Mahmoud Darwich : un mort, une nostalgie, des poèmes"Tu meurs près de mon sang et revis dans la farine il n'y a pas de temps pour l'exil et ce chant." in Ahmad al Arabi, opéra poétique de Mahmoud Darwich et Marcel Khalifé (1984).
Selon ce qu'on raconte, la mort est la seule personne qui n'est jamais en retard, toujours en avance. Celle de Mahmoud Darwich ne fait pas exception puisque le plus connu des poètes palestiniens (israélien) est mort il y a quelques jours maintenant à l'âge de 67 ans. La presse a relayé massivement cette information, sans jamais citer une seule de ses oeuvres comme si c'était un symbole plus qu'un poète qui disparaissait. Mahmoud Darwich, écrivain de langue arabe, était non seulement le président de l'union des écrivains palestiniens mais aussi une sorte de prêcheur d'espoir (un "malade d'espoir" disait-il), d'optimiste permanent accroché à un rêve de paix qui n'est jamais venu. De formation communiste (il est passé par l'Ecole du parti à Moscou), Darwich avait intégré l'OLP jusqu'à appartenir à son comité exécutif. Longtemps exilé, il était rentré au pays en 1995.
De lui, je ne connais que deux choses : un étrange opéra en arabe, Ahmad al Arabi, emprunté à la bibliothèque il y a quelques années et jamais rendu (l'amende doit maintenant être monstrueuse mais j'ai changé d'adresse) et dont vous trouverez ci-dessus la traduction d'un passage. L'opéra est en arabe mais dégage un sentiment de nostalgie pour la terre et les racines perdues qui caractérise la poésie de Mahmoud Darwich. Pour le reste, un très beau et complet La Terre nous est étroite qui reprend des poèmes de l'auteur composés entre 1966 et 1999 et qu'on trouve assez facilement dans la NRF Gallimard. La poésie de Darwich, traduite, y paraît à la fois classique (les critiques lui prêtent des audaces formelles qu'on perçoit assez mal) et monomaniaque. Darwich est obsédé par la perte du pays, la perte de la terre, la perte du souvenir. Sa poésie est à la fois lyrique et épique. Elle s'inscrit de façon permanente et indélébile dans un mode nostalgique qui lui donne à la fois un côté passéiste mais aussi une vigueur folle. Sans que cela soit comparable (encore que...), on retrouve souvent dans ses vers l'énergie mal canalisée et vitale que l'on peut percevoir chez le Genet splendide et indépassable du Captif Amoureux. Les pro-Israéliens rappelleront (on le fera pour eux) que Darwich, opposant farouche aux accords d'Oslo, avait aussi sa face sombre, comme lorsqu'il écrivit ces vers pour le moins ambigus à l'adresse des Juifs : "Alors quittez notre Terre, Nos rivages, notre mer, Notre blé, notre sel, notre blessure". Le poète précisera qu'il ne parlait que de quitter la bande de Gaza et la Cisjordanie. La poésie de Darwich est de toute façon inséparable du conflit au Moyen-Orient et de son identité qui n'aura administrativement jamais existé ailleurs que dans son coeur.
Un site est consacré à l'oeuvre de Mahmoud Darwich
Commentaires
De rIP gino, posté le 14.08.08 à 14:20
![]() viendez les morts ! ha la belle horde la belle lumière beau travail la fleur façon horticulteur De rIP gino, posté le 14.08.08 à 18:37 ![]() PS merci myoso de me permettre de m'exprimer sur ce sujet qu'on sache que mon premier péché fut la solitude et on me saura comme ai mort on sous entend si on entend chat un chat que le verbe fut avant la créature pieuse idée qui tourne avec la bonne foi très hors les mécaniques de la nature non conforme au divin de la comédie pour tracer au mieux l'épure de l'ordonnance de l'enfer dont je vis quelques poches car telle est ma damnation con! voir les choses et en faire le récit plus les corvées la puanteur ci devons hésiter à verser dans le rationnel pour trouver la voix droite de la chanson le sorcier dosage un esprit qui fait bel de pathologie n'ayant reçu carton pour témoigner tirons les neuf du bordel fin d'exister ici comme aux environs la philo je veux dire le savantisme n'est effectivement pas la solution
De TOWMOTHER JRAD, posté le 23.08.08 à 20:32 ![]() VOUS ALLEZ NOUS MANQUEZ MAHMOUD DARWICH..VRAIMENT VOTRE DECES EST UN CATASTROPHE POUR LE MONDE ARABE..VOUS RESTERZ AVEC NOUS AVEC VOS POEMES..DORMEZ EN PAIX ET SOYEZ AVEC LES ANGES De el mkadmi, posté le 07.08.09 à 22:32 ![]() Si j avais le choix j aurais choisi de garder le silence,a l intérieur de moi une sorte de chagrin transgressé par les paroles,par les larmes,un chagrin qui veut s évader le plus loin possible du grand vacarme qu a causé ceux qui t aimaient vivant et ceux qui attendaient ta mort pour t aimer agonisant,comme tu as averti et comme tu as prévu…un chagrin qui m appartient désormais comme si il fait parti des composants de mon cœur…comme un secret très lourd a porter…il était l une de nos meilleurs plumes,l un des plus nobles esprits et il n admettra jamais les tentatives des uns de le faire monter dans le brouillard de la sainteté,ou des autres qui veulent le limiter dans les journaux tele du conflit palestinien, et l enfermer dans la misérable prison de la politique…sa beauté humaine c est la lumière curieuse d une lune qui entre partout sans demander permission ,son intelligence unifie le corps et l esprit ,sa brillance c est l éclat d un oeil qui vient de voir ce qu elle aime apercevoir,sa modestie c est celle d une rose qui s abstient de blâmer les abeilles,un peu de sa fermeté fait toute sa timidité,et un peu de son comportement est une redéfinition du mot ‘orgueil’,ses poèmes fondrent nos douleurs dans le plaisir de la réception,son rythme arabe a su garder son authenticité malgré ses longs voyages et séjours a l étranger,et sa présence entre nous ne peut jamais devenir l objet d une simplification,d une possession ou d une soumission…chaque fois qu il était présent dans une soirée dans une soirée ou une émission tele,je le vois un poète dominateur ayant la présence d un grand seigneur respectable ,mais en tant que personne je le voyais comme le petit fils de la famille ,celui qui nous donne tous, l envie de le protéger et le défendre , c est comme si il était le petit et le grand frère a la fois ,et dans les deux cas il était la cause de ma confiance malgré l errance culturelle dans laquelle notre nation fut tombée,il me rassure avec sa grande peur sur ses poèmes et son scepticisme envers ses cadeaux pour notre adorable langue arabe,il me rassure avec son intelligence que le borné ne peut pas écrire un poème réussi,son style m annonce que la médiocrité ne sera jamais une condition des poètes,sa pudeur me rassure que l enfance garde ses bijoux dans une merveilleuse boite gravée de 67 étonnements ou même plus,toutes ses années sont des enfances qui me renseignent que celui qui a l esprit cruel obsédé par son ego n a plus sa place dans le royaume de la prose ou de la poésie. Son impassibilité vis avis sa conscience après chaque œuvre écrite m informe que ceux qu on nommait des poètes heureux, avide de posséder,de solliciter et courir après la célébrité auprès des journalistes et des salons littéraires , sont des malades poétiques inguérissables . son esprit de critique me réconforte face a cette institution de critique arabe évanouie et tourmentée par la pitoyable simplicité, les fautes d orthographe ,et faire répéter des récitations sans la moindre compétence…le génie du sens dans ses vers ,me rassure que la poésie des hallucinations et du bavardage arbitraire ne va pas survivre longtemps,mais ce qui me tranquillise d avantage c est que les gens vont lire ses poèmes pour des siècles et des siècles,contrairement a des poètes qui ont pris leurs poèmes avec eux dans leurs caveaux…la tombe ne va lui prendre que ce qui lui a accorde ,son corps…. Car ce poète qui a excellé dans tout ce qui il a fait dans sa vie,ne vas sûrement pas exceller dans la mort…le 9 août le poète s est éteint sans solliciter a personne d écrire sur le événement,car il détestait les imperfections ,moi je vais croire le médecin qui a annoncé la nouvelle et expliquait les causes de son malaise cardiaque dont souffraient son corps,mais le poète ,seigneur de la langue ,a été victime aussi de la médiocrité des dirigeants qui s entretueaient dans l heureuse fosse du colonialisme,les politiciens qui ont peur de leurs miroirs comme la mère d Hamlet,et ne cessent de laver leur mains comme lady Macbeth,a cause d eux le sens des mots a dévié ,ainsi nous voyons maintenant ce qu nous ne voulons pas voir et la mort qui nous poursuit a pris vingt mille synonymes,ce soir nous ne pleurons pas Mahmoud mais on le salue,j sais bien comme son chagrin été grandiose quand il voyait cette fâcheuse et interminable lutte entre les différents parties belligérants pour s accorder une autorité navrante qui bouge sans savoir qu elle est paralysée,ce 9 août le poète a choisi la mort au lieu de la paraplégie,mais tout en sachant que les gens sont tous avec lui,les gens qui sont venus massivement de Ramallah et des autres villes en portant des bougies,des roses ou des lignes extraites de sa poésie… ce sont eux qui ont fait un adieu idéal pour leurs cher poète,ils sont venus pour célébrer son avenir,et moi j sui venu remercier Mahmoud pour son oubli,Mahmoud a oublié ses poèmes entre les mains d une dame qui sait très bien les garder et les protéger qui n aime préserver que les précieuses choses. …c est madame ‘la vie’...il les a oublié dans nos cœurs,nos esprits,nos tiroirs, …en parfaite santé et avec un très solide coeur ,ils nous a laissé certes , mais il demeurera visible dans l horizon pour toujours …cher Mahmoud,je sais que ton nouveau recueil va paraître prochainement,ne t afflige pas car tu va pas y signer,comme tu avais l habitude de le faire,tu a signé ton nom complet dans l histoire de tout l humanité,tu as regardé ton destin droit dans les yeux, tu as mis le stylo et tu t es endormi en héro…je sais que tu es fatigué un peu ,alors adieu maintenant j suis juste passer pour te dire bonsoir…. 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