L'atelier de trivialités (1) : la crampe de l'écrivain, ça existe ?Les thèmes de la crampe de l'écrivain (Writer's Block) ou de l'angoisse de la page blanche sont des marronniers du monde de l'édition internationale qui ont été inventées par la corporation des écrivains pour justifier : 1) que le métier d'écrivain est un sacré boulot, toujours tendu sur le fil existentiel, un de ces boulots qui se pratique avec les tripes, qui n'est pas couvert par la législation sur les accidents du travail et maladies professionnelles et dans lequel le prolétaire-écrivaillon engage non seulement son corps (alcool, drogue, sommeil, sexe,...) mais aussi son âme. Cette mythologie de l'écrivain qui peine est une nécessité sociale (comment supporterait-on de laisser des gens dans des chambres sans aucune obligation de se lever, de travailler, de contribuer à la croissance s'il n'y avait, pour eux, AUCUN risque d'y laisser quelques plumes ?), une question de survie corporatiste aussi décisive que le prix du fuel pour les pêcheurs de bar. 2) que parfois à un bon livre succède un livre "difficile" voire carrément foireux. Le chef d'oeuvre n'appelle pas le chef d'oeuvre contrairement à ce qu'on pourrait penser. C'est même le contraire. Contrairement à un ouvrier spécialisé qui aurait, ce qui est absurde compte tenu de l'organisation du travail actuelle, réussi, disons, à construire une voiture (une pièce de carrosserie) impeccable, un écrivain qui a composé un roman impeccable ne ressent pas le soulagement du travail accompli mais l'angoisse de faire moins bien ou de faire tout court. C'est sur ce second point que la distinction entre l'écriture et les autres travaux manuels (la peinture, la boucherie, la restauration, le football) est la plus nette. En littérature, la notion de confiance n'existe pas ou alors en mode inversé pour vous objecter dans la poussière d'une chambre obscure cette question terrible : "Ouais, et alors ?". C'est parce qu'on a bien écrit qu'on a peur d'écrire moins bien. C'est parce qu'on a écrit fluide qu'on a le clavier qui bégaye. Bien entendu, la réalité de la crampe de l'écrivain est aussi variable selon les individus que les parades mises en place pour lui échapper. Certains s'astreignent à un travail régulier et quasi-calé sur la vie de bureau pour ne pas se laisser aller, d'autres font leur compte de lignes par jour et s'arrêtent, tandis que d'autres attendent la muse pendant des jours et des jours jusqu'au moment où ils se mettront au boulot, se droguent, tentent de vivre ce qu'ils écriront..... Dans un récent ouvrage d'entretiens, l'écrivain Pierre Michon exposait ainsi sa technique : laisser venir, laisser monter la sève, noircir des carnets et des carnets de note avant que le texte ne se mette en place tout seul, un jour où il est de bon poil. Il y a dans la mythologie de la crampe, cette idée (idiote) selon laquelle le texte aurait une vie propre et selon laquelle l'écrivain ne serait qu'un vecteur presque passif de sa mise en forme. Comme le musicien qui entend la chanson dans sa tête qu'il n'écrira jamais, l'écrivain piocherait aléatoirement dans une mer d'histoires (c'est la métaphore proposée par Salman Rushdie) inépuisable comme un pêcheur français. En gros, et comme souvent dans ces matières, il ne faut croire personne et croire tout le monde en même temps. Cette illustration vidéo des combats de Fitzgerald avec lui-même en est une illustration caricaturale : chacun ses emmerdes...., pourquoi en parler si ce n'est parce que ça intéresse les lecteurs.... Marc Levy (qui ne dit pas que des conneries) avait répondu une fois en interview : "est-ce que ça vous viendrait à l'idée de savoir si la personne qui a fabriqué votre fourchette a eu du mal à le faire ? - non? hé bien, alors pourquoi est-ce que ça vous intéresserait de savoir si j'ai du mal à écrire ou pas." La classe.... Commentaires
De Maxence, posté le 28.05.08 à 21:23
![]() Dans un récent ouvrage d'entretiens, l'écrivain Pierre Michon exposait ainsi sa technique : laisser venir, laisser monter la sève, noircir des carnets et des carnets de note avant que le texte ne se mette en place tout seul, un jour où il est de bon poil. Il y a dans la mythologie de la crampe, cette idée (idiote) selon laquelle le texte aurait une vie propre et selon laquelle l'écrivain ne serait qu'un vecteur presque passif de sa mise en forme.
Pas si idiote n'est-ce pas Myoso ? Je ne sais pas pour toi, mais moi, qu'il s'agisse d'un article ou d'un essai (ou d'un texte quelconque), laisser monter la sève et le texte nous habiter (l'ambiance, l'époque, le contexte), est très important... Non ? De Cosette, posté le 29.05.08 à 06:59 ![]() Vous êtes très nombreux les écrivains a exercer un métier complémentaire à l'écriture (en somme le gagne pain). Ma question est : En quoi consiste l'inspiration ? S'agit-il de fulgurances ? Au quel cas, vous vous retrouvez à prendre des notes en plein boulot pour ne pas perdre les idées ? Est-ce un phénomène constant ? Style "je suis dans mon créneau "écriture" donc j'allume l'intérupteur "idées", passé le temps, j'éteinds ! Là dessus tu rajoutes la crampe... Ce doit être encore plus dur à gérer ! Quoique il n'y a pas le stress du gagne pain... juste la peur de ne pas être aussi bon que pour ce premier bouquin qu'on a écrit ! ** De Maxence, posté le 29.05.08 à 10:39 ![]() Plus je vieillis, plus je pense que le sujet s'impose à toi quand tu écris. Mais bon, c'est perso, d'autres fonctionnent peut-être autrement... De Cosette, posté le 29.05.08 à 11:16 ![]() Donc, l'inspiration a quelque chose de latent ? Les idées se trouvent quelque part en toi comme un flux qui circule jusqu'au moment où tu t'installes devant ton clavier et que allumes ton ordi : les idées j'aillissent... ? ** De Maxence, posté le 29.05.08 à 12:09 ![]() (Encore une fois personnellement) pour ma part, elles jaillissent malheureusement bien avant d'être assis devant mon écran (ce qui nécessite de prévoir un carnet, ou autre ; ))
De Docteur C, posté le 29.05.08 à 12:37 ![]() La crampe désignerait aussi - dans un argot que j'ai chopé je ne sais même plus où - la douleur qui envahit les testicules à force d'abstinence. Entre l'écrivain qui souffre de crampe et l'ecrivain éjaculateur précoce sur carnet, on est mal barré... Désolé, pourtant c'est le printemps, mais les commentaires volent bas ... De Marsupilami, posté le 29.05.08 à 13:13 ![]() Des commentaires qui volent bas ? ou ça, ou ça !
Sinon, il y a peut-être aussi un mécanisme d'inertie : Le cerveau est habitué à réfléchir et le fait au moment où on lui demande. Ho ho ho. De feu gino, posté le 29.05.08 à 13:31 ![]() Hé, le doc, qui aime bien châtie bien, il y aura toujours une ou deux bernex de côté pour ta ptite ganache de la part djinn extravagant Hé, le doc, derrière ton fake Mister Hyde, tu voulais me la faire à l’envers, je lis entre tes lignes comme dans la page sports du 20 minutes, j’t’ai cramé , t’es un putain de serial killer héroïnomane !! HAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHAHA Aaaaaaah, nan, merde, t’es un parfait psychopathe, docteur Cul Bon, c’est pas le tout, mes posthinos, faut décarrer, baise la censure (sois pas jalouse véro la butineuse), la bise à Freeeeeeedom Fiiiiiighter Eleven et Radio libre sous le signe de l’hexa-gones Spéciale cacedédi au blond samaritain hoooooooooooo HISSE ENCULE !! De Docteur C, posté le 29.05.08 à 15:13 ![]() Au Marsupial : c'est surtout mon commentaire qui vole bas... Au djinn fulgurant : je ne sais trop quoi dire là... Tout dépend de ce qu'est une bernex (???) De feu gino, posté le 29.05.08 à 16:13 ![]() c’est toujours un plaiz, bac +7 alors, toubib, t’as pas la bernex dans le moteur ? indices : l’odeur du sang, de la poudre, la pétulance canine, la gibecière en bandoulière, la fraîcheur des frondaisons… ça évoque quelque chose pour toi, freddy krueger ? De Docteur C, posté le 29.05.08 à 17:22 ![]() Ah oui quand même... Non, désolé, RIP Gino, on a pas dû communier avec la Nature en utilisant le même équipement. Et ce serait moi le psychopathe... Tu es toujours confus Djinn Djinn, très très confus même. Tu sais ce qu'il te reste à faire... Mais pas avec moi, avec un vrai. De Docteur C, posté le 29.05.08 à 17:30 ![]() En voilà un qui n'a jamais eu de crampe - et qui me permet en plus de conclure en beauté. Hugo quoi. Les Djinns funèbres, Fils du trépas, Dans les ténèbres Pressent leurs pas ; Leur essaim gronde : Ainsi, profonde, Murmure une onde Qu'on ne voit pas. Ce bruit vague Qui s'endort, C'est la vague Sur le bord ; C'est la plainte, Presque éteinte, D'une sainte Pour un mort. On doute La nuit... J'écoute : - Tout fuit, Tout passe L'espace Efface Le bruit. De feu gino, posté le 29.05.08 à 17:41 ![]() Quoi ? Comment ? Le doc a gonflé son CV ? Comme Rachida ? je t’y vois dans la nature, Apfelgluck, tes pataugas aux remugles épouvantables, ton bâton de pèlerin et ton ta bouteille qué s’appellerion Quézac oooooo, un pti cuicui, cliclac kodak oooooo, la beeeelle fleur hé, le doc, allez, mets toi à table, où t’as caché le corps ? De feu gino, posté le 29.05.08 à 18:17 ![]() Saigneur de la toile ah serial et Docteur C Grand rédacteur de posts bavards documentés Mélomane amateur de livres et de vierges Docteur Cul le monstre aux cent soixante verges Erotomane cultivé et sodomite Griefs non exhaustifs hélas voici la suite Usurpateur gonfleur de CV beau parleur Colérique vengeur sale hâbleur copieur Faquin sous-Manara olé-olé rebelle Pour son ardeur et sa délectation sensuelle Prit des enfants et les tua
HAHAHAHAHAHAHAHAHAHA
De Véro, posté le 29.05.08 à 18:20 ![]() Ca te va bien Doc ![]() De feu gino, posté le 29.05.08 à 18:44 ![]() no crampe de l'écrit vain quand on a un bon docteur (confus...confus? il est perdu dans les posts à tiroirs, Jivago) no crampe testiculaire quand on a véro (salut toi, j'peux rien te déclarer, véro, chui dans le colimateur du maton madaté par l'ortie) De feu gino, posté le 29.05.08 à 18:58 ![]() une inconnue sitôt perdue qu'on la tient dans un café un escalier dans un train ce cher tabou c'est direct ou omnibus ton art est beau mais vain dite au- ssi Vénus on est venu tout dévêtu Aphrodite vers toi déesse de la tendresse troglodyte
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