Mangez (auto)bio : rentrée littéraire (3)D'où vient cette agaçante manie qu'ont les lecteurs, critiques, public, universitaires, à se demander toujours d'un livre s'il est autobiographique ou pas ? People ou pas people, on est souvent friand de l'anecdote qui nous révélera une facette bien intime de l'écrivain : avec qui a-t-il couché, quels traumatismes subis, combien de madeleines au goûter ? On veut lire du roman, mais on veut savoir si c'est vrai, pourquoi, quand, comment, ah, tout s'explique, c'était un enfant battu. Qu'en sera-t-il du je suprême des romans français de cette rentrée ? Qui se (la) racontera le mieux ? Où déceler la part du vécu dans la fiction ?
"Quand je me réveillais à cinq heures, ou six heures, je ne pouvais plus me rendormir, c'était trop vif, trop présent, il fallait que je me lève, que je fasse quelque chose (...) j'avais du mal à vivre ma vie (...) j'en avais marre d'être moi. (...) "
Si Angot n'épargne aucun détail de sa vie, même (surtout) pas les plus inutiles, Catherine Millet, qui connaît bien les vertus du scandale, se fait un peu plus sélective : dans Jour de souffrance, elle répond aux questions que les lecteurs de sa Vie sexuelle se sont posés à propos de la jalousie qu'elle a pu éprouver. Amanda Sthers a trouvé un moyen assez rock'n'roll de livrer son histoire. Le bandeau de Keith Me dit : "Dans ma vie de Keith Richards". L'héroïne, Andréa Stein (nom équivoque), permettra à l'auteur d'incarner le guitariste des Stones, pour mieux raconter sa propre souffrance, notamment celle de la rupture (avec Patrick Bruel ?). Jeu d'identité vertigineux ou abus ressassé du je multiple, on en jugera à la lecture du roman. "Oui, je suis ce visage étouffé de rides, criblé des chemins qu'il n'a pas choisis, des vies qu'il a prises dans le ventre. Oui, je suis cet homme comme je suis les femmes qu'il a aimées. Oui, je sens son chagrin et j'aime son sourire. Mille fois Mick m'a serrée dans ses bras. Mais c'est Keith que je regardais par-dessus son épaule."
Dans un autre genre, Antoine Sénanque, médecin spécialisé en neurologie, publie son "premier roman gai" avec L'Ami de jeunesse. Le héros, Antoine Saint-Bernard, décide de reprendre des études en histoire à l'âge de quarante-huit ans, tout comme Sénanque le fit lui-même. Ici, l'écrivain s'inspire de sa propre expérience à la fac pour bâtir son récit, non sans humour : " Première observation. Les étudiants boivent. Beaucoup. De l'eau. Des bouteilles entières. Ils boivent partout et tout le temps, par petites gorgées répétées. Les bouteilles dépassent des sacs, des manteaux(...) La bouteille est devenue un accessoire de la panoplie de l'étudiant, à côté du stylo. Ils la placent bien en évidence sur la table et la laissent se consumer, avant de la jeter vide, comme un mégot. " Moins drôle, Tristan Jordis a lui aussi vécu son livre avant de l'écrire : il s'est plongé dans l'univers des toxicomanes de Porte de la Chapelle pendant un an avant de le raconter dans Crack.
Dans une démarche qui peut évoquer celle d'une Sophie Calle, Alain Fleischer passe en revue les entrées de son Carnet d'Adresses, et en dévoilant ce que chacun de ses noms lui évoque, reconstitue finalement le puzzle de sa vie. "ASSEDIC. - J'ai mis longtemps à pouvoir prétendre au bénéfice des Assedic (le chômage des intermittents du cinéma), et des Congés spectacles, en tant que metteur en scène. Et je garde un souvenir pénible du moment où je suis allée m'inscrire, dans l'agence qui est à Pigalle (...).
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De ThomZ, posté le 12.08.08 à 10:43
![]() Tous ces romans m'ont l'air d'être des oeuvres formidables....A la rigueur le bouquin de Nunez aurait le parti pris esthétique lke plus intéressant ; quoique prendre la "voix" de Duras.... crypto : moule...comme quoi... De myosotis, posté le 12.08.08 à 11:00 ![]() Chouette papier. Ca me donne presque envie de lire ces horreurs. Il est arrivé le Angot ???? De Domi.Castillon, posté le 12.08.08 à 11:06 ![]() Tout à fait d'accord abvec ThomZ sur ces oeuvres formidables... :-) Sauf que j'ai eu le Nunez en service de presse ( merci Fab!), et que c'est vraiment un cran (voire deux) plus haut que les autres bouquins... C'est la première fois que je lis une autobiographie non-nombriliste et avec un suspens de roman. Le reste des romans, des histoires d'amour people ou des cabrioles au lit... Vous y voyez de l'intérêt, vous? De Céline, posté le 12.08.08 à 11:22 ![]() Le Angot nouveau est là. On te l'expédie. De ThomZ, posté le 12.08.08 à 11:44 ![]() Tu fais tourner après Myoso ;) De rIP gino, posté le 12.08.08 à 13:33 ![]() mangez auto bio oui oui bien sûr un peu cher à l'heure de chez râleur il n'y a pas comme le vécu travesti pour simuler l'orgasme de l'imagination avec justesse il n'y a pas comme l'autofiction plus ou moins dosée pour intriguer faire un roman une vie de patachon couchée assassinée sur les feuillets putain du sang d'encre partout ! QUI A DEPLACE MON STYLO DE COMBAT DE 12 CENTIMETRES VERS LA DROITE DE MA TASSE DE CAFE ? hasard contraint virgule voluptueuse taxidermie les vivants deviennent personnages emblématiques l'urticant fais tourner à ton thom l'oeuvre est polygame par nature woo c'est auch crypto MUUSIIIC une star vous dis-je De rIP gino, posté le 12.08.08 à 13:42 ![]() ah au fait mademoiselle destouches encore une bien belle composition transversâââle c'est oum le dauphin qui va frétiller de bonheur PIROULI PIROULA HONK HONK
De Joest, posté le 12.08.08 à 13:56 ![]() Génial... Des écrivains qui se regardent le nombril. (ton ironique) Et à part ça, il y a quoi comme nouveaux livres? Crypto: Paris De Dahlia, posté le 12.08.08 à 14:05 ![]() Cte bonne blague, le Christine Angot est publié dans la collection "Fictions & Cie" alors que ce n'est pas une fiction ![]() De ThomZ, posté le 12.08.08 à 14:29 ![]() Auto (branlo)-fiction chère Dahlia...seul le suffixe compte.... De rIP gino, posté le 12.08.08 à 15:00 ![]() T'as vu louise ferdinande comme je fais bien le dauphin De rIP gigi, posté le 12.08.08 à 16:56 ![]() vu les liens le lien ou l'instru-mentalisation du post j'anime gratos excusez moi myosotis a marc levy thomz christine angot joest super ton fan michel vas-y micheton laisse pas joé-pas-star tout seul dahlia ooo mais quelle jolie fleur...autocensuré... dans une peau de vache? De rIP gino, posté le 12.08.08 à 17:00 ![]() dahlia comment avais-je fait pour ne pas... coup de foudre RIP rIP De rIP gino, posté le 12.08.08 à 19:15 ![]() si on me cherche je suis sur oh my dahlia point com A LA QUEUE COMME TOUT LE MONDE De Lolla, posté le 12.08.08 à 20:11 ![]() C'est parti mon kiki ! Tres fort la photo de la couv' : on dirait qu'elle fait le trottoir. Vous avez dit racoleur? De rIP gino, posté le 13.08.08 à 10:21 ![]() lol, là plutôt une clocharde qui aurait touché un manteau au secour catholique crypto mon kiki c'est kiki la STAR ? De Joest, posté le 13.08.08 à 11:15 ![]() RiP gigi> mon pseudo n'est PAS inspiré de Joey Starr De rIP gino, posté le 13.08.08 à 13:02 ![]() bien le bonjour joest pas inspiré de joey starr PAS rooo tu piques ma curiosité bin raconte c'est passionant l'histoire des pseudos mes amitiés à michel
De rIP gino, posté le 13.08.08 à 17:22 ![]() l'origine de mon fake lors que j'avais la charge de la très petite musique de celle dont serpente en le bassin seine et arrose le coeur de l'arme de ma vie vraie et belle j'atteignais le centre fortune encore où je ne goûtais le sel et son ultime flèche ailée décocha je ne sais hélas pendant combien de temps j'ai dormi De rIP gino, posté le 13.08.08 à 17:29 ![]() quand l'arc s'ébranla posé cela on désire mettre à l'épreuve de la véracité les faits récités ici en la prosopopée suspecter le superfétatoire abhorré comme le commerce simoniaque de la métaphore se rire du narrateur je dis -allez! qu'on sache que mon premier péché fut la solitude et on me saura comme ai mort
De leslie , posté le 18.08.08 à 18:37 ![]() Je voudrais apporter une précision, je crois que ça n'a pas été abordé ici : l'écriture autofictionnelle (comme les journaux particuliers) n'est pas purement contemplative et par conséquent pas nombriliste. C'est même selon moi tout le contraire. Si le rapport exhibo-voyeur, bien légitime, existe, il n'est pas une finalité de lecture/écriture. C'est bien le moi universel qui est exploré dans l'autofiction. L'artiste via son projet n'étant qu'un canal comme on dit en illuminothérapie (lol), un amplificateur, on peut dire, pour simplifier, qu'il pose alors un acte d'amour désintéressé. Ajouter un commentaire |
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