Livres : actu romans, essais et bd, extraits... blog Mille feuilles.

Archives > Mai 2009

Visitez l'Italie avec Henri Calet, façon Gonzo

Posté par Céline le 29.05.09 à 16:36 | tags : roman, news

En choisissant de rééditer L’Italie à la paresseuse d'Henri Calet, auteur mal publié à l'époque (des années 30 aux années 50), Le Dilettante sort des chemins balisés de la littérature académique... pour notre plus grand plaisir.

 

Amateurs de tours-opérateurs s'abstenir : ce roman n'a du guide touristique que l'apparence. Prétextant un voyage de presse, l'écrivain revisite l'Italie à sa manière, en dilettante : Calet voyage en troisième classe, quand ce n'est pas dans le wagon à bestiaux ! Henri Calet n'a rien d'un mondain. Son expression est simple et généreuse. Son roman traite des hommes (et si possible des petites gens) plutôt que des apparats culturels de la botte italienne. "Et maintenant, je dois m'accuser de n'avoir pas vu la chapelle Sixtine ni le château Saint-Ange, ni aucun musée ni le Forum... Je n'ai fait qu'entrevoir l'eau du Tibre en passant sur un pont, en filobus". Loin des clichés servis aux touristes, ce journaliste-écrivain peu connu du grand public nous emmène en balade, pour le meilleur et pour le rire.

Lire la suite de la chronique sur Fluctuat

Voir aussi :

Le Festival des Etonnants voyageurs : les séries US à l'honneur
Le diaporama des photos inspirées d'oeuvres littéraires




Le nouveau Greg Egan, c'est pour novembre !

Posté par Maxence le 29.05.09 à 14:53 | tags : news, science-fiction, édition
On en parle déjà beaucoup sur le forum du Bélial (maison d'édition, entre  autres, de la revue Bifrost) : l'éditeur à l'origine de la publication de "l'intégrale raisonnée" des nouvelles de l'immense auteur australien de science-fiction, Greg Egan, annonce en effet la parution du tome 3 de ses nouvelles, sous le titre Océanique, pour novembre 2009 !

 

L'évènement est de taille puisque ce copieux recueil faisant suite à Axiomatique et Radieux, comprendra "treize récits dont sept inédits". Rappelons que la réunion, traduction et publication de toutes les nouvelles de cet écrivain précieux est une initiative que l'on doit aux Quarante-Deux, indispensable database et communauté d'auteurs, d'éditeurs, de traducteurs et de passionnés (une des premières sur le net en France) gravitant autour du fameux site du même nom, spécialisé dans la littérature fantastique et la science fiction. Quarante-Deux est également une "base de données exliibris recensant actuellement plus de quatorze mille textes", parmi lesquels des notices courtes, des commentaires d'ouvrages, des essais sur le genre, la liste des prix littéraires et des fanzines.

 

La parution de ce nouveau volume consacré à Greg Egan sera une nouvelle fois l'occasion pour les amateurs de faire la nique aux détracteurs des littératures de l'imaginaire, en présentant un auteur dont les sujets dépassent largement le cadre d'une SF souvent galvaudée, et encore trop souvent moquée et ignorée par ceux qui n'y connaissent rien (ou ne se basent que sur les couvertures souvent trop colorées, qui valent bien des déboires au genre).

En l'occurrence, ce recueil d'Egan ne péchera pas dans le sens d'un gribouillage pseudo-futuriste, puisque sa très belle couverture en partie dévoilée par l'éditeur sur son site, s'inspire du Nazaréen (création de Nicolas Fructus). Une façon d'insister sur  "l'importance de la question religieuse et la question morale face aux changements culturels et scientifiques, dans l'œuvre d'Egan... ", selon Olivier Girard, responsable du Bélial.

Une autre bonne nouvelle pour finir : Océanique ne sera pas le dernier volume de l'intégral puisque l'auteur s'est enfin remis à écrire après une pause de plusieurs années... A suivre donc.

 

Lire aussi :

Peter Watts explore nos espaces intérieurs
L'actu de science fiction







Festival des Étonnants voyageurs : les séries US à l'honneur !

Posté par Gwenola le 29.05.09 à 10:32 | tags : news, festival
La XXe édition du Festival des Étonnants voyageurs, qui s'ouvre demain à Saint Malo (jusqu'au 1er juin), entend, comme chaque année, proposer une programmation en marge des modes littéraires et rendre hommage à une "littérature-monde".

 

Créé en 1990 par le corsaire des lettres Michel Le Bris, cet événement littéraire souhaite aussi rester en phase avec son temps, et s'articulera cette année autour du thème : « Monde en crise, besoin de fictions ». C'est dans le cadre de cette réflexion que le festival s'ouvre cette année aux séries télé américaines : une soirée spéciale sera notamment consacrée à la série stupéfiante The Wire du scénariste écrivain américain David Simon, avec projection des meilleurs épisodes, en présence de l'acteur Dominic West (alias l'inspecteur McNulty)...
 
Parmi les quelques 200 auteurs invités, on pourra croiser entre autres :
- Jean-Marie Blas de Roblès, prix Médicis pour Là ou les tigres sont chez eux
- Emmanuel Carrère, qui a récemment publié D'autres vies que la mienne (bouleversant)
- Alain Mabanckou, auteur du truculent Black bazar (voir l'entretien vidéo sur Fluctuat)


Dans le rayon de la littérature qui fait voyager, vous pouvez également, l'été approchant, aller faire un tour :

- En Italie, avec le dernier livre d'Henri Calet, L’Italie à la paresseuse ou comment visiter Rome, Venise, Florence, loin des circuits touristiques habituels.

- En Inde, avec Suite indienne de Paul Théroux, ou comment découvrir l'Inde sous un autre jour.

- En Egypte, avec J'aurais voulu être égyptien, le recueil d'Alaa El Aswany qui entend dénoncer une certaine hypocrisie de la part du gouvernement de son pays (lire l'interview sur Fluctuat)

 

Et sinon, le programme complet du festival, c'est par ici.

 

Voir aussi :

Le diaporama de Carnets d'artistes : des photos inspirées d'oeuvres littéraires




Le diaporama de l'exposition Art Spiegelman

Posté par Céline le 28.05.09 à 15:40 | tags : comics, bd, exposition
Mondialement connu pour sa série Maus, Art Spiegelman n'est pas seulement un graphiste et un conteur de génie, mais également à l'origine de la grande révolution des Comics américains. L'exposition Art Spiegelman présentée à la Galerie Martel (du 5 juin au 11 juillet) cherche à rétablir toute les facettes de cet artiste engagé.

 

Des illustrations de presse provocatrices aux croquis restés secrets, les oeuvres présentées à la galerie Martel retracent un parcours complexe et exceptionnel. Voici un diaporama consacré à Art Spiegelman.
 
Exposition Art Spiegelman. Galerie Martel, du 5 juin au 11 juillet 2009.
Vernissage jeudi 4 juin en présence de l'artiste.
17, rue Martel - Paris 10e
Plus d'infos sur le site de la galerie Martel



Kindle 3 : la publicité non autorisée !

Posté par Céline le 28.05.09 à 11:20 | tags : news, numérique, e-book
Un Kindle 2 plus performant, un Sony Reader plus léger, un lecteur pliable du futur selon Ars Electronica, une application iPhone pour lire romans et journaux... Le livre numérique accomplit tranquillement sa révolution à coup d'évolutions techniques.

 

"T'as un écran plus grand que le mien ? J'ai deux gigas de plus que toi. Ton lecteur est tactile ? Mais t'as même pas de couleurs..." Il n'est pas certain cependant que les lecteurs suivent le rythme. Même pas eu le temps de tester la dernière version du Kindle, qu'Amazon a déjà dévoilé un nouveau modèle, le Kindle "DX", présenté, de nouveau, comme LE super-lecteur-de-la-mort.
 
Sur le site Collegehumor,  on trouve une vidéo s'amusant des performances et des annonces quasi-prophétiques faites autour du lecteur d'Amazon. Le Kindle 3 : "tellement perfectionné que même ceux qui ne savent lire pourront l'utiliser !"
 
 
 
Lire aussi : e-book, le dossier
 



La biz-lit, de Zola à Bret Easton Ellis

Posté par Céline le 27.05.09 à 17:01 | tags : news, short-list, société
C'est sans doute la faute à cette crise qu'on a pu manger à toutes les sauces, mais beaucoup de lecteurs se sont récemment découvert un certain intérêt pour le monde des affaires. Du coup, les parutions autour de ce sujet ont proliféré ces derniers mois, rappelant à l'occasion que de nombreux livres de golden boys ont déjà fait date.

 

Sophie Vouteau, des éditions Max Milo (qui ont récemment publié Le Loup de Wall Street de l'ex-trader Jordan Belfort), rappelle ainsi que « depuis toujours, l’argent, le sexe, la drogue fascinent les lecteurs ». En l’occurrence, ce sont là trois ingrédients que l’on retrouve généralement dans la biz-lit. Et qui attirent davantage, semble-t-il, la gente masculine : « la réussite, l’excentricité, les excès : il y a là quelque chose qui relève de la testostérone ». Mais pas seulement : plus accessibles qu’un cours d’éco, certains titres de biz-lit peuvent également être abordés comme des ouvrages de vulgarisation financière. Un tel nous raconte les ficelles de la bourse, un autre les coulisses de la pub, cet autre encore celles de la banque : et nous voilà prêt à investir ou à déjouer les pièges de méchants requins…
 
Arnaqueurs géniaux, traders psychopathes ou repentis : voici un petit rappel des figures qui ont fondé une "biz-lit", de Zola à Bret Easton Ellis...
 
Lire aussi :



Nicolas Sarkozy aime Houellebecq et les Roujon-Macquart

Posté par Céline le 27.05.09 à 11:16 | tags : news

Depuis le terrible accident-Princesse de Clèves, dont beaucoup ne se sont pas encore remis, Nicolas Sarkozy a essayé à plusieurs reprises de se rattraper. Selon Le Parisien, il aurait d'ailleurs longuement parlé littérature pendant le vol qui le menait aux Emirats Arabes Unis, évoquant notamment sa lecture des Particules élémentaires...

 

Subissant peut-être l'influence de sa femme, comme certaines analyses tendent à le montrer, le président aurait affirmé avoir beaucoup apprécié le roman de Michel Houellebecq (au point  de nommer l'écrivain premier ministre ?). Moderne donc, Sarkozy aime aussi : les oeuvres de Sartre et Céline, et Zola bien sûr, pour sa formidable saga des... "Roujon-Macquart". Tiens, une nouvelle gaffe littéraire venue ternir la nouvelle virginité culturelle de celui qui raconte ses lectures sur son profil Facebook ? Selon Le Parisien, personne n'aurait en tout cas osé le reprendre. Pourtant, c'est bien comme ça qu'on apprend, non ?




Pourquoi les lecteurs de bd préfèrent-ils les cartoons ?

Posté par 2goldfish le 26.05.09 à 14:28 | tags : elucubration, bd

C'est une intuition que beaucoup ont depuis longtemps et qu'on attribue généralement à Scott McCloud qui l'a formulée dans L'Art Invisible : le lecteur de bande dessinnée s'identifie plus facilement à un personnage dessiné de façon "cartoonesque" qu'à un personnage dessiné de façon "réaliste".

 

Des chercheurs australiens ont récemment mis à l'épreuve cette théorie en analysant l'électro-encéphalogramme de cobayes à qui ils donnaient à lire une bédé racontant l'affrontement de deux super héros, chacun étant alternativement dessiné de façon cartoonesque et réaliste. Les électro-encéphalogrammes ont confirmé l'intuition de McCloud : les lecteurs montraient plus d'empathie pour le personnage "cartoonesque".

Comment expliquer ça ? Nombreux sont ceux qui estiment que la simplicité du trait nous permet de "remplir" le personnage avec des détails de notre imagination. Ils présument donc que nous les "remplissons" forcément de détails sympathiques. Cette théorie est insatisfaisante : je n'ai jamais eu l'impression de projeter sur un personnage cartoonesque des traits qui n'y étaient pas. Ces personnages sont généralement plus expressifs et n'ont pas besoin qu'on vienne leur ajouter quelque chose qu'ils n'ont pas déjà. Un cartoon met délibérément l'emphase sur certains traits d'un personnage et laisse finalement moins de place à l'imagination. Le lecteur se reconnaît donc plus dans un ou deux traits de personnalité caricaturés que dans une myriade de détails qu'il ne partage pas forcément.

 

On peut raisonnablement extrapoler cette expérience et en faire une application plus générale. Et si les lecteurs de prose préféraient eux aussi les personnages simples, cartoonesques ? Un roman psychologique c'est bien, mais un Marc Lévy, ça vend mieux. A vrai dire, et sans être sarcastique, on peut écrire de grands livres avec des personnages très simples. Pour rester dans le monde de la BD, Peanuts en est la parfaite illustration : une poignée d'enfants définis par deux ou trois traits de personnalité qui intéragissent pendant cinquante ans d'une façon tout ausi cartoonesque que celle dont ils sont dessinés, c'est un chef d'oeuvre. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

 

via




Paul Theroux démonte le mythe de l'Inde éternelle

Posté par Céline le 25.05.09 à 12:01 | tags : roman, news

L'Américain Paul Theroux a beaucoup voyagé. Assez voyagé, sans doute, pour ne plus se faire d'illusions. Dans le sillage de ses précédents ouvrages - Railway bazaar, Patagonie express - il décrit ainsi, dans Suite indienne, une Inde à rebours des fantasmes et des clichés : une Inde sensuelle, inquiétante, où spiritualité et affabilité sont supplantées par folie et cupidité.

 

On se souvient que la dernière création de Pina Bausch, consacrée à l'Inde comme le roman de Paul Theroux, nous avait déçu : trop lisse, l'image de l'Inde éternelle et sacrée que reflétait Bamboo Blues avait des allures de brochures touristiques pour riches occidentaux assoiffés de spiritualité. Avec Suite indienne, Paul Theroux nous livre l'exact opposé du travail de la chorégraphe : le pays qu'il y décrit est sale, cupide et dangereux, et aura vite fait d'engloutir ses personnages comme Lilith avale ses amants...




5 best-sellers auxquels vous n'échapperez pas cet été

Posté par Myosotis le 22.05.09 à 19:11 | tags : lectures de plage, élucubration, short-list, best-seller
A l'approche de l'été, les meilleures ventes de livres prennent comme chaque année une tournure particulière, même si cette année, crise oblige, les professionnels de l'édition l'admettent : le français lit moins ou achète moins de bouquins ce qui revient à peu près au même. Décryptage des tendances estivales à venir à travers 5 titres qui cartonnent actuellement en librairie :

 

1. Méthode de musculation d'Olivier Lefay, 110 exercices sans matériel : c'est un best-seller inattendu, publié en 2004 chez Amphora, et qui, comme souvent l'été, fait sa réapparition dans les classements. "L'originalité de cet ouvrage est d'associer un concept de musculation inédit et efficace à des illustrations très séduisantes et de grande qualité. Le lecteur sera convaincu autant par la pertinence des exercices et de la méthode proposés que par l'aspect graphique de l'ouvrage, présenté en grand..." En 26ème position des ventes FNAC cette semaine, l'ouvrage montre que les hommes lisent (les pauvres) et pas n'importe quoi. Les femmes ont les magazines minceur, les hommes des livres de muscu enseignant des exercices qu'ils ne feront jamais...

Lire la suite sur Fluctuat




Une serial-killer iranienne inspirée par l'œuvre d'Agatha Christie

Posté par Gwenola le 22.05.09 à 15:13 | tags : polar, news
Les livres d'Agatha Christie inspireraient-ils les psychopathes ? Une iranienne de 32 ans, Mahin, responsable de plusieurs meurtres, dit en tout cas avoir trouvé dans les romans noirs de la maîtresse du polar la marche à suivre pour assassiner sans se faire prendre.

Arsenic et vielles dentelles
Mahin est probablement, comme le souligne la police, l'une des premières femmes serial-killer de l'Iran. Pus étonnant encore, la meurtrière, qui s'en prenait essentiellement à des personnes âgées, cite Agatha Christie comme son grand mentor. La métafiction contenue dans les romans de celle-ci aurait permis à la jeune femme de commettre des crimes sans laisser de traces. Et si d'autres noms de la littérature policière de déduction au féminin, parmi celles que l’on surnomme "les reines du crime" - Patricia Highsmith, Ruth Rendell ou P.D. James - nous viennent alors à l'esprit, la psychose de Mahin - obnubilée par sa mère - et son désir de commettre un crime presque parfait évoque également Alfred Hitchcock, l'autre grand maître du suspense...
A ceux que la question des rapports entre littérature policière et crimes réels intéresse, on pourra notamment conseiller L'Homme aux lèvres de saphir, un livre d'Hervé Le Corre dans lequel les délires sanglants d'un fan d'Isidore Ducasse (Lautréamont) servent de prétexte à des meurtres en série.



Un hommage à Nerval, le vrai fou d'amour

Posté par Myosotis le 22.05.09 à 09:53 | tags : poésie, littérature en vidéo

La connais-tu, Dafné, cette ancienne romance,
Au pied du sycomore, ou sous les lauriers blancs,
Sous l'olivier, le myrte, ou les saules tremblants,

Cette chanson d'amour qui toujours recommence ?...

Reconnais-tu le Temple au péristyle immense,
Et les citrons amers où s'imprimaient tes dents,
Et la grotte, fatale aux hôtes imprudents,
Où du dragon vaincu dort l'antique semence ?...

Ils reviendront, ces dieux que tu pleures toujours !
Le temps va ramener l'ordre des anciens jours ;
La terre a tressailli d'un souffle prophétique...

Cependant la sibylle au visage latin
Est endormie encore sous l'arc de Constantin
- Et rien n'a dérangé le sévère portique
 

Pourquoi après tout ne pas fêter aujourd'hui en poésie le 201 ème anniversaire de la naissance de Gérard de Nerval ? Parce qu'on ne fête pas les 201ème anniversaires de naissance en général ou parce qu'on ne vit généralement pas jusqu'à cet âge avancé... Ce n'est pas une raison suffisante s'agissant d'un poète qui se pendit (c'est gai) un soir de Noël et qui, toute sa vie, défia les règles de la raison. Fasciné par Napoléon et son épopée dans ses premières années, Gérard de Nerval était un type bizarre : il considérait, ce qui était plutôt rare à l'époque, que l'Allemagne était un pays ami de la France et "notre mère à tous". Il faut dire que sa mère y était morte alors qu'il n'avait que deux ans.

 

Affilié à la veine romantique, membre du Cénacle, entre Théophile Gautier, Hugo et Pétrus Borel), Gérard de Nerval eut une carrière étrange, entre la poésie et le journalisme, avant de littéralement devenir dingue d'amour. Il tomba en admiration devant une jeune actrice, Jenny Colon, qu'on imagine sexy et ronde à souhait, avant de devenir à moitié fou lorsque celle-ci en épousa un autre. Le poète quitta, à partir de cette époque (la fin des années 1830, début 1840) le monde réel pour souffrir d'hallucinations et de flash métahistoriques (il voyait l'Allemagne, sa mère, des royaumes pro-prusse partout) qui le conduisirent à l'internement.

Quelque peu remis de ses émotions, Gérard de Nerval noya sa folie dans des voyages dont il tira des récits incroyables. Le plus célèbre reste son Voyage en Orient, tout simplement l'un des plus beaux récits de voyage de l'époque. De retour en Europe, sa santé mentale ne s'arrangea pas puisqu'il repassa à maintes reprises par la case Asile avant de fêter Noël dignement. Tandis que l'époque préféré exalter la figure plus aventurière et sexy de Rimbaud, un peu plus tard, le vrai fou d'amour, l'Amok du XIXème siècle, c'est sans conteste Gérard de Nerval. Il ne faut pas l'oublier. A l'image de ce Delfica habité, sa poésie est brillante, ultraclassique et savoureusement ravagée par le mélange des époques, des champs de réalité, la fusion des images et des dimensions.

 

En bonus : lecture de Fantaisie, son plus beau poème peut-être. Mais qui est cette femme qui apparaît à la fenêtre ? 1. la mort 2. son amour perdu ? 3. sa mère 4. Yvonne de Galais ?

 

Gérard de Nerval - Fantaisie



Les Carnets d'artistes à Quimper : la littérature devant l'objectif

Posté par Gwenola le 21.05.09 à 10:08 | tags : news, arts et littérature, photo, exposition
Dans le cadre de la 29ème édition du festival "Mai-photographies" de Quimper, l’Association Atkinos propose deux expositions :

- celle, en trois parties, de larges extraits de la collection du Mai-Photographies dans plusieurs lieux de la ville.
- celle de 40 "Carnets d’artistes" à la Médiathèque des Ursulines à Quimper : chaque carnet est l'oeuvre d'un photographe, à qui l'on a demandé de créer un livre d'art inspiré de l'oeuvre littéraire de leur choix. Animés par la puissance de l'écriture, 40 photographes ont ainsi revisité, à l'aide de leur objectif, les univers de grands auteurs, de Baudelaire à Kawabata, en passant par William Faulkner, Adolfo Bioy Casares, Nina Bouraoui...
 
 

Parrains de la manifestation, les éditions Filigranes concrétiseront ce projet par une publication spéciale rassemblant les différents ouvrages. Une vidéo-projection et des lectures ajouteront leur grain de sel à cette édition de Mai-Photographie. Plus d'infos sur le site.

CHAPITRE 29 / CARNETS D'ARTISTES
Médiathèque des Ursulines, Galerie Max Jacob, 10 rue de Falkirk, 29000 Quimper
Ouvert du mardi au samedi de 14h à 18 h, entrée libre / Tél : 02 98 98 86 60
Fermeture le jeudi 21 mai

Vernissage le samedi 30 mai 2009 à 17h à la Médiathèque des Ursulines, Quimper

 

Photo : Béatrice Roux, Les Quatre filles... inspiré des Quatre Filles du docteur March de Louisa May Alcott et des Trois Petits Cochons.

Voir aussi :

Le diaporama des plus étonnantes librairies du monde

Le diaporama Design & littérature




Sin Titulo : la bd à suspense qu'il faut lire...

Posté par Céline le 20.05.09 à 16:40 | tags : bd, polar, web, lectures de bureau

Nominé en 2007 aux prestigieux Eisner Awards pour The Other Side, une bd traitant de la guerre du Vietnam, le canadien Cameron Stewart a également fait ses preuves en matière de suspense. Depuis juin 2007, il publie sur le site Transmission X un polar, Sin titulo ("sans titre"), qui mérite d'être découvert à l'occasion de sa traduction par Random sur Webcomics. Ça se lit comme on regarde une série : c'est par ici.

Via Bodoï

 




Freud, psycho-détective ?

Posté par Céline le 20.05.09 à 10:47 | tags : poche, news, polar, premier roman, best-seller
Imaginiez-vous Freud, grand prêtre de la psychanalyse, en héros d'un polar new-yorkais ? C'est en tout cas ce que Jed Rubenfeld vous invite à faire, dans son roman L'Interprétation des meurtres : paru en 2006 en Grande-Bretagne où il fut un best-seller, traduit en français en 2007 chez (feu) Panama, celui-ci vient d'être réédité aux éditions Pocket. L'occasion de le redécouvrir.
 

Professeur de droit à Yale, Jed Rubenfeld évoque sous la forme d'un roman policier érudit et désuet (psycho-thriller dirait-on aujourd'hui), les premiers pas de la psychanalyse aux Etats-Unis et, puisqu'il s'agit de ça, des premiers pas de son inventeur sur le continent qui le consacrera plus tard comme un maître à penser et à dormir debout (ou allongé). Lorsque Freud débarque à New York, en 1909, à l'entame du roman, il a les yeux grands ouverts sur la ville et de faux airs de vieux chef de meute. Flanqué de Ferenczi, l'un de ses disciples, et de Jung, son héritier désigné, et cornaqué par le jeune narrateur indigène Younger, Freud effectue son seul et unique séjour aux Etats-Unis pour donner une série de conférences et présenter ses travaux...



Fans de Cormac McCarthy, rendez-vous au Texas...

Posté par Céline le 19.05.09 à 12:05 | tags : news, littérature en vidéo, exposition
Alors que l'adaptation au cinéma de La Route est prévu pour le mois d'octobre aux Etats-Unis, l'Université de San Marco au Texas propose actuellement une exposition dédiée à l'écrivain Cormac McCarthy qui, en dépit du succès de ses œuvres, vit à l'abri en de toutes les lumières médiatiques.

Les nombreuses archives réunies par l'exposition retracent la carrière exceptionnelle de McCarthy, depuis son premier roman, The Orchard Keeper (Le Gardien du verger, 1965), jusqu'à son œuvre inachevée - The Passenger, dont rien ne sera cependant dévoilé avant sa publication. Parmi les documents présentés, figurent notamment : le manuscrit de The Stonemason, une pièce écrite en 1994, qui évoque une famille afro-américaine vivant dans le Kentucky ; quatre scénarios, dont celui de No Country for Old Men, qui fut écrit en 1984 avant que l'écrivain n'en fasse un roman 20 ans plus tard. Ou encore : des cartes de Saltillo et de Zacatecas, qui ont sans doute servi à la rédaction de All the pretty horses (De si jolis chevaux, 1992) ; une correspondance avec un docteur qui fut intégrée par la suite à The Crossing (Le Grand Passage, 1994).

Dans l'une de ses rares interviews (accordée ici au New York Times), McCarthy avait expliqué avoir choisi l'éditeur Random House pour son premier roman, uniquement parce que celui-ci était "le seul qu'(il) connaissait". Des lettres rédigées à l'époque témoignent d'ailleurs de la joie qu'il éprouva à voir son premier livre accepté... Dix romans plus tard, McCarthy est salué comme l'un des meilleurs écrivains de son temps, très justement comparé à William Faulkner - un autre "Southwestern Writers" - et lauréat du prix Pulitzer pour La Route (2007). La rumeur raconte qu'il serait actuellement en train de travailler à trois nouveaux romans.



Entretien avec les Frère Luna, prodiges de la BD américaine

Posté par Céline le 18.05.09 à 14:45 | tags : bd, comics
A 28 et 31 ans, les frères Luna sont des prodiges de la bande dessinée US. Révélés par la rafraîchissante saga Ultra, puis par l'incroyable Girls, l'un des comics les plus hypnotiques de ces dix dernières années, Joshua (scénario) et Jonathan (dessin) ont démarré, il y a tout juste un an, une nouvelle série remarquable chez Image : The Sword. En attendant qu'elle paraisse en France, nous avons demandé aux Frères Luna de nous parler de leur style inimitable, de la façon dont ils se jouent des codes superhéroïques, et de leur notre obsession pour les jolies filles...


Fluctuat : Vous avez une petite trentaine d'années maintenant et vous écrivez depuis 10 ans des albums très matures, très sombres, avec des intrigues super élaborées, à commencer par Ultra. Qu'est-ce qui vous a orienté si tôt vers ces thèmes : la jalousie, la mesquinerie, le sexe ?
Joshua : Je ne pense pas qu'il y ait un âge requis pour écrire de bonnes histoires. Il faut considérer un créateur dans sa globalité, pas juste pour son âge, qui ne veut pas dire grand-chose. L'un de nos parents était militaire. On a donc pas mal déménagé de villes en villes, changé de pays, de continent même. En un sens, on a eu une enfance unique, mais je crois surtout qu'on a trouvé de l'intérêt dans ces thèmes parce qu'ils nous concernent tous. Il se trouve juste qu'on aime dessiner et écrire des histoires et que, du coup, on s'est mis à les jeter sur le papier. (...)



Le premier roman de David Foster Wallace enfin traduit !

Posté par Maxence le 18.05.09 à 10:03 | tags : news, roman, au diable vauvert, édition
Joie ! Allégresse ! C'est désormais officiel : la prose ampoulée mise au service d'une imagination délirante de David Foster Wallace, malheureusement décédé il y a un an, va faire son "second coming" dans nos contrées sous peu ! Les éditions du Diable Vauvert annonce la parution, en août prochain, de La Fonction du balai, premier roman de celui que l'on considérait déjà comme le Thomas Pynchon du XXI° siècle.
 
Écrit en 1986, La Fonction du balai raconte l'histoire de Lenore Beadsman, une héroïne vivant en 1990 dans une version légèrement altérée de Cleveland, à la frontière d'une immense friche suburbaine, le Grand Désert d'Ohio. Standardiste dans une maison d'édition, la jeune femme doit faire face à la disparition de son arrière-grand-mère (ancienne disciple de Wittgenstein), ainsi qu'à la jalousie pathologique de son petit ami et patron, l'éditeur Rick Vigorous. Pour couronner le tout, sa perruche, portant le doux nom de " Vlad l'Empaleur ", devient une star de la télévision lorsqu'elle se met à déblatérer un mélange de jargon psychologique, de poésie britannique et d'extraits de la bible du roi Jacques sur une chaîne tenue par des chrétiens fondamentalistes...
On le voit, avec ce livre au pitch surréaliste, prétexte à explorer les paradoxes du langage, de la narration et de la réalité, l'auteur savait déjà lier histoire décalée, critique de l'absurdité de son pays et humour aussi débridé qu'intelligent.
 

A noter que La fonction du balai sera suivi de "David Foster Wallace pour mémoire", un recueil d'hommages signé par les plus grands écrivains américains contemporains, parmi lesquels Colin Harrison (Havana Room, Manhattan nocturne), Don De Lillo, auteur de quatorze romans, dont Outremonde et Bruit de fond, Zadie Smith, auteur de trois romans, dont Sourires de loup (Gallimard), George Saunders (Grandeur et décadence d'un parc d'attraction et Pastoralia) et Jonathan Franzen (Les Corrections, La Zone d'inconfort). Vivement le mois d'août !




Bientôt une suite à L'Attrape-coeurs de Salinger?

Posté par Gwenola le 15.05.09 à 17:17 | tags : vo, édition, news

Imaginiez-vous Holden Caufield, l'ado exalté de L'Attrape-Coeurs, en pensionnaire de maison de retraite impotent ? C'est pourtant ce qui nous attend visiblement dans un roman à paraître en Grande-Bretagne le mois prochain : John David California, un américain d'origine suédoise fan de Salinger, vient d'écrire, à 32 ans, la suite du roman culte de la littérature populaire et adolescente : 60 Years Later Coming Through The Rye (L'Attrape-cœurs, 60 ans après).

 

Reprenant le texte là où celui de Salinger s'arrête (dans un établissement qui ressemble à un hôpital psychiatrique), le roman de California s'ouvre sur ces mots : « J'ouvre les yeux et, comme ça, j'suis réveillé. J'imagine qu'il doit être fichtrement tôt, mais on doit être au beau milieu de la nuit. Il fait tellement sombre que je peux à peine voir ma fichue main devant ma figure. » Il reprend ensuite le schéma de la fugue du héros, non plus d'un établissement scolaire mais d'une maison de retraite, jusqu'à l'errance dans les rues de New-York. L'aplomb de la jeunesse en moins...


La légende veut que California ait trouvé le roman de Salinger dans une cabane au Cambodge, et que celui-ci l'ait aidé à guérir de tous ses maux. C'est ainsi qu'il aurait eu l'idée d'en écrire la suite. « Ça ressemble pas mal au roman originel », prévient California. En revanche, son livre fait aussi intervenir Salinger lui-même, dans le rôle d'un auteur embarrassé ne sachant plus vraiment quoi faire de son héros...
La suite de L'Attrape-Coeurs, dédicacé « au pire menteur pathologique que vous ayez jamais vu dans votre vie », est prévu pour le 25 juin en Grande-Bretagne (Nicotext). Pas sûr que Salinger (qui a toujours refusé de donner son autorisation pour une adaptation de son roman et vit reclus depuis 1965) apprécie vraiment. Les fans du roman non plus d'ailleurs. Un appel a même été lancé pour boycotter les suites du livre...
 
MAJ: Attaqué en justice par Salinger, John David California, de son vrai nom Fredrik Colting, a été condamné, ce 6 juillet, à voir son livre retiré définitivement des ventes aux Etats-Unis. Alors qu'il plaidait la parodie, le tribunal a donné raison à Salinger, qui avait porté plainte pour suite non autorisée. "La dernière chose que j'imaginais sur les Etats-Unis, c'est qu'on y interdisait des livres", a déclaré Colting, après l'annonce du verdict. Il pourra se consoler dans les rayons des librairies britanniques, qui, elles, n'ont pas interdit le roman. 



Apollinaire poursuivi par la justice turque

Posté par Gwenola le 15.05.09 à 11:55 | tags : news

Apollinaire, pas de la littérature ? Non, pas quand il est question de ses textes érotiques, comme Les Exploits d'un jeune Don Juan, pense la justice turque qui a décidé de poursuivre l'éditeur (Sel) et le traducteur à l'origine de la parution de ce livre en Turquie.

 

Le motif de cette mise au pilori ? Toujours la même rengaine : propagation d'écrits obscènes et atteintes aux mœurs. En principe, un article du code pénal turc établit que les œuvres littéraires - bénéficiant d'un traitement de faveur - échappent à cette censure. Cependant, aux yeux de la justice, ni le livre d'Apollinaire, ni deux autres textes de l'écrivain turc Ben Mila (Le Pendule magique et Correspondance d'une bourgeoisie avertie) ne peuvent rentrer dans cette catégorie, : "Les poursuites ont été décidées après l'avis de soi-disant experts, consultés par le procureur, selon lesquels ces trois livres ne sont pas des œuvres littéraires", rapporte l'éditeur.

Ce nouveau procès, dont la date n'a pas encore été fixée, fera encourir à l'éditeur, selon la loi, six mois à dix ans de prison. L'écrivain turc naturalisé français Nedim Gürsel, lui, est actuellement entendu par la justice et risque actuellement 6 à 12 mois de prison pour avoir osé faire de Mahomet un personnage de fiction dans son dernier roman Les Filles d'Allah, faisant ainsi offense "aux forces de sécurité nationale" et "à la morale publique". Que n'a-t-on pas fait au nom de la sécurité et de la morale ?




10 livres subversifs à planquer en cas de perquisition

Posté par Gwenola le 14.05.09 à 14:40 | tags : essai, short-list
Pensiez-vous que nous étions arrivés à une époque où l'on n'impute plus aux livres les comportements déviants en tout genre ? La retenue, dans le cadre de l'affaire Coupat, d'une vingtaine de titres "gauchistes" comme potentielles preuves à charge, montre bien cependant que certaines lectures peuvent encore vous placer du côté de l'illégalité. Attention à ce que vous laissez traîner sur vos étagères : il y a des livres qu'il vaut mieux planquer en cas de perquisition.


Sur les 5000 livres trouvés dans la bibliothèque de la communauté de Tarnac, 27 ont été accusés de "légitim(er) les attaques contre l'Etat"... En dehors de L'Insurrection qui vient (2007) - un pamphlet anonyme signé du "Comité Invisible", attribué à Julien Coupat en dépit des infirmations de l'éditeur Eric Hazan et qualifié de "manuel insurectionnel" par la police - l'inventaire révèle surtout les titres d'ouvrages "gauchistes", comme Books for Burning d'Antonio Negri, The Insurrectionnal Project d'Alfredo M. Bonanno, Maintien de l'ordre. Enquête de David Dufresne ou La liberté et l'égalité se manifestent de Francis Dupuis-Déri. A en croire le rapport des enquêteurs, certains ouvrages pourraient bien contribuer à faire de leurs lecteurs de dangereux "terroristes de gauche anarcho-autonomes"...

 

En réaction au "délit de lecture" dont a été accusé Julien Coupat, la Mel a mis en ligne une pétition intitulée, à l'instar d'un texte de Walter Benjamin, "Je déballe ma bibliothèque".

Mais attention, déballer sa bibliothèque "pleine à craquer de livres subversifs", c'est donc bien, sauf évidemment si on est impliqué dans quelque sombre affaire d'activisme. Voici quelques livres qu'on évitera par exemple de placer sous le nez de la police.

Voir le top 10 des livres à planquer en cas de perquisition

 

Sur le forum : quels livres planqueriez-vous en cas de perquisition ?




Les 100 écrivains les plus cités de la blogosphère

Posté par Céline le 14.05.09 à 11:09 | tags : news, web, numérique

Qui sont les écrivains les plus populaires de la blogosphère ? Sur son blog Technologies du langage, Jean Véronis a conçu un nuage regroupant les noms des 100 auteurs les plus cités dans les blogs du top littérature Wikio.

 

Paul Auster et Jane Austen arrive largement en tête de cette étude qui s'étale sur deux mois. Ce n'est pas encore ultra-précis, mais cela donne bien une idée des écrivains qui ont "buzzé" ces derniers temps. Jane Austen par exemple : en plus du "challenge Jane Austen" lancé sur Happy Few, il y a eu la sortie - et le succès - du roman Orgueil et préjugés en version zombie... Du coup, malgré ses deux et quelques siècles, Jane Austen est passé devant les plus actuels écrivains-blogueurs François Bon, Eric Chevillard, Pierre Assouline...

 

 

Lire aussi :

La bibliothèque 2.0 de l'UNESCO a ouvert ses portes

Quand le blog devient papier : Chevillard, Assouline et les autres

Cartographie des goûts littéraires : du nul au sublime




Ouverture du Festival du premier roman à Chambéry

Posté par Gwenola le 14.05.09 à 09:18 | tags : premier roman, festival, news
La 22ème édition du Festival du premier roman de Chambéry ouvre ses portes aujourd'hui jusqu'à dimanche prochain. L'occasion de rencontrer de nombreux écrivains, d'assister à des conférences autour du premier roman et de participer à des échanges privilégiés entre les acteurs de la vie littéraire et le public !

 

Parmi les différentes animations :

Vendredi 15 mai :

- Le tête-à-tête inédit entre Patrick Declerck et Jean-Baptiste Del Amo, à 11h au Manège. L'occasion d'approcher et de discuter en toute intimité avec ces deux auteurs dont les premiers romans nous ont marqué (lire l'entretien avec Patrick Declerck, et la chronique d'Une éducation libertine sur Fluctuat).

- Le pas-de-deux entre Yasmine Char et Patrick Declerck, à 18h au Manège. L'occasion pour ces deux auteurs d'échanger leurs points de vue sur leurs expériences d'écrivains, leurs visions de la littérature et leurs œuvres respectives.

 

Samedi 16 mai :

- Une lecture croisée entre Skander Kali (lire l'entretien avec Skander Kali) et Karine Henry (lire l'entretien avec Karine Henry), à 9h30 à la Maison des écritures. Cette manifestation sera animée par Gérard Meudal (journaliste au Monde), Bernard Magnier (directeur de la collection Lettres africaines chez Actes Sud) et Yann Nicol (journaliste littéraire).

- Le Son de premiers romans, à 21h à La Soute. Cette performance musicale fait revivre les univers de Yasmine Char, Gilbert Gatore, Skander Kali, Marc Lepape et Samuel Zaoui à partir d'extraits choisis de leurs œuvres.

- Les Mignardises littéraires, à 21h au Manège. Un moment de détente pour échanger autour d'un verre et discuter avec les auteurs et les autres festivaliers. C'est le moment de partager vos coups de cœur littéraires...

 

Le programme complet sur le site du Festival du premier roman




Les Essais de Montaigne traduits du japonais

Posté par Céline le 13.05.09 à 11:04 | tags : édition, vo, essai, news
Que faire pour remettre Les Essais de Montaigne au goût du jour ? A cette question, André Lanly et Pascal Hervieu ont trouvé une réponse : le premier propose une version en français moderne, le second une traduction... du japonais. Absurde ?

 

Ce n'est pas en tout cas l'avis de Michel Onfray, qui signe la préface de la traduction du japonais d'Hervieu (Vivre à propos, éditions Flammarion), et justifie une telle initiative : la langue de Montaigne est « presque morte », et puis « la forme compte moins que le fond ». Fabrice Pliskin, en revanche, exprime l'indignation que lui inspirent de tels arguments dans un article du Nouvel Obs : « Dans ces conditions, plus rien ne s'oppose à la traduction en prose des Fleurs du mal : régularisons ces rimes qui ne riment à rien, ces alexandrins qui ne s'adressent pas toujours au "plus grand nombre", comme dit Onfray. »

Il a de son côté l'éminent Jean Starobinsky, critique spécialiste de Montaigne, qui voit dans le projet « une entreprise expérimentale, assez considérable dans l'énormité, et dont le succès semble douteux ». Le texte de Montaigne est défiguré, dénaturé, estime Pliskin. Là où Montaigne abusait de la métaphore, et ne livrait sa pensée qu'au terme de « longues et plaisantes galleries », ses adaptateurs vont droit au but, forgent une unique obsession pour le sens - jetant la forme aux oubliettes - et par là même finissent par le liquider.

 

Pour se faire une idée des changements qu'impliquent ces nouvelles traductions, on pourra lire sur Bibliobs trois versions du mariage selon Montaigne : la version d'origine, celle d'Hervieu (traduite du japonais), celle d'André Lanly traduite en français moderne.

 

Lire aussi :

Peter Watts explore nos espaces intérieurs 

Quimby the Mouse de Chris Ware en dessin-animé 

 




Peter Watts explore nos espaces intérieurs

Posté par Céline le 12.05.09 à 17:30 | tags : roman, science-fiction, news
Ecrivain canadien encore inconnu en France, Peter Watts débarque en librairie avec Vision aveugle, un livre de science-fiction d'une ambition rare qui concentre, sur un peu moins de 400 pages, propos scientifiques pointus, réflexions philosophiques et ambiance macabre au service d'un imaginaire débridé. Un parfait exemple de divertissement intelligent. On en redemande !
 
Sous ses dehors de space opera classique (une mission envoyée à la rencontre d'un artefact extra-terrestre), Vision aveugle abonde en questions cruciales sur le devenir de l'humanité et surtout sur le but de son évolution. Parmi celles-ci, certaines reviennent de manière récurrente : à partir de quand une société cesse t-elle d'évoluer ? Quel est le point de rupture entre évolution et destruction ? Existe t-il vraiment une nature humaine ? En bonne auteur de science-fiction, Peter Watts fournit bien évidemment de nombreuses réponses.

 



Les auteurs de science-fiction se prononcent contre la loi Hadopi

Posté par Céline le 12.05.09 à 12:20 | tags : news, science-fiction, société

La loi « Création et Internet » rapproche, oppose et divise. Pour : des comédiens ou chanteurs d'un « certain âge », Pierre Arditi, Juliette Gréco, Michel Piccoli, par exemple. Contre : des auteurs de science-fiction, naturellement concernés par le sujet, qui ont répondu à l'appel lancé notamment par l'écrivain Roland C. Wagner (à qui l'on doit la traduction du dernier Spinrad). Par exemple.

 

Intitulé « Qui contrôlera le futur ? » et publié sur le blog Génération Science-fiction, cet appel souligne le danger de la loi, qui, sous couvert de défendre les droits des artistes, « apparaît surtout comme un cheval de Troie employé pour tenter d'établir un contrôle d'Internet, constituant par là même une menace pour la liberté d'expression dans notre pays. » Ont déjà signé, entre autres : Pierre Bordage, Martin Winckler, Thomas Day, Pierre Pelot...

 

Interviewé par Ecrans, Wagner reconnaît que « les écrivains de science-fiction ne sont pas très portés sur l'action collective ». Ce qui l'a poussé, à la veille de la seconde lecture à l'Assemblée nationale, à enfin réagir contre Hadopi, c'est la découverte d'un certain "Paul Atréides" - nom du héros du roman Dune - dans la pétition de la Sacem en faveur de la loi. « J'ai alors ressenti une violente impression de récupération et d'instrumentalisation d'un personnage d'un roman de science-fiction au profit d'une "cause" très similaire à ce que nombre d'auteurs de SF ont fort souvent dénoncé. »
D'ailleurs, la loi Hadopi pourrait constituer, selon l'écrivain, un excellent point de départ pour un scénario de science-fiction : "on pourrait écrire d’excellentes dystopies en extrapolant à peine ses conséquences sur notre société, comme par exemple la disparition de la notion la vie privée, ou du simple droit de prêter une œuvre pour la faire découvrir." Et ce n'est bien évidemment pas parce que l'on dénonce l'absurdité du dispositif Hadopi que l'on est pas attaché au droit d'auteur, rappelle aussi le texte des auteurs de SF. Roland Wagner, par exemple, promeut la mise en place d'une licence globale, permettant de diffuser librement la culture, sur le modèle des Creative Commons.
 
MAJ : La loi Hadopi a été adoptée cette après-midi par l'Assemblée à 296 voix contre 233.

 

Suivez toute l'actu de la loi Hadopi sur le blog société de Fluctuat.

 

Photo : Roland C. Wagner, DR

 

Lire aussi :

Peter Weir n'adaptera pas le roman de William Gibson

Thomas Day : de l'american drug trip à la mafia japonaise

Les zombies envahissent les librairies




Quimby The Mouse de Chris Ware en dessin animé !

Posté par 2goldfish le 11.05.09 à 15:27 | tags : bd, littérature en vidéo, comics

Chris Ware et l'émission de radio "This American Life" avait déjà collaboré à la création d'un très court métrage animé inspiré de son travail : ils remettent le couvert avec cette fois une animation de Quimby the Mouse, personnage de vieux dessin animé à la Felix The Cat créé par Ware dans ses jeunes années et qui n'avait jusqu'ici jamais été animé.

 

Avec une chanson d'Andrew Bird pour l'ambiance, le résultat est bien plus satisfaisant que la dernière fois. Les aventures dépressives de Quimby, la souris avec trop de têtes, ont toujours été muettes et proches du cartoon. L'un de ses principaux intérêts cependant, c'est la maestria avec laquelle Ware construit ses planches et on n'en retrouve pas d'équivalent dans la mise en scène plan plan de l'animateur John Kuramoto mais peu importe, Quimby bouge, on a toujours voulu voir ça.
 
Quimby the Mouse, This American Life, sur Vimeo.



Participez au Prix Bartleby, le prix du roman inachevé

Posté par Céline le 11.05.09 à 11:28 | tags : news, prix, roman, jeux littéraires

Plus de 60 000 titres publiés chaque année. Et combien d'autres milliers qui ne verront jamais le jour ?


Il est temps de rendre hommage à toutes les œuvres inachevées qui traînent au fond de nos (vos) tiroirs. Le Prix Bartleby - prix du roman inachevé - propose désormais "d'affirmer la beauté de l'inachèvement littéraire" en récompensant cette année "la meilleure œuvre non menée à sa fin".

 

Si vous nourrissez vous-même quelques velléités d'écriture, si vous avez déjà commencé un ou plusieurs romans sans jamais avoir atteint le point final, si vous n'arrivez pas à aller au-delà de la première page - voire de la première phrase ! - et si vous pensez vous aussi qu'il est des œuvres qui feraient mieux de ne jamais voir le jour, le Prix Bartleby est donc fait pour vous !

 

Lancé par Frédéric Royer, à qui l'on doit déjà les irrévérencieuses cérémonies des Gérard du cinéma (diffusion le 12 mai sur Paris Première) et de la télévision, le Prix Bartleby est aujourd'hui le premier et l'unique prix littéraire qui interdit aux romans achevés de concourir (et on ne triche pas en tronquant des œuvres achevées, dit le règlement, sous peine d'être éliminé...). Un roman inachevé peut correspondre à 700 pages, 20 pages, un feuillet, voire de l'incipit.

 

Fluctuat est partenaire du Prix Bartleby, qui sera remis en novembre prochain.
Pour participez, il suffit d'envoyer vos manuscrits inachevés par email avant le 30 septembre 2009 (prixbartleby@gmail.com).

Pour en savoir plus sur le Prix Bartleby : lire l'entretien avec Frédéric Royer sur Fluctuat, et rendez-vous sur le site du Prix Bartleby.

 

 




Julia Palombe danse la poésie érotique

Posté par Myosotis le 10.05.09 à 10:30 | tags : littérature en vidéo, elucubration, sexe et littérature, poésie
 
L'Internet n'est pas le paradis de l'érotisme et encore moins des littératures érotiques. Il faut faire de réels efforts pour tomber sur quelque chose d'intéressant : des vieux textes, des ouvrages littéraires, rarement illustrés, des conversations et des écrits qui ne sombrent pas directement dans le graveleux, le porno et le hardcore, devenus depuis... hum... tout le temps, l'alpha et l'omega de l'offre en ligne. Sur Youtube, la censure régnant, on peut peut-être plus facilement trouver son compte si on ne recherche pas les sensations fortes et s'offrir quelques réels frissons innocents. Quelques lectures de texte en ligne, du Baudelaire, du Crébillon (en cherchant bien), quelques images volées, beaucoup d'adolescentes qui lisent, déclament.... cela ne va généralement pas très loin.
 
Et puis, il y a cette étrange vidéo promotionnelle, un teaser énigmatique pour un spectacle (un pestacle, un sex live show) de littérature érotique : Baudelaire (encore lui) et d'autres, lus, chantés, dansés par Julia Palombe. Spectacle de poésie érotique, striptease littéraire, crée par Julia Palombe et réalisé par le légendaire John B. Root. Oh bon sang ! Il y a le numéro de téléphone. Je laisse un massage,.... un message. Voici que la littérature érotique est sauvée. Mieux que Lucchini, mieux que Robert Hossein en Angélique, mieux que Daniel Pennac en Bartleby, que les interminables Monologue du Vagin qui ont plombé des générations d'amateurs de théatre, Julia Palombe ? Sûrement, peut-être.
 
Il ne s'agit pas de ça (la chose) mais bien d'une véritable danseuse, une vraie, avec des chaussons, au service des arabesques littéraires et caresses versifiées, qui a déjà dansé Neruda et Cervantes, rien que ça. A voir sûrement, si on vous en laisse le temps, ou à recevoir en spectacle privé, à domicile et en bon bourgeois. Désolé.



Le musée du Manga et le musée Tezuka au Japon : visite express

Posté par 2goldfish le 08.05.09 à 10:20 | tags : exposition, bd, manga

Jean Giraud était il y a quelques jours au musée international du Manga de Kyoto pour l'inauguration de l'exposition "le monde moebiusien". L'exposition, pleine d'originaux de Moebius, pose une fois de plus le problème de l'exposition de la BD.

 

Le musée-bibliothèque de Kyoto

Une exposition consacrée à un écrivain, c'est plus simple : on n'expose pas ses oeuvres, qui ne sont pas vraiment spectaculaires, on expose sa vie à travers quelques artefacts symboliques - des objets lui ayant appartenu, des photos, des lettres... Un auteur de BD, on a plutôt tendance à afficher ses planches originales et à s'en tenir là, comme si elles étaient des oeuvres à contempler à la manière d'un tableau. La planche originale, pourtant, ça n'est guère plus qu'un croquis : la véritable forme de l'oeuvre d'un auteur de BD, la forme finale, c'est la forme imprimée. La planche n'est qu'une étape intérmédiaire : l'intérêt de la planche exposée est finalement assez limité quand l'album est publié et accessible à tous.

 

La solution à ce dilemme choisie par le musée de Kyoto pour son exposition permanente, c'est de proposer au public une immense bibliothèque accessible à tous. C'est très bien, sauf qu'il manque alors à cette bibliothèque ce qui devrait en faire un musée : à l'exception d'une poignée de titres, tous ces mangas ne sont absolument pas mis en valeur, aucun contexte n'est fourni. Ajoutons à cela que la collection est finalement assez pauvre (que des mangas pour enfants et ados, rien d'alternatif ni "d'auteur") et l'expérience du musée du manga à Kyoto est finalement très décevante.

 

Le musée du Manga à Kyoto ressemble une bibliothèque

 

Le Musée Tezuka : visions futuristes

Pas si loin de ça, à Takarazuka, on trouve le musée Osamu Tezuka, consacré à l'oeuvre du "dieu du manga". Dans ce bâtiment impressionant, inspiré des visions futuristes de l'auteur et plein de statues du Phénix, d'Astroboy ou de Princesse Saphir, on a un peu l'impression de pénétrer dans un parc à thème. Le plus gros de l'exposition est au rez-de-chaussée où la vie de Tezuka est retracé dans une série de capsules qui présentent quelques planches originales de l'auteur au milieu d'autres artefacts comme ses dessins d'enfant, ses plumes favorites ou son légendaire béret. On a aussi droit à tout un tas d'écrans projetant quelques-uns de ses travaux animés (qui sont aussi tous accessibles à la demande via une grande base de données incompréhensible au non-japonisant), une immense bibliothèque, une salle de cinéma... Au final, la place accordée à ses planches est minime et ça n'est donc pas plus mal.

 

Les fameuses capsules biographiques
 
 
A Angoulême devrait s'ouvrir le mois prochain le Nouveau Musée de la Bande Dessinée, qui promet beaucoup. Beaucoup d'originaux, beaucoup d'albums en lecture libre et beaucoup d'autres choses. Au final on ne saura pas vraiment à quoi ça ressemblera avant d'y être allé. On espère une expérience plus proche de celle du musée Tezuka que de celle du musée de Kyoto : plus qu'une bibliothèque, mais pas une fausse galerie d'art.
 
Lire aussi :



Carol Ann Duffy, la poète royale qui inspire des réalisateurs en herbe

Posté par Gwenola le 07.05.09 à 18:10 | tags : poésie, littérature en vidéo
Carol Ann Duffy, première femme à obtenir le rôle de "poète royal" (poet laureate) a beaucoup fait parler d'elle ces derniers jours. Au-delà de la polémique entourant son homosexualité, Duffy est aussi l'auteur d'un poème controversé - Education for leisure - condamné l'année dernière à être retiré des programmes scolaires, car accusé de faire l'apologie de la violence.
 
Le poème évoque la jeunesse, son aspiration à plus d'attention, son errance. Il mentionne notamment le jet d'un poisson rouge dans la cuvette des toilettes ("I pour the goldfish down the bog. I pull the chain. I see that it is good.") et s'achève sur l'image angoissante d'une jeunesse déambulant dans les rues armée de couteaux à pain, faisant explicitement référence au fléau qu'est l'arme blanche en Angleterre. En voici les premiers vers : "Today I am going to kill something. Anything./I have had enough of being ignored and today/I am going to play God."("Aujourd'hui je m'apprête à tuer quelque chose. N'importe quoi. J'en ai assez d'avoir été ignoré et aujourd'hui, je vais jouer à Dieu").
 
Il n'en fallait pas plus pour susciter une polémique en Angleterre, et pour que le texte soit banni du programme du CGSE (équivalent du brevet des collèges) : les évocations de couteaux et de la mort du poisson ayant été perçu comme de possibles incitations à la violence (on songe à cette occasion aux incriminations du même type parfois faites aux jeux vidéos).
 
Aujourd'hui le poème est toujours disponible dans les manuels mais n'est plus étudié dans le cadre du CGSE. Etonnant, quand on sait que le monarque anglais vient d'octroyer à son auteur la fonction de poète officiel de la cour d'Angleterre. A en croire pourtant le nombre de vidéos d'adolescents inspirés par le poème circulant sur le web (la plupart ont été réalisées dans le cadre d'un exercice scolaire), on ne doute pas de l'intérêt que la poésie de Duffy peut susciter chez ces élèves. Les ados semblent metttre du coeur à l'ouvrage dans leurs petits films artistiques, dont les influences sont peut-être à chercher du côté de l'Elephant de Gus Van Sant ou des films de Larry Clark.


 
 
 
 



Peter Weir n'adaptera pas le roman de William Gibson

Posté par Maxence le 07.05.09 à 15:24 | tags : news, science-fiction

William Gibson

Alors que le net vibrionne depuis plus de deux ans autour de la nouvelle, aucun site littéraire ou cinématographique n'a été capable de remettre ses pendules à l'heure concernant le fameux "scoop" selon lequel le réalisateur Peter Weir (Master And Commander, The Truman show) travaillerait sur l'adaptation du roman Identification des schémas de l'écrivain William Gibson.

 

En effet, l'auteur lui-même affirme sur son blog, dans un papier savoureusement intitulé "J'ai plus de souvenirs de projets d'adaptation avortés de Neuromancien que vous n'en n'avez jamais entendu parler" : "Parmi toutes mes déceptions concernant les supposées adaptations de mes livres par Hollywood, je crois que je peux ajouter le fait qu'il est fort probable encore une fois que Peter Weir ne soit plus dans la course pour l'adaptation de Pattern Recognition. Un projet qui rejoint tous ceux qui ont fini à la corbeille, hélas", déclare t-il en substance.

Quant au projet d'adapation de Neuromancien, roman culte de l'écrivain américain, il serait question d'un script réalisé par Joseph Kahn, réalisateur de clips pour Britney Spears : une idée qui semble également faire bien rire Gibson dans le même article...




Obama a aimé le roman Netherland, il faut lire Netherland

Posté par Céline le 07.05.09 à 13:02 | tags : édition, news
Lecteur de Melville, ou encore de Toni Morrison, Barack Obama avait déjà contribué, simplement en les évoquant, à faire augmenter les ventes de certains ouvrages. Dans une interview accordée au New York Times, il a de nouveau mentionné un auteur, Joseph O'Neill, ce qui n'a pas manqué de susciter l'intérêt du public pour celui-ci.
 

Comparé à Gatsby le magnifique, Netherland de Joseph O'Neill était déjà devenu un véritable best-seller au moment de sa sortie en 2008. Obama n'a pas manqué de faire l'éloge de ce livre qui propose l'analyse des événements du 11 septembre du point de vue d'un immigré hollandais. Aussitôt, le roman d'O'Neill gagne des places dans les ventes d'Amazon. L'éditeur, Vintage/Anchor, prévoit de tirer 70 000 exemplaires pour la réédition dont elle a également avancé la date.

Unanimement salué par la critique anglo-saxonne, le Netherland d'O'Neill - "le roman le plus intelligent et le plus juste sur la vie à New York et Londres après le 11 septembre" selon le NY Times - avait déjà, avant l'intervention du président - toutes les raisons d'attirer notre attention. Il paraîtra aux éditions de L'Olivier en août prochain : l'occasion de vérifier si vos goûts littéraires s'accordent avec ceux d'Obama.




Christian Lacroix et Paul Smith créent un objet pour leur écrivain favori

Posté par Gwenola le 06.05.09 à 17:18 | tags : photo, beau livre, édition, news
Allier la poésie à la performance, le design et la littérature : tel est le projet d'Esther Henwook, qui publie Design & littérature : une liaison inspirée, aux éditions Norma. Partant de l'idée que le paysage intérieur de l'écrivain permet d'apprivoiser son œuvre, la journaliste en design et architecture a posé la question : "Que feriez-vous pour l'écrivain qui a le plus influencé votre vie ?" à cinquante des meilleurs créateurs du moment (designers, architectes, couturiers).
 
En guise de réponse, on obtient une série d'objets - des sièges, des lampes, des bibliothèques ou des bouteilles - transfigurés par l'imaginaire arty de ces artisans des temps modernes. L'univers des écrivains inspirent parfois des œuvres surprenantes, à l'image de l'architecte et designer Claudio Colucci, qui a d'abord songé à créer une voiture amphibie en hommage à Ian Fleming, l'auteur des James Bond. Mais comme celle-ci existait déjà, il a finalement opté pour un canapé de salon en fibre carbone - idéal pour boire du champagne... Le couturier Christian Lacroix a quant à lui réalisé une chaise en fer forgée pour Patrick Modiano. "J'aime ce modèle de mélancolie ; je suis un nostalgique, à son image", affirme-t-il. Paul Smith a travaillé à partir de l'image de son homonyme poète et icône de rock Patti Smith. Le résultat ? Une chaise très dix-neuvième, customisée avec de vieux matériaux.
 
Parmi les 40 designers ayant participé au projet, on signalera notamment : India Mahdavi inspiré par Murakami, Laurent Massaloux par Mark Danielewski et Adolfo Bioy Casares, Christophe Pillet par Bret Easton Ellis, Manuela Zervudachi par Lewis Carroll...
Une série d'expositions parisiennes consacrées à ces œuvres à la croisée des chemins permettra d'admirer le résultat. A vous de deviner quelle figure littéraire se cache derrière l'objet.
 
Du 19 au 26 mai 2009, Galerie Avant-scène (Paris 6e) : exposition du siège de Pucci de Rossi conçu en hommage à Cioran, des dessins d’Hubert Le Gall (Jacques Prévert), Franck Evennou (Saint-John Perse), Elizabeth Garouste (Modiano), Jacques Jarrige (Francis Ponge).
Du 15 à la fin-septembre 2009, Perimeter (Paris 6e) : exposition du projet de Guillaume Bardet en hommage à Jim Harrison.

Du 17 à la fin-septembre 2009, Librairie du Bon Marché (Paris 7e) : exposition de tous les projets.
 
Lire aussi :



Votez pour la meilleure histoire en six mots

Posté par Céline le 06.05.09 à 10:20 | tags : jeux littéraires
Vous avez été nombreux à nous proposer vos "histoires en 6 mots". Après de longues et douloureuses délibérations, nous en avons sélectionné 10 qui nous semblaient dotés d'un grand potentiel littéraire. Les voici :
 

1. Proposé par li :"Extérieur nuit. Femme en pleurs. Salaud."

2. Proposé par Karibou : "La Faucheuse apparut. Fin des problèmes."

3. Proposé par labelvie : "2050 : Les inuits envahissent la Jamaïque."

4. Proposé par vivelasse : "Le pain au chocolat me tue."

5. Proposé par liby : "Cause décès reporté vends cercueil neuf."

6. Proposé par raphael : "Un homme marche , il est libre."

7. Proposé par Patrick : "Minuit, un cimetière: une tombe entrouverte."

8. Proposé par Luboff : "Né pauvre. Tué par la dette."

9. Proposé par Nejmeddine : "Vengeons-nous : Enterrons la taupe vivante !"

10. Proposé par valen1418 : "Alerte Perdu signal avion provenance Mexique."

 

Votez pour la meilleure de ces histoires, et son auteur se verra remettre un lot de livres "spécial crise".

Pour voter, c'est par ici.

(Pour ceux qui ne sont pas encore inscrit sur Flu, c'est le moment : il vous faudra simplement laisser une adresse mail valide.)

 

MAJ : Les lecteurs ont voté pour leur histoire courte préféré, et ont préféré celle de Liby : "Cause décès reporté vends cercueil neuf." Bravo Liby !




Thomas Day : de l'american drug trip à la mafia japonaise

Posté par Maxence le 05.05.09 à 17:15 | tags : roman, science-fiction, news

Ecrivain, globe-trotter, directeur de collection pour Denoël, critique intransigeant et curieux impénitent, Thomas Day, alias Gilles Dumay, cultivent deux obsessions (parmi d'autres) : les Etats-Unis (ses mythes, ses légendes - urbaines ou rurales - sa contre-culture, son cinéma, ses moeurs exotiques) et le Japon (pratiquement pour les mêmes raisons). Cela tombe bien puisque le français sort justement deux livres qui explorent ces univers : This is not America au titre transparent (les amateurs de David Bowie reconnaîtront le clin-d'oeil) chez Actu SF et La maison aux fenêtres de papier, en poche chez Folio.

 

De science-fiction il est bien évidemment question ici, mais pas n'importe laquelle. Dans chacun de ses deux ouvrages, un recueil de trois nouvelles pour le premier et un roman pour le second, l'auteur explore l'histoire et les mythes de ces deux pays à l'aune de ses fantasmes et de sa culture (intarissable) les concernant. Ce n'est donc pas vraiment d'uchronie dont il s'agit ici, mais bel et bien de l'évocation de grands moments de l'histoire, revus et corrigés par un français à l'imaginaire baladeur et prolifique.

C'est tout d'abord une Amérique toute de traviole dans This is not America, véritable american drug trip (c'est d'ailleurs le titre de l'une des nouvelles) : l'assasinat de JFK a été fomenté par des extra-terrestres liquides vivant en symbiose avec leurs hôtes, un homme raconte sa vie à un ours, un président est obligé d'incarner successivement différentes figures historiques au destin tragique pour sauver le monde. Trois récits tour à tour émouvant, hilarant et savant, dont la philosophie guerrière, comme toujours chez l'auteur, est prétexte à voir plus loin, à croiser la métaphore avec une Amérique bien connue mais dont la réalité, en soit, est déjà tellement démesurée que ces distorsions ne forment qu'une fantaisie de plus dans le paysage local.

 

C'est ensuite l'évocation d'un japon de l'esprit avec La Maison aux fenêtres de papier. Ici, l'écrivain prend pour prétexte la lutte fratricide de deux démons nés des explosions successives d'Hiroshima et de Nagasaki, pour dépeindre les collusions - pour le coup bien réelles - entre pouvoir et mafia locale dans l'histoire du pays, de l'immédiat après-guerre à aujourd'hui. Un roman d'action haletant et cultivé, derrière lequel se cache une histoire bien plus secrète. A ce titre, La Maison aux fenêtre de papier, extrêmement documenté et bourré de références aux grands réalisateurs du cinéma nippon, de Kinji Fukasaku (Duel à Okinawa) à Takeshi Kitano, sans oublier les écrivains philosophes (Murakami Ryu, Yukio Mishima), est un vrai plaisir de lecture.

 

Bref, deux très bons titres dont il serait dommage de se priver, d'autant qu'ils forment une excellente introduction, pour ceux qui ne la connaissent pas déjà, à l'oeuvre de cet étonnant voyageur de l'imaginaire contemporain.




Le Don de Toni Morrison

Posté par Céline le 05.05.09 à 11:07 | tags : news, roman
Toni Morrison occupe une place auréolée de respect, qui en fait en quelques sortes la "boss" de la littérature américaine. Prix Pulitzer pour Beloved, puis nobélisée en 1993, l'écrivain incarne, à 78 ans, la matriarche adorée d'une nation réconciliée autour d'un messianique président métis.

Et c'est bien à la naissance de l'Amérique dans ce qu'elle a de plus sublime et pervers à laquelle elle s'attaque inlassablement tout au long de son œuvre. Dans Un don, elle évoque le péché originel du massacre des Indiens : c'est dans la douleur que la glorieuse nation s'est imposée au reste du monde. Entre l'extrême rudesse d'une nature à peine déflorée et l'incroyable violence des rapports humains, le roman montre l'immense fragilité de vies sans cesse menacées : celles des riches comme celles des pauvres, des blancs comme des noirs, des hommes comme des femmes.
 



Geraint Anderson (et les autres) : quand les traders prennent la plume

Posté par Céline le 04.05.09 à 13:03 | tags : édition, news, autobiographie
Geraint AndersonQuelques mois après la sortie du Das kapital de Viken Berberian (voir l'entretien sur Fluctuat), plusieurs titres récemment publiés s'attachent à décrire un monde des affaires avide, malhonnête, décadent jusqu'à la caricature. Après la chick lit, la biz lit ?

En janvier dernier, on avait donc déjà eu droit à Das Kapital (Gallmeister), roman prophétique révélant les coulisses de la Bourse américaine, mais aussi à Un trader ne meurt jamais, de Marc Fiorentino (Robert Laffont) - là le titre est assez éloquent. La tendance très business des parutions se poursuit : avec Geraint Anderson notamment, ce financier repenti découvert sur Arte (Tracks) il y a quelques temps déjà, et dont le livre City Boy - Confessions explosives d'un trader repenti, vient de paraître en France aux éditions Balland. Avant de publier ce livre et de quitter son job, Anderson balançait déjà pas mal sur le monde de la finance, via des chroniques qu'il publiait sous le nom de CityBoy dans un journal gratuit (The London Paper). Cocaïne, débauche, zéro scrupule : l'ex-analyste financier nous décrit les traders comme on aime les imaginer depuis American Psycho, et comme, visiblement, il sont pour de vrai...

Dans le même genre, on trouvera également aux éditions Max Milo Le Loup de Wall Street, ou l'autobiographie de Jordan Belfort, un requin de la finance au parcours si trépidant que Scorsese en fera l'un de ses prochains films. Belfort est un magnat de la bourse, doué pour l'escroquerie, qui est allé si loin qu'il a fini arrêté par le FBI.

Au rayon français, le témoignage de Kerviel n'étant pas encore prêt, on pourra signaler les Confessions d'un banquier pourri, livrées par "un ancien dirigeant d'une grande banque française" qui se cache derrière le pseudo "Crésus". Ce dernier promet de tout nous dire sur le krach de septembre 2008, sur la faillite de la banque Lehman, sur le système abject des établissements bancaires...

Bien noter que tous ces ouvrages sont présentés comme de véritables témoignages. De l'argent (plein d'argent), du scandale (gros scandales) : on sait que dans le monde des affaires, la pure (triste) réalité dépasse la fiction.




Les 10 écrivains les plus beaux de l'histoire

Posté par Myosotis le 03.05.09 à 13:15 | tags : élucubration, short-list

Littérature et beauté sont intimement mêlés. La littérature exprime la beauté. La beauté peut relever de la littérature. Les écrivains sont parfois laids ou beaux. Souvent justes invisibles. La problématique ne date pas d'aujourd'hui, même si l'une des tendances marquées de la nouvelle économie littéraire aura été de mettre, ces dix dernières années, parfois au premier plan (chez les filles comme chez les mecs) des écrivains ou vaines au physique avenant, susceptibles de faire joli sur les quatrièmes de couv. Contrairement à l'univers de la musique (Milli Vanilli, rappelle toi), on n'a pas connu en littérature d'imposture flagrante visant à substituer à un ugly génie un beautiful tâcheron.

 

Les rumeurs qui ont couru un temps autour de Guillaume Musso, "créature non écrivante de son éditeur", ne tiennent pas. L'homme existe et écrit ses livres lui-même. Il n'en reste pas moins que la tête des écrivains a son importance et que celle-ci (leur tête) a souvent compté pour pas mal dans leur vie d'homme et donc dans leur vie littéraire. La beauté a pu faire l'homme ou être défaite par lui. Ceux qui avaient des traits ingrats (on pense à Dante, à Léopardi chez les Italiens), s'en sont servis autant que ceux qui savaient charmer. En guise de divertissement, voici une (à défaut d'être LA) liste des 10 écrivains les plus beaux de tous les temps, à compléter sans fin :

 

1. Lord Byron - impossible de ne pas placer en tête de liste un romantique. Lord Byron était riche, beau, spirituel, avait l'esprit aventurier. Il est possible du reste qu'il ait été plus bel homme que bon écrivain. Difficile de faire l'impasse toutefois sur son Dom Juan ou quelques uns de ses contes en vers. Byron était beau mais pas que....

 

2. Christopher Marlowe - Rival et ami de Shakespeare, Christopher Marlowe a pour lui d'être mort au plus âge (29 ans) et d'avoir vécu sans compter. Fils d'un coordonnier, il s'impose comme le bad boy génial du théâtre élisabéthain. Beau, alcoolique, un brin gay sur les bords, marlou, Marlowe est l'équivalent dans le monde de l'écriture de Marlon Brando au cinéma. Magicien, occultiste, espion, Marlowe avait presque toutes les qualités pour plaire. Son Docteur Faustus est impeccable. Là encore, l'homme est devenu avec la distance plus important que l'oeuvre.

 

3. Arthur Rimbaud - Sans Commentaire. Le Rimbaud jeune consacre la main mise des romantiques sur le classement des belles gueules. Le Rimbaud d'Aden est moins séduisant mais ne peut pas rivaliser avec les images ultrasexy du poète aux semelles de vent. Rimbaud arrive en tête des moins de 15 ans.

 

4. Jack Kerouac - En voilà une beauté trapue, à la serpe, 100% américaine. Kerouac a des allures de Mike Delfino dans Desperate Housewives. Il sent autant la littérature que le travail manuel et ça plaît. La chemise bûcheron fait son effet, le look de trappeur aussi et l'idée d'un type qui vous emmène sur la route (aux "States", ça va sans dire) fait encore rêver la gente féminine. La mort à 47 ans est un atout, même si la cause (l'alcoolisme, la cirrhose) est moins glamour.

 

5. Paul Laurence Dunbar - Le charme afro américain de Paul Dunbar ne pouvait pas être passé sous silence à l'heure où Barack Obama est de loin l'homme de pouvoir le plus séduisant de la terre. Dunbar est mort à 33 ans de la tuberculose. Il était marié jusqu'aux yeux mais son couple était si romantique (sa femme était poète elle aussi) et ses poèmes si puissants dans leur mélange d'américain et de dialecte black, qu'il était impossible de passer à côté de cet homme là. Il faut lire A Warm day in Winter pour sentir la chaleur de cette voix poétique là. Dunbar c'est l'Amérique sexy et sauvage, l'intelligence et la souplesse du coeur.

 

6. Bret Easton Ellis - Le Bret des jeunes années sent bon les années 80. Il chante du Genesis, sort avec les Duran Duran et arbore une sexualité ambigue qui perdra de son charme par la suite. L'élégance au masculin, c'est lui, et ses livres sont si osés que l'homme qui les écrit ne peut passer que pour un monstre d'érotisme. American Psycho, Les lois de l'attraction, Ellis est au coeur des années sexe, des années fric, des années coke. Le modèle est usé jusqu'à la corde. A cette place dans le classement, on aurait tout aussi pu bien mettre son ami Jay Mc Inerney, un brin plus beau mais beaucoup beaucoup moins connu à l'époque. Tant pis pour lui.

 

7. Casanova - Sans commentaire. Casanova était un écrivain et un séducteur. Il était si beau et détraqué qu'il ne put s'empêcher d'après la légende de séduire sa propre fille et de lui faire un enfant. C'est peu glorieux mais Casanova sut aussi conquérir à la loyale. Quelques-uns de ses Mémoires et soliloques tiennent la route mais il n'est plus lu aujourd'hui. Reste que si l'on ne met pas Casanova dans un tel classement, on ne met plus personne.

 

8. Francis Scott Fitzgerald - Il fallait un représentant de la séduction aristocratique qui ne soit pas aristocrate. Ce sera Fitzgerald. Elégant, spirituel, sûr de sa valeur, l'auteur de Gatsby le magnifique personnifie la séduction américaine, celle d'avant Bret Easton justement. Défaut majeur : alcoolique également et piètre amant.

 

9. Marc Lévy - Oui, Marc Lévy. Depuis qu'Alexandre Jardin ressemble à un professeur de lettres déguisé en hamster pour foie gras, Marc Lévy est devenu le chouchou des lectrices de la tranche 30-50. Il est beau, svelte, écrit juste et vit en Angleterre. Marc Lévy donc.

 

10. Florian Zeller- leader sur la tranche 15-25, Zeller coiffe David Foenkinos sur le fil, et grâce à sa coupe de cheveu superhéroïque élève le niveau de sa littérature à un degré de notoriété inespéré. Zeller au théâtre, Zeller en roman. La multitude de ses talents l'amène à occuper la dernière place de ce classement des 10 plus beaux écrivains de tous les temps.

A suivre....




X Men Origins : Wolverine : le livre ou le film ?

Posté par Myosotis le 01.05.09 à 09:35 | tags : comics, bd, le livre ou le film ?, elucubration

On a enfin vu X-Men Origins : Wolverine dans sa version définitive et pu apprécier le coup de griffes de Hugh "Logan" Jackman. Comme on s'y attendait (un peu), l'ensemble est enlevé, formidablement spectaculaire mais échoue encore une fois à rendre toute la complexité et la profondeur d'un personnage qui, avec les années, était devenu l'un des plus intéressants de l'univers Marvel. Le film n'est pas bon, tout le monde le dit, et encore moins une réussite absolue pour les amateurs de comics et les fans du griffu.

 

Logan est le Lucky Luke barbare des X-Men, un monstre de sauvagerie capable d'éructations animales et en même temps (l'un de ses points communs avec Hulk), un animal blessé, un enfant abîmé, amnésique à la recherche de sa part d'humanité. Alors que les comics choisissent souvent leur angle d'attaque : l'action ou l'introspection en dominante mais sans renoncer au fil des séquences à jouer sur les deux pôles d'attraction du poilu, le film hésite assez peu avant de laisser tomber la part sombre de Wolverine pour en faire une machine de guerre. Le début du film est symptomatique de cette option : le réalisateur démarre en copiant quasi plan à plan le Wolverine Origins de Jenkins et Kubert et ouvre sur une scène iniatique qui nous donne un aperçu de ce qu'aurait pu être un film de Wolverine victorien et inspiré des Hauts de Hurlevent (ce qui est le cas de ce chef d'oeuvre bande-dessinée).

 

Logan est flanqué d'un pâlot Sabretooth, trop méchant pour être crédible sur la pellicule; Wolverine le film devient un film d'action assez traditionnel d'où les éléments psychologiques introduits par le run de Barry Windsor Smith sont soigneusement évacués. Il aura beau perdre 2 fois sa nana, Jackman n'approche jamais la justesse et la tristesse des comics. Quitte à aller jusqu'au bout, Marvel aurait dû se payer d'emblée un Wolverine vs Hulk qui aurait eu une meilleure gueule, ou à développer l'alliance Wolverine-Captain America contre le joug nazi. (Question subsidiaire : quelqu'un a-t-il vu un cameo lors du débarquement du Captain ? Pas moi en tout cas....)

Etrangement et pour une fois, c'est donc la relative homogénéité du film qui plombe son impact et limite sa séduction. L'équipe de superbâtards réunie autour du griffu n'est pas assez individualisée pour prendre corps - elle n'existe pas sous cette forme dans les comics, le réalisateur ayant essayé de fourrer le maximum de personnages en un minimum de temps - et s'en désintéressant dès qu'il a présenté (en 10 minutes) les pouvoirs des uns et des autres. Il ne s'agissait pas de refaire les Inglorious Bastards ou les X Men, mais tout de même. A quoi bon se payer une équipe si c'est pour s'en servir si peu ? Au jeu du qui s'en sort le mieux, Gambit tire son épingle du jeu, Deadpool est à la ramasse en ninja blanc démasqué. Pour le reste, l'équipe ne vaut pas grand chose et le personnage de généralissime devenu emblématique des films adaptés de comics (voir Iron Man, Hulk,...) n'a pas plus d'intérêt qu'ailleurs.

 

Là encore, si on peut reprocher une chose au film, c'est son parti pris d'efficacité à tout va et l'incapacité à ralentir le rythme, qui est l'un des travers du cinéma Marvel actuel (je mets de côté le Hulk de Ang Lee, le seul peut-être à avoir échappé à la règle et qui l'a payé cher). Point positif tout de même côté ciné : les scènes de transformation (injection du produit, plan du squelette) de Wolvie en bête d'adamantium sont épatantes et graphiquement superbes, ce que la BD n'a jamais réussi à rendre de cette manière. Quant à Hugh Jackman, son charme ténébreux nous laisse tout de même un peu sur notre faim. Si on s'est habitué avec les films X Men à le voir dans ce rôle, on peut, en lecteurs avertis des comics, le trouver un peu trop "mannequin" et sec pour le rôle. Son poil est trop bien taillé et presque trop discipliné pour le personnage qu'on connaît. Son regard est trop "normal" et travaillé pour convaincre dans les grandes scènes de colère, comme si, à chaque fois, il avait voulu poser sur la photo. Le Wolverine de bande dessinée a une énergie et une animalité que Jackman n'approche que trop rarement. Sa vision d'un Wolverine sombre est un peu trop claire pour nous.

 

Les livres ou le film donc ? Comme à chaque fois, on répond la même chose : les livres bien sûr mais on peut aussi voir le film pour d'autres raisons et s'amuser tout autant. La distribution (officielle) de pop corns, c'est maintenant sur vos écrans. Pour les autres, c'est aussi la fête à Wolvie dans les étals de librairie avec des rééditions si nombreuses qu'on n'ose même pas les détailler.

 

Tout savoir sur les X-Men






  Discussions en cours sur le forum livres :
Rechercher
Dans la boite
Ajouter à Netvibes Ajouter à Mon Yahoo! Ajouter à mon Google Ajouter ce blog à mes favoris Technorati! Abonnement Bloglines
Sources et amis
- La feuille (FR)
- Le Typographe (FR)
- Tourgueniev (FR)
- M. T. Louverture (FR)
- Tiers livre (FR)
- E®enews (FR)
- Blogs BD (FR)
- Lessig blog (EN)
- Buzz littéraire (FR)
- Culture Café (FR)
- Alalettre (FR)
- Zazieweb (FR)