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Archives > Octobre 2009

Entretien avec Barry Gifford, l'auteur de Sailor et Lula

Posté par Céline le 30.10.09 à 11:33 | tags : news

Poète, scénariste génial pour David Lynch (Sailor et Lula, Lost Highway), et narrateur de l'Amérique des parias depuis plus de trente ans, l'écrivain Barry Gifford nous délivre quelques uns de ses secrets, à l'occasion de la sortie de son recueil de nouvelles American Falls (éditions 13e note) : ses passions pour Kerouac et le film noir, son attrait pour le clair-obscur et le dialogue à tiroirs, sa mystérieuse boîte à idées... Entretien.

 

Fluctuat : Un journaliste américain (Patrick Beach) a dit de votre littérature, que c'était "comme si John Updike avait eu un jumeau diabolique qui aurait grandit du mauvais côté de la route et écrit bizarrement"... Qu'en pensez vous ?
Barry Gifford : En réalité, John Updike a lui-même été élevé du "mauvais côté de la route" ("wrong side of the tracks"). Sa mère était enseignante et il a grandi assez pauvrement dans une ferme de Pennsylvanie. Certains de mes personnages peuvent être mauvais mais je ne pense pas que je le suis moi-même, et il y a l'humour dans mes romans, bien sûr. Je ne peux pas être responsable de ce que les gens disent de moi : les livres disent ce qu'il y a à dire.

Lire la suite de l'entretien avec Barry Gifford

Photo : Portrait réalisé en septembre 2009 par Jean-Luc Bertini à l'hôtel Lutetia




Pierre Michon reçoit le Grand Prix de l'Académie française

Posté par Céline le 29.10.09 à 17:21 | tags : prix, news

C'est à Pierre Michon, auteur des Vies minuscules, que le jury de l'Académie française a aujourd'hui décerné son grand prix pour son roman Les Onze.

 

Ce ne sera donc ni Renaud Camus (six voix), ni Bruno de Cessole (une voix), mais Pierre Michon, véritable incarnation de la grâce littéraire, sans aucun doute l'un des plus grands écrivains français contemporains. L'écrivain né aux Cards, âgé de 64 ans, marche sur les pas de ses illustres prédécesseurs : les Rimbaud, les Faulkner, les Proust et les Flaubert (auxquels il a sublimement rendu hommage dans Corps du Roi).

Publiée en grande partie aux éditions Verdier (endeuillées par la mort de leur fondateur Gérard Bobillier) son oeuvre peut également entrer en résonnance avec des auteurs comme Macé, Quignard et Bergougnioux.

Oeuvre majuscule de l'auteur, Vies minuscules, publié chez Gallimard en 1984, a révélé Pierre Michon comme l'une des plumes capables de dire, dans un même souffle littéraire, l'attachement à la nature (avec une puissance digne de Giono), la contradiction des hommes et la douleur d'écrire après d'autres. Dans les Onze, son dernier livre, il fait revivre, en se basant sur un célèbre tableau, les onze membres du Comité de Salut public qui, en 1794, instaurèrent la politique de Terreur.







Bob Garcia, un homme ruiné par... sa passion pour Tintin

Posté par Céline le 29.10.09 à 12:06 | tags : édition, bd

Si la condamnation du Léopard Masqué (éditeur d'une série d'albums parodiant Tintin) et le craquage nerveux de Nick Rodwell (patron controversé de la société Moulinsart) ne vous avaient pas encore dissuadé d'évoquer Tintin dans une copie - même pour dire que vous l'aimez - prenez donc vite connaissance de l'affaire Bob Garcia, dont les termes sont relayés sur le blog de Pierre Assouline.

 

Bob Garcia est écrivain (notamment auteur de polars chez Payot & Rivages), musicien, chroniqueur, amoureux de jazz et de littérature. Jusque là, tout va bien. Le vrai problème, c'est sa passion pour Tintin. Cette passion qui l'a poussé à publier, dans le but de mieux faire connaître l'œuvre d'Hergé, « cinq petites études tintinophiles », dont certaines « contiennent quelques vignettes de Hergé au titre de la courte citation graphique ». Peu importe que ces ouvrages, tirés en moyenne à 500 exemplaires chacun, ne visaient en aucun cas à faire des sous sur le dos de Tintin. Moulinsart ne lui pardonnera pas. En 2008, Bob Garcia et son éditeur sont condamnés par le tribunal de Nanterre à payer 10.000 euros de dommages et intérêts à Moulinsart et à Fanny Rodwell, et 8.000 euros de frais de procédure. Le tintinophile ne fera pas appel cependant, estimant que ce jugement, qui « a admis le principe de la courte citation graphique », est quand même favorable.

 

En revanche, la société Moulinsart n'a pas hésité, elle, à remettre en cause cette première décision. Et malheureusement pour Bob Garcia, le jugement en appel (rendu à Versailles) infirme finalement le principe de courte citation graphique, le condamnant cette fois à payer « 48.619,76 euros pour contrefaçon »...
Une somme faramineuse et d'autant plus injuste que la situation financière de l'écrivain est bien connue de Moulinsart. Accusé à tort (« on me demande par exemple de retirer des images de Tintin d'un de mes ouvrages qui n'en contient aucune ! »), Garcia a en plus vu rejeter sa proposition d'une solution de conciliation : « Réponse de Moulinsart : commandement de payer avec saisie-vente de ma maison, au plus tard mercredi 28 octobre.»

Bob Garcia, également concerné par le procès des éditions du Léopard Masqué pour y avoir signé une parodie (Le Vol des 714 porcineys), est aujourd'hui un auteur que les ayants droit d'Hergé ont tout simplement poussé à bout : « Je souhaite dénoncer les procédés orduriers de Rodwell et de Moulinsart, en montrant la violence et l'acharnement dont ils font preuve à mon égard. Un proche de Rodwell a annoncé publiquement devant témoins que "Rodwell veut la peau de Bob Garcia". Jusqu'à quand les juges vont-ils donner raison à un tel personnage ? »




Trois écrivains interpellent Frédéric Mitterrand sur leur statut précaire

Posté par Céline le 28.10.09 à 17:14 | tags : news, édition

Afin d'interpeller le Ministère de la culture sur l'injustice et la précarité de leur statut, trois écrivains - Xavier Houssin, Renaud Meyer et Laurence Tardieu - ont signé une lettre ouverte à Frédéric Mitterrand, intégralement publiée sur Livres Hebdo, sous le titre : "De livres et d'eau fraîche ?"

 

Car les livres, comme l'amour, ne peuvent vous nourrir que jusque un certain point. Ce n'est un secret pour personne : la plupart des écrivains crèvent la dalle. « Les moins bien mal lotis perçoivent une avance sur leurs droits d'auteur qui, la plupart du temps, se situe aux alentours de 1500 euros et touchent de 5 à 15% des ventes une fois cet à-valoir remboursé à l'éditeur », rappellent les signataires de la lettre. Avant de demander : « Considérez-vous, Monsieur le Ministre, qu'écrivain est un métier et qu'il faut que les gens qui l'exercent puissent en vivre ? » (Une question dont la réponse est bien moins évidente qu'il n'y paraît. Pourra-t-on jamais faire la différence entre un écrivain qui travaille à son grand oeuvre et un wannabe en attente perpétuelle d'inspiration ?)

« La plupart des acteurs du monde artistique sont représentés par des instances corporatives et bénéficient d'un statut social protecteur (...) un acteur de cinéma touche un salaire, peut percevoir des indemnités de chômage », mais les écrivains, eux, se retrouvent contraints à multiplier les « petits boulots de l'écrit (...) qui diluent l'œuvre dans la grande marmite des occupations économiquement nécessaire ».

Autre injustice soulignée par la lettre : le fait que parmi tous les acteurs de la chaîne du livre (diffuseurs, éditeurs, libraires), l'écrivain, pourtant indispensable, reste l'un des seuls à ne pas bénéficier « d'un statut social » et « d'une réelle pérennité financière ». Pour y remédier, les trois écrivains, « convaincus que leurs propositions peuvent contribuer à construire l'avenir », appellent au débat et à la réflexion.

Lire la lettre ouverte à Frédéric Mitterrand dans son intégralité.




Philip Roth prédit la fin du roman dans une vidéo

Posté par Céline le 28.10.09 à 10:36 | tags : news, vo
A l'occasion de la sortie aux Etats-Unis de The Humbling, son dernier roman, Philip Roth a accordé une interview à Tina Brown (The Daily Beast), dans laquelle il prophétise notamment... la disparition très prochaine du roman.

Même s'il était « encore optimiste ces 25 dernières années », l'écrivain ne semble plus croire en effet en l'avenir du roman, dont la lecture demande trop de concentration. Et l'époque n'est pas à la concentration. « Le livre ne peut rivaliser ni avec un écran de télé, ni avec un écran d'ordinateur ».

Outre ses prédictions pessimistes au sujet du roman, Philip Roth évoque également, face à Tina Brown, la genèse de The Humbling, l'importance du sexe dans son écriture, des années 60, du livre d'Obama... A voir sur The Daily Beast.

 
Lire aussi :



Prix Virilo, seconde édition : littérature et testostérone

Posté par Céline le 27.10.09 à 10:17 | tags : news, prix

En contrepoint du prix Femina, qui "a prouvé au monde qu'il fallait mettre un genre au talent, donner un sexe au génie", le prix Virilo, dont nous avions déjà signalé la première édition, entend couronner une littérature qui a des c******* - ou une moustache, pour la version plus polie. Autre vertu : il contribue à désacraliser l'image pompeuse dans laquelle s'enlisent souvent les prix littéraires.

 

En marge du "Prix Virilo", qui récompense un coup de coeur littéraire de façon finalement assez classique (remis l'année dernière à Robert Alexis pour La Robe), est également remis le prix Trop Virilo, à un "livre ou essai qui doit sentir l'homme, l'aigre vestiaire de fin de match" (lauréat 2008 : Pierre Bisiou pour Enculée).

Le prix Virilo sera remis le 9 novembre au Café de l'Ambassade (une heure avant le Femina). Il est accompagné d'une dotation de 11 euros, soit un euro de plus que le Goncourt.

 

Sélection pour le prix Virilo (dans laquelle on retrouve, tout de même, quelques habitués des listes de cette automne : Haenel, Ndiaye, Mauvignier...) :

Loin des bras, Metin ARDITI (Actes Sud)

Nous autres, Stéphane AUDEGUY (Gallimard)

Assortiment pour une vie meilleure, Thomas GUNZIG (Au Diable Vauvert)

Jan Karski, Yannick HAENEL (Gallimard) (voir notre entretien avec Yannick Haenel)

Dans les ombres sylvestres, Jérôme LAFARGUE (Quidam)

Des Hommes, Laurent MAUVIGNIER (Minuit)

Trois Femmes Puissantes, Marie NDIAYE (Gallimard)

La Vérité sur Marie, Jean-Philippe TOUSSAINT (Minuit)

Yanvalou pour Charlie, Lyonel TROUILLOT (Actes Sud)

Les insomniaques, Camille de VILLENEUVE (Philippe Rey)


Sélection pour le prix Trop Virilio :

Parquet flottant, Samuel CORTO (Denoël)

L'Hyper-Justine, Simon LIBERATI (Flammarion)

La princesse et le président, Valery GISCARD d'ESTAING (Ed. de Fallois/ X.O)

La Confession négative, Richard MILLET (Gallimard)

Cadence, Stéphane VELUT (Christian Bourgois)

Kata Sutra, la vérité crue sur la sexualité des filles, Nadia DAAM, Emma DEFAUD, Titiou LECOQ, Johana SABROUX, Elisabeth PHILIPPE (Jacob Duvernet)




Choses lues, choses vues : une expo d'Alain Fleischer à la Bnf

Posté par Céline le 26.10.09 à 14:36 | tags : news, exposition, bnf
« Finalement, je crois que ce qu'il y a de plus extraordinaire à filmer, ce sont des gens qui lisent », écrivait Godard. Et Alain Fleischer partage sans aucun doute cet avis : Choses lues, choses vues, l'exposition qu'il présente actuellement dans la prestigieuse salle Labrouste du site Richelieu de la BNF, ne parle que de cela. Des livres, de la lecture, de l'expérience unique qu'il faut en tirer.
 

90 vidéos, installés dans les allées de la bibliothèque, montrent des lecteurs d'horizons différents - écrivains, étudiants, comédiens, fonctionnaires, enfants, savants... - en train d'énoncer à haute voix le passage d'un livre. Diffusées en même temps, toutes ces lectures en viennent à former une harmonieuse, douce et réconfortante cacophonie. Il faudra s'approcher de l'un ou l'autre écran pour entendre quelles histoires se murmurent, dans le métro, dans un parc, sur une plage ou dans le lit conjugal : Stendhal, Joan Didion, Blaise Cendrars, Jack Kerouac, Rainer Maria Rilke, et tant d'autres. Autant d'auteurs dont les textes sont réincarnés devant la caméra d'Alain Fleischer.

 

Tous les éléments de l'exposition tendent évidemment à rendre hommage aux œuvres littéraires et à leurs bienfaits, comme les nombreuses citations d'écrivains qui ponctuent le parcours des vidéos : « La bibliothèque d'un homme est une sorte de harem » (Ralph Waldo Emerson) ; « En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle » (Amadou Hampâté Bâ). Ou comme les précieux manuscrits (Borges, Céline) qui trônent sur certaines allées.

Hommage à la lecture, également, les moments où les vidéos s'interrompent et qu'un grand écran, déployé au fond de la salle, projettent alors des morceaux de films autour du thème de la lecture : Fahrenheit 451 de Truffaut, Sollers au paradis de Jean-Paul Gardier, un extrait d'une lecture-performance de William Burroughs, ou un petit documentaire qui retracent l'histoire de la lecture dans les œuvres picturales (à ce sujet, voir notre diaporama des portraits de lecteurs).

Alain Fleischer, dont les réalisations sont souvent traversés par la notion d'art total, rend ainsi aux livres tout ce qu'on lui doit. C'est-à-dire des mots, du son, des images, mais bien davantage encore, comme en atteste cette autre citation, de Georges Duhamel : « Dans la lecture solitaire, l'homme qui se cherche lui-même a quelque chances de se rencontrer ». A voir donc sur le site Richelieu de la BNF, jusqu'au 31 janvier 2010.

Choses lues, choses vues. Richelieu, salle Labrouste, du 23 octobre 2009 au 31 janvier 2010. Exposition conçue et réalisée par Alain Fleischer.

 

Yannick Haenel lit Héliogabale ou L'anarchiste couronné d'Antonin Artaud :

 

Voir aussi :

Le diaporama des portraits de lecteurs

Entretien : Alain Fleischer parle de Godard





Interview de David Heatley : raciste, obsédé... et génial

Posté par Céline le 26.10.09 à 10:31 | tags : bd, news

Protégé de Chris Ware et de Daniel Clowes, David Heatley est l'un des talents les plus prometteurs de la bd américaine d'aujourd'hui.

 

Son premier ouvrage, J'ai le cerveau sens dessus dessous, est autobiographique. Il y parle de sexe, de racisme, de hip hop, d'amour, et de la complexité des liens familiaux... De quoi vous retourner le cerveau, dans le meilleur sens du terme. Dans un entretien avec Fluctuat, David Heatley revient sur ses inspirations, sa démarche esthétique, et sur sa condition de "blanc aux Etats-Unis"...

Lire l'entretien avec David Heatley

Lire la chronique de J'ai le cerveau sens dessus dessous




Alex Robinson, Plus niais tu meurs

Posté par 2goldfish le 23.10.09 à 12:52 | tags : bd
Avec De mal en pis, Alex Robinson avait remporté le prix du meilleur premier album à Angoulême. On ne pouvait vraiment rien y redire : le dessin de Robinson, à défaut d'être beau, expressif, inspiré ou techniquement impressionant, est... adéquat. Les histoires qu'il raconte ne sont ni vraiment drôles, ni vraiment touchantes ou intéressantes mais personne n'oserait dire qu'elles ne sont pas compréhensibles. Son plus grand talent, selon ses admirateurs, c'est de créer des personnage qu'on reconnaît et effectivement, on a l'impression de tous les avoir déjà vus dans des sitcoms post Friends. Le tout faisait 600 pages, qu'on pouvait lire dans un train, au toilettes, en regardant des chiffres et des lettres ou en faisant tout un tas d'autres choses non moins intéressantes. Il faut reconnaître que dessiner 600 pages de comics, aussi inconséquentes soient-elles, c'est un sacré boulot, et ce boulot, Robinson l'a fait et c'est peut-être ça que le jury du festival d'Angoulême a tenu à saluer. Aujourd'hui, sa nouvelle bd Plus cool tu meurs ne fait que 128 pages, et encore, elles sont plus petites que celles de l'album précédent. Qu'est-ce qui peut bien justifier leur existence ?

 

Robinson raconte l'histoire d'un quadra nommé Andy qui a recours aux services d'un hypnotiseur dans le but d'arrêter de fumer. Il se retrouve alors projeté dans son corps d'ado dans les années 1980 où, croit-il, sa mission est de refuser la première cigarette qu'il a fumé et ainsi se libérer de son addiction. La véritable raison de son voyage, cependant, c'est de surpasser un traumatisme qu'on ne va pas vous spoiler mais que vous devinerez bien tout seul au bout de vingt pages. Vous avez déjà vu ce scénario dans un téléfilm de Noël Disney ou dans un épisode de Code Quantum mais l'important, ce n'est pas l'originalité de l'idée, c'est la façon dont on la développe. Robinson ne manque aucune des étapes attendues : Andy passe son regard amusé sur les insécurités de l'adolescence et passe outre pour inviter la fille de ses rêve, dire à sa mère et à sa soeur qu'il les aime, etc... il fait à peut près ce que monsieur tout le monde ferait en retournant dans sa peau d'ado, et apprend la morale attendue : quand on est ado, il ne faut pas se laisser avoir par la pression des autres et attendre d'être prêt avant de boire ou de sortir avec les filles. Doc et Difool ne l'auraient pas mieux dit.

 

"Quelle ironie que les vérités les plus profondes ne puissent être exprimées sans tomber dans le cliché" : l'auteur qui ose faire dire une telle chose à un de ses personnages dans la scène finale de son bouquin sait forcément qu'il tend le bâton aux critiques pour se faire battre. Il tente peut-être de se prémunir contre toute attaque. C'est vrai qu'il serait ridicule de chercher plus loin : évidemment, on pourrait questionner sa définition de la profondeur, mais à quoi bon ? S'il y a une morale à cet album et à la carrière de Robinson, c'est sans doute qu'il ne faut pas en attendre trop des gens.

Alex Robinson, Plus cool tu meurs, éditions Rackham, 2009. 




On a retrouvé le vrai Harry Potter

Posté par Céline le 22.10.09 à 11:06 | tags : best-seller, news

Lematin.ch a retrouvé le vrai Harry Potter. Un jeune homme né il y a vingt ans à Porthsmouth (GB) et dont le quotidien est devenu un enfer depuis l'apparition du célèbre héros de J.K. Rowling.

 

Si le vrai Harry Potter était sorcier, peut-être se vengerait-il des moqueries et des canulars qu'il endure chaque jour. Sans parler de son manque de crédibilité : "Personne ne me croit quand je leur dit comment je m'appelle. La première fois, j'ai même du montrer ma carte d'identité, mon passeport et mon permis de conduire à ma copine !". Ou encore de ses problèmes administratifs : il ne peut pas ouvrir un compte sur Facebook, à cause des "droits d'auteurs".

Et pourtant, il était là avant... Lui, Harry Potter en chair et en os, et dont le front est marqué d'une cicatrice, exactement comme le magicien le plus rentable de l'histoire.

 

Photo : Harry Potter, DR




Des mangas pour remplacer les journaux ?

Posté par 2goldfish le 22.10.09 à 10:08 | tags : bd, web, manga
Kim Jong Il embête tout le monde avec ses essais nucléaires

Newsmanga.com est, exactement comme son nom l'indique, un site qui propose à ses visiteurs de découvrir l'actualité sous la forme de mangas.

 

Plutôt que de simples dessins de presse comme on en connaît chez nous, newsmanga raconte les affaires du Japon et du monde sous la forme de mangas de deux pages, dans lesquels on peut voir des versions un peu enfantines de Barack Obama et Kim Jong Il se disputer dans des mises en scènes caricaturales.

C'est bien sûr totalement incompréhensible quand on ne lit pas le japonais et c'est bien dommage puisque ça a l'air d'être une excellente façon de s'informer en quelques secondes. Personne pour lancer un site équivalent avec des blogueurs BD français qui pour une fois auraient quelque chose d'intéressant à raconter ?




A voir : un documentaire consacré aux émissions littéraires

Posté par Céline le 21.10.09 à 15:37 | tags : littérature en vidéo

Les émissions littéraires à la télé, elles passent un peu tard. Et le plus souvent, on perd vite le fil. Difficile de trouver le juste équilibre entre la promo plombante et le divertissement complètement creux à la Ruquier. Etait-ce mieux avant ? Retraçant à travers archives et témoignages une histoire des émissions littéraires, de Lecture pour tous (1953) à la Grande librairie (2009), le numéro d'Infrarouge intitulé "Des écrivains sur un plateau. Une histoire de la littérature à la télévision", diffusé jeudi 22 octobre sur France 2, nous aide à nous souvenir.

 

Le documentaire propose notamment de voir ou revoir de précieux extraits d'émissions télévisées, et fait intervenir des personnalités du monde des livres ou de la télé : Laure Adler, Frédéric Beigbeder, François Busnel, Eric Naulleau, Jean d'Ormesson...

Retrouvez un avant-goût de cette soirée littéraire en vidéos.

Lire l'article et retrouvez toutes les vidéos des écrivains à la télévision

 

Infrarouge : Des écrivains sur un plateau. Une histoire de la littérature à la télévision. Jeudi 22 octobre à 22h55 sur France 2.




Guillaume Musso et Marc Levy bannis du Petit Robert

Posté par Céline le 21.10.09 à 10:55 | tags : news

E-book, geek, collaboratif, widget ou wiki. Voici des nouveaux mots qui font leur entrée dans l'édition 2010 du Petit Robert. Et côté noms propres ? Interrogée par Bibliobs, Laurence Laporte, directrice éditoriale du Petit Robert des noms propres, cite quelques-uns des auteurs qui vont rejoindre les illustres colonnes du dictionnaire, comme Roald Dahl, Raymond Carver, Cormac McCarthy, Roberto Saviano ou Henning Mankell.

 

Un écrivain comme Jonathan Littell, en revanche, n'y trouve pas encore sa place. Explications : "C'est l'auteur d'une seule œuvre. Vous me direz que Proust aussi... On a hésité, mais on ne l'a pas intégré." Pas de Stieg Larsson non plus, ni d'Anna Gavalda, qui est cependant "citée dans Petit Robert", et qui "figure dans les postulantes". Quand aux deux autres monstres de succès que sont Marc Levy et Guillaume Musso, qu'ils n'essaient même pas, eux, de postuler : "Moi vivante, ils n'y seront jamais !" affirme Laurence Laporte, dont on peut alors être sûr que les critères de sélection n'ont rien à voir avec les chiffres de vente. Mais il lui faut quand même se préparer à tout, et même au pire : "si Marc Levy est élu à l'Académie française, son nom figurera dans le dictionnaire à la rubrique Académie, sans pour autant y avoir un article. S'il a le Nobel, là oui, il faudra en faire un..."

 

Retrouvez aussi : Marc Levy en vietnamien, Gavalda en russe... dans le diaporama des couvertures de best-sellers français à l'étranger.




Entretien : Will Self parle de Conrad, de cigarette et de tourisme...

Posté par Céline le 20.10.09 à 14:53 | tags : news, roman
Photo © John Foley / Opale
 
En visite à Paris pour la promotion de No Smoking, Will Self nous a accordé un peu plus d'une heure, avant de retraverser la Manche et de retourner à son nouveau roman. On imagine qu'il a laissé son brûleur créatif sur feu doux avant de claquer la porte de son appartement, et qu'il a peur en permanence que le fond attache ou que le soufflé retombe. On a connu des immeubles qui s'enflammaient pour moins que ça. Malgré tout, il est là et cela se voit.

 

Ses yeux sont aussi grands que sur les photos, mais son visage beaucoup plus doux et apaisé que sur celles qui lui donnent une tête de bagnard ou de fou dangereux. On s'aperçoit assez vite que Will Self réfléchit vite, très vite, que notre anglais est un peu court pour se hisser à sa hauteur lorsqu'il parle sciences sociales par exemple. La pièce est électrisée et comme saturée d'intelligence, malheureusement inéquitablement répartie de chaque côté de la table. Il faut se rendre à l'évidence : on est à la leçon, mais une leçon qu'on reçoit volontiers de la part d'un tel professeur...

 

Lire l'entretien avec Will Self

Lire la chronique de No Smoking




Le prix Bartleby du roman inachevé sera remis le 9 novembre

Posté par Céline le 20.10.09 à 10:20 | tags : prix, news

Même s'il n'est pas facile de le faire pour un roman inachevé, le jury du prix Bartleby devra bien finir par trancher. Ce sera le lundi 9 novembre, en partenariat avec Fluctuat. Lequel, des douze manuscrits inachevés retenus par le jury (sur près de trois cents reçus au total), sera-t-il élu comme "la meilleure oeuvre non menée à sa fin" ?

 

Le choix sera d'autant plus difficile que parmi les oeuvres retenues figurent notamment "un roman de Graham Greene retrouvé aux Etats-Unis par un universitaire français, un fond de tiroir de Philippe Jaenada, quelques lignes solitaires de Jacques Expert".

Pour rappel : le prix est "un encouragement à ne pas poursuivre : le lauréat gagnera le droit de ne pas achever son écrit. Son œuvre inaboutie sera publiée en l'état par un éditeur audacieux. Ou pas."

Organisateur du prix, Fred Royer annonce également qu'un "Prix spécial du roman ni écrit ni à écrire sera décerné à Florian Zeller".

Lire l'entretien avec Fred Royer

Plus d'infos sur le prix Bartleby

Tous les prix littéraires sur Fluctuat




Deleuze piraté, le Kindle en France, Google devient libraire : un nouveau point sur le livre numérique

Posté par Céline le 19.10.09 à 11:36 | tags : news, web, numérique, e-book

Quels sont les auteurs les plus téléchargés sur Internet ? Présentée aujourd'hui par le MOTif (observatoire du livre et de l'écrit du conseil régional d'Ile-de-France) - alors qu'Amazon lance justement son Kindle en France - une étude Ebookz fait le point sur le piratage du livre. Les chiffres qu'elle révèle sont d'autant plus intéressants qu'ils doivent être interprétés dans le cadre de la très vaste et actuelle problématique liée au livre numérique.

 

Combien de titre disponibles illégalement ? Chargé de l'étude, Mathias Daval a analysé quatre mois durant des milliers de fichiers disponibles sur Internet, et a dénombré, au total, 6000 titres proposés en téléchargement illégal (dont 3500 à 4000 sont des bd). Un chiffre qui devrait grossir dans les années à venir en fonction de l'évolution du livre numérique. Car si les lecteurs ebook se vendent de mieux en mieux, y compris en Europe, ils ne semblent pas encore avoir accompli une révolution technologique de la même ampleur que celle qui a frappé le domaine de la musique. Le Kindle d'Amazon, commercialisé à partir d'aujourd'hui en France, reste encore un peu cher : 190 euros en moyenne (compter 7 euros pour un livre, 5 euros s'il est déjà sorti en poche).
 
Pratique ? Une certaine réserve donc vis-à-vis du livre numérique qui se ressent également dans les méthodes de piratage : « environ la moitié des fichiers sont scannés, et il faut compter environ six heures pour mettre un fichier en ligne », révèle l'étude Ebookz. Et encombrant, au final, puisque la taille moyenne d'un fichier fait 29,7 Mo.


Au catalogue. Sans surprise, les auteurs de best-sellers (Werber, Nothomb, Beigbeder...) représentent la moitié des ouvrages disponibles en téléchargement illégal. Les philosophes sont également présents dans le top 20 des livres sur Internet, ce qui s'explique en partie par « le fort relais universitaire sur le web ». Gilles Deleuze est, notamment, l'auteur dont on trouve le plus grand nombre d'ouvrages en ligne.


Top 3. Les trois titres les plus piratés sont Le Sexe pour les nuls, Harry Potter, Le grand livre de la cuisine d'Alain Ducasse. Noter qu'un assez fort pourcentage des livres proposés correspond à des titres qui ne sont plus disponibles en librairie. La preuve que le téléchargement répond à une vraie demande et n'a pas seulement à voir avec la gratuité. Interrogé par 20 minutes, Vincent Monadé, directoire du MOTif, estime que les éditeurs « doivent anticiper la révolution numérique pour développer une offre légale, payante » et « plus attrayante ».


Google devient libraire numérique. Et le faire, sans doute, avant que Google ne réduise encore davantage leur marge de manoeuvre. Le géant vient justement de confirmer au cours de la Foire de Francfort qu'il lancera en juin 2010 en Europe son service Google Editions. En partenariat avec 30000 éditeurs dans le monde, le moteur de recherche proposera 500 000 ouvrages en téléchargement payant, et combinera ainsi, avec son activité de bibliothécaire (Google Books), celle de marchand de livres sous droits. Peu d'éditeurs français ont signé avec Google Editions, les plus importants d'entre eux ayant entrepris de lancer leur propre plateforme de ventes numériques (Editis, Hachette, Eden-Livres qui rassemble Gallimard, Flammarion et La Martinière).




En images : Ionesco à l'honneur pour son 100e anniversaire

Posté par Céline le 16.10.09 à 17:14 | tags : exposition, bnf

On connaît ses rhinocéros, ses chaises et sa cantatrice chauve. Sa drôle de tête, aussi. On l'a appris sur les bancs du lycée. Si plus tard, on a eu la chance de revenir à l'un de ses textes, ou de voir jouée au théâtre l'une de ses pièces, on a bien ri.

 

Eugène Ionesco aurait eu cent ans cette année. Pour fêter cet anniversaire, en même temps que l'arrivée dans sa collection des archives de l'écrivain, la BNF consacre une exposition à celui que l'on surnomme le Prince de l'Absurde. L'exposition proposera notamment de revenir sur diverses adaptations de ses pièces, comme celle La Leçon, reprise au Japon, ainsi que sur son oeuvre picturale (Course vers où). Des images à découvrir dans notre diaporama Eugène Ionesco, prince de l'absurde.


Exposition Ionesco à la BNF, du 6 octobre 2009 au 3 janvier 2010.

Plus d'infos sur le site de la BNF.




Spider Woman, le premier comic animé de Marvel

Posté par 2goldfish le 16.10.09 à 09:58 | tags : news, web, bd, comics

C'est sans doute l'aboutissement d'une dizaine d'année d'efforts pour que leurs comics ressemblent toujours plus à des films. Pour relancer le titre Spider Woman, Marvel comics a décidé de lancer un nouveau format, le "Motion Comic" qui cherche à combiner le meilleur des mondes du comic book et de l'animation.

 

Au vu du premier épisode de Spider Woman, pour l'instant offert gratuitement en streaming (pour la suite, il faut aller sur iTunes et payer), le meilleur de l'animation pour Marvel c'est le son et les acteurs, aussi peu convaincants soient-ils. Et le meilleur du comic book, c'est qu'il est beaucoup moins cher à produire qu'un vrai dessin animé. Le résultat n'est pas aussi cheap qu'on pourrait cependant le craindre, grâce aux dessins réalistes d'Alex Maalev, suffisament vivant pour que l'absence de mouvement nous manque trop.

Côté histoire, Marvel et le scénariste Brian Bendis ont fait le curieux choix, au niveau marketing, d'intégrer ce comic book à sa "continuité", l'incroyable histoire sans fin qui lie tous ses personnages. Si donc en tant que nouveau lecteur (ou plutôt devrait-on dire spectateur) vous avez un peu de mal à suivre au début, c'est parce que vous ne savez pas que l'univers Marvel vient de se réveiller et de découvrir que des milliers d'aliens protéiformes ont pris secrètement la place d'humain et de super héros depuis des années. Spider Woman était de ceux qui se sont fait voler leur vie et qui aujourd'hui la retrouvent sans la reconnaître. On va lui offrir l'occasion de prendre sa revanche...

 



La suite, donc, c'est sur iTunes, mais vous pouvez aussi aller sur Youtube écouter la chanson de Spider Woman et attendre un peu pour le lancement du second motion comic de Marvel : Astonishing X-Men par Joss Whedon et John Cassaday, dont voici la bande annonce :

 




Ulysse de James Joyce : la version bd en ligne

Posté par Céline le 15.10.09 à 11:10 | tags : lectures de bureau, web, bd

Ulysse, voilà le pavé qui fait la différence. Il y a ceux qui l'ont (vraiment) lu, et les autres. C'est Jyve, blogueur de Flu, qui nous file le tuyau : si vous avez toujours eu la flemme de vous taper James Joyce, mais que vous voulez quand même comprendre de quoi il retourne si une pimbêche vient à vous draguer en dissertant sur la pensée labyrinthique de Leopold, vous pouvez toujours recourir à Ulysse "Seen", une version en ligne du grand classique irlandais.

 

A l'origine de ce projet titanesque d'adaptation graphique (le roman fait plus de 1000 pages en format poche), les membres de l'association Throwaway Horse, qui se sont donné pour mission de préserver et faire revivre les grandes œuvres de la littérature tombées dans le domaine public, en en proposant des "versions web 2.0" mêlant comics, commentaires web et texte originel.

Pour le moment, seule la première partie, "Telemachus", est disponible. Prenez le temps ou soyez patients.

Voir : Deltakilo, le blog Flu de Jyve

Créez votre propre blog sur Flu.fr




En images : Gavalda en russe, Musso en coréen, Levy en vietnamien...

Posté par Céline le 14.10.09 à 15:16 | tags : best-seller

Plus un livre se vend bien, et plus il a de chances de voyager. Ainsi les auteurs français à succès, de Guillaume Musso à Jean-Christophe Grangé, ont-ils eu l'occasion de voir leurs oeuvres traduites dans des langues parfois inattendues. Retrouvez notamment Anna Gavalda en russe ou Marc Levy en vietnamien dans notre diaporama des couvertures de best-sellers français à l'étranger.




Entretien vidéo : Jay McInerney a la belle vie...

Posté par Céline le 14.10.09 à 09:45 | tags : news, actu de la rentrée
 
A l'occasion de la sortie de son recueil de nouvelles, Moi tout craché, nous avons rencontré Jay McInerney, écrivain associé au brat pack et à la ville de New York. L'écrivain revient avec nous sur sa carrière, son rapport houleux avec la critique américaine, sa fraternité littéraire avec l'ami Bret Easton Ellis...
 
Sans pudeur, il raconte aussi ce qui a changé à New York depuis le 11 Septembre, son troisième divorce causé par la présence d'un cochon, et annonce la présence de Bernard Madoff dans son prochain roman...
 



Trois titres oubliés de Françoise Sagan réédités chez Stock

Posté par Céline le 13.10.09 à 15:32 | tags : édition, news

Françoise Sagan est une image d'épinal. Sagan belle et stylée, la mèche de côté bien avant les petits histrions du 6e arrondissement. Sagan à la plage, en noir et blanc, fausse vole-au-vent et vraie torturée. Remise au goût au jour l'année dernière avec la sortie du (mauvais) film de Diane Kurys (Sagan), l'œuvre de la romancière est également à l'honneur en cette rentrée chez Stock, qui réédite trois de ses titres plus ou moins tombés dans l'oubli (parution le 14 octobre).

 

Les lecteurs pourront notamment découvrir Toxique, le journal que tint l'écrivain pendant une cure de désintoxication suivie en 1957. Cette année-là, Sagan avait subi un accident de voiture, et dû absorber de la morphine pour calmer les douleurs de ses blessures. Initialement publié chez Julliard en 1964 et dans une certaine confidentialité, ce bref récit de cent pages, accompagné des illustrations de Bernard Buffet, est tiré à 37 000 exemplaires chez Stock.

Stock réédite également deux ouvrages parus chez Flammarion au début des années 1970 : Des bleus à l'âme et Des yeux de soie, tirés eux à 5000 exemplaires chacun.

 

Voir aussi :

Le diaporama des écrivains précoces




Un comics de propagande anti-téléchargement pour la Nouvelle-Zélande

Posté par Céline le 13.10.09 à 11:08 | tags : web, bd, lectures de bureau, comics

C'est un comics qui pourrait évoquer Kid Paddle. Pour certains, c'est une grosse blague et il faut en rire. Pour d'autre, c'est de la propagande et c'est honteux. Tirée à 17.000 exemplaires afin d'être distribuée à la sortie des cinémas, La bd Escape From Terror Byte City a pour objectif de prévenir les jeunes néo-zélandais contre les dangers du téléchargement.


Dans le cadre de sa croisade contre le piratage des œuvres protégées, La Motion Picture Association a ainsi chargé l'un de ses réprésentants, Greg Frazier, d'aller convaincre le gouvernement néo-zélandais d'adopter leur nouvelle campagne. Le problème, souligne le site TorrentFreak, c'est que la bd, au lieu d'aborder de véritables questions comme celle des droits d'auteurs, ne cherchent qu'à effrayer ses jeunes lecteurs avec des menaces imaginaires.
On y suit l'histoire de deux gosses qui, en tentant de télécharger le film Transformers 2 en P2P, se retrouvent happés dans un monde de monstrueux virus, de méchants spameurs et autres voleurs d'identité. Une représentation quelque peu démesurée des dangers du téléchargement, voire même faussée, puisqu'elle se limite à démontrer les risques d'endommagement de la machine... bien moindre en regard par exemple de ceux qu'encourent les artistes piratés.

Si vous voulez trembler (de rire ?), la bd est disponible en téléchargement sur Mininova.

 




La misère des dédicaces est-elle inévitable ?

Posté par Myosotis le 12.10.09 à 14:15 | tags : elucubration

Depuis quelques semaines, la saison des salons du livre a repris un peu partout en France. La grande caravane de la rentrée littéraire pose son chapiteau géant de centre-ville en centre-ville, au pied d'une muraille romaine, à quelques pas de la mer, derrière un monument sacré, bien installée souvent, moins bien parfois, et vendue par une publicité tonitruante et soignée qui tente de placer le grand raoût du livre entre un concert de Renan Luce, un spectacle d'otaries vivantes ou une foire au mariage.

 

Sous la tente, des centaines d'auteurs se pressent, acheminés par des trains spéciaux, et font face au protocole qui sous-tend l'édifice : la dédicace, où comment un homme, un bras, quelques doigts armés d'un stylo, vont griffonner une signature, un mot rapide (après quelques autres échangés au portillon entre un sourire et une grimace gênée) à l'attention d'un autre homme, femme, enfant désignés sous le nom de lecteurs. Il y a toujours pas mal de maladresse dans l'échange qui mène à la dédicace : la peur de l'écrivain qui voit le lecteur tourner autour de lui comme d'une boîte de petits pois, la peur du badaud qui touche l'espace de trente secondes à la mystique de la grande littérature (même quand c'est Jean Amadou ou Marc Lévy) et puis la peur aussi (si rare) de vivre un instant privilégié. Il y a dans le rituel de la dédicace une sorte de scénographie involontaire (des étals, rien que des étals, des linges blancs sur les tables et des hauts portraits des auteurs affichés derrière eux) qui voudrait faire de ces épisodes de grands moments quand ils sont à peu près tout le contraire. Mais à quoi bon ? Les dédicaces ont-elles plus de valeur que si Jacques Vabre venait signer ses paquets de café, que lorsqu'une nana revêt le costume (très chouette) du lapin Duracell pour l'après-midi dans un supermarché pour écouler ses piles, que lorsque Madeleine vous fait goûter un toast tartiné avec le nouveau Saint-Morêt. Pas sûr ou alors sûrement.

 

La dédicace relève d'un acte d'adoration envers tous les moments que le Dieu Lecture nous a accordé. La dédicace est comme une masturbation qui fonctionnerait avec n'importe quel auteur où le lecteur se remercie lui-même d'avoir adoré lire, d'avoir adoré voyager, s'évader, oublier qu'il était lui. La dédicace est un rêve et un regret, un espoir et un abandon. Elle signifie au lecteur qu'il n'est pas l'écrivain et à l'écrivain qu'il n'est pas grand chose d'autre que ce qu'il voit devant lui. En cela, elle se pose en grand messe du spectacle littéraire, en grand barnum commercial mais aussi en un instant d'une intimité choisie, un moment de confidentialité où le lecteur et l'écrivain (Nick Cave, Palahniuk, Jean Amadou, n'importe quoi) interagissent malgré eux pour faire exister leur média et être ramenés violemment à eux-mêmes. L'espace d'une seconde, la tente disparaît et les deux fusionnent ainsi et devant tout le monde, en un sourire entendu : nous sommes le livre, nous sommes ton livre et nous le valons bien. On peut se moquer des dédicaces et de leur apparente futilité. On peut se moquer des familles Duraton qui hantent les salons et honorent de fausses idoles en achetant leurs 3 kilos de culture annuels. On peut se moquer bien sûr.... mais ce n'est pas juste ça.

 

Salon du Livre 2008 - Marc Lévy et Jean Amadou

 

Nick Cave - HMV London - Octobre 2009
 

Palahniuk signe un membre en plastique

 




Les dix meilleures façons de doper les ventes d'un livre

Posté par Céline le 09.10.09 à 18:06 | tags : short-list, best-seller, elucubration
Ce n'est un secret pour personne. Mais un coup d'œil sur les meilleures ventes du mois permet d'en avoir la confirmation : ce sont presque toujours les mêmes recettes qui rapportent. Un président, une princesse, un coup de pub inespéré ou une nouvelle tendance : que faut-il faire pour espérer côtoyer les Twilight et les Millenium au box-office des livres ? Voici 10 trucs qui vous permettront, entre autres, de doper les ventes de votre futur chef d'œuvre.
 

1. Gagner un prix littéraire. Gagner un prix reste bien sûr l’un des meilleurs moyens pour se retrouver bien placer en librairie, et attirer ainsi l’œil du lecteur à la recherche d’un truc « connu mais intelligent ». Le label Nobel ou Goncourt certifie aux regards les moins affûtés que tel ou tel livre n’est pas une bouse. Peut-être un peu chiant, peut-être trop de bons sentiments, mais pas une bouse.

Un exemple : La dernière Nobel en date, Herta Müller, dont Gallimard annonce déjà la parution du prochain roman, La balançoire du souffle, ainsi que la réédition express d’un de ses livres paru en 1988 : L’homme est un grand faisan sur terre.

 

2. Susciter un scandale politique. Autant une belle chronique dans la rubrique littéraire du Nouvel inquisiteur avant-gardiste ne risque pas de faire exploser les ventes d’un fils spirituel de Musil, autant le titre d’un bouquin cité dans toutes les colonnes politiques – gratuites ou prestigieuses – saura habilement s’infiltrer dans la tête des lecteurs de façon à les conduire tout droit vers la gondole appropriée de la Fnac la plus proche...



Herta Müller reçoit le prix Nobel de littérature 2009

Posté par Céline le 08.10.09 à 14:30 | tags : prix, news

C'est à Herta Müller, écrivain allemande d'origine roumaine âgée de 56 ans, que l'Académie suédoise a choisi de remettre aujourd'hui le prix Nobel de littérature.

 

Une femme, donc, pour succéder à Jean-Marie Le Clézio. La douzième, après Doris Lessing (2007), Elfriede Jelinek (2004), Toni Morrison (1993), Pearl S. Buck, entre autres. Herta Müller, qui, selon l'Académie, "dépeint les paysages de l'abandon" avec "la concentration de la poésie et l'objectivité de la prose", se verra ainsi remettre le 10 décembre prochain son prix et une enveloppe de 10 millions de couronnes (plus de 973000 euros).

 

Née le 17 août 1953 à Nitzkydorf, village de la région roumaine de Banat, Herta Müller s'est opposée sans relâche au régime de Ceauscescu, refusant de collaborer avec la police roumaine. Son premier ouvrage, le recueil de nouvelles Niederunger, sera censuré aussitôt après sa publication en 1982. Au total, elle a publié 19 romans et recueils, dont seuls trois ont été traduits en français : L'homme est un grand faisan sur terre (Maren Sell, 1988, réédité par Gallimard en 1990), Le renard était déjà le chasseur (Seuil, 1997) et La Convocation (Métailié, 2001).

Une nouvelle fois, les pronostics sur le lauréat du prestigieux prix n'auront pas été pertinents. Toujours pas de poètes ni de grands auteurs comme Philip Roth, Haruki Murakami ou Joyce Carol Oates, pourtant cités depuis des années commes grands favoris.




La mort d'Edgar Poe a-t-elle été une bonne chose pour lui ?

Posté par Myosotis le 07.10.09 à 16:47 | tags : elucubration, poésie

Si 1849 avait été 2009, et si Poe avait vécu jusqu'à aujourd'hui (admettons), il est probable que ce mercredi 7 octobre aurait été un jour de deuil international. Edgar Allan Poe serait mort il y a 160 ans tout rond et nous ne serions pas nés pour en parler. A moins que.... le problème des distorsions temporelles est toujours assez délicat à manier. Disons, pour faire simple, que Poe a disparu il y a bien longtemps et qu'il n'avait pas à l'époque la reconnaissance qu'il a aujourd'hui. Un peu éloigné de ses rêves de jeunesse (il rêvait très grand de célébrité et d'honneurs), Poe n'en était pas moins un artiste reconnu, rémunéré assez cher par des magazines et un écrivain confirmé. Son Corbeau (publié au début de l'année 1845) lui avait valu pas mal de succès mais Poe n'avait pas pu en profiter. Son épouse était morte un ou deux ans plus tard et Poe avait suivi, un peu seul (il avait eu l'idée et l'occasion de se remarier mais n'était pas allé au bout, sa prétendante, une poétesse, ayant exigé de lui qu'il renonce à l'alcool), un peu drogué, malade, souffrant du coeur et d'on ne sait trop quoi. La mythologie Poe, évidemment, n'existait pas, pas plus que la notion encore embryonnaire de poète maudit qui viendrait avec la fin du XIXème siècle.

 

Du coup, mort à 40 ans à Baltimore, Poe avait tout le temps devant lui pour devenir l'une des figures incontournables de la littérature internationale. Son oeuvre devait croître, prospérer avec les ans pour devenir l'une des plus influentes des XIXème et XXème siècles, servant de réservoir pour la littérature (gothique), le cinéma et tous les arts passés, présents et à venir. Certains ont débattu pour savoir si Poe était méchant, s'il était vraiment mort ou juste passé de l'autre côté, s'il était ambitieux, s'il était arriviste (il essaya de trouver un temps une planque dans l'administration). Pour la petite histoire, Poe aurait pu tout simplement être mort connement. Une légende veut (et elle est étayée par plusieurs ouvrages) qu'il ait été ramassé à demi ivre par des militants politiques chargés de soutenir des candidats à l'élection du shérif de la ville. Les militants avaient coutume à l'époque de faire ingurgiter à des inconnus des cocktails de bibine et de narcotiques, puis de les emmener en téléguidage remplir leur rôle citoyen au bureau de vote. Poe aurait pu les rencontrer par hasard, se laisser entraîner et n'aurait pas résisté à l'absorption du breuvage. La goutte d'eau qui fait déborder le vase. La mort. Pour la bonne bouche et pour fêter l'événement, on relira agréablement et en vo (je ne me risquerai pas à une traduction maison après Baudelaire et quelques autres) l'un de ses poèmes les plus "optimistes" (je plaisante), le joli The Happiest Day. Le poème est sublime et se lit comme souvent chez Poe comme un formidable texte de pop music. J'avais une prof de lettres qui disait aux cancres en s'énervant : "Putain, mais lisez au moins Poe." Comment est-ce qu'on peut ne pas aimer Poe ?

 
I. The happiest day-the happiest hour
My seared and blighted heart hath known,

The highest hope of pride and power,
I feel hath flown.

II. Of power! said I? Yes! such I ween
But they have vanished long, alas!
The visions of my youth have been--
But let them pass.

III. And pride, what have I now with thee?
Another brow may ev'n inherit
The venom thou hast poured on me--
Be still my spirit!

IV. The happiest day--the happiest hour
Mine eyes shall see--have ever seen
The brightest glance of pride and power
I feel have been:

V. But were that hope of pride and power
Now offered with the pain
Ev'n _then_ I felt--that brightest hour
I would not live again:

VI. For on its wing was dark alloy
And as it fluttered--fell
An essence--powerful to destroy
A soul that knew it well.

 

 

Le poème est tiré du joli réservoir de littérature en ligne, l'endroit où l'on trouve tout ce qu'on veut lire et ne pas lire.




Mort de Gérard Bobillier, fondateur des éditions Verdier

Posté par Céline le 07.10.09 à 11:02 | tags : news, édition
Pierre Michon le surnommait Bob. Nous, on saurait surtout reconnaître les fameux ouvrages à couverture jaune, qui ont juste donné à la littérature contemporaine ses noms essentiels. Gérard Bobillier, directeur et fondateur des éditions Verdier, est mort le lundi 5 octobre à Carcassonne, emporté par un cancer à l'âge de 64 ans.

 

Sur le Tiers Livre, François Bon, qui a rejoint les éditions Verdier avec L'enterrement (1992), rend hommage à l'éditeur qui, après Jérôme Lindon, avait su créé un « partage de sang » entre les écrivains qu'il publiait : Olivier Rolin, Pierre Bergounioux, Pierre Michon, Didier Daeninckx...

Né en 1945 à Besançon, Gérard Bobillier s'était engagé à l'époque de 68 dans la cause révolutionnaire, notamment auprès de la Gauche Prolétarienne. En 1979 , c'est dans le pays des Corbières qu'il fonde, en 1979, avec Benny Lévy et quelques amis, les éditions Verdier, comme un prolongement sur le plan de la pensée des combats qu'il a menés.

 

Trente ans plus tard, le catalogue des éditions Verdier témoigne de l'exigence et de l'humanité d'un parcours : des ouvrages fondateurs, comme les Traités du Talmud ou le Zohar, des grands textes de philosophie (Premiers principes de Damascius) des textes de sciences humaines comme ceux d'Henri Meschonnic, mais aussi des auteurs exceptionnels, comme Michon et Bergounioux bien sûr, mais aussi Volodine, parce que Gérard Bobillier était convaincu que « la littérature est la chair de pensée ».

Gérard Bobillier était également à l'origine du « Banquet du livre », manifestation autour du livre et de la pensée, de l'échange et de l'étude, se déroulant chaque année à Lagrasse depuis 1995, et dont François Bon se remémore « l'accueil à la grande table de bois sous les arbres de Verdier, la ferme historique des Corbières. »

Photo : Gérard Bobilier © Louis Monier/Verdier




7000 dollars pour devenir un personnage de Margaret Atwood

Posté par Céline le 06.10.09 à 15:41 | tags : vo, roman, news

 

Quel prix êtes-vous prêts à payer pour goûter à l'immortalité propre à la littérature ? La journaliste et auteur canadienne Rebecca Ekler, elle, a payé 7000 dollars pour devenir un personnage du dernier roman de Margaret Atwood, The Year of the Flood.



A en juger par son témoignage, cela valait le coup : « Margaret Atwood représente la raison pour laquelle j'ai voulu écrire. J'ai lu et relu tous ses livres ». Il y a deux ans, la jeune femme a ainsi versé 7000 dollars au cours d'une vente aux enchères caritative pour figurer dans le roman de son auteur préféré. Paru le mois dernier, The Year of The Flood est désormais celui qu'elle préfère de toute la bibliographie d'Atwood.


Qu'a donc fait de son personnage l'auteur de La Servante écarlate, que beaucoup considère « comme l'un des écrivains de langue anglaise les plus brillants » ? « Tout ce qu'elle m'avait dit avant était que je ne mourais pas ». Finalement, lorsque Rebecca reçoit le livre, c'est à la page 30 qu'elle trouvera son nom - celui de son personnage, qui se trouve être assez éloigné de ce qu'elle est vraiment, et qui disparaît deux pages plus loin, apparemment happée par d'étranges sectes religieuses. Mais Rebecca Ekler n'a pas payé 7000 dollars pour une si courte apparition. Il semble que son nom revienne ensuite par intermittence tout au long des 400 pages du roman...


Rebecca n'était pas la première personne à avoir obtenu aux enchères le privilège de voir un personnage d'Atwood prendre son nom. La dénommée Amanda Payne avait elle aussi payé pour son apparition dans le roman Oryx and Crake (Le Dernier homme).
On peut trouver le procédé superficiel - ce n'est qu'un nom, après tout. Risqué - et si vos proches allaient confondre fiction et réalité ? Narcissique, bien évidemment. Mais ne vous êtes-vous jamais rêvé, un jour, en personnage de votre écrivain préféré ?

Venez témoigner sur le forum : De quel écrivain aimeriez-vous devenir le personnage ?

 

Les éditions du Boréal publie en France pour cette rentrée un essai de Margaret Atwood, Comptes et légendes. La Dette et la face cachée de la richesse.




En images : les auteurs cultes dessinés par des artistes

Posté par Céline le 06.10.09 à 14:05 | tags : arts et littérature
Pourquoi ne pas rendre hommage en dessins à ceux dont les textes sont restés cultes ? Plusieurs artistes d'inspirations différentes - comics, peinture, aquarelle - ont dessiné le portrait de leurs écrivains préférés, en choisissant de mettre l'accent sur des détails représentatifs de leur univers littéraire.
 

Le site heyoscarwilde.com propose une collection de ces portraits dessinés d'écrivains, comme celui d'Edgar Allan Poe, de Chuck Palahniuk ou de Richard Brautigan. Découvrez les plus beaux d'entre eux avec notre diaporama des portraits dessinés d'écrivains cultes.

 



Les nouveaux mots du Petit Robert 2010

Posté par Céline le 06.10.09 à 10:51 | tags : news
Parce qu'un mot qui était hyper tendance hier risque de vous faire passer demain pour un type à la ramasse, les dictionnaires de langue doivent être remis chaque année à jour, et coller au plus près aux évolutions de langage découlant, le plus souvent, de celles des moeurs.

 

Interrogée par Bibliobs, Marie-Hélène Drivaud, la directrice éditoriale du Petit Robert, explique ainsi les changements qui interviennent pour l'édition 2010 du célèbre dictionnaire. Quelques exemples :

La chasse aux Anglicismes. Chaque année les Recommandations officielles de la Commission de terminologie sont revues et mises à jour. Ainsi l'entrée "thermobrossage" pour "brushing" va-t-elle disparaître, faute de succès, à l'inverse d'un terme comme « remue-méninges » pour « brainstorming », qui lui a plutôt bien fonctionné.

Féminisme. "Le Petit Robert a toujours féminisé assez en avance sur son temps", dit Marie-Hélène Drivaud, "la ministre a été intégrée très vite. Tant que la langue et la grammaire le permettent, les querelles qu'il y a pu avoir autour de "la" ministre ne nous intéressent pas."

Petits nouveaux. Beaucoup d'entre eux relèvent du domaine de l'informatique : "e-book, geek, collaboratif, contributif, liseuse, tableau blanc interactif ou TBA, tatouage numérique, widget, wiki, réseau social, réseauter, agrocarburant, biodynamie (...) cadre numérique », marche blanche (...) buzz (!), Sex-toy (qui a fait débat)". D'autres viennent de la famille des "éco" : "écohabitat, écopastille, écoquartier, bilan carbone, construction énergie positive, toilettes sèches, zénithude"...

Marque déposée. Certains mots signalés comme marque déposée sont entrés sans majuscule, car pris dans une acception courante : "taser, placoplatre, brumisateur, kir, fermeture éclair..."

 

Noter que la nouvelle formule du Petit Robert propose également l'accès gratuit pour une durée d'un an au Petit Robert en ligne.

 




Garcia Marquez accusé de faire l'apologie de la prostitution infantile

Posté par Céline le 05.10.09 à 11:13 | tags : société, news
Les deux affaires se suivent, ne se ressemblent pas tout à fait, mais un peu quand même. Une semaine après le retour de l'affaire Polanski, l'écrivain nobélisé Gabriel Garcia Marquez se voit aujourd'hui accusé par une ONG de faire l'apologie de la prostitution infantile, à travers l'adaptation à l'écran en cours de son roman Mémoires de mes putes tristes.

 

Dans le roman, il est notamment question d'un vieil homme de 90 ans qui décide de s'offrir une vierge de 14 ans pour son anniversaire. En cédant les droits de cette histoire pour une adaptation mexicaine, l'écrivain se rendrait coupable « d'un délit d'apologie d'un délit ». Selon Terez Ulloa, directrice de la Coalition régionale contre le Trafic de Femmes et de Fillettes en Amérique latine et aux Caraïbes, le film « banalise le phénomène et place en situation de risque tous les enfants, filles ou garçons pauvres de notre Amérique latine et des Caraïbes », et c'est pourquoi il faut « empêcher le tournage », initialement prévu entre octobre et novembre.

Outre Garcia Marquez, la plainte concerne également les entreprises mexicaines Femsa et Televisa, qui co-produisent le film, ainsi que Mario Marin, gouverneur de l'état mexicain de Puebla, où doit se dérouler le tournage. En 2005, ce dernier avait été accusé d'avoir fait arrêter illégalement la journaliste Lydia Cacho, auteur d'un livre sur un réseau de prostitution infantile, avant d'être blanchi par une décision de la Cour Suprême mexicaine.




Pourquoi je n'arrive pas à écrire dans mes beaux carnets Paperblanks : Atelier de trivialités (11)

Posté par Myosotis le 02.10.09 à 18:05 | tags : elucubration

Une publicité envoyée par le service de presse du groupe Paperblanks m'a rappelé que je possédais suite à divers cadeaux inspirés (mon amie, ma tante et moi-même), au moins 3 carnets de cette marque sur lesquels, pour des raisons que je n'avais jamais explorées, je n'avais jamais écrit le moindre mot (ou alors trop peu). Alors que dixit la marque, Paperblanks lance pour Noël (qu'on imagine propice à ce genre de cadeaux utiles) deux nouvelles lignes : 1) pour les femmes raffinées et amoureuses d'art 2) pour les hommes d'affaires et les jeunes créatifs - bon ok, je suis un homme pas très raffiné entre 2 âges moyennement inspiré, la question se pose de savoir : POURQUOI on n'ose pas écrire dans des carnets trop beaux ? Si l'on regarde le diaporama des manuscrits d'écrivains, on se rend d'ailleurs compte que les meilleurs écrivains (disons la plupart des écrivains importants) 1) ont tous des carnets où ils notent des choses qu'il s'agisse d'idées, de mots, d'éléments documentaires ou de versions bêta de leurs ouvrages 2) que ces carnets ou feuillets sont toujours ou presque toujours des trucs plutôt modestes et pas des machins très chers, riches en enluminures et dorés à l'or fin.

 

Si l'écrivain de base (il faudrait peut-être faire l'étude sur l'écrivain de droite ou les versaillais) n'utilise pas de carnets type Paperblanks (très très beaux, il faut le rappeler même si on n'écrit pas un publireportage et que tout le monde a envie de posséder) pour travailler c'est tout simplement parce qu'utiliser un carnet aussi classieux pour jeter des idées éparses sur le papier culpabilise énormément. Si les carnets sont trop beaux, on se dit que ce qu'on doit noter dedans doit avoir une certaine tenue, ce qui n'est pas toujours le cas d'une idée qui nous traverse l'esprit et qu'on ne veut pas perdre. Pour donner un exemple particulièrement accablant pour moi, j'ai noté récemment une idée de personnage (un méchant) qu'il me paraissait bien de garder pour plus tard. J'ai donc utilisé une feuille volante de format A4 pliée en deux et rangée dans une pochette cheap pour écrire ceci : "le méchant = il a mal au dos et doit sans cesse faire l'amour pour se soulager. Cette maladie le conduit à des comportements colériques, à des sautes d'humeur et à des phases de déchaînements quasi éjaculatoires. Il a un métier à responsabilité et doit sans cesse s'organiser pour contrôler sa maladie. ex: JFK en pire." Pas brillant ? Je ne sais pas si je serais amené à utiliser ce personnage un jour (possible que oui) mais il aurait sans doute été dommage de griller un Paperblanks pour ça. Idem lorsque j'ai travaillé sur mon dernier roman en date, j'ai quelque peu salopé mon carnet doré (un vert de la collection Splendeur de la soie) pour noter des éléments biographiques sur Alain Delon et m'en suis beaucoup voulu au point d'arracher les pages après-coup pour ne pas souiller le carnet. Plat préféré : andouillette Frites. Date de naissance. Nom des parents. Ce genre de choses.

 

Si l'on ajoute à ça, au moment de l'écriture elle-même, la loi qui veut qu'un carnet élégant renforce la solennité de l'acte d'écriture et multiplie la peur de la page blanche (ce mouvement de recul qui prend avant le premier mot ou la première phrase), on sait enfin pourquoi les beaux carnets ont vocation à ne servir à rien qu'à faire beau, on sait pourquoi les chefs d'oeuvre ont été écrits sur des carnets à spirales, des tickets de métro ou des rouleaux de printemps (Les 120 journées de Sodome par exemple). Est-ce pour autant qu'on ne doit pas se payer un beau carnet ? Pas sûr.




Prix de l'Académie française 2009 : première sélection

Posté par Céline le 02.10.09 à 10:20 | tags : news, prix
Les immortels ont rendu publique leur première sélection pour le Grand prix du roman de l'Académie française, qui sera remis le 29 octobre. On y retrouve quelques habitués des listes de cet automne (comme Gwenaëlle Aubry, Yannick Haenel) mais également des outsiders, comme Renaud Camus, ou Pierre Michon. C'est Marc Bressant, auteur de La dernière Conférence, qui s'était vu remettre le prix l'année dernière.

La sélection :


Personne, de Gwenaëlle Aubry (Mercure de France)

Seule la mer s'en souviendra, d'Isabelle Autissier (Grasset)

Heureux parmi les morts, d'Elisabeth Barillé (Gallimard)

Loin, de Renaud Camus (P.O.L.)

Le moins aimé, de Bruno de Cessole (La Différence)

Jan Karski, de Yannick Haenel (Gallimard) : voir l'entretien vidéo avec Yannick Haenel

Assez parlé d'amour, d'Hervé Le Tellier (Lattès)

Les Onze, de Pierre Michon (Verdier)

L'Amour est un long fleuve de Sibérie, de Jean-Pierre Milovanoff (Grasset)

 

Mise à jour 16/10/2009. Deuxième sélection : Renaud Camus / Bruno de Cessole / Pierre Michon

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En images : le culte maoïste à travers ses objets

Posté par Céline le 01.10.09 à 17:35 | tags : news, photo, beau livre, histoire

Mao point levé, vainqueur, paternel. Mao qui proclame, le 1er octobre 1949, la République populaire de Chine. La victoire ou un rêve pour les uns, la déchéance et une hantise pour les autres. Mao bienveillant ou assassin.

 

Alors que la Chine fête aujourd'hui en grande pompe le soixantième anniversaire de sa République, et que quelques penseurs occidentaux verront là l'occasion de faire le bilan sur leurs vieilles utopies - lubies ? - rouge sang, Mao est sur toutes les lèvres. Mao est un portrait qui domine la plus célèbre des places chinoises, un personnage d'histoire qu'il faut réciter. Mao est un motif kitsch, voire pop, que Warhol a sérigraphié comme Marilyn. Mais il est surtout celui qui fut à l'origine d'une révolution sanglante, révolution que la Chine n'a jamais pu exorciser, sans doute pour ne l'avoir jamais vraiment reconnue.

 

Tous deux collectionneurs d'objets chinois, Claude Hudelot et Guy Gallice ont voulu offrir dans Le Mao un aperçu significatif de que furent les années de règne du Grand Timonier, marquées par une propagande vertigineuse faite d'icônes et de slogans prometteurs. Leur ouvrage apporte ainsi, à travers plus de huit cents photos et de nombreuses pages de commentaires, un éclairage important sur le culte de la personnalité maoïste. Découvrez une série d'images extraites du livre, avec notre diaporama Mao dans tous ses états.

 

Le Mao, Claude Hudelot et Guy Gallice, éditions du Rouergue.

 






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