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Je suis une légende : le livre ou le film ? (3)

Posté par Myosotis le 19.12.07 à 10:24 | tags : le livre ou le film ?, élucubration


Le film sort aujourd'hui. Mais j'ai eu la chance (Amis pirates américains, merci) de regarder en avant première le I am a Legend adapté de Richard Matheson avec Will Smith dans le rôle principal. La comparaison du livre et du film nous donne une nouvelle et excellente occasion de variation sur notre thème favori du moment (après Stardust, 30 jours de nuit) : le livre ou le film ? Là encore, et pour des raisons différentes de la dernière fois, le match est plus serré qu'on ne l'aurait cru, s'agissant d'un chef d'oeuvre de la SF daté de 1954, ayant fait en 1964 et 1971 déjà l'objet de deux adaptations inégales ET d'un film avec... Will Smith qui n'est pas notre acteur favori.

Dans le livre et le film, Je suis (une) légende - l'absence ou l'existence de l'article a toute son importance et mériterait un billet à lui seul - un homme appelé Robert Neville est le dernier survivant de la race humaine (pense-t-on) après qu'une contamination virale ou bactérienne ait changé tout le voisinage en vampires supposément débiles et glouglouteurs de sang. Neville se balade en ville dans la journée, joue avec son chien, fait ses courses dans des supérettes abandonnées et trucide des vampires qui roupillent, avant de se planquer la nuit dans sa maison bunker, tandis que les méchants bonhommes l'attendent ou le menacent.
Dans le livre, Neville est une épave humaine (la dernière du stock avant clôture), boit comme un trou et est miné par des visions de sa famille disparue (je ne dis pas comment). Les vampires déposent de temps à autre une carcasse de nana à la porte de chez lui, histoire de lui plomber le moral. En journée, il fait des expériences et nous fait part de son ennui extrême tout en dissertant de manière scientifique sur l'origine et le fonctionnement du virus vampirique. Dans le film, le schéma est assez similaire, si ce n'est que Neville semble avoir une forme morale un cran au-dessus. Il bouffe bio, a l'air assez joyeux malgré la pesanteur de la solitude et vit sa vie à la cool (du moins en apparence), Will Smith étant parfait avec son allure dégingandée pour suggérer un degré de bien-être supérieur au personnage du livre. Le plus bizarre, alors qu'on pourrait crier à la trahison (Neville sombre contre Neville clair), le Neville-Smith n'est pas inférieur psychologiquement au Neville du bouquin. On voit bien pourquoi le personnage a été éclairci (se taper Will Smith est déjà rude mais un Will Smith qui fait la tronche ou joue la gravité non merci) mais aussi ce qu'un personnage plus lumineux amène comme dynamisme.
Alors que le livre s'appuie sur la répétition des jours, l'ennui et le caractère tragique des situations, le film s'intéresse à la manière de l'excellent 28 jours plus tard (film écrit par notre chouchou Alex Garland, rappelons-le) sur la ville sinistrée, le désert, la solitude cinématographique. Depuis L'Armée des 12 singes, les panoramiques apocalyptiques de grandes villes sont une belle réussite et l'on se prend à penser que les évocations du film sont ici supérieures à ce que le livre nous avait donné à voir. Pour la nuit, en revanche, le cinéma est clairement en retrait. Le réalisateur cède aux travers de vouloir faire de l'action quand Matheson faisait de la dépression. La mort du chien, dans le même registre, fonctionne aussi bien en image qu'à lire. Pour des raisons qui tiennent sans doute à notre éducation et à la structure de notre cerveau, il semble qu'on soit plus réceptif aujourd'hui lorsqu'on voit la mort à l'écran que lorsqu'on la lit. Est-ce une question de génération ? En tout cas, sur ce terrain, le film (en quantité de larmes versée) fonctionne presque mieux que la version originale.

On ne parlera pas ici de la fin comparée des deux histoires. La fin du livre est assez géniale, depuis l'arrivée de l'amie Ruth, jusqu'au dernier jour et son retournement de perspective. Celle du film la suit d'assez près, mais avec une morale moins dramatique et moins perturbante. Les variations de l'un à l'autre des supports illustrent non pas une intention artistique différente (on peut supposer que le réalisateur n'a pas eu les mains libres sur sa chute, d'autant plus que, d'après la rumeur, la fin a été retournée après projection devant les fameux panels-tests qui dictent le montage final des hyperproductions US), ni une limite de l'un ou l'autre media, mais tout simplement la liberté supplémentaire (quasi infinie) dont bénéficie l'écrit par rapport à l'image.

 


Au tableau d'affichage final, on peut donner le livre vainqueur, si l'on aime les histoires qui commencent et finissent mal ; mais placer le film assez près derrière si l'on se situe dans un registre plus divertissant et léger que réflexif. Comme l'A.I. de Spielberg/Kubrick, on se trouve ici dans une SF littéraire ou cinématographique qui s'adresse à tous et s'entend du plus grand nombre. Elle n'est pas parfaite et a des défauts sur le plan artistique ; mais n'en est pas moins intelligente et sacrément emballante.
Dans les deux cas, la chair de poule est à portée, levée à la fois par la crainte et l'émotion. On aime ça.

Commentaires

De Pascal, posté le 19.12.07 à 12:26 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Bonjour,
bizarre que tu ne parles pas de The Omega man, avec Charlton Heston et de Boris Sagal (1970). C'est un film bien dans la veine des films de survivants des 70's et la deuxième adaptation du livre de Matheson ! Le premier flm adapté de ce livre était The last man on earth de 1964 avec Vincent Price.
@+
Pascal

De Maxence, posté le 19.12.07 à 15:37 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Putain, ils ont vraiment décidé de nous pourrir TOUS les livres mythiques de science-fiction à Hollywood hein ? Dick c'est Tom Cruise/Keanu "je suis une endive" Reeves, et là, voilà, Matheson, c'es Will Smith... Aaargh ! Will Smith dans "Je suis une légende" !!!

Merde !

Il y avait une tripoté d'acteurs pour jouer ce rôle ! Non mais c'est vrai quoi ! ça m'énerve !!!!

Lui par exemple (dans le genre mec seul, dur mais effrayé, sincère quoi)

Ils nous emmerdent, voilà c'est dit, tous ces cons de producteurs ! (là M, tu peux dire que je pête un plomb, rien à voir avec l'autre dingue sur le blog politique...)



De Lolla, posté le 19.12.07 à 23:29 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Qu'est-ce que t'as en ce moment Maxence ? Tu a l'air d'être sur le fil...

De Maxence, posté le 20.12.07 à 13:48 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Lolla, Lolla, on se calme, ce n'était pas moi sur le blog politique, comme le disait M d'ailleurs, donc, non, je ne suis pas sur le fil. Est-ce que mes articles donnent l'air d'être écrit par un mec sur le fil ? Est-ce que mes commentaires, hormis celui là (au dessus) donnent l'air d'être sur le fil ?

Ou alors tu n'est peut-être pas la Lolla avec qui je blagounne sur le post Cabaret Voltaire ?

Enfin, les enfants, parce qu'un abruti ce fait passer pour moi et que je m'énèrve sur la vacuité de la SF dans le cinéma hollywoddien, et hop je suis en dépression !! ?  Z'êtes bizarre les amis hein...



De Maxence, posté le 20.12.07 à 13:49 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Marrant, le bug sur le blog, tous nos post d'hier sont passés à 00.00.00 à 00:00 ???

De M, posté le 20.12.07 à 13:52 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Et puis le coms disparaissent du cadre des commentaires...    Pas marrant, je trouve !

De Lolla, posté le 20.12.07 à 14:17 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

A MX : toutes mes excuses  Sus aux usurpateurs !

C'est bien moi sur le post Cabaret Voltaire : )



De Lolla, posté le 20.12.07 à 16:30 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Dans le fonds tu as raison : tous des cons à Hollywood.

De Macalister, posté le 24.12.07 à 13:18 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
!!!!!!Spoiler!!!! ( je suis aller voir le film hier au cinéma ):



J'ai trouvé le film bien. En tant que blockbuster je ne m'attendais à voir une adaptation au pied de la lettre du roman. je vais énoncer selon moi les bons et les moins bons points du film.

Bons points: Les plans, l'esthétique du film. Comme dit plus haut, Voir manhattan livré au rennes et aux lions dans un état de vide sidéral c'est franchement impressionant. Ensuite le passage de l'imeuble avec la seule lumière provenant de la m4 de Neville fait franchement flipper ( juste par le fait qu'il joue avec la peur du noir et le soucis de ne pas se faire surprendre ). le plan de la nuit ou Neville dort dans la baignoire avec Sam (ça me rapelle que Neville perd tout ses repères et que son lit n'est plus l'abri qu'il a connu etc... )
Vient ensuite le jeu de Will smith. Désolé si je vais vous contredire, mais j'ai plutôt aimé: La façon dont il a de simuler la folie ( les histoires avec ses mannequins, les discutions avec les survivants et le stress qu'il ma insufflé pendant la scene de la lampe torche!! )

Cotés moins bons maintenant:
Les vampires premièrement: comment dire, je me suis senti un brin roulé. LA nuit tombe neville se planque dans sa baignoire et je m'attends à entendre des voix, des chuchotements des hurlements appelant le pauvre Robert... Deception quand je m apperçois que le bruiteur à tout simplement fait une petite visite dans un abatoir ou on egorgeais les cochons pour en faire une bande sonore... La je me dit que ça va moyennement le faire.
Ca continue quand dans la scène de la torche je me rend compte que ce ne sont pas des vampires à proprement parler mais plutot les enragés de 28 jours et 28 semaines plus tard sans poil et sans pigmentation de la peau ( il craignent un tantinet le soleil aussi )... Des bêbêtes en quete de chair fraiche... Chauffé réchauffé et finalement cramé... Pas ici de duperie ou de mise à l'epreuve, on en revient à de la survie de base, traqué ou être traqué. Cela change toute la perspective du film ou l'élaboration de la société vampire parrallèle n'intervient pas, (ça me rappelle franchement Land Of The Dead de Romero, ou le gros zombie noir grogne pour donner des ordres simples à sa bande putréfiée de mangeur de chair) L'interet du film s'arrete là pour moi... On quitte le vrai survival horror pour tomber sur une adaptation similaire à la série Resident Evil... On bafoue le livre pour en faire un film où il ne faut surtout pas oublier d'injecter un petite part d'évangélisme ( ça fait pas de mal le bourrage de crâne ).
Bon film en résumé mais les producteurs préfèrent toujours les Happy ends ça commence à lasser, et leurs prise de risque nulle ne risquent pas d'aporter quelque changement que ce soit...

De Cedric, posté le 24.12.07 à 14:32 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Myoso, dis-moi pas que t'as pleuré quand le chien meurt ??? Ah Ah Ah, ça joue les cyniques durs à cuir et ça pleurniche dans les clébards dérouillent ! Ptite chose, va ... Blague à part, elle est pas mal la scène de l'euthanasie du chien, où seul le visage de Will Smith est montré. La prise de conscience de l'infection de son compagnon est très bien filmée. Sobre, triste, implacable.

De Naïve, posté le 30.12.07 à 18:31 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Tombée sur ce blog par hasard, moi je vais le dire franchement :

Le film il m'a saoulée. Bon okay, suspense à fond, mais rien de follement nouveau j'ai cru voir Resident Evil mixé avec Silent Hill...
Par contre, cet article m'a donnée envie de découvrir le livre, faute de n'en avoir eu envie après vision du film...Et puis sérieux, le titre en français, avec Wil Smith en énorme...
Sans déc, j'ai vraiment pas eu envie de payer ma place de ciné ( j'avoue tout ... )

De stop secte, posté le 20.01.08 à 17:31 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

ce film est nul, lisez le bouquin ou téléchargez le film, mais cessez de FILER DU FRIC A LA SCIENTOLOGIE !

c'est une secte criminelle



De cecile, posté le 12.02.08 à 22:20 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Est ce que quelqu'un connait le modele de la montre de wILL Smith dans le film, mon homme a adoré!merci



De nicolas , posté le 13.02.08 à 16:44 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
C'est une Rolex peuchère, modèle S1149 mais ça coûte la peau des fesses. J'en ai demandé une à mon épouse Carla pour la saint Valentin.

De Pierre, posté le 04.03.08 à 19:20 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Pour répondre à Cécile, l montre de Will smith dans le film est une Hamilton khaki Twilight. Tu peux la voir de plus près sur le site officiel www.hamiltonwatch.com

De Tekrotzen, posté le 06.03.08 à 13:23 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
La fin alternative est dispo en ligne, pour ceux que ça interesse!

De tchagui, posté le 10.03.08 à 15:23 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Il a 2 montres dans ce film : une HAMILTON KHAKI SUNSET et une VICTORINOX SWISS ARMY ST4000. Voilà !

De henri, posté le 25.03.08 à 17:10 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Pour les fans du film (mais aussi pour les autres) le studio a produit deux fins alternatives de I am legend après reste à savoir si le bouquin n'est quand même pas meilleurs...

De Shin, posté le 15.07.08 à 12:49 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Bonjour,

Le problème de "Je suis une Légende" est surtout de ne pas avoir su s'affranchir de son héritage romerien pour offrir un film de zombies à la symbolique bien fade en regard du roman original.

Le bouquin de Matheson questionnait le lecteur sur la notion de normalité et de monstruosité sur la thématique du "Qui sont les véritables monstres ?". Romero a fait de même avec sa saga, plaçant des zombies en place des vampires.

Ici, Francis Lawrence ne soulève aucune réflexion intéressante et ne propose qu'un divertissement bien peu satisfaisant à côté du remake de Zack Snyder ("L'Armée des morts") ou de la saga initiée par Danny Boyle ("28... plus tard"). En outre, l'aspect numérique des infectés est peu convaincant et la destinée de Neville en totale contradiction avec le roman.

On peut s'éloigner de ses inspirations pour offrir une œuvre plus personnelle. Romero l'a fait sans problème avec sa "Nuit des morts-vivants" (qui s'inspirait déjà du livre de Matheson). Mais il aurait été beaucoup plus honnête alors de baptiser le film autrement, à l'instar de Boris Sagal et de son "The Omega Man" (le film de Lawrence y reprend d'ailleurs la symbolique christique). Et si Lawrence propose un film plus agréable que celui de Sagal (qui n'a que peu d'intérêt aujourd'hui, si on excepte la présence de Charlton Heston), il propose aussi une adaptation très mauvaise du livre.

Pour l'instant, l'adaptation officielle la plus convaincante est de loin "Last Man on the Earth" avec Vincent Price ; même si je préfère la variation libre de Romero et sa saga des morts-vivants...

Amicalement,

Shin.

PS: La version alternative de film de Francis Lawrence offre néanmoins un compromis intéressant, à défaut d'être parfait.

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