cour d'école, les enfants. De didier, posté le 08.10.08 à 21:29 ![]() En ne prenant aucun parti - c'est exactement ce que tu attends ma chère solfa - nous sommes tous trois pathétiques à nous réjouir de cette tournure - De myosotis, posté le 08.10.08 à 22:55 ![]() souvenirs souvenirs. Et moi qui croyais déclencher des évocations émues du cours de 6ème E avec M. Dumont, celui qui se laissait une tâche de pipi sur le devant du pantalon de toile, mais qui lisait Baudelaire comme un prince, de Mme Membrant, et ses couleurs de cheveux improbables, etc. Je croyais que vous étiez amis tous les trois, non ? De troll, posté le 09.10.08 à 11:11 ![]() Elle fait la gueule véro ? Et une de moins De RIP rIP , posté le 09.10.08 à 11:39 ![]() ya qu'un troll amoureux de concha pour poster yput pile à 11h11 bougez pas les fakins j'arrive par la mer qu'on voit danser le long le long le long des golfes De troll, posté le 09.10.08 à 12:11 ![]() ha ha ha ha amoureux qu'il dit le RIP qui roucoule, je ne sais pas ce que vous lui trouvez bon débarras De RIP rIP , posté le 09.10.08 à 14:11 ![]() ô instant présent point d'éthernité héhoo didiérusé tu vois bien les choses : assitante sociale vraiment ravissante et psy t'as oublié les matons n'imagine pas, la réalité dépasse toujours la miction, je te posterai peut-être un jour ma nouvelle pornographique écrite en cage (abstinence in-té-grale) une mobylette pour Sincère un psy si tu veux le savoir j'en vois un dans ma 8e année t'étais pas né un an avant l'épopée des vert et la grande sècheresse pourtant oui qu'elle tourne autour de ce soleil d'apocalypse mon guégué-copain après cette date didiéroué je me suis toujours débrouillé tout seul comme un grand avec mes angoisses pour faire l'important, le quiet c'est diiingue l'ornithomancie didiéretors je t'avais vu physiquement, physiquement hein, proche de fred ganga le poète bounty : dans le mille noir dehors blanc dedans j'l'aimais bien fredo mais mon cousin m'a juré sur l'honneur de la famille que c'était un putain d'entchoulé de sa grand-mère la p... (salut modo ça va KHAN?) je ne crois pas didiémadré qu'il y aie de quoi faire avec la colère vois plutôt se déployer l'insolence de l'espoir pour paraphraser tonton-jumeaux oscar le sauvage hé didiélamalice tu parle de l'amicale des slameur c'est paskeu ya de la musique avant toute chose dans ma langue j'peux te donner des cours de solfège si tu veux/peux sinon je peux t'orienter ver colargol l'ours(e) qui chante en sol en fa quant au fond chez moi vois il est HYPERPHYSIQUE hein fake en bois sois sage droggy ne cours pas sur la route et je te laisserai fermer la porte de ma voiture tout seul comme un grand mais hey salut l'ortie le darluche j'apprécie beaucoup que tu nous tendent des perches : tout môme déjà je me sentais comme un morveux mais ça ne suffisait pas, comme pour infirmer cette méchanceté qu'on profèrait aux enfants "pleure tu pisseras moins" ou peut-être inconsciemment pour espérer effectivement moins pisser, je chialais, et à chaudes larmes, pour un oui pour un non et ouais et nan mon intite en CE1, cette grosse vache de mme Fostier me surnommait La Fontaine comme les fables de ce délicieux sobriquet m'a suivi via quelque malotru jusqu'à la fin du primaire tout de même la fontaine pff quelle ironie hé le troll, baise donc la main de concha, puis le bas de sa jupe, et ensuite le bout de son soulier, à travers la grille restée close, et va-t-en !
De RIP rIP , posté le 10.10.08 à 10:04 ![]() écoute dider-chardon puisque nous sommes dans un jardin de fleurs puisque myosotis nous laisse passer l'espace de ce bal masqué ohé ohé (salut KHAN bien la pêche? oh my dahlia es-tu là mm mignone cette pâquerette ooo un bouton d'or didon ya du beau linge ici) je vais te faire une fleur didier-datura j'vais te confier les clefs de la boutique te transmettre le secret de mon style prosopopéen : j'écris pour ceux qui n'aiment pas lire j'écris pour les nuls
RIP cannabis De picsou, posté le 10.10.08 à 10:17 ![]() Hou hou RIP cannabis, à mon avis le troll est une femme, tu ne penses pas ? De RIP rIP , posté le 10.10.08 à 12:24 ![]() le troll une femme? picsou t'es une femme? et solfa une femme? et moi aussi peut-être une femme? comme diraient riri fifi loulou : en tous cas...onc'...picsou...toi t'es...un...haschischin...ça...c'est...sûr
De RIP rIP , posté le 10.10.08 à 12:27 ![]() didier drogue bah! ça y est t'as tout dit la source est tarie De picsou, posté le 10.10.08 à 14:42 ![]() je ne sais pas ce que vous lui trouvez c'est un commentaire de bonne femme et moi je suis un vilain petit canard, ciao le joyeux saltimbanque De RIP rIP , posté le 20.10.08 à 13:27 ![]() où es tu didiéhouha ta logorrhée morbide ton fiel pathologique ton phrasé puiné pas les couilles de poursuivre dévoré par ton oeuvre ou bien tu te dis que si tu ne changes pas de style très très vite tu vas être promis à une carrière d'écrivain édité extrêmement courte et tu te seras bien fait baiser ou bien tu prépares une opération de grande envergure ton écriture me rappelle à mon arrière grand-mère un peu sauf qu'elle au moins faisait de bons gâteaux ou comme houellebecq jaloux de BHL tu veux TOI AUSSI te faire entarter par le gloupier ne dis rien n'en rajoute pas ce qui n'est pas énoncé est formulé par le contraste du silence CELUI QUI ENTERRERA RIP N'EST PAS ENCORE MORT-NE HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA .........................
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