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Ken Bruen : Les yeux pour pleurer

Posté par Maxence le 14.01.08 à 13:20 | tags : polar, gallimard

Les yeux pour pleurer c'est tout ce qu'il vous reste quand vous refermez ce quatrième épisode des enquêtes de Jack Taylor. Le Dramaturge nous présente un Jack Taylor (faussement) assagi, engourdi même, mais toujours en proie à ses démons intérieurs. Taylor ne fume plus, ne se drogue plus, ne boit plus et fréquente la messe. On croit rêver ! Mais tout va rapidement se décanter et basculer dans le cauchemar. Dites vous bien que cette fois, Ken Bruen n'épargnera rien, mais alors, rien du tout, à son personnage fétiche, qui va encore flirter avec l'abîme. Et "quand tu regarde dans l'abîme...", bref, vous connaissez la suite.

 

Jack Taylor est donc repenti. Son fournisseur des beaux quartiers en prison, il est obligé de faire abstinence. Libéré malgré lui de sa dépendance à la coke, il arrête l'alcool dans la foulée. Le destin semble pourtant l'avoir mauvaise puisque c'est justement son ex-dealer qui le charge d'enquêter sur la mort soit-disant accidentelle de sa soeur, trouvée au pied d'un escalier avec un livre de J. M. Synge coincé sous le corps. Bientôt, une autre étudiante est découverte, elle aussi morte, couchée sur un livre du dramaturge irlandais. Subissant pressions amicales et mauvais conscience, Jake Taylor se sent obligé de réagir et se trouve rapidement confronté à une milice paramilitaire, les pikmen. Entre gnons dans la gueule, visions de wisky et nez qui coule, le détective le plus foireux - et le moins motivé de la planète - va mener son enquête la plus pathétique à ce jour.

 

Ecrit dans un contexte international catastrophique (l'ouverture de la guerre en Irak), Le Dramaturge est le roman traduit en français le plus dur et le plus désespéré de Ken Bruen. L'auteur qui nous avait habitué à un humour noir et grinçant avec sa série R&B, s'enfonce d'un cran dans la noirceur sans espoir de retour. Par delà le récit d'une enquête des plus vaseuse et l'attachement sadomasochiste que Bruen manifeste envers son personnage, l'auteur se fait l'écho d'une société en totale perte de repères, en l'occurrence, celle d'une Irlande en pleine croissance économique mais paradoxalement toujours plus intolérante, sectaire et finalement apeurée. Sa galerie de personnage délaisse le côté grotesque et convivial des précédents épisodes pour affiner encore sa vision socio-politique pessimiste au travers des yeux chassieux de Jake Taylor et de ses amis.

 

Le Dramaturge est un roman qui secoue. Ames sensibles passez votre chemin (et pour une fois cela n'a rien à voir avec le nombre de litre d'hémoglobine versé, il n'y en a pas, ou presque, mais avec les sentiments), ce livre est une vraie tragédie et on le referme démolit.

 

Le dramaturge
Ken Bruen
(Serie Noire/Gallimard)

Commentaires

De Montsé, posté le 14.01.08 à 14:06 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Peut-on passer directement à ce quatrième volet ? le plus dur et le plus désespéré de Ken Bruen... Ca m'inspire !

De Maxence, posté le 14.01.08 à 16:48 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Heuuu, faudrait être un peu maso pour plonger dans le bain aussi brutalement... mais bon, why not ?

De M, posté le 14.01.08 à 18:23 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Je suis un peu maso en ce moment, ça devrait aller !  

De Ubik, posté le 14.01.08 à 18:35 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Voici encore une invitation plus qu'alléchante pour lire cet auteur.

 



De Maxence, posté le 14.01.08 à 19:31 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
N'est-il pas ?

De C. Sauvage, posté le 20.01.08 à 23:58 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

 

Vive Bruen, sa noirceur, son humour avec dans ses livres les meilleurs BO de la littérature contemporaine!



De Véro, posté le 11.05.08 à 10:59 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Démolit... Pas mal trouvé ! C'est le terme que le personnage aime à utiliser pour définir par exemple une musique qui le prend aux tripes. Un peu balourd comme détective, hein ?!

 

Il me restait une page à tourner et le "destin" de Jack ne semblait pas catastrophique. Je me disais : "Il exagère Max!" Bon OK, certains "héros" on les aime bien comme ça : Ils attirent la poisse ! Etait-ce le coup de grâce ?! Etait-ce vraiment nécessaire cette dernière page ? J'en viens à dire que le roman aurait un goût fadasse sans ça. C'est vrai quoi ! Un type qui a vécu toutes les horreurs et qui finalement s'en sort... Quel ennui !!!

 

C'est bien, si je continue comme ça, je vais finir par trouver tout ça parfaitement normal !

 

PS : ça y est, il est parti ?



De Charlie, posté le 13.05.08 à 19:34 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Ce roman est trop fort .Tordu comme fin, j'suis d'accodr



De Touti, posté le 07.06.08 à 16:17 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
J'avais lu cet article il y a quelques temps mais je n'avais pas encore pu me procurer le livre. Je ne peux qu'abonder dans le sens de vos avis, la fin m'a traumatisée aussi, je ne m'y attendais pas du tout, Jack remontait la pente et puis de nouveau, c'est le drame. J'ai hâte de lire le prochain, car là Bruen nous laisse vraiment désemparés...

De Marie, posté le 09.06.08 à 14:04 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Des personnages désemparés qui me désespérent.

Je ne comprends pas, on rencontre de tout dans ce monbde, des hommes comme le déctective de cette série qui portent la poisse, des hommes violent, des homes fous, mais aussi des hommes généreux, amoureux, heureux . Qui se risque à écrie là-dessus, Marc Lévy, Musso, Galvada. Tout le monde dit qu’ils n’ont aucun stule, que ce n’est pas de la littérature. Mais c’est quoi alors la bonne littérature, La vie se sont aussi de bons moment. Pourquoi ne pas en parlé.

J’ai mis très longtemps à retrouver un commentaire que j’ai lu il y a quelque temps et qui m’a frappé. Je vvous fait du papier/coller. De Julien, posté le 18.04.08 à 09:18

Après la lecture de « La route » de Cormac McCarthy qui a laissé des traces de pneus sur mon crâne et mon coeur, m’a scarifié l'âme, m’a griffé, m’a déchiré… et m’a foutu le nez dans le caca… comme le veut tout roman digne de ce nom, « Un homme changé » de Francine Prose a pansé les plaies !

 

Ce roman est drôle, les personnages sont sympathiques, les situations cocasses… Bref, on peut se fier à l’avis de Myosotis. Inutile que j’en rajoute. Si… juste une chose : L’impression comique, en lisant ce roman, que les bons sentiments pratiquaient l’autodérision !!!

 

La transition brutale entre les deux romans m’a rappelé cette dissertation hyper connue –mais dans laquelle je n’ai pas encore eu le plaisir de me plonger- : L'écrivain André Gide déclarait : Ce n'est pas avec de bons sentiments qu'on fait de la bonne littérature. Qu’est-ce que la bonne littérature ?

 

Tout d’abord, qu’est-ce qu’on appelle « les bons sentiments » ? : Est-ce la compassion ? la tendresse ? l’amour ? le pardon ?... ou bien l’expression d’une sensibilité superficielle ; des larmes qui coulent en regardant « Ca se discute » bien calé au fond de son fauteuil Stressless ; des sentiments de bon aloi qui n’aboutissent à rien –car trop d’égoïste, trop de paresse- mais qui donnent l’impression d’être quelqu’un de bien ! Pire, un instrument au service des hommes politiques, des écrivains, des journalistes qui cherchent le pouvoir, l’audimat… le fric !

 

Entre la belle parure et l’instrument, les bons sentiments ont beaucoup de mal à se frayer un chemin vers l’authenticité. Et je vous le demande : Comment peut-on faire de la « bonne littérature » avec des sentiments auxquels on ne croit pas !!!

 

Je l’ai fait cette rédac quand j’étais jeune. Je n’étais pas d’accord avec >Gide mais je ne savais pas comment l’exprimer mais c’est tout à afait ce que a écrit Julien. J’aimerais lire de bons romans qui nous montrent le bon côté de la vie. Si vous avec des titres à me communiquer je vous en remercie.



De Véro, posté le 09.06.08 à 17:50 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

C'est un peu confus Marie. Mais visiblement, on voit les choses un peu pareil. J'ai beaucoup de mal à croire que la "bonne littérature" se limite à des romans qui scarifient l'âme !!! 

 

Heu... ça m'intéresse également quelques titres de romans qui auraient un effet revigorant !

 

PS : Julien, c'était pas une bonne idée   



De Véro, posté le 10.06.08 à 14:03 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Il me vient tout à coup à l’idée de préciser que je n’ai strictement rien à voir avec le commentaire de Marie. 

 

Ca fait plaisir de voir que je ne suis pas la seule à penser qu’un bon roman n'aborde pas que la souffrance et l'horreur -du moins je considère qu'il n'a pas à s'y limiter-. La souffrance est un aspect de la vie, l’aspect qui touche le plus aussi, où les mots ont le plus d’impacte. Parallèlement à Don Dellilo, je lis un essai de Mario Vargas Llosa sur « Les misérables ». C’est la première fois que je lis un essai et je n’en reviens pas de me passionner autant. Le fait est que je l’ai acheté non seulement parce que j’aime bien cet auteur mais aussi à cause de ce qui était écrit en 4ème de couverture : "La vie réelle est petite et misérable en comparaison de la splendide réalité forgée par les fictions abouties où la beauté des mots, l'élégance de la construction et l'efficacité des techniques -termes que j'ai repris récemment- font que même ce qui est le plus laid, le plus bas et le plus vil resplendit comme une réussite artistique". C’est assez parlant n’est-ce pas ? Le rédacteur en chef de Mille feuilles disait qu’un roman sert à ouvrir les plaies et peut-être même à y rajouter du sel. C’est en quelque sorte l’état d’esprit qui règne ici –corrigez-moi si je me trompe, je ne demande que ça !-

 

Quand on y pense… J’en ai lu des livres chroniqués sur mille feuilles : SPIN de Wilson, « Lettres » de Burroughs, « Kingdom Come » JG Ballard, « Un homme pressé » Francine Prose, « Un acte d’amour » James Meek, « Rue de la Miséricorde », « La route » Cormac MacCarthy, deux polars de Ken Bruen, « Le Dahlia noir » sans parler des écrivains qu’on évoque : Palahniuk, Céline… Dantec ! Jamais aucun regret ! (Je suis en période d’exploration) Mairie, pour la plus part ce n’est a priori pas ce que tu recherches, sauf le roman de Francine Prose. Visiblement tu as lu le billet (http://livres.fluctuat.net/blog/28192-un-homme-change-un-nazi-au-grand-coeur-excellent-roman-americain.html) Ce roman est vraiment pas mal. J’ai été étonnée que Myosotis, le chroniqueur, l’ai apprécié. OK, il y a de l’humour, de la sincérité… mais pas vraiment de style, comme bon nombre de romans qui se publient aujourd’hui  et à qui on jette la pierre ! Je te propose de faire un peu le tour de l’historique de mille feuilles. Il y a de tout ! Ce n’est pas dit que les romans dont on parle en bien soient ceux que tu recherches. A toi de voir… Bonne pêche !

 

Désolée Maxence pour cette parenthèse.



De Véro, posté le 10.06.08 à 14:23 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

même ce qui est le plus laid, le plus bas et le plus vil resplendit comme une réussite artistique... Personnellement, je dirais que c'est surtout dans ce domaine qu'une oeuvre artistique resplendit !!!

 

Bon, allez, je me sauve...



De Marie, posté le 11.06.08 à 14:55 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Je te rmercie Véro mais j’ai déjà chercher. Ça fait de semaines que je regarde, depuis que j’ai voulu apprendre qui est Ana Gavalda et que j’ai trouvé ce blog, mais tous ce que je li sur elle ou sur Marc Lévy, de qui j’ai lus tout les livres, ne sont que des mauvaises critiques. Je me suis senti stupide, pas tout a fait mais embêté de ne pas cherché a lire de la vrai littérature, ça ne m’intéressait pas quand j’étais jeune. J’ai lu beaucoup de critiques mais je ne me sens pas beaucoup attiré par ce que je trouve. Je vit dans un quartier défavorisé comme on dit, je travaille comme bénévole dans une association et la soufrance je vois sa tout les jours, ma copine s’est sucidé il y a un an parceque son mari la battait et ses deux enfants sont mantenant à la dass. Mon mari aussi me battait, c’est pour cette raison que je m’entendais bien avec elle, mais j’ai de la chance il est parti avec une autre femme et je n’ai pas d’enfants. Je ne veu pas lire des livres qui me font pleurer ou qui me font sentir encore plus mal, mais des romans qui sont beau comme des poésies. Si je suis bien dans ma tête je peu aussi mieux aider les autres à mieux se sentir. La  dur réalité je connais et pour garder mon équilibre je dois trouver une manière de compenser l’horreur qui nous entoure. Les livres m’aident beaucoup, c’est apaisant, on a tous besoin d’être apaisé. Dans l’association, je peux utiliser l’ordinateur et me connecté à internet. Je viens lire les critiques et aussi les commentaires depuis bientôt trois mois, je n’osais dire ce que je pensais parce que je sais que j’écris mal, malgré les études qui ont été difficiles. Mais quand j’ai lu cette phrase qui dit que le livre de bruen est une vrai tragédi et qu’on le referme démolit sa a été trop dur. Encore une fois je ne comprend pas, ou je comprends que les gens s’ennuit et qu’il leur faut des émotions. Et bien il n’ont qu’a venir dans mon quartier et m’aider à s’occuper de toutes ces pauvres femmes de qui on pourrai écrire des best seler. Tout ce que je veux ce sont des titres de vrai romans qui parlent de gens capables de voir le soleil briller. Merci Véro de m’avoir écouté.



De Véro, posté le 11.06.08 à 18:30 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

C’est énorme !

 

Excuse-moi Marie mais je bassine les contributeurs et les habitués du blog depuis plus d’un an et demi –et non pas 15 ans- avec l’idée que la « bonne littérature » ce n’est pas forcément ceci : De nos jours (et ici en tout cas), on veut des livres qui scarifient l'âme, des livres qui laissent des traces de pneus sur nos crânes et nos coeurs, des livres qui grattent, qui griffent et qui déchirent, pas des livres qui font rêver quelques secondes et détournent de la misère ambiante. On veut des livres qui mettent mal à l'aise, le nez dans le caca et les pieds dans le plat, des livres qui parlent de la misère de nos vies ou de ce qu'elles deviendront demain, et pas des livres qui tournent la tête comme un petit vin blanc et disparaissent avec le matin. (http://livres.fluctuat.net/blog/28502-julien-bouissoux-voyage-trop-leger.html#commentaires) Je me disais : ce n’est qu’une part de la vérité !

 

Ici et là, j’ai parlé de romans « pilules » et de romans chocs –électro-choc- ; de romans de divertissement et de romans d’art  afin d’essayer de comprendre ce que nous recherchons : Assouvir notre goût de l’esthétisme, comprendre le monde qui nous entoure, juguler l’ennui, apaiser la violence qui nous habite, libérer nos passions… ?  Le roman joue un rôle de catharsis. Or les émotions varient en fonction de notre sexe, notre éducation, de notre vie sociale, de nos expériences… De plus en plus, je me dis qu’il y a une littérature masculine et une littérature féminine qui sera bonne ou mauvaise mais que le sexe opposé jugera difficilement avec objectivité ! Exemple : Fais lire « Grande Jonction » de Maurice Dantec à une femme et elle aura du mal à lui trouver des qualités, déjà parce que le thème l’ennuie –je généralise- !!! Mais surtout ne fais JAMAIS lire un roman d’amoooooour à un homme –sauf si ça se termine dans un bain de sang- Lui aussi il s’ennuie ! Ce rôle de catharsis semble avoir pris tant d’importance qu’on en oublie presque le style, l’écriture qui rend un livre réellement bon ou beau ! Logiquement ! Car le style ce n’est pas une belle façon de s’exprimer, c’est une façon identifiable et originale de s’exprimer. Aujourd’hui on voit de tout : des styles laids, violents, crus, télégraphiques, emphatiques, alambiqués… Tout marche et rien ne marche ! Tout plaît et rien ne plaît ! On veut de l’originalité, mais une originalité claire, dépouillée, pour la majorité des lecteurs... La littérature de masse !

 

Pour tout dire, moi-même je ne sais plus où j’en suis ! J’expliquais récemment que je recherchais le plaisir physique dans la lecture d’un bouquin. Cela veut dire simplement que le livre prend possession de moi à tel point que je perds la notion du temps, cela veut dire que je sens mon cœur battre, que je sens toutes sortes d’émotions me traverser. Depuis quelque temps, je m’aventure à lire des romans très différents, de bons romans selon différents avis où il y a du style, de la réflexion et c’est devenu une lecture plus cérébrale, seulement mon corps me laisse tomber ; cet amas stupide de matière organique ne suit pas, il ne tient pas le coup ! Je m’endors. Je viens de laisser tomber Céline pour la deuxième fois. J’ai pensé : Je suis trop fatiguée en ce moment, je m’écroule comme une mouche... Essaye un autre ! « Un homme qui tombe » de Don Dellilo… Pareil ! Il y en a eu plusieurs comme ça dont l’écriture m’a fascinée, dont les idées m’ont interpellée mais que j’ai mis du temps à lire car je m’endormais… J’avoue que je me sens assez frustrée ! Je ne suis pas l’esthète que je croyais être ; les mots ne veulent rien dire, les phrases n’ont pas sur moi de pouvoir envoûtant… ? Ou est la transcendance ?!

 

Bref, si Marc Levy et Ana Gavalda t’apportent ce dont tu as besoin, continue à les lire. Sans scrupules, sans honte !

 

L’art demande une certaine éducation, je crois. Si on veut l’aborder à brûle-pourpoint, ça ne donne rien ! Peut-être que le plus simple est d’aller à la bibliothèque, demander ce que tu recherches et prendre le temps de lire les 4ème de couverture. Ce matin je viens d’acheter deux bouquins. Le premier je n’en parle même pas –« Juste être un homme » de Craig Davidson- le deuxième est intitulé « Les Grandes Espérance du jeune Bedlam » de George Hagen. Connaît pas ! Mais il était écrit ceci : Ni ses origines obscures ni son enfance passée dans les ruelles du quartier misérable de Vauxhall n’ont réussi à entamer l’optimisme de Tom Bedlam, gamin débrouillard, loyal et courageux… Ca à l’air pas mal, non ?

 

Je m’excuse pour ce laïus, c'était long. Je me suis laissée emporter. Ceci était un exemple des difficultés qu’on peut rencontrer à vouloir réellement découvrir le monde de la littérature. Je ne sais pas si ça vaut toujours la peine… il y a tant de temps et d’énergie à consacrer !

 

Je te souhaite bonne chance et surtout, surtout, bon courage. Véro.

 

PS : Je disais « c’est énorme » Marie, tu atterris sur mille feuilles comme l’exemple parfait de ce que je m’échine à dire, tu cites un commentaire de Julien… C’est trop ! Et cette habitude que j’ai prise de changer de pseudo… J’imagine le pire ! Pathétique qu’on disait !!!

 

 

 

 

 



De Maxence, posté le 11.06.08 à 19:35 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Oui enfin, on peut aussi lire un roman d'amour quand on est un homme, prenez Nadja d'André Breton par exemple... Ou 37,2 le matin de Djian (bon, je sais, je fais le grand écart là...)

 

Moi je vis dans une ville défavorisée Marie, je suis aussi journaliste local et je vois bien des choses tristes et dures dans ma ville. Lire des romans noirs et drôles, car ceux de Bruen, entre autre, mais aussi de Hiaasen, Mark Haskell Smith, Tim Dorsey et tous les autres dont je parles sur le blog, sont aussi drôles, me redonnent le moral parce qu'ils éclairent cette cruauté de la vie, d'un trait d'humour, noir d'accord, mais d'humour quand-même.

 

Maintenant, ne prend pas les choses que l'on dit sur ce blog trop à coeur. Bien sûr, Myosotis voudrait (ainsi que notre rédac chef et moi-même) que vous lisiez tous Palahniuk, Coupland et Bruen, mais l'important avant tout, c'est que vous lisez ! Et ça, à une époque où les gens pensent que Stendhal a écrit la Chartreuse du Jambon de Parme, c'est déjà énorme ! Lisez ce que vous voulez, faites vous plaisir, mais faites aussi confiance (parfois) à ceux dont c'est le métier, vous allez découvrir de grands auteurs, de grands moments !

 

Tiens, Marie, pour te changer les idées, choisi les grands espace, prend un Jim Harrisson, "Dalva", c'est en poche, c'est magnifique. Véro ne me contredira pas. n'est-ce pas V ?



De Docteur Sonné, posté le 12.06.08 à 10:13 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Le style ce n'est pas la noirceur, le style c'est simplement une subjectivité qui s'invente.

Lisez ce que vous voulez, sans doute que cela demande une "éducation" de lire de vrais livres, mais toute invention du monde suppose un effort, mais on ne peut pas cracher sur l'invention littéraire sous prétexte que ça ne parle pas aux "gens" et que c'est trop "noir" ou "violent". Ensuite prétendre que la littérature exigeante, qu'elle soit contemporaine ou non, se complaît dans la noirceur et la souffrance, ce n'est pas très honnête. L'argument du livre "coup de poing" qui "frappe au tripe" ne tient certainement pas la route, et ce n'est certainement pas une qualité primordiale.

Flaubert, Proust, Jarry, Nabokov ont leur part de noirceur, mais aussi leur part de bonheur extatique de l'écriture : il y  a de la joie, et de l'amour aussi, c'est indéniable.

Ferdydurke de Gombrowicz raconte aussi plusieurs histoires d'amour (avec la lycéenne, avec les garçons de ferme) !

Mais pas seulement une histoire d'amour comme chacun entendrait une histoire d'amour, et c'est toute la question.

Et puis quelques citations de Bohumil Hrabal pour finir.

De Véro, posté le 12.06.08 à 12:04 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Dalva ? J’ai tellement aimé que j’ai acheté –en même temps que le roman de Don Dellilo- « La route du Retour », la suite quelque sorte. L’atmosphère de ce roman –Dalva- a vraiment un effet apaisant, c’est tout à fait indiqué. Lis aussi « Un homme changé » puisqu’il a attiré ton attention : c’est très drôle et très bon pour le moral ! Effet tonique garanti !

 

Personnellement, je fais confiance aux chroniqueurs de Mille feuilles mais il est vrai qu’ils ont un goût immodéré pour les auteurs « coup de poing », c’est-à-dire des auteurs qui font preuve d’humour et de beaucoup de dureté dans leur critique sociale.

 

@Docteur sonné. Je pense que tout le monde est d’accord avec vous. Le commentaire de Myosotis concernant les romans « qui scarifient l’âme » était surtout une réaction face à un livre qui lui a paru complètement creux ! Il est indéniable que la littérature offre tous les ingrédients qui font partie de la vie. Encore une fois, en fonction du vécu, de la personnalité… tout le monde ne cherche pas la même chose.

 

@ Maxence. « 37°2 le matin » c’est pas mal. T’en a beaucoup des comme ça dans ton palmarès ? J’te vois déjà écrire une notule sur un roman d’amooooour. Hi hi hi rigolo non ?  Mais attention à ne pas confondre passion et sentiments. Il y a une légère différence ! Non mais sérieux. Il faudrait que t’essayes, ça va certainement mettre de l’ambiance !!!

 

 



De Docteur Sonné, posté le 12.06.08 à 12:51 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
> Véro :

Je répondais surtout à l'argumentaire de Marie.

Le reste des intervenants réguliers sur le blog sont des lecteurs compulsifs, donc oui on est tous grosso merdo d'accord sur l'intérêt de la littérature.

Sauf sur ce point : je ne sais pas ce que je cherche justement, en lisant. Si je savais ce que je cherche, exactement, alors je n'aurais plus aucun intérêt pour les livres. Un livre est valable s'il déploie quelque chose de "nouveau", au moins pour moi, et non pas l' idée,  l'émotion ou l'ironie "attendue" ou "escomptée". Chaque lecteur a des attentes différentes, mais l'on peut s'entendre pour dire qu'il y a des livres qui valent de par l'inattendu de ce qui s'y déploie.

Quant à la critique sociale, c'est toujours à double tranchant...  Si c'est pour napper son polar/SF ironique de sauce idéologique alter-mondialiste ou écolo-mou anti-fasciste... non merci.

Pour autant, un livre qui prétend sortir du politique (et une pensée politique implique toujours au moins un peu de critique sociale) ne peut être qu'une double arnaque : arnaque au lecteur, arnaque à la cité.

De Véro, posté le 12.06.08 à 13:50 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

J'avais compris que vous répondiez à Marie... Mais il faut toujours que je mette mon grain de sel !  Un de ces jours j'apprendrai à me taire !!!

Vous, Doc, comme bon nombre d'intervenants ici, êtes un vrai amoureux des livres. Chaque roman est une oeuvre à découvrir, de nouvelles choses à découvrir, de nouvelles émotions. Vous êtes ouvert et curieux, un vrai amoureux de l'art ! Je parle sans doute pour ne rien dire lorsqu'il s'agit de constater qu'il n'en va pas de même pour la plus part des gens : Lire c'est une occupation, un divertissement et il existe bel et bien une attente. On n'est peut-être plus dans le domaine de la littérature... Je ne sais plus. Je l'ai dit, je ne sais plus trop où j'en suis ! 

Pourquoi les hommes et les femmes, de façon très générale, lisent des choses aussi différentes ? Les hommes semblent avoir besoin de plonger dans la violence et la souffrance -à travers l'humour entre autres- pour mieux pouvoir en émerger ; retrouver une vie qui en comparaison fonctionne tout à fait normalement. Les femmes, elles s’immergent dans un bain de sentiments dont elles se repaissent, se ressourcent afin de mieux affronter la réalité de leur vie ! Si j’ai bien compris, c’est ce dont Marie a besoin actuellement !  

 

Le cryto a dit Sage... alors ne discutez pas !!!  



De Marie, posté le 13.06.08 à 15:43 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Je vous remerci de votre attention, ça me touche beaucoup, mais je ne comprend pas bien tout ce que vous dite. Tu a de la chance Maxence de pouvoir rire de la cruauté de la vi moi je n’arrive plus. Mon amie gardait le moral en lisant de la poési, elle disait que la beauté des vers lui faisaient oublier l’horreur de sa vie. Un jour son mari lui a brûler tous ses livres alors elle en a plus acheté, elle a arrêter de lire et quelques mois après elle est morte et pour oublier qu’elle n’était plus la j’ai voulu faire comme elle sauf que la poésie ne m’atire pas beaucpou. Je me suis mise à lire des roman ou les héroines sont des femmes courageuses, des batantes et peu a peu ça a été mieux, je voulais ressembler a ces femmes qui ne baissent pas les bras. Alors j’ai commencé a travailler dans l’association pour soutenir d’autres femmes a qui j’aidais à lire si elles ne savaient pas bien. Mais je me rend compte que ce n’est pas de la vrai littérature et si je dois donné des conseils je préfere autant qu’ils soit bons. Je n’ai pas l’intention de cracher sur des livres parcequ’ils sont trop noirs et violents mais je ne peux pas lire ça pour l’instant et je ne vois pas comment je pourrai encouragé les autres, des femmes violées, battues et qui ont presque peur de vivre à le faire. Si sa se trouve que je me trompe, je pensais que des livres qui détournent de la misère de nos vies c’est déjà beaucoup. Je veux surtout des livres qui sont beaux comme des poésies et qui transmette de la force et du courage. Je ne sais pas si je suis une amoureuse des livres, pour l’instant ils sont pour moi et pour les autres femmes une térapie. Mais je suis prête à vous faire confiance, j’irai a la bibliothèque et je viendrai aussi ici pour trouver des idées et peut-être faire de bonne découvertes. Véro est-ceque tu es journaliste aussi ? Excusez-moi pour les fautes. Encore merci de votre attention, je suis très émue.

 



De Maxence, posté le 13.06.08 à 17:43 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Disons cyniquement qu'il y a deux écoles : ceux qui rient du malheur des autres pour oublier le leur et ceux qui compatissent... ou veulent oublier.

 

Ceci dit, je crois que là n'est pas vraiment le problème. Il faut prendre en compte ce que veut faire l'écrivain. Par exemple Ken Bruen écrit parce qu'il n'a pas le choix. ça lui a sauvé la vie. Il a vécu un épisode traumatique dans un pays du tiers monde (kidnappé par des "rebelles" alors qu'il était prof d'anglais dans ce pays, je ne me souviens plus lequel) et de retour en Irlande, il lui a fallut écrire pour sortir tout ça. C'est cathartique quoi...

 

Et puis c'est fort aussi de voir des types (des femmes, des humains quoi) tomber et se relever... c'est ce qui nous en impose dans ses romans dits "noirs"...



De Véro, posté le 13.06.08 à 18:38 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

   Ah non, non, non. Je ne suis pas pas du tout journaliste. Par contre j'ai un peu joué aux critiques littéraires, et je me suis cassé le nez.... Ce n'est pas quelque chose qui s'improvise ! J'ai proposé quatre billets par le passé dont "Tango" est un roman qui te plairait sûrement (http://livres.fluctuat.net/blog/15813-tango-d-elsa-osorio.html)  Il est pas mal du tout ! Il y avait aussi une roman d'aventure que j'ai énormément aimé, mais c'était une vraie écatombe et un autre roman rempli d'anti-héros -Classe affaires-!

Je comprends très bien ce que tu veux dire. Maxence a raison aussi. Essaye de lire un peu de tout, ça te permettra d'aller au devant de l'"inattendu" et se savoir par la même occasion ce qui te convient, ou te fait du bien. J'espère à bientôt. Tu nous diras comment ça se passe, hein?!



De Maxence, posté le 13.06.08 à 21:57 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Une petite citation de Ken Bruen (dont l'interview est à lire ici) :

Le jour où j’ai compris que le monde était si dingue, j’ai dû choisir entre me marrer ou chialer et le rire m’a paru plus facile.



De Véro, posté le 14.06.08 à 13:18 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Plus facile ? C'est curieux, je dirais plus salutaire, pas forcément plus facile !

 

Tu crois que notre cher détective va se relever de sa dernière expérience ? Il fait fort Bruen quand même. J'ai beau me dire que dans la réalité ce sont des choses qui arrivent régulièrement, dans la fiction, ça paraît gratuit !

 

Les romans comme moyen de thérapie, ça doit être ça !

 

Bon week-end l'ami ! 



De Maxence, posté le 14.06.08 à 15:23 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Maintenant que je sais que Bruen a une petite fille trisomique je me dis que oui, pour lui la fin du Dramaturge doit être une sorte de thérapie... Il s'en relève oui, avec la niaque même puisqu'il choppe un prêtre pédophile aux couilles dans le prochain : Priest (en attente de traduction)

De Véro, posté le 16.06.08 à 08:59 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Je suis impatiente de le lire ! 

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