Les Contes de Villiers de L'Isle Adam étaient cruels, ceux de Bernard Quiriny sont carnivores. Et le sont bien assez d'ailleurs pour faire du jeune auteur un héritier direct des grands maîtres du fantastique, d'Edgar Allan Poe à la tradition hispanique qui inclue Borges, Cortazar, ou encore Vila-Matas, auteur de la préface de l'ouvrage. Même virtuosité, même raffinement dans la composition de courtes histoires, inquiétantes et délicieuses, de véritable mets sur lesquels se ruer en cette époque où il faut être minutieux pour trouver d'originaux régals à se mettre sous la dent. En dépit de ce qu'annonce le titre, c'est bien le lecteur qui finira par dévorer l'un après l'autre ces Contes carnivores.
Comme hors d'œuvre, vous goûterez bien un peu de cette femme-orange : ou le récit d'un homme qui fit la rencontre de la plus étonnante des amantes, une femme qu'il fallut éplucher pour lui faire l'amour, avant de la boire jusqu'à ce qu'il n'en reste plus rien, pas un zeste ni un morceau de pulpe Contes carnivores
Bernard Quiriny
Seuil
De Véro, posté le 23.04.08 à 18:55 
Ces contes donnent bien envie...
Parmi les personnages de Quiriny, certains sont dotés de fabuleuses facultés : un homme possède plusieurs corps et les habitent tour à tour...