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Anne Rouquette dessine sans tricher

Posté par Céline le 31.01.09 à 16:41 | tags : angoulême, bd
Retenu pour la sélection officielle du festival d'Angoulême 2009, l'album Bons, mauvais, grands et petits joueurs, première bédé de l'illustratrice Anne Rouquette, révèle une plume et un coup de crayon aussi originaux que talentueux.

 

Comme son titre l'indique, l'ouvrage propose, à travers de petites scènes de la vie quotidienne, de subtiles variations sur le thème du jeu. L'idée est très simple, mais bien trouvée, d'autant plus qu'Anne Rouquette l'exploite à merveilles, l'illustrant à travers tous les âges et toutes les époques. Le jeu concerne aussi bien les petits que les grands. Les petits jouent à être grands (le papa et la maman ou... la guerre, sur PC) quand les grands tombent en régression (que peuvent faire les mamies à la maison de retraite à part jouer aux dominos ?). Les Moyen-âgeux jouaient déjà à Colin Maillard, quand les trentenaires modernes préfèrent le Monopoly. Au jeu on doit également ce grand avantage de révéler les caractères de chacun : flambeur, tricheur, imaginatif, de bonne ou de mauvaise foi...

 

Excellente observatrice, Anne Rouquette croque des tranches de vie, des parties de jeux, enfantins ou libertins, avec audace parfois, toujours avec poésie. Une petite fille fait partouzer ses Barbies (on a tous fait ça, pas vrai ?). Un peu plus loin, la même gamine joue, avec sa sœur, à faire « des expériences » sur les insectes qui les « dégoûtent ». Plus tard encore, elle invente autre chose : « On dirait que les chaussures ce sont des mines et que si tu marches dessus PAF ! t'as plus qu'une jambe ».

 

Assez simple, et même parfois proche du croquis (c'est en noir et blanc), le dessin d'Anne Rouquette sert parfaitement le thème du jeu, finalement celui du je, et naturellement... existentiel : scènes fugaces, expressions en mouvement, passage de la lumière à l'obscurité. Et faute de pouvoir jouer autant qu'on le voudrait, c'est avec plaisir qu'on plonge quelques instant dans ces histoires si drôles, si justes, et où, au final, on (se) perd rarement.

 

Anne Rouquette, Bon, Mauvais, grand et petit joueur, éditions Lito, 2008.

 

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Phase 7 : la bédé, c'est ingrat !

Posté par 2goldfish le 30.01.09 à 14:50 | tags : comics, autobiographie

Créer une bande dessinée est le travail le plus ingrat qu'il soit. Ou pas loin. C'est l'impression que laisse la lecture de nombreuses BD autobiographiques. Les enfants chinois qui travaillent avec un fusil dans le dos à la confection des produits qui nous rendent heureux tous les jours auraient peut-être quelque chose à redire, mais le dessinateur de bédé a assurément besoin de beaucoup d'abnegation, d'énergie et simplement de temps, en tout cas bien plus que ses amis peintres, romanciers ou cinéastes (sans même parler de ces gros flemmards de photographes).
 
Phase 7 d'Alec Longstreth est donc encore une de ces bédés qui retrace l'histoire de son auteur avec la bédé, de comment il est tombé dedans parce qu'à l'école il était le geek de service, et de comment il a canalisé ses tendances obsessionelles dans la production de petits dessins dans de petites cases qui s'enchaînent par centaines, par milliers. Ce qui vraiment lui permet de se distinguer, c'est que jamais Longstreth ne se plaint. Il est dur à la tâche, motivé comme personne et il se dégage de ses dessins une fraîcheur et un enthousiasme qui change du misérabilisme d'un Joe Matt ou d'un Chris Ware. Et tout ce travail paye : les premières pages de Phase 7, tirées des premiers minicomics de l'auteur, sont d'un amateurisme que tout le travail du monde ne pourrait masquer mais petit à petit, l'application de l'auteur porte ses fruits et le trait se fait plus assuré, plus juste, les personnages moins raides et la mise en scène beaucoup moins laborieuse...
 
L'ironie dans tout ça, c'est que si Alec Longstreth travaille beaucoup, beaucoup sur son graphic novel "Basewood" depuis déjà plusieurs années, il n'a encore accompli qu'un tiers de sa tâche, et personne n'a jamais lu de lui que ces mini-comics moins ambitieux qui parlent principalement de ses ambitions, et de tout le travail qu'il met dans ce graphic novel que, s'il devait mourir demain, personne ne verra peut-être jamais. Quel travail ingrat !

 
Alec Longstreth, Phase 7, L'Employé du Moi.

 

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Ruppert et Mulot font leur bordel sur le web et à Angoulême

Posté par 2goldfish le 30.01.09 à 09:55 | tags : angoulême, bd, news
En tant que présidents du festival d'Angoulême cette année, Philippe Dupuy et Charles Berbérian ont eu le droit d'offrir une expo à un auteur de leur choix. Peut-être parce qu'ils sont deux pour un siège eux aussi, ils ont choisi Ruppert et Mulot.
 

En plus de proposer une expo sur les lieux du festival, ces derniers lui ont également donné un prolongement web assez conséquent sous la forme d'une maison close dans laquelle ils ont invité plusieurs auteurs à s'encanailler : Frantico, Florence Cestac, Lewis Trondheim, Boulet, Killoffer...

Le principe est relativement simple : chacun des auteurs se représente (ils en ont l'habitude, en France personne ne dessine rien mieux que soi même) en tant que client ou prostitué dans cette maison close dont les murs sont fournis par Ruppert et Mulot, et les bédés s'improvisent à trois ou quatre mains à partir de là. L'idée de départ est emballante mais les résultats sont assez plan plan, il faut bien le reconnaitre...

 


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La BD Pullapoika, un conte de fée socialiste

Posté par 2goldfish le 29.01.09 à 14:20 | tags : jeunesse, bd, édition
La bande dessinée finlandaise reste un vivier de talents peu connus. Ce petit pays nous a fourni, avec Marko Turunen et Matti Hagelberg, deux des auteurs essentiels de la bédé indépendante des années 2000, ainsi qu'une tripotée d'autres auteurs surprenants. Aapo Rapi fait clairement plus partie de la "tripotée" que des "essentiels" mais ça n'empêche pas son Pullapoika de surprendre agréablement.
 

L'histoire semble avoir deux siècles de retard : un petit garçon découvre le communisme dans les livres et se rend compte que son père est un méchant et cruel patron. il se fait vite jeter à la rue par ce dernier et il découvre que les ouvriers n'ont pas grand chose à faire de ses beaux discours. il trouvera la salvation dans l'art à travers un numéro de cirque socialement réaliste.C'est plutôt simple et efficace bien que daté, mais le trait rond et chaleureux de Rapi fait toute la différence : sous titré en français "l'aventure révolutionnaire d'un garçon bonne pâte", Pullapoika n'a visuellement rien de réaliste mais tiens au contraire plus du conte de fée.

 

En Finlande, on n'a jamais beaucoup cru au communisme : le voisin russe faisait beaucoup trop peur. On n'a jamais non plus embrassé totalement le modèle américain parce que... le vosin russe faisait trop peur. Mais il était aussi séduisant car pour qui voulait le pouvoir, il valait mieux ne pas trop mal s'entendre avec l'ambassade soviétique. Le communisme, donc, c'est en Finlande une histoire bien plus compliquée encore qu'en France. Cette bédé d'apparence simple est en fait teintée d'amertume : le capitalisme produit des enfants mous, de goinfres cruels, le comunisme produit des artistes, des fantaisies, mais au final la réalité produit toujours du malheur.

 

Aapo Rapi, Pullapoika, Rackam, coll. Le signe noir.

 

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La 36e édition du Festival d'Angoulême s'ouvre aujourd'hui

Posté par Céline le 29.01.09 à 12:30 | tags : news, bd, angoulême
La 36e édition du Festival d'Angoulême s'ouvre aujourd'hui. Envers et contre tout. Ce n'est pas la crise qui empêchera cette année la bande dessinée de s'épanouir : le programme s'annonce éclectique, ouvert sur le monde, et promet de belles rencontres.
 
Rencontres, notamment avec les auteurs figurants sur la sélection officielle. Sur les 56 titres retenus cette année, sept "Essentiels" se verront distingués par le grand jury. Rencontres, aussi, avec la bd venue d'ailleurs, à travers des expositions consacrées à l'Afrique du Sud, à la Corée, au mangaka Shigeru Mizuki, aux auteurs flamands...
 
La WebTV du festival propose aux internautes de suivre en direct les grands moments de la manifestation, comme "les 24 heures de la bande dessinée", une course d'endurance graphique au terme de laquelle les participants doivent présenter une bd achevée...
 



The Informers : une adaptation peu fidèle au livre de Bret Easton Ellis ?

Posté par Maxence le 28.01.09 à 16:11 | tags : le livre ou le film ?, news, littérature en vidéo

The InformersAvant même la sortie du film The Informers, tiré du roman Zombies ! de Bret Easton Ellis, une rumeur court déjà sur le net : le chapitre intitulé "Les secrets de l'été" dans le livre aurait entièrement disparu du film de Gregor Jordan, dont l'adaptation était pourtant co-signé par l'écrivain lui-même.

 

Brandon Routh, acteur envisagé dés le début pour jouer le rôle de Jamie, le vampire du livre, explique qu'"il n'est plus question de vampires, ni de zombies dans le film. Il s'agit juste de mettre en lumière la superficialité des gens, leur immoralité et leur passivité". L'acteur John Graham, chargé de jouer le rôle du fils de Billy Bob Thornton dans le film déclare quant à lui qu'il trouve regrettable les changements de dernière minutes imposés par les studios, évoquant une certaine "dissonance" entre l'ambition du livre et le scénario.

 

The Informers, dont le trailer est déjà partout sur le net et qui verra Mickey Rourke, Kim Basinger, Winona Ryder et Billy Bob Thornton incarner les personnages d'Ellis, a d'ailleurs reçu un accueil plus que mitigé au fameux festival Sundance, selon les dires du réalisateur lui-même. "Enfants gâtés. Drogues. Sexe. Amber Heard nue. Sida. Infidélité. Kidnapping. Désordre. Ennui. Sans intérêt. Epouvantable", pouvait-on lire sur le site Defamer le lendemain de la projection. Des réactions finalement similaires à celles qui accueillent régulièrement tous les livres d'Ellis. Les américains n'aiment décidément pas se voir dans un miroir, fusse-t-il la surface réfléchissante d'une luxueuse piscine de Beverly Hills.

 

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America Psycho, le musical

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Mort de l'écrivain John Updike

Posté par Céline le 28.01.09 à 10:51 | tags : news
John UpdikeIl dépeignait comme personne l'Amérique profonde, bourgeoise, et dépressive. Il était, selon Philip Roth, "l'un des plus grands hommes de Lettres de notre époque". John Updike, auteur de la fameuse trilogie Rabbit et deux fois lauréat du Prix Pulitzer, est décédé mardi matin à l'âge de 76 ans des suites d'une maladie.
 
Auteur d'une centaine d'ouvrages, parmi lesquels des romans, des nouvelles mais aussi des essais, Updike était également un grand connaisseur en peinture moderne : dans Tu chercheras mon visage, roman publié en France en 2006, il avait ainsi évoqué les figures artistiques de son temps, de Pollock à Warhol.
 
Ecrivain reconnu et largement récompensé - deux prix Pulitzer pour Rabbit est riche et Rabbit en paix, le National Book Award, l'American Book Award, le National Book Critics Circle Award, etc. - il n'a cependant pas toujours fait l'unanimité. Norman Mailer, par exemple, le considérait comme un auteur apprécié seulement "des lecteurs qui ne connaissent rien à l'écriture." Avec l'un de ses derniers romans, Terroriste (publié en 2008 au Seuil), Updike avait également suscité la controverse : ce récit désabusé sur les conséquences du 11 septembre avait été mal accueilli aux Etats-Unis. L'écrivain n'en reste pas moins une figure incontournable de la littérature américaine, appartenant à une génération qui a su, bien avant les jeunes désenchantés du XXIe siècle, dénoncer les travers d'une Amérique avec cynisme, tendresse et poésie.
 

L'éditeur américain Knopf a déjà annoncé la sortie, en juin 2009, de son ultime recueil de nouvelles, My Father's Tears and Other Stories.

 

Photo : John Updike, © Justin Williams / Rex F/REX/SIPA

 

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La chronique de Terroriste de John Updike

La chronique de L'homme qui tombe de Don DeLillo




Michael Chabon est-il bidon ? C'est celui qui le dit qui y est (22)

Posté par Myosotis le 27.01.09 à 16:20 | tags : littérature en vidéo, news, elucubration
 
Révélé en 1988 par son premier roman, Les mystères de Pittsburgh, Michael Chabon est un (jeune) prodige de 46 ans, dont on peut lire désormais lire Le Club des policiers yiddish, récemment traduit en français aux éditions Robert Laffont.
 
Depuis l'expérience décevante de La Solution finale, chronique doylienne un rien fumeuse et exagérément ampoulée par l'auteur, on pouvait se méfier un tantinet de Michael Chabon, à qui certains reprochent depuis quelques années maintenant de trop en faire. Avec ses allures de golden boy tendance Midas, Chabon s'est attiré beaucoup d'inimitiés. Ses constructions romanesques sont subtiles, limite précieuses, référencées dans un champ culturel que beaucoup ne partagent pas (l'intelligence et l'humour juifs pour dire les choses) et sont parfois taxées de roublardise. L'esprit pop qui guide ses compositions est critiqué, de même que sa manière d'utiliser du vocabulaire savant, bizarroïde pour créer des effets littéraires spécieux. Sans être mis au procès comme a pu l'être Danielewski, Chabon est soupçonné d'être trop bon pour être honnête et finalement un peu falot, une sorte de Marc Lévy du roman indépendant si l'on peut dire. Les méchants sceptiques sont allés jusqu'à lui coller une étiquette d'écrivain gay, ce qui ajouté à sa judéité affirmée, ferait beaucoup pour un seul homme américain, au motif que les relations entre les personnages masculins de ses romans sont ambiguës. Chabon a répliqué en disant qu'il avait effectivement eu par le passé ce type d'expériences.
 
Sur son oeuvre, pourtant, il faut avouer que Chabon n'a pas fait beaucoup de faux pas. Ses Extraordinaires aventures de Kavalier & Clay sont impeccables, ses Garçons épatants le sont aussi et les Mystères de Pittsburgh... mystérieux. Son Club des policiers yiddish a l'air appétissant sur le papier, cocasse, humoristique, intelligent comme le sont les romans de Flann O'Brien, ce romancier culte irlandais auteur entre autres choses du Troisième Policier ou de Swim Two Birds. Chabon est un auteur à suivre, pas encore les yeux fermés, mais un prodige à surveiller dont le seul pêché est peut-être d'écrire des livres trop intelligents pour ses lecteurs. C'est un autre débat, mais les constructions trop solides ont, en littérature, des défauts que n'ont pas parfois les édifices branlants. Ce qui menace Chabon, c'est un art dont la vie et la modestie seraient absents. Trop brillant pour être honnête, on disait....
 
La vidéo (hideuse) est adaptée du génial roman de Chabon, Les Extraordinaires aventures de Kavalier & Clay.
 
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Un prof déclare les oeuvres de Twain, Lee et Steinbeck inappropriées sous l'ère Obama

Posté par Céline le 27.01.09 à 11:29 | tags : news
Retirer Harper Lee, Mark Twain et John Steinbeck du programme des lycéens américains ? C'est ce que propose un prof aux Etats-Unis, qui estime que des romans dans lesquels est employé le terme de "nigger" ("nègre") ne sont plus appropriés depuis l'élection d'Obama.

Enseignant dans un lycée du Sud de l'état de Washington, John Foley voudraient cesser d'imposer aux élèves la lecture de trois classiques de la littératures américaines : The Adventures of Huckleberry Finn (Les aventures de Huckleberry Finn) de Mark Twain, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (To kill a Mockingbird) d'Harper Lee, Of Mice and Men (Des souris et des hommes) de Steinbeck. "Il est temps de remettre à jour les programmes de littérature du secondaire. Maintenant que Barack Obama est le président des Etats-Unis, les romans qui usent le mot N***** de façon récurrente doivent en être exclus" écrit-il dans une tribune publiée sur The Seattle Post-Intelligencer.
 
Cet article a engendré une série de réponses assez furieuses. "Ce qu'écrit Foley est clairement un exemple d'apostasie. Obama serait horrifié s'il savait que cet acte de censure était accompli en son nom", peut-on lire dans l'une d'entre elles. "Il n'y a pas un titre de la littérature américaine qui attaque de façon plus précise et plus directe les préjugés raciaux que Les Aventures d'Huckleberry Finn de Mark Twain", lit-on dans une autre.

Pour Foley, qui enseigne dans un lycée "principalement blanc", le livre de Mark Twain véhicule une foule de stétéotypes avilissants : expliquer à ses élèves que Mark Twain n'était pas raciste lui apparaît alors comme un "challenge décourageant". Même avec quelques arguments, comme le fait qu'Huckleberry prend conscience de ses erreurs et qu'il s'engage à aider Tom (Sawyer) à sauver Jim, appelé N*****, de l'esclavage. Le professeur propose ainsi de tout simplement bannir les titres qui posent problème. Ne tirer pas sur l'oiseau moqueur serait remplacé par La neige tombait sur les cèdres (Snow Falling on Cedars) de David Guterson, Des souris et des hommes par A la poursuite de Cacciato (Going After Cacciato) de Tim O' Brien, et Huckleberry Finn par Lonesome Dove de Larry McMurtry. Foley parle de "bon sens". Bon sens, ou censure ?
 
Source : The Guardian
 
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Mallarmé et les fantômes japonais : C'est celui qui le dit qui y est (21)

Posté par Myosotis le 23.01.09 à 15:48 | tags : élucubration, poésie, littérature en vidéo
 
"Et du Minuit demeure la présence en la vision d'une chambre du temps où le mystérieux ameublement arrête un vague frémissement de pensée, lumineuse brisure du retour de ses ondes et de leur élargissement premier, cependant que s'immobilise, (dans une mouvante limite), la place antérieure de la chûte de l'heure en un calme narcotique de moi pur longtemps rêvé ;

Mais dont le temps est résolu en des tentures sur lesquelles s'est arrêté, les complétant de sa splendeur, le frémissement amorti, dans l'oubli, comme une chevelure languissante, autour du visage, éclairé de mystère, aux yeux nuls pareils au miroir, de l'hôte, dénué de toute signification que de présence. C'est le rêve pur d'un Minuit, en soi disparu."

 

Il fallait oser le parallèle entre l'Igitur de Mallarmé et les films de fantôme chinois. C'est peu ou prou ce que propose cette vidéo réellement réussie (ça change) qui entreprend de filmer l'infilmable, au travers de cette évocation. Le poème, conte, cycle, comme on voudra, n'est pas coton à résumer. Disons qu'avec lui, Mallarmé choisit de s'enfoncer au bout de sa nuit. Un être (incarné à ce sens) décide dans la nuit de devenir une partie du néant ou de fusionner avec lui. Dans sa dissolution, une sorte de transmutation se produit qui aboutit à un flash type "conscience de soi" paranormale et à une sorte d'irradiation de joie. Hum... pas sûr d'être clair. Disons qu'Igitur est un monument théorique qui relie dans un mouvement hypnotique un travail sur le verbe, son apparition, son explosion, sa sublimation et un travail sur l'être, ce que se trouve être assez exactement les histoires de fantômes japonais, à la Ring et surtout Kaïro, avec les tâches aux murs et les mouvements entre les mondes.

 

Ce bref extrait montre à quel point Mallarmé est resté contemporain et à la pointe du progrès. La thématique de l'être au non-être, du corps au fantôme, de la dissolution et de la réincarnation est au coeur de nombre de projets émergeants, qu'il s'agisse d'avant-garde artistique, de cinéma (on l'a dit) mais également de réflexions sur les nouvelles technologies. Le devenir-spectre, la renaissance digitale sont autant de notions qui sont sous-jacentes quelques dizaines d'années avant leur actualisation dans le discours mallarméen. Ce qui frappe ici encore plus évidemment, c'est aussi cette capacité du verbe mallarméen à suggérer ce lent mouvement de dissipation. La place des mots est essentielle dans le schéma d'Igitur, leurs glissements, leurs inversions, les découpages de ponction viennent peu à peu couper l'être de sa consistance et produire l'impression globale d'étrangeté. Au final, on a l'impression (pas tout à fait fausse) saisissante que c'est le verbe qui découpe le corps et le recompose vers la fin du livre. Cette opération, clinique, poétique et mystique, est aussi glaçante que bluffante.

 
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Mort de Claude Moliterni, co-fondateur du festival d'Angoulême

Posté par Céline le 23.01.09 à 10:21 | tags : news, bd
A quelques jours de l'ouverture du festival d'Angoulême, le monde de la bande dessinée est en deuil. Historien de la bande dessinée et co-fondateur du festival, Claude Moliterni est mort mercredi 21 janvier à l'âge de 76 ans.
 

D'abord écrivain, Claude Moliterni avait publié une centaines de romans policiers et de pièces radiophoniques. Egalement auteur d'une "Histoire de la bande dessinée d'expression française" (1972) et d'une "Encyclopédie de la bande dessinée" (1974-1975), il fut surtout le premier à introduire en France festivals et expositions sur la bande dessinée. En 1967, il a permis l'exposition "Bande dessinée et figuration narrative" aux Arts décoratifs. Jusqu'en 2005, il aura organisé plus de 200 expositions, révélant les travaux de ses amis Burne Hogarth, Milton Caniff, Schulz, Pratt, Will Eisner, Moebius, Druillet. Enfin, il participa à la création des festivals d'Angoulême de Chambéry, de Lucca et de Rome.

En tant que scénariste, Moliterni a travaillé avec divers dessinateurs, dont Paul Gillon et Nikita Mandryka, notamment dans les magazines Tintin et Pilote. La semaine prochaine, le festival d'Angoulême lui rendra hommage, faisant ainsi écho aux nombreux sites consacrés à la bande dessinée.

 

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Comic Strip, le premier mensuel de BD gratuit

Posté par 2goldfish le 22.01.09 à 17:53 | tags : bd, news

Comic Strip est le premier mensuel de bande dessinée gratuit, et il se lance ce mois-ci avec 100 000 exemplaires distribués un peu partout en France dans les FNAC, les Mégastore, Cultura, IDTGV, librairies BD etc...

 

Qui dit gratuit ne veut pas forcément dire "cheap" (on est bien obligé d'y croire quand on travaille sur un webzine culturel gratuit) même si ce ne sont pas Direct soir ou 20 minutes qui nous en convaincront. Ce ne sera pas le premier numéro de Comic Strip, non plus.

Avec 80% de vraie BD dedans, il ne ment au moins pas sur la marchandise. Les auteurs sont pour la plupart issus des blogs BD et c'est sans doute là que le bât blesse : Pénélope Bagieu ("Ma vie est tout à fait fascinante"), Bastien Vivès ("Comme Quoi"), Lucille Gomez ("le blog de Lucille Gomez", croyez le ou non)... Comme sur leurs blogs, ils dessinent tous soit des petites tranches de quotidien parfaitement ineptes, soit des strips comiques (ça tombe bien) qui prennent le soin de vous éviter l'embarras d'un éclat de rire dans le lieu public où vous pourriez les lire. Enfin, il y a bien un public pour les lire gratuitement sur le net, il y en aura sûrement un pour les lire gratuitement dans les transports en commun, reste à savoir si la pub paiera le papier.

 

Les participations de Martin Vidberg, Thiriet et Anouk Ricard sauvent toutefois le magazine de l'inutilité totale. Et puis il y a une grille de sudoku, c'est une véritable valeur ajoutée (plus que les chroniques ciné/musique/jeux vidéos en tout cas). Ne soyons pas trop sévères : ce n'est qu'un premier numéro et il offre une très large exposition à de jeunes auteurs de BD à une époque où ils en ont bien besoin. Et puis c'est gratuit (même en PDF), alors ne nous plaignons pas trop, Comic Strip pourrait être une bonne chose.

 

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Quand le blog devient papier : Chevillard, Assouline et les autres

Posté par Céline le 22.01.09 à 12:10 | tags : web, édition, news
Ce n'est pas le premier, et sûrement pas le dernier : après Didier Jacob et Pierre Assouline, c'est au tour de l'écrivain Eric Chevillard de publier un ouvrage reprenant les contenus de son blog, L'Autofictif. En même temps, des titres alimentés par le contenu de blogs ont fait leur apparition dans la presse. L'adaptation des blogs sur papier est-elle devenue tendance ?
 

"Les 328 premiers billets de L'autofictif, publiés entre le 18 septembre 2007 et le 17 septembre 2008, sont désormais disponibles en librairie comme cela se faisait jadis" annonce Chevillard à ses lecteurs. Et peut-être sans trop les surprendre. De la fenêtre web au papier ? Mais oui, cela commence à se faire très bien : en septembre dernier, deux blogs tenus par des critiques littéraires de renom ont donné lieu à des publications. Les éditions Héloïse d'Ormesson ont ainsi réuni dans La Guerre littéraire les chroniques souvent vitriolées de Didier Jacob (Nouvel obs), tandis que Les Arènes proposent dans Brèves de blog une anthologie de commentaires d'internautes sélectionnés par Assouline lui-même sur son blog La République des livres.

 

La bonne nouvelle : ces publications peuvent apparaître comme la preuve de la vitalité et de la créativité de la blogosphère. En revanche, à l'heure où l'on discute e-book, bibliothèque numérique supra-optimale, mobiles transformés en readers, peut-on vraiment imaginer que le web ait un avenir dans le papier ?

Certains y croient fort en tout cas. Aux Etats-Unis, Joshua Karp, fondateur du journal Printed Blog, projette de lancer un quotidien papier gratuit de six pages, qui serait alimenté par le contenu de blogs. Un numéro test sera distribué le 27 janvier dans des quartier de Chicago et de San Francisco. Ambitieux, l'initiateur du projet espère attirer la publicité locale et le faire paraître deux fois par jour.

En France, l'hebdomadaire papier Vendredi, lancé par Jacques Rosselin (fondateur de Courrier International) en octobre dernier, et qui propose une sélection de billets et de commentaires sur l'actualité généralement politique, n'a pas atteint les ventes escomptées. Les lecteurs de blogs ne préfèreraient-ils  pas garder la liberté d'aller butiner eux-mêmes ici et là, au gré des liens et des favoris, plutôt que de voir le tout définitivement aligné sur papier ?

 

Lire aussi :

Brèves de blog : le salon littéraire selon Pierre Assouline

Le fil d'actu numérique sur le blog livres




Première sélection pour le Goncourt du premier roman 2009

Posté par Céline le 22.01.09 à 10:11 | tags : news, prix

Alors qu'elle vient juste de rénover son site, l'Académie Goncourt a publié sa sélection pour le Goncourt du premier roman 2009, qui sera décerné le 3 mars :

 

Paul Andreu, La Maison (Stock)

Justine Augier, Son absence (Stock)

Jean-Baptiste Del Amo, Une éducation libertine (Gallimard)

Tristan Garcia, La Meilleure Part des Hommes (Gallimard) : ce livre a obtenu le prix de Flore 2008

Laurent Nunez, Les récidivistes (Champ Vallon)

Marion Ruggieri, Pas ce soir, je dîne avec mon père (Grasset)

 

Voir aussi :

Entretien vidéo avec Tristan Garcia

La chronique de La Meilleure part des hommes

La chronique d'Une Education libertine

Le dossier prix littéraires : tous les lauréats des Goncourt, Renaudot, Fémina, etc.




Rencontre avec Mian Mian aux Champs-Elysées

Posté par Maxence le 21.01.09 à 15:09 | tags : news

C'est un écrivain chinois et donc l'événement über-branché du moment : Mian Mian, 26 ans, originaire de Shanghaï, expatriée à Paris et auteure des Bonbons chinois, signera son nouveau livre, Panda Sex (Au Diable Vauvert), au Virgin Megastore Champs-Elysées, vendredi 23 janvier à partir de 18 heures.

 

Après les tribulations nocturnes de la jeunesse post-communiste, Mian Mian revient sur son aventure parisienne, avec, le constat amer de l'échec amoureux. A l'instar du panda, ce mastodonte aussi sympathique que pelucheux (et non moins féroce, peut-on lire ici ou là sur le net) qui ne s'accouple que deux fois par an, la vie de Mian Mian se corse d'aventures qui n'aboutissent pas. Assagie, Mian Mian ? Nous vous laisserons en juger à la lecture de Panda Sex, ou lors de la rencontre avec l'écrivain.




Le poème d'Elizabeth Alexander pour Obama

Posté par Céline le 21.01.09 à 12:39 | tags : poésie, littérature en vidéo, news
 
L'ère Obama a commencé. Dans le froid, dans la foule, l'espoir, etc... et en poésie. Hier à Washington, l'écrivain Elizabeth Alexander a accompli la lourde mission de réciter, devant un parterre de centaines de milliers de personnes, son poème composé sur la demande d'Obama pour la cérémonie d'investiture.
 
Composé de 14 tercets, en rimes libres, et intitulé "Praise Song for the Day : A Poem for Barack Obama's Presidential Inauguration", ce poème faisait écho à certains des thèmes abordés par le président des Etats-Unis dans son discours, en rendant hommage au labeur quotidien, en appelant à la responsabilité de chacun, en rappelant, enfin, les sacrifices qui ont rendu cette élection possible. Alexander a cependant évité toutes références explicites à des sujets politiques, ou encore à Obama lui-même. Avec quelques accents "Whitmaniens", son poème célèbre notamment le travail accompli par des anonymes :
 
"Sing the names of the dead who brought us here / who laid the train tracks, raised the bridges, / picked the cotton and the lettuce, built / brick by brick the glittering edifices".
 
"Chantons le nom des morts qui nous menés ici / qui ont posé les rails de nos trains et bâti nos ponts / Cueilli le coton et la laitue, et construit / brique par brique, nos édifices éclatants."
 
Professeur à l'Université de Yale, Elizabeth Alexander est l'auteur de cinq recueils de poésie, et d'un essai intitulé The Black Interior. A ces livres s'ajoute désormais le texte d'inauguration prononcé hier,  et qui sera publié à partir du 6 février par l'éditeur Graywolf Press à 100 000 exemplaires. Rappelons que le texte de la poète Maya Angelou "On the Pulse of the Morning", écrit pour la cérémonie d'investiture de Clinton en 1993, s'était vendu à plus d'un million d'exemplaires.
 
La retranscription de "Praise Song for the Day" disponible sur le site du NY Times.
 
Lire aussi :



Un nouveau livre de Saviano paraîtra en avril

Posté par Céline le 21.01.09 à 10:58 | tags : édition, news
Mondialement connu depuis le succès de son premier roman Gomorra, qui lui a valu d'être menacé de mort par la camorra napolitaine, Roberto Saviano publiera son deuxième ouvrage au printemps.

Intitulé Le Contraire de la mort, ce nouveau titre était attendu chez Gallimard, qui avait édité Gomorra (et en avait vendu 100 000 exemplaires en 2008, selon les chiffres Ipsos/Livres Hebdo), mais il est finalement annoncé chez Robert Laffont pour le 23 avril prochain. La maison Gallimard assure cependant qu'il ne s'agit pas là d'un transfert, et qu'elle reste l'éditeur français de Saviano pour ses ouvrages à paraître chez l'italien Mondadori.
Composé de deux récits initialement publié dans le journal italien La Reppublica, l'ouvrage traitera de nouveau de la mafia : le premier récit, qui donne son nom au recueil, raconte l'histoire d'une jeune femme confrontée à la mort de son fiancé parti en Afghanistan pour échapper à la Camorra. Le second, L'Anneau, raconte les difficultés de deux jeunes sans cesse rattrapés par la Camorra alors qu'ils voudraient mener une vie normale.

L'écrivain italien, qui a été élu homme de l'année en Italie par des téléspectateurs, recevra également vendredi la médaille de la Ville de Paris, au cours d'une cérémonie qui sera suivie de la projection du film Gomorra, adapté du livre.
 
Photo : Roberto Saviano © FABIO MAZZARELLA/SINTESI/SIPA



La CGT édite sa propre bande dessinée

Posté par Céline le 20.01.09 à 16:00 | tags : édition, bd, news
Pour mener sa lutte sociale, il n'y pas que les tracts, les banderoles et les mégaphones. Il y a la bande dessinée, aussi. Démonstration avec l'album que vient d'éditer la CGT, moins de dix jours avant l'ouverture du festival d'Angoulême, intitulée Merci patron et qui donne à voir en image l'impact des restructurations sur la santé des salariés européens.
 
Réalisée en collaboration avec des syndicats ou instituts spécialisés de plusieurs pays européens, et grâce à l'aide de fonds européens, cette bande dessinée d'une soixantaine de pages réunit des dessinateurs et scénaristes professionnels, dont Albert Drandov, auteur en 2005 de l'album Amiante, chronique d'un crime social. A travers cinq récits "hautement probables", se déroulant en Europe (Bulgarie, Espagne, Grande-Bretagne, Hongrie et France), elle a pour vocation de "faire sortir le sujet de la santé au travail du débat entre experts et initiés", comme l'explique Jean-François Naton, membre de la direction confédérale de la CGT.
 

Gilles Seitz, médecin du travail et directeur du projet, explique quant à lui, au sujet des restructurations (réorganisations internes, délocalisations) : "la santé des salariés n'est jamais prise en compte, alors qu'elles se traduisent par des suicides, des dépressions très graves, des divorces". Les promoteurs de l'initiative avancent notamment, comme preuve, la réduction de dix ans de l'espérance de vie en Russie entre 1989 et 1999, à l'apogée des fermetures d'usine et des privatisations de ce pays.

Tiré à 20 000 exemplaires (dont 10 000 pour la France), l'album Merci Patron, est disponible en cinq langues : celles des pays évoqués dans l'ouvrage. Destiné avant tout aux militants syndicaux, il sera disponible au Festival de la bande dessinée d'Angoulême, qui s'ouvrira le 29 janvier.



Blaise, la BD qui nous fait rire... de nous-mêmes

Posté par Céline le 20.01.09 à 11:15 | tags : news, bd, édition
Blaise, ce n'est pas seulement le prénom d'un philosophe connu. C'est aussi le nom de la BD que publie Dimitri Planchon chez Glénat ce mois-ci, inaugurant ainsi une toute nouvelle collection baptisée "1000 feuilles". Une BD irrésistible qui, en plus de vous séduire par son graphisme original, va bien vous faire marrer.
 
Blaise donc, est ici un gosse qui est "moins con qu'il en a l'air". Impuissant - comme le suggère son regard un rien traumatisé, éternellement figé entre dépit et perplexité - il assiste au spectacle absurde que jouent et rejouent chaque jour les adultes qui l'entourent : notamment, ses parents petit bourgeois, très intellos-de-gauche, ou une grand-mère dite "facho" mais pas trop... Autour de Blaise, ça discute guerre, star et politique, et de façon si primaire que toute conversation en devient ridicule. Très savoureux, les personnages secondaires sont aussi criants de vérité, qu'il s'agisse de Dabi Doubane, caricature des "sportifs donneurs de leçon" comme Zidane ou David Douillet, du collègue hypocrite, de l'institutrice aigrie...
 

Suite de gags grinçants sur l'absurdité devenue banale de notre quotidien, l'album Blaise vise juste à tous les niveaux : les dialogues comme les images sont aussi réalistes qu'elles sont hilarantes... Avec une technique de collage très bricolo, Dimitri Planchon, dont on avait déjà pu voir le travail dans Fluide Glacial ou dans L'Echo des Savanes, a réalisé ses cases à la manière d'un roman-photo, pour un résultat explosif et haut en couleurs.

 

Avec ce premier titre, la collection "1000 feuilles" laisse présager de belles surprises. Inscrite dans la mouvance de la BD indépendante, elle ne s'interdit aucun registre, et propose même plus volontiers des "récits qui jouent avec la corde raide". Parmi les prochaines parutions, on peut déjà signaler Topless, un album très jazzy sur une strip teaseuse et son pianiste (juin), La Chair de l'araignée, qui racontera le quotidien d'une jeune anorexique (septembre), Erszebet, une relecture trash du mythe de la femme vampire (octobre) et enfin L'Orage, un récit où se mêleront plusieurs niveaux de réalité.

 

A l'occasion de la parution de Blaise, Fluctuat vous en fait gagner des exemplaires. Pour tenter votre chance, il suffit de participer au concours.

 

Illustrations : Blaise par Dimitri Planchon © Glénat 2009



Avec Actu SF, la science-fiction c'est dans la poche !

Posté par Maxence le 19.01.09 à 15:02 | tags : edition, science-fiction, news


Ce n'est pas très nouveau mais il est bon d'en parler. Toute initiative liée à la science-fiction dans ce pays est de toute façon bonne à être soulignée. Il est donc temps de parler du fameux site Actu SF, passé dans la cour des éditeurs depuis presque un an aujourd'hui.

C'est tout bête, mais il fallait y penser : quand une communauté de lecteurs, d'éditeurs et d'auteurs se retrouvent régulièrement sur un site et un forum, une possibilité apparaît parfois. En l'occurrence ici, celle de fonder une maison d'édition, modeste il est vrai, mais qui fait son bonhomme de chemin.
Au catalogue des éditions Actu SF, on notera donc la collection "Les trois souhaits", au sein de laquelle sont déjà parus les petits volumes (format mini poche) du Petit guide à trimbaler de la S.F. étrangère, le même consacré à "L'imaginaire français", et un dernier concernant la Fantasy. Pratiques et bien foutus, ces trois mini-ouvrages (par la taille) font le maximum (pour ce qui est du contenu), recensant les auteurs incontournables du genre accompagné d'une bibliographie non exhaustive.

Côté fiction, l'éditeur s'est déjà fendu de nombreuses plumes prestigieuses parmi lesquelles (entre autres), Michael Moorcock, Jean-Marc Ligny, Thierry Di Rollo, Laurent Genefort, Thierry Marignac ou encore Jean-Michel Calvez, et récemment, Sylvie Lainé et ses Espaces Insécables, dont Fluctuat reparlera bientôt. Une aventure éditoriale à suivre dans les mois qui viennent.

Le site de l'éditeur



Un millionnaire condamné pour avoir volé les pages de livres rares

Posté par Céline le 19.01.09 à 11:08 | tags : news, bibliothèque
L'amour du livre peut parfois conduire à toutes les folies. Farhad Hakimzadeh, millionaire iranien qui vient d'être condamné à deux ans de prison pour avoir découpé et volé, entre 1997 et 2003, des pages de livres rares et précieux, en sait quelque chose.
 

Collectionneur érudit - un rien maniaque - le serial découpeur agissait toujours sur le même mode : armé d'un scalpel, il ôtait les pages choisies avec le plus grand soin, de sorte à rendre ses coupes quasiment imperceptibles. Ses cibles favorites ? des ouvrages issus de la collection orientale de la British Library de Londres et de la bibliothèque Bodleian d'Oxford. Certains des livres endommagés - on en compte 150 au total - dataient du XVIe siècle. Dans la seule British Library, le pillage a concerné dix volumes d'une valeur de 71.000 livres (84.000 euros).

 

A l'issue du procès qui s'est déroulé vendredi dernier à Londres, le juge Peter Ader a déclaré que l'accusé "ne pouvait pas ne pas être conscient des dégâts qu'il provoquait". Et s'adressant directement au responsable : "Je n'ai aucun doute que vous voliez afin d'enrichir votre bibliothèque et votre collection (...) Vous avez un amour profond pour les livres, peut-être à tel point qu'il est devenu extrême".

Ancien directeur de la Fondation du patrimoine iranien, Farhad Hakimzadeh "choisissait des éditions rares et uniques", comme l'a précisé un enquêteur de Scotland Yard. De fait, les dégâts causés sont irréversibles. De quoi indigner Kristian Jensen, directeur de collection de la British Library, qui dénonce un acte de vandalisme, "une attaque contre la nation, la mémoire collective de son propre passé". Certaines des pages volées ont été retrouvées, d'autres sont perdues à tout jamais. En plus de la condamnation à deux années de prison, l'établissement réclame donc plus de 300.000 £ de dommages-intérêts.




The Beatles en bande dessinée, pas assez dessiné

Posté par Myosotis le 16.01.09 à 16:17 | tags : comics, bd

La série de portraits rock en BD était plutôt une bonne idée à la base. A l'arrivée, cela donne souvent des résultats décevants à quelques exceptions près, comme l'esthétique Voodoo Child de Bill Sienkiewicz, sortie il y a un bon milliard d'années. Après The Beatles en biographie, en tee-shirt et bientôt en jeux vidéo, voici donc la bande-dessinée franchouille à la gloire des Fab Four qui entreprend de relater la vie et la mort des Beatles, depuis leurs premiers pas, jusqu'à nos jours, la mort de John, d'Harrison etc.

 

Le scénario de The Beatles en bande dessinée est signé Gaet's, les textes sont de Stéphane Nappez et les dessins réalisés par une légion d'artistes aux styles très différents mais tous plutôt pertinents (on aime les cartoons ou 100% numériques, mais il en faut pour tous les goûts), du numérique au crayonné, ce qui n'est pas un handicap majeur (au contraire )pour le rendu final. Les textes sont volontairement décontractés et si l'écriture est parfois en roue libre, il faut saluer leur qualité documentaire, leur concision et leur remarquable lisibilité. Les informations recueillies ici sont globalement connues d'à peu près tous les amateurs mais les auteurs n'ont pas commis d'erreurs majeures et font preuve d'une belle érudition sur certains aspects qui nous intéressent particulièrement comme la fameuse affaire de la mort (supposée) de McCartney, la séparation du groupe ou le séjour allemand.

 

Ce qui pêche ici et empêche l'ouvrage de décoller, c'est le concept même du projet. Le livre est découpé en séquences chronologiques, chacune dessinée par un artiste différent et précédé d'un texte qui le plus souvent fournit 85 à 90% des informations qui sont présentées dans les 3 ou 4 pages de BD qui suivent. Du coup, et cela arrive plus souvent qu'on le souhaiterait, la lecture de la BD n'apparaît que comme une redite du texte introductif, ce qui en rend la lecture bien moins passionnante. A quoi bon faire un livre de BD avec si peu de planches et "si beaucoup" de textes ? Cette lacune ne gâche pas la lecture qui reste sympathique et stimulante mais pourrait être perçue comme un manque de respect du support graphique, ou un manque de confiance en ses moyens. Dommage. Le livre n'en reste pas moins un vrai petit bonheur pour ceux qui aiment les chansons des 4 passionément, un peu ou à la folie. Faute de grives, on bouffera des scarabées.

 

The Beatles en bande dessinée, Gaet's et Stéphane Nappez, Petit à petit.  




La France condamnée par la Cour européenne dans l'affaire du livre de Paul Aussaresses

Posté par Céline le 16.01.09 à 12:04 | tags : news, édition
La France a été condamnée hier par la Cour européenne des droits de l'homme dans l'affaire qui l'opposait aux éditeurs d'un livre polémique, dans lequel l'ancien général Paul Aussaresses justifiait l'usage de la torture pendant la guerre d'Algérie.

Les magistrats ont été unanimes : en jugeant les éditeurs Olivier Orban et Xavier de Bartillat coupables de délits d'apologie de crime de guerre, suite à la parution en 2001 chez Plon de Service spéciaux, Algérie 1955-1957, la France a violé le droit à la liberté d'expression. La Cour européenne estime en effet que "la publication d'un témoignage de ce type s'inscrivait indubitablement dans un débat d'intérêt général d'une singulière importance pour la mémoire collective".

Et contrairement à la juridiction française, qui avait reproché à l'éditeur de manquer de distance par rapport au texte, et même de glorifier l'auteur en le qualifiant de "légende vivante", elle déclare ne pas avoir perçu dans l'ouvrage signe de glorification. Selon elle, la liberté d'expression garantie par l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme vaut non seulement pour des idées inoffensives, mais aussi pour celles qui choquent ou inquiètent et qu'il faut "aborder avec le recul du temps".

Olivier Orban et Xavier de Bartillat, qui avaient été condamnés à verser de lourdes amendes, se sont donc vu allouer 33 000 euros pour dommage matériel. Les parties ont trois mois pour faire appel.




Les Américains lisent de plus en plus !

Posté par Mélanie le 15.01.09 à 15:23 | tags : news, édition

La nouvelle a l'effet d'un baume sur une industrie de l'édition américaine atteinte de plein fouet par la récession. Une étude de la NEA (National Endownment for the Arts) annonce fièrement que le nombre d'Américains adultes ayant au moins lu un livre de fiction dans l'année a progressé depuis la dernière étude datant de 2002.

 

Retournement de tendance

De moins de la moitié de la population totale en 2002 (46,7%), avec 96 millions d'adultes déclarant avoir lu au minimum un ouvrage littéraire (théâtre, poésie, roman ou nouvelle), la proportion de "lecteurs" a dépassé la moitié de la population (50,2%), avec 112,8 millions de personnes en 2008. L'annonce de la NEA, par la voix de son directeur, Dana Gioia, est pour le moins triomphale. Sobrement intitulé " la lecture en hausse. Un nouveau chapitre de la littérature américaine", le rapport fait état d'un "retournement dans l'histoire culturelle récente".

Depuis 26 ans que la NEA étudie les comportements des Américains vis à vis de la lecture, le constat ne faisait que s'aggraver d'année en année. Les chiffres de 2008 représentent donc un espoir indéniable de voir le livre et la littérature rebondir et cela, sous quelque format que cela soit, la NEA ayant enfin inclu pour la première fois la lecture de littérature sur internet, obtenant le pourcentage hallucinant de 15% des adultes lisant sur leur ordi...

 

Et en France ?

En France, l'étude "Chiffres clés de la culture " 2007 menée par l'INSEE pour le Ministère de la Culture a montré que 58% des Français interrogés de plus de 15 ans ont lu au moins un livre au cours de l'année précédente. En outre, une récente enquête de l'institut de marketing GFK a été reprise dans toute la presse culturelle qui s'alarmait que les français ne passent que 38 minutes en moyenne par jour à lire. Or, à regarder l'étude de plus près, la situation ne semble pas si catastrophique. Avec une moyenne de 156 livres par foyer et le livre en premier achat culturel sur l'année pour 88% des Français, la lecture semble avoir encore de beaux jours devant elle en France...

 

Sources: NEA, Bibliofrance

 




Gary Larson en vrai...

Posté par 2goldfish le 15.01.09 à 10:39 | tags : bd, web

 

Des petits malins se sont réunis sur Flickr, pour proposer chacun leur réinterprétation photographique d'un dessin de Gary Larson, auteur de "The Far Side". La qualité du dessin n'ayant jamais véritablement été l'attrait principal des vignettes surréalistes de Larson, les photos dépassent parfois leurs inspirations en étrangeté (et donc drôlerie) comme  sur les deux exemples ci-dessus. Reste bien sûr quelques dessins qui demanderaient beaucoup, beaucoup de travail sous Photoshop pour être recréees, comme celui-ci, pour la recréation duquel j'offre une sucette chupa chups au parfum de votre choix : 

 

 




Une vidéo du magazine Books pour l'année 2009

Posté par Céline le 14.01.09 à 16:42 | tags : news, revue

 

Lancé le mois dernier, le magazine Books, qui propose d'aborder l'actualité du monde à travers celle des livres, marque le début de cette nouvelle année en proposant une vidéo sur Dailymotion. On y voit deux hommes qui s'affairent, en avance rapide, pour composer une fresque de mots définissant l'esprit du magazine : "non-conformisme", "analyse", "diversité", "insolite", peut-on y lire... Ce sont bien là des particularités que revendiquaient pour son magazine Olivier Postel-Vinay, fondateur de Books, lors d'un entretien avec Fluctuat.

Le premier numéro de Books, toujours en kiosque, et que l'on peut aussi découvrir sur Booksmag.fr, réunit des articles de qualité, traitant aussi bien de la crise, que de la Corée du Nord ou de la "démocratie berlusconique". On attend le prochain numéro de ce magazine, véritable fenêtre sur le monde.




Un inédit de Thomas Bernhard paraît 20 ans après sa mort

Posté par Mélanie le 14.01.09 à 11:14 | tags : news
Une oeuvre inédite de Thomas Bernhard, qui est avec le Prix Nobel Elfriede Jelinek l'un des deux "enfants terribles" de la littérature autrichienne d'après-guerre, paraît à l'occasion du 20ème anniversaire de sa mort, survenue le 12 février 1989 alors qu'il avait 58 ans.
 

Intitulé Mein Preise (Mes Prix), ce livre, datant de 1980, est publié par l'éditeur allemand Suhrkamp en 20.000 exemplaires. Ces 140 pages, en grande partie autobiographiques, recèlent de règlements de comptes féroces de l'écrivain-dramaturge avec l'Autriche et son système littéraire.

 

Règlements de comptes posthumes

Bernhard y avoue avoir accepté les quinze prix qui ont récompensé son oeuvre jusqu'en 1979 uniquement pour "des raisons pécuniaires". Il avait notamment reçu le Prix national de littérature en 1968 en créant le scandale. Benrnhard prononça, en effet, un discours très agressif à l'égard de l'Etat, de la culture autrichienne et des Autrichiens eux-même. "Nous Autrichiens sommes apathiques, nous sommes la vie en tant que désintérêt général pour la vie" déclara-t-il.

Composé de phrases courtes et incisives, Mein preise s'en tient au leitmotiv de toute la vie d'écrivain de Bernhard, profondément marqué par le ralliement de l'Autriche à la dictature nazie : "Mon existence tout entière ne répond qu'à la seule volonté de déranger et d'irriter". Sa relation d'amour-haine avec l'Autriche l'avait même amené à interdire la représentation de ses pièces dans son pays natal après sa mort .

La maison d'édition Suhrkamp a par ailleurs annoncé la publication en 2009 de la correspondance échangée par Thomas Bernhard avec le patron de Suhrkamp, Siegfried Unseld, un "pavé" de 1.600 pages, ainsi que celle d'un recueil de 130 pages de poèmes écrits dans les années 50, intitulé "Gel", comme l'un de ses romans.




Une soirée en compagnie d'écrivains new-yorkais sur Arte

Posté par Céline le 13.01.09 à 17:15 | tags : littérature en vidéo, news
 

Si vous êtes féru de littérature américaine, vous pouvez réserver votre soirée du jeudi 15 janvier : Arte diffusera ce soir-là "Romans made in New York", un documentaire réalisé par Sylvain Bergère, consacré aux jeunes auteurs américains qui renouvellent la fiction contemporaine.

 

Figures de la nouvelle garde littéraire, Jonathan Franzen, Jonathan Safran Foer, Nicole Krauss, Rick Moody et Marisha Pessl évoqueront leur travail devant la caméra, interrogés par Nelly Kaprièlian, critique littéraire aux Inrocks. Après Bret Easton Ellis et Jay McInerney qui, dans les années 80, ont révolutionné le roman par leur style empreint de cynisme - de substances hallucinogènes parfois - ces écrivains puisent eux aussi une partie de leur inspiration dans la ville de New-York, "la cocotte-minute de la culture américaine", comme l'appelle Rick Moody. 

Quel discours cherche à faire entendre cette nouvelle génération, qui cite comme références Melville, Ellis, Roth, Oates, Carver, Faulkner, Joyce et Kafka ? Que reste-t-il à écrire après la catastrophe du 11 septembre ? Peut-on parler d'un renouveau du roman américain ?

Quelques réponses en livres et en images, jeudi soir donc.

"Romans made in New York", documentaire de Sylvain Bergère et Nelly Kaprièlian. Jeudi 15 janvier à 22h30 sur Arte. 

 



La saga Twilight ou le succès du vampire moderne

Posté par Céline le 13.01.09 à 15:13 | tags : news
Tandis que le Dracula de Bram Stoker fait l'objet d'une réédition (avec une préface de Neil Gaiman), et que la saga Fascination de Stephenie Meyer fait un véritable carton, le Times consacre un article à la figure du vampire, qui a considérablement évolué depuis ses premières apparitions.
 
De Bram Stoker à Anne Rice, de F.W. Murnau à Coppola, la littérature et le cinéma ont donné au fil des années diverses représentations du vampire, tantôt monstre sanglant, tantôt noble réprouvé. Depuis quelques années cependant, une tendance, que semble avoir largement inspiré la série de romans d'Anne Rice - dont Entretien avec un vampire - se dessine : le vampire, être porté sur la mélancolie, veut désormais lutter pour la rédemption, et ne s'attaque d'ailleurs qu'aux plus méchants. Souvent aussi, le vampire est beau gosse, incarné par des acteurs plus ou moins séduisants : Tom Cruise dans Entretien avec un vampire, David Boreanaz dans la série Buffy contre les vampires....
 
La fiction contemporaine semble avoir confirmé la tendance. Dans la saga de Charlaine Harris, Southern vampire mysteries - qui a donné la série HBO à succès True Blood - les vampires se nourrissent de sang artificiel et vivent parmi les humains. Idem chez Stephenie Meyer, dont la saga Twilight a récemment été adaptée au cinéma : ses vampires, très glamours sont "végétariens" (ils refusent de boire du sang humain), n'ont pas besoin de cercueil et vont à l'école.
 
Fini donc le vampire glorieux et meurtrier à l'image du premier Dracula. Le vampire moderne apparaît davantage comme un marginal plein de sensibilité, dans lequel beaucoup de gens, les ados particulièrement, peuvent se reconnaître. Cow boy urbain et romantique, solitaire à fleur de peau, il peut aussi s'avérer un tantinet bad boy. Ainsi l'article Times compare-t-il le Edward de Fascination à une sorte de James Dean (en plus pâlot), avant de faire remarquer que les plus célèbres chasseuses de vampire, comme Buffy, passent autant de temps au lit avec ces créatures qu'au combat... De quoi en faire tout un livre.



Zut, le livre de Samy Naceri ne sortira pas

Posté par Mélanie le 13.01.09 à 11:41 | tags : news

La littérature est en deuil. Il ne s'agit ici pas ici de la disparition d'un grand écrivain, mais bien de l'annulation de la sortie de Sur le fil, l'autobiographie "mea culpa" de Samy Naceri, initialement prévue le 29 janvier chez Michel Lafon, pour cause d'une énième mise en examen de l'acteur-psychopathe.

 

Depuis sa découverte par Luc Besson dans la série Taxi, Samy Naceri a plus brillé ces dernières années pour sa polytoxicomanie et son ultra violence notoires que pour son discutable talent. Il a bien reçu un prix d'interprétation collectif à Cannes pour son interprétation monochrome - regard de psycho et bouche pincée - dans Indigènes, mais un jet de cendrier au visage d'un attaché de presse, une fliquette presque écrasée et une tentative de poignarder un homme à la gorge plus tard, le clap de fin de carrière devrait enfin retentir pour Samy Naceri.

"J'avais tout : j'étais célèbre, j'ai eu une Palme d'or, un métier de rêve J'ai vécu une descente aux enfers, par ma faute, parce que j'ai été faible, parce que la drogue m'a bouffé, parce que mon caractère impulsif m'a joué des tours", expliquait-t-il dans Sur le fil. Ce livre, écrit pendant sa précédente détention, devait l'aider à tourner la page. Mais sa sortie a été tout bonnement annulée par son éditeur, Michel Lafon, l'acteur ayant une nouvelle fois pété les plombs alors qu'il était en liberté conditionnelle, et ôté tout son sens au message de rédemption de Sur le fil...




Les bienfaits de la pub sur Fluctuat : le jour où j'ai croisé Lucas Grant

Posté par Myosotis le 13.01.09 à 10:24 | tags : roman, élucubration

Certains s'en sont plaints pour le principe, d'autres s'en foutent : il y a désormais de la publicité incrustée directement entre les billets de ce blog. Cela ne gêne pas vraiment la lecture et oblige simplement à glisser un peu plus vite et un peu plus loin pour aller du post aux commentaires, du billet au billet suivant, etc. La publicité est partout et j'imagine que cela fait quelques rentrées d'argent supplémentaires, ce qui, en temps de crise, comme l'a souligné un observateur, est dans l'air du temps.

 

Comme le système n'est pas imbécile (c'est même bien fichu), le robot publicitaire (google ?) prévoit que les pubs encastrées soient en relation avec le blog dont il est question. J'ai ainsi pu successivement mener une requête idiote sur un moteur de recherches de liens totalement inefficace (j'ai déjà oublié le site qui m'a renvoyé DANTE pour DANTEC, DATE, etc, d'une manière catastrophique), acheter une bibliothèque en chêne massif à 12 000 euros (12 000 euros ! ils croient qu'il n'y a que des millionnaires sur ce blog ou quoi) avant de découvrir ce lien magique vers les Editions Harlequins et ce teaser extraordinaire pour SECRETS DELICES. La pub a du bon. Sans elle et sans Fluctuat, je ne serais jamais allé à la rencontre de SECRETS DELICES, roman à l'intrigue singulière et inventive mettant en avant le beau Lucas Grant "grand, fort, des épaules musclées et un visage parfait". Ouais, Lucas Grant est une sorte d'Alain Delon en plus baraqué, qui "respire la sensualité". Oh bon sang. Le nom même de Lucas Grant est sexy : l'alliance d'un nom fort et aux consonnances anglo-saxonnes GRANT, comme Cary ou ces personnages de Jules Verne, Lucas qui suggère le raffinement, la modernité. Et puis cette couverture incandescente, stimulante et qui mérite à elle seule le détour. Je n'ai évidemment pas encore lu SECRETS DELICES mais je suppose que son auteur Sarah Mayberry (ça sent le pseudo pour Georgette Marseillet ou Ghislaine Matthieu ou Eric Romdentel....) est un ponte de l'écriture d'aujourd'hui, capable de rendre à la perfection le frisson d'une braguette qui s'ouvre dans le petit matin, le battement d'un coeur dans le soleil levant. La pub sur Flu, c'est aussi ça, plus de désir de consommation, de stupre et de désir tout court. 

 

Secrets délices de Sarah Mayberry : Grand, fort, des épaules musclées et un visage parfait : Lucas Grant est incroyablement séduisant, encore plus beau que sur les photos des magazines où Sophie l'a souvent admiré. Bien trop troublée par sa présence, elle se demande si elle n'a pas accepté un peu vite de suivre ce play-boy dans une villa aussi idyllique qu'isolée afin d'être sa cuisinière pendant un mois. Car tout en lui respire la sensualité, et la manière dont il la regarde ne laisse aucun doute sur la nature des recettes qu'il aimerait expérimenter avec elle. Mais après tout, et même si ce n'est pas dans ses habitudes, c'est peut-être une occasion rêvée d'explorer ses fantasmes les plus secrets dans les bras d'un amant hors pair.




David Angevin et son livre positif sur Sarkozy censurés sur France 2 ?

Posté par Mélanie le 12.01.09 à 17:49 | tags : news, littérature en vidéo, média

 

Le journaliste-romancier David Angevin - qui s'était fait connaître avec Boborama, dans lequel il réglait son compte à son ex-employeur Télérama - a été élégamment déprogrammé de l'émission de Laurent Ruquier, "On est pas couchés", diffusée samedi dernier.

 

Son livre, Dans la peau de Nicolas, vendu comme le premier livre "positif" sur le président, n'a donc finalement pas eu droit à ce bonus non négligeable de médiatisation sur lequel tablaît son éditeur, Le serpent à plumes - qui a retiré 2 000 exemplaires du roman pour l'occasion. Dans un entretien accordé à Fluctuat, David Angevin, évoque des "médias à l'antisarkozysme pavlovien" qui ne supporteraient pas les discours dissonants. Les évènements semblent lui donner raison.

 

"Tricardé" car pas assez antisarkozyste ?

En fait de "positif", Dans la peau de Nicolas, fausse autobiographie du président à la première personne, s'attache à rétablir certaines vérités sur la supposée mainmise de Sarkozy sur les médias. Selon un article de Rue89, la production du talk show culturel de Ruquier a invoqué comme excuse "un temps de parole trop long autour de Sarkozy", étant donné la présence sur le plateau de Patrick Rambaud, venu présenter le très satirique Deuxième chronique du règne de Nicolas Ier.

Alors pourquoi ne pas annuler l'invitation de Patrick Rambaud plutôt que celle de David Angevin ? Habitué à subir les foudres de la presse, celui-ci est du genre à rentrer par la fenêtre et a posté sur Dailymotion une vidéo dans laquelle il dit tout ce qu'il aurait voulu dire sur son roman, sur la "fausse impertinence" de celui de Rambaud et des médias "politiquement corrects" décidemment bien rancuniers...




Obama invité chez Marvel aux côtés de Spider-man

Posté par Céline le 12.01.09 à 15:20 | tags : news, bd, comics
Obama, super-héros ? Ou presque. A l'occasion de la cérémonie d'investiture, les éditions Marvel publient le 14 janvier un numéro spécial de Spider-man, dans lequel l'homme-araignée partage la vedette avec le nouveau président des Etats-Unis.
 

Intitulé "Spidey meets the President !", cet épisode se déroule le 20 janvier, le jour de la prestation de serment de Barack Obama, que le super-vilain Le Caméléon cherche à empêcher. Peter Parker, l'alter ego de Spider-Man, est lui chargé de couvrir l'événément en tant que photographe. Il ne manquera évidemment pas d'outrepasser ces fonctions, et de sauver finalement la journée du président.

Dans la vraie vie, Barack Obama serait un fan du super-héros. Joe Quesada, rédacteur en chef de Marvel Comics, explique sur  le site de l'éditeur que le projet est d'ailleurs né de cette information : "Quand nous avons entendu que le président élu Obama était un collectionneur des comics Spider-Man, nous savions que ces deux figures historiques devaient se rencontrer dans les comics de Marvel Universe. (...) Un fan de Spider-Man emménageant dans le bureau ovale est un évènement qui doit être commémoré dans les pages d'Amazing Spider-Man".


Pendant sa campagne, Obama s'était déjà vu comparé à Superman. Après son élection, le voilà représenté comme "partner" de Spider-Man. Un président visiblement très porté sur les super-héros.

 

 




L'iPhone se met aussi au livre numérique

Posté par Mélanie le 12.01.09 à 12:17 | tags : numérique, news, e-book

Après la Nintendo et ses romans classiques sur DS, le marché en ébullition du livre numérique accueille un "petit" nouveau et pas des moindres puisqu'il s'agit d'Apple, qui à la faveur d'un partenariat avec Shortcovers, proposera une application permettant de lire romans et BD sur son iPhone.

 

Dévoilée au salon de l'électronique CES qui se tient jusqu'à dimanche à Las Vegas, l'application gratuite de Shortcovers, une filiale du libraire-disquaire canadien Indigo, devrait apparaître dans le App Store d'Apple d'ici un mois.

Déjà surnommé le "Kindle Killer" - en référence à son concurrent direct d'Amazon - le reader de Shortcovers sur iPhone proposera les premiers chapitres de nombreux livres gratuitement, les chapitres suivants seront, en revanche payants (99 cents). Le modèle économique qui allie l'attractivité de la gratuité à la protection des droits a séduit les principaux éditeurs américains qui proposeront jusqu'aux titres les plus récents de leurs catalogues.

 




Tintin a 80 ans et fait toujours polémique

Posté par Mélanie le 09.01.09 à 17:18 | tags : news, bd

Les aventures de Tintin, le fameux reporter imaginé par Hergé, ont été publiées pour la première fois il y a donc tout juste 80 ans. A cette occasion, l'INA propose un dossier intitulé "le monde selon Hergé", dont certaines vidéos rappellent qu'en dépit de son succès - 200 millions d'exemplaires vendus - le créateur de Tintin n'a pas toujours fait l'unanimité. Petit tour d'horizon des reproches faits à Hergé contredits ou confortés par l'intéressé lui-même.

Hergé, anti-coco ?

L'anti-bolchévisme du tout premier tome, Tintin chez les Soviets est plus ou moins assumé en 1973, par Hergé qui, interrogé sur le sujet dans l'émission de l'ORTF "Ouvrez les guillemets" animée par un Bernard Pivot tout jeunot, confirme que Tintin est né dans une publication "catholique, d'extrême droite, dans un contexte alors très anti-blochévique". Ambigü, Hergé se réfugie cependant derrière la caricature lorsque la conversation dévie sur le colonialisme et le racisme de Tintin au Congo, également réédité en 73. Idem en 1976, dans un débat télévisé lors du festival du livre de Nice : Hergé, qui se voit repprocher sa vision idéalisée de la colonisation sans avoir jamais été en Afrique, ainsi que sa misogynie, invoque encore la caricature. Pourtant Hergé a bien émis des regrets en 1978, mais sur la manière dont il traite les animaux dans Tintin au Congo... dans l'émission 30 millions d'amis !

Hergé, collabo ?

Ces dernières années ont également vu fleurir des biographies et autres essais critiques sur Hergé, comme celles de Pierre Assouline, 1998, et de Benoît Peeters qui reviennent sur la participation du dessinateur au journal collaborationniste Le Soir sous l'Occupation. Certains vont plus loin comme Maxime Benoît-Jeannin qui, en 2006 avec Les guerres d'Hergé : Essai de paranoïa-critique analyse Tintin comme le médium privilégié des idées de la classe dominante du long XXème siècle : du colonialisme au racisme et à l'antisémitisme, et de l'anticommunisme à la collaboration. Mais la palme de la virulence revient certainement à Emile Brami qui publie en 2004, Céline, Hergé et l'Affaire Haddock dans lequel il établit un parallèle entre l'apparition en 1938 du personnage du capitaine Haddock et ses célèbres bordées d'injures très littéraires mais borderline, voire carrément racistes, et la publication du pamphlet antisémite de Bagatelles pour un massacre de Louis Ferdinand Céline qui en interdira lui-même la réédition.

Tintin, homo ?

L'ancien député conservateur britannique Matthew Parris s'est quant à lui amusé, dans un article très acide paru dans le Times, à prouver par A+B l'homosexualité de Tintin, depuis fort longtemps supposée. Sans passé, comme nombre jeunes gays qui débarquent en ville après avoir coupé les ponts avec leur famille, il finit par s'installer chez le capitaine Haddock ! Sans oublier la passion douteuse des jumeaux Dupond et Dupont (Thompson et Tompson en anglais) pour les déguisements exotiques... Ainsi déjà en 73, chez Pivot, la question est sous-entendue par les chroniqueurs qui soulignent l'absence de femmes. Hergé lui-même semble avouer le penchant de son personnage lorsqu'il évoque son album préféré, Tintin au Tibet, dans lequel le reporter part à la recherche de son ami Tchang. Pour son créateur, il s'agit d' "une histoire simple, sans méchants, juste une histoire forte d'amitié, voire même d'amour."

Cependant la dernière biographie officielle d'Hergé signée Philippe Goddin et parue à l'occasion de son centenaire en 2007 réfute les rumeurs d'homosexualité du dessinateur. Décrivant un homme à femmes, marié deux fois et peu fidèle, Goddin sous-entend qu'Hergé serait en fait mort du SIDA suite à des transfusions de sang contaminé. D'où les rumeurs d'homosexualité dans un début des années 80 bien homophobes.

 

 

 




Un fan de Stephen King publie le livre du héros de Shining

Posté par Mélanie le 09.01.09 à 16:10 | tags : news
Un artiste américain publie à compte d'auteur le livre de Jack Torrance, héros du roman Shining de Stephen King, nous apprend un article paru dans le Guardian.
 

Dans le livre de King, Jack Torrance - incarné par le génial Jack Nicholson dans l'adaptation ciné éponyme de Stanley Kubrick - est un écrivain raté et alcolo, embauché pour garder un hôtel de luxe perdu dans les montagnes Rocheuses et fermé pour l'hiver. Il s'y installe avec sa femme et son fils, dans l'espoir de parvenir à enfin écrire son roman. Mais des phénomènes étranges le font sombrer dans la folie meurtrière. Sa femme prend conscience de celle-ci en décrouvrant le "manuscrit" de Jack car il s'agit d'une seule et unique phrase, répétée à l'infini : "All work and no play makes Jack a dull boy".

Cette phrase obsédante, Phil Buehler, artiste new yorkais fan de King et de Kubrick, l'a reprise dans un livre autopublié sous la signature de Jack Torrance. Sur 80 pages, la phrase est egrénée, dans un format et une police qui auraient pu être créées sur une machine à écrire mais dans des formes variées : en zig-zag, en spirales... Buehler a déclaré à la journaliste du Guardian vouloir, avec ce livre, aller voir plus loin que ce que montre le livre (et le film) : " je me suis demandé de quoi auraient eu l'air ces pages s'il avait continué à s'enfoncer dans la folie."

L'expérience lui a pris une semaine, durant laquelle sa fiancée - qui n'a ni lu ni vu Shining - s'est quelque peu inquiétée de sa santé mentale... On la comprend.

Pour se faire une idée, il est possible de feuilleter le livre en preview sur le site Blurb.com.

 




Uderzo autorise Astérix à lui survivre chez Hachette

Posté par Mélanie le 09.01.09 à 11:10 | tags : bd, news
Albert Uderzo, le dessinateur de la bande dessinée Astérix, avait toujours refusé que son héros lui survive. Mais il n'a pas pu refuser la proposition du géant de l'édition Hachette et a cédé au groupe l'autorisation contractuelle de poursuivre, après sa mort, les aventures de son héros gaulois.
 
 
Sa fille, Sylvie, propriétaire de 40% des parts des éditions Albert-René s'est en revanche positionnée contre cet accord et compte entrer en résistance contre "une manipulation destinée à changer le cours naturel" telle qu'elle l'évoque dans une tribune publiée dans le Monde. "Je me battrai donc, non pas contre mon père, mais pour préserver tout ce qui l'a fait, tout ce qui l'a animé : son oeuvre imaginée à quatre mains avec René Goscinny", poursuit Sylvie Uderzo.
 
 
Bataille d'actionnaires 
 
Hachette Livre a acquis en décembre les 40% de participation dans Albert-René détenus par Albert Uderzo , ainsi que les 20% détenus par Anne Goscinny, la fille de René Goscinny, le scénariste décédé en 1977. Anne Goscinny a également donné son accord pour qu'Astérix survive à ses créateurs.

Hachette, éditeur des neuf albums d'Astérix postérieurs à la mort de Goscinny et gestionnaire des droits dérivés de la série, a également pérennisé ses droits d'édition des 24 premiers albums, qui paraissent sous sa marque depuis 1998. "Contractuellement, une suite sera un jour possible", a ainsi confié à Livres Hebdo Isabelle Magnac, directrice générale de Hachette Illustré et désormais gérante d'Albert-René.

Mais pour l'instant, Uderzo, qui va sur ses 82 ans, est toujours à la barre et signera le nouvel album des aventures d'Astérix qui sortira le 22 octobre prochain, à l'occasion du cinquantenaire de la célèbre bande-dessinée. En attendant une belle bataille judiciaire en famille ...

 

 

Sources:

Livres Hebdo

Le Monde 

Photo: Le tandem Uderzo/Gosciny à l'occasion de la sortie du dessin animé "Astérix le Gaulois" en 1967.

 

 




Sollers poursuivi pour attentat à la sûreté de l’esprit

Posté par Céline le 08.01.09 à 18:40 | tags : news

Alors qu'il vient de publier son nouveau roman, Les Voyageurs du temps, Philippe Sollers sera convoqué le 21 janvier prochain devant un tribunal très... littéraire, qui le jugera pour « attentat à la sûreté de l'esprit ».

 

Le 13 mai 1921, Maurice Barrès, ancien « Prince de la jeunesse », faisait l'objet de la même accusation devant un tribunal révolutionnaire composé de membres du groupe Dada, parmi lesquels André Breton (président), Georges Ribemont-Dessaignes (procureur), Louis Aragon et Philippe Soupault (avocats de la défense). L'écrivain accusé, absent bien entendu, était représenté par un mannequin.

Le 29 janvier, Philippe Sollers sera lui bien présent à son procès pour « attentat à la sûreté de l'esprit, association de bienfaiteurs en vue d'une action culturiste et d'atteintes aux bonnes mœurs ». Maoïste, structuraliste, socialiste-Royaliste... : chaque mot « en -iste » pourrait bien devenir un nouveau chef d'accusation. Le fondateur de Tel Quel n'a rien à craindre de trop violent cependant de la part de ses juges et accusateurs, qui sont en fait ses amis et lui veulent le plus grand bien : Alexandre Duval-Stalla (avocat au barreau de Paris et écrivain), qui est à l'initiative de l'événement, présidera l'assemblée ; Josyane Savigneau, amie dans la vie du présumé coupable, a réclamé le rôle de l'accusatrice. Enfin, on attend à la barre les témoins Cécile Guilbert, David Di Nota, François Meyronnis, Benoît Chantre et Vincent Roy...

Tout ça, donc, pour rire. Rira donc qui voudra le 29 janvier, à 20h30 à la Mairie du VIe arrondissement de Paris.

Photo : Philippe Sollers © BALTEL/SIPA




Qui travaille au CDI ? - Atelier de trivialités (10)

Posté par Myosotis le 08.01.09 à 10:32 | tags : littérature en vidéo, élucubration, livre
 
On a tous en nous quelque chose des Choristes. On a tous en nous quelque chose de Tennesxxx..... quand on s'intéresse au rapport aux livres, le retour vers le passé est inévitable : le goût des livres de demain a le goût des livres d'hier. Etrangement, l'homme vieillit mais pas le lecteur. Le lecteur est toujours jeune, immortel, le lecteur se branche directement sur la fontaine de jouvence qu'est le livre et peut instantanément (l'effet Madeleine appliqué au livre) recouvrer l'apparence physique et mentale qu'il avait le premier matin où il tint entre ses mains un livre ou un illustré. Les vieillards lisent avec des coeurs de jeune homme ou de jeune femme, jusqu'à leur mort et probablement même après. La lecture est la seule expérience humaine qu'il est possible d'aborder en dehors du temps et en dehors de la finitude de l'existence. Cette approche donne une importance déterminante aux lieux et endroits de premier contact avec l'écrit : la bibliothèque familiale, la collection du Reader Digest du père, dans la vitrine de la salle à manger, le fauteuil du salon, la bibliothèque municipale et, lorsqu'il s'agit de lier travail et plaisir, livre et turbin : le CDI.
 
Le CDI est un univers étrange, à mi-chemin entre la salle de classe, de travail et la chambre de bibliothèque. C'est un endroit (un centre de documentation et d'information, rebaptisé depuis en Centre Documentaire ou Educatif... fermé) au statut incertain où se mêlent des gens qui travaillent, des gens qui font tout sauf travailler et d'autres qui se détendent et s'évadent, en prenant des livres que personne ne leur a commandé de prendre. Il y a dans les CDI des livres de littérature et des livres d'aventure qui n'ont rien à voir avec l'étude, des livres qui font voyager, des classiques, des modernes, accumulés au gré des programmes et des demandes, parfois farfelues, des professeurs. Dans le mien, par exemple, (je veux dire celui où j'étais collégien, il y a une éternité) et par une raison que je n'ai jamais élucidée, quelqu'un avait fait acheter 20 exemplaires des Lois de l'attraction de Bret Easton Ellis. Ils étaient là, en rang, serrés les uns contre les autres, gardés par une documentaliste à lunettes qui vraisemblablement ignorait qu'on les lui avait confiés. D'après la fiche de sortie des ouvrages, aucun n'avait jamais vu la lumière du jour, ni été placé dans les mains d'un élève. Je suppose qu'aucun professeur n'avait eu l'idée de les étudier en oeuvre suivie pour le bac ou le BEPC, mais ils étaient là pour de bon. J'en ai pris un au hasard, pensant que le livre parlerait d'amour (j'étais dans ces histoires de cristallisation stendhalienne jusqu'au cou). Autant dire que je n'ai pas été déçu. Malgré moi, avec Bret Easton Ellis, cela a été la seule fois de ma vie où j'ai vraiment appris quelque chose au CDI. Les Lois de l'Attraction. C'était d'une certaine façon un roman d'amour.
 
Il paraît que les CDI d'aujourd'hui ont bien changé. On y trouve encore quelques tronches mais surtout, raconte-t-on (et la vidéo le montre), des ados qui ricanent (on ricanait à l'époque), essaient de séduire des nanas, en s'envoyant des SMS. Le centre d'attention a migré des livres vers les téléphones portables, ramenant les rayonnages de la bibliothèque et du CDI, à un simple décor pour l'application d'une réalité virtuelle qui n'est plus la réalité virtuelle ou fictive portée par les livres. Comme partout, c'est la réalité même du lieu qui s'est virtualisée et le virtuel (le monde du SMS, de l'échange dématérialisé) qui est devenu l'endroit du réel. A ce titre, on peut dire que les CDI n'existent plus comme ils existaient par le passé et que plus personne ne peut y travailler sans être ailleurs. C'est bien dommage car on s'y amusait bien.    



Jack Lang condamné pour rupture de contrat avec son éditeur

Posté par Mélanie le 07.01.09 à 15:50 | tags : news
L'ancien ministre de la culture et actuel député du Pas-de-Calais, Jack Lang a été condamné pour rupture de contrat après s'être opposé à la publication prévue en 2006 d'un livre qu'il a co-écrit avec son éditeur, Bernard Pascuito. Le jugement prévoit le versement de 34 000 euros de remboursement de frais et de 5 000 euros au titre de préjudice moral à l'éditeur Bernard Pascuito.

 

L'ouvrage en question - un livre d'entretiens - devait paraître en août 2006 sous le titre Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur moi, au début de la campagne présidentielle de 2007, pour laquelle Jack Lang était alors candidat avant de rallier Ségolène Royal. Mais le député socialiste s'était finalement opposé à la publication du texte qui n'était pas, selon lui, conforme à sa pensée et "trop vulgaire".

 

Quand Jack n'assume plus ses propos sur Ségo

Le tribunal a en revanche estimé que la publication des bonnes feuilles du manuscrit dans la presse - dont un article de L'Express de février 2007 intitulé "quand Jack taclait Ségolène" - portait atteinte au droit de divulgation de l'ancien ministre, et lui a accordé une indemnité de 5.000 euros. Jack "le magnifique" assassinait en effet dans ce livre l'éternelle candidate PS : "Je n'ai jamais entendu qu'une pensée très ringarde là où on aurait au moins pu espérer un discours à la fois tranché et novateur. Tant qu'à jouer les cavaliers seuls, il serait bienvenu d'avoir des choses intéressantes à dire".

L'avocat de Jack Lang, Me Laurent Merlet, a indiqué à l'AFP qu'il avait fait appel du jugement.

 

Illustration : Jack et Ségo pendant la campagne de 2007

 




Tolkien, même mort, publie encore

Posté par Mélanie le 07.01.09 à 12:15 | tags : vo, news, science-fiction, short-list

Avec un inédit en français à paraître en février, et une oeuvre inconnue, datant d'avant le Seigneur des Anneaux, qui sortira en mai aux Etats-unis, J.R.R. Tolkien - que le Times a classé sixième de sa liste de 2008 des "50 plus grands écrivains britanniques depuis 1945" - "publie" encore, 36 ans après sa mort.

 

The Legend of Sigurd and Gudrún (HarperCollins)

Attendu pour mai 2009, cet inédit, écrit entre la fin des années 20 et le début des années 30 - soit bien avant Bilbo le Hobbit - sera préfacé par le fils de l'auteur, Christopher Tolkien. Tolkien a écrit ce texte dans le cadre de ses recherches sur les civilisations scandinaves à l'université d'Oxford. Il avait alors entrepris de traduire du vieux norrois (ou vieil islandais), et en prose, les contes épiques de Sigurd le Völsung et la chute des Niflungs. Les fans peuvent exulter, il s'agit là d'un véritable inédit après le flot de resucées marketing qui a accompagné le succès de l'adaptation ciné du Le Seigneur des Anneaux par Peter Jackson.


Monsieur Merveille (La Mercurie)

Ce texte inédit en France sortira le 24 février. Petit conte écrit et illustré par le professeur J.R.R. Tolkien himself en 1935, il raconte les aventures avec sa toute nouvelle automobile de Monsieur Merveille (Mr Bliss en anglais), aristocrate anglais habitant une belle demeure campagnarde. Tolkien réserva alors l'exclusivité du texte à ses propres enfants jusqu'à sa première publication américaine en 1982. L'édition française de 2009 reproduit en fac-similé le manuscrit original conservé à la bibliothèque de Marquette University à Milwaukee, aux Etats-Unis. Monsieur Merveille est un récit facétieux, d'une drôlerie insoupçonnée chez l'auteur de Bilbo le hobbit qui s'adresse autant aux petits qu'aux grands, fans ou non de l'oeuvre de Tolkien.

 

A noter enfin que sortira en mars 2009 aux Etats-unis une nouvelle biographie du Professeur Tolkien, J.R.R Tolkien : Of words and worlds de Mark Wolf chez Cumberland House Publishing.

 

MAJ 23/02/2009 : Les éditions Christian Bourgois ont annoncé qu'elles publieront en français The Legend of Sigurd and Gudrún, sans toutefois préciser de date.




Les éditeurs américains lancent un plan de rigueur budgétaire

Posté par Mélanie le 06.01.09 à 17:45 | tags : édition, news

Avec l'entrée officielle dans la récession, une baisse des ventes de livres de 7% depuis octobre (par rapport à l'année dernière) et des prévisions de croissance calamiteuses, l'heure est au sévère serrage de boulons chez les éditeurs américains habitués au luxe, apprend-on dans un article de Motoko Rich pour le New York Times .

 

Editeurs, auteurs et libraires à l'amende

Premier poste de dépenses concerné : l'emploi salarié. Toutes les plus grandes maisons d'édition US - Macmillan, Harper Collins, Houghton Mifflin Harcourt, Penguin Group, Random House et Simon & Schuster - ont annoncé des réductions de personnel et le gel des salaires des chanceux qui ont sauvé leur emloi.

Du côté de l'activité elle-même, elle sera forcément ralentie. Moins de livres publiés et une baisse des avances accordées aux auteurs qui avaient tendance à flamber ces dernières années. De même, la distribution gratuite d'exemplaires avant leur sortie sera limitée tout comme les coûteux retours de livres invendus. Ainsi Harper Collins experimente un modèle qui compense la limitation à 100 000 dollars des avances en cash par un partage plus équitable des recettes au profit de l'auteur (50% au lieu des 10 à 15% traditionnels) et par l'élimination pure du retour des invendus. Un coup dur pour les libraires, notamment quand ils sont indépendants, contraints par la pratique de l'office à accepter un grand tirage sinon rien de certains titres et d'autres titres qu'ils n'ont pas commandés.

 

The party is over

Plus surprenant, les restrictions budgétaires concernent ce qu'on pourrait appeler les "frais de bouche" du milieu de l'édition, fin esthète et peu regardant sur l'addition ces dernières années. Finis les lancement en fanfare de livres qui s'accompagnent de fêtes au champagne et au caviar, avec arrivée de l'auteur en limousine. Deux semaines avant que l'éditeur Macmillan annonce en décembre son plan de licenciement et de gel des salaires, les salariés des départements vente et marketing étaient invités à "brainstormer" sur le lancement des titres du printemps en profitant des soins du spa et en participant à des dégustations de vins dans un luxueux complexe hôtelier du Colorado. En 2009, les réunions de lancement se feront par webcam.

Simon & Schuster a annulé sa traditionnelle fête de fin d'année au Tavern on the Green - une des plus prestigieuses tables new-yorkaise - pour préférer une espèce de salle des fêtes cheap : Guastavino's. Et chez Random House, on a fêté Noël à la pizza et à la bière dans la cafétéria ! Si la vénérable maison d'édition n'a pas encore choisi de lieu pour sa grande réunion des vente et marketing avant les lancements du printemps, une chose est sûre : elle n'aura pas lieu aux Bermudes comme l'année dernière...

 

Comme le festival de Cannes pour le cinéma, les foires internationales du livre telles que celle de Londres et de Francfort sont l'occasion d'établir de précieux contacts pour le business tout en faisant la fête dans une débauche de luxe. Cette année les budgets des contingents de représentants sont sérieusement revus à la baisse, les équipes envoyées sur place, réduites, et les hôtels et restos aux frais de la princesse, moins coûteux.

 

Mais pour certains vieux de la vieille à qui on ne la fait pas, ces mesures sont purement symboliques. Michael Korda, ancien éditeur chez Simon & Schuster, qui avait ses habitudes au resto du Four Seasons, raconte au journaliste du New York Times que "pendant la crise des années 70 , les patrons des maisons d'édition interdisaient aux éditeurs la fréquentation dans un cadre professionnel de certains restaurants. Et puis, quand le business a repris, tout le monde est revenu à ses veilles habitudes".

 

Source: the New York Times
Illustration : The Cocktail party par Alex Katz, 1965

 

 

 




J. D. Salinger a fêté ses 90 ans... et écrit toujours

Posté par Céline le 06.01.09 à 11:40 | tags : news
J. D. Salinger a fêté le 1er janvier ses 90 ans. Pas de grande réception pour l'auteur du roman culte L'Attrape-Coeurs, qui vit reclus dans une maison sur une colline de Cornish (New Hampshire), et qui n'a accordé aucun entretien à la presse au cours de ces vingt-huit dernières années.

Dans les années 90, des récits publiés par son ex-compagne Joyce Maynard et par sa fille Margaret Salinger révèlent que l'écrivain... écrit toujours, même s'il n'a rien publié depuis 1965. Alors que L'Attrape-cœur est devenu un incontournable de la littérature du XXe siècle, et qu'il fait toujours figure de best-seller, Salinger a choisi de vivre à l'écart du monde littéraire, des médias - de la vaine agitation ? En 1974, il déclarait dans le New York Times : "C'est merveilleusement paisible de ne rien publier... Publier constitue une terrible violation de mon intimité".

Quelques années plus tard, quand le Boston Globe obtient à son tour le privilège d'une interview, le discours de Salinger n'a pas changé : "J'adore écrire, et je vous assure que j'écris régulièrement. Mais j'écris pour moi, et je veux qu'on me laisse complètement tranquille pendant que je le fais". Pas de publication en vue, donc, et pas question non plus de songer à une adaptation de L'Attrape-cœur au cinéma, puisque l'auteur refuse d'en vendre les droits.

 

On pourrait en dire long sur Salinger et le mythe de l'écrivain misanthrope, sur Salinger et le mythe de l'écrivain devenu mythique malgré lui. On peut discutailler longtemps sur le choix qu'il a fait, à coup d'exemples et de suppositions. On peut fantasmer sur les chefs d'œuvre que la maison isolée du New Hampshire garde à l'abri de tous les regards. Comme le remarque si justement l'article du journal The Independent, Salinger aurait sans aucun doute préféré que personne dans la presse ne tienne compte de sa date d'anniversaire. Cela aurait même été "le meilleur cadeau que l'on pouvait lui faire". Mais sans doute Salinger est-il cet écrivain trop imposant, trop fascinant pour susciter le silence et l'oubli médiatique auxquels il semble aspirer.




Difficile d'écrire Copperplate - Atelier de trivialités (9)

Posté par Myosotis le 05.01.09 à 18:17 | tags : livre, élucubration
 
La calligraphie marchait du tonnerre ces deux ou trois dernières années. Il semble qu'elle ait un peu marqué le pas en pendant les fêtes de fin d'année. Il faudra vérifier ça, si on y parvient, en trouvant les chiffres de vente de coffrets spécialisés sur le net : quelques papiers rares, des plumes, un encrier élégant, disposés classieusement dans une valisette en bois et qui continuent de faire un cadeau impeccable pour à peu près tout le monde. Cette vidéo sans prétention met l'accent sur une question qui est injustement ignorée des français et des amateurs de livres de toutes sortes (romans, entre autres), alors qu'elle a donné lieu à des centaines et des centaines de pages dans le monde anglo-saxon : la question des polices. D'une façon générale et sans caricaturer, les éditeurs français se foutent de la façon dont les livres sont rendus. Le format est central chez eux (car de lui dépend le nombre de pages, le prix du livre et la rentabilité) : personne ne s'intéresse aux polices qui, la plupart du temps, sont invariables d'un livre à un autre, comme si l'apparence du texte sur la feuille n'avait AUCUN intérêt pour le sens des mots, le rapport au lecteur et surtout l'attrait du livre.
 
On continue de trouver insensé qu'un type comme Mark Danielewski (La Maison des feuilles) exige de ses éditeurs un vrai travail de mise en page, car cette dimension est consubstantielle de son oeuvre. Sans aller jusqu'à ces extrémités (Danielewski fait parfois disparaître le sens sous la casse), certains auteurs anglo-saxons explorent au fil des romans la magie des polices, en font développer pour leurs oeuvres et ne manquent pas (ce qui est un gage de sérieux) de faire figurer à la fin de leur ouvrage sous quelle police le livre a été présenté. Ballard, qui n'est pas réputé pour être un écrivain exigeant en matière d'editing, a ainsi fait développer une police spéciale pour la mise en valeur de son Kingdom Come. Will Self a agi de la même manière pour son Book of Dave
 
Sans rentrer dans de longs développements sur ce sujet qui est quasi inépuisable, on peut se balader au hasard des sites et admirer les polices disponibles , ici ou , lire ce que fait, par exemple, l'immense lettriste et graphiste Todd Klein de son métier de lettreur (letterer) pour les plus grands dessinateurs de comics. Klein qu'on aura, je l'espère bientôt, en interview, est un homme charmant dont le discours place la calligraphie et la police de caractères au coeur de la dynamique propre à un ouvrage, fut-il livre, roman ou évidemment comic book. Aucune étude sérieuse n'a été faite là-dessus mais il est probable que de mauvais choix de polices condamnent chaque année des milliers de livres à l'oubli. J'aimerais, si j'en avais les moyens, disposer d'un manuscrit de Marc Lévy que j'éditerais de façon différente et dont je surveillerais selon la composition les chiffres de vente pour mesurer l'impact de l'habillage (et je ne parle même pas de l'illustration de couverture) sur la motivation d'achat des lecteurs. Il est à peu près certain que toutes ces choses sont décisives. La séparation du business et du culturel, du scientifique et du littéraire empêche les éditeurs qui devraient s'intéresser en professionnels à ces éléments de mener les études nécessaires. En attendant, écrire Copperplate, c'est cool mais difficile. CQFD.



Mort de Donald Westlake, maître du polar

Posté par Céline le 05.01.09 à 15:30 | tags : news, polar
Après James Crumley ou Tony Hillerman, le monde du polar perd une autre de ses grandes figures. Donald Westlake, auteur d'une centaine d'ouvrages, est mort dans la nuit du 31 décembre au premier janvier d'un infarctus, à l'âge de 75 ans.
 
Au cours d'une carrière qui a duré près d'un demi-siècle, Donald Westlake s'est imposé avec des romans très marquants, dont plusieurs ont été adaptés au cinéma comme Payback (1999 avec Mel Gibson) ou Le Couperet (par Costa-Gravas).

 

Né le 12 juillet 1933, il a sorti son premier roman, The Mercenaries (Le Zèbre) en 1960. Depuis, l'écrivain, très prolifique, a publié sous son propre nom mais également sous des pseudonymes, afin d'éviter que son rythme d'écriture (jusqu'à quatre romans par an) ne suscite pas la méfiance : il a donc signé des noms de Stark, Tucker Coe, Samuel Holt ou Edwin West... Mais si Westlake emprunte différents noms pour sa plume, la plupart de ses histoires, elles, ont un point commun : elles se déroulent le plus souvent à New York, sa ville natale.

Les personnages de Westlake, qu'il s'agissent du très drôle John Dortmunder (The Hot Rock), du anti-héros Parker (The Hunter), ou de Burk Devore, le héros du Couperet, sont mis en scène dans des intrigues habiles, truffées de dialogues croustillants et dotées d'un fort potentiel cinématographique. Westlake a d'ailleurs signé huit scénarios, dont l'un, The Grifter (19990) a été nominé aux Oscars.

 

Selon ses proches, Donald Westlake « écrivait sept jours par semaine », et uniquement sur des machines à écrire manuelles. L'écrivain, dont certaines oeuvres ont été traduites en français par Jean-Patrick Manchette, sera resté créatif jusqu'à sa mort : la parution de son dernier roman, Get Real, est prévue pour le mois d'avril.

 

Source : The New York Times




L'écrivain Taslima Nasreen logée par la mairie de Paris

Posté par Mélanie le 05.01.09 à 12:04 | tags : news

Contrainte à l'exil et sous le coup d'une fatwa depuis 1994, après la publication de son roman jugé blasphématoire par les extrémistes musulmans de son pays, le Bangladesh, l'écrivain Taslima Nasreen a enfin trouvé un refuge. La mairie de Paris lui a, en effet, promis un logement pour lequel elle avait déposé une demande il y a un mois et demi.

 

Fin d'une longue errance

Cette gynécologue de formation, militante pour le droit des femmes, a publié en 1994 Lajja (La Honte), un roman dénonçant l'oppression subie par la communauté hindoue du Bangladesh à majorité musulmane. Son roman lui a valu de recevoir des menaces de mort d'islamistes l'obligeant à quitter le pays pour d'abord rejoindre la Suède, puis Berlin à la faveur des invitations temporaires de festivals littéraires. Elle trouve ensuite un temps refuge chez sa soeur, aux Etats-unis mais le mal du pays la ronge.

C'est à Calcutta, au Bengale frontalier avec son pays d'origine, qu'elle se sent le plus chez elle. Elle fait même en 2005 une demande de nationalité indienne. Refusée. Car même dans l'Inde pluriconfessionnelle, la liberté de ton de Taslima Nasreen dérange, allant jusqu'à provoquer des émeutes de rue et l'écrivain est encore une fois la cible de fatwas. Assignée à résidence à New Delhi, Taslima Nasreen comprend qu'elle est indésirable. L'Inde ne peut décemment pas l'expulser mais la pousse encore une fois à l'exil. Retour en Europe.

 

Reconnaissance de la France des droits de l'homme

Durant l'été 2008 elle reçoit le prix Simone de Beauvoir des mains de Rama Yade, Secrétaire d'État aux Droits de l'Homme et est faite citoyenne d'honneur de la Ville de Paris par le maire, Bertrand Delanoë qui déclare à cette "combattante de la liberté" : "vous êtes ici chez vous, dans la ville où il fut proclamé que les hommes naissent et demeurent libres et égaux, et que nul ne peut être condamné pour ses opinions".

Promesse tenue. Un mois et demi après avoir déposé une demande de logement social en bonne et due forme, l'écrivain maudite va pouvoir emménager dans un studio au sein d'une résidence d'artistes du Xe arrondissement de la capitale. Comme Taslima Nasreen n'a pas actuellement de ressources propres, la mairie prendra en charge les premiers loyers, a précisé le cabinet du maire.

 




Terry Pratchett est anobli mais perd la boule

Posté par Myosotis le 03.01.09 à 19:02 | tags : roman, science-fiction, news
A tout juste 60 ans, l'écrivain Terry Pratchett vient d'être anobli par la Reine qui l'a élevé au rang de Chevalier de l'Empire dans sa liste annuelle de récompenses. Pratchett qui souffre depuis plus d'un an de la maladie d'Alzheimer (dans une forme un peu rare accompagnée d'une atrophie corticale), vit toujours dans le Wiltshire avec son épouse et continue de nous régaler régulièrement avec de nouvelles aventures de son Disque-Monde.
 
Le cycle le plus drôle et le plus pertinent de la littérature britannique, indépassable de cocasserie et d'intelligence, est né il y a 25 ans maintenant. Les Annales du Disque Monde comptent aujourd'hui à peu près 35 volumes et constituent un univers alternatif à toute la littérature fantasy dérivée de Tolkien. Là où l'auteur du Le Seigneur des Anneaux joue la carte du réalisme et de la crédibilité héroïque, Pratchett développe un canevas volontiers irrationnel, où les héros sont âgés de 90 ans, les mages incapables de faire disparaître ou apparaître un lapin blanc, où les Assassins ont des Universités, les coffres en bois marchent et sont indestructibles, etc. Le succès des Annales est tel (55 millions de livres vendus) que Pratchett est non seulement devenu richissime mais a aussi autorisé un nombre de produits dérivés considérable : dessin animé, jeux vidéos, livres de cuisine, multiunivers, téléfilms, pièces de théâtre, tasses, tee-shirts,....
 
Ceux qui ne connaissent pas encore l'esprit, l'humour et le caractère de Pterry (son surnom) démarreront l'exploration, comme on l'a dit à de multiples reprises, avec le premiers volumes mettant en scène le génial mage Rincevent, intitulés la Huitième Couleur et le Huitième Sortilège. Signe de la bonne santé des Annales, le dernier tome Making Money évoque l'introduction du papier monnaie à Ankh Morpork et accessoirement les dangers de la spéculation à la sauce Pratchett. La maladie de l'écrivain ne devrait pas l'empêcher selon lui d'écrire encore 2 ou 3 livres, même si, comme tous les malades (Pratchett a fait des donations importantes depuis 2 ans pour la recherche), il commence à ressentir les effets sur sa vie quotidienne. Ainsi, il a avoué récemment ne plus être capable d'écrire des dédicaces sur des livres lors des salons : incapable de mobiliser assez rapidement des mots pour l'exercice...
 
Merci à Antoine de nous avoir signalé l'info.



La Ligue des Gentlemen Extraordinaires 3 : Alan Moore est-il toujours Alan Moore ?

Posté par Myosotis le 02.01.09 à 11:14 | tags : littérature en vidéo, bd, comics
 
Les choses se précisent pour le volume 3 de La Ligue des Gentlemen Extraordinaires de Kevin O'Neill et Alan Moore, l'une des bande-dessinées les plus attendues de l'année 2009. Il y a quelques mois, c'était le dessinateur qui s'exprimait sur le premier tome de cette histoire, Century 1910. C'est aujourd'hui Alan Moore lui-même qui confirme dans une interview exclusive pour Wizard (édition de Noël, magnifique comme souvent), ce qu'on savait déjà : La Ligue ne ressemblera plus vraiment à ce qu'on connaissait ; il y aura de nouveau personnages, on voyagera des années 1910 aux années 1970 dans un mouvement historique pour la défense des intérêts humains mâtiné d'occultisme, d'espionnite et de références à Aleister Crowley. D'après ce que dit Moore, les deux premiers volumes (le premier est annoncé à 80 pages, le deuxième un peu plus) sont quasiment bouclés de son côté. Le troisième n'est pas encore lancé. Le magazine Wizard présente, en bonus, les premières pages du livre à venir qui sera publié chez Top Shelf, et qui nous offre la baignade sensuelle en pleine mer de la fille du Capitaine Nemo, l'un des nouveaux personnages de cette Nouvelle Ligue.
 
La révélation, qui ne rassure pas les fans de la première heure, est que la BD sera entrecoupée (ou construite autour) de chansons que Moore trouve très réussies et qu'il a empruntées à Brecht et Kurt Weil, et partiellement réécrites. Cette dimension cabaret, déjà à l'oeuvre dans quelques références savantes de Watchmen (l'histoire du Black Freighter parle de Pirate Jenny, une chanson du Threepenny Opera) devrait faire de la BD le premier comics opera du monde et augurer de nouveaux jours difficiles pour l'intertextualité narrative.
 
Après les avis assez partagés sur Lost girls, dont l'édition française (Filles Perdues) se vend bien dans les boutiques spécialisées, et surtout le Black Dossier de l'année dernière (trop référencé, selon les uns, génial selon les autres), le milieu des comics bruisse de questions : Alan Moore est-il toujours Alan Moore ? Serait-il devenu trop intellectuel et compliqué pour ses fans ou pour le genre entier ? L'année 2009 avec la sortie prochaine des Watchmen et de La Ligue, sera-t-elle une nouvelle année Moore ?
 
Sur le sol français, après la sortie de Tom Strong et de Prométhéa, qu'on ne saurait, encore une fois, trop recommander, Panini a sorti pour Noël une sorte de spin-off de Tom StrongTerra Obscura, scénarisé par Moore, écrit par Peter Hogan et dessiné par Yanick Paquette. Le héros de cet univers parallèle est Tom Strange, croisé déjà dans la série principale, et qui est confronté (alors qu'il est en semi-exil dans sa semi-forteresse de solitude) à un nouveau danger. La Terre se trouve progressivement privée de ses nouvelles technologies et d'électricité , à commencer par le désert américain. La zone de non-progrès s'étend bientôt et menace le monde alternatif. Les héros de la Science retraités ou oubliés, après avoir passé 30 ans aux mains d'un envahisseur extraterrestre, doivent se remettre au travail pour tenter d'enrayer cette nouvelle menace.... 
 
On a beau aimer Alan Moore et ses histoires, Terra Obscura n'apporte pas grand chose aux aventures de Tom Strong. Cette histoire est bien dessinée, assez bien racontée mais n'est pas aussi exaltante et fraîche que les précédentes. Rien de bien neuf : Moore a dû refiler une idée "originale" à Peter Hogan qui a développé ce canevas sans grand génie. Il ne faut toutefois pas faire la fine bouche : Terra Obscura est un comics à l'ancienne, d'aventure donc, plutôt bien ficelé et avec lequel on passe un bon moment, sans prétention. Il fera tout aussi bien l'affaire si vous avez moins de douze ans. Pour ceux qui ne connaissent ni Tom Strong, ni Alan Moore, il vaut mieux aller pêcher ailleurs pour se faire une idée.
    





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