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Eric Zemmour ou l'intuition masculine à la noix

Posté par Myosotis le 24.03.06 à 11:52 | tags : média, best-seller

D'aucuns se faisaient la réflexion plus bas qu'on ne parlait pas assez des poches, des livres qui coûtent pas chers et qui sont à la portée de toutes les bourses. Mieux que le Poche et plus économique encore, il y a évidemment le "livre dispensable", c'est-à-dire le livre qui même en format poche (9,50 euros ici), conçu pour bien se vendre, ne mérite pas d'être acheté. C'est le cas de ce premier sexe d'Eric Zemmour, vendu avec une polémique qui ne vaut même pas la une de Marie-Claire. La thèse se résume à peu près à ça : "l'homme fout le camp. Il devient une gonzesse." Il faut pas mal de pages au final à Zemmour pour ne pas se rendre compte que l'idée ne tient pas et n'amuse que les bobos, les bourgeois, les nantis,  Guillaume Durand et quelques journalistes. Dans le pays réel, la thèse ne soutient pas l'examen une demie-seconde. Les femmes continuent de se prendre des jetons (parfois) et de faire la popotte (souvent). Les hommes n'ont même pas un tube de vaseline dans l'armoire de toilettes et c'est l'homme qui porte la culotte (parce qu'il gagne 20% de plus à compétences égales). Je saute à mon tour à pieds joints dans la caricature mais c'est ainsi que je sens la chose lorsque c'est Zemmour qui parle du haut de son arrondissement télé.  Je passe sur la partie la plus aventureuse du livre, celle qui consiste à décrypter l'histoire de ces 30 dernières années, à travers le prisme de son intuition à la noix. Le chômage, les pédés, la sexualité. Si le grotesque tuait, Zemmour n'aurait sans doute pas dépassé l'âge de sa première dent de lait. La chute se fait sur une ode à la virilité, aux poils, aux torses bombés, bourses pleines et aux géants des Carpates.  Sur le même thème (et toujours en Poche), on réédite le livre le plus con du philosophe Emmanuel Kant sur les femmes et les différences entre les sexes. Le prince des idées (et de la morale) s'y montre en dessous de tout pour un condensé d'imbécilités sur les femmes : à la cuisine, attirées par les hommes laids et j'en passe. De loin, son pire livre, d'après ce qu'on raconte. Son excuse : l'ouvrage a été pensé depuis une époque où Zemmour n'était pas encore né et Kant n'était pas un grand connaisseur de la gente féminine.  

 

Commentaires

De ElianeG, posté le 24.03.06 à 12:23 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Encore un bel exemple de prêt à penser! Une idée (à la con) un livre. 

De Docteur C, posté le 24.03.06 à 22:21 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Ahaha mais quelle idée de lire des livres pareils.
Sinon à propos du rapport de Kant aux femmes, il y a ce texte extraordinaire de Botul, une conférence donnée dans une communauté kantienne en Amérique du sud (NeueKonigsberg, tout un programme), intitulée "la vie sexuelle d'Emmanuel Kant". Ca a été publié au mille et une nuits.


De Ironic world, posté le 31.03.06 à 14:57 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
La tournure de phrase, assassine, le ton exhortant à la non lecture du livre, la photo d'un bouffon gesticulant, une petite pointe d'arrogance "féminazie" dans le titre... pas mal pour une entrée en matière sur la pensée d'un être qui n'a peut etre pas que des sotises à nous raconter. si on nous rabache depuis notre tendre enfance que la femme est l'avenir de l'homme (et que tout(es) se complaisent à le croire), peut etre ce dernier a t il un intérêt à analyser sa "nouvelle" place dans la société. je n'ai pas lu le livre, je ne m'avancerai donc pas d'avantage (il se peut même que je déteste), mais sachez bien que le débat n'a rien de futile et que la parade consistant à balancer du "misogyne" au visage du premier qui ouvre la bouche finira bien vite par lasser tout le monde.

De pradoc, posté le 31.03.06 à 15:13 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Allons-y gaiement dans la provocation, citons ce grand misogyne de Nietzsche : "Car au fond du coeur l'homme n'est que méchant, mais au fond du coeur la femme est mauvaise". !
Je m'attends à une volée de bois vert !


De pradoc, posté le 31.03.06 à 15:14 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Et ce grand misogyne de Flaubert qui est peut-être encore pire : "La femme est le fléau du juste" !!!!

De Yvon, posté le 04.04.06 à 00:47 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Pouvez vous juger ou critiquer un livre que sous n'avez pas lu, ce livre est une vision très realiste malgré tout, et ce n'est pas la caricature que vs voulez bien en faire.

De rom1, posté le 05.04.06 à 14:44 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
regretter le temps ou les hommes etaient poilus et tout le bordel,perso j'ai trouve que c'etait un truc de pede sm,ce qui avec sa gueule ne m'etonnerait pas

De dziendobry, posté le 06.04.06 à 12:12 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Regretter le temps où les hommes… défendaient leur femme, protégeaient leur progéniture, enseignaient, travaillaient, pensaient un peu moins fort à leur look… est-ce-vraiment SM ? 

De Raquel, posté le 07.04.06 à 09:58 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Et bien moi aussi, le sujet ne me paraît pas si futile...Je ne sais ce que vaut le livre mais je m' y attèle tout de suite....Mais pourquoi autant de virulence autour de ce livre ? Est-ce dû au réel contenu du livre, ou bien simplement au sujet traité qui doit en perturber plus d' uns et d' unes en quête d identité dans notre societé actuelle .....            

De Whiz, posté le 07.04.06 à 13:45 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Excellent, lorsque quelqu'un aborde le sujet et qu'il ne va pas dans le sens des féministes, c'est un macho ou il est grotesque (ou les deux). Désolé, j'ai lu son livre et ce qu'il écrit est tout sauf grotesque ... En tout cas, de plus en plus d'hommes ont la même intuition "à la noix" (c'est mon cas), pas étonnant que le marché des femmes de l'Est soit florissant.



De ben, posté le 09.04.06 à 16:09 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Un chef d'oeuvre qui a bouleversé ma vie et Dieu sait à quel point je respecte et aime les femmes

De Gab, posté le 11.04.06 à 16:16 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Suis-je la seule femme à avoir lu et dévoré le livre de Zemmour sans m’offusquer de ces propos.

Allons Femmes et Hommes : ce ne sont pas nos ressemblances mais nos différences qui nous rapprochent, et comme le disait Simone de Beauvoir en son temps, la conquête de la Femme n’est pas de devenir l’égal mais le complément de l’Homme.

Le jour où hommes et femmes se comprendront, alors nous serons tous gays !

Avis à Eric Zemmour : tu as envisagé le clonage ? Il en manque des couillus comme Toi.

 



De jean gabard, posté le 15.04.06 à 18:45 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Je trouve que Eric Zemour n'a pas tort de parler de féminisation de l'homme. Il est difficile de nier que la société se féminise : peut-il en être autrement tant elle était dominée par les hommes? Je regrette simplement que Zemour n'envisage qu'un retour en arrière. Personellement, dans mon livre qui sort en mai, je propose de revoir certaines dérives féministes pour pouvoir avancer vers une société plus démocratique.

De anna, posté le 20.04.06 à 20:01 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Je suis en train d'écouter une interview d'Eric Zemmour sur Europe 1. Son discours est lamentable; pour lui, le patriarcat est une manière de protéger la société contre l'économie de marché et de la dérive consumériste...Ca me rappelle certaines féministes qui, au nom de la lutte contre la marchandisation des corps défilent au côté de Tarik Ramadan...Alors vive l'économie de marché qui a d'abord émancipé les hommes (c'est vrai) puis les femmes. C'est l'économie de marché qui émancipera les femmes indiennes, ou arabo-musulamanes. Il ne faut oublier que la notion de libéralisme est d'abord un concept politique.

Mais laissons le bénéfice du doute à  M. Zemmour qui n'a bien compris ce qu'est le patriarcat. Alors expliquons lui concrétement: M. Zemmour, imaginez que vous ne pouvez pas ouvrir un compte en banque sans l'autorisation de votre conjoint (jusque les années 70...), que ce dernier a seul le droit de vous autoriser de travailler. Imaginez que vous ne pouvez pas vous marier sans le consentement de votre époux etc. La liste peut être longue.

Je suis de celles qui persistent à croire que les hommes ont un avenir en dehors du patriarcat, et qui se méfie de la distinction entre valeurs féminines et masculines, celles-ci n'étant que la conséquence du patriarcat. La sensibilité n'est pas une valeur féminine mais universelle.



De un etre humain, posté le 26.04.06 à 22:37 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Monsieur zemmour devrais envisager ,dans l'urgence, un rendez-vous avec un psy...(analyste,therapeute divers, le choix est grand)  une evolution dangereurse etant a craindre du viol normalise au role de serialkiller( femme- -objet puis objet ,objet que l'on peut detruire et jeter)
  monsieur zemour se sent-il menacer par la liberte des femmes ?A-t-i l peur de leurs droits a le juger et le rejeter? veut-il les garder idiotes pour etre sur de toujours en trouver qui ne le repoussent pas ... Qu'il se rassure chez les femmes comme chez les hommes ils s'en trouvent toujours assez qui sont totalement prives de jugement et du moindre esprit critique pour que son raisonnement pueril et simpliste trouvent un echo. Il peut compter sur un nombre important  d'idiotes que son discours de  primates peut seduire .le sexe devrais etre decevant;le cerveau etant un organe des plus important pour le plaisir;mais il se voit comme un animal sauvage, un predateur... des rapports brutaux  et rapides, tres rapides(un petit probleme d'ejaculation precoce) de toute façon en parler est toujours un bon debut.pour cela il suffit de renoncer au masque de ne pas se faire gloire de ses manques en tentant d'en faire une doctrine commune
 Monsieur zemmour si vous tentiez l'Amour entre egaux...assez decoiffant et tellement plus passionnant que ces etreintes de primates

De Maly, posté le 05.05.06 à 01:16 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Zemmour est loin d'avoir écrit n'importe quoi dans ce livre. Il a tapé en plein dans le centre du problème des sociétés modernes occidentales. Vive ce livre et j'invite tous le monde à le lire pour que la civilisation occidentale n'implose pas de l'intérieur !!!

De Docteur C, posté le 09.05.06 à 13:06 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Ces commentaires sont pathétiques...

Qu'est-ce qui s'est passé? Le service communication de l'éditeur de Zemour est passé par là?

Quel que soit le bout par lequel on le prend, le problème que pose ce livre est nul, zéro, à chier quoi.  Qu'il soit bien écrit, qu'il tombe juste parfois (?) on s'en fout: c'est son objet même qui est idiot:  Merde, sur l'identité sexuelle, il y a tellement de travaux de sociologues, de philosophes, des gens sérieux avec une vraie réflexion...  Le problème, c'est pas que ce soit à tendance mysogine ou non, c'est qu'on gache des arbres et de l'électricité en s'intéressant à ce garçon qui n'a effectivement que des conneries stériles à nous raconter.

De jean gabard, posté le 05.06.06 à 07:21 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Auteur de : "le féminisme et ses dérives" je m'étonne toujours de propos aussi violents portés contre une personne. Une personne peut exprimer des idées et tout le monde n'est pas obligé de les partager. Mais ne serait-ce pas plus intéressant d'essayer de comprendre son point de vue plutôt que de vouloir à tout prix démollir l'homme (ou la femme !). C'est d'autant plus étonnant que cette haine vient souvent de personnes qui s'opposent , et ils ont raison, à la violence "masculine". Pourquoi d'autre part, faudrait-il toujours séparer le monde en bons et méchants, féministes ou machistes? Je l'ai dit, je ne suis pas d'accord, surtout avec les conclusions de Zemmour, mais même si celui-ci joue à provoquer, pourquoi faudrait-il l'insulter ?

De Mauvaise Tête, posté le 05.06.06 à 11:08 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

"Mais ne serait-ce pas plus intéressant d'essayer de comprendre son point de vue plutôt que de vouloir à tout prix démollir l'homme (ou la femme !). "

Et une fois qu'on a compris, ou cru comprendre, son point de vue, on a le droit de le démolir ? Il va de soi qu'un débat d'idées vaut mieux qu'une attaque personnelle, mais si la personne fait preuve de bêtise ou de mépris, la colère et l'agacement de ses détracteurs est légitime et compréhensible. Il faut comprendre leur point de vue : )) Pour ma part, je n'ai pas lu son livre, mais je l'ai vu chez Ardisson. Je trouve regrettable, en effet, que ses interventions médiatiques donnent lieu à autant de déformations, ne faisant l'objet, le plus souvent, que de contradictions aussi indignées que convenues. Il faut reconnaître toutefois que le personnage est assez caricatural.

 

Certains de ses arguments me paraissaient intéressants, voire fondés, mais le côté livresque de ce qu'il prétend n'être qu'une observation du réel et sa vision du tout féminin, auquel il attribue le déclin de l’Europe (mais quelle Europe ?), il l’a dit clairement, relèvent plus du fantasme que d’une observation approfondie du réel. Que la société se soit féminisée dans les formes ou de manière superficielle, si l’on peut dire, je peux l’admettre et il suffit, en effet, de regarder autour de soi pour s’en convaincre. Il faut bien, par exemple, que Nivéa et L’Oréal conquièrent de nouveaux marchés ! A part ça, est-il si nuisible que les pères (comme il l’a dit) changent les couches de leurs mômes ?

 

Zemmour n’a pas cessé tout au long de son intervention à la télévision (désolé, je ne peux parler que de ça, mais dans la mesure où il prétendait donner les grandes lignes de son bouquin, je peux – en partie – me reposer dessus pour le discuter) de convoquer la psychanalyse et la littérature pour appuyer ce qu’il disait…et c’est là que le bât blesse ! Sa lecture conservatrice de Freud est aussi fondamentaliste que réductrice. Que le père ait pour rôle de sortir l’enfant de la relation symbiotique avec la mère, des éthologues l’ont confirmé, mais en quoi le fait de s’occuper davantage de l’enfant nuit-il à ce rôle ? De même, les rôles doivent-ils être figés éternellement ?

 

Une expression m’avait frappée, dans le discours de Zemmour, « l’éternel féminin » - d’où ma question : un homme qui prétend lutter contre les idées reçues, bénéficier d’une certaine culture (il avait dit à Clémentine Autain qu’il avait plus de culture qu’elle), peut-il sans rire employer ce concept ? Peut-on, par ailleurs, invoquer la psychanalyse sans recourir à l’anthropologie ? Sa vision de la triade père-mère-enfant est tout simplement ethnocentriste. Je sais (par une vieille lecture, désolé) qu’il existe en Afrique une tribu où ce sont les hommes qui s’occupent des enfants et les femmes qui partent à la chasse. Ailleurs, c’est le village tout entier qui élève les enfants, et encore ailleurs, c’est l’oncle qui élève ses neveux et nièces (cf. Roger Caillois).

 

On peut se demander également si le phénomène qu’il dénonce est si répandu dans la société. Les métrosexuels et les papa-poules sont peut-être plus nombreux dans une certaine classe moyenne que des strates plus basses ou plus élevées de la société. L’observation de Zemmour, à mon sens, et pour ce que j’ai pu retirer de son intervention télévisée, repose davantage sur la représentation que se fait la société d’elle-même (à travers la publicité, les journaux…) que de ses réalités profondes. Autrement dit, il raisonne davantage comme un observateur de tendances, attaché au consommateur, que comme un sociologue, attaché au fonctionnement de la société.

 

Enfin, celui qui reprochait aux autres personnes présentes sur le plateau d’Ardisson de ne pas tenir compte de la réalité, n’a trouvé comme seul exemple de la vision qu’avaient les femmes des hommes aujourd’hui qu’un extrait de La tache, de Philip Roth. J’ai lu le roman. Je sais de qui parlait Zemmour. Il s’agit d’une jeune universitaire française, frustrée, dure, arriviste, presque mâle (mais tout cela, Zemmour s’est bien gardé de le préciser), qui reproche à ses collègues d’être des « papa Pampers ». Je ne doute pas que Roth sache capter l’esprit du temps dans ses romans, mais il s’agit tout de même d’un personnage secondaire (donc moins travaillé et plus caricatural que les autres) et d’une vision d’auteur… pas d’un témoignage.

 

J’émets donc de sérieux doutes à l’égard d’un livre qui ne se fonderait que sur la culture livresque et les préjugés de son auteur. Je doute, après l’avoir entendu, qu’il y ait fait preuve d’une grande rigueur scientifique. Ce genre d’ouvrage relèverait plus du pamphlet (subjectivité, ressentiment, brillance de l’écriture) que du traité sociologique, ethnologique ou philosophique. L’avoir titré Le premier sexe prouve le sens polémique et publicitaire d’Eric Zemmour, pas son sérieux.



De laeti, posté le 11.06.06 à 20:55 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Je ne tenterait pas de donner ici ma vision du bouquin de Zemmour, je l'ai fait sur mon blog http://travailcoll.oldiblog.com et je vous invite à le lire pour en savoir plus. J'ai 22 ans, et je dois rappeler que Zemmour parle avant tout des "nouvelles générations". Il serait intéressant de savoir si les personnes qui diabolise Zemmour on plus ou moins de 35 ans... En effet, on peut constater que les valeurs féministes se sont largement développée en politique et en entreprise (cf "développement durable, commerce équitable...). Et même si la place qu'occupe les femmes est encore trop faible, on constate qu'elle prenne de plus en plus d'importance dans l'espace public. Je conseille à ceux qui on lu et apprécié Zemmour OU NON de lire "Femme, le pouvoir impossible" de M;J. Bertini, édition Vuibert. J'ai lu les deux ouvrages en parallèle, et je dis OUI, en ce qui concerne les jeunes de mon âge, Zemmour a entièrement raison. Par dépit et par amour, j'ai choisi de partager ma vie avec un homme plus agé car je ne trouve pas d'Homme de ma génération qui soit plus qu'un autre moi. Zemmour est loin de la caricature qu'on en a fait... Il décrit puis analyse une jeunesse qui se cherche, même au niveau des genres. Que dire un père de 25 ans qui refuse d'engueuler son enfant quand celui-ci le traite de "connard" (c'est du vécu). Où iront nos gamins s'ils ont une mère qui doit faire office de père et un père qui refuse de lacher sa crème de nuit pour aller ouspiller un peu son gosse qui ne veut pas aller se coucher. Le seul reproche que l'on peut faire à Zemmour, c'est de ne pas faire au moins une consession : il n'y a jamais que du mauvais dans un problème. La seconde guerre mondiale a permit au femme de prouver qu'elle pouvaient se démerder au boulo, la féminisation des hommes nous prouve : d'une part, que les femmes ne sont pas un sexe faible au niveau des idées et des valeurs et d'autre part, que le patriarcat ( remis en cause par Zemmour lui même !!!) n'est ni la seule ni la meilleure solution.

Nota bene : Comment parler d'un livre sans l'avoir lu ??? Peut-on se contenter du jugement des autres pour se faire sa propre opinion ? Et surtout, pour avoir l'esprit ouvert, il faut lire et écouter de tout ! Même les pseudo poche à 10euros peuvent être instructifs !!!

NB2 : n'hésitez pas à laisser des commentaires sur mon article :   http://travailcoll.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=557201  pour ou contre, toutes les idées sont bonnes à entendre pour se forger une réfléxion !!!



De ubertextuel, posté le 11.06.06 à 21:33 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

le commerce équitable ou le developpement durable des valeurs féminines

alors là c'est le propos le plus machiste que j'ai lu ici

et le capitalisme c't un homme bien sûr

et si un mec a de la sensibilité c'est sa part féminine ben oui



De Docteur C, posté le 11.06.06 à 22:26 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
A Laetitia: lisez "le miroir de psychoses"'(voir plus haut), je vous assure que ça vous changera de la sociologie des diners du Figaro.

C'est facile de juger Zemmour comme sociologue sans l'avoir lu: il suffit de penser à son emploi du temps...

De Maly, posté le 16.06.06 à 20:44 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Ce livre est tout simplement EXCELLENT, à lire et à relire !!!

De Mauvaise tête, posté le 17.06.06 à 13:41 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

D'accord Maly, mais pourquoi ? On a quand même autre chose à lire que Zemmour, essaie de nous convaincre.



De les z'emmours, posté le 28.06.06 à 15:41 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

tout d'abord,bonjour à tous,meme à toi "mauvaise tete",qui dispose de critiques trop pertinentes pour cacher le fait que ce livre t'as à toi aussi toucher profondément ."L’observation de Zemmour, à mon sens, et pour ce que j’ai pu retirer de son intervention télévisée, repose davantage sur la représentation que se fait la société d’elle-même (à travers la publicité, les journaux…) que de ses réalités profondes. Autrement dit, il raisonne davantage comme un observateur de tendances, attaché au consommateur, que comme un sociologue, attaché au fonctionnement de la société."Les médias,je l'ai hais comme mes cheveux au lever du jour,le situationniste guy debord et le sociologue pierre bourdieu vous expliquerons pourquoi mieux que moi(meme s'ils ne m'ont jamais vu au réveil,soit dit en passant).Mais il faut savoir que ce que les médias diffusent  influe énormément sur la réalité elle meme.Nous sommes tous enfants des médias,meme l"'enfant sauvage" élevé par les loups dans une forét reculée.Nous emmagazinons du spectacle représentatif  que nous prenons pour modèle,pour idéal.Non,monica bellucci ne me fait pas bander car e ne l'ai jamais vu,là,devant moi.mes amis me montrent des filles dans les magazines,mais je ne comprends pas..je suis désolé les gars!la ou je veux en venir,mauvaise tète,c'est ici:ce que nous appelons la "société,"c'est l'image que nous avons d'elle a travers les médias.c'est donc une représentation."l'image que la société se fait d'elle meme"comme a si bien dit mauvaise tete(jaime répéter ton pseudo...)est en fait  représentation dune réalité représentée,cest a dire dune autre représentation:représentation+représentation=réalité intuitive..les médias se médiatisent eux memes,et n'hésitent pas a se critiquer eux memes,d'ou le cynisme ambiant(notamment celui d'ariel wizman qui n'hésite pa a parler  en mal de la société du spectacle...a la télévision!!!)l'image que la société a d'elle méme n'est pas la Réalité mais une réèlle intuition de l'air du temps,un air ou reigne effectivement la dictature de l'Amour a 20ans(jai 20ans et suis follement amoureux,mais bon,moi c'est pas pareil...oh et puis merde,oui je suis une victime)ou reigne une france éfféminée..ou l'idéal est une femme,car elle au moins,elle va donner la paix dans le monde...je lis dans les journaux des faits divers horribles(une jeune fille violée pendant 2jours par 6individus puis emmurée vivante;cest pas pour choquer mais dire la réalité ,ce dont on ne doit jamais se justifier),puis je dis a ma soeur de s'acheter une bombe lacrimogène,histoire de se protéger et celle ci me répond un peu comme toutes les filles répondent,une réponse ou elle montrenqu'elle peut se débrouiller seules ,car elles sont assez grandes,"autant apprendre des arts martiaux....)non ,mesdames,vous avez raison de vouloir les memes droits,mais vous avez besoin,comme vous avez eu de tout temps besoin, des hommes pour vous protéger,parce que l'homme doit protéger sa femme et sa progéniture,il doit savoir se battre quand il le faut,près pour le combat...vous,les femmes,une bonne fois pour toutes,défendez vos droits mais NOUBLIEZ PAS QUE NOUS SOMMES POURVUS D'INSTINCTS ANIMAUX DIFFERENTS SELON SIL ON EST UN HOMME OU UNE FEMME,et que l'idéal de paix n'est qu'une uthopie grotesque car les hommes sont violents,alors si vous n'aimez pas la violence ,changez de planète,ou sachez qu'il n'y a pas d'hommes sans violence,qu'il n'y a pas d'hommes sans guerre(j'ai l'impression de perdre mon sang froid comme lepen en 2002 meme si cet individu me fait vomir mes entrailles),qu'il n'y pas de guerre sans paix,et surtout qu'il n'y a pas de PAIX SANS GUERRE! et qu'il n'y a pas de paix!!!!!!!!!j'entends par guerre toute sorte de tentative de domination,physique ,psychologique,symbolique...(au sens nietzschéen)au sens ou la guerre est permanente car la volonté de dominer l'autre est plus ou moins enfouie mais toujours permanente

l'instinct de domination,j'ai l'impression que les femmes veulent toutes renier cet instinct,c'est prodigieux!!peut etre parce que pour cet instinct elles jouent le second role...une bonne fois pour toutes,comme le dit zemmour,si on continue de se faire écraser par la représentation "que la société se fait d'elle meme",cest a dire la réalité de notre inconscient collectif,cest a dire par cette féminisation des esprits,si les femmes ne comprennent toujours pas l'instinct de domination,vous ne nous ferez plus bander,que vous preniez spécial K ou pas!en plus,sincérement,jai eu beaucoup de petites copines,vous adorez ca,qu'on vous domine au lit,mais une fois sorti du "rectangle moelleux" vous essayez de compenser ce ki vient de se passer en donnant des ordres...chacun sa place,merde!!vive les femmes et le progrès de leur sens de l'humour autant que celui de l'amour!!!



De Mauvaise tête, posté le 30.06.06 à 00:53 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

En usant de critiques « pertinentes », je voulais élever le débat (pour autant que le sujet le permette) et le sortir des ornières du lieu commun. Il faut croire que j’ai échoué vu la réponse qui précède. Ce n’est pas pour rien que j’ai évoqué « la représentation que la société se fait d’elle-même » et invoqué l’anthropologie. Mon but était de sortir de la vulgate situationniste qui prolifère sur Internet et du naturalisme qui imprègne encore beaucoup de cerveaux.

 

Je ne récuse en rien les thèses de Debord ou de Bourdieu, je voudrais seulement que ceux qui citent ces auteurs le fassent avec honnêteté.

 

Expliquer la « domination masculine » (notre ami ne doit connaître que le titre) par « l’instinct », n’est pas seulement la justifier, voire la légitimer, c’est également faire un complet contresens. Bourdieu a écrit « La domination masculine » pour en démonter la construction et les mécanismes de reproduction. Pour lui, ce n’est pas un phénomène biologique mais social : il est donc absurde de parler d’instinct dans ce cas précis.

 

Quant au reste du post, il s’agit en effet d’une resucée – un peu confuse – de la première partie de « La société du spectacle » de Debord : « représentation dune réalité représentée,cest a dire dune autre représentation:représentation+représentation=réalité intuitive.. » nous dit Lez’emmour ; « On ne peut opposer abstraitement le spectacle et l’activité sociale effective ; ce dédoublement est lui-même dédoublé. » écrit Debord (Folio, page 18).

 

Donc, parce que Debord l’a écrit, c’est vrai ! Ou plutôt, parce que Zemmour détourne Debord au profit de ses thèses conservatrices, il a raison ! En même temps, ce n’est pas difficile : le discours de Debord est globalisant. Quand le premier invoque « l’éternel féminin », le second affirme que l’homme est séparé de la vie, du réel. Dans les deux cas, comme chez Rousseau, on déplore que l’homme soit perverti par la société.

 

Le problème, c’est que si l’on peut se faire, en écoutant Zemmour, une idée de sa conception de l’homme (du mâle, plus modestement), on aurait plus de mal ;o) avec Debord. Le Vrai, chez Debord, correspond-il au « naturel », à ce qu’il était coutume d’appeler « la nature humaine » ? On n’en sait rien. Debord ne parle que de l’homme aliéné, pas de ce qu’il était ou devrait être : comment savoir, alors, si l’homme est vraiment aliéné ?

 

Autrement dit, qu’est-ce qui l’autorise à dire que nous vivons dans le règne du faux ? Pour cela, il faut avoir des repères, mais lesquels ? On peut spéculer autant que l’on veut sur le vrai et le faux, dire que les hommes ne sont plus des hommes et que les femmes… ne sont plus des femmes, cela suppose d’avoir, auparavant, observé un être humain… à l’état naturel. Quand on sait que les animaux eux-mêmes sont dotés d’une forme de culture…

 

Pour Zemmour, c’est simple, les vrais mecs sont ceux qui ont grandi avant le règne de la société de consommation – puisque c’est elle, avec ses usages et l’idéologie qui la sous-tend, qui est responsable de notre « devenir gonzesse ». Il faudrait donc remonter à la génération de nos grands-pères pour trouver des gars qui en ont, quoique… je ne me rappelle pas que Pépé ait enlevé Mémé à cheval, comme ça se fait encore au Kazakhstan (ou ailleurs :-?).

 

Le pédé ! Pépé était donc déjà aliéné, jusque dans son pantalon, par le système de production capitaliste ? On peut remonter loin, comme ça…



De Zarah, posté le 15.07.06 à 18:56 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Il est bizzare ce petit livre de Zemmour et je suis assez d'accord avec le commentateur qui dit ... qu'il ne vaut même pas la peine d'être lu. En l'achetant, je pensais que c'était de la provoc' mais que j'y découvrirai une face occultée des rapports hommes-femmes et quelques fortes vérités sur notre société. Ben non, c'est juste de la provoc' alimentée par un égo qui semble avoir besoin d'une image factice de la "force" (la virilité) santifié par la Société afin de se sentir exister. Triste, triste, M. Zemmour.

D'abord des femmes, il n'en est pas question dans ce petit bouquin. Seulement des Féministes. Zemmour regrette le temps où toute la société était organisée selon les besoins (sexuels) pressants des hommes au dépend de leur "meilleure moitié". L'homme vrai n'"aime" pas, il baise, le couple n'a de légitimité que dans l'intérêt bien compris et les femmes ne sont de vrais femmes qu'enfermées et soumises.

Les Féministes vilipendées par Zemmour n'ont fait que sortir les femmes de leur enfermement. Et ce que Zemmour ne voit pas, c'est qu'elles ont également libéré les hommes de la servitude du baisage à tout prix en leur laissant la liberté de le faire autant qu'ils le veulent. Il reste à prouver ce que Zemmour affirme avec autorité : que les hommes baisent de moins en moins ... Ah oui, bof , pas remarqué. Il est clair en tous cas que les femmes y prennent beaucoup plus de plaisir qu'autrefois et n'est-ce pas une bonne nouvelle, aussi pour les hommes ? À moins que M. Zemmour ne préfère les femmes frigides... En tous cas, il ne correspond pas du tout au type d'homme que je mettrais dans mon lit.

Les statistiques que M. Zemmour cite dans son livre démente d'ailleurs ses propres thèses. Si l'immense majorité des jeunes (> 80%) aime la relation unique et le couple fondé sur l'entente et non sur la domination de l'un sur l'autre comme au temps de Gabin, c'est qu'en dépit des difficultés - eh oui, la montée du divorce - ils s'y sentent mieux que dans une relation artificielle où l'homme est supposé être responsable, dominer (et baiser) et la femme subir et ne pas sortir de chez elle.

Pour finir, le petit livre de Zemmour ne propose aucune solution aux problèmes constatés, et réels en partie, de notre société post-féministe - sauf le retour en arrière dans une sociétépatriarcale, retour que personne ne veut puisqu'on l'a rejeté, justement, cette société patriarcale !

C'est cela, ce vide de solution, qui fait que le petit livre de M. Zemmour est parfaitement inutile. De la provoc' qui ne vaut même pas la peine d'être lue.

(En l'occurence, j'ai trouvé les commentaires sur le livre plus intéressant que le livre ...)



De easywriter, posté le 17.07.06 à 09:49 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
les féministes ont libéré les hommes  de la servitude du baisage à tout prix
je trouve ça très juste elles les ont également libéré d'une autre dimension étouffante : celle du chef. chef de famille chef d'entreprise chef politique, l'arivée naturelle eu pouvoir et sa conservation dans toutes les sphères. celui qui ne veut pa être chef voit sa virilité contestée.
voilà. sinon, zarah je t'aime.

De Jean GABARD, posté le 23.07.06 à 17:25 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Le livre d’Eric Zemmour fait beaucoup parler de lui, mais est-ce étonnant puisque finalement il n’est pas tellement dérangeant ? En effet la provocation entraîne souvent un rejet massif et empêche la réflexion. Ainsi en rendant les autres voies que celles qui sont choisies aujourd’hui par la majorité, désagréables, il ne fait que renforcer l’idéologie dominante. Et pourtant le rejet de la société patriarcale traditionnelle a-t-il apporté que des points positifs ? Certes il a permis de faire avancer la démocratie, mais les dérives actuelles en font une idéologie que j’appelle féministe (parce que opposée au machisme), en partie responsable de la crise sociale et morale d’aujourd’hui.

En renonçant à une société dominée par des mâles qui faisaient la loi en se prenant au sérieux, la société a fait un bond en avant important. Les hommes ont renoncé à leur caricature et sont devenus des papas davantage attentifs à leurs enfants, ce qui n’est pas gênant, au contraire. Cependant, en restant, aujourd’hui dans une idéologie qui refuse la fonction de « père » qui dit la loi pour le bien des autres, (le sous-titre de mon livre est : Du mâle dominant au père contesté)

la société génère des enfants sans repères et « hors la loi » incapables de supporter les règles et la frustration. Ceux-ci connaissent souvent l’échec scolaire et risquent de devenir des « casseurs » incontrôlables. Alors, faut-il parce que les hommes n’ont pas su tenir leur fonction de « père » renoncer à la fonction elle-même ? Faut-il parce que cette fonction est différente de celle de la mère la considérer comme inégalitaire et discriminatoire ? Et si l’on reconnaît que cette fonction est importante comment peut-on aujourd’hui la jouer dans le respect de l’autre différent ? Voilà un sujet certes difficile à traiter mais qui peut donner un sens à la vie si on s’y "attèle" en acceptant nos limites…

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De Mauvaise tête, posté le 24.07.06 à 00:30 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Il est bien commode de tout ramener au symbolique et à la cellule familiale : ça évite de se coltiner les vrais problèmes, les problèmes économiques et l'injustice sociale qui y est afférente. Le "manque de repères" est la tarte à la crème des analyses contemporaines et la justification de toutes les politiques de répression. Le manque de repères est un argument de vieux con réactionnaire.

 

Le réactionnaire, fanatique de l’ordre (établi, bien évidemment), nie qu’il puisse exister d'autres valeurs que les siennes ; rabaisse celles-ci quand il les reconnaît ; ou prétend que l’on ne peut pas faire respecter ses valeurs, quand elles coïncident avec celles de ses adversaires, autrement que par la carotte et le bâton.

 

Il n'y a pas si longtemps, encore, on jugeait les athées immoraux. Et depuis les délires de l’ingénieur Kirilov, dans « Les Possédés » de Dostoïevsky, on nous rabâche que "Si Dieu n'existe pas, tout est permis." La mort du père, qu’elle soit déplorée par des psychanalystes ou des essayistes à courte vue,  n’est qu’une énième variation sur la mort de Dieu et ses conséquences « dramatiques » sur la société.

 

 Quant aux "casseurs", si on parle bien des mêmes, si jamais ils souffrent dans leur éducation d'un manque (symbolique ou concret) d'exercice de la fonction paternelle, c'est moins lié au "féminisme" qu'au statut souvent dégradant (chômeurs, "larbins") que la société française (et capitaliste) accorde à leurs pères.

 

Bizarrement, quand on arrive à obtenir plus de liberté et d’égalité, c’est toujours trop ! Dès qu’un problème surgit, on l’attribue à ces petits progrès. La défaite de 40 est due au Front Populaire, c’est bien connu, et ce qui se passe aujourd’hui résulte de l’application massive de la « pensée 68 »… qui inclut le féminisme, bien évidemment ! A croire que les hommes se refuseront toujours le droit de mener leur existence comme ils l’entendent.



De Jean GABARD, posté le 24.07.06 à 11:26 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Il est bien commode de tout ramener aux problèmes économiques et à l’injustice sociale : ça évite de se coltiner le vrai problème, le manque d’éducation consécutif à une démocratisation mal comprise. L’injustice sociale qui existe et contre laquelle il faut lutter est la tarte à la crème des analyses des « modernes » qui leur permettent de ne pas remettre en question leur idéologie féministe (qui, je le rappelle est une vision du monde qui se répand à partir du XVème siècle, qui nous a amené la démocratie et qui dérive parfois aujourd’hui) et de se maintenir dans leur position, en bons conservateurs. En effet, il faut être aveugle ou de mauvaise foi pour ne pas constater le manque de repère d’une partie de la jeunesse actuelle. D’autres part il faut toujours être de mauvaise foi pour voir dans mes propos la moindre allusion à une politique de répression. N’est-ce pas encore de la mauvaise foi de constamment dresser l’épouvantail de la répression pour éviter de chercher d’autres voies que celles qui actuellement nous mènent à l’impasse ? Je sais ce qu’est l’injustice sociale et je sais que certaines situations sociales ne valorisent pas les « pères ». C’est ce que j’explique dans la première partie de mon livre, (et ceci ne date pas de la fin de XXème siècle) mais je peux aussi dire que des familles qui en sont particulièrement victimes savent donner des repères à leurs enfants alors qu’inversement des familles aisées, avec papa et maman ayant de très bonnes situations, n’ont pas de « père » à la maison qui éduque. Avoir plus de liberté et plus d’égalité c’est bien, mais encore faut-il savoir ce que l’on entend par liberté et égalité. Justement les principales confusions de « l’idéologie féministe » dont traite mon livre, (et je ne parle pas des exagérations de certains programmes féministes des années 70) portent là dessus et ce sont celles-ci qui ont de lourdes conséquences sur l’éducation des enfants.

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De Docteur C, posté le 24.07.06 à 14:24 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Je trouve que vous accordez trop d'importance à l'identité sexuelle comme parangon des analyses sociales. Une dialectique machisme/féminisme est-elle suffisante pour analyser les mutations sociales des sociétés dites "modernes" depuis le XVème siècle? Honnêtement, je ne le pense pas.

L'identité sexuelle serait-elle tout ce qui nous reste pour nous positionner dans la société? A lire tous les intervenants sur cette note, et particulièrement Jean Gabard, c'est l'impression qui sourd. Arrivez-vous encore à penser qu'une idéologie, qu'une valeur, ne puisse être ni féminine ni masculine? Ou encore, ne vous semble t'il pas que pour les rapports de pouvoir dans les sociétés féodales, l'identité sexuelle était clairement secondaire? Au bout du bout, "l'identité sexuelle" n'est que sociale, il n'y a pas d'identité sexuelle "naturelle", sinon une vague pulsion - tellement détournée - et quelques hormones spécifiques qui n'induisent pas un mode de pensée. On accepte ou pas la place que la société assigne à "l'homme" et à "la femme", c'est tout.  De fait, "machisme" et "féminisme" sont des termes récents dans leur acceptions contemporaines (début XXème siècle pour le second, encore plus tard pour le premier) Certes on ne peut penser l'histoire qu'avec nos propres catégories, mais pourquoi tendre vers des propos si caricaturaux?

Si les familles sont affaiblies ou éclatées, il est plutôt comique de fustiger exclusivement "l'idéologie féministe"(que je ne crois pas si uniforme que cela), qui, si elle a certainement jouée un rôle, est loin d'en être la seule cause. De surcroît, cet éclatement de la "famille" est déjà derrière nous, et culminerait plutôt dans les années 80. On assiste clairement à un retour au couple, à une normalisation globale des relations sexuelles. Je ne vois aucune provocation ni critique sociale dans ces thématiques d'un retour au couple et à la famille, à une identité sexuelle plus adéquate à sa fonction sociale. Comme autres causes possibles des familles éclatées et affaiblies dans les années 70 à début 90, je citerais dans le désordre et sans en appeler à l'injustice sociale: les mutations dans les contraintes du travail (compétitivité, flexibilité, performance, développement du tertiaire), le consumérisme (infantilisation, encouragement de la satisfaction immédiate), le vieillissement de la population, l'essor des loisirs, etc.

De Mauvaise Tête, posté le 24.07.06 à 15:07 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Je n'ai rien à ajouter si ce n'est que, la discussion portant sur le bouquin de Zemmour, il est logique que la question de l'identité sexuelle en occupe tout l'espace. Quant à l"injustice sociale", c'était une expression bien commode pour synthétiser ce qu'énumère Docteur C à la fin de son commentaire.

De Jean GABARD, posté le 24.07.06 à 18:55 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Vous dites : « L’identité sexuelle n’est que sociale ». Ce que vous dites n’est pas un mot d’ordre féministe extrémiste, (vous le dites d’ailleurs comme une évidence) mais pourtant n’y a-t-il pas dans ces quelques mots une grande partie des dérives de l’idéologie « féministe » ? La société patriarcale traditionnelle s’est effectivement servie de la différence naturelle des sexes pour valoriser les hommes et inférioriser les femmes. Ceci, comme je l’explique dans mon livre, lui a permis, étant dans l’enfance de l’humanité, de maintenir le refoulement qui lui était nécessaire pour arriver à se structurer. Il en a user et abuser. Ce rapport de pouvoir est bien celui qui a perduré sans beaucoup de contestation jusqu’au XVème siècle dans toutes les civilisations. La vision du monde moderne qui s’est opposée à cette idéologie des hommes au pouvoir et que j’appelle pour cela « féministe » prend aujourd’hui exactement le contre pied (en niant la différence des sexes) pour expliquer la persistance des discriminations et la nécessité de continuer la lutte. Mais y a-t-il besoin de cela : qui peut nier aujourd’hui que des femmes sont encore malheureusement victimes de discriminations et que la lutte pour le respect des lois est toujours nécessaire ? D’autre part vous dites :« il n'y a pas d'identité sexuelle "naturelle", sinon une vague pulsion - tellement détournée - et quelques hormones spécifiques qui n'induisent pas un mode de pensée ». Déjà vous faites peu de cas de ces pulsions différentes et que faites-vous de l’inconscient qui se construit différemment suivant que vous êtes un garçon ou une fille quelque soit les civilisations et quelque soit les périodes (hier comme aujourd’hui et demain) ? Peut-on laisser de côté le fait que nous sommes mis au monde par une femme (elle a été pour cela divinisée avant le Néolithique) et que la vision de cette femme est forcément différente suivant que l’on est un garçon (d’un autre sexe) ou une fille (du même sexe) ? Et que cette vision reste (à vie) dans notre inconscient et conditionne tous nos comportements ?  Le nier, il y a trente ans, d’accord… mais aujourd’hui encore, n’est-ce pas de la mauvaise foi ?

Je poserai donc toujours la même question : est-ce la fait d’assumer la différence des sexes qui pose problème ou la façon de la considérer ? S’en servir pour inférioriser la femme certainement pas, mais la nier pour ne plus craindre d’être inférioriser est une réaction que je peux comprendre mais qui ne me paraît pas très adulte. Je veux bien concéder que nier la différence des sexes est plus facile qu’essayer de la gérer (l’humain a horreur de la différence qui le dérange en l’obligeant à se poser des questions et pourtant l’homme n’est-il pas question ?) mais ce n’est certainement pas le meilleur moyen pour pouvoir trouver des règles de vie qui permettent de vivre ensemble. Les hommes se sont servis des règles pour dominer les femmes, mais est-ce une raison pour qu’il n’y ait plus de règles !… Comment jouer ensemble si les humains refusent les règles du jeu et se mettent à « mener leur existence comme ils l’entendent » ?  www.jeangabard.com



De Jean GABARD, posté le 24.07.06 à 18:57 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Vous dites : « L’identité sexuelle n’est que sociale ». Ce que vous dites n’est pas un mot d’ordre féministe extrémiste, (vous le dites d’ailleurs comme une évidence) mais pourtant n’y a-t-il pas dans ces quelques mots une grande partie des dérives de l’idéologie « féministe » ? La société patriarcale traditionnelle s’est effectivement servie de la différence naturelle des sexes pour valoriser les hommes et inférioriser les femmes. Ceci, comme je l’explique dans mon livre, lui a permis, étant dans l’enfance de l’humanité, de maintenir le refoulement qui lui était nécessaire pour arriver à se structurer. Il en a user et abuser. Ce rapport de pouvoir est bien celui qui a perduré sans beaucoup de contestation jusqu’au XVème siècle dans toutes les civilisations. La vision du monde moderne qui s’est opposée à cette idéologie des hommes au pouvoir et que j’appelle pour cela « féministe » prend aujourd’hui exactement le contre pied (en niant la différence des sexes) pour expliquer la persistance des discriminations et la nécessité de continuer la lutte. Mais y a-t-il besoin de cela : qui peut nier aujourd’hui que des femmes sont encore malheureusement victimes de discriminations et que la lutte pour le respect des lois est toujours nécessaire ? D’autre part vous dites :« il n'y a pas d'identité sexuelle "naturelle", sinon une vague pulsion - tellement détournée - et quelques hormones spécifiques qui n'induisent pas un mode de pensée ». Déjà vous faites peu de cas de ces pulsions différentes et que faites-vous de l’inconscient qui se construit différemment suivant que vous êtes un garçon ou une fille quelque soit les civilisations et quelque soit les périodes (hier comme aujourd’hui et demain) ? Peut-on laisser de côté le fait que nous sommes mis au monde par une femme (elle a été pour cela divinisée avant le Néolithique) et que la vision de cette femme est forcément différente suivant que l’on est un garçon (d’un autre sexe) ou une fille (du même sexe) ? Et que cette vision reste (à vie) dans notre inconscient et conditionne tous nos comportements ?  Le nier, il y a trente ans, d’accord… mais aujourd’hui encore, n’est-ce pas de la mauvaise foi ?

Je poserai donc toujours la même question : est-ce la fait d’assumer la différence des sexes qui pose problème ou la façon de la considérer ? S’en servir pour inférioriser la femme certainement pas, mais la nier pour ne plus craindre d’être inférioriser est une réaction que je peux comprendre mais qui ne me paraît pas très adulte. Je veux bien concéder que nier la différence des sexes est plus facile qu’essayer de la gérer (l’humain a horreur de la différence qui le dérange en l’obligeant à se poser des questions et pourtant l’homme n’est-il pas question ?) mais ce n’est certainement pas le meilleur moyen pour pouvoir trouver des règles de vie qui permettent de vivre ensemble. Les hommes se sont servis des règles pour dominer les femmes, mais est-ce une raison pour qu’il n’y ait plus de règles !… Comment jouer ensemble si les humains refusent les règles du jeu et se mettent à « mener leur existence comme ils l’entendent » ?  www.jeangabard.com



De Docteur C, posté le 25.07.06 à 09:39 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Il ne s'agit pas de nier la différence des sexes: différence organique, différence de statut social, etc. Il s'agit de se placer d'un point de vue philosophique sérieux et d'énoncer que la différence sexuelle n'est pas un déterminisme aussi structurant que vous tentez de l'énoncer, et notamment d'un point de vue psychique (d'où la référence aux hormones). Vous savez sans doute que Freud, qui n'était pas un imbécile, à toujours rejeté l'idée d'un "complexe d'Electre" qui aurait été le pendant féminin du complexe d'Oedipe. Différence organique certes, mais la réalité des organes dépend de l'investissement qu'on y opère: l'être humain se construit  un corps sans organes (Deleuze & Guattari) et si la psychanalyse postule un investissement enclos dans la famille, je tendrais plus à penser avec les deux auteurs précités qu'il y a aussi un investissement  du désir dans les structures sociales. Je ne crois pas que le désir de la femme et de l'homme diffèrent si radicalement qu'on puisse discriminer entre idéologie féministe et idéologie machiste. C'est théoriser sur le sexe des anges.

 Il s'agit de considérer que la société patriarcale n'est pas l'alpha et l'omega des modes d'organisations sociales d'avant le XVème siècle: il y avait plus de différence de statut entre la femme serve et la femme noble qu'entre l'homme noble et la femme noble.

 Il s'agit d'énoncer qu'à l'heure actuelle on s'accroche à son identité sexuelle dès lors qu'elle est une ultime identité dans une société éclatée: en effet cela permet de se trouver des règles de vie, mais ces règles de vie ne sont pas des devenirs minoritaires, vous ne proposez pas une critique sociale:  c'est déjà ainsi que procèdent les individus - et je marque bien ce mot: individus, pas sujets -, vous ne faites que globaliser, enfler l'identité sexuelle jusqu'à en faire le moteur même de l'évolution dialectique des sociétés humaines. Je ne crois pas qu'il s'agisse d'une pensée adulte, mais plutôt d'une tentative un peu naïve de se faire aimer et de devenir célèbre pour des théories qui ne font qu'avaliser des  conceptions déjà majoritaires.

De Docteur C, posté le 25.07.06 à 09:59 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
NB: Il ne s'agit pas de nier la différence mais d'énoncer qu'elle n'est pas uniquement déterminée par la différence d'organe ou autre: réduire l'autre à un sexe, à une pratique sexuelle, à une origine ethnique, ce n'est pas le reconnaître dans sa différence. J'ai la naïveté de croire que chaque être humain diffère de l'autre, mais pas seulement par le sexe ou l'origine, mais par la pensée qu'il produit, par son invention de lui-même (je ne nie donc pas la féminité, je considère que chaque femme invente sa propre féminité, avec ses petits arrangements avec l'idéologie). On peut considérer que les déterminismes sociaux sont suffisamment pesants pour annihiler cette différence du sujet, et le faire rentrer dans la petite case d'une féminité ou d'une masculinité globale, mais quid des grands littérateurs: ne sont-ils que les reflets de leurs temps, des machines à reproduire la pensée ambiante? Nous sommes sur un blog littéraire, c'est pourquoi je ne me priverais pas d'énoncer que c'est dans l'invention de son propre langage que chaque sujet va différent.

De Docteur C, posté le 25.07.06 à 10:46 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Pourquoi dès lors critiquer le discours de Zemmour ou le votre? Parce qu'ils tendent à propager un discours de propagande, de communication: parce qu'ils ne contribuent pas à  nous construire comme sujets sociaux, à énoncer une différence, mais au contraire à nous faire avaler une pensée par éditos, une petite pensée du fait majoritaire: vous ne pensez pas la société, vous voulez penser comme la société, et que la société pense comme vous. Vous voulez "réformer la démocratie", n'est-ce pas la conclusion de votre ouvrage? Votre discours n'est pas un discours de vérité mais de reproduction sociale. Ayez le courage de devenir un sujet, et abandonnez l'idée d'une adéquation de la démocratie avec vos mots d'ordre. N'espérez plus séduire et ordonner, abdiquez votre morgue, et parlez, enfin.

De Mauvaise Tête, posté le 25.07.06 à 10:54 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
J'en raconte une couche :

Oui, c’est bien connu : la donne sexuelle ayant changé, les individus sont destructurés et ne savent plus s’orienter, se guider dans l’existence (ce que l’on appelle, couramment, « ne plus avoir de repères »). Depuis, la société a sombré dans le chaos, et la « Civilisation » (avec un grand C, s’il vous plaît) est en passe de disparaître. Ce que dit Zemmour clairement, vous le dites en creux, mais au bout du compte, on en revient toujours à la même chose : tout fout le camp, ma bonne dame !

Je n'ai pas la science du bon docteur C, mais pour ma part, je fais la différence (justement) entre les notions de « sexe » et de « genre ». On lève ainsi bien des malentendus. Le sexe est une réalité biologique… et le genre, le fruit d’une construction sociale. Que le regard porté sur mon sexe (par les autres et moi-même) détermine, en partie, mon existence et la place que j’occuperai ensuite dans la société, n’est pas un phénomène « naturel », mais bien « culturel »…

Car s’il s’agissait d’un phénomène « naturel », cela voudrait dire que mon « être-masculin », ou féminin, serait programmé, contenu dans mes gènes.

Il est vrai qu’on peut invoquer le sens de l’orientation de l’homme (qui a fait de lui un chasseur, selon certains évolutionnistes américains) ou la faculté de la femme à faire plusieurs choses en même temps (ce qui a fait d’elle une secrétaire, selon les mêmes – véridique), mais encore faudrait-il prouver que ces différences, a priori incontestables sur le plan neurologique, ne sont pas le fruit d’une éducation qui - dès le plus jeune âge - nous pousse vers un type d’activités plutôt qu’un autre.

C’est une question de point de vue, de bout (sans jeu de mot) par lequel on prend la question. Il y a ceux qui pensent que les facultés énoncées plus haut sont un attribut de la « différence des sexes » et ceux qui prétendent qu’elles participent de « la différenciation des genres ». Dans les deux cas, on en oublie le corps (seule marque incontestable de différence des sexes, sauf pour les hermaphrodites). Quant à la neurologie, tout ce qu’elle nous apprend, c’est que le développement du cerveau dépend des circonstances…

On cherche en vain le naturel dans tout ça… mais revenons à nos moutons : si Zemmour et Gabard (après Bouvard et Pécuchet…) s’excitent autant sur la question de l’indifférenciation sexuelle, c’est parce que pour eux, celle-ci représente une menace pour la société. A croire Jean Gabard, les êtres humains, avant, savaient vivre ensemble, mais depuis que les valeurs féminines se sont imposées, c’est le bordel ! En gros, il ne s’agit ni plus ni moins que de regretter le bon vieux temps où chaque chose était à sa place.

Ce que j’avais écrit au sujet des valeurs, dans mon avant dernier commentaire, pourrait être ici repris concernant les règles : parce que celles qui étaient en vigueur dans la société patriarcale d’autrefois (mais laquelle ?) ne seraient plus appliquées, ce qui reste à prouver, il n’y aurait plus de règles. Parce que les règles sont autres, Gabard déplore leur absence. Il n’imagine pas une seconde qu’elles aient pu changer. Il n’imagine pas une seconde que les gens puissent renégocier les termes du « contrat » qui les lie.

C’est pourtant ce qui se fait chaque jour, par la force ou par la discussion, dans toute société entendue au sens large : qu’il s’agisse d’un couple, d’une famille, d’un groupe, d’une entreprise, de la nation… etc., les règles sont sans cesse remaniées, avec raison ou sous le coup d’un rapport de force circonstanciel, pour que tout le monde puisse « s’entendre ». Après, ça dure le temps que ça dure. On peut le déplorer, mais y voir un phénomène nouveau et le signe d’une décomposition de la société est quand même un peu grossier.



De Mauvaise Tête, posté le 25.07.06 à 10:56 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Pardon : "J'en RAJOUTE une couche"...

De Jean GABARD, posté le 25.07.06 à 22:50 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Qui a dit qu’il regrettait le temps d’avant ? Peut-être Eric Zemmour mais pas moi. La dernière partie de mon livre s’intitule : « Changer de direction sans retour en arrière ». C’est quand même bizarre de ne pouvoir sortir de ce dualisme : ne voir toujours que deux possibilités : le féminisme ou le machisme réactionnaire ! Est-ce une façon de dévaloriser tout point de vue différent ? J’ai l’impression d’entendre Georges Bush qui ne peut concevoir que « l’axe du bien », (son camp) ou « l’axe du mal » (toutes les autres positions).

Je constate aussi qu’apparemment certaines personnes ne lisent pas ce que j’écris. Qui a dit qu’il réduisait l’autre à un sexe, à une pratique sexuelle. Je défis les lecteurs  de trouver ceci, comme la moindre idée de retour en arrière, dans mes propos. Je dis certes qu’il y a des différences entre chaque femme et qu’il y a des différences entre les hommes et les femmes mais je n’ai jamais dit que ces différences pouvaient tout justifier. Je pourrais aussi dire que « le regard porté sur mon sexe (par les autres et moi-même) détermine, en partie, mon existence et la place que j’occuperai ensuite dans la société » mais cette construction sociale détermine « en partie » seulement. Cette construction culturelle, je ne la nie pas. Je reproche même aux sociétés patriarcales traditionnelles de s’en être servies pour inférioriser les femmes mais je dis aussi qu’elle n’explique pas tout. Si c’était le cas il ne devrait plus y avoir de différence entre les hommes et les femmes car je ne connais plus beaucoup de familles qui éduquent leurs enfants comme il y a 50 ans. Les enfants sont principalement dans les mains de femmes qui aujourd’hui ne peuvent être suspectées de servir l’idéologie machiste. Je dis par contre que pour respecter l’autre il faut tenir compte de la différence des sexes et que ne pas en tenir compte peut même aboutir au sexisme. C’est lorsque nous refusons de tenir compte de la différence de l’autre que nous avons la tentation d’invoquer son infériorité (comme les machistes) ou son mauvais développement (comme le font certains féministes), lorsqu’elle nous gêne (et elle nous gêne forcément à un moment ou à un autre puisqu’elle nous oblige à nous remettre en question).

Ce que je dis là n’est pas la pensée de la société d’aujourd’hui, bien au contraire. Je n’ai peut-être pas beaucoup inventé (parce que nous n’inventons rien, nous ne faisons que nous servir de ce que les autres ont dit avant nous. Je me sers de ce que j’ai trouvé dans Lacan, Joël Clerget, Claude Halmos, Aldo Naouri…) mais cette pensée (partagée, il est vrai, par de plus en plus de personnes) est encore très nettement minoritaire, (la preuve : étant peu habitués à entendre ce discours beaucoup l’assimilent encore à celui des réactionnaires) Elle n’est partagée ni par les adeptes de l’idéologie féministe qui sont majoritaires ni par les nostalgiques de l’idéologie machiste, moins nombreux mais, il est vrai, plus dangereux.

 

 



De regard extérieur, posté le 26.07.06 à 04:09 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Je constate simplement après avoir lu avec une délectation toute jouissive le livre de Monsieur Zemmour que les propos les plus outranciers sont tenus ici par des femmes qui, au travers de leur colère, expriment indubitablement une fragilité qui donne, selon moi, et à ce niveau-là, raison à certains arguments de l'auteur publié dans la collection "Indigne" (collection dirigée par Clara Dupont-Monod) dont le principal qui est que la féminisation déstabilise les femmes qui se rendent compte (trop tardivement? pas avant d'avoir lu le livre de Zemmour? pas avant d'êtres parties voyager en Norvège?) que leur libération est une aliénation de plus... mais c’est le scénario positif de la fin du livre de Zemmnour, le plus vraisemblable étant que les femmes et les hommes ont échangé leur(s) genre(s) en conservant leur(s) sexe(s)... (Je glisse une précision formelle: les parenthèses (enchantées?) sont nombreuses ici puisqu’il n’est toujours clair de distinguer un homo d’une bi d’un humain d’un trans bref, les parenthèses devraient plaire à certainEs qui prêchent pour le choix de son genre... voire de son sexe avec lesprogrès de la médecine et de l’ingénierie génétique) Je trouve quant à moi ce genre de lecture (pamphlétaire et donc forcément moins consensuel et moins politiquement correct que certaines non-thèses féministes dites de genre ou autres bourdieuseries) tout à fait stimulant, ne serait-ce que pour changer d'air. Je répète donc que la "ni pute ni soumise" dont le pseudo est Mauvaise tête (on peut déjà contempler la bienveillance de l'interlocutrice jusque dans le pseudo) tient des propos qui, bien qu'ils aient la cohérence des études de genre, n'a pas celui, philosophique du premier apprentissage, le plus élémentaire. Mauvaise Tête, il serait bon pour vous, de cesser, dans votre vie ou sur ce forum, d'intervenir au sujet de livres que vous n'avez pas lus, d'hommes que vous n'avez pas aimés ou, plus vraisemblablement, baisés «comme un homme». Je me réjouis déjà en imaginant la considération que vous porterez à mon message sachant que vous le traiterez comme une chienne de garde qui se respecte, à savoir avec démesure, dans l'ignorance et l'orgueil si souvent clamés par les femmes sociologues, ivres de vengeance, ivres de justice, jusqu'à la rage, jusqu'à la guerre. Certes je vous titille mais quoi? parlez de ce que vous lisez plutôt que d'utiliser le moindre prétexte, le moindre forum pour exhiber vos raisonnements que je n'analyserai pas. Je compte sur le fait que, silencieusement, vous me remerciez pour ma suspension de jugement concernant vos propos. Je compte, mais de façon totalement automatique je vous rassure. Une comptine car vous n’êtes pas la première et vous ne serez pas la dernière à vous produire avec ce dédain et cet orgueil. Alors je vous rassure même (et surtout!) si vous n'êtes pas inquiète... il faut dire, pour finir, que la rage et la colère nous permet d'esquiver l'inquiétude et l'angoisse nécessaires à un véritable travail philosophique... mais peut-être Kant a-t-il pour vous autant de crédibilité qu'une bite molle frustrée? Auquel cas je vous prie de bien vouloir reconsidérer la phrase précédente et d'échanger philosophique pour «réflexif». Voilà. J'espère avoir été clair. Avec mes salutations calmes.

De Mauvaise Tête, posté le 26.07.06 à 15:14 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Encore un qui n'a rien compris, "regard extérieur" : je suis un homme.

De regard extérieur, posté le 26.07.06 à 19:41 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Mauvaise Tête, je vois deux réactions possibles à votre commentaire court, si court qu’il prend les airs d’une conclusion...

1. J'analyse votre contribution:

«Encore un qui n'a rien compris»
Cette phrase flirte dangereusement avec l'insulte à caractère sexiste (pour savoir ce qu'est une insulte sexiste, consulter le site des chiennes de garde http://www.chiennesdegarde.org/article.php3?id_article=9).

Elle est de plus malhonnête en ce qu'elle énonce une généralité discriminante (lire Schopenhauer pour ceux et celles qui n'ont pas peur du miroir aux manipulations) qui n'a aucun rapport avec le fond de ma critique qui était, je le rappelle, que le ton employé est démesuré, hors-sujet et illégitime (attendu qu'on ne saurait critiquer ce que l'on n'a pas lu). Le fait de vous attaquer à ma personne en prétextant mon manque de compréhension est fort douteux puisque nous attendrons encore longtemps la preuve de votre sexe ou de votre genre... Ma compréhension est du coup moins en cause que votre aptitude à prouver votre identité ce qui sur la Toile tient, comme nous le savons tous et toutes, de l’exploit. Vous vous êtes donc tendu à vous-même un piège difficile à éviter.

Du coup, cette stratégie de diversion ne fonctionne pas avec moi, ma chère ou mon cher ou les deux puisque de toute façon votre flou quant à votre genre ou à votre sexe ne fait que confirmer la critique d'analystes agacés comme peuvent l'être Zemmour ou ma modeste personne.

2. Je renchéris ("rajouter une couche" comme on peut le lire sur ce site):

Pour ce qui est de critiquer sans lire, on reste toutefois sans réponse de la part de Mauvaise tête... peut-être le livre aura-t-il été lu entre temps? Qui sait? On peut toujours rêver...

De Mauvaise tête, posté le 27.07.06 à 00:52 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Pour ce qui est de critiquer sans lire, je te renvoie à ta propre lecture de mes commentaires. Celui qui portait réellement sur le livre, ou plutôt, sur les propos d’Eric Zemmour, n'avait pas le ton que tu juges hors de propos. Je n'ai fait par la suite que répondre aux autres commentaires, apporter des mises au point. Les dernières étaient en effet rédigées, non sans verve d'ailleurs, avec une bonne louchée d'ironie et visaient davantage Jean Gabard, avec qui je discutais, qu’Eric Zemmour. Ma seule erreur a été de les amalgamer, la position de Jean Gabard étant si j'ai bien compris un peu différente.
 
Je reconnais par ailleurs m’être emporté lors de ma première réponse à Gabard (le ton des suivantes relevait davantage de la rhétorique) : cette colère visait moins le caractère « machiste » de sa réponse (qui ne l’était pas, « machiste ») que l’expression « manque de repères », dont je trouvais qu’elle sentait le réchauffé et ramenait le débat en arrière. Entendons-nous bien : le premier commentaire a été écrit pour apporter une critique constructive aux propos d’Eric Zemmour, les commentaires des autres étant pour le moins lapidaires,  et le second pour répondre aux clichés et aux approximations de Les Z’emmour.
 
Et maintenant venons en à « Regard extérieur », qui affirme une sérénité que l’écriture peine à traduire. Ton précédent commentaire a un parfum de revanche (l’expression «délectation jouissive » appliquée à ta lecture de l’essai de Zemmour) et le portrait que tu fais de moi, celui d’une féministe haineuse et vindicative, peine à jouir et frustrée, est aussi stéréotypé qu’évidente la volonté de toucher là où tu crois faire mal. Le fait que tu t’en sois pris à moi et non à Docteur C, dont le dernier post montre un certain agacement, est enfin assez révélateur :  tu as voulu te payer une « ni pute ni soumise », une féministe hystérique et arrogante.
 
Tout, dans ton commentaire, les airs à la John Wayne (« Avec mes salutations calmes »), l’assurance avec laquelle tu affirmes que je recrache des « études de genre » (que je n’ai jamais lues : quelques notions d’anthropologie, de sociologie, d’éthologie, m’ont suffit pour produire une argumentation que je voulais honnête et rigoureuse), la vulgarité (« bitte molle frustrée » : à ce propos, je n’ai jamais parlé de Kant), les considérations moralisatrices (tout le laïus sur la rage, la colère, l’angoisse), le ton supérieur, tout cela indique assez que le commentaire, loin d’élever le débat ou défendre le bouquin, ne visait qu’à me « moucher ».
 
C’est d’autant plus drôle que je suis un homme. Par ailleurs, j’ai fait un lapsus (oui, oui, acte manqué), je voulais écrire « Encore un qui a tout compris », car c’est visiblement l’impression que tu voulais donner de toi, celle d’un type malin et au-dessus de la mêlée. Et si tu ne le voulais pas, tu y es quand même parvenu. De là à y voir une insulte sexiste… On se demande qui est le plus outrancier : de toi qui attaques de manière sourde et faussement assurée la pauvre « Mauvaise Tête » (celle que tu imagines) ou de moi qui fait des moulinets de rhétorique. Tout ça pour dire que je n’ai pas lu le bouquin. Et alors ?
 
Il s’agit d’un blog (à ce propos : tu m’as lu sur beaucoup de forums ? tu m’as souvent entendu parler de bouquins que je n’ai pas lus ?), ce qui veut dire qu’un commentaire n’est pas forcément posté pour répondre à l’article, mais aux autres commentaires. Ce que j’ai fait. Il s’agissait d’une écriture au fil de l’eau et non d’une critique sur plusieurs pages du « Premier sexe » dont, si tu lis bien mes commentaires précédents, tu noteras que je n’ai jamais écrit le titre auparavant. Tu peux me taxer de mauvaise foi, me reprocher d’éluder la question (toi qui penses qu’il ne vaut pas la peine de discuter mes commentaires) mais si tu es honnête…
 
Et maintenant une question : pourquoi devrais-je lire Zemmour ? Tu insistes tellement là-dessus qu’on sent bien qu’il n’y pas que la volonté de défendre ton grand homme. Quelque part, tu te dis, tu sous-entends, que je suis un lâche de ne pas parler (comme on l’a vu) d’un livre que je n’ai pas lu. Quelque part, il y a une vérité, troublante, dérangeante, que je ne veux pas affronter, une angoisse tout au fond de moi que je ne veux pas réveiller. Ca sent la psychanalyse de bazar, tout ça, ou pire : le mauvais western. Derrière l’injonction à lire le livre, on entend le « t’es pas cap’ » que se balancent les adolescents avant de faire une connerie.
 
En gros, tout ce que tu veux, derrière cette revendication d’honnêteté, ces mises en demeure, c’est que je montre que j’ai des couilles. Pour ça, c’est simple, on peut se rencontrer (et le soleil se couche sur les deux hommes face à face, leurs colts pointés l’un vers l’autre…).

De regard extérieur, posté le 27.07.06 à 22:55 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Mauvaise tête,

Le calme (plus zen que waynien) avec lequel j'envisage de répondre à tes (il semblerait que vouvoiement te mette mal à l’aise) critiques que tu qualifies toi-même d'ironiques est peut-être, finalement, la seule chose que nous partageons. Je ne vais pas me justifier ni démontrer l'indigence de tes propos relatifs, notamment, aux intentions que tu prêtes à mon intervention sur ce forum, ni me mettre à commenter les sous-entendus psychanalytiques fréquents (suspects?) qui ponctuent tes interventions. Je le pourrais, bien évidemment. Par contre, je vais procéder à une mise au point d’ordre métalinguistique. C’est assez long, mais une nuance appelle de nombreux détours (je glisse en passant qu’on écrit un livre pour expliquer une nuance et que bien souvent, cela ne suffit pas... il faut en écrire d’autres... alors des posts sur un blog sur le net... je te dis pas!)

Il me suffit d'avoir clairement indiqué que la légitimité d'un commentaire concernant un livre est fortement ébranlée dès que le commentaire n'a que les autres commentaires (donc les autres procès d'intention) pour socle. C'est peut-être une expérience répandue sur le net ou les blogs, cela m'est égal. Cette attitude, cette posture de jugement plus que de critique est des plus fâcheuses car elle nivelle vers le bas en assimilant réflexion critique à jugements et procès d'intentions. Plus que fâcheuse, cette posture est philosophiquement intenable et malhonnête. Facile, elle se répand rapidement, elle est donc nuisible.

Un shérif devait venir faire le ménage. Mais est-ce compatible shérif et ménage, à en croire tes propos? Tu imagines encore le shérif avec des pistolets alors que les hommes d'aujourd'hui, les vrais, les John Wayne, ont une petite souris et font clic au coucher du soleil.

Tu confesses toi-même, bon prince, tes errements «amalgame, ironie, colère, je reconnais m’être emporté, rhétorique, etc.» en les légitimant avec un certain culot: c’est un blog, on écrit au fil de l’eau.

Donc si on fait un arrêt sur image, tu reproches à certains de faire reculer le débat, à d'autres de t'adresser des critiques que tu juges infondées et psychologiquement douteuses. J'ai envie de te dire que l'on récolte ce que l'on sème. Et si je savais pertinemment ce que je récolterais en démasquant les personnes incapables de probité intellectuelle, tu ne savais certainement pas de ton côté que le shérif, s'il l'a mauvaise, ce n’est pas parce qu'il pense avoir plus de balles dans son pistolet ni plus de couilles, c'est parce que la mauvaise tête croit pouvoir faire la loi... en se plaçant au-dessus d'elle (la loi étant ici, métaphoriquement les règles d’usage tenant à la critique d’un document).

Je t'explique, de haut et avec une condescendance toute consciente, comment les choses se passent pour qu'un débat soit constructif (là je fais de la pédagogie):



1. tu lis un livre
2. tu réfléchis au contenu
3. tu partages tes éventuelles réflexions éventuellement intéressantes
4. il y a éventuellement échange autour d'un objet clair et précis qui permette une discussion constructive (ce qui semble t'être cher) qui peut tout à fait être polémique.

Mais rassurons-nous, pour ceux qui confondent media chauds et media froids, il y a une autre option:

1. tu passes ton temps sur des blogs et tu apprends certaines choses
2. tu décides d'aller à la source de ces choses (hoaxbuster, magasin en ligne, abonnement à un journal en ligne, achat d'encyclopédies et autres ouvrages de référence) histoire les vérifier
3. tu apportes des nuances et des commentaires à ton voyage au pays magique des livres
4. il y a des échanges autour de la comparaison entre ce qui est écrit et les commentaires, afin de vérifier
a) que l'on comprend (tous...) la même chose (cf. différentes conceptions épistémologiques)
b) qu'en cas d'incompréhension on est capable d'en identifier les causes (opinions prenant le pas sur l'analyse, émotions sur l'intellect, visions du monde, erreurs de logique et du traitement de l’information, etc.) la plupart du temps illusoires et superficielles...

Voilà tu as peut-être compris le protocole pour ne pas être taxée d'illégitimité et de malhonnêteté intellectuelle par des chéris philosophes qui prennent cette énergie pour rappeler aux autres lecteurs que la dérive est à imputer aux personnes qui adoptent le genre de comportement dont tu fais preuve, plus qu’à ceux ou celles qui pensent que les femmes c’est vraiment bien (.)

Maintenant, pour ton édification personnelle, sache que l'ironie est distincte du sarcasme. Je te laisse mener ton enquête à l’issue de laquelle tu remarqueras que tu utilises le terme ironie bien mal à propos. Mais je ne peux pas en plus de cela t’expliquer en quoi, j’ai des choses à faire, des livres à lire.

Pourquoi t’imputé-je la dérive alors que tu n’es pas la première ou le premier (mais qu’importe le sexe pourvu qu’on ait l’idéologie) à avoir fustigé ce livre? Mes réserves et commentaires relatifs à Kant notamment faisaient partie d’un commentaire qui, s’il s’adressait à toi, ne s’y réduisait pas tout entier... n'empêche, la question demeure... pourquoi toi? Tout simplement parce que je ne me suis pas arrêté sur ce blog pour défendre le livre de Zemmour (quel intérêt? un prosélytisme androcentriste? un éveil des consciences féminisées? pff), mais pour défendre une certaine exigence intellectuelle qu’une personne aussi cultivée que tu sembles l’être doit avoir! Si les personnes cultivées préfèrent le jugement polémique à l’analyse, et si elles affirment haut et fort qu’il vaut mieux ne pas lire, où va-t-on?

«Si la personne fait preuve de bêtise ou de mépris, la colère et l'agacement de ses détracteurs est légitime» as-tu écrit. Tu rajoutes «compréhensible».

Qu’est-ce, faire preuve de bêtise? Quelle est la preuve de la bêtise avant qu’il y ait argumentation au tribunal de la cohérence rationnelle? Dis-moi. Et comment peux-tu qualifier les écrits de Zemmour de bêtes puisque tu n’as pas lu l’argumentation? C’est tout simplement intenable. Tu peux t’amuser à le prendre par tous les bouts que tu veux il demeure que ton honnêteté à avouer ne pas avoir lu le livre est en même temps la perche que tu tends à tes détracteurs dont je fais partie. Je précise que si je suis ton détracteur c’est pour des raisons ayant trait à la forme. Ce qui me révolte, c’est plus l’impunité dont tu fais montre (je n’ai pas lu le livre? et alors! je vais pas me salir les neurones) que le discours que tu nous sers, discours tout à fait identique à celui d’une spectatrice alpha de Sex and the City, d’une lectrice de Elle, Cosmopolitan bref, ton discours est celui d’un cliché féministe bobo, cultivé mais les bobos ont le temps de l’être, n’est-ce pas?
Évidemment, je peux me «tromper», tu peux t’appeler Hubert, avoir du poil aux jambes (encore tu t’épilerais) être bestialement hétérosexuel, avoir un animal domestique et vivre dans un mariage heureux. Évidemment. Mais ton identité, infalsifiable au sens poppérien, ne m’intéresse pas du tout. Le discours que tu re-produis, en revanche, est tout à fait symptomatique de l’idéologie féminisante (je laisserai de côté le féministe qui a été galvaudé) et légitime amplement le fait que je te considère comme une femme cliché. Les hommes sont parfois plus royalistes que la reine...

Pour revenir à cette notion de bêtise légitimant la colère et donc la violence verbale, je tiens à te soumettre la situation paradoxale dans laquelle tu te retrouves lorsque tu tiens de tels propos:

Si un événement est trop bête pour avoir droit de cité, il est légitime de le délégitimer, au travers de l’émotion, à des fins d’exclusion voire de destruction (détracteur). C’est ce que l’on appelle une violence symbolique. Ce qui est violent symboliquement (les propos que tu n’apprécies pas au niveau du contenu) mérite d’être annihilé par une violence symbolique, juste, celle-là. Tu tombes dans le paradoxe du bourreau qui tue un meurtrier et qui, l’exécutant, le devient.

En fait, ta logique devrait te conduire à être pour la peine de mort. Si tu n’es pas pour la peine de mort, la logique que tu utilises pour critiquer des livres que tu n’a pas lus est distincte de celle qui concerne les affaires touchant à la loi (aux meurtres en l’occurrence, pour faire vite). Or si tu as deux logiques qu’est-ce qui fait office de limite?

Pourrais-tu définir précisément le cadre de la logique que tu utilises lorsque tu pourfends un livre que tu n’as pas lu directement afin que l’on puisse le distinguer de celui que tu utilises lorsque tu juges un meurtrier en ton âme et conscience sans avoir de preuves de sa culpabilité? Évidemment non. Du reste, tout le monde s’en fiche.

L’expérience du dialogue avec l’autre, pour autant qu’il repose sur la rationalité et l’honnêteté, a pour principes sous-jacents la cohérence et la congruence («cohérence entre ce que je dis et ce que je fais inconsciemment»... donc cohérence entre mes différents niveaux de discours). Estimer que certains ouvrages ne valent pas qu’on les lise mais valent qu’on les critique est une attitude puérile, inconsciente et dangereuse. On a tout à fait le droit de prétendre que Zemmour tient des propos arriérés et dangereux comme on a le droit (encore heureux!) d’avoir des émotions que ce soit d’affinité ou de répulsion. Mais il importe de rester à sa place. Si on ne voit pas un film, on ne le critique pas. On peut par contre écrire un manifeste «Pourquoi je ne lis pas Zemmour» dans lequel on explique que ce choix n’est pas lié au contenu de Zemmour ou de tel et tel (puisque ce contenu n’a pas été lu), et devenir, au passage, la risée de toute la communauté intellectuelle (entendre par intellectuel une personne capable d’analyser un contenu sans être aveuglé ni submergé par ses réactions aux idées exposées... je sais, je sais.. les contre exemples sont nombreux, mais c’est une problématique sartrienne sur laquelle nous n’aurons pas, je le crains, l’occasion de revenir sur ce blog).

Mais lorsque ces libertés sont prises sur le net et que la risée importe peu, alors oui, il faut parfois qu’un shérif descende en ville et rappelle aux impudents qu’on ne badine pas avec la pensée. C’est mon rôle, je m’en acquitte parce que je ne fais qu’appeler à la modération en enjoignant les personnes qui lisent ces commentaires à lire le livre de Zemmour qui, soit dit en passant, n’a rien de révolutionnaire mais est un élément de pensée nécessaire à toute personne désireuse de parfaire ses connaissances relatives aux études de genre ou simplement à l’anthropologie dans son sens large.

En un mot comme en cent, le livre de Zemmour est condamné au bûcher par des censeurs qui prétendent à la légitimité. Logique circulaire: je juge ce livre comme digne d’être brûlé parce que ce livre énonce des propos dignes d’être brûlés: ne lisez pas ce livre parce que ce livre ne doit pas être lu. Du reste, je ne l’ai pas lu. (N.B. Je n’ai pas réservé un traitement «formalisé» à ce raisonnement, mais il me faudrait consacrer un temps que je n’ai pas envie de consacrer à une idée aussi simple à comprendre...)

Ce sont des raisonnements que l’on trouve régulièrement dans tout mécanisme de censure et de totalitarisme... et c’est ce genre d’attitude que reproduisent nombre de femmes, je persiste, ivres de vengeance et de ressentiment. Et nous savons tous que ce sont celles qui font le plus de bruit qui ont le plus de chance d’être entendues... et du bruit elles en font. Je plains la majorité silencieuse qui n’est pas nécessairement soumise ni nécessairement pute mais qui prend le temps d’analyser le monde et qui fait des choix sans les clamer à toutes les fenêtres. Enfin quoi! la révolution féminine a déjà eu lieu et c’est en ce sens que les écrits de Zemmour ou de Jean Gabard doivent être, selon moi, entendus.


Je me suis attardé sur une seule de tes phrases, relative à la bêtise. Il me semble avoir démontré clairement que ta colère ne suffit pas à légitimer ton point de vue qui, surtout, ne repose pas sur une analyse (non que tu n’en sois pas capable, mais que tu ne le VEUILLES pas, ce qui est selon moi bien plus grave... mettre en berne l’esprit critique sous prétexte d’avoir le cerveau trop noble pour le salir avec ce genre de lectures, voilà qui me semble tout à fait faible). Je me suis attardé sur une seule de tes phrases, disais-je. Le reste est bien gratiné aussi, mais ce doit être la chaleur ou la lassitude, je ne sais pas, je crois que je vais en rester là.

P.S. Je n'ai pas analysé ton acte manqué.. c'est mon cadeau parce qu'on a beau se prendre de bec, ça ne m'empêche pas de respecter ta prose.

De Mauvaise Tête, posté le 28.07.06 à 10:14 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
C'est donc ça le miroir de la manipulation ?

De Docteur C, posté le 03.08.06 à 10:17 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
«Quelle est l'opinion de notre culture de philistins sur ces chercheurs? - Elle les considère tout simplement comme des trouveurs et elle semble oublier qu'ils ne se considéraient eux-mêmes que comme des chercheurs. Nous possédons notre culture, disent les philistins, car nous possédons nos « classiques », non seulement nous avons les fondations mais l'édifice qui s'appuie sur ce fondement est déjà terminé, lui aussi, car nous sommes cet édifice. Et, parlant ainsi, les philistins portent la main à leur propre front.
Mais pour ainsi mal juger les classiques allemands et pour pouvoir les vénerer en les insultant de la sorte, il faut les méconnaître complètement. C'est ce qui est généralement le cas. Car autrement on devrait savoir qu'il n'y a qu'une seule façon de les honorer, c'est de continuer à chercher dans le même esprit qu'eux et avec le même courage et de ne point se fatiguer de ces recherches. En revanche leur accrocher l'épithète équivoque de « classiques » et s' « édifier » de temps en temps à la lecture de leurs oeuvres, c'est s'abandonner à ces élans faibles et égoïstes que nos salles de théatre et de concert promettent à leur public payant. [...] Tout cela ne réprésente que les intérêts en monnaie sonnante, à quoi consent le philistin cultivé en guise de fréquentation, pour pouvoir les ignorer pour le reste, et avant tout pour ne pas être forcé de marcher sur leurs traces et de poursuivre leurs recherches. Car il faut cesser de chercher, c'est là le mot d'ordre des philistins. »

De Mauvaise Tête, posté le 03.08.06 à 10:44