Chaque soir, a une heure ou les choses semblent s'arrondir dans une langueur presque sensuelle,
cette heure que le bon sens populaire appelle "entre chien et loup",
je quitte mon rocher et les ruelles pentues me jettent,
après quelques minutes de marche, sur l'océan qui gronde.
Mes pieds se cramponnent au bitume, qui dévale jusqu'a la route de la corniche,
le long des jardins ou les villas se cachent, indifférentes, derrière leurs volets clos.
Les haies dégoulinent d'une végétation verte et fleurie pour la saison,
révélant le taux de pluviométrie élevée sur la côte,
mon regard s'accroche au soleil d'un mimosa dont les boules encore tassées,
semblent s'étonner de pouvoir songer éclore.
A cette heure les odeurs de cuisine titillent mon nez,
ça et là celle d'un gâteau dont j'imagine la pâte gonflant sous les bulles
qui dessinent sa croûte et les odeurs de soupe au potimaron flirtant avec les chataîgnes...
Ma marche rapide n'empêche pas mon regard sur la mer...
là bas le fort de Sokoa, majestueux, dressé sur sa jetée qui semble s'étirer jusqu'à la Gironde...
une petite tâche rose pédale en zigzags le long de la jetée sous l'oeil d'un vieil artiste...
les chiens semblent traîner leur maître, les odeurs d'algues et de varech...
le ciel se grise de la nuit qui s'avance...
Nb Solaris : Ce poème est proposé par Juliet.
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