Livres : actu romans, essais et bd, extraits... blog Mille feuilles.

30 jours de nuit : le livre ou le film ? (2)

Posté par Myosotis le 13.12.07 à 16:06 | tags : comics, elucubration, le livre ou le film ?

 

 

Alors que les 2 tomes de 30 jours de nuit, comic book américain de Niles et Templesmith, reviennent en bonne place dans les étals de librairie pour Noël, sort prochainement l'adaptation cinématographique du premier volume de cette série horrifique et romantique par David Slade et avec, dans les rôles principaux, Josh Hartnett et la sublime Melissa George.
Contrairement à ce qu'on avait dit de Stardust (le livre à 4 coudées devant le film), le match entre la BD et le film est plus serré qu'on aurait pu le croire. Le "pitch" partagé (la BD et le film parlent exactement de la même chose, quasi plan à plan) est imparable. En Alaska, dans la petite commune de Barrow, le soleil se couche annuellement pour une période de 30 jours. Pendant cette nuit éternelle, la majorité des habitants quittent la ville, laissant le shérif, sa famille et quelques personnes, isolés du reste du monde. Ils continuent à bosser, à vivre, à s'aimer en attendant le... retour du soleil. Malheureusement pour eux, alors qu'il neige et qu'il caille, le village est attaqué par une bande de vampires superféroces avec des têtes de suppositoires victoriens. Pendant 30 jours, ils vont devoir survivre à l'invasion...

Alors que la BD jouait beaucoup sur le charme étrange des peintures de Templesmith, le seul et véritable héritier (bien qu'il s'en défende) de Dave Mc Kean, le film joue l'angoisse réaliste à plein nez. La lisibilité cinématographique, son image tendent à renforcer l'effet de frousse que la virtuosité de Templesmith transformait en un climat onirique. Les vampires mettent beaucoup plus les jetons et s'expriment dans un patois Roumain et d'une voix gutturale que le comics, et pour cause, ne pouvait pas laisser imaginer. De la même manière, le twist final ("Eben" Josh Hartnett se sacrifiant pour sauver tout le monde, avant d'enchaîner sur un coucher de soleil mortel en amoureux) est presque aussi émouvant, voire un peu plus compte tenu de l'extrême beauté des acteurs choisis, en images que sur le papier. Dans les deux cas, les deux supports peinent à faire sentir (parce que la BD est trop courte et parce que le montage du film laisse à désirer), la notion de durée de la période de survie.

Le trait de Templesmith est trop dynamique et trop concentré sur ses effets verticaux (la neige, la nuit, le sang) pour suggérer les 30 jours qui n'en finissent pas, les non-levers de soleil et l'attente des humains traqués par les vampires. Le film n'y parvient pas plus, incapable de se soustraire à son rythme semi-hollywoodien de poursuites, séquences d'évasion, plans à la con ou morceaux de bravoure, pour laisser respirer et frissonner son monde. Du coup, BD et film peuvent, pour une fois, être renvoyés presque dos à dos, autour d'un semi-échec qui tient autant à des erreurs de gestion (artistique, s'entend) qu'à des défauts intrinsèques des médias. Sur le terrain de l'attente, du temps qui passe... lentement et de l'angoisse, il est assez difficile de rivaliser avec le roman. Est-ce à dire que les mots contiennent par leur double dimension spatiale et sonore, par leur lettrage, leur plumage et leur configuration intrinsèque (un après l'autre) une qualité que les autres n'ont pas ? Ce n'est pas si sûr. Le film qui attend ennuie (souvent). La BD qui attend est souvent prétentieuse. Le livre qui attend (on parlera de Je suis la ou une légende bientôt) peut être un chef-d'oeuvre. Le roman attend toujours, d'une façon ou d'une autre. Il aura plus de mal à pétiller et à rivaliser sur le champ de l'action, de l'humour qui fuse. Chacun ses armes, ce qui ne veut pas dire qu'on ne puisse pas trouver d'exceptions, de contre-exemples etc.

En vue de Noël, néanmoins, on ne recommandera jamais assez la lecture des 30 jours de nuit ou la visualisation de ce bon film, parce que les bonnes idées ne sont pas aussi nombreuses qu'on croit. Celle qui soutient 30 jours de nuit est la plus simple, la plus courte (le 2e tome ouvre sur autre chose), et la plus belle qu'on ait lu depuis... The Fountain, autre livre devenu film (ou vice versa).

 

Commentaires

De M, posté le 13.12.07 à 21:58 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Ni l'un ni l'autre... Mais c'est le genre qui veut ça : Les vampires, bof, pas pour moi ! 

De Jean Valjean, posté le 14.12.07 à 02:13 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Critique interessante, mais tu aurais pu ne pas spoiler la fin...

De Philippe, posté le 14.12.07 à 11:42 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Ouais, pas malin le spoiler...

Déçu. J'ai loupé la sortie de ce film.



De Laurent, posté le 10.01.08 à 21:08 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Pffff le spoil

je l'attendrai en dvd 

De AssassiN, posté le 11.01.08 à 01:09 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

tres bon film il'histoire a etait bien choisi si un groupe de vampire par s'installer en alaska que se passe t'il? et bien aller voir pour le savoir vois serait pas decu. il n'ya pas scene effreyante dans le film par exemple la fin est tres emouvant. vivement qu'il sort en dvd pour que je puisse me l'achete.



Ajouter un commentaire

Prénom/Pseudo :
URL/blog :
Votre message :
Crypto
Recopie crypto :


  Discussions en cours sur le forum livres :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines
Sources et amis
- La feuille (FR)
- Le Typographe (FR)
- Tourgueniev (FR)
- M. T. Louverture (FR)
- Tiers livre (FR)
- E®enews (FR)
- Blogs BD (FR)
- Lessig blog (EN)
- Buzz littéraire (FR)
- Culture Café (FR)
- Alalettre (FR)
- Zazieweb (FR)