Bruxelles, Belgique, le 6 octobre 2005Posté par Eric Arlix le 22.02.06 à 22:19 | tags : elucubration
Un brouillard épais plane sur l'Europe. Des camions en travers de l'autoroute pour preuve. Ça impressionne. Un peu plus de quatre heures pour me rendre à Bruxelles au lieu des 2h30 prévues par la simulation logicielle. Arrivée 9 h. Je gare mon bolide 19 ans d'âge et demande mon chemin, l'hésitation est présente, parlement, parlement, parlement belge ou européen, c'est où déjà ? L'Europe dans le brouillard ce jeudi matin, en ce moment suspensif, en cette période du Non, cet instant hypervisible de l'opposition (des oppositions) LIBÉRAL/SOCIAL - MONDIALISTE/ALTERMONDIALISTE.
Comme dans chaque période proto-transitoire, les symboles étant "fabriqués" - "artefactualisés" - "montés en mayonnaise", il règne un flou gaussien dans les cerveaux trop sollicités/manipulés et donc désormais méfiants du peuple européen. Comme tous les nouveaux quartiers d'affaires ou administratifs du monde riche il règne ici la froideur des temps nouveaux. Un lieu sans vie. Un lieu repoussant la vie. Extirpation du junkspace pour retrouver (créer) des espaces structurants et hygiénistes. Même une des villes contenant le plus de café au monde n'échappe pas à la règle. Pas de raison recevable pour cela. Rien autour. Un périmètre abstractif. Des bureaux, des parcmètres, quelques touristes cherchant le bâtiment. Il est là. Célébrant les dogmes directeurs, parfois l'argent, parfois la loi, la transparence symbolisée aussi par ces vitres épaisses ne s'ouvrant pas des lieux climatisés qu'elles protège. Tout autour un chantier, des échafaudages métalliques faiblement garnis d'ouvriers et de machines bruyantes. Des vélos moins présents dans cette partie de la ville. Sur le côté le centre de documentation dans lequel je pénètre, seul "client" je suis à peine dévisagé non salué et me dirige vers d'interminables distributeurs d'imprimés, choisissant ma langue, une vingtaine d'entre eux m'attende. J'aurais voulu repartir aussi avec un "cadeau, un "souvenir" mais rien à vendre que de la com gratuite sur coucher moderne mat 110 g. J'emmagasine, je souris, je sors. Un petit drapeau européen sur son socle pour 3 euros, non ? Dommage. Je contourne le bâtiment et me retrouve dans un parc flanqué d'un playground, vierge de joueur. J'attends une heure, rien. Pas de cost to cost ni de wah wah wah en vue. Pas d'eurodéputés venant dunker. Pas d'anormalités pointant leur nez. Je reprends ma visite anthropologique du monde artificiel et j'aperçois une vingtaine de chatons au milieu d'un bosquet, autours d'écuelles, une mini zone terrain vague (20 m2) se créant depuis peu semble-t-il. Mon flash les fait disparaître comme une première semonce à leur délocalisation prochaine. Je croise un groupe de touristes uniquement constitué de jeunes crétins aux sweet vulgaires, des panneaux publicitaires ambulant missionnaires hyperactifs de la crétinisation du monde. Je cours vers la ville. (illus. Bruxelles, quartier de l'Europe) CommentairesAjouter un commentaire |
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