La mort décrit un cercle brillant au-dessus de cet hommeGonflements de nuit aux quatre coins de ce petit matin
soubresauts de mort figée
destin tenace
cris debout de terre muette
la splendeur de ce sang n'éclatera-t-elle point ?
D'une existence consacrée à la poésie, la littérature et aussi à la politique, restent des écrits ; ainsi que des mandats d'élu, signe d'une confiance renouvelée pendant près de 50 ans.
Homme de gauche, sa carrière politique débute avec son élection en tant que député de Martinique, sous l'étiquette du Parti communiste français (1945). Il participe alors à la création d'un nouveau statut pour les quatre anciennes colonies françaises (Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion), les futures DOM. Il est également élu maire de Fort-de-France. "Papa Césaire" administrera la capitale foyalaise sans interruption de 1945 à 2001, avant de céder la place à son dauphin Serge Letchimy et d'être gratifié du titre de maire honoraire.
L'écrivain guadeloupéen Daniel Maximin souligne d'ailleurs l'investissement absolu de Césaire pour son île natale : "Un des mots les plus forts dans son oeuvre, c'est "bâtir". En tant que maire de Fort-de-France, l'obsession c'était d'édifier, de construire en dur pour faire face aux cyclones de l'histoire et de la géographie."
Un militant, un homme engagé dont les idées et les luttes imprègnent l'oeuvre. En 1950, son Discours sur le colonialisme sonne le rappel du réveil des identités culturelles. Il y dénonce l'oppression exercée par l'Occident sur le Tiers-Monde.
Toutefois, c'est Cahier d'un retour au pays natal qui demeure l'ouvrage incontournable du maître. Séduit par l'universalité de Césaire, par sa poésie surréaliste, l'écrivain français André Breton l'édite et le préface. 65 pages incarnant les débuts de sa quête identitaire et devenant, notamment, la référence des intellectuels noirs des générations à venir.
Depuis mercredi dernier, l'état de santé du poète martiniquais s'était dégradé. Souffrant de troubles respiratoires et cardiologiques, il avait été hospitalisé à Fort-de-France. Il nous a quittés ce jeudi matin à l'âge de 94 ans.
Sur mon étagère, le fameux livret orange délavé de Cahier d'un retour au pays natal. Et me reviennent les lointains échos d'un cours de français suivi sur les bancs d'un certain lycée Schoelcher à Fort-de-France, où j'ai lu pour la première fois Césaire.
Aimé Césaire (1913-2008), Cahier d'un retour au pays natal
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Le dernier des grands, très probablement, il reste très peu de poètes aussi marquant, et encore moins d'homme ayant à ce point incarné la réalité de leur poésie dans leur propre existence, c'est aussi en cela que la perte est grande - le respect que le peuple antillais lui vouait était à la mesure de son talent et de la vocation universalisante et fédératrice de la poésie, on songe à Pablo Neruda pour les chiliens, par exemple, à ungaretti pour les italiens, il y a trois jours, je relisais dans l'attente de l'atroce nouvelle un de ses très grands recueil " ferrements" - ou figurent des textes non négligeables - Etant de mère guadeloupéenne et de père métropolitain, son combat pour la reconnaissance de l'identité antillaise me touchait tout particulièrement, retourné en Guadeloupe il y a quatre ans, j'achetais dans la petite librairie de pointe-à-pitre l'interview " le nègre fondamental" ou Césaire décrit non sans malice sa rencontre avec senghor... Souffle épique, très grande inspiration, syntaxiquement proche du mouvement surréaliste, ce qui avait à juste titre séduit andré Breton qui y trouvait là l'illustration outre - mer d'une incroyable vigueur métaphorique - Césaire était extraordinairement doué - en atteste de très beaux poèmes comme "saison âpre " ou " cadavre d'une frénésie " - " Et poursuis, et combats, n'eusses - tu pour conjurer l'espace que l'espace de ton nom irrité de sécheresse" ou " angoisse, tu ne descendras pas tes écluses dans le bieff de ma gorge" - une phrase me touche particulièrement " passer le monde au crible et le manque de solidité de tout subterfuge " - dans nos temps si âcre de gôut - elle prends, dans sa teneur prophétique - toute sa signification -
pensée à lui et à nos confrères antillais, et merci pour la force et la beauté de son oeuvre,
un poète ne meurt jamais
didier Boudet -
notre père ,notre cesaire a disparu mais il reste en nous.un homme doté de talents aussi incroyable que de leurs ne moura pas donc cesaire est belle et bien vivant.il ne moura jamais .il reste toujours vivant à travers ces ecrets.