Archives > Juillet 2009Diaporama : les livres dans la peinture, de Vermeer à BoteroPosté par Céline le 31.07.09 à 17:50 | tags : arts et littérature
Livre sacré, lettre d'amour, article de presse, traité philosophique, roman, poème... à chaque lecture son lecteur. Depuis la Renaissance, le thème de la lecture est traité par les peintres comme un prétexte au portrait, à la caricature, à la représentation de l'intimité ou tout simplement, du silence et de la méditation intérieure.
Les femmes sont pieuses - elles lisent alors la bible - ou rongées par la fiction comme l'est une Madame Bovary. Les hommes s'instruisent le plus souvent : en lisant la presse par exemple. De Rogier van Der Weyden à Botero, découvrez notre sélection de tableau avec notre diaporama des portraits de lecteurs. Une première critique mitigée pour le roman posthume de Nabokov Alors que l'on en parle depuis plus d'un an, le roman inédit de Vladimir Nabokov - que son fils hésitait à brûler conformément à la volonté de l'écrivain - sera enfin disponible en anglais au mois de novembre. Publishers Weekly n'a pas attendu jusque là pour en proposer une première critique qui, ô surprise, s'avère... plutôt négative.
"Une fois le livre achevé, les lecteurs se demanderont si l'auteur de Lolita rit ou se retourne dans sa tombe" peut-on lire dans le magazine américain. L'article va plus loin, prévoyant que quiconque s'attend à un roman ne pourra qu'être déçu. Car si le style est là, flamboyant comme on peut l'espérer de Nabokov, The Original of Laura, dont l'intrigue ressemble fort à celle de Lolita (une jeune fille y est abusée par un certain Hubert H. Hubert), manquerait de substance et le texte serait par ailleurs chargé de notes personnelles, de références et de commentaires. Inachevé, en un mot. Le livre paraîtra cependant chez Knopf dans une édition très soignée, reproduisant les cartes sur lesquelles Nabokov avait rédigé son texte. Plusieurs de ces cartes, précise encore l'article, porte sur leur verso l'inscription d'un X chancelant, et la dernière, elle, une "liste de synonyme du verbe effacer - expunge, erase, delete, rub out, wipe out and, finally, obliterate". Les marques d'une véritable hantise ou un ultime clin d'œil de l'écrivain ? Voir aussi : Les Japonais lancent Wink, les lunettes qui détectent votre fatigueDans la série des objets pas vraiment indispensables, mais dont on aime bien parler quand même, voici les Wink Glasses : les lunettes qui vous préviennent quand vous commencez à piquer du nez.
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Développé par Matsunaga au Japon, Wink est en fait un petit capteur, posé sur la lunette et relié à un port USB, qui détecte la fréquence de vos battements de paupières. Quand celle-ci ralentit, c'est que vous êtes fatigué. Les verres de Wink deviennent alors opaques, et vous obligent à cligner des yeux pour a) vous maintenir éveillé (il faut le finir ce ... de rapport) ; b) vous laisser le temps de poser un marque-page ou de sauver votre partie avant de rejoindre Morphée ; c) vous éviter des fatigues oculaires quand, trop absorbé par votre jeu, vous gardez vos yeux ouverts non stop par peur d'en perdre une miette. Plusieurs écoles s'affrontent en effet sur l'usage de ce gadget. Une quatrième, celle de ceux qui ne portent pas de lunettes, s'apprête à porter plainte pour discrimination. Wink (8h d'autonomie, précision) sera mis en vente le mois prochain au Japon, pour 150 dollars environ. Voir aussi : Jonathan Littell vs Hans Fallada : David contre Goliath![]() On se souvient du mauvais accueil que la presse anglo-saxonne avait réservé aux Bienveillantes, lors de sa sortie outre Atlantique il y a cinq mois. "Répugnant" pour The New Yorker, "monologue pachydermique" pour le Sunday Times... En dépit de ses 150 000 tirages, The Kindly Ones ne partait pas d'un bon pied aux Etats-Unis.
Et en effet : depuis sa sortie le 1er mars, le roman s'est vendu à 17 000 exemplaires sur le territoire américain. Ce qui laisse un goût amer à son éditeur, HarperCollins, qui avait acquis l'ouvrage pour un million de dollars.
Et pendant ce temps... Tandis que la presse recevait The Kindly Ones à grand bruit, la petite maison d'édition Melville House sortait Every Man Dies Alone, d'Hans Fallada (en français, Seul dans Berlin, chez Gallimard), le même jour que le Littell. Aujourd'hui, la maison prépare son quatrième tirage, et les ventes dépassent les 11 000 exemplaires. Sans parler de best-seller, cette réussite est une surprise pour Melville House, qui craignait que le monstre Littell n'écrase son poulain, que seul le New Yorker avait salué dans un article. Car les deux romans traitent du même thème : deux récits historiques, ayant pour cadre la Seconde guerre mondiale. Réédition d'un ouvrage publié en 1947 par l'écrivain allemand Hans Fallada, Every Man Dies Alone est de facture plus classique que les longues et éprouvantes Bienveillantes : il raconte la vie quotidienne d'un quartier populaire de Berlin, sous l'Allemagne nazie. Difficile d'en conclure que Fallada fait de l'ombre à Littell; mais le succès inattendu de l'un, et l'échec douloureux de l'autre, rappellent juste que rien ne vaut un bon bouche-à-oreille pour vendre un livre. Décidément, Les Bienveillantes restent une exception européenne.
Lire aussi : Jonathan Littell, trop long et trop cher pour les anglo-saxons ? Tristan Ranx, le nouveau Jonathan Littell ? En images : écrivains de père en fils
Source: Blog de Pierre Assouline. Des morceaux de roche lunaire vendus avec un livre de Norman Mailer![]() Tintin et les témoignages de Buzz Aldrin - nombreux ce mois-ci, qui fêtait le quarantenaire de l'expédition Apollo 11 - y sont sans doute pour beaucoup : la lune, pourtant située à des centaines de milliers de kilomètres de la terre, nous est devenue très familière. Alors en attendant le jour où l'on pourra la visiter, l'éditeur de beaux-livres Taschen propose d'en acquérir quelques échantillons.
C'est avec quelques exemplaires d'un texte de Norman Mailer que ces morceaux de roche lunaire seront vendus, disons-le facilement, à un prix astronomique. A l'époque, l'auteur des Armées de la nuit avait été embauché par le magazine Life pour suivre la mission lunaire, dont il avait tiré un reportage exceptionnel. Moonfire (Bivouac sur la lune en français) est la version revue et augmentée de ce reportage, que Taschen agrémente également de nombreuses photos et d'extraits du manuscrit de Mailer (un aperçu en ligne).
Sur les 1969 exemplaires - tous dédicacés par Buzz Aldrin - de cette luxueuse édition, seuls 12 sont accompagnés d'un « un spécimen unique de météorite lunaire pesant entre 0,4 g et 348 g ». De quoi faire grimper le prix du livre, vendu 1000 dollars sans la précieuse pierre, à des "centaines de milliers de dollars", selon un représentant des éditions Taschen. Le prix d'un diamant, justement.
Sur Fluctuat : tout le business lunaire
La fiction 2.0, vrai-faux concept d'HarperCollins![]() Stephen King qui aurait joué à World of Warcraft : voilà plus ou moins le menu de la toute nouvelle collection "Angry Robot", qui édite des romans fantastiques et SF destinés à la génération qui a grandi sur Internet : celle qui blogue et qui fréquente les forums de fans de Watchmen. Sur le papier, plutôt tentant.
La stratégie marketing élaborée par l'éditeur HarperCollins autour d'Angry Robot est centrée principalement sur le web. Alimenté comme un blog, le site propose aux lecteurs de participer à la « Robot Army » : si un internaute parle de la collection sur son blog, Angry Robot lui offre un exemplaire d'un de ses livres (c'est écrit en gros sur la page d'accueil du site). Curieux procédé, plus promotionnel qu'autre chose, dans lequel on pousse la communauté à se créer en même temps que les livres paraissent, sans laisser à ceux-ci le temps de construire eux-mêmes leur cercle de fans. Quant aux ouvrages, ils sont disponibles en format papier, numérique grâce à l'ebook, et bientôt audio. Angry Robot propose même du PoD: Print On Demand, l'équivalent de la VOD. Jusqu'en novembre, deux ou trois nouveaux titres par mois paraîtront au Royaume Uni et en Australie, puis aux Etats-Unis et au Canada. Basée en Angleterre, la collection s'assure une diffusion mondiale. Etiquetés « fiction 2.0 », les deux récits déjà publié par Angry Robot tiennent à la fois de la SF et du roman d'horreur. Dans Slights, l'australienne Kaaron Warren se glisse dans la peau de Stephanie, une adolescente tueuse en série, confrontée en rêve à ses pires ennemis. Quant à Lauren Beukes, elle invente dans Moxyland un monde où le virtuel a pris le pas sur le réel. Ce que signifie dans le texte le joli concept de « fiction 2.0 », pour l'instant, on ne voit pas trop... Avec Angry Robot et la « fiction 2.0 », HarperCollins, l'une des plus grosses maisons d'éditions anglaises, expérimente des outils de communication nouveaux, sous couvert d'inventer... un nouveau genre littéraire ? Si l'avenir du livre se dessine par ici, la France a intérêt à s'y mettre très vite, en espérant que les éditeurs ne s'en tiennent pas eux aussi à une belle opération marketing. Pygmy, le meilleur Palahniuk depuis Fight Club ? Chuck Palahniuk est désormais devenu une sorte d'Amélie Nothomb trash. A raison d'un livre par an, il crée l'événement dans un cercle assez étendu d'aficionados qui voient en lui plus qu'un écrivain, une sorte de prophète de l'outrance et de la subversion, un maître à penser (et écrire) l'impensable Amérique. Flu a lu son dernier livre, Pygmy, dans sa version originale et vous livre en avant-première les ficelles de cet excellent roman.
Pygmy, le meilleur Palahniuk depuis Fight Club ? Pourquoi pas après tout. Chaque roman a quelque chose à dire, un message à délivrer : celui-ci est efficace et surtout très drôle. L'Amérique en prend plein la tête, au propre comme au figuré, avant de gagner à la fin. C'est l'un des premiers Palahniuk (un événement donc) qui a une fin morale et où les valeurs du pays triomphent. Photo © JEAN MARMEISSE
Echo : Terry Moore en mode bombe atomique
L'histoire d'Echo démarre par une scène atmosphérique: une nana habillée d'une combinaison sophistiquée vole dans le ciel bleu dans le cadre d'un test de matériel militaire, lorsqu'elle est prise en chasse par des avions envoyés par ses "amis" et descendue comme un pigeon. La combinaison explose (la nana avec) et quelques matériaux (un truc qui ressemble à du mercure à vue de nez) retombent sur la voiture et la poitrine (sic) d'une jeune femme en train de photographier la flore du désert local. L'histoire est lancée. Julie Martin, la jeune femme en question, est un prototype presque parfait de girl-next-door, jolie, en train de divorcer et quelque peu paumée dans sa vie. Le morceau de combinaison de l'armée qui s'étale maintenant sur sa poitrine comme une crêpe métallique vivante (?) va changer le cours de sa vie. Evidemment, la combinaison est une trouvaille incroyable, nucléaire, un matériau semi-vivant qui non seulement vaut très cher, mais a aussi des pouvoirs insoupçonnés. Les méchants vont vouloir mettre la main dessus mais Julie et sa combi vont s'animer et se défendre. Julie passe une alliance de circonstances avec un jeune mec qui se trouve être le copain de la nana abattue dans le ciel en ouverture (vous suivez ?). La fuite est lancée dans la grande tradition américaine : bikers, motels, guet-apens, coups de fils qui trahissent les positions, traqueurs free lance et méchants militi. On n'a pas fait grand chose de nouveau depuis la série Le Fugitif (à part Prison Break 2 et quelques millions d'autres films de cinéma). Julie fuit et on la recherche.
On s'arrêtera là pour le résumé des premiers épisodes (le tome 1 Incidents vient de sortir en France, et le 2 Atomic Dreams aux USA, confirmant l'excellente tenue de la série), pour dire que Moore réalise jusqu'ici un sans faute. Cet Echo est parfait : magnifiquement dessiné dans un noir et blanc graphique et effilé qui fait merveille, servi par un scénario qui mêle comédie (la vie de Julie), psychologie (la spécialité de l'auteur) et action. Sans conteste, l'une des séries à suivre de l'été et une nouvelle création majeure qui se dessine. Echo confirme aussi ce bon mouvement des comics indie vers le fantastique et la proximité, le mélange des genres et une réappropriation (le syndrome Heroes peut-être) des pouvoirs en dehors de l'environnement des superslips et superhéros traditionnels. L'espéranto : pourquoi, où, quand et comment![]() Plutôt que les banals mots croisés, et plus classe que que les cours de japonais express, cet été, apprenez l'espéranto. Alors que s'ouvre le 91e congrès mondial de l'espéranto (si si), une leçon d'histoire et de linguistique s'impose. Outre que ça dénote sur un CV, pourquoi parler espéranto?
D'abord, parce que c'est facile, du moins pour un européen. Grâce à ses règles de grammaire très simples, l'espéranto s'apprend dix fois plus vite que l'anglais. Mais en dépit de son ambition universelle, il appartient aux langues indo-européennes ; pour un japonais, ce sera plus laborieux que pour un italien... Ensuite, parce que c'est militer pour la paix. Le polonais qui créa l'espéranto à la fin du XIXe siècle, un certain Zamenhof, cherchait à travers ce fou projet à améliorer la communication entre les peuples. Aujourd'hui, le groupe Europe Démocratie Esperanto (30 000 voix aux dernières élections européennes) lutte pour que l'UE reconnaisse et utilise l'espéranto comme langue officielle. Enfin, parce vous pourrez discuter avec 100 000 personnes à travers le monde... ou peut-être 2 millions, le nombre d'espérantophones étant difficile à évaluer. Une fois convaincu de l'utilité de cette langue, reste à s'y mettre. Pour cela, il y a plusieurs options:
1) La méthode Assimil. La collection culte édite L'Esperanto sans peine, avec 98 leçons et 4 heures d'enregistrement audio.
5) Sinon, vous pouvez vous confronter au texte de but en blanc. De nombreux livres ont été traduits en espéranto, sans parler des œuvres originales. Sur Internet, on peut lire Le Petit Prince, les contes de Grimm, ainsi que le discours d'investiture de Barack Obama. Pour commander des ouvrages ou obtenir des infos, rendez-vous sur le site d'Espéranto France. D'ici quelques semaines, vous comprendrez sans peine ces quelques lignes du Petit Prince: "Sekve vi imagu mian surprizon, kiam tagigxe vekis min kurioza vocxeto: "Mi petas vin... desegnu por mi sxafeton!" Un indice: "sxafeto" signifie "mouton". Ce qu'il faut savoir d'Inherent Vice, le nouveau Pynchon Ça fait plusieurs semaines déjà que la critique anglo-saxonne en parle avec ferveur : le nouveau livre du mystérieux mais grandiose Pynchon, Inherent Vice, paraît le 4 août prochain dans sa version originale.Que peut-on déjà révéler à tous ceux qui, se remettant tout juste du choc provoqué par Contre-Jour, attendront sa traduction française pour s'y attaquer ? La couverture, d'abord, que l'on doit à l'artiste Darshan Zenith, et qui avec son titre tout en néon semble refléter l'atmosphère du roman, présenté comme un « polar psychédélique » se déroulant dans le Los Angeles de la fin des années 60.
Enfin, la rumeur court également qu'Hollywood serait en train de négocier l'achat des droits du nouveau livre de Pynchon, dont aucune œuvre n'a jamais été adapté au cinéma. Que donnerait donc à l'écran Inherent Vice, que Wired perçoit comme la rencontre de The Big Lebowski et de The Big Sleep ?
Concours du meilleur sosie d'Hemingway : et le lauréat est...Plus sexy que Miss Univers : la ville de Key West, en Floride, organise tous les ans un concours du meilleur sosie d'Ernest Hemingway. Barbe blanche, joues roses et ventre rebondi, une centaine de candidats venus de tout les Etats-Unis ont participé à la compétition, organisée dans un bar où l'écrivain avait ses habitudes. ![]() Samedi 25 juillet, c'est finalement le texan David Douglas qui a été élu "Papa 2009" (ci-dessus). Etrangement, on lui remarque a un air de ressemblance à la fois avec les lauréats des années précédentes, mais également avec la plupart de ses concurrents qui, avant de se reconvertir en Pères Noël cet hiver, sont déjà impeccablement apprêtés pour les fêtes de Bayonne qui démarrent ce week-end. ![]() ![]() Notez que la compétition qui s'est déroulée en Floride le week end dernier faisait écho à celle organisée quelques jours plus tôt en Espagne, dans le cadre des férias de Pamplelune. Ernest Hemingway, écrivain partisan d'une virilité à l'ancienne - certains lui ont reproché sa misogynie - a fréquenté de près l'univers des corridas, auquel il a même consacré un ouvrage, Mort dans l'après-midi. Ci-dessous, le gagnant de la version espagnole du concours du meilleur sosie de l'écrivain. ![]() Lire aussi : En image : les plus belles demeures d'écrivains, de l'Ecosse au KenyaEn Angleterre, on peut désormais séjourner dans la maison de vacances de Roald Dahl ou Charles Dickens. A Londres, l'appartement où vécut le poète John Keats vient d'être réaménagé pour accueillir les amateurs de poésie romantique (prêts à débourser 1300 livres la semaine).
Qui n'a jamais eu envie de savoir quels livres contenait la bibliothèque de son écrivain préféré ? Et aussi, à quoi ressemblait sa cuisine ? De l'Ecosse au Kenya, les demeures d'auteurs célèbres - transformées en musée pour la plupart - révèlent l'excentricité de certains, la simplicité des autres, tout en s'accordant parfois étonnamment avec l'atmosphère de leurs oeuvres. En attendant de vous lancer dans le grand pélerinage littéraire qui vous permettra d'admirer en vrai la baignoire où Hemingway se lavait, vous pouvez visiter notre diaporama des maisons d'écrivains. Une leçon de littérature à travers la pop musicPosté par Myosotis le 24.07.09 à 14:45 | tags : littérature en vidéo, elucubration, arts et littérature
C'est justement le cas de la littérature... qui, en admettant qu'elle puisse rebuter certains teenagers - ce qui est à démontrer - peut être découverte tout simplement par nombre d'oeuvres musicales et plus particulièrement par les musiques pop, sans qu'on ait besoin de tailler des chansons Education Nationale sur mesure. La chanson est par définition un art littéraire, tout le monde le sait, mais peut-être aussi un art chargé de littérature.
Etrangement et même si Ferré a joué Baudelaire, Rimbaud et quelques autres, si Noir Désir, en son temps glorieux, a cité Maïakowski, si Gainsbourg s'est amusé avec Verlaine, la pop music française (pas la variétoche) a assez peu consacré de titres à des figures littéraires. A côté de ça, et sans qu'on se lance ici dans un grand essai sur le lien entre le rock et la littérature, il n'est pas très difficile lorsqu'on aime les musiques "anglo-saxonnes" d'y trouver un bon résumé, et des dizaines de chansons parlant de héros de littérature ou de figures littéraires telles que Ulysse, Wilde bien sûr (omniprésent), mais aussi Kafka, Bukowski et bien entendu Burroughs. A titre personnel, j'ai eu la chance de venir à Wilde, qui est sans doute l'écrivain anglais le plus référencé dans l'univers pop par les Smiths et les Television Personalities, ici avec leur titre impeccable "Portrait de Dorian Gray". Je n'aurais jamais eu autant d'amour et de respect pour le premier roman posthume de Melville (ou le dernier roman tout court), Billy Budd, si je n'avais jamais écouté l'opéra de Britten. Le compositeur anglais est, du reste, à lui seul un professeur de lettres avec ses versions toutes plus brillantes les unes que les autres du Tour d'écrou d'Henry James, de La Mort à Venise de Thomas Mann, ou du Songe d'une nuit d'été.
Bêtement, et au lieu de dire que l'on va mettre l'Histoire en musique ou qu'on va chanter la littérature pour la bonne cause, on peut se contenter de prêter l'oreille à ce qui existe déjà et laisser, comme dit la publicité, "le charme agir". Pour revenir sur un ancien sujet ("entend-on de la musique lorsqu'on lit, est-ce notre petite musique intérieure ou la musique du livre?"), on voit bien que le débat n'est pas clos puisqu'il arrive parfois qu'une musique extérieure puisse s'ajouter au conte, se substituant, complétant ou s'ajoutant aux autres. Pour ceux qui aiment couper les cheveux en quatre, il y a assez peu d'exemples de chansons, de peintures, de sculptures adaptées en romans...., ce qui encore une fois prouve (par l'absurde et la mauvaise foi?) la supériorité de l'écrit et de la fiction sur les autres arts....
Television Personalities - The Portrait of Dorian Gray Benjamin Britten - Billy Budd Lire aussi : Avant-Poste, la littérature en avant-garde![]()
La revue littéraire "Avant-Poste", entre crochets s'il vous plaît, vient de publier son septième numéro. Enfin, revue est un faible mot, puisqu'il s'agit d'un livre de 250 pages, qui réunit des textes signés par une dizaine d'écrivains : poèmes, nouvelles, pièces de théâtre, essais.
Dans ce numéro, on trouve ainsi des vers d'Elfriede Jelinek, un récit de Tolstoï intitulé Histoire d'Ivan le petit sot, ou encore un essai du peintre Malevitch, père du Carré blanc sur fond blanc. Mais Avant-Poste ne s'en tient pas à l'écriture : les pages de ce numéro 7 accueillent des photos de Stanislas Timotheus Timocek, et sur son myspace, le collectif Avant-Poste a intégré des vidéos et des enregistrements de lectures. A parution annuelle, Avant-Poste se pense comme la « cartographie d'un territoire artistique peu représenté, avec un intérêt pour les problématiques contemporaines, voire expérimentales ». Pour commander Avant-Poste, voir la liste des points de vente et se tenir au courant des lectures organisées par le collectif, rendez-vous sur le myspace d'Avant-Poste. 10 romans policiers (de poche) pour l'été
La bonne nouvelle, c'est qu'avec le polar, la qualité est au rendez-vous. Que l’on parle de notre chouchou Darling Jim ou d’à peu près tout ce qu’on a lu dans les deux collections Pocket et 10/18 (les deux principaux éditeurs de polars en poche du marché français), le niveau moyen du polar est très nettement supérieur à celui de la littérature dite générale. Il y a assez peu de style ici (on n’a pas choisi les meilleurs ?) mais beaucoup de savoir-faire, une technicité indéniable qui permet aux ouvrages d’atteindre leurs objectifs : faire peur (un peu), tenir en haleine (toujours) et nous mettre dans les pas d’un enquêteur (re-toujours) duquel on se sentira un temps proche dans la (dé)veine. Retrouvez la sélection des 10 polars de poche de Flu. Et plus de tops dans notre dossier Lectures d'été. Diaporama : écrivains de père en filsPosté par Madeleine le 22.07.09 à 15:12 | tags : autobiographie
Les Dumas père et fils, BHL et sa fille Justine... Parmi les familles d'écrivains, il faut désormais compter avec Alexandre Diego Gary, fils de Romain Gary et de l'actrice Jean Seberg, qui vient de publier son premier roman, S. ou l'espérance de vie.
Héritage assumé, rejeté, ou trop lourd à porter ? Filiation heureuse ou maudite ? Parcourez le diaporama des écrivains "fille et fils de" pour retrouver ces familles où l'on se transmet la plume de génération en génération. Voir aussi : la chronique de S. ou l'espérance de vie sur Fluctuat.
Hong Kong, îlot de liberté pour les livres Alors que la censure sévit dans presque toute la Chine, Hong Kong échappe encore au contrôle de l'Etat. Au fil des ans, ses librairies sont devenues le lieu de vente incontournable des ouvrages interdits par le gouvernement chinois. Et à quelques jours de l'ouverture du Salon du livre de Hong Kong, leur diffusion est en plein essor. A Pékin, impossible de trouver dans les rayons d'une librairie un ouvrage qui aborde librement l'un des trois tabous de la Chine actuelle (Taiwan, Tibet, Tiananmen). Tandis qu'à Hong Kong, ils sont en vente même à l'aéroport. Ancienne colonie anglaise, redevenue chinoise en 1997, la ville bénéficie d'une liberté d'expression absolue, à en croire Ho Pin, fondateur de la maison d'édition Mirror Publishing : « Dans la région, c'est à Hong Kong que circule et s'échange librement l'information. Pour preuve, depuis toutes ces années, Mirror Publishing n'a été l'objet d'aucune pression politique ostensible. » Parmi les meilleures ventes, plusieurs biographies non autorisées : Mao: The Untold Story, et Prisoner of the State, les mémoires de l'ancien secrétaire du Parti communiste Zhao Ziyang. Quant aux libraires, ils n'agissent pas nécessairement par conviction politique : « Que vous soyez de gauche ou de droite, ça n'a pas d'importance. Les livres sont tous ici - tous ceux qui se vendent », explique Mr. Tang, ancien manager d'un Starbucks qui tient aujourd'hui un café-librairie. Le 20e Salon du livre de Hong Kong s'ouvre la semaine prochaine. Depuis que le gouvernement a facilité les voyages de la Chine vers Hong Kong, la fréquentation du Salon connaît une forte hausse: plus de 800 000 visiteurs l'an dernier. Voir aussi : Pour mieux vendre son bouquin à Hollywood : devenir un troll
James Robert Smith, auteur de The Flock, n'avait à priori pas grand chose pour lui dans la grande course à l'option. Son livre parle d'oiseaux préhistoriques supérieurement intelligents qui vivent cachés en Floride depuis des millions d'années, jusqu'au jour où un promoteur décide de construire un parc d'attraction sur leur habitat. On imagine mal un producteur s'emballer à l'idée d'un film dont les personnages principaux seraient des oiseaux, et pourtant Don Murphy d'Angry Films, producteur du récent blockbuster Transformers, a "optionné" The Flock. Tout ça à cause d'une dispute sur internet.
Murphy est en effet connu pour son caractère irrascible : il garde une alerte google active sur son nom et sur celui de ses films et dès qu'on en dit du mal sur le net, il surgit dans les commentaires pour incendier celui qui a osé s'en prendre à une de ses productions. James Robert Smith, en bon troll, avait donné son avis sur l'adaptation cinématographique de From Hell produite par Murphy, dans les commentaires du blog d'Eddie Campbell (dessinateur de la BD From Hell). Après une dispute houleuse dans les commentaires dudit blog, Murphy décide d'enquêter sur son détracteur, découvre qu'il a écrit un livre et décide de l'acheter pour le lire et se moquer de ce qu'il imagine déjà être un très mauvais livre. Sauf qu'il le trouve finalement très bon. Résultat, aujourd'hui le scénariste Travis Milloy planche sur une adaptation pour Angry Films. Et moi je tiens juste à conclure en disant que Transformers est très mauvais et que j'ai un synopsis ultra prometteur dans mes cartons.
Voir aussi : Sept citations pour ne pas craquer dans le métro Après les zombies, Jane Austen chez les monstres marins L'actu des adaptations sur le blog ciné Amazon détruit des œuvres de George Orwell sur Kindle
Selon un porte-parole, c'est une question juridique qui aurait conduit Amazon à procéder à cette destruction à distance : l'entreprise Mobile Reference proposait sur le site de Kindle des ouvrages dont elle ne détenait pas les droits, comme 1984 ou La Ferme des Animaux. « Quand nous avons été informé par le détenteur des droits, nous avons aussitôt supprimé les copies illégales de notre plateforme et des appareils des utilisateurs », explique Drew Herdener au Guardian. Les victimes de l'incident n'ont pas manqué de s'amuser de l'ironie de cette situation : le roman 1984 dénonce précisément les dérives de la technologie quand elle est mise au service d'une société de surveillance. Alors, en le voyant tout simplement disparaître de leurs fichiers, comment ne pas penser que Big Brother veille désormais sur vos Kindle ? D'autres, moins amusées, s'insurgent de la méthode radicale d'Amazon qui ôte sans pitié aux lecteurs leur texte alors qu'ils n'en sont qu'à la moitié... D'autant plus que ce n'est pas la première fois que cela se produit : des copies illégales de la saga Twilight de Stephenie Meyer, d'Harry Potter, ainsi que des ouvrages de la philosophe Ayn Rand avaient déjà subi le même sort. Mais oui, Big Brother agit sur tous les fronts.
Lire aussi : L'art contemporain fait son reality Show Mort de Frank McCourt, auteur des Cendres d'Angela
Lorsque Les Cendres d'Angela, paru en 1996, le propulse en tête des ventes et lui vaut de nombreux éloges critiques (Prix Pulitzer, meilleur livre de l'année pour le Times), Frank McCourt a 67 ans. Et derrière lui, les traces d'une vie chargée : l'enfance difficile, les obstacles, miraculeusement surmontés. Ce qu'il raconte dans son roman autobiographique : « Quand je revois mon enfance, le seul fait d'avoir survécu m'étonne. (...) Pire que l'enfance ordinaire est l'enfance misérable en Irlande. Et pire encore est l'enfance misérable en Irlande catholique ». McCourt a donc survévu à son enfance, grandi, et décidé de raconter, après avoir longtemps hésité : « J'étais honteux de cette misère. C'était trop de misère. Je voulais écrire des romans élégants à la Henry James. » Mais McCourt, professeur à New York, enseigne à ses élèves de « dire la vérité ». Il se doit alors lui aussi, par honnêteté, d'achever Les Cendres d'Angela. Un succès quasi-immédiat. Dont le réalisateur Alan Parker fera un film trois ans plus tard, révélant ainsi à un plus large public l'histoire de l'écrivain, qui est aussi celle d'un pan de l'histoire irlandaise et de son schisme.
Aujourd'hui, chacun rend naturellement hommage à celui qui a lui-même si bien accompli son devoir de mémoire.
Photo © Heidi Gutman/NBCU/SIPA La grande aventure de Gabrielle Wittkop Cela arrive parfois : l'un des meilleurs livres de l'été 2009 a été écrit en 1985-86. Il nous revient aujourd'hui chez Verticales comme si c'était la première fois.Les Rajahs blancs de Gabrielle Wittkop est une surprise véritable pour qui n'est pas familier de l'œuvre de cette écrivain morte en 2002, plus connue pour ses récits noirs et son sulfureux Nécrophile (familier des tops qui choquent) que pour ses récits d'aventures. On ajoutera qu'il est assez rare également que les récits d'aventures historiques (les faits sont réels) échoient aux écrivains de sexe féminin. Au risque de paraître misogyne, on dira que cela ne se voit pas trop ici et que Wittkop s'en tire comme un grand homme, entre Burton, Kipling et Conrad, rien que ça. Il y a bien une singularité féminine ici qui s'exprime peut-être par l'attention donnée aux détails de la vie quotidienne (soit) et surtout à la place des femmes dans la description de la dynastie Brooke... Sept citations pour ne pas craquer dans le métro![]() "L'enfer, c'est les autres", "Un trône n'est qu'un banc recouvert de velours" : les usagers du métro londonien peuvent désormais méditer sur quelques phrases qui leur sont soumises, entassés dans une rame ou sommeillant sur leur siège.
L'idée est née dans l'esprit de l'artiste Jeremy Deller, déprimé par les messages habituels du genre "Attention à la marche en descendant du train". En mars dernier, le personnel du Tube a donc reçu des recueils de citations conçus par l'artiste, dont ils peuvent lire des extraits aux passagers de la Picadilly Line, une des lignes les plus fréquentées du réseau. Histoire de calmer les nerfs, et de briser la monotonie souterraine.
En ces temps de chaleur et de haute fréquentation touristique, et si la RATP suivait le mouvement ? Quelques suggestions : A minuit et demi, l'attente du métro est estimée à 12 minutes sur le panneau lumineux. Oui, mais "Les temps sont courts à celui qui pense, et interminables à celui qui désire." (Alain).
Le métro s'arrête en plein élan, l'arrêt se prolonge, puis les lumières s'éteignent dans la rame. Heureusement, "Il ne faut cesser de s'enfoncer dans sa nuit : c'est alors que brusquement la lumière se fait." (Francis Ponge)
Un accordéoniste entre dans le wagon, entonne La Foule d'Edith Piaf, alors qu'on venait de choisir sa chanson préférée sur son mp3. Ne pas oublier que "Pour celui qui est très seul, le bruit est déjà une consolation." (Nietzsche)
Escaliers, couloirs et affiches publicitaires se succèdent. Finalement, le changement se révèle deux fois plus long l'on qu'on l'avait calculé. Pas grave, puisque "En vérité, je ne voyage pas, moi, pour atteindre un endroit précis, mais pour marcher, par simple plaisir de voyager." (R.L. Stevenson)
A 8h30 du matin un 12 août, la température atteint tranquillement les 32 degrés. La douche matinale semble déjà remonter à la semaine précédente. Mais comme selon Jean Cocteau, "l'œuvre est une sueur", chaque goutte qui coule sous le T-shirt devient précieuse.
Lorsqu'à 10h07 vous appelez votre rendez-vous de 10 heures pour le prévenir que vous aurez du retard, car le métro n'avance plus: la phrase de Pascal, "On ne peut être en retard si on est dans l'infini" lui donnera de quoi patienter encore un bon quart d'heure.
Enfin, lors de la prochaine grève, coincé entre une femme qui râle et renifle, et un homme qui mâche son chewing-gum dans votre oreille, rappelez vous qu' "Il n'y a, au fond, de réel que l'humanité." (Auguste Comte)
D'autres idées ? Qu'aimeriez-vous qu'on vous murmure dans le métro?
Lire aussi : Cinq raisons de lire à la plage Après les zombies, Jane Austen chez les monstres marins...En avril dernier, la parution de Price and Prejudice et Zombies, remix sacrilège du grand classique de Jane Austen, avait fait frémir les uns, marrer les autres. C'est reparti pour un tour avec la sortie imminente de Sense and sensibility and Sea Monsters ("Raison et sentiment et monstres marins").
Avec le jackpot que lui a fait décrocher la version zombie de Jane Austen (650 000 exemplaires vendus aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne), l'éditeur Quirk Book aurait eu tort de se priver. Le roman, que l'on doit cette fois à Ben H Winters, mêlera 60% du texte initial d'Austen à « 40% de chaos tentaculaire » : on y verra notamment les héroïnes Elinor et Marianne Dashwood affronter, dans leur quête amoureuse, homards géants, poulpes démoniaques et autres serpents à deux têtes...Pas une seconde l'éditeur Quirk Book ne doute du succès de son nouveau titre. La preuve : la date choisie pour la publication, le 15 septembre, coïncide exactement avec celle du nouveau livre de Dan Brown, The Lost Symbol (Le Symbole perdu en français, annoncé chez JC Lattès), annoncé comme le plus gros best-seller de la rentrée. Et tandis que Seth Grahame-Smith, l'auteur de Pride and Prejudice and Zombies prépare pour l'éditeur Grand Central une biographie d'Abraham Lincoln en chasseur de vampires, Jason Rekulak, le directeur de Quirk Book, affirme lui avoir déjà établi une liste de classiques et d'éléments qu'il pourrait y intégrer : « pirates, robots, ninjas, singes, etc. » Les puristes vont grincer des dents. Libraires et dentistes peuvent désormais eux aussi travailler main dans la main. Une nouvelle leçon de marketing avec Dan BrownAvis aux écrivains incompris : à l'occasion de la sortie de The Lost Symbol, le nouveau roman de Dan Brown, l'écrivain et et ses éditeurs livrent la recette pour en faire un best-seller assuré.
D'abord, faire monter la sauce. La couverture de The Lost Symbol a été dévoilée en grande pompe il y a quelques jours, soit plus de deux mois avant la sortie anglo-saxonne du roman. Un sceau rouge, le Capitole sous un ciel ensanglanté : comprenez, les héros de The Lost Symbol - le symbologiste Robert Langdon toujours en première ligne - risqueront leur peau pour sauver leur pays d'un terrible danger. ![]()
Ensuite, miser sur les produits dérivés. The Lost Symbol sortira dans sa traduction française fin 2009 (Le Symbole perdu, JC Lattès). D'ici là, Michel Lafon sortira Le symbole perdu décrypté, à ne pas confondre avec Le symbole perdu : l'enquête, chez Robert Laffont. Sans oublier Dan Brown décrypté, au Fleuve noir. Comme au temps du si sulfureux Da Vinci Code, ça sent le scoop.
Et enfin, utiliser les nouveaux réseaux. La page Facebook de Dan Brown sera animée, tout l'été, par des codes et des énigmes que les 50 000 fans de l'auteur pourront s'acharner à résoudre. Sur la page Twitter de The Lost Symbol, on peut déjà participer à quelques jeux : l'administrateur poste des images, à vous de les identifier. Et bien sûr, le site web du livre, qui décompte les minutes et les secondes qui nous séparent de la sortie du roman. Et à part ça, sur le site... rien.
Voir aussi : - Notre dossier consacré au Da Vinci Code. Le rapport entre Hölderlin et Michael Jackson est pourtant évident
Quel est le point commun entre Michael Jackson, le 14 juillet et Hölderlin, le plus grand poète allemand de tous les temps (et Goethe c'est du bobtail ?) ? Point commun ? Bof. L'absurdité du temps. Si l'on considère que Hölderlin est un poète révolutionnaire, bouleversé par la révolution française, membre des jeunes Stiflers qui planteront un arbre de la liberté sur les bords de la rivière Neckar et poète de révélation pour Hegel et Schelling, il apparaît difficile de ne pas associer Hölderlin, fut-il allemand, aux pensées qui peuvent nous traverser l'esprit lorsqu'on prépare le 14 juillet ou le 13 et son feu d'artifice. Difficile alors dans la chaleur des célébrations républicaines de ne pas évoquer le décès récent, matraqué chez nous avec la délicatesse d'un Panzer, du biennommé King of Pop. Et alors ?, demande la raison. Hé c'est bien sûr, répond la mémoire loufoque. En faisant le pont avec la Révolution Française, on éclaircit fondamentalement la liaison entre Hölderlin et Michael Jackson. La réponse se trouve alors à portée de recueil, de poésie celui-là (pas de cercueil, attention). Hölderlin a donné aux alentours de 1793 une description incroyablement précise de Michael Jackson et de la magie de son Moonwalk. En changeant quelques mots mal placés voilà ce que ça donne.
"Michael Jackson. C'est lui que j'aimerais Chanter, pareil à Hercule, ou/ A l'île voisine, où, détenu et sauvé, rafraîchi/ Par l'eau de mer froide, hors du désert/ Du flot, du flot immense, Pélée. Mais ça ne va/ Pas. Son destin est tout autre. Bien plus miraculeux./ Plus riche, à danser. Imprévisible Depuis le sien la fable./ Alors Je voudrais chanter le voyage des gens nobles vers Neverland, et la souffrance errante à Staples Center, / Et l'empereur Bambi. / Mais que Mon ardeur même ne m'expose. Comprendre cela Nous le devons avant tout. Comme l'air du matin sont proprement les noms Depuis le King of Pop. / Deviennent rêves. Tombent, comme l'erreur, Sur le cœur et le tuent, si pas un seul/ Ne les pèse à leur poids, ne comprend. Mais l'homme attentif Vit le visage du dieu, / Autrefois, lorsque, au mystère du vin, assis/ Tous ensemble, à l'heure du concert, Michael Jackson, dans sa grande âme, l'ayant choisie, Proféra la mort, et l'amour ultime, car jamais Il n'avait eu assez de mots, Pour dire le bien, en ce temps, et d'affirmer ce qui s'affirme. Mais sa lumière était La mort. Car pauvre est la colère du monde. Mais il le savait. Tout est bien. Après quoi il mourut. Mais ses amis purent voir encore, courbée, malgré tout, devant Dieu/ La forme de celui qui s'absente, comme lorsque/ Un siècle se penche, pensifs, dans la joie de la vérité, une dernière fois. Ils s'attristèrent pourtant, car alors Le soir était venu./ Etre pur en effet Face à un tel visage, est destin, une vie, avec un cœur, Et qui dure au-delà de la moitié. Mais beaucoup de choses sont à éviter./ Trop D'amour, dans l'adoration, Est dangereux, le plus souvent blesse. / Mais ils ne voulaient quitter/ Ni le visage de Michael Jackson ni leur patrie. Cela leur était inné Comme le feu dans le fer, tandis qu'allait A leur côté, comme une peste, l'ombre de l'amour. C'est pourquoi il leur envoya Stevie Wonder, et la demeure en vérité Trembla et les orages de Dieu grondèrent. "
A quoi tient le sacrilège. Deux mots. Et Jésus devient MJ ou vice versa comme à la parade. C'est Hölderlin qui est plus grand que les deux autres, tout simplement.
Cinq raisons DE LIRE à la plage![]() Suite et fin de notre "pour ou contre" régressif et estival. Qu'on s'entende : je n'aime pas la plage, pas l'eau salée, pas le soleil et globalement pas la mer. Mais le débat n'est pas là. Bien sûr il vaudra toujours mieux lire en eau douce qu'en eau salée (le sel attaque les pages, fait des doigts plus petits, et laisse un mauvais goût sur les lèvres), au lac qu'à l'océan (il y a des arbres et pas des parasols) mais il s'avère que beaucoup de français pensent autrement et décident coûte que coûte chaque année de se précipiter vers ces côtes que nous avons si belles paraît-il et de s'y abîmer le cuir. Si les bonnes raisons de ne pas lire à la plage ne vous ont pas convaincu d'arrêter, d'abandonner votre Marc Lévy ou votre Fred Vargas, votre Guillaume Musso ou Irvine Welsh, c'est sûrement pour l'une de ses 5 bonnes raisons de lire à la plage.
1. On peut zieuter les filles/mecs sans passer pour un mateur : le coup du coup d'oeil par dessus le livre est une technique que tout bon lecteur apprend dès l'âge de 6 ou 7 ans. Cette technique atteint son maximum d'efficacité lorsqu'elle est pratiquée à la mer. Là, vous pouvez zieuter à peu près ce que vous voulez et ce que vous aimez : le cul balourd d'une vieille nana, les petits seins qui pointent d'une gamine de 12 ans (sic), les tablettes de chocolat d'un Thierry Henry du Cap d'Agde au short tendu sous le slip, le colloque des jeunes filles en fleur qui débattent de leurs affaires du soir à l'ombre du parasol. Le livre, de bon format, vous autorise toutes les audaces, toutes les indiscrétions. Le tenir bien droit près du corps : zieuter à droite en fin de chaque ligne en passant le nez par la lisière des pages, ou plus classiquement, en l'éloignant de vous, par dessus, à votre convenance. Lire à la plage c'est érotique.
2. On s'emmerde un peu moins qu'en restant sur le sable comme une crêpe. Chose étrange mais remarquable si on n'aime pas tant que ça la mer : lire à la plage permet de s'évader de ses propres vacances.... L'objectif est étrange si l'on considère que les vacances sont elles-mêmes un moyen de s'évader de sa propre vie, s'évader de l'évasion n'en reste pas moins quelque chose de salutaire. Il ne faut pas oublier que le chef en moins, les vacances sont parfois aussi chiantes que l'année régulière. Pour beaucoup, avec la femme et les enfants, elles ressemblent même à des play-offs de fin de saison, le moment où on va devoir se farcir toute la bêtise de ses proches, tout l'ennui et la pesanteur d'une année accumulés. Lire à la plage permet d'une part de résister à la plage elle-même et, d'autre part, de résister à ceux avec qui on s'y trouve.
3. C'est plus facile de lire à la plage qu'à la montagne : la bonne raison ne l'est pas vraiment mais à tout craindre, mieux vaut lire sur le sable, même chaud, sur une serviette, sur un matelas gonflé et bleu de 4 centimètres, qu'à la montagne. Les rochers font mal au dos. Il faut se trimballer le pavé sur les dénivelés insensés que nous suggère d'affronter notre conjoint(e) fan de randonnée. Lorsqu'on lit en montagne, recroquevillé sur un rocher qui tente de s'inventer des aspérités pour nous transpercer l'anus, on se tortille, on plie les jambes et on se rapproche dangereusement de nos propres chaussures de randonnée, ensaucées par les kilomètres, et qui dégage une odeur de fox-terrier mort. Avec les doigts en éventail, tout ceci ne peut arriver. Avez-vous déjà essayé de monter le Rouge et le Noir en haut du Ventoux ? Lire à la plage, c'est naze mais ce n'est pas ce qu'il y a de pire.
4. C'est ça ou le jokari : l'argument se suffit à lui-même. La plage, ça craint et la lecture peut vous sauver la mise, vous donner l'impression que vous n'aurez pas tout perdu en essayant de vous choper un cancer de la peau. Notez d'ailleurs que si vous lisez un livre (et contrairement à toutes les vieilles peaux qui hantent les plages de Nice et de la Côte d'Azur) vous avez de bonnes chances d'éviter l'effet "peau parcheminée" qui va avec l'exposition au soleil. Le livre, c'est mieux qu'une crème indice 7. Donc la lecture, oui, c'est mieux que le jokari, mieux que le volley avec des nanas qui ne veulent pas coucher avec vous et qui ne savent PAS jouer, c'est mieux que la baignade dans une eau gorgée d'huiles et de méduses, mieux que de faire des patés de sable idiots avec votre fils d'un an, mieux que de porter la glacière ou que d'acheter des chouchous, mieux que de mater les culs, mieux que de fumer des cigarettes et les enfouir sous le sable, mieux qu'à peu près tout ce qui peut se pratiquer à la plage.
5. On peut penser à des trucs horribles/érotiques/supernégatifs EN SLIP sans que personne en sache rien : L'un des privilèges premiers et traditionnels de la lecture s'apprécie encore plus quand on est à la plage, c'est-à-dire en slip ou en maillot de bain deux pièces. C'est l'idée de penser du mal/bien des autres dans le plus simple appareil, dans un environnement naturel et ouvert alors qu'ILS ne se doutent de rien. L'opération rejoint parfois notre raison 1 mais peut surtout être stimulée par le livre que vous choisirez. Un petit Bret Easton Ellis, Glamorama au hasard, vous donnera des envies de baiser à tout va, un début d'érection (?) et des envies de meurtre qui vous permettront de vivre secrètement une petite aventure morbide tandis que la plage s'égaye dans votre dos. L'un de nos livres tristes fera de vous un être unique et absolument seul alors qu'il n'y a pas cinq centimètres pour étendre votre serviette. Vous pourrez aimer, tuer, baiser, cracher, péter en secret. La lecture est seule à vous offrir cette occasion d'être reconnu à votre juste valeur, dans votre individualité la plus stricte et la plus infâme. Lire à la plage fait de vous un être irremplaçable, si vous lisez ce qu'il faut bien sûr. Travaux pratiques en ce qui me concerne, du 1er au 15 août près de Loctudy en Bretagne. (Musique des Dents de la mer....) Voir aussi : Cinq raisons de NE PAS LIRE à la plage![]() Les vacances : période idéale pour s'attaquer à tous ces livres qui sommeillent sur l'étagère depuis des mois. Pourtant, se coller à un bouquin sur la plage, ça devient vite très compliqué.
Problème n°1 : le soleil. Aujourd'hui, c'est un jour pair. Et les jours pairs, on bronze sur le dos. Avec ou sans lunettes, on n'y voit pas grand-chose. On positionne savamment le bouquin dans l'axe précis soleil / yeux, mais résultat, on attrape vite mal au bras. Et au bout de deux pages et demi, on regrette d'avoir laissé son mp3 à la maison. Problème n°2 : les grains. Aujourd'hui, c'est un jour impair. Et les jours impairs, on bronze sur le ventre. Un coup de vent, un enfant qui passe en courant, et ça y est, quelques sales grains de sable se sont coincés entre les pages - avec un peu de chance, elles seront même froissées. Le livre crisse, c'est agaçant. Problème n°3 : les gouttes. Dix minutes plus tard, le même enfant revient de la baignade, et glisse au passage sur le coin de notre serviette. Et ploc, en plein sur la page 24. Le livre est gondolé, c'est moche. Problème n°4 : le bruit. Après s'être ainsi dépensé, l'adorable a faim, bien sûr, et il le fait comprendre à haute voix. Depuis cinq minutes, on fronce les sourcils sur le même paragraphe. Déjà que Maupassant, il faut prendre son élan pour le traverser, mais avec ces hurlements... Donnez-lui un B.N, un croûton de pain, quelque chose ! Problème n°5 : la tentation du sommeil. L'affamé a plié bagage, on est enfin passé au chapitre 3 du Horla, lorsque le regard divague, les paupières s'alourdissent... Non, il faut tenir au moins jusqu'à la fin de la page... Un instant plus tard, il est 19 heures.
Pour ceux que les lectures de l'extrême ont écoeurés pour de bon, il existe peut être une solution: le livre qui s'écoute. Car désormais, les best-sellers et les classiques s'achètent aussi en format mp3 (Les Audiolib par exemple). Sinon, pour les puristes et les téméraires, il y a la sélection de l'été de Flu : voir notre le top des livres drôles et celui des livres tristes. A vous de voir.
Lire aussi les cinq raisons de lire à la plage Photo: Romain Duris et Aïssa Maïga dans le film L'Age d'homme. L'Escalier truqué : rêves sans issues![]()
L'Escalier truqué qui donne son nom à l'album de Jean-Pierre Duffour et à l'une des histoires courtes qui le composent, c'est celui qui monte au coeur de la gigantesque tour dans laquelle se déroule toutes les histoires.
Enfin, il monte jusqu'à un certain point, au-delà duquel il se met à emprunter des directions plus obliques, jusqu'à explorer des dimensions qui n'ont pas de nom. Toute tentative de gravir l'escalier est de toute façon vouée à l'échec, la seule certitude quand on l'emprunte, c'est qu'on s'engage dans une voie sans issue.
Dans les centaines d'étages de cette tour sans fin vivent des gens ordinaires dont la vie peut basculer à tout instant dans le surréalisme. Quand les règles de l'ordinaire sont renversées, ils font des efforts désespérés pour rétablir le statu quo. Ils ne cherchent pas d'explication, ne s'étonnent même pas, tout ce qui leur importe c'est de sauver leur peau et surtout l'ordre de leur vie bien rangée. Au premier étage, on découvre les racines de l'absurde : un tribunal kafkaïen en noir et blanc qui accuse et juge sans logique. Heureusement, comme dans un rêve, il suffit d'être lucide et de réaliser que rien n'y a de conséquence pour s'en échapper sans heurt. Au dix-septième sous-sol vit le plombier/concierge, un minotaure qui dans sa cave passe son temps à se divertir en lisant de bon livres. Comme dans le mythe grec, ce minotaure est un symbole de l'inconscient, enfermé loin du monde réel. Ici cependant, dans le monde du rêve, c'est lui le roi, c'est lui qui crée l'absurde et c'est lui qu'on appelle pour réparer quand quelque chose ne va pas. Mais il est capricieux et n'en fait qu'à sa tête. Toutes ces histoires ont été publiées ici ou là par l'association ou l'éditeur japonais Kodansha. Aujourd'hui Rackham les rassemble et permet au lecteur d'avoir une vue d'ensemble de l'univers onirique de Duffour, qui vaut bien ce lui de David B, dont les albums comme le Cheval Blêmesont sans doute le point de comparaison le plus proche pour appréhender l'Escalier Truqué. Résistant à la logique, ces albums résistent aussi en grande partie à la critique. Ils sont bons, sans doute, mais il est un peu vain de chercher trop longtemps à deviner pourquoi.
J.P. Duffour, L'Escalier truqué, éditions Rackham, 2009. Ken Bruen : son hommage à Billy Wilder adapté au cinéma Le meilleur roman de Ken Bruen n'appartenant à aucun cycle (ni celui de Robert & Brant ni celui de Jack Taylor) est certainement London Boulevard, un hommage au fameux film de Billy Wilder, Boulevard du crépuscule (Sunset Boulevard, 1950).
Un film noir incroyablement avant-gardiste dans lequel des mythes du muet comme le réalisateur Cecil B. DeMille ou le comique Buster Keaton font une apparition et jouent leur propre rôle, racontant l'histoire d'un scénariste aux abois devenant homme à tout faire pour une ancienne actrice du cinéma muet, vieillissante et aigrie, qui manipulera son entourage jusqu'au drame, dans l'espoir de redevenir une "étoile". Monstre d'égoïsme et d'égostime, elle finira par aller jusqu'au bout de ce qu'il est possible de faire pour arriver à ses fins. A son habitude, avec son humour noir et pince sans rire, Bruen en donne une version incisive aux dialogues inoubliables, remplaçant le scénariste par un ex-taulard et la vedette du muet par une comédienne de théatre oubliée. Il n'est pas étonnant de voir Hollywood, actuellement avide de remake, optionner l'excellente adaptation de l'irlandais. Comme l'annonce l'auteur avec fierté sur son site officiel, c'est donc le scénariste oscarisé William Monahan (Les Infiltrés pour Martin Scorsese, Mensonges d'état pour Ridley Scott) également producteur et réalisateur (The Chaser) qui adaptera et dirigera sous peu London Boulevard à l'écran. Les principaux rôles iront à Keira Knightley et Colin Farrell que l'on imagine bien dans le costume taillé sur mesure de cynique irlandais n'attendant plus rien de la vie, bien trop lucide pour avoir peur même quand sa vie en dépend. Lectures drôles, lectures tristes : la sélection de Flu
Ceux qui veulent se marrer (ou qui au contraire ont besoin de retrouver le moral) pourront consultez notre top des livres drôles. De Pétrone à Michel Faber, d'excellents écrivains ont pris le parti de l'humour : absurde, jeux de mots, comique de situation, blagues potaches... les mots jaillissent et les rires fusent. Ceux qui préfèrent la pure émotion (ou qui ont besoin de savoir qu'ils ne sont pas si mal lotis) trouveront leur bonheur (!) dans notre Top des livres tristes. C'est plus efficace qu'un téléfilm sur mère courage, plus utile surtout. Steinbeck, Emmanuel Carrère, Albert Cohen et les autres vous font sortir vos mouchoirs.
Voir aussi : Le diaporama des livres pour voyager sans bouger Super-héros islamiques et super-héros américains : la rencontre![]() The 99, la bande de superhéros musulmans, se préparent à rencontrer, dans une BD prévue d'ici un an, leurs collègues d’outre Atlantique, Superman, Wonder Woman, et consorts.
Depuis 2006, les aventures des 99 font des ravages au Koweït : environ un million d’exemplaires des comics s'y vendent par an, et un parc d’attractions qui leur est consacré a ouvert ses portes en mars dernier. Contrairement aux héros américains, ils ne souffrent d'aucun dédoublement de personnalité. Ce sont juste de banals citoyens, qui ont, un jour, développé des aptitudes surhumaines. Paul Levitz, directeur éditorial de DC comics, salue une initiative interculturelle sans précédent, même si la rencontre entre les super héros est une tradition dans le monde de la bulle dessinée. Naif Al-Mutawa, heureux père des 99, espère que cette collaboration favorisera le dialogue entre les deux cultures. On ignore, pour l’instant, si les DC heroes et les 99 seront ennemis, ou s’ils s’uniront dans le combat éternel contre le Mal.
Voir aussi : En images : des trésors de la bd exposés à la Maison Rouge Le diaporama de l'expo Art Spiegelman
Le tour du monde avec Marc Levy
Levy en avait marre de Londres et Paris. Il ne fait qu'y passer ici (les héros y ont leur base arrière), même si cela nous vaut quelques belles pages sur les Vélib ou les universités anglaises. Le nouveau roman de supermarché est mondial, Levy nous fait voir du pays, quitte à ce qu'il y ait des avions qui décollent avant d'atterrir et qu'on perde la couche d'ozone au milieu. Il voulait voir le monde et passer la vitesse supérieure : le roman d'aventures lui tendait les bras. Pour le reste, la littérature, le suspense, etc, il faudra attendre encore un peu. Tender Morsels : jusqu’où peut aller la littérature jeunesse ?
Tender Morsels est sorti ce mois-ci aux éditions Random House, et des parents se sont aussitôt indignés qu'un tel récit soit publié dans une collection qui s'adresse à la jeunesse, sans que la couverture n'informe sur la violence du contenu. Les éditeurs ont en effet opté pour un avertissement à l'intérieur de l'ouvrage. Tender Morsels est en outre publié dans deux collections : la première, destinée aux adolescents, la seconde, pour les adultes. Un même texte pour deux publics ; seule l'image de couverture change. Selon l'écrivain Philip Pullman, auteur de la trilogie A la croisée des mondes, nul besoin de prévenir le lecteur, la première page d'un livre suffit à donner une idée de son contenu. Il va même plus loin et explique que pour lui, « il ne devrait pas y avoir de thématiques interdites à la littérature jeunesse. Les enfants font face à des réalités bien plus fortes : le divorce, le trafic de drogue, la sexualité. » Quel adolescent en mal de sensations n'a pas d'ailleurs pioché, un jour, parmi les oeuvres les plus transgressives de la littérature ? (celles, notamment, qui sont présentées dans notre diaporama des livres les plus trash.) Ego Comme X : la bd se refait une beauté![]() L'éditeur indépendant Ego Comme X vient de refaire à neuf son site web et outre une option "achat en ligne" toujours appréciable et une compilation d'entretiens avec ses auteurs phares, l'éditeur propose une demi douzaine d'albums à lire intégralement et gratuitement en ligne.
Ce sont des BD de Fabrice Néaud, Simon Hureau ou Lucas Méthé - ainsi qu'un roman de Lionel Tran - qui sont mises à disposition des lecteurs radins ou pauvres, parce qu'elles étaient épuisées, parce que leur auteur voulait qu'il en soit ainsi ou parce qu'il s'agit de travaux non commerciaux. Si vous aimez les histoires intimes, les BD en noir et blanc et que les interfaces de lectures peu ergonomiques ne vous rebutent pas trop, ce nouveau site est fait pour vous. Mon problème avec 2666 et les livres mastodontes
Avec 2666, élu meilleur livre de l'année 2008 (date de sa sortie) un peu partout, Bolaño propose pas moins de 1000 pages et un gros pavé paru chez Christian Bourgois dans lequel je me suis engouffré totalement inconscient. Le roman qui traite entre autres choses du mal est ce que j'ai lu de mieux depuis au moins mille ans. Se sachant malade, l'écrivain avait mûri le plan de sortir ce monstre en 5 volumes pour assurer la prospérité de ses héritiers, mais les dits héritiers, respectueux de l'oeuvre de leur papounet ont pris la décision de respecter le travail de Bolaño et préféré sortir le livre en une seule séquence plutôt que de le trancher en mode jackpot.
Du coup, voilà le travail : 1 kilo 200 grammes de matière littéraire en fusion, intransportable et disons le impossible à lire dans des conditions normales d'utilisation. Le problème posé par 2666 n'est pas une chose anodine et se pose plus souvent qu'on ne le croit, que l'on se retrouve dans la posture du critique ou dans celle du lecteur occasionnel.
Pour le critique, le gros livre a tout d'un repoussoir. Que faut-il en faire ? Il va de soi que si on veut faire son travail correctement, lire 2666, William H. Gass et son Tunnel ou le Livre des Violences de Vollmann à venir, il faut envoyer un mot d'excuse à son rédacteur en chef disant à peu près ceci : " Je te prépare une critique de 2666 pour dans 6 à 8 mois. D'ici là, merci de continuer à me payer mais je suis sincèrement désolé, je ne pourrai rien lire d'autre, ni te livrer quoi que ce soit", ou alors ruser, parcourir le livre, recopier le 4ème de couverture et se la jouer à l'esbrouffe.... Faire comme si, lire vite et lire mal, lire sans s'arrêter, tout lire mais en sabotant le plaisir qu'on y prend. C'est souvent cette voie-là qu'on choisit à défaut de rater l'exclusivité et de critiquer en 2011 un livre sorti en 2007, voire d'abandonner toute velléité critique si le livre est si bon qu'il n'est pas la peine d'en rajouter.
Le lecteur d'aujourd'hui aime aller d'un livre à l'autre, et ne peut pas se payer le luxe de ne lire qu'un livre pendant un an, à moins d'être un monomaniaque dangereux. La seule solution que j'ai trouvé pour ce genre de livres est de les picorer, de les garder près de ma table de chevet (j'ai toujours là un gros Walter Benjamin, l'énorme correspondance de Leopardi par exemple) et d'en faire des livres INTERCALAIRES, lus par segments de 10 ou 12 pages, les jours de misère romanesque. Du coup, le livre mastodonte se lit en durée XXL, sur des années, des siècles même, il se lit lentement et plus sûrement qu'aucun autre, ce qui n'est sans doute pas la meilleure manière de l'apprécier mais qui permet de le faire quand même. Pas la peine de parler du contenu, il reste les phrases, le temps et nous. Quand je l'aurai fini, nous serons tous morts et il ne restera rien ou pas grand chose de Bolaño et de la littérature, encore moins de ce site, de Michael Jackson et son moonwalk, de la race lisante, de la Terre,... Il ne restera que le vent.
Message personnel : Je suis théoriquement censé rendre le livre à la bibliothèque du Mans le 13 juillet. Comptez dessus. De toute façon, je suis à peu près certain que personne n'aura l'idée de le réserver dans les 10 prochaines années.
Découvrez Firmin, le rat qui lit Steinbeck et Dostoïevski
Réponse : ni le dernier héros de Disney, ni un double de Ratatouille reconverti en libraire, Firmin est le personnage principal du roman éponyme de Sam Savage. Un rat né dans les sous-sols d'une librairie, et qui se nourrit - dans tous les sens du terme - des plus gros morceaux de la littérature - en vrac : Dickens, Fitzgerald, Dostoïevski, Steinbeck, Stendhal, Faulkner... Mais à qui il ne faut surtout pas parler des autres titres consacrés à ses comparses : « La seule littérature que je hais de toute mon âme est la littérature consacrée aux rats, souris comprises. (...) Je pisse à la raie de Mickey Mouse et Stuart Little. Si affables, si mignons avec leurs petites pattes, ils me restent en travers de la gorge comme de grosses arêtes de poisson. » Un rat sur lequel les éditions Actes Sud misent gros aussi, à en juger par la campagne consacrée au livre de Savage, qui connaît un succès mondial depuis sa publication initiale. Affichage dans les stations de métro, dans les gares... et spot au cinéma. Firmin est en fait déjà vendu comme un film - qu'il deviendra peut-être ? Cet été, il aura en tout cas l'avantage de vous faire réviser vos grands classiques. Les amoureux du livre à la sauce borgésienne s'y retrouveront, mais ceux qui préfèrent lire les grandes oeuvres au lieu d'en entendre parler risque d'en sortir un peu frustré.
Lire des extraits de Firmin sur Fluctuat En images : des trésors de la BD à la Maison RougeAvec l’ouverture récente du Musée de la bd à Angoulême, c’est l’un des événements incontournables de l’été consacrés au 9e art : l’expo Vraoum ! à la Maison Rouge réunit de véritables trésors graphiques, qu’il s’agisse de planches originales (Trondheim, Eisner, Crumb) ou d’œuvres d’artistes inspirés par la bande-dessinée (Basquiat, Warhol, Erro…).
Grands classiques (Tintin, Peanuts) ou superslips, science-fiction ou érotisme, figures hype ou populaires… : l’exposition de la Maison Rouge, orchestrée par David Rosenberg et Pierre Sterckx rend compte de la riche diversité de la bd. La preuve en images, avec le DIAPORAMA DE L'EXPO VRAOUM !, qui relève le pari de réunir Bédé et art contemporain. Vraoum ! Trésors de la bande dessinée et art contemporain A la Maison Rouge jusqu’au 27 septembre 2009.
Lire aussi : Persepolis 2.0 dénonce le régime iranien Gainsbourg par Joann Sfar, après le film, la bd La Genèse de Crumb dans Télérama Toute l'actu des expos sur le blog arts |
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