Novembre est une saison propice à la poésie et aux conflits sociaux. En 1933, une grève importante secouait l'industrie automobile française et mettait à l'arrêt les entreprises Citroën et Renault, aboutissant à une résolution du conflit un rien sauvage : dizaines d'arrestations, mais retrait du projet de la marque au chevron (Citroën), qui proposait alors une baisse de la rémunération de ses ouvriers de l'ordre de 15 à 20 % (rien que ça).
Le poète Jacques Prévert qui passait par là (pas que....) en profitait pour nous offrir ces quelques vers qui, s'ils ont bien vieilli, peuvent avec quelques modifications bien placées, trouver encore un certain écho.
Jouons par exemple à remplacer Citroën par SNCF, à faire rimer Fillon avec Millions, et on obtient déjà quelque chose de pas mal du tout.
SNCF
À la porte des maisons closes C'est une petite lueur qui luit... Mais sur Paris endormi, une grande lumière s'étale : Une grande lumière grimpe sur la tour, Une lumière toute crue. C'est la lanterne du bordel capitaliste, Avec le nom du tôlier qui brille dans la nuit./
Sarko ! Sarko !/ C'est le nom d'un petit homme, Un petit homme avec des chiffres dans la tête, Un petit homme avec un sale regard derrière son lorgnon, Un petit homme qui ne connaît qu'une seule chanson, Toujours la même./
Bénéfices nets... Millions... Millions.../
Une chanson avec des chiffres qui tournent en rond, 500 voitures, 600 voitures par jour. Trottinettes, caravanes, expéditions, auto-chenilles, camions.../
Bénéfices nets... Millions... Millions...Fillon... Fillon... /
Et le voilà qui se promène à Deauville, Le voilà à Cannes qui sort du Casino/
Le voilà à Nice qui fait le beau Sur la promenade des Anglais avec un petit veston clair, Beau temps aujourd'hui ! le voilà qui se promène qui prend l'air,/
Il prend l'air des ouvriers, il leur prend l'air, le temps, la vie Et quand il y en a un qui crache ses poumons dans l'atelier, Ses poumons abîmés par le sable et les acides, il lui refuse Une bouteille de lait. Qu'est-ce que ça peut bien lui foutre, Une bouteille de lait ? Il n'est pas laitier... Il est Sarko.
Il a son nom sur la tour, il a des colonels sous ses ordres. Des colonels gratte-papier, garde-chiourme, espions. Des journalistes mangent dans sa main. Le préfet de police rampe sous son paillasson./
Fillon ? Sarko ? Millions... Millions...
Et si le chiffre d'affaires vient à baisser, pour que malgré tout Les bénéfices ne diminuent pas, il suffit d'augmenter la cadence et de Baisser les salaires des ouvriers
Baisser les salaires
Mais ceux qu'on a trop longtemps tondus en caniche, Ceux-là gardent encore une mâchoire de loup Pour mordre, pour se défendre, pour attaquer, Pour faire la grève... La grève...
Vive la grève !
Bonne gambade.
De jacotte, posté le 22.11.07 à 13:43 
Dégoutée comme je suis en ce 22 novembre, je recherchais le poème de Jacques Prévert 'renault au boulot' de mai 1968 et sur le site du PCF Brignolles Var que je l'ai finalement trouvé... biz à tous et courage, ... venceremos... cuando ???
De Carole Aurouet, posté le 25.11.07 à 11:26
A l’occasion de la sortie du livre
Prévert, portrait d’une vie de Carole Aurouet
Préface de Bernard Chardère
la librairie Résistances a le plaisir de vous convier à une
Soirée Jacques Prévert
samedi 1er décembre 2007 à partir de 19h30
au 4, Villa Compoint, 75017 Paris (M° Guy Môquet)
Carole Aurouet s’entretiendra avec Arlette Albert-Birot
Textes de Jacques Prévert dits et chantés par
Valentine Cohen, Philippe Müller et Vincent Vernillat
Compagnie PMVV le grain de sable
Avec le concours des étudiants des Ateliers du Sapajou
Séance de signature et pot amical
Entrée libre
Un chapeau circulera pour les acteurs