Classe affaires : Une héroïne comme on ne les aime pas !![]() Nb : la notule ci-dessous a été rédigée par Montsé, lectrice assidue de Mille-feuilles. Toi aussi, propose tes lectures, chroniques, élucubrations via l'espace client. Je ne devrais pas le dire, mais ce qui m’a encouragé à lire le roman de Benjamin Berton, Classe Affaires, est avant tout l’admiration que je porte à notre très estimé critique littéraire de Fluctuat (je n'en fais pas trop Myosotis ?!) Connaissant son style mordant, je m’attendais à tout. Et pourtant, dès les premières pages, je suis tombé sur le cul, expression tout à fait dans le ton ! Oui, j’avoue, son roman m’a cloué. Comment avouer que les yeux me sortaient des orbites au fur et à mesure que je découvrais nos petits désagréments de femme étalés en premières pages. Benjamin Berton, l’affreux, ose, avec humour et sans détours, raconter le combat incessant que nous menons entre autre contre la pilosité… Voyez plutôt : Les hommes ne comprennent rien aux poils. Bien qu’ils en soient eux-mêmes tapissés, ils se montrent d’une intolérance brutale quand ils découvrent du crin sous une aisselle ou deux poils au nombril. Ils aiment les peaux lisses et déposer des baisers sur la ligne de friche du pubis. Mais il faut que cette ligne ait de la rigueur et ressemble à la frontière est-allemande avant la chute du mur, avec les barbelés pour délimiter les territoires… Nanou, comme un général d’armée, passe en revue les dégâts sur le champ de bataille encore chaud de la veille. Il paraît difficile de s’aventurer à l’air libre avec des poils et des idées noires. Sans cesse il faut développer des stratégies et intervenir avec des moyens nouveaux. Plus on coupe, rase, cire-ôte les poils et plus ils s’étendent[…] Au départ, c’est l’histoire "banale" d’une jeune femme, cadre plus vraiment très dynamique, désespérément célibataire qui s’offre – enfin - un long week-end entre amis, dans l’espoir de se payer une bonne partie de jambes en l’air. Elle espère surtout renouer avec son ancien amant, mais cet abruti lui annonce dès son arrivée qu’il est fiancé. Et bien entendu, il n’a pas choisi une vulgaire morue : La jeune élue est belle à couper le souffle et aussi gentille que peut l’être une parfaite imbécile, juste ce qu’il faut pour la détester ! Tandis que Nanou, elle, a pleeeeein de défauts – elle a de gros seins, beurk, beurk ! - Bref, les personnages s’installent dans une apparente monotonie faite d’emplettes, de jeux tel que le Trivial Poursuit, de matchs de volley qui remplissent aussi bien le week-end que les pages. (C’est pour mieux rebondir mes enfants !) Le séjour s’achève de manière surréaliste entre les us et coutumes d’une sortie en boîte et la nuit étrange que passera Nanou avec un parfait inconnu. Oui, on entend un crépitement d’étincelles, le feu d’artifices et tout et tout. Mais, n’allez pas trop vite en besogne, ça ne se passera pas tout à fait comme vous l’imaginez ! Quant au style, hum…, que dire ? C’est un peu comme si l’auteur avait volontairement plongé dans la boue – il adopte le langage ordurier qui se pratique assez couramment de nos jours - mais que celle-ci avait du mal à tenir sur son corps trop longtemps poli. Cela donne une écriture à la fois crue et châtiée, une écriture contrastée qui ne m’a pas entièrement convaincue. C’est peu de chose au regard des instants captivants, troublants, drôles, complètement fous et un brin poétiques qui fourmillent dans le roman. Pour finir, je vous propose un extrait qui n’est pas le pire en son genre. J’entends par "pire extrait" le plus déjanté. A vous de trouver le vôtre. La DJ lesbienne passa un mix des Chemical Brothers avec des vieux morceaux funk et puis un titre soul du label Grand Central avec la chanteuse Veba. Il y eut ensuite le remix de Shaft par Issac Hayes. Les jeunes abdiquaient leur individualité pour faire partie d’un grand corps ondulant en posture masturbatoire qui organisait le mélange de sécrétions corporelles, sueur, sperme, salive, merde, crachats et liquides vaginaux, en une substance unique poisseuse et survitaminée. La boîte agissait comme une centrifugeuse géante. Chaque morceau d’être humain était broyé avec méthode et digéré par le côlon. Le premier bac, récoltait un jus d’hommes épais et goulayant. Le second un coulis de valeurs et de frilosités, de frustrations et de peurs, qui, cuites, feraient une bonne vaseline et c’est tout. Classe Affaires de Benjamin Berton, parce que je le vaux bien. Classe Affaires Benjamin Berton Gallimard Commentaires
De Montsé, posté le 23.12.07 à 11:06 ![]() En réalité je l'ai beaucoup aimé Nanou, le personnage principal du roman, car justement elle ne correspond pas aux canons littéraires, à savoir que les héroïnes sont toujours courageuses, généralement intélligentes et si possible belles, des femmes qui nous font rêver et auxquelles on a envie de s'identifier. Dalva par exemple, le personnage d'un roman de Jim Morrison que je finis de lire correspond à cette description et va même plus loin dans le mirage. Nanou, elle, nous ressemble -quoique personnellement, je n'ai jamais eu des envies de meurtre !- : ses défauts nous choquent, nous culpabilisent plus ou moins ; cette femme nous attendrit, on a envie de lui pardonner comme nous pardonnons nos erreurs !!!
J'ai proposé dans la notule un extrait qui m'a fait rire tant il est un peu timbré, mais l'extrait que je préfère se situe dans le chapitre en forme de rose - un apparté entre l'écrivain et un... ami ? : - Le temps de la baise est venu. Depuis le temps qu'on attendait ça, Eléonore se coltine ce désir depuis le début du week-end et mérite de passer à la casserole. C'est devenu une question de vie ou de mort pour elle. Elle risque gros de différer la saillie. (je passe quelques lignes) - Vous voulez dire qu'on ne peut, à ce stade, faire l'économie d'une scène scrabreuse ? - Je le crains. Considérez qu'il s'en est fallu de peu dans le chapitre précédent que nous sombrions dans la pornographie et l'horreur. Cette fois, c'est d'amour dont il s'agit, même si je suis conscient que cette histoire ne figurera pas dans les annales du romantisme.
Je meurs d'envie de vous révéler quelques lignes supplémentaires, celles où par exemple, l'auteur nous fait comprendre que tirer un coup vite fait, ce n'est pas forcément sordide ! J'aime beaucoup la manière dont il le fait qui n'a rien de moralisateur. Mais bon, le but n'est pas de tout raconter, hein ?
Quand au style, ah la la, c'est une notion qui continue à me poser problème. En l'occurrence, si je ne suis pas convaincue par ton style, Myosotis, il y a de grandes chances que ce soit pour des raisons personnelles que j'aimerais bien développer. Là, je n'ai pas le temps. Je m'en vais fêter noël en famille. Je l'ai déjà dit, mais peu importe : Joyeux noël à tout le monde !!! De myosotis, posté le 23.12.07 à 11:35 ![]() Joyeux Noël et merci . De Le fou, posté le 23.12.07 à 15:30 ![]() Pfiou... Ce bouquin, j'ai de grosses difficultés à y trouver la moindre qualité... Lieux communs et valeurs urbaines un peu destroy à la mode... Le style : "à la fois cru et châtié", certes oui, ça fait bientôt quinze ans que la moitié des bouquins français qui sortent en librairie sont de ce style si unique... Accumulation, à la limite de l'énumération, de tout ce qui est dans l'air du temps. Et ça tombe même dans le grave cliché par moments : le bouquin est rempli de ces petits passages du genre celui cité par montsé : dialogue banal, et insipide distinction baiser/faire l'amour. On nage dans l'alexandre jardin à la sauce djian. Ca me gâche un peu le plaisir, il y a des lecteurs qui n'en sont plus à leurs premiers pas et qui aiment lire autre chose que des généralités adolescentes de 2e ordre. Recette extensible à l'infini, on la trouve à toutes les sauces et ça plaît, il y aura toujours des gens pour aimer, je ne critique pas... Mais ça a autant de personnalité qu'une coupe mulet et un jean slim, et ça a la prétention d'apporter quelque chose (sans quoi un propos n'est pas tenu). Pour ma part, bien que je ne m'attends pas non plus à ce que chaque bouquin qui sorte soit un chef-d'oeuvre, j'attends tout de même un peu plus d'un bouquin. Quitte à prendre la plume sur quelques centaines de pages, pour parler aux gens, autant leur dire quelque chose d'un peu plus intéressant que ce qu'on entend dans les couloirs de la première boîte venue... De Montsé, posté le 25.12.07 à 17:32 ![]() Waaah ! Mais qu’est-ce que j’ai bien pu lire pendant quinze ans pour ne pas reconnaître Jardin sous la prose de Djian ?! « Classe affaires » ne remonte pas à quinze ans, mais n’est plus tout jeune non plus –le roman est publié en 2001- Ainsi, je suis passée à côté d’un style unique qui a fait des émules ?! Merde alors !!! Si je pouvais lire tout ce qui se publie, je serais certainement en mesure de cataloguer B. Berton parmi les auteurs innovateurs, les suiveurs ou carrément à la ramasse ! Mais je n’ai pas cette chance. Avec sept ans de retard, je découvre un roman suffisamment drôle pour avoir envie d’écrire quelques mots dessus, un roman qui n’a pas pris de rides et n’a rien de banal. Il a ses faiblesses, certainement, le milieu du roman est un peu creux mais le dénouement -largement inventif- vaut le détour. Et puis, ça veut dire quoi dire des choses intéressantes ? Est-ce que les mésaventures de Nanou sont intéressantes ? NON, elles sont divertissantes ! Classe affaire est un roman divertissant avec lequel j’ai passé un très bon moment. Le personnage principal est une vraie sal*** et ça m’a changé des héroïnes bien sous tous rapports. Quoi ? Il y en a d’autres comme ça ? Tu m’étonnes, c’est plus drôle ! Par contre, je n’ai pas souvenir qu’il y avait des adolescents. Vous les avez trouvés où, le timbré ? Hum… bizarre. Sacré ressenti, qu’est-ce que ça fait user la salive !!! De Montsé, posté le 26.12.07 à 11:48 ![]() J'espère que tu possèdes assez d'humour, Myosotis, pour percevoir l’ironie de l’histoire. Voilà que je me retrouve face à un détracteur, une fois de plus -ce fou qui prétend mettre ton roman en échec- pour défendre ce qui me plaît. Sauf que cette fois-ci, c’est toi qui te trouves sur le banc des accusés ! C’est cocasse, non ?!
On ne cesse de parler d’éducation ; comment apprendre à apprécier des auteurs et des livres qui ont de la valeur. Je suis en pleine exploration des auteurs américains –je viens d’acheter « Glamorama », « Toutes les familles sont psychotiques », « Monstres invisibles » entre autres- C’est fascinant ! Le fou parlait de Djian, un écrivain largement influencé par les amerlocks, comme toi je trouve- et puis, selon mon humeur, je reviens vers des romans qui n’ont rien de prétentieux -le tien- et qui m’apportent un vrai moment de détente. Alors, les sempiternels discours pontifiants sur les clichés, la banalité, etc.… ça finit par me soûler grave… De M, posté le 27.12.07 à 10:37 ![]() Vous avez rajouté la chronique, je ne l'avais pas lue. Excellent ! Elle confirme et renforce ce que je pense de Classe affaires. Noooon mais ! PS : moi qui croyais que vous faisiez du copier/coller, je découvre plein de petits changements à droite et à gauche ! De M, posté le 27.12.07 à 16:10 ![]() Je constate que la note accordée par Fluctuat est de 5/5. J'aimerais bien que l'un de vous s'exprime à ce sujet car le roman est bien plus qu'un roman de divertissement, il dénonce un milieu, celui des jeunes cadres, des gens qui s'étaient préparés à des destins uniques rampent comme des chiens de prairie et cherchent à s'oublier en pissant leurs ambitions les uns sur les autres. " Ses amis ne valent guère mieux. Tous occupent des positions enviables, peu ont du recul. Satisfaits, égoïstes, faussement solidaires, ils font mine d'être épanouis, car il faut bien justifier l'abrutissement volontaire qu'ils subissent.
Même ce qui apparaît comme "banal" est étudié : Dans son petit loft de papier, tandis que ses créatures s'agitent, Benjamin prend garde de ne pas juger, il reste cru, rejette tout romantisme, toute mystification : " Ce qui frappait de l'extérieur, c'était l'extrême indigence de leur conversation. On ne peut pas s'attendre à ce que les gens normaux parlent comme dans les livres ou ne tiennent que des propos à encadrer mais sans doute est-ce qu'on pouvait espérer mieux de personnages romanesques issus de ces milieux-là. "
Comme je le disais, le roman fourmille d'instants captivants, troublants, drôles, complètement fous et un brin poétiques... Mais j'arrête là ! Si tu nous disais, Myosotis, à quoi tu pensais ?! Pour une fois que j'ai un auteur sous la main !
De Avis, posté le 27.12.07 à 22:16 ![]() Un roman de divertissement ? T'as rien compris M. Classe affaires ne rigole pas !!! Son intérêt tient dans le fond et la manière dont il montre du doigt la vie de m**** du bobo moyen ! De myosotis, posté le 28.12.07 à 10:50 ![]() Je ne vais pas me lancer dans les commentaires de commentaires compte tenu du sujet mais juste revenir sur les 2 idées (bêtes), autant que je m'en souvienne, qui avaient motivé l'écriture de ce bouquin. Après ça, ce n'est pas à moi de dire si elles étaient bonnes ou mauvaises. La 1ère direction était de faire un livre féminin après avoir écrit un livre sur des mecs. Je voulais faire un livre sur les filles, leur vie quotidienne, qui ne soit pas réductible à l'univers de Bridget Jones et puisse dépasser l'équation qui les réduit généralement à de belles choses obnubilées par leur look et leurs amours. Un Bridget Jones ultraréaliste et précis : d'où l'approche scientifique de l'épilation et d'autres développements sur des éléments de féminité relativement peu évoqués. La 2nde direction (on l'aura compris) était de faire une critique sociale, après avoir dit mon attachement au "sous-prolétariat" (en gros, dans Sauvageons), d'une élite huppée. Je ne voulais pas le faire (tu as raison le fou, c'était la grand mode avec Beigbeder au même moment), là, au contraire, en étant réaliste ou documentaire, mais en faisant preuve de mauvaise foi et en exagérant les traits au maximum et jusqu'à la farce horrifique. L'originalité supposée tenait au parti pris de ne pas décrire la vie professionnelle mais l'instant où tout le monde se reposait et faisait éclater sa vacuité. L'idée était donc sur le plan théorique de faire, en même temps, du réalisme et du fantastique, du microéconomique et du macrosocial, en triturant tout cela dans un roman engagé et surtout burlesque. Autant dire que le projet était coton et voué (comme toujours et par définition) à être inégal, composite et foutraque. J'ai eu l'occasion de relire Classe Affaires il y a quelques mois et j'ai trouvé qu'il y avait quelques beaux passages, quelques belles inventions. Je pense que c'est avant tout un livre agréable et qui se lit bien. Je n'ai jamais prétendu être éblouissant ou avoir une ambition démesurée. Le principe est d'essayer de dire des choses pas trop connes (la fin reste assez bien fichue) sous une forme romanesque enlevée. Point. De M, posté le 28.12.07 à 11:33 ![]() Je confirme, ça se lit très bien ! Meilleurs voeux pour 2008 ! De M, posté le 28.12.07 à 11:48 ![]() J'oubliais : Et objectif parfaitement atteint Myosotis ! Bon, maintenant j'arrête... ![]() De Lolla, posté le 28.12.07 à 13:34 ![]() qui ne soit pas réductible à l'univers de Bridget Jones Ce n'est ni un exemple, ni même un contre-exemple Crypto : moule. Flu ferait bien de se balyer devant sa porte, hein...
De Le fou, posté le 30.12.07 à 01:24 ![]() Pardon d'avance de la longueur du commentaire. Le temps me manque de faire plus court et je ne pouvais pas ne pas répondre à vos propos, qui soulèvent des questions vraiment intéressantes. S'il n'est pas recommandé ici de faire long, ou de faire "du commentaire de commentaire compte tenu du sujet", je ne verrai pas d'inconvénient à ce que ce commentaire soit effacé, mais ça me ferait plaisir de continuer cette discussion ailleurs. Peut-être que j'inviterai, la prochaine fois, ou par mail si montsé et Myosotis le veulent. Qu'on se foute sur la gueule cordialement. Montsé > Non, pas "mettre en échec", mais émettre un avis négatif et profiter d'avoir l'auteur à portée. J'essaie de parler franchement sans parler méchant, c'est une limite difficile quand on n'aime pas un livre et que c'est le n-ème qui nous déplaît pour les mêmes raisons. Je veux bien qu'on défende avec la même franchise. Vous usez cela dit moins de salive que de points d'exclamation, méfiez-vous. ;) Je vais tâcher de vous répondre à vous, pour commencer. Il n'est pas question de nier l'intérêt de gens s'inspirant d'un autre style ou s'en rapprochant. Il est question d'apporter une dimension suffisamment nouvelle pour reléguer l'inspiration au rang de détail. Il n'est pas tant question non plus d'une temporalité aussi figée que dans le fait de "lire tout ce qui se publie" depuis quinze ans, mais simplement d'accepter certains acquis - et je parle de quelques classiques, pas des pionniers d'un style. Je ne crois pas que ça soit aussi simple que "X a écrit comme ça, tout ceux qui viennent après et qui écrivent comparablement sont merdiques", loin de là. Certaines influences sont salvatrices, si j'ose dire, ou plutôt libératrices, pour la littérature autant qu'ailleurs. Ca veut dire quoi "des choses intéressantes" ? C'est vrai, c'est très subjectif. C'est pour ça que j'émets un avis, et n'essaie pas d'être critique littéraire, comprenez-moi. ;) Essayons de formuler les choses autrement. Vous parlez de "divertissement", allons-y pour celui-là. Je ne parlais pas d'intérêt forcément intellectuel, et l'aspect divertissant était en grande partie ce à quoi je pensais en écrivant ce commentaire. Prenons un exemple, alors : on a cinq ans, on joue au toboggan, on a dix ans, on va dans le train fantôme, on a quinze ans et c'est le grand huit. Et tous les jardins publics ont leur toboggan, tous les parcs ont leur train fantôme et leur grand huit. Et tout le monde, adulte, peut se faire un bon revival en allant au toboggan, au train fantôme et au grand huit, même si les sensations ne sont plus les mêmes. C'est une ouverture d'esprit honorable. Mais un jour, un parc d'attraction ouvre. Avec, tenez-vous bien, des attractions incroyables : un toboggan, un train fantôme et un grand huit. On pourrait, j'utilise le conditionnel, s'attendre à ce qu'ils apportent une autre nouveauté qu'une couleur rouge fluo, et que des fauteuils en skaï. La couleur, c'est ce côté chromo, c'est le sujet du texte, les fauteuils en skaï mettons que ça pourrait être la critique de la société (il y en a partout, ça ne surprend plus, mais c'est toujours plus confortable qu'autre chose). Par exemple. Le conditionnel, c'est pour expliquer que certains s'en satisferont, et que mon petit neveu s'éclatera là-dedans parce qu'il n'a pas connu 6-Flags et Astibloche. "Des choses intéressantes", c'était ma manière entendue de dire qu'on peut au moins essayer de faire mieux que ça. Que quitte à reprendre un schéma bien exploité de l'attraction, autant y rajouter... de la personnalité. Et ici je ne nie pas la personnalité de l'auteur, je déplore simplement qu'elle passe si peu dans le bouquin, au point qu'elle se fond dans la masse, et dans une masse qui ne brille pas par sa qualité, du moins sur l'ensemble d'une oeuvre (parce que sur les scènes de cul, par exemple, on peut franchement dire qu'on a vu une bonne génération d'auteurs, c'est une réelle qualité, parmi d'autres, qu'on peut à mes yeux mettre à l'actif de "la masse" en question). Ma critique allait donc, malgré la brutalité, un tantinet plus loin qu'une opposition "pertinence/divertissement". Ce que j'entendais par "généralités adolescentes" étaient une question de qualité de forme du propos, plutôt que le propos lui-même (assez banal, j'ai trouvé). Je me doute bien qu'on ne va pas me parler de tecktonik dans un roman comme ça, par contre j'y ai trouvé une "critique de la société" que je faisais durant mon adolescence, oui - surtout dans la forme : peu nuancée, peu riche, motivée par des caricatures et exprimée par gros traits. Et je ne suis pas "timbré", je suis une pièce d'échecs, merci. Je n'ai pas déformé votre pseudonyme, moi. Goûtez la nuance entre critique d'oeuvre et mépris ad hominem. ;) Et si ces discours vous semblent "sempiternels", demandez-vous si ça ne pourrait pas être un signe, justement, d'inadéquation de l'oeuvre à son époque, et s'il n'est pas grand temps de remettre certaines choses en question... Parce que c'est bien, d'être influencé par "les amerloques", mais bon, les auteurs influencés par les amerloques des années 60 et 70, ceux qui ont digéré les classiques par le filtre "Céline" notamment, ça fait un peu plus de quinze ans qu'on en soupe. Et être influencé par les amerloques actuels supposerait en retrouver la pertinence, l'énergie et l'acuité - ce qui n'était pas le cas ici, j'en suis navré. Merci de ne pas prendre ceci pour une joute sans fin - je précise simplement mon propos, qui était un chouilla plus motivé et solide que la caricature que vous venez d'en faire. Cela dit, je reprends mon premier propos : il ne s'agit pas de mettre un roman en échec ou de faire de la critique littéraire, simplement d'apporter un avis venant de quelqu'un ayant une autre culture, un autre vécu, etc. Myosotis > Transition parfaite pour ce que j'allais vous répondre. Ce que j'ai tendance à penser parfois, c'est qu'un roman ne s'adresse pas forcément à tout le monde, et lorsque je lis un bouquin comme le vôtre, je me dis qu'il ne m'était simplement pas adressé. Ca, je le conçois sans mal, sans le prendre pour argent comptant : je ne suis pas dans la tête de l'auteur. Ce que je me dis par contre, c'est que quand on a l'envergure de tenir trois cents pages, on l'a forcément pour apporter quelque chose d'un peu plus nouveau qu'un simple decorum peint au rouleau, avec tous les éléments de l'ambiance. Le sujet du livre change, vous parlez des femmes après avoir parlé des hommes ? Dieu merci, j'ai effectivement foi dans les écrivains de mon époque pour ne pas dire deux fois la même chose. La femme actuelle n'est pas forcément comme Bridget ? Voilà, on arrive dans le vif du sujet : l'apport. C'est un peu le même sale effet que m'avait fait le film "L'Auberge Espagnole" : l'oeuvre apporte quelque chose, mais quelque chose qui enfonce tant une porte ouverte que finalement ce n'était peut-être pas forcé d'avoir à le formuler. Mais ce n'est pas un crime. Ce qui devient difficile, c'est quand l'enfoncement de porte ouverte est fait avec les outils habituels, les propos habituels, les caricatures habituelles et le style habituel. Là, ça devient plus que du prévisible, ça devient le "Preum's !" dans les blogs, ou celui qui se met à se justifier quand on ne s'adresse pas à lui, etc. : au pire, lourd ou grossier, au mieux, manquant foncièrement de personnalité. On peut avoir peu d'ambition, ce n'est pas un mal. Mais on peut en avoir plus que nous rererererererere-donner une critique sociale empreinte de mauvaise foi. C'est nier justement le passage des "amerloques" dont parlait Montsé. La sauce "engagée" est, à mes yeux, plus une flemme qu'un effort. Il est bien plus courageux d'aller plus loin que ses petits avis, que de les lâcher sur des centaines de pages - c'est du blogging. Alors ok, le blogging est aussi de la littérature. Pas celle que j'attendais - mais loin de moi l'envie de faire de la littérature une dictature des attentes du lecteur. Je n'irai jamais vous dire "on est en droit d'exiger...", mais que quitte à faire un effort, autant en faire un vrai, pas celui de mouliner du vent. Quant aux choses "pas trop connes", je ne suis pas spécialement de votre avis, mais je ne crois pas que discuter de ça serait intéressant. Nous n'avons simplement pas la même culture, et je n'irais jamais reprocher à un bouquin de ne pas penser comme moi. Je veux bien lire des conneries, mais alors, qu'elles soient originales ou bien écrites, par exemple. (pour comprendre ce que j'entends par originalité et style, dans ce cadre-ci, cf. le reste du commentaire) Les idées ne sont pas mauvaises pour autant. Mais certainement les mêmes que votre voisin, que votre père, que ceux qu'on aime (hé j'aime bien "les amerloques" aussi, du moins quelques uns d'entre ceux auxquels vous pensiez), et certainement pas assez pour faire un bon bouquin. D'ailleurs l'affreux papy Céline en parlait, d'idées : elles font courir la jeunesse, elles font pâmer les philosophes, mais tout le monde en a, et il y a peut-être mieux à faire dans la littérature qu'apporter des idées (werber en est spécialiste à sa manière, regardez où ça l'a mené : http://www.bernardwerber.com/unpeuplus/conseils_ecrivains.html) De Le fou, posté le 30.12.07 à 01:56 ![]() En fait, je crois que le fait de bâcler un bouquin sous prétexte que c'est du divertissement et que ça n'a pas l'ambition d'être un chef d'oeuvre, ça me rappelle ces auteurs de bouquins pour enfants qui se fichent de faire un effort "puisque c'est pour les enfants". On constate un peu la même chose dans les autres arts (je pense surtout au ciné, mais en bd et dans les jeux vidéos, pour les deux autres domaines les plus flagrants, c'est aussi présent). Alors oui, "bâcler" comme ça, avec une réflexion derrière, c'est déjà un effort... Peut-être. Il n'empêche, c'est un effort qu'ils sont plus de 700 à faire chaque année, c'est un effort que les écrivains font depuis un sacré bout de temps et c'est surtout un effort qui est moindre que les "amerloques" dont ça s'inspirerait. J'apprécie le divertissement qui ne donne pas l'impression de bâclé, d'un roman "qui a quelques beaux passages", "qui se lit bien" et "qui essaye de dire des choses pas trop connes". On peut aussi s'éviter de justifier la même soupe que les 700 autres par un discours comme "j'ai eu deux idées, celles de la critique sociale comme ci et comme ça, et celle de parler de femmes". Mouais. Enfin, on peut tout simplement mettre un peu du sien dans l'effort d'écriture, dans l'envie de dire autre chose que ce que, malheureusement je me répète, l'on ira entendre dans les couloirs de la première boîte venue. Parce qu'effectivement c'est du français, alors ça se lit bien, et il y a peut-être des éclairs de lucidité selon certains, mais au mieux, ça reste de la brève de comptoir, le style en moins. Donc non, ce n'est pas agréable à lire pour tout le monde - moi ça me donne l'impression qu'un lycéen a tenté d'écrire un bouquin, ou que l'auteur a voulu se foutre un peu de ma gueule en torchant un truc au fil de la plume. Et si ça n'est pas au fil de la plume, alors pardonnez, mais il n'y a pas grand mérite à rectifier des pages entières pour en arriver à ce résultat-ci. De myosotis, posté le 30.12.07 à 19:01 ![]() Ne m'en veux pas si j'en reste là. J'adore la comparaison avec l'Auberge espagnole en tout cas. Que veux-tu sincèrement que j'ajoute à ton réquisitoire ? Il m'arrive aussi de descendre des livres et avec presque autant de plaisir et de mauvaise foi que toi avec celui-là. Je n'ai pas à prendre ma propre défense. Le livre est sur la table, point. Sur le fond, je ne crois pas du tout en ces généralités sur l'écriture, les 700 romans par an, tout ça, l'idée de dire du "nouveau" ou "de l'original, mettre du sien dans l'effort d'écriture", la critique (un peu faiblarde par rapport au reste, je trouve) du réalisme.... Ca ne marche pas de cette façon qu'on lise ou qu'on écrive. Enfin je ne crois pas... Je suis allé faire un tour sur ton blog et celui de ta dame. Chouette boulot.
De Cedric, posté le 06.01.08 à 20:45 ![]() Pour ma part, je comprends le point de vue du Fou. Il l'exprime en outre avec suffisamment d'arguments pour ne pas être conspué ou caricaturé. J'ai beaucoup aimé Classe Affaires mais j'ai préféré Sauvageons, dans lequel - pour reprendre un des axes d'analyse du Fou - l'engagement de l'auteur était plus fort, le propos plus sincère, plus profond, plus "naturaliste" si on veut. Les gens qui connaissent Benjamin Berton (dont mézigue) peuvent lui reprocher de "jouer" avec ses créations, de ne pas exploiter son talent avec suffisamment de sincérité, de conviction. Il est trop détaché, trop joueur, trop modeste en fait, trop éparpillé dans ses multiples passions, trop pris par ses lectures (combien d'auteurs français lisent autant que lui, combien s'intéressent autant que lui aux autres ?). Benjamin, tu me fais penser à ces joueurs de foot hyper talentueux qui abîment en quelque sorte leur don parce qu'ils se foutent complètement d'avoir un destin / palmarès / destin à la hauteur des promesses qu'ils ont en eux. Pour moi, tu es le Totti de la littérature française. D'ailleurs, ta réponse au Fou va dans le sens de mon propos, même si elle t'honore (les lecteurs de Mille feuilles se retrouveront d'ailleurs dans ta vison, je pense, mais là n'est pas la question). Tu pourrais prendre tout ça un peu plus au sérieux, te montrer un peu moins nihiliste, un peu plus "habité" pour jouer le jeu du kitsch littéraire (l'urgence d'écrire, la souffrance, la solitude, l'engagement, blabla) et nous offrir un vrai beau grand roman. Pirates collait presque à l'idée que je me fais du chef d'oeuvre que tu nous dois. Attendons encore un peu ... Après tout, Jean-Claude Van Damme aura attendu 48 ans pour livrer sa meilleure création, avec JCVD (si j'en crois le buzz ambiant). Au passage (connexion secrète ?), je n'oublie pas que Benjamin nous avait offert, au siècle dernier, une double chronique mémorable de "Légionnaires", du sus-nommé. Autant de talent et d'humour pour chroniquer consciencieusement un film aussi improbable, ça prouve bien ce que j'essayais de décrire + haut, maladroitement ...
PS : les archives antédiluviennes, c'est là : http://www.fluctuat.net/cinema/paris99/chroniq/legionnaire.htm
De Montsé, posté le 08.01.08 à 21:06 ![]() @Le fou. La formule « ce fou qui prétend mettre ton roman en échec » est un jeu de mots pour montrer que j’ai bien compris que votre pseudo est une pièce d’échecs et non pas la figure d’un quelconque timbré. C’est juste que pour une raison bizarre, j’avais pas envie d’être sympa !
C’est quand même dingue, tout le monde est d’accord avec ceci : « Si un livre ne vous plaît pas, c’est qu’il n’est pas fait pour vous » -vous le dites vous même- et pourtant, à chaque fois, il se trouve quelqu’un pour montrer du doigt une œuvre et s’exclamer sans nuances : « C’est de la merde ! » Dans vote première intervention Le Fou, vos propos auraient tendance à me hérisser profondément, non pas parce qu’ils donnent un avis négatif mais parce qu’ils sont tranchants et sans appel, voir insultants, sans respect pour l’avis des autres. Est-ce que ça ne mérite pas une petite tout petite caricature ?
Il n’en va plus de même avec vos commentaires suivants, ouf !-très drôle votre exemple sur les toboggans-. C’est un poil long, en effet, mais je suis très mal placée pour critiquer puisque question blabla, j’en fais toujours des tonnes, hein ?! J’y peux rien, une fois que je commence à écrire, plus moyen de m’arrêter…
Bref, nous ne sommes pas sur la même longueur d’ondes mais ce n’est pas ce qui est important –même Benjamin Berton préférerait sans doute que nous soyons tous fans de ses romans !- Vous avez un autre vécu, une autre culture et votre avis vous appartient. Je le respecte. Vous êtes un homme et je suis une femme. Ben oui, ça fait une énorme différence en termes de ressenti. Tous vos arguments, qu’ils soient de poids, cohérents et tout et tout ne changeront rien à ce que j’ai ressenti en tournant la dernière page de Classe affaire. Pour moi, c’est acquis.
Personnellement, j’ai tendance à saisir pleinement toute bonne chose en omettant légèrement défauts et travers. Cela voudrait-il dire que j’ai un esprit moins critique ? Hum ? C’est tout à fait possible. Quoi qu’il en soit, je parle de ce roman avec l’humour et la légèreté que j’y ai trouvés et c’était franchement bon.
A ce propos, je suis tombée sur un petit truc que j’ai sorti il y a bientôt un an : De Montsé, posté le 26.02.07 à 12:17
@ Myosotis. L’intervention de Cédric m’encourage à parler de ton écriture alors que j’avais plus ou moins abandonné l’idée. D’un côté on parle de roman bâclé, de l’autre de talent inexploité et ma curiosité concernant le monde de l’écriture revient au galop. J’ai fait avec ton roman une expérience inhabituelle que j’aimerais comprendre, mais là ça commence à faire beaucoup, non ? On verra plus tard... Enfin, si ça t’intéresse ?!
PS : J’abuse des points d’exclamation… Oh oui, j’adore ça !!!!!!!!! De Cedric, posté le 09.01.08 à 18:31 ![]() @ Montsé : moi, ça m'intéresse, ton "expérience inhabituelle". Go on ! De le fou, posté le 09.01.08 à 21:16 ![]() @myosotis Quelle vilaine habitude de dire "point" à la fin de chacune de vos assertions, il faut un peu plus que ça pour convaincre. Le style ce n'est pas poser (même si beaucoup d'écrivains francophones ne font pas la nuance, je vous le concède) ! Les mots "réquisitoires", "plaisir" et "mauvaise foi" ne sont pas bien appropriés. Là ça relève de votre façon de faire quand vous faites une critique, pas de la mienne. Je n'ai pas été de mauvaise foi quand je n'ai pas aimé votre livre, je tente ici d'expliquer pourquoi, et quelle que soit ma manière de faire, elle ne vous plaira pas. Mais c'est pourtant bien de qualité qu'il est question. Je ne fais pas la critique du réalisme, je fais la critique de la médiocrité. Beaucoup d'autres se sont attelés au réalisme avec brio, et c'est précisément ça le problème. Comme le dit Cédric, c'est l'approche nihiliste qui est à jeter, pas la forme du roman. Vous avez pris le parti de prendre exactement la même forme que des centaines d'autres et d'en revendiquer l'unicité, c'est un pari risqué, auquel il aurait fallu être à la hauteur. Quant aux "façons qui marchent, ou pas", c'est bien ce que je disais : votre "façon" à vous nie tout simplement quelques décennies de littérature, quelques milliers d'auteurs et quelques conceptions sur la qualité un peu plus pointues que les vôtres. Ce n'est pas parce que vous la jouez "je m'en foutiste" que le monde vous suit, certains étaient loin devant vous et d'autres le seront, quand bien même vous ne les auriez pas vus ou compris. Comme le dit Montsé, et c'est intéressant, il y a deux façons de dire, d'une part "bâcler" et d'autre part "ne pas exploiter le talent". Pour ma part, j'évite de parler de "talent" en général (on va pas repartir dans les idées d'innées et d'acquis), mais de compréhension des choses. Et à mes yeux, avoir sciemment évité de regarder dans une direction qui nous dérangeait un peu, c'est appeler une condamnation sans appel à l'absence de bonne compréhension des choses, ou de talent, appelez ça comme vous voulez. On peut faire du "comme tout le monde" et bien le faire, on peut faire du "passager sans se prendre la tête" et bien le faire (même si déjà penser à "ne pas se prendre la tête" c'est filer droit dans la beaufferie, mais c'est tellement tendance, la beaufferie...), et malheureusement il s'agit d'autre chose que "d'y croire". Il faut du matos, aussi. @Montsé Oui, merci de m'expliquer votre jeu de mots, j'avais bien compris, c'était suffisamment en gros traits... Mais auriez-vous pu plaisanter avec le meilleur des humours que le propos était quand même là et qu'il fallait bien le rectifier. Notez d'ailleurs que Myosotis l'a pris exactement de la même manière. C'est précisément parce que je n'ai pas dit "c'est de la merde", que vous n'avez pas compris ce que j'ai écrit et que je vous ai taxé de manquer de finesse... Pas pour vos jeux de mots. Il y a quelque chose derrière ce que vous avez lu, qui vous est passé au dessus sans que vous l'ayez noté : c'est qu'il y a une limite dans le haussement d'épaules. Si une des premières choses dites est que c'est une affaire de rencontre, et qu'il y a encore des choses à dire après, c'est que le propos était autre. C'est que même si je ne m'entends pas avec tout le monde, et que je ne vais pas faire chier les gens pour ça, j'ai par contre tous les droits d'intervenir dans une conversation (vous savez, un blog...) qui parlerait d'un type ou d'un comportement. J'ai tout à fait le droit, si j'en juge le propos comme manquant de nuance, d'apporter un contrepoint. Et plus que le droit : l'envie. Quand à ma table, on me vante les mérites de bigard, et que n'est aucunement soulevé le fait qu'il puisse être perçu comme un peu gras du front, je prends le temps de mettre un peu du mien dans la discussion et de rééquilibrer le débat. En outre, votre position est absurde : vous auriez le droit de critiquer un bouquin ou d'en faire un chef-d'oeuvre dans vos articles, mais pas les autres ? Allons. J'estime d'ailleurs, à ce sujet, que vous êtes bien peu amène vis à vis de votre hobby, que pourtant vous faites une fois sur deux avec les pieds. Vous êtes rigolo : dans ces lignes vous pouvez parler d'écriture, des romans, de ce que vous aimez ou pas, mais qu'un lecteur vienne vous rappeler qu'il y a des avis au delà des vôtres, et fouyaya c'est pas bieeeen... Une bonne moitié de la carrière de Barthes est basée justement sur le fait d'aller plus loin que le "c'est de la merde" et essayer de saisir où est la limite entre le "c'est une affaire de goûts" et le "c'est une affaire de qualité". Quand vous parlez de caricature, mais oui, je vous rejoins sans hésiter, j'irais même jusqu'à dire que tout mérite d'être caricaturé. Mais volontairement. Un pastiche, pas une compréhension de travers. La caricature que je vous reprochais à vous, était de ne pas avoir compris le propos, pas de l'avoir pastiché. A ça, point de limite - mon propos était bien entendu sec. De là à nier les avis des autres, c'est comme si vous reprochiez à celui qui parle de censurer les autres : meuh non, les autres prennent la parole s'ils veulent. Vous avez vu, je vous trouvais lacunaire sur tout un univers qui moi me sautait aux yeux : loin de crier à la censure, j'ai pris la parole sans vous reprocher de l'avoir prise. Ah mais jamais je ne voudrais changer votre avis, tudieu ! Ni vous convaincre de quoi que ce soit. Plutôt rajouter un autre point de vue. Un contrepoint, comme je vous l'expliquais. Par contre, quand vous parlez de parler des qualités et pas des travers, je ne vous rejoins pas totalement. Je suis d'accord pour dire qu'il est bien plus difficile de parler de ce qu'on aime que de ce qu'on n'aime pas. Et qu'effectivement, ce qui est intéressant est de montrer les merveilles qu'on a vécues, aux autres, en espérant leur transmettre ce goût. Deux points à rajouter à ça. Le premier c'est qu'il est pour autant difficile d'oublier que d'autres peuvent y voir des travers. Qu'à la limite, vous, n'aimiez pas les voir, c'est votre affaire, mais là vous écrivez aux gens, pas à vous. Le second c'est que, ce faisant, vous oubliez que d'autres puissent avoir été plus loin que vous. On peut faire de la critique facile sur le métier de critique littéraire, beaucoup se sont amusés à dire que critique = écrivain raté, mais c'est une caricature, autant que celle qui vient dire du freudisme que "non, c'est pas vrai, j'ai pas rêvé de bite". C'est de la critique formelle : une faute logique. Ce qui remet en question le principe de critique, c'est le chemin qu'on prend pour lire un livre. Ca marche avec les autres arts mais là c'est pas la question. C'est juste l'existence des gens qui n'ont pas envie de consommer, mais d'avoir un rapport intime. Et, de la même manière que brancher une poule à un bar les tente peu, et qu'ils préfèrent connaître une femme dans une phase d'activité où tous les deux sont impliqués, ils peuvent préférer un bouquin très spécifique, à côté duquel ils seront passés toute leur vie, et qu'un jour ils auront lu parce qu'il était au bon endroit au bon moment. Bah au même titre que cette femme n'aura peut-être pas la mini-jupe zébrée et trois tonnes de maquillage quand l'aventure arrivera, le bouquin qu'ils aimeront n'aura peut-être pas le maquillage vulgos et le "j'aime pas les prises de tête", d'un gros haussement d'épaules, qu'a la littérature que je critiquais. Et qui, en rien, ne représente la généralité, ou alors j'arrête de lire. A ce sujet, d'ailleurs, je pourrais rajouter à mon "réquisitoire" que se tenir au courant de ce qui se fait dans d'autres pays que les USA, ça vaut parfois le coup. (et ça s'adresse à myosotis bien plus qu'à montsé) Pourtant une jolie pouffe über-maquillée plaira certainement à mon voisin du dessous et pourra tout à fait lui faire connaître des émotions insoupçonnables. Le tout n'est pas d'en faire une règle, le tout est de rappeler qu'il existe un monde au delà. De le fou, posté le 09.01.08 à 21:48 ![]() ... et de même qu'il existe un sacré bon nombre de femmes qui n'ont pas besoin d'être poule de bar (j'ai rien contre les bars, je parle du comportement "conso" de la relation et de la sexualité), il existe un sacré bon nombre d'auteurs qui vont au delà de l'approche de Myosotis. Et de même qu'une poule de bar dira qu'il faut pas trop se prendre la tête et qu'elle est pas d'accord avec une approche plus exclusive de la relation ou de la sexualité - c'est à dire qu'elle prendra sa vision pour une généralité - de même Myosotis arrive avec la même façon de faire que toutes les autres accolées au bar, mais en revendiquant une unicité, une originalité, un apport. Moi j'en viens à dire qu'il en faut un peu plus pour sortir du lot, selon un certain point de vue. Qu'il en est parfois autrement de la littérature, des relations, etc. Et qu'il n'est pas forcément non plus question de "grââânde littérature" ni de généralités. Simplement d'étendre un peu son horizon vachement lacunaire. Quand je lis Myosotis j'ai l'impression de voir un saoulard me dire qu'il ne se saoule pas comme les autres, après m'avoir roté au nez. Autant je connais des types géniaux, autant je connais aussi des saoulards géniaux - et pas forcément par leurs bonnes manières. Et, ça va peut-être vous faire plaisir, je pense à Brautigan avant de penser à Gainsbourg, Miossec, Sinatra, Arno ou Tiersen. S'agit pas de classe ou de je ne sais quoi, mais simplement d'être autre chose qu'un saoulard qui se revendique comme tel. Le droit de vivre et de s'exprimer, bien sûr, tout le monde l'a. Aujourd'hui, c'est même limite si le fait d'être un saoulard n'est pas une raison d'être édité. D'autres d'ailleurs en viennent à se saouler en pensant que c'est la recette pour être bon écrivain. C'est toujours une analogie. Alors qu'on se saoule au vin, à la mélasse ou au cocktail, je m'en fous. Mais qu'on ne vienne pas me dire "ah mais moi, je me saoule pas pareil : je mets du sucre dans mon vin !". - ok. Bah il en faut un peu plus pour être original, et pour me plaire. Et s'il plaît aux autres, grand bien leur fasse. Mais n'oubliez pas trop qu'il y a un monde au delà, et, dieu merci, le dialogue est encore ouvert pour qu'un type vienne vous le rappeler. Parce que voyez-vous, moi aussi, je préfère aimer les choses, et je préfère parler de ce que j'aime (j'ai vu dans le coin un article sur xkcd.com) - et il y a toujours un mec pour me rappeler qu'il y a un monde au delà, quand je l'oublie. Quand quelqu'un vient me dire "pfou, j'ai vraiment pas aimé ce truc", je sais qu'il m'offre une clé vers son monde, parce qu'il vient de dresser un pont entre le sien et le mien, en m'expliquant précisément en quoi ils différaient. Ca s'appelle un dialogue - c'est à dire que si quelque chose était unilatéral et niait qu'on puisse avoir un autre avis, c'était plus l'article de montsé que mon commentaire acerbe. Qu'après ça on vienne résumer mon propos à "c'est de la merde" et qu'on vienne me dire qu'il semblait nier tout avis contraire, ça me fait sacrément chier (je crois que dès le premier commentaire je précisais que je ne critiquais pas le fait qu'on puisse aimer ça, mais le fait qu'on puisse à ce point nier que ces choses ont été dépassées depuis belle lurette par une tripotée de bons joueurs, qui, face à leurs échecs, ont su remettre leur écriture en question et aller plus loin). D'où mon propos sur le manque de finesse. De Docteur C, posté le 09.01.08 à 23:39 ![]() Oui, là, il faut arrêter la picole, chère pièce d'échec.. J'avoue, je ne pourrais pas suivre l'un ou l'autre dans une critique de jugement sur ce bouquin, étant donné que je ne l'ai pas lu... Hum... Mais par rapport à la critique, il faut bien se dire que se justifier en permanence sans apporter de nouvel argument ou affiner les siens - la tendance serait plutôt à la métaphore de plus en plus grossière en l'occurence - et renvoyer à l'autre la responsabilité de manque de finesse dans le débat, ça n'est pas de la critique de jugement, pour le coup. Et puis l'exemplarité des pairs, la hiérarchisation entre les pairs, ici les écrivains.. Hum, je ne sais pas si on peut affirmer qu'on ne peut pas ignorer tel ou tel écrivain pour bien écrire. La question de la connaissance d'un courant littéraire, ou d'une influence littéraire majeure n'est pas un plan de critique de jugement. On en est encore à des effets de mode. Comment l'écriture s'insère dans le social, comment elle s'inscrit dans une pensée politique au sens large, comment elle retient quelque chose... Problèmes formels, malgré tout. Problèmes de pratique littéraire. Enfin voilà, un petit tour sur l'archivage web de TXT, un peu de critique littéraire de Julia Kristeva dans les vieux Tel Quel, ça ne pourra nous faire que du bien. J'avais transcris le très beau texte de Prigent sur Maïakovski pour cet archivage TXT, d'ailleurs, je vous le recommande. Petit labeur, grande joie. De Montsé, posté le 10.01.08 à 22:31 ![]() Inutile de monter sur vos grands chevaux le fou !
En disant : « Et pourtant, à chaque fois, il se trouve quelqu’un pour montrer du doigt une œuvre et s’exclamer sans nuances : « C’est de la merde ! » je généralisais. Depuis un an que je traîne mes pénates du côté de mille feuilles –et même ailleurs-, c’est ce que je ne cesse d’observer. A chaque fois, je sens mes poils se dresser comme autant de griffes, c’est épidermique. Vos propos contenaient suffisamment de mépris pour que leur message me passe par-dessus la tête -l'espace d'un instant- vous avez sûrement raison. Et peut-être aussi que je n’ai pas compris qu’un avis négatif est par définition méprisant. Mépris = sentiment (ou propos) par lequel on juge une personne ou une chose (le bouquin) indigne d’estime, de considération, d’attention. Dans ce cas là, j’ai tout faux… moi qui croyais respecter l’avis des autres !
Imaginons que je n’ai rien dit. Repartons de votre premier commentaire auquel je réponds : Bon, d’accord. Je suis navré le fou que vous ayez perdu votre temps ! Un esprit aussi lucide mérite mieux… Moi, ça me va. Et je ne crois plus qu’il soit nécessaire d’en rajouter.
Je vais juste reprends vos termes pour une dernière mise au point : Quand vous parlez de caricature, mais oui, je vous rejoins sans hésiter, j'irais même jusqu'à dire que tout mérite d'être caricaturé. Mais volontairement. Un pastiche, pas une compréhension de travers. La caricature que je vous reprochais à vous, était de ne pas avoir compris le propos, pas de l'avoir pastiché. Vous niez vos propres mots, le fou : Merci de ne pas prendre ceci pour une joute sans fin - je précise simplement mon propos, qui était un chouilla plus motivé et solide que la caricature que vous venez d'en faire. Car j’ai bien déformé volontairement, purement et simplement vos propos pour les rendre ridicules... après les avoir compris, merci. J’ai quand même pris cinq minutes pour ça.
Mais cela commence en effet à ressembler à une joute sans fin qui n’a absolument aucun intérêt. Aurons-nous encouragé ou découragé qui que ce soit à lire Classe affaires. Non. La longueur de nos commentaires dissuadent les éventuels intéressés à les lire et ne servent qu’à soulager notre égo en nous crêpant le chignon –expression sympathique pour une gueguerre emplie de coups bas-. Pour cette raison je n’ai même pas pris la peine d’aller jusqu’au bout de vos commentaires. Et puis, on dort mieux lorsqu’on n’a pas l’esprit encombré avec toutes ces conneries… J’espère au moins que cette diatribe vous aura soulagée.ainsi, vous n’aurez pas perdu complètement votre temps. Alors faites comme moi et ne lisez pas la suite…
Je n’ai pas la prétention d’être critique littéraire, je ne suis qu’une lectrice lambda qui fait mumuse –enfin, c’était l’objectif !- Fluctuat propose aux internautes de faire des propositions et je suppose qu’on ne s’attend pas à ce qu’elles brillent toutes par leur excellence. Quels sont mes arguments ? Quel genre de preuves pourrais-je vous apporter pour... Pour faire quoi ? Je ne me suis pas posée tant de questions, je ne m'en sentais pas l'obligation. Mea culpa ! Je me suis simplement laissée guider par mon coeur pour présenter tout un légerté un roman tout en légerté. La seule chose dont je suis en mesure de parler est de ressenti. Je lis souvent le soir ; l’esprit capte des informations et d’une manière étrange les transmet au corps sous forme de sensations. Quel est donc le passage que j’ai lu qui m’a fait sourire ? Et celui qui ma fait rire ? Où était-ce encore que j’ai ricané ? J’ai senti battre mon cœur à plusieurs reprises et mon corps s’est amolli au milieu d’une partie de Trivial Poursuite. J’ai imaginé que j’étais Nanou lorsqu’elle était en boîte sous l’emprise de drogues –expérience que je n’ai pas connue, et que je ne cherche pas à connaître- collée aux autres dans un même mouvement de déconnexion. Et que dire de la scène sur la plage. Hummmm. Je ne vais quand même pas vous expliquer à quoi ressemble une femme excitée ?! Hou la la… Tout à coup, secouée de frissons, je me demande : Est-ce que cette scène est banale ? Du sexe sur une plage déserte, sous les étoiles, quand même ? Pfff. C’est le phantasme de madame-tout-le monde. Et les clichés ? Tu as remarqué les chichés ? Et mon corps tout tremblant qui me répond : Tu m’emmerdes avec tes clichés ! Arrête tes questions stupides et continue à lire.
Je n’ai pas d’arguments à opposer. Comme le dit Myosotis, le livre est là. Je l’ai pris et moi je n’ai pas perdu mon temps.
@Cédric. Merci pour ton intérêt. Je crains de ne plus avoir le courage de me lancer dans de nouvelles… polémiques. Et puis surtout j’ai pas envie de donner raison à le fou sur quoi que ce soit –ça c’est mon côté boudeur- Dommage, à lire son profil sur son blog, il avait l’air plutôt drôle : Chaire de maître en fustigation du manichéisme à la Sorbonne… On a remarqué ! De Montsé, posté le 10.01.08 à 23:02 ![]() Salut Docteur C, comment allez-vous ? Moi, j'avoue que je comence à trouver tout ça un peu lassant ! A part ça, meilleurs voeux pour 2008 De Lolla, posté le 10.01.08 à 23:48 ![]() Bonne année M. De Montsé, posté le 11.01.08 à 11:42 ![]() Merci Lolla, c'est sympa ! J' me suis fait un de ces rêves cette nuit. Aïe, aïe ! J'étais transformée en une sorte d'amazone qui se retrouve à l'intérieur de mille feuilles aux prises avec des hommes invisibles. Il s'en suit une bataille sanglante où l'on m'ampute d'un bras, puis de l'autre ; mes membres valsent dans les airs, mon nez virevolte. Je finis par ressembler à un clown pathétique et sanguinolent ! Arrive en fin le coup de grâce. Un image qui se déroule au ralenti, bien sûr, et qui me laisse largement le temps de réfléchir à la situation absurde où j'ai fini par me trouver et de reconnaître mon bourreau. Pendant que l'épée pénètre doucement dans mes chairs, il me regarde dans les yeux avec l'air d'un gamin tétu. A cette instant je m'exclame simplement : Ouf, c'est fini ! De M, posté le 11.01.08 à 12:10 ![]() J'ai trouvé ça plutôt drôle en fait ! De Le fou, posté le 11.01.08 à 17:29 ![]() @Montsé Pour vous répondre rapidement : - je vous ai reproché de mal comprendre, pas d'avoir essayé de faire de l'humour. - une dernière fois : je n'ai pas nié les avis différents, relisez le premier commentaire. - ma réponse visait à vous rappeler qu'on pouvait ressentir les choses différemment de vous. Un contrepoint. - ne cherchez pas le vice de forme, c'est vous qui pratiquez les coups bas (ici encore l'ad hominem). C'est ça qui est lourd, ne le faites plus. Je vous ai simplement reproché de ne pas être très fine dans vos réponses, ce n'est pas un coup bas. - vous n'êtes pas critique littéraire, moi non plus, vous n'êtes donc pas si vulnérable, juste vexée que vos attaques aient glissé. Ce n'est pas si important. - il est tout à fait normal que si vous attaquez votre interlocuteur, sa réponse ne vous fasse pas rire. De même si vous cherchez à attaquer l'inattaquable (je parle du fait de recevoir un ressenti comme réponse à un ressenti). Vous avez voulu jouer à un jeu, vous avez eu une réponse qui vous a remise à votre place, et vous n'êtes pas beau joueur. - Vous vous êtes laissée guider par votre coeur, c'était entendu, et moi aussi. Nous aimons la littérature, nous aimons plus ou moins les mêmes auteurs, je cherchais à dépasser le "c'est une question de goûts" et à expliquer le pourquoi d'une attente différente. Il y a parfois autre chose qu'un simple "autre ressenti" tel qu'aimer la vanille est autre qu'aimer la fraise. Il y a parfois quelque chose au delà, comme ici l'expérience, l'accumulation, les autres éveils passés que tout le monde n'a pas connus. - Vous auriez pu vous en tenir à parler du bouquin, voire, de votre ressenti, comme vous venez (enfin) de le faire. Ainsi nous aurions pu parler de nos vécus, du pourquoi de cette divergence d'opinions. Voyez-vous, c'était de ça qu'il était question. - Si votre but est de surtout ne pas donner raison à l'autre, ceci n'est plus un dialogue. Je pensais que vous vouliez parler de littérature et de critique littéraire - je suis maintenant le seul à vouloir ça, je n'ai donc plus rien à foutre ici. @DocteurC "se justifier en permanence" on appelle ça répondre aux arguments des gens. Le fait de reformuler les anciens arguments s'explique tout simplement par le fait qu'ils n'ont pas été saisis. Au risque de vous étonner, un dialogue se fait à plusieurs, et la forme que prennent les arguments est à prendre en compte dans un système (puisque vous voulez le rôle du linguiste ou du logicien, ne faites pas le travail à moitié). "sans apporter d'argument nouveau" c'est dommage que vous lisiez en diagonale, il y en avait, mais effectivement le débat a dérivé sur autre chose : j'ai répondu à des propos qui sortaient du champ de ce simple bouquin, oui. "la métaphore de plus en plus grossière" oui, les plus fines n'ont pas été comprises par montsé, d'où le fait de grossir le trait. Vous partez dans le méta-commentaire : vous voulez instaurer un code de rédaction des commentaires ? Ca enlise, c'est du faux dialogue. On ne codifie pas un "tous égaux" - car tous ne le sont pas face à la culture. Il faut commencer à admettre ça si on veut dialoguer, sinon se passe ce qu'on peut lire chez montsé : "je ne veux pas donner raison" - forcément, un retour de bâton, c'est peu drôle et pas souvent pris comme une remise en question. Vous parlez de critique formelle, mais vous en faites sur les commentaires. Ce n'est pas inintéressant, mais ça ne fait pas avancer le dialogue non plus. Laissons là ces idées, si vous le voulez bien, ça risque autant de m'ennuyer que ça vous ennuie vous. Je ne voulais pas hiérarchiser, mais justement apporter une nuance entre "une littérature meilleure qu'une autre" et "bien faire dans n'importe quelle littérature". C'est quelque chose de simple que j'essaie d'exprimer : bâcler = pas bien, pas du style. Ne pas bâcler = déjà mieux, et là on parle de goûts si vous voulez. Si ce n'est pas compris, si on me répond à côté à chaque fois, c'est normal que je reformule. Cela dit, j'apprécie l'apport de votre second paragraphe, auquel j'adhère (c'est dommage qu'il ne réponde pas au fond cela dit), mais là j'arrête, ce que je viens de lire de montsé me montre qu'elle me répond bien plus par vexation que par intérêt pour le sujet. Et la séance de mise en scène qui a suivi me fait vomir. Je me sens très bête d'avoir cru qu'avec montsé il était question de littérature et de critique littéraire. Il était en fait question de vexation personnelle, et d'adhérer à une charte induite et fixe d'expression écrite. Ca laisse à réfléchir sur l'utilisation des commentaires ici. Je laisse à montsé le soin de se donner le beau rôle comme elle se le donne dans sa mise en scène de rêve, vous avez réussi à mettre le doigt sur la seule chose qui me fait fuir. Partir dans l'affect les plus brutaux ou dans la logique la plus froide ne me dérange pas, mais les luttes d'ego ça me débecte, sorry. De Le fou, posté le 11.01.08 à 17:40 ![]() @DocC Oh j'oubliais ceci : "Et puis l'exemplarité des pairs, la hiérarchisation entre les pairs, ici les écrivains.. Hum, je ne sais pas si on peut affirmer qu'on ne peut pas ignorer tel ou tel écrivain pour bien écrire. La question de la connaissance d'un courant littéraire, ou d'une influence littéraire majeure n'est pas un plan de critique de jugement." On est d'accord, cela dit la pertinence d'une oeuvre vis à vis de son époque et surtout de ce qui a déjà été fait, en mieux et en plus profond, est un plan de critique. L'oeuvre n'est malheureusement pas dissociable de son contexte. S'il me vient à l'idée de faire une copie de proust mais en moins bien, j'admets que ça puisse faire ressentir des choses à des gens, admettez que ça puisse en emmerder d'autres... De EW, posté le 11.01.08 à 18:40 ![]() En tant qu'éditeur livres je ne peux que vous félicitez pour la hauteur de débats - Le Fou les conflits d'ego font effectivement souvent partie du jeu ici, ce n'est pas si grave - autour du livre de Benjamin. Il est possible - et ce qui suit est d'un niveau critique tout relatif mais nouveau dans la conversation qui nous occupe - que la classe sociale choisie - les cadres urbains branchés - favorise une comparaison cruelle pour l'auteur avec le meilleur de la littérature américaine sur ce point (mc inerney ellis etc) ce qui n'est pas le cas pour Sauvageons, totalement centré sur un sous-prolétariat spécifique ( celui de la région Nord) avec lequel a une réelle empathie. Je ne dis pas qu'un bon livre est un livre où l'auteur aime ses personnages ni même qu'il vaut mieux qu'il ait une connaissance "empirique" de son sujet mais je pense que Benjamin avait - même en étant un branleur (doué) - bien plus de choses à dévoiler sur cette catégorie. Sauvageons était un premier roman et on y parle souvent de ce qu'on connait le mieux et depuis le plus longtemps - ce qui explique la déception courante du second roman. On a pas parlé ici de Foudres de guerre ( que j'avais chroniqué) où l'auteur pratique l'art si bien partagé de l'adolescence et de l'idée de communauté. Prenant le parti d'une fiction complètement déjanté il évite un certain nombre d'écueils que vous avez relévé sur classe affaires. On y entrevoit la possibilité de dépasser certains tics d'écriture pour tendre à l'épopée ce n'est pas encore ce qu'on peut espérer de notre chroniqueur émérite mais ça donne une très enthousiasmante touche d'espoir De EW, posté le 11.01.08 à 18:40 ![]() Je ne peux que vous feliciter bordel De Montsé, posté le 11.01.08 à 18:52 ![]() Vous avez dépassé depuis longtemps le stade des vérités, celles qui blessent, et plus vous êtes agressif, plus ça me fait marrer ! Je pense avoir admis assez bien mes faiblesses sur ce coup là, visiblement, ça ne vous suffit pas, il vous en faut d'autres. Eh bien allez-y gaiement, continuez à enfoncer le clou, je trouve ça finalement assez rigolo ! Je comprends rien, je manque de finesse, j'ai un égo surdimensionné... Vous croyez qu'après ça vous vous sentirez mieux ? Eh bien, j'espère pour vous. Je vous souhaite une bonne nuit. Eh bien, Myosotis, le moins qu'on puisse dire est que cette notule aura fait couler l'encre ! De EW, posté le 11.01.08 à 20:08 ![]() Il fallait lire "l'art si bien partagé de la nostalgie de l'adolescence je suis claqué pardon pour les coquilles Montsé ne monte pas sur tes grands chevaux please on dirait moi :) crypto club (bienvenue au) De Montsé, posté le 11.01.08 à 23:20 ![]() Je te remercie EW ! En fait je pense qu'il faut que je précise quelque chose à ce sujet : Je laisse à montsé le soin de se donner le beau rôle comme elle se le donne dans sa mise en scène de rêve. Le rêve dont je parle plus haut n'a rien à voir avec tout ce qui se dit ici ; le "charmant" bourreau qui me décapite, ce n'est pas vous le fou. J'ai trouvé ce rêve déconcertant, assez drôle car justement je cumule les déceptions sur internet et j'ai bien envie de laisser tomber. Les hommes invisibles sont, j'imagine, les internautes, des individus sans consistance, des pseudos qui circulent comme le vent, au mieux des amitiés virtuelles et le bourreau quelqu'un qui n'est pas venu au rendez-vous de cette discussion comme promis ! Ca colle si bien que j'en ai les bras qui tombent !
Bref, ce n'est pas que j'ai envie de surenchérir mais toutes cette discussion part en vrille et je trouve ça dommage. Alors je vais essayer d'être le plus honnête possible :
Différentes raisons font que j'ai eu envie d'écrire cette notule sur Classe affaire. Je l'ai trouvé drôle, d'accord, et puis surtout je pensais que cela permettrait d'aborder certains points avec l'auteur lui même. Nous sommes loin de Burroughs, je pense que tout le monde est d'accord. Le roman a des faiblesses -je l'ai déjà évoqué- et j'ai des doutes quand au style -si je puis me permettre d'utiliser ce terme-. J'ai reconnu ne pas être suffisamment armée pour effectuer une bonne critique littéraire, mais cela ne m'enlève pas le plaisir.
Votre premier commentaire m'a choqué car je l'ai trouvé méprisant et j'ai réagi assez vivement en déformant vos propos pour les rendre ridicules comme par exemple cette histoire d'adolescents. J'avais parfaitement compris ce que vous vouliez dire. Ce n'était pas fair-play, OK, mais vous avez tord de croire que je ne comprends pas vos propos. Comme je l'ai expliqué, ce qui me pose problème ce n'est pas qu'on ait un avis négatif, je le conçois tout à fait, je l'accepte parfaitement -Bref, nous ne sommes pas sur la même longueur d’ondes mais ce n’est pas ce qui est important. Vous avez un autre vécu, une autre culture et votre avis vous appartient. Je le respecte. Vous êtes un homme et je suis une femme. Ben oui, ça fait une énorme différence en termes de ressenti- Mais il y a la manière de dire les choses. Quand j'ai le sentiment qu'on prend quelqu'un ou chelque chose de haut je sors les griffes. (Vous vous en souvenez Docteur C de notre conversation concernant l'Héliogabale? qu'est-ce que ça a mal tourné alors que j'ai tant de respect pour vous !) Je vous concède, Le fou, que mon égo a quand même souffert, ça se voit, en effet. Quand quelqu'un prétend que quelque chose que vous aimez ne vaut rien, dans l'esprit de l'individu, cela revient à dire : "Tu n'y connais rien, t'as aucun goût, etc" C'est une des raisons pour lesquelles les gens se crêpent autant le chignon sur les blogs ou forum de discussion. Donc, je ne suis pas blanche comme neige.
Votre deuxième intervention m'a plu et je l'a dit. Vous argumentez largement vos propos et je ne sens pas d'acrimonie, il n'y a plus ce ton mordant. Il a suffit que je dise : à chaque fois, il se trouve quelqu’un pour montrer du doigt une œuvre et s’exclamer sans nuances : « C’est de la merde ! » Pour que vous redeveniez agressif et vous vous en preniez cette fois-ci à moi :J'estime d'ailleurs, à ce sujet, que vous êtes bien peu amène vis à vis de votre hobby, que pourtant vous faites une fois sur deux avec les pieds. Vous pratiquez la moquerie aussi bien que moi ! C'est facil de dire ensuite que je réagis par vexation. Je me défends, et je ne fais pas que ça, je continue à parler du livre, en le défendant et non pas en niant que vous puissez avoir un autre point de vue. Mon but n'est absolument pas de refuser à toute fin de donner raison à l'autre -contrairement à ce que vous pouvez imaginer ça m'arrive assez souvent- mais face aux discours pontifiants ou virulents, j'ai tendance à me braquer et je réponds par la dérision. Que je vous dise que ce que j'ai ressenti en lisant le roman pour moi c'est acquis, ne signifie pas que je ne sache reconnaître le poids de vos arguments. Mais vous vous énervez : Ah mais jamais je ne voudrais changer votre avis, tudieu ! Ni vous convaincre de quoi que ce soit. Ou est le dialogue dans tout ça. Suis-je l'unique responsable ? Excusez-moi, mais question ego, vous en tenez une couche aussi, sans quoi vous ne vous montreriez pas aussi véhément. Enfin, comme je lT disais, je suis lasse d'internet : Trop d'attentes deçues. Alors n'hésitez pas à revenir par ici, vous ne m'y touverez plus (si j'ai un gramme d'intelligence, mais ça reste à prouver, n'est-ce pas.. Le fou ?!)
Petit clin d'oeil pour Myosotis : Autre chose que j'ai remarqué, vaut mieux parler de quelque chose en mal que pas du tout. Il paraît que tu peux faire mieux et je n'en doute pas une seconde. Si tu retournes au Salon du livre, tu me préviendras ? Ce serait sympa de se revoir. Tu as mon e-mail ! Bon courage. Bises. Montsé De Docteur C, posté le 13.01.08 à 17:39 ![]() @Montsé: Oui, pas terrible cet échange sur Héliogabale (sous Jauffret en plus, le pauvre). Toujours pas lu le Locatelli d'ailleurs. En revanche j'ai lu un truc sur le roman historique qui m'a un peu fait réviser mes jugements à l'emporte-pièce. Mais bon, il faut bien résister un peu, défendre les productions de son mince ego. Sinon comment y aurait-il des pensées singulières? Je ne peux pas dire "oui" à tout, à tous, et tout le temps. crypto: ciné, cinéma. Ne correspond pas. Crytpo: star. Mais bien sûr... De Montsé, posté le 14.01.08 à 22:20 ![]() @Docteur C. Eh bien, je me demande quel genre de roman a pu vous faire réviser vos jugements... à l'emporte-pièce ? A l'emporte-pièce, très drôle, comme les commentaires ci-dessus, n'est-ce pas ?!!! Il faut me donner le titre, ça doit valoir le détour. Pour Locatelli, si vous ne le sentez pas, laissez tomber. Les romans ne sont pas votre truc, si je me souviens bien. Par exemple, ce n'est pas à vous que je conseillerais de lire "Classe affaires", honnêtement ; il n'est clairement pas fait pour vous.
En ce qui me concerne, j'ai terminé il y a quelques jours "Inés del alma mia" d'Isabelle Allende en langue originale. Un vrai bonheur ! Ca fait une éternité que je n'avais pas lu en espagnol. On peu se fier raisonnablement aux dates, aux noms, mais il est inutile de chercher la vérité, nous sommes d'accord. C'est l'histoire d'une femme espagnole qui suivra Pedro de Valdimia dans la conquête du Chili au XViè s. On s'y retrouve surtout dans le roman d'aventure. J'ai beaucoup aime son style.
Mais bon, il faut bien résister un peu, défendre les productions de son mince ego. Sinon comment y aurait-il des pensées singulières? Je ne peux pas dire "oui" à tout, à tous, et tout le temps. Bien évidemment. Et ne changez surtout pas votre mince égo !!! Comme je le disais à l'époque, vous vous souvenez, et que je continue à dire aujourd'hui : Ce n'est généralement pas ce que nous disons qui pose problème mais comment nous le disons.
L'intervention de Cédric par exemple est vraiment exemplaire : Pour ma part, je comprends le point de vue du Fou... J'ai beaucoup aimé Classe Affaires mais j'ai préféré Sauvageons, dans lequel - pour reprendre un des axes d'analyse du Fou - l'engagement de l'auteur était plus fort, le propos plus sincère, plus profond, plus "naturaliste" si on veut. Il reconnaît le bien fondé des arguments de le Fou et les utilise même pour mettre en avant ses propres arguments. Bravo. Mais nous ne sommes pas tous aussi pondérés. Comme le disait Easywriter, les conflits d'égo font souvent partie du jeu, comme la mauvaise foi, la dérision, la provocation... Lorsque je lis ceci : Mais ça a autant de personnalité qu'une coupe mulet et un jean slim, et ça a la prétention d'apporter quelque chose, j'ai envie de répondre sur le même ton, ni plus ni moins. Et ça me paraît impensable que ça puisse dégénérer au point de lire des déclarations telles que celles-ci : Et la séance de mise en scène qui a suivi me fait vomir. Je me sens très bête d'avoir cru qu'avec montsé il était question de littérature et de critique littéraire. Il était en fait question de vexation personnelle, et d'adhérer à une charte induite et fixe d'expression écrite. Je laisse à montsé le soin de se donner le beau rôle comme elle se le donne dans sa mise en scène de rêve, vous avez réussi à mettre le doigt sur la seule chose qui me fait fuir. Partir dans l'affect les plus brutaux ou dans la logique la plus froide ne me dérange pas, mais les luttes d'ego ça me débecte, sorry. Sans parler de ce qu'il écrit sur son blog. Voyez-vous, des femmes comme moi, on ne les aime pas chez lui ! C'est me donner trop d'importance ! Je m'en balance royalement qu'il m'aime ou pas ; je ne suis personne et il n'est rien pour moi. De telles réactions me semblent disproportionnées.
Depuis quelque temps je pense assez souvent au rapport de l'individu avec internet. Personnellement, je me suis complètement plantée. Je cite Docteur C : Tout cet investissement virtuel nous construit assez peu, au final. Relations éphémères et assez superficielles. Déceptives, souvent. On attend toujours trop : trop d'attention, trop d'entourage, trop de sens. On fantasme trop. Mais dans un même mouvement le virtuel fait naviguer, surfer, distancier: indifférenciation de l'altérité dans un flux. Drôle de monde. Tout ça manque de peau, de chair. Je ne parle pas que de sexe. Le sexe, ce n'est même pas la question. Le vrai s'écrit sur la peau. A flor de piel, comme nous avions écrit. Le reste, c'est du vent qui se maintient. Personne, presque personne a flor de piel sur le réseau. Des fantômes, des paquets de nerf, des balles qui rebondissent. J'ai pris internet pour un moyen de communication ; les mails, les blogs... ou tout simplement un téléphone ! Mon rêve -et je déplore que le Fou ait pris l'évocation de ce rêve comme une attaque personnelle, une mise en scène destinée à le... discréditer ?!- Non, ce rêve, je l'ai eu réellement et il m' a sidéré car dans sa forme surréaliste il définit assez bien ce qu'est internet : Une dimension parallèle, espace immense et clos. Dans quelques instants je vais éteindre le poste et je reprendrais le cours de ma vie normale.
J'étais une amazone qui évoluait dans une espace vide, entourée d'ombres, pas de visages, mais de voix. Au début j'entendais des rires et petit à petit ce sont devenus des cris. Les ombres sont devenues belliqueuses -ou peut-être était-ce moi- et c'est comme ça que j'en suis venue à me battre. Mon sang coulait et inondait un clavier. Quand je n'ai plus eu de bras, j'a |