Livres : actu romans, essais et bd, extraits... blog Mille feuilles.

Mort de James Crumley

Posté par Céline le 19.09.08 à 15:23 | tags : news, polar
Considéré par beaucoup de ses contemporains comme l'un des plus grands auteurs de polars de son époque, James Crumley savait orchestrer mieux que personnes les crimes les plus violents, avec une noirceur et une poésie inégalées. L'écrivain américain est décédé le 17 septembre à l'âge de 68 ans, des suites d'une maladie pulmonaire, dans un hôpital de Missoula, Montana, où il vivait depuis près de quarante ans.
Crumley aura eu le temps de publier onze ouvrages - une série mettant en scène le détective C. W. Sughrue, une autre consacrée à Milo Milodragovitch, et deux recueils de nouvelles - qui lui ont valu des comparaisons avec les plus grands, de Raymond Chandler à Malcolm Lowry.
Avec son premier roman, Un pour marquer la cadence (Once to count cadence, 1969), Crumley a également donné à la littérature l'un des récits les plus justes et puissants sur la guerre du Vietnam. Mais comme le fait remarquer un article de Patricia Sullivan publié dans le Washington Post, le plus connu de ses romans est sans doute Le dernier baiser, titre souvent cité par d'autres écrivains comme une référence, et "dont les premières lignes ont été unanimement considérées comme les meilleures du genre" :

"Quand j'ai finalement rattrapé Abraham Trahearne il était en train de boire des bières avec un bouledogue alcoolique nommé Fireball Roberts dans une taverne mal en point juste à la sortie de Sonoma, en Californie du Nord ; en train de vider le cœur d'une superbe journée de printemps (...)".

 

Vétérans du Vietnam, gueules de bois, règlements de compte à coups de revolver, histoires d'amour foireuses : Crumley sert dans ses textes "une psychologie brut de décoffrage, mêlant philosophie Nietzschéenne et mythe de l'ouest sauvage" (voir la chronique de Folie douce, son dernier roman paru chez Fayard Noir). Et si la férocité côtoie parfois la tendresse dans ses romans, c'est cependant toujours le sens de la précision qui l'emporte. "Il prêtait attention à ce que faisait les gens autour de lui, à ce qu'ils disaient, à la façon dont ils parlaient et se comportaient", témoigne William Kittredge, essayiste et éditeur qui vit lui aussi à Missoula. "Il pouvait ainsi vous donner non seulement le nom de leurs enfants, mais aussi de leur chien, ou de la rue dans laquelle ils avaient vécu trois années auparavant... Il composait de superbes phrases quand il le voulait, et il était un homme formidable." (Source : Washington Post).

 

 

Illustration

JAMES CRUMLEY EN SEANCE DE POSE
01/05/1993
© ANDERSEN/SIPA

 





Commentaires

De Maxence, posté le 22.09.08 à 12:24 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Bin voilà, c'est Célien qui s'y colle (avec talent) pour cause de défection de son principal fan sur Flu'... Bon, tout ça pour dire que je ne m'en remet pas... Trop peu de livre le grand homme...

De pierre, posté le 02.11.08 à 11:49 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Merde alors, et peu de temps après Hillerman qui nous quitte aussi... C'est pas juste. Pourquoi pas l'Angot, ou l'Ernaux  à la place ?

De arnold, posté le 26.11.08 à 15:00 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
J'arrive un peu tard mais le sentiment de désolation y est 

Ajouter un commentaire

Prénom/Pseudo :
URL/blog :
Votre message :
Crypto


  Discussions en cours sur le forum livres :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines
Sources et amis
- La feuille (FR)
- Le Typographe (FR)
- Tourgueniev (FR)
- M. T. Louverture (FR)
- Tiers livre (FR)
- E®enews (FR)
- Blogs BD (FR)
- Lessig blog (EN)
- Buzz littéraire (FR)
- Culture Café (FR)
- Alalettre (FR)
- Zazieweb (FR)