RIP Albert Cossery : La splendeur et la finitude Il était encore ce dandy à l'ironie enjouée et à l'oisiveté créatrice. Le dernier, peut-être. Agé de 94 ans, Albert Cossery est mort hier dimanche 22 juin dans sa chambre d'hôtel de Saint-Germain-des-Prés. Ce quartier où il avait fréquenté les plus grands, Genet, Vian, Camus, avec lesquels Cossery partageait au moins un point commun : lui aussi était un agitateur.Agitateur, par son style mordant, et ses histoires aussi drôles que lucides. Pour l'écrivain égyptien, la paresse est un art de vivre, voire une véritable philosophie. Au régime tyrannique, à une dictature sans issue, les personnages de Cossery répondent par une étonnante alternative : une oisiveté sans limite, et largement revendiquée. Il y a chez eux quelque chose de Beckett, le pessimisme en moins. Car l'absurdité ici tend à se faire joyeuse, comme dans Les fainéants dans la vallée fertile, où une famille cultive soigneusement la paresse comme elle cultiverait une plante rare. La moquerie suffit à éclairer le tableau de la condition humaine, comme dans La violence et la dérision, où l'insolence semble l'emporter sur l'ordre et la terreur. Albert Cossery lui-même aurait souvent répété à son entourage "La vie est belle". Sa vie à lui, qu'il a presque intégralement consacrée à l'écriture, fut en tout cas à l'image de ce qu'il cherchait à prôner : l'art, le rire et la liberté. Avec sept romans et un recueil de nouvelles, l'écrivain a su faire entendre sa voix égyptienne dans le monde littéraire français. Soixante ans qu'il vivait dans son hôtel, dans un certain dénuement - à l'instar de ses personnages - qui ne l'a pas empêché, bien au contraire, de devenir un "prince et un esthète de la littérature française".
Commentaires
De POETAC, posté le 23.06.08 à 17:15
![]() BELLE PHILOSOPHIE DE VIE ADIEU L'ARTISTE
De pedro uhart, posté le 04.07.08 à 15:43 ![]() Http://www.pedro-uhart.com/WebPagesFR/portrait.php Ajouter un commentaire |
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