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Les lettres d'amour de Michel Sardou : C'est celui qui le dit qui y est (20)

Posté par Myosotis le 31.12.08 à 15:45 | tags : littérature en vidéo, élucubration
 
Le pays est divisé en ce qui concerne Michel Sardou : pas nous. A vrai dire, je ne connais pas autour de moi quelqu'un qui soit prêt à défendre aucune de ces chansons, pas plus que le personnage. Je connais des gens qui, sans le connaître, le haïssent. Certains le trouvent trop petit, disent qu'il n'a pas de cou (c'est vrai) et considèrent qu'il a des accents beaufs, voire fascisants. Vous ne m'appelerez plus jamais France. Bah, non. Bernard alors. Avez-vous dans votre entourage des gens de droite qui aiment Michel Sardou et sa manière de parler des femmes et du pays ? Rien qu'à l'entendre, on a envie de virer anarchocosmopolite, non ?
 
Je fais néanmoins une exception à ce désamour ordinaire d'un type qui ne parle pas aux gens comme moi : cette histoire de lettres d'amour.  
 
"On retrouve une lettre/ Abîmée par le temps, / Le souvenir d'un être/ Aimé à dix-sept ans,/ On revoit un visage,/ On écoute une voix/ Qui ressemble au passage/ A l'image d'autrefois,/ On en fait des histoires/ Pour une photo jaunie,/ Le ciel de ma mémoire/ A des reflets bleu-nuit./ Putain de temps/" 
 
La chanson est mal titrée : "Putain de temps", parce que Sardou aime à dire les choses franchement, cela fait partie de son personnage. Mais il met le doigt sur un problème essentiel. Sur deux problèmes essentiels en fait :
 
1) le temps passe. C'est un truc insensé et qu'on va évacuer pour cette fois, trop consistant pour une démonstration en dix lignes. Sardou a lu L'Etre et le Temps d'Heidegger et s'en est probablement inspiré.
 
2) Pourquoi est-ce qu'on garde ses vieilles lettres d'amour en les planquant dans un tiroir du secrétaire à l'abri de l'être avec lequel on vit ? Pourquoi est-ce qu'on ne les relit jamais ? Pourquoi est-ce qu'on se les trimballe de déménagement en déménagement, en sachant qu'elles ne nous serviront plus ? Sardou a bien identifié le problème mais n'y répond pas vraiment. Le temps passe, explique-t-il, on n'a pas su vivre la vie au bon moment. Ce n'est pas si sûr. Sardou fait erreur et comme toujours pérore sur la vie et ses motivations parce qu'il est sensé tout savoir. C'est son job d'artiste engagé, nous dire ce qu'il faut penser et asséner ses vérités. Comme dirait l'autre, "il y a des questions qui doivent rester sans réponse" ou encore "des questions auxquelles les réponses sont sans intérêt". Si Sardou ne voulait pas tout expliquer, il saurait qu'il est bien plus intéressant de ne pas répondre à la question 2) que d'y répondre. Pourquoi est-ce qu'on trimballe ces lettres d'amour ? Ce n'est pas qu'une question de nostalgie, ce n'est pas qu'une question de temps qui passe, ce n'est pas qu'une question de défaite du présent face au passé, ce n'est pas que ça.
 
Il faut regarder cette image de synthèse, cette lampe à pétrole digitale et ce paysage pour comprendre. Il suffit d'ouvrir les yeux et c'est d'autant plus facile en cette période de fin d'année. Ce n'est pas parce que nous avons TOUS raté notre vie, ce n'est pas parce que nous sommes insatisfaits, parce que nous avons peur de mourir, parce que c'était mieux avant, parce qu'on aurait pu faire sa vie avec le premier amour. Vous l'avez revu(e) récemment. Oh bon sang, vous l'avez échappé belle. C'est beau une lettre d'amour qui dort dans un tiroir. C'est beau une lettre d'amour qui se désintègre parmi d'autres papiers. Pourquoi fallait-il alors que les filles vous répondent en écrivant avec de l'encre "bleu des mers du Sud" ou alors en "fuschia" ? La couleur reste immanquablement associée à ces lettres.
 
A quoi bon ? Vous n'auriez pas une piste quand même ? Est-ce la fonction des lettres d'amour de dormir dans les tiroirs ? Parce qu'on n'en recevra jamais plus ? Pas plus. Essayons encore une fois... Parce que vous dormez tous les soirs dans ce tiroir, blotti(e) contre ces lettres ? Parce que vous les tirez sur vous comme des couvertures lorsqu'il fait froid ? Parce que ce sont vos lettres et parce que vous êtes ces lettres ? Ça chauffe..... L'image de synthèse, un point c'est tout. Quelle arnaque ! A quoi ça sert de se lancer dans des billets pour en arriver là ? Il vaut mieux s'abstenir.



Popeye tombe dans le domaine public le 1er janvier

Posté par Céline le 31.12.08 à 13:18 | tags : bd, news
Tout le monde connaît Popeye, ce marin borgne, difforme et colérique, crée par Elzie Segar en 1929. Ce personnage, aussi rentable qu'il est populaire (il génère aujourd'hui près d'1,5 millard de recettes annuelles), pourra désormais être librement exploité par qui voudra : 70 ans après la mort de son créateur, et conformément à la loi de l'Union Européenne, Popeye tombe dans le domaine public à partir de demain.
 

Popeye est devenu une véritable icône au temps de la Grande Dépression, peu après sa première apparition en 1929, dans la bande dessinée Thimble Theater. Représenté comme un sympathique prolo, qui passe son temps à sauver sa copine Olive du méchant Brutus, le marin a vite fait de conquérir le public. En 1933, il fait ses débuts à l'écran, et selon des sondages, aurait été plus populaire que Mickey Mouse à la fin des années 30 ! Il semblerait aussi que pendant la guerre, des milliers de soldats et marins arboraient son fameux tatouage, trouvant là une façon de montrer qu'ils ne se battaient que pour le bien.

 

L'industrie Popeye

Au fil des années, l'industrie Popeye a fructifié, développant tout un tas de produits autour du personnage : livres, jouets, figurines, jeux vidéos, épinards en boîte bien sûr... On trouve même une chaîne de fast-food Popeye. Et à partir du 1er janvier donc, n'importe qui pourra imprimer et vendre des posters Popeye, des T-Shirts, et même créer de nouvelles bd, sans avoir pour cela à demander une quelconque autorisation ni à payer aucuns droits d'adaptation.

 

Mais si Popeye appartient désormais à tout le monde en Europe, ce n'est pas encore le cas aux Etats-Unis, où la loi fait valoir les droits d'auteurs jusqu'à 95 ans après le dépôt légal. Les Américains devront donc attendre encore, jusqu'en 2024, avant d'exploiter librement le personnage. D'autant plus que King Features, la société qui détient la marque déposée "Popeye", indépendante des droits d'auteur de Segar, est fermement décidée à protéger son terrain.
 

Interrogé par le Times, Mark Owen, juriste spécialisé dans les questions de propriété intellectuelle, remarque que "Popeye est le premier personnage de dessin-animé célèbre à tomber dans le domaine public. Betty Boop, puis enfin Mickey Mouse suivront". Bon, Mickey, c'est une autre histoire. Les toutes premières images de la souris ne devrait en effet pas devenir libre de droits avant 2023 - au moins - puisque la firme Disney a obtenu du Congrès, par de subtils moyens de pression, un prolongement de leurs droits sur celles-ci.

 

Source : Times







Carte de voeux 2009 : mode d'emploi

Posté par Mélanie le 30.12.08 à 16:15 | tags : news

Délicat (et ennuyeux) exercice que la rédaction des traditionnelles cartes de voeux de fin d'année. Cependant, l'anodine carte de Père Noël peut se révéler stratégiquement payante en ces temps de crise et de précarité professionnelle. Car il est de bon ton de faire fructifier son carnet d'adresses, de se rappeler au bon souvenir de vagues relations potentiellement intéressantes, bref : il faut réseauter.

 

Et on ne procède pas de la même manière selon que l'on adresse sa petite carte à la gardienne de son immeuble (sans oublier d'y glisser les fondamentales étrennes), à sa grand-mère, à son vieux pote d'enfance (où l'on peut se permettre la carte "comique", de préférence dans une enveloppe) ou à son patron, client, collègue.

 

Voeux clefs en mains 

Alors comment ne pas commettre d'irréparable impair ? Heureusement Internet fourmille d'idées et de start-up audacieuses et Discours.fr propose pour les moins inspirés discours et cartes de voeux clefs en mains, "rédigés par des écrivains professionnels expérimentés" (???).

Notre coup de coeur : le pack Voeux 2009 pour les maires. Et oui, le site soulève l'épineux problème trop souvent ignoré de la masse de boulot que représentent les fêtes de fin d'année pour le maire de petite commune ne bénéficiant pas des services d'un conseiller en communication. Et il est fort vrai qu'"en cette période de fin d'année difficile pour tous, il n'est pas facile de rédiger un discours approprié à chaque public. Nos modèles de discours apportent votre soutien aux habitants, aux associations, aux commerçants, aux entreprises et votre amitié aux aînés."

Aussi, pour la modique somme de 39 euros, le dit maire peut s'offrir douze modèles de discours dont les vœux aux habitants, aux commerçants, aux entreprises de la commune, aux associations, aux "aînés" (les vieux, quoi) et aux employés communaux. Avec en plus, quatre éditos pour le bulletin municipal de janvier et dix exemple de cartes de voeux, Monsieur ou Madame le Maire est prêt pour affronter 2009 !


4 conseils pour une bonne carte de voeux

Pour les autres, simples administrés, quelques conseils de base ne font pas de mal :

1) Le choix de la carte : ni trop gnangnan ni hors sujet, le mieux restant la carte solidaire type Unicef. A surtout éviter : la carte photoshopée de vous, de vos enfants ou pire de votre animal de compagnie !!!
2) Soignez l'écriture : lisible, sans rature ni Tippex et l'orthographe : irréprochable
3) Adoptez le ton juste : affectueux mais poli pour la grand-mère et cordial tout en restant respectueux pour le patron
4) N'en faites pas trop dans la lèche, la carte parle d'elle-même. Evitez donc les "veuillez agréer blabla"

 

Bonnes fêtes à tous et n'oubliez pas : "il faut rajouter de la vie aux années et non des années à la vie" (proverbe chinois)

 

Illustration: exemple typique de carte de voeux qu'on ne veut PLUS JAMAIS recevoir




Trois grands écrivains israëliens appellent à un cessez-le-feu avec le Hamas

Posté par Céline le 30.12.08 à 11:33 | tags : news
Quatre jours, et des centaines de morts. Alors qu'Israël poursuit ses attaques aériennes meurtrières contre le Hamas dans la bande de Gaza, trois écrivains israëliens de renom appellent au cessez-le-feu immédiat.
 

Ces écrivains, tous trois invités d'honneur au dernier salon du livre, sont connus pour être particulièrement engagés en faveur d'un processus de paix israëlo-palestinien. "Afin de ne pas ajouter de nouveaux morts et de nouvelles destructions, nous devons stopper unilatéralement et complètement le feu pendant 48 heures, et même si vous (les Palestiniens) tirez sur Israël, nous ne riposterons pas et serrerons les dents comme nous l'avons fait jusque récemment", écrit David Grossman dans le journal Haaretz.

 

Haaretz cite également des interviews accordées par Amos Oz et A.B. Yéhoshua à la presse italienne. "Le temps est venu d'un cessez-le-feu complet, prévoyant qu'ils (les Palestiniens) ne tirent plus sur nous, et qu'en échange nous devrons lever le blocus imposé à la bande de Gaza", a affirmé Amos Oz au Corriere della Sera. Même constat de Yéhoshua, qui a a déclaré à la Stampa: "l'opération israélienne était nécessaire, mais il faut à présent y mettre rapidement un terme (...) Nous serons toujours des voisins (avec les Palestiniens), et moins il y aura de sang versé, mieux ce sera pour l'avenir".

 

Mais si les écrivains appellent à la paix, le discours des dirigeants israëliens lui, ne laisse pas l'espoir d'une trêve. Ehud Olmert a affirmé, lors d'une réunion avec le président Shimon Peres, que l'offensive en cours dans la bande de Gaza constitue une "première phase parmi plusieurs autres", tandis que le ministre adjoint de la Défense, Matan Vilnai, a déclaré : "nous nous sommes préparés pour de longues semaines d'action". De son côté, Faouzi Barnhoum, porte-parole du Hamas, a appelé les Palestiniens à répliquer par "tous les moyens disponibles", y compris par des "opérations de martyrs", autrement dit des attentats suicides. D'autres morts.

 

Lire le texte de David Grossman

 

Source : AFP

Photo : Amoz Oz discute avec des palestiniens du village d'Aqraba, Israël, en octobre 2002. Avec une douzaine d'autres israëliens, l'écrivain avait aidé les palestiniens dans leur récolte d'olives.

© LEVINE HEIDI/SIPA




Le top des meilleures BD de 2008

Posté par Céline le 29.12.08 à 14:39 | tags : bd, news, short-list

Comics ou romans graphiques ? humour ou action ? Voici le top bande-dessinée de Flu, ou une petite sélection des cases qu'il ne faut pas avoir manquées cette année :

 

10. Alec, tome 3 : Comment devenir artiste d'Eddie Campbell :

"Les dessins de Campbell révèlent un oeil très sélectif, ne s'attardant sur aucun détail inutile et empruntant des raccourcis parfois étonnant pour révéler un essentiel qui aurait sans doute échappé à tout autre."

 

9. Les maîtres de l'évasion, Brian K. Vaughan :

"Le trio de Vaughan est particulièrement bien campé psychologiquement, tendre à souhait et animé par cet esprit Geek qui émeut et fait frissonner n'importe quel lecteur contemporain."

 

8. Acme Novelty Library de Chris Ware :

"Chris Ware est très compétent, observateur et juste, véritablement talentueux."

 

7. Sandman, Tome 9 : Les Bienveillantes de Neil Gaiman :

"la série Sandman fait figure d'OVNI narratif et poétique indépassable, et les Bienveillantes constituent l'histoire la plus élaborée et la plus insensée de la saga."

 

6. Nextwave, Tome 2 : Dans ta face de Warren Ellis et Stuart Immonen :

"Les héros tapent dessus et ils explosent. Tout explose, parce que dans le monde de Nextwave c'est comme s'il pleuvait de la nitroglycérine."

 

5. Filles Perdues d'Alan Moore :

"Filles perdues sera à ranger d'emblée parmi les lectures les plus stimulantes que la littérature, d'images ou de texte, a offert au monde depuis le KamaSutra."

 

4. Contre la bande dessinée - Choses lues et entendues de Jochen Gerner :

"un véritable tour de force, une machine à remettre en question qui devrait être mise entre les mains de tout lecteur de bande dessinée.

3. Loin d'Etre Parfait d'Adrian Tomine :

"Les bédés de Tomine parlent du décalage entre l’apparente superficialité béate de ses personnages jeunes et branchés d’un côté et de l’autre le désespoir et la dépression qui les hante sous la surface."

 

2. The Boys, Tome 1 : La Règle du jeu de Garth Ennis :

"cette bd est une tuerie tout sauf politiquement correct, qui va très loin dans la représentation du sexe et de la violence. Si bien qu'on se demande comment et pourquoi on l'a laissé continuer au pays de Sarah Palin et de John McCain."

 

1. Les Invisibles, Tome 1 : Say You Want a Revolution de Grant Morrison et Steve Yeowell :

"l'invisible, c'est ce qui peut-être écrit, jamais dessiné (...) C'est un gros bordel foutraque et une construction minutieuse, des questions permanentes mais aussi des milliers de réponses..."




Elizabeth Alexander, la poétesse préférée d'Obama

Posté par Mélanie le 29.12.08 à 11:40 | tags : news

La poétesse Elizabeth Alexander a été choisie par son vieil ami Barack Obama pour composer et lire un poème lors de la cérémonie d'investiture de celui-ci le 20 janvier prochain, rejoignant ainsi les quatre seuls poètes déjà invités par des présidents dans le passé. Après Robert Frost, invité par JFK, Maya Angelou et Miller Williams par Bill Clinton, Elizabeth Alexander se voit à son tour confier une grande responsabilité : celle d'émouvoir l'Amérique.

 

Symbole légitime

Professeur à l'université de Yale et finaliste du prix Pulitzer en 2005 pour son recueil American Sublime, elle avait à peine un an en 1963 lorsque Martin Luther King prononça à Washington son fameux discours "I have a dream". Mais elle se souvient de ce moment chargé d'émotion, vécu aux côtés d'une mère universitaire spécialisée dans l'histoire des femmes afro-américaines et d'un père conseiller pour les droits civiques à la Maison Blanche.

A travers ce poème qui sera écouté en direct par des millions de téléspectateurs, la poètesse "espère symboliser et démontrer l'importance du rôle que les arts et la littérature peuvent jouer en cette période où le pays aspire à avancer et à se réunir" comme elle l'a déclaré au San Francisco Chronicle. Elizabeth Alexander,  Afro-américaine, universitaire engagée, militante et fille de militants "éclairés", et enfin vieille copine de fac de Chicago d'Obama, représentait le choix idéal pour la cérémonie d'investiture de ce dernier. Le président élu, féru de symboles, s'inscrit ainsi résolumment en héritier légitime de Luther King et du mouvement des droits civiques.

 

Source: The San Francisco Chronicle




Déchirer des livres, ça fait du bien ? Atelier de trivialités (8)

Posté par Myosotis le 26.12.08 à 11:05 | tags : élucubration, littérature en vidéo
 
Vous avez bien vu : sur cette vidéo, on aperçoit de manière fugace le sinistre Jean-Pascal, le premier boyfriend de Jenifer de chez Jenifer & Jenifer, la Star Ac 1, etc, reconverti pour l'occasion en présentateur de Incroyable mais vrai. Mais ce n'est évidemment pas de cela dont nous allons parler. Je ne sais pas si vous avez remarqué cette propension chez l'homme et chez l'homme de culture en particulier : le fantasme de destruction (du livre lu ou à lire) est très présent. Appelons le syndrome Bottin ou symptôme de l'annuaire déchiré, comme vous voudrez : une force contraire à celle qui régit l'amour du livre, des lettres et de la culture surgit parfois à l'improviste, lors d'une scène de ménage, lors d'une colère noire ou alors à l'occasion d'un mouvement d'abattement mâtiné de rage sans déclencheur spécifique, qui pousse l'homme commun à saisir un livre, un journal, une encyclopédie ou un Bottin (ce qui est déjà beaucoup plus dur) et à vouloir le mettre en pièces.
 
On trouve quelques exemples célèbres de colères avec destruction de "matière livresque" (pédanterie quand tu nous tiens....) : des critiques littéraires qui font leur effet en bazardant des livres à travers le studio (Jean Edern Hallier, le Jean-Pierre Coffe de la mal-lecture), aux nazis qui célébraient l'épuration culturelle en caramélisant des chefs d'oeuvre autodafés, en passant par toutes ces performances bestiales (dont celle ci-dessus) qui consistent à déchirer, à tordre le livre pour le massacrer. Tradition de la destruction, gratuite avec les autodafés nazis, inquisiteurs, politiques, mais créative lorsqu'il s'agit de brûler ou de déchirer pour rebâtir, ce qu'ont fait les William Burroughs, Brion Gysin et consorts. A une échelle réduite, le lecteur détruit parfois ses propres livres, s'en débarrasse. Des bébés prennent plaisir à faire des confettis avec, comme le font les jeunes chiots.
 
Détruire pour reconstruire
 
Dans cette appétance pour la destruction, on peut assez facilement voir une volonté de consumer l'intelligence qui va avec le livre mais aussi d'en absorber la science. Est-ce à dire qu'en déchirant à mains nues le Bottin, le gros bras ingère une connaissance du monde qu'il n'avait pas avant ? Cela paraît assez absurde. Un livre qui brûle dégage des vapeurs de mots, des vapeurs d'idées qui, comme pour un barbecue, s'avèrent stimulantes ou cancérigènes. Les Dieux s'en abreuvaient. Les débiles aussi. Il n'est pas dit que les personnes intelligentes n'en puissent pas profiter. L'art du cut-up spécule sur cette idée selon laquelle, dans l'acte d'être écrits, les mots seraient prisonniers du sens que l'auteur leur a donné, et qu'un découpage en règle, en serial-killer ou à la barbare permet de libérer le mot et de lui rendre, comme à un étalon, sa vigueur première. Tout ce qui relève de l'assemblage tend au désassemblage : le corps, les cheveux sur une tête, les Barbies BHL, les automobiles Majorette, les Bibles....
 
On peut ainsi déchirer des bouquins avec les dents, avec les pieds, avec les mains ou avec l'organe de son choix, et ne penser qu'au progrès de la littérature. Il faut faire avancer la cause : entrer dans une librairie et organiser une action de libération des mots retenus prisonniers par Marc Lévy, Christine Angot, Pamela Andersen, les mots détenus depuis des siècles dans des essais politiques sans queue ni tête, des biographies de vies sans intérêt, des pensums ennuyeux et lourds. Quand nous en aurons fini avec ça, nous reviendrons à Jean-Pascal et entreprendrons de libérer les mots numériques des blogueurs suffisants, les mots numériques des élucubrations sans queue ni queue, sans sens ni chaussettes. Déchirer des livres, ça fait du bien ? Presque autant que de dévisser des têtes, à ce qu'on dit....     



Décès d'Harold Pinter, prix Nobel de la littérature

Posté par Mélanie le 25.12.08 à 18:34 | tags : news

Le prix Nobel de littérature Harold Pinter est décédé mercredi soir, 24 décembre, à l'âge de 78 ans. Pilier de la littérature britannique et intellectuel connu pour ses prises de positions politiques tranchées, Harold Pinter est l'auteur célébré de plus de 30 pièces de théâtre, mais aussi poète, metteur en scène et l'auteur de scénarios de films, dont plusieurs adaptations de ses oeuvres.

 

De l'Est end au Nobel

Fils d'un tailleur juif, il grandit dans un quartier populaire de l'est londonien. Il produit en 1957 The Room et The Dumb Waiter, puis, l'année suivante The Birthday Party. Le succès vient avec The Caretaker, filmé en 1963. Il collaborera à plusieurs reprises pour le cinéma, écrivant notamment les scénarios de La Maîtresse du Lieutenant français et de L'Ami retrouvé. La réputation de Pinter comme auteur du théâtre de l'Absurde s'élargit au fur et à mesure de son implication croissante dans la politique.


Intellectuel engagé

L'ancien président tchèque Vaclav Havel et ami du dramaturge a salué hier l'engagement constant de Pinter : "La solidarité qu'il manifestait envers moi-même ainsi qu'envers mes amis à l'époque de notre résistance était d'une grande importance". Critique acerbe dans les années 80 du président américain Ronald Reagan et de sa contemporaine britannique, l'ancien Premier ministre Margaret Thatcher, Pinter avait tourné plus récemment sa colère contre l'engagement de l'Onu au Kosovo, l'invasion américaine de l'Afghanistan et la guerre en Irak, comparant Tony Blair à "un idiot plein d'illusions" et qualifiant George Bush de "criminel de guerre". Des oeuvres des années 90 telles que The New World Order et Ashes to Ashes ou son recueil de poèmes War, publié en 2003, témoignent de son engagement militant. Pinter avait d'ailleurs annoncé après avoir reçu le prix Nobel sa décision d'arrêter d'écrire pour le théâtre afin de se consacrer à la politique.



Le top des meilleurs livres de 2008 sur Flu

Posté par Céline le 25.12.08 à 10:40 | tags : news, short-list
C'est devenu une vraie rengaine : avec ses deux rentrées littéraires annuelles (janvier et septembre), la France publie trop de livres (rappel : 676 romans rien que pour cet automne). Mais si ces chiffres démesurés de l'édition peuvent décourager écrivains et lecteurs, il faut se consoler en constatant que certains titres de qualités survivent à l'avalanche. De l'année 2008, la rédaction livres de Flu a par exemple retenu quelques incontournables de la littérature anglo-saxonne, ainsi que de belles révélations françaises : polar, amour, histoire, humour, SF, voici la liste des livres de 2008 qui valent la peine d'être lus.

10. David Lodge, La Vie en sourdine : "Le plus caustique des britanniques offre à la rentrée littéraire une bouffée d'oxygène. Acerbe, drôle, piquant."

9. James Meek, Nous Commencons Notre Descente : "Meek est comme un tragédien grec ou l'égal d'un Racine. Son roman met à jour la nature humaine et gratte la chair des passions jusqu'à l'os."

 

8. Céline Minard, Bastard Battle : "Savant mix d'imagerie et d'énergie manga, de film de sabre et de poésie médiévale, le nouveau roman de Céline Minard s'impose une fois encore par sa langue"

 

7. Pierric Bailly, Polichinelle : "Polichinelle surprend d'abord, et jusqu'à la fin par son inventivité stylistique. Une langue inouïe, qui fait de ce roman l''un des plus revigorants de la rentrée."

7 ex æquo. Mathias Enard, Zone : "Un seul souffle pour dire la violence de l'histoire, la création littéraire, et les contradictions de l'homme : Zone s'approche de ce roman total dont certains ont rêvé pour la littérature française."

 

6. William Gibson, Code Source : "Thriller politique et engagé, mais aussi manifeste philosophique, le nouveau Gibson montre qu'il faut savoir lire le passé pour mieux saisir l'état du monde actuel."

 

5. Bernard Quiriny, Contes carnivores : "Quatorze récits dans lesquels se succèdent des personnages énigmatiques et truculents, géniaux et décadents. Quiriny est un chef, son ouvrage un chef d'œuvre à dévorer."

 

4. Ian McEwan, Sur la Plage de Chesil "Habile anatomiste des âmes, McEwan distille dans l'écriture de Sur la plage de Chesil - dont on apprécie aussi l'élégance - cette lucidité jouissive, qui faisait entre autres la réussite de Samedi."

 

3. Hal Duncan, Vélum : "Une fresque tourbillonnante mélangeant culture pop et métaphysique, science et mythologie, grands classiques et textes apocryphes, et qui impose Hal Duncan comme l'un des auteurs majeurs de cette rentrée littéraire."

 

2. Cormac McCarthy, La Route : "Traversé de scènes fulgurantes, horrifiques, somptueuses, La Route est la chronique poignante d'un « après » pulvérisé et sauvage, d'où l'objectivité a disparu."

 

1. Thomas Pynchon, Contre-Jour : "La langue de Pynchon n'est que gourmandise, joie et vivacité (...) c'est la bannière fièrement levée d'une littérature bien vivante comme dernier bastion de liberté."




Babar élu frenchy préféré du New Yorker

Posté par Mélanie le 24.12.08 à 15:42 | tags : exposition, news, bd

La restrospective 2008 des articles les plus populaires du New Yorker met à l'honneur la star française préférée des lecteurs du très chic hebdomadaire : ni Carla Bruni ni Marion Cotillard... mais Babar !

Le sympathique pachyderme crée par Jean de Brunhoff en 1931 a séduit Adam Gopnik, auteur de l'article paru en septembre dans le New Yorker et intitulé Freeing the Elephants: what Babar brought. Et il n'est pas le seul : une expo à la BNF "Babar, Harry Potter & cie" glorifient ces héros d'enfance d'hier et d'aujourd'hui et Le Morgan library & Museum de New York expose les premiers dessins de l'éléphant par les Brunhoff père et fils (Laurent de Brunhoff, le fils, a repris le pinceau depuis les Etats-unis au lendemain de la guerre).

Pour Adam Gopnik, francophile accompli - il a vécu à Paris pendant cinq ans - Babar est une figure faisant partie intégrante de l'inconscient collectif, tant sa lecture dans l'enfance est inoubliable. Au-delà de la virtuosité du dessin de Jean Brunhoff initié à la peinture par l'impressionniste James Tissot, Gopnik loue l'histoire allégorique de l'éléphant. A la question "faut-il brûler Babar?" - comme on a fait le procès en racisme et colonialisme de Tintin - l'auteur répond évidemment non. Bien que l'analyse de l'auteur chilien Ariel Dorfman de Babar au service d'une propagande impérialiste de la France ne manque pas de fond. Les "bons" éléphants civilisés - et habillés - sont renvoyés en mission civilisatrice dans leur terre originelle où l'animal qui résiste, le rhinocéros, reste nu et sera vaincu.

 
Une certaine idée de la France

Mais pour Gopnik, cette lecture de Babar passe à côté du vrai message de Brunhoff qui est justement une satire pleine d'autodérision de l'imaginaire colonial des Français, au moment où le modèle de colonisation à la française met l'accent sur sa mission civilisatrice.

Enfin, Babar a surtout pour objectif d'être drôle. Et le simple fait qu'un éléphant adopte des comportements humains tend à parodier l'absurdité de ces comportements. Comme le nationalisme français et la marche à la guerre sont tournés en ridicule dans Le roi Babar (1933). En fait, Babar, c'est une parodie affectueuse de l'identité française telle qu'elle était et est toujours idéalisée. "A certain idea of France", finalement...

 

Source: the New Yorker




Un miracle de Noël : Europeana marche enfin

Posté par Mélanie le 24.12.08 à 10:18 | tags : news, numérique

La bibliothèque multimédia européenne en ligne, Europeana, a finalement réouvert ses portes mardi 23 décembre. Suite à son paralysant succès, lors de son lancement en novembre, des problèmes de puissance des serveurs avaient contraint le site à fermer pour réparation.

 

La réouverture du site, d'abord annoncée en décembre, puis repoussée à janvier, arrive pile poil pour Noël, à la surprise générale.

Ainsi, la capacité des serveurs du site a été quadruplée mais le système informatique est toujours en phase de test afin de permettre d'ajouter de la puissance en cas d'afflux soudain des demandes. Un message d'avertissement figure donc sur la page d'accueil du site indiquant que "le nombre d'utilisateurs reste limité aux heures de pointe" et que "l'utilisation peut ne pas être optimale".

 
Europeana permet d'accéder aux versions numérisées de plus de deux millions de livres et contrairement à son concurrent Google Books à celles de manuscrits, peintures, cartes, photos et documents audiovisuels...

L'objectif de la bibliothèque européenne est d'atteindre au moins 10 millions d'oeuvres en 2010.




Charles Dickens, l'inventeur de l'esprit de Noël

Posté par Céline le 23.12.08 à 17:09 | tags : elucubration, news
On sait que l'on doit à Coca-Cola la représentation du Père Noël bedonnant, barbu, et vêtu d'un costume rouge. Mais d'où viennent donc toutes les autres images que nous associons à Noël - repas copieux en famille, bienveillance et générosité, messe et autres embrassades ? De l'écrivain Charles Dickens, si l'on en croit les nombreux articles sur ce sujet qui florissent en ce moment dans la presse anglo-saxonne.
 
"L'homme qui a inventé Noël"
 
The Washington Post attire par exemple l'attention sur un ouvrage de Les Standiford, The man who invented Christmas (éditions Crown), qui montre l'influence que le célèbre conte de Dickens, Un Chant de Noël (A Christmas Carol), a exercé non seulement sur la carrière de l'écrivain, mais également sur la façon dont les occidentaux perçoivent désormais cette fête. Un seul extrait du conte et on comprendra de quoi il s'agit : « Mais c'est Noël ! Un jour de fête, de charité, de joie. Allumons la flambée, sortons les dindes, le gibier. La charcuterie, les châtaignes grillées, les juteuses oranges... mangeons, dansons, rions ! Une fois n'est pas coutume ! »
Ecrite en six semaines en 1943, alors que la carrière de Dickens commençait à battre de l'aile, l'histoire de Scrooge deviendra le conte de Noël le plus populaire au Royaume Unis et aux Etats-Unis. Vieillard avare et acariâtre, Scrooge reçoit dans la nuit précédent Noël la visite de quatre fantômes, qui lui font prendre conscience qu'il ne trouvera la paix qu'en se consacrant aux autres... En plus d'avoir inspiré au dessinateur Carl Barks le personnage d'oncle Picsou, le plus rat des canards, Scrooge a également fait l'objet de plusieurs adaptation au cinéma : on peut citer la meilleure, datant de 1951, avec Alastair Sim dans le rôle de Scrooge, ou la plus drôle, de 1988, avec Bill Murray.
 
Splendeur et décadence du réveillon
 
De l'époque où elle était une fête païenne à aujourd'hui, où elle correspond à deux semaines de ruées commerciales, Noël a connu une histoire complexe. Au début du XIXe siècle, la fête a connu un certain déclin avec la révolution industrielle : l'heure n'était alors ni aux vacances ni aux orgies alimentaires. Avec l'avènement de l'ère victorienne en 1837, elle a connu un certain regain. En 1840, le Prince Albert introduit en Angleterre la coutume qui consiste à décorer le sapin, et qu'il tient de ses ancêtres allemands. Deux ans plus tard, les premières cartes de vœux font leur apparition, et les chants de Noël, délaissés jusqu'alors, retentissent de nouveau dans les rues.
 

L'oeuvre de Dickens se situe au coeur même de cette renaissance, contribuant largement à associer à l'époque de Noël une effervescence faîte de vœux, de festins, de messes, de danses, d'embrassades et de gestes généreux. Fou de Noël, Dickens a publié, en dehors d'Un Chant de Noël, plusieurs autres romans sur les fêtes de fin d'année (comme Les papiers posthumes du Pickwick club, ou son dernier livre inachevé, Le Mystère d'Edwin Drood). Pour l'écrivain, Noël renvoie le plus souvent à une représentation idéale des êtres humains, dans laquelle le foyer familial est un lieu chaleureux et jovial par excellence, tandis que tout ce qui y est extérieur n'est que misère et désespoir. Certains critiques ont relié cette vision dualiste à la biographie de Dickens, qui, après une enfance heureuse au sein d'une famille unie, connut le travail au noir, et fut traumatisé par l'emprisonnement de son père puis la dissolution de sa famille.

 

Quoiqu'il en soit, qui dit "Christmas" dit "Carol" dit Dickens, et à quelques heures des fêtes, on ne compte plus les articles qui remettent à l'honneur le bon vieux Scrooge, à qui l'on doit donc en grande partie ce fameux et toujours actuel « esprit de Noël ». Ce qui inclut, sans doute, le massacre massif des dindes et des oies, mais peut-être pas les excellents chiffres d'affaires des grands magasins.

 

Source : The Washington Post, The Independent.




Y a-t-il un éditeur pour publier les mémoires de George W. Bush ?

Posté par Mélanie le 23.12.08 à 15:17 | tags : web, édition, news

George Bush jalouserait-il le nouveau président des Etats-unis, Barack Obama, véritable révélation 2008 de l'édition ? Va-t-il, lui aussi, écrire ses mémoires ? Mais alors, quel éditeur oserait le publier ? Un avenir proche donnera ou non raison à Frank Santopadre qui, dans un exercice de journalisme d'anticipation-fiction, imagine pour Vanity Fair les lettres adressées au futur ex-président des Etats-unis par quatre éditeurs américains.

Il en ressort une image désastreuse d'un Bush complètement inculte, voire idiot et surtout, terriblement incompétent.

L'idiot du village

Etonnamment, Perseus Books group, qui publie en ce moment l'ouvrage critique Big Boy Rules America's Mercenaries Fighting in Iraq de Steve Fainaru, sur les sociétés privées de sécurité engagées en Irak, décline poliment mais fermement la généreuse offre de Bush : le président propose en effet à l'éditeur de lui pardonner la publication le "paquet de mensonges de Scott McClellan". Pour rappel, McClellan a été chargé des relations avec la presse durant la campagne Bush-Cheney de 2004 et à la Maison Blanche de 2003 à 2006, et a publié en mai 2008 le très à charge What Happened: Inside the Bush White House and Washington's Culture of Deception .

L'éditeur avoue cependant avoir été intrigué par le titre proposé par le président, "Hope and Audacity" (Espoir et Audace) et le pitch qu'il en a fait, qui a "quelque chose à la Marley & Me" (comédie romantique mettant en scène Jennifer Aniston et un chien, sortie française prévue en mars 2009) mais avec Barney (le nom du chien de Bush)." Enfin l'éditeur lui conseille de vérifier l'orthographe de "mémoires", "Guantanamo", "Condoleezza" et "FEMA" (Federal Emergency Managment Agency) !

L'incompétence faite président

L'éditeur Penguin regrette de ne pouvoir donner suite à la proposition du président, qui ne correspond pas à leurs besoins du moment, mais apprécie le papier artisanal fait à partir d'une carte d'état major, ainsi que la transformation du sud de Kaboul en un parcours de golf de 54 trous. Même refus de la maison Farrar, Straus and Giroux, qui publie A World of Trouble: The White House and the Middle East from the Cold War to the War on Terror de Patrick Tyler. Ce journaliste, correspondant au Moyen Orient pour le New York Times et le Washington Post, y évoque "la catastrophe Bush en Irak". L'éditeur, lui, avoue sa perplexité quant au titre proposé par le président : "Mes premiers deux mandats", tout en se disant flatté que "Dieu lui-même" lui ai soufflé le nom de la maison d'édition pour ce projet de mémoires et son idée de "fan fiction" à la West Wing.

Enfin Random House, qui édite le best seller d'Obama, Les Rêves de Mon Père, remercie Bush de l'effusion de compliments adressée à l'égard de leur série de bd Garfield, mais ne peut accepter de publier les mémoires du président. L'éditeur n'est pas "convaincu que le recueil de ses blagues préferées sur les pets" ait sa place "dans des mémoires présidentielles", et ne trouve pas du meilleur goût sa vision "optimiste" de la tragédie de Katrina - nom de l'ouragan qui a quasiment noyé la ville de la Nouvelle-Orléans sous le regard indifférent de la Maison Blanche - dans laquelle il évoque la ville submergée comme "un verre à moitié plein". Enfin, Random House ne pense pas que le titre "Guerre et Paix" soit "tellement vieux que les gens ne feront pas le rapprochement" avec l'oeuvre de Léon Tolstoï.Source: Vanity Fair

 




Le Top des livres les plus déprimants de 2008

Posté par Mélanie le 22.12.08 à 16:25 | tags : news, short-list

Tandis que le recueil cathartique et jubilatoire Vie de merde de Maxime Valette cartonne en librairie, un recensement des livres les plus déprimants de 2008 s'impose. Essais sur le mode "on est foutu" et "le monde va mal", récits de vies tragiques ou romans sordides, cette année a livré une belle brochette de bouquins à lire sous Lexomil...

 

Petit palmarès de la déprime à lire en cinq thèmes :

 

1) Crise économique : sauve qui peut

C'est flippant, apocalyptique et encore, attendez de voir 2009...

- Globalisation, le pire est à venir de Patrick Artus et Marie-Paule Virard (ed. La Découverte) décrit la machine inégalitaire qui emballe la consommation des ressources rares, dégrade la planète, inonde le monde de liquidités, nourrit un casino financier producteur de risques et écartèle l'Europe qu'elle menace de dislocation.

- La guerre des capitalismes aura lieu de Jean-Hervé Lorenzi (Perrin) : L'intrusion des fonds souverains dans le capital des grandes banques est un signe qui ne trompe pas : Russes, Chinois, Saoudiens sont lancés à l'assaut des places fortes américaines, anglaises et bientôt européennes tout entières. Au lieu du capitalisme mondial pacifié que l'on nous promettait après la chute du mur de Berlin et de l'URSS, la guerre des capitalismes est notre horizon de court terme.

 

2) Environnement : on est tous foutus

Vous n'êtes pas un écolo convaincu et continuez à ne pas couper l'eau en vous brossant les dents ? Quelques lectures pour vous repentir:

- Points de rupture : Comment la nature nous fera payer un jour le changement climatique de Fred Pearce (Calmann-Lévy) nous alerte sur les modifications de l'écosystème dues à l'activité humaine (incendies de forêt monstrueux, déforestation, fonte des glaces, fonte du permafrost) pouvant déclencher à tout moment, par un effet de bascule, des scénarios de fin du monde qui se joueraient non pas sur des millénaires ni des siècles, mais sur des années. Toutes les conditions de rupture de l'équilibre naturel et terrestre sont actuellement réunies, et la bête s'apprête à mordre. Que deviendra l'homme lorsque la nature lui fera payer ses frasques ?

- Pollution de l'air, 63 millions de contaminés de Franck Laval (éditions du Rocher). Faut-il s'arrêter de respirer pour éviter de mourir ? La pollution de l'air provoque cancers et maladies cardio-vasculaires, décuple les crises d'asthme chez l'enfant et chez l'adulte, provoque des milliers de cas de bronchiolite. Responsable des problèmes de fertilité masculine et de stérilité féminine, la pollution de l'air pourrait même être responsable de la fin de l'humanité !

 

3) Injustices : toujours les mêmes qui trinquent

Il ya décidemment quelque chose de pourri dans ce vaste monde... Vous croyez encore au progrés et à une espèce humaine foncièrement bonne ? Lisez ça et on en reparle :

- Syngué Sabour d'Atiq Rahimi (P.O.L) ou le dialogue de sourds entre une afghane humiliée toute sa vie et son mari djihadiste dans le coma.

- Pourquoi êtes-vous pauvres ?de William Vollmann. Voyage à la rencontre des miséreux du monde et constat d'immobilisme social. Quand la pauvreté se transmet de génération en génération.

- Les Damnés du Bitume de Karim Madani nous entraîne dans l'enfer des gangs du quartien mexicain de L.A entre crack et violence.

 

4) Drames personnels : ce qui ne nous tue pas nous rend plus tristes

La vie est une chienne et ne fait pas de cadeaux. Deuil, maladie, solitude... ou comment avoir le moral à zéro en trois titres :

- Lacrimosa de Régis Jauffret. Les lettres poignantes d'un homme à sa compagne suicidée.

- Qui Touche a Mon Corps Je le Tue de Valentine Goby ou les destins croisés d'une faiseuse d'anges condamnée à mort, de son bourreau et d'une jeune femme prête à risque sa vie pour avorter.

- Ailleurs de Julia Leigh ou l'incursion dans une famille psychotique aux côtés d'une femme battue réfugiée chez sa mère glaciale, où elle retrouve son frère et son épouse qui ne veulent pas se séparer du cadavre de leur nourrisson mort-né. Un tragique vaudeville devant des enfants spectateurs mal barrés dans la vie.

 

5) J'ai mal au nombril : tout pour être heureux ... mais non.

- Jour de souffrance de Catherine Millet ou les affres d'une élite intello germanopratine libertine qui se fait du mal par ennui.

- L'Open Space m'a tuer d'Alexandre des Isnards et Thomas Zuber ou comment des cadres supérieurs arrivent à nous faire croire que bosser dans la pub ou en SSII c'est pire qu'à l'usine.

 

Vous reprendrez bien un peu de Prozac avec la bûche ?




Manoel de Oliveira se lance dans la littérature à 100 ans

Posté par Mélanie le 22.12.08 à 14:23 | tags : news
Le réalisateur portugais Manoel de Oliveira, tout jeune centenaire publie pour la première fois un livre intitulé 100 ans, 100 livres et qui ne sera vendu qu'à cent exemplaires.

Alors qu'il achève de tourner à Lisbonne son 46ème long métrage, Manoel de Oliveira a présenté à Porto ce week end ses textes mêlant philosophie, poésie, souvenirs d'enfance et de cinéma ainsi qu'un poème tiré du scénario d'un film qu'il n'a jamais tourné.

Le doyen des cinéastes est le seul réalisateur à avoir commencé sa carrière à l'époque du cinéma muet. D'inspiration infinimment littéraire, le cinéma de Oliveira a revisité avec génie des classiques comme Les Cannibales, inspiré d'un conte portugais ou Le Val Abraham, d'après Madame Bovary. Celui qui a reçu sa première palme d'or lors de l'édition 2008 du Festival de Cannes pour l'ensemble de sa carrière déclare à l'envi : "cesser de travailler, c'est mourir. Si on m'enlève le cinéma, je meurs."




La morale d'Ayn Rand : C'est celui qui le dit qui y est (19)

Posté par Myosotis le 22.12.08 à 11:25 | tags : philosophie, elucubration, littérature en vidéo

Totalement inconnue en France, l'oeuvre de l'écrivain américaine d'origine russe Ayn Rand a bénéficié d'une reconnaissance et d'une aura incroyable dans son pays d'adoption. Ses livres, des romans comme  La Source Vive (The Fountainhead) et la Révolte d'Atlas (Atlas Shrugged), ont eu un écho extraordinaire dans les milieux intellectuels, convertissant des milliers de personnes à sa philosophie si particulière : l'objectivisme. Parmi ses adeptes les plus fameux (on a souvent comparé les admirateurs d'Ayn Rand à des sectaires) figurent des types aussi différents que Steve Ditko, dont on a parlé il y a peu, ou Alan Greenspan, le président de la banque fédérale américaine lequel a déclaré, par exemple, qu'elle lui avait "montré que le capitalisme était aussi moral"; Angelina Jolie, Frank Miller, Vince Vaughn ou Ron Paul, l'ancien candidat à la Présidence.
 
 
Penser : un "acte de choix moral"   
Ce qui frappe chez Ayn Rand, et spécialement dans cette vidéo, c'est la puissance de sa volonté, la détermination que tout un chacun peut saisir dans son regard, dans son phrasé, comme si l'objectivisme avait comme premier pouvoir de rendre les personnes meilleures ou du moins plus solides. Dans La Révolte d'Atlas, elle fait dire à son personnage principal, cette tirade célèbre qui tient lieu ici de manifeste à cette théorie visant à refuser les sentiments, à affronter les faits et à donner les pleins pouvoirs à l'individu raisonnable, pleinement responsable de ses actes et surtout opposé à l'idée de s'en remettre à quelqu'un d'autre pour s'occuper de ses affaires :
 
"Non, vous n'êtes pas tenus de vivre si vous ne le voulez pas ; mais si vous choisissez de vivre, vous devez vivre en êtres humains - par l'effort et le jugement de votre esprit. Non, vous n'êtes pas tenus de vivre en êtres humains : c'est un acte de choix moral. Mais vous ne pouvez pas vivre autrement - et l'alternative est cette vie pire que la mort que vous observez maintenant en vous et autour de vous, cette situation impropre à l'existence, qui vous rabaisse en dessous de l'animal, une situation qui vous entraîne d'année en année à travers une douloureuse agonie, vers une absurde et aveugle autodestruction. Non, vous n'êtes pas tenus de penser : c'est un acte de choix moral. Mais il a fallu que quelqu'un pense pour vous maintenir en vie. Si vous choisissez de vous dérober à la pensée, vous vous dérobez à l'existence en en transmettant la charge à un être moral, en espérant qu'il sacrifiera son bien-être pour vous permettre de survivre dans votre vice."
 
L'oeuvre dangereuse 
La philosophie d'Ayn Rand est empreinte tant de noblesse que d'intransigeance. Elle n'en est pas moins arrivée, à force de croire au primat de l'individu sur les organisations, à condamner les discriminations positives dans les luttes antiracistes (l'organisation ne peut pas se substituer à la morale individuelle), à souhaiter qu'on autorise les discriminations sociales, raciales ou sexuelles en entreprise (selon le même raisonnement), ou à soutenir, après avoir condamné l'engagement des Américains pendant les 2 premières guerres mondiales, puis au Vietnam (la guerre ne saurait être qu'une question d'autodéfense....), l'intervention d'Israël au Kippour en 1973 au motif que "les  Arabes sont une des cultures les moins développées. Ils sont typiquement nomades. Leur culture est primitive et ils éprouvent du ressentiment contre Israël car c'est la seule tête de pont de la science moderne et de la civilisation sur leur continent. Quand vous avez des hommes civilisés qui combattent des sauvages, vous soutenez les hommes civilisés, peu importe qui ils sont. " 
 
Ces prises de position très peu consensuelles ont eu pour conséquence un rejet partiel de ses thèses par les élites progressistes même si le romantisme réaliste et le mysticisme poétique de ses livres ont continué de la rendre séduisante pour bon nombre de hippies sur le retour, de libertaires mais aussi d'ultraconservateurs. La philosophie d'Ayn Rand (comme les livres de Ron Hubbard, d'une certaine façon) est ouverte à toutes les interprétations. Elle semble reposer sur des idées extrêmement séduisantes mais exige un peu trop de l'homme (rigueur, raison, domestication des passions, calme, intelligence, pondération,...) pour que ses applications pratiques et collectives soient indolores socialement.
 
La Source vive et The Fountainhead restent de vrais beaux romans américains emblématiques de cette croyance en une sorte d'homme commun changé en surhomme (on trouve la même philosophie chez Jack London) par sa propre force de caractère, qui est consubstantielle de l'esprit américain. Ayn Rand, ce sont les superhéros, les comités de vigilance, les héros ordinaires. C'est le western, le dépassement de soi, une modernité dynamique, l'individualisme dans ce qu'il y a de plus beau et noble, mais aussi de terrifiant..... Dans les yeux de cette femme, on lit toute l'Amérique, la puissance de son modèle culturel et de sa philosophie vitaliste, mais aussi la douleur d'une vie accumulée, les contradictions morales et l'inaccessible modèle de pureté. Sa lecture fait partie des 5 ou 10 livres qui aident à comprendre les Etats-Unis.   



La suite des Misérables de François Cérésa est-elle légale ?

Posté par Mélanie le 19.12.08 à 16:52 | tags : news, édition

La cour d'appel de Paris a rendu aujourd'hui sa décision concernant la suite des Misérables imaginée et écrite par François Cérésa, clôturant près de sept ans d'une procédure qui opposait l'écrivain Cérésa aux descendants de Victor Hugo.

 

Rappel des faits

En 2001, l'éditeur et patron de Plon, Olivier Orban a la riche idée de publier une suite au chef d'oeuvre de Victor Hugo pour fêter, l'année suivante, le bicentenaire de celui-ci. C'est François Cérésa qui remporte le privilège de s'attaquer au monument et écrit une suite en deux parties Cosette ou le temps des illusions et Marius ou le Fugitif. Dans lesquels Cosette, orpheline de Jean Valjean, devient une desperate housewife délaissée par son époux Marius et finit par se venger de Thénardier. Et où, comble de l'audace de l'imagination, l'inspecteur Javert et ennemi de Jean Valjean résuscite et devient gentil !

 

Sacrilège pour Pierre Hugo, descendant du grand écrivain, furieux de ne pas avoir été consulté sur ce projet qui dénaturerait complètement l'oeuvre originelle. Il réclame donc 4,5 millions de francs (690 000 euros) de dommages et intérêts pour atteinte au droit moral de l'oeuvre.

 

Le premier jugement rendu par le tribunal de Paris le 12 septembre 2001 juge la plainte irrecevable, l'oeuvre d'Hugo étant libre de droits patrimoniaux (ceux-ci courent 70 ans après la mort de l'auteur). Un appel gagné par le clan Hugo plus tard, la cour de cassation finit par renvoyer l'affaire devant la cour d'appel "autrement composée".

 

Interprétation juridique et littéraire

A court d'argument face à à une affaire épineuse qui relève de l'interprétation d'un droit moral aux contours flous, les débats qui se sont tenus le 6 novembre dernier devant la cour d'appel de Paris 6 novembre ont plus porté sur les écrits de Victor Hugo lui-même, sur le thème de "qu'en aurait-il pensé?". Or l'oeuvre prolifique de l'écrivain recèle des arguments allant dans le sens des deux camps ! Côté "Hugo", une note de 1832, rédigée par Victor Hugo dans la foulée de Notre-Dame de Paris évoque l'intégrité de l'oeuvre terminée : "Une fois la chose faite, ne vous ravisez pas, n'y touchez pas. Votre livre est-il manqué ? Tant pis. Votre drame est né boiteux ? Croyez-moi, ne lui mettez pas de jambe de bois".

 

La team "Plon" riposte avec un écrit datant de 1860 intitulé les Choses vues, dans lequel Hugo affirme : "Quand je serai mort, la propriété de mes œuvres appartiendra à mes enfants. Qu'ils en usent librement (...) Je donne mes œuvres à la France. Que le domaine public les donne au peuple (...) Mes œuvres, c'est mon âme, et mon âme appartient à mon pays." Et un discours prononcé par Victor Hugo le 21 juin 1878 au Congrès littéraire international confirme : "avant la publication, l'auteur a un droit incontestable et illimité" mais "dès que l'œuvre est publiée, l'auteur n'en est plus le maître. C'est alors l'autre personnage qui s'en empare, appelez-le du nom que vous voudrez : esprit humain, domaine public, société." . "L'héritier du sang est l'héritier du sang. L'écrivain, en tant qu'écrivain, n'a qu'un héritier, c'est l'héritier de l'esprit, c'est l'esprit humain, c'est le domaine public. Voilà la vérité absolue." Avantage Plon?

 

Il s'avère que oui, puisque la cour d'appel a rendu aujourd'hui son avis définitif, après avoir examiné les deux ouvrages en question. Les héritiers de Victor Hugo ont été déboutés : aux yeux de la loi, François Cérésa n'a pas porté atteinte à l'oeuvre de Victor Hugo. Il est donc devenu légal de publier la suite imaginée d'autres classiques tombés dans le domaine public. Un projet serait-il dans l'air pour une suite de Madame Bovary ? Avant un Le Rouge et le Noir 2, le retour de la vengeance, un Le Comte de Monte-Cristo 2, il revient et il est pas content ou un Germinal 2, retour au charbon ?

 

Source: Le Figaro

Photo : Victor Hugo, pas le seul à se prendre la tête.




Le Capital de Marx adapté en film par un cinéaste allemand

Posté par Céline le 19.12.08 à 13:13 | tags : news, le livre ou le film ?
Si vous n'aviez rien prévu pour les prochaines soirées à venir, peut-être serez-vous bien aise d'apprendre que Le Capital de Karl Marx est désormais disponible... en DVD. Réalisé par le cinéaste allemand Alexander Kluge, cette adaptation se veut une reprise de celle qu'avait imaginée Eisenstein (le réalisateur du Cuirassé Potemkine) en 1927 sans pouvoir y donner de suite.
 
Résultat : un film de 10 heures en 3 DVD, intitulé Nachrichten aus der ideologischen Antike. Marx, Eisenstein, Das Kapital, édité par la maison Suhrkamp. Très bien accueilli par la presse de tous horizons - comme le journal de gauche Die Tagezeitung, ou le très conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung - le film de Kluge s'est aussi très bien vendu. L'éditeur prépare donc un second tirage, qu'il annonce modeste cependant, partant du principe que le public de ce genre d'œuvre reste quand même minoritaire.
 
Alexander Kluge est un cinéaste reconnu en Allemagne : il a notamment réalisé L'Allemagne en octobre, un film sur la Fraction Armée Rouge (RAF), organisation terroriste d'extrême-gauche allemande des années 70 et 80. Dans Le Capital, Kluge se livre, en 570 minutes, à une sorte de « marathon marxiste » : son projet inclut des interventions du philosophe Peter Sloterdijk, du réalisateur Tom Tykwer ou encore d'Oksana Bilgakova, la biographe d'Eisenstein. On y trouvera aussi quelques éléments humoristiques (10 heures de film, il faut bien), comme la présence du chanteur de cabaret Helge Schneider, ou d'un groupe d'hommes de Néanderthal lisant Marx...

Dans une interview parue dans le quotidien Neue Zürchner Zeitung, le réalisateur allemand déclare cependant qu'il « ne cherche pas à rescussiter Marx ». En revanche, le contexte de la crise, lui, semble s'en être chargé : le Capital ne n'est jamais aussi bien vendu que ces derniers mois, à l'heure où le modèle capitaliste ne peut plus dissimuler ses failles. L'éditeur Suhrkamp aura donc lancé au bon moment ce DVD consacré à l'ouvrage de Marx. Car celui-ci pourrait bien servir de catapulte à la collection qu'il inaugure, et qui proposera bientôt d'autres « essais filmiques »  portant sur de grandes figures comme Bertolt Brecht, Samuel Beckett ou Thomas Bernhard.
 



Kafka version Bollywood : la campagne pour la lecture de la librairie Filigranes

Posté par Céline le 19.12.08 à 10:18 | tags : news
En s'opposant à l'ouverture de la librairie Taschen à Bruxelles, la grande librairie indépendante belge Filigranes a fait parler d'elle il y a quelques jours. En cette fin d'année, la fameuse librairie dirigée par Marc Filipson a également lancé une campagne publicitaire inédite visant à revaloriser le plaisir de la lecture.
 

Partant du principe que l' « océan audiovisuel où le 21ème siècle nous plonge » a tendance à nous faire oublier les bienfaits du livre sur notre imagination, la campagne se base sur le concept suivant : "Faites votre propre film : lisez un livre". Explication : chaque fois que nous lisons un livre, nous élaborons une mise en scène intérieure de ce livre. Un même livre peut donc donner lieu à un nombre infini de films différents...

 

Réalisé par l'agence Air, la campagne illustre ce concept avec une célèbre œuvre de Kafka : La Métamorphose. Elle propose ainsi des images où le célèbre cafard géant est décliné dans quatre univers différents : Las Vegas, Manga, Cinéma muet, Bollywood. Et la démonstration est tellement réussie, que l'on se surprend aussitôt à se remémorer notre propre représentation de l'insecte kafkaïen. La campagne devrait d'ailleurs se prolonger par un concours qui appellera les lecteurs à mettre en image leur propre représentation d'un roman de leur choix, et qui permettra au gagnant de réaliser un court-métrage. Qu'on ne doute plus des bienfaits du livre...

 

 

 




Les groupes de rock trouvent leurs noms... dans les livres

Posté par Mélanie le 18.12.08 à 16:07 | tags : news

Le journaliste Ben Myers a puisé dans son experience de pigiste pour la presse musicale pour livrer au Guardian ses observations sur un phénomène intriguant : l'inspiration littéraire plus ou moins évidente des noms des groupes de rock. Par exemple : le groupe Titus Andronicus, ainsi nommé d'après une des premières tragédies de Shakespeare ou le duo électro Empire of the Sun d'après le titre du roman de James Graham Ballard.

Il y a aussi The Fall (La Chute d'Albert Camus), The Doors (en référence aux Doors of perception d'Aldous Huxley) et The Velvet underground d'après l'essai éponyme du journaliste Michael Leigh sur les déviances sexuelles aux Etats-unis dans les années 60.

Autres exemples pointus : The Divine Comedy (La Divine Comédie de Dante), ou Joy Division, qui tire son nom d'une nouvelle datant de 1965, The House of Dolls, de l'ancien déporté Yehiel De-Nur. "Joy division", selon l'expression nazie, désigne l'esclavage sexuel de jeunes femmes juives déportées et enrôlées de force dans l'armée allemande.

Echanges d'inspiration

L'article du Guardian interroge la réelle valeur ajoutée qu'apporte à un groupe un nom d'origine littéraire, surtout si la référence n'est pas claire pour tout le monde. Manière de se donner l'air intelligent, un bon nom ultraréférencé ne peut pas faire de mal, surtout si le talent musical et littéraire est au rendez-vous. Ainsi de nombreux groupes, comme Moloko, se réfèrent au cultissime A clockwork orange (Orange Mécanique) d'Anthony Burgess et à sa langue inventée qui mélange russe et anglais. Moloko, (mot russe pour "lait"), est dans le roman de Burgess la mixture de drogue que le héros et ses amis s'enfilent allègrement.

Signes évident d'un constant va et vient référentiel de l'inspiration entre littérature et musique, les exemples sont innombrables. En vrac : Douglas Coupland pique le titre Girlfriend in a coma à une chanson des Smiths, David Bowie chante "1984" en référence au roman de George Orwell et Kate Bush "Wuthering Heighs" à celui d'Emily Brontë.

Pareil en France : Virginie Despentes siffle son titre Teen Spirit à Nirvana, Zazie s'appelle ainsi à cause du roman de Raymond Queneau, Zazie dans le métro et Gainsbourg chante "La chanson de Prévert".

Outil marketing?

Dernièrement, Amanda Sthers se glisse dans la peau de Keith Richard dans son roman Keith Me et le groupe Second sex rend hommage au Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. Où il est permis de douter que les bébés rockeurs aient vraiment lu les milles pages et quelques de l'ouvrage fondateur du féminisme français...

Source: The Guardian

Photos : Le duo Empire of the sun - A Clockwork Orange, couverture de l'édition Penguin.




Roberto Saviano lance un site contre la mafia

Posté par Mélanie le 18.12.08 à 14:17 | tags : news, web

Le journaliste italien Roberto Saviano, auteur de l'enquête choc sur la mafia napolitaine, Gomorra, tient bon malgré les menaces qui pèsent sur lui et vient de lancer oltregomorra.com, un site internet réunissant des informations sur la mafia et le crime organisé. Outil de veille sur le sujet, le site est décliné sur Facebook où le groupe Oltregomorra compte déjà 945 membres tandis que la page Myspace du même nom compte 1501 "amis".

 

L'attention sur l'affaire Saviano est toujours soutenue, notamment grâce à internet et son coefficient multiplicateur. Aussi oltregomorra.com, inauguré le 10 décembre, présente déjà des articles de spécialistes, des dossiers complets sur le procès Spartacus et la saisie des biens de la mafia, un glossaire du vocabulaire mafieux, un annuaire " Italia che resiste" (l'Italie qui résiste) du réseau associatif anti-mafia et toutes les manifestations culturelles et artistiques s'engageant contre la "pieuvre".

 

Par ailleurs, le collectif "Io sono Saviano" (Je suis Saviano) organise le 20 décembre une manifestation contre la mafia et la corruption qui se tiendra simultanément dans six grandes villes d'Italie (Rome, Milan, Palerme, Messine, Cagliari et surtout Naples).

 

 

 




Dinosaur Comics et l'humour de geek

Posté par 2goldfish le 18.12.08 à 10:03 | tags : web, vo, lectures de bureau

Quand on est ennuyeux, on appelle ça une "itération iconique". C'est le terme utilisé par les gens qui se réclament de l'Ouvroir de Bande dessinée Potentielle pour parler de ces bédés réalisées avec un nombre défini (et réduit) de dessins répétés un nombre de fois moins défini (mais pas réduit). Dans le genre on peut par exemple lire "Le dormeur" de Trondheim si on a envie de dormir ou sinon "Moins d'un quart de secondes pour vivre" du même Trondheim avec JC Menu.

 

Dinosaur Comics est surement le champion du genre puisqu'avec plus de mille trois cent strips réalisés avec la même poignée de cliparts toujours disposés de la même manière, l'auteur Ryan North a, semble-t-il depuis longtemps épuisées toutes les possibilités d'intéraction inédite entre ses mots et ces quelques images et ne fait que les ré-utiliser ad nauseum comme véhicule pour des dialogues surréalistes entre des dinosaures, les hommes qu'ils écrasent et une voix venue d'outre-case qu'on surnommera "Dieu" par défaut.

 

Comme à peu près neuf webcomics sur dix, Dinosaur comics donne dans l'humour de geek. La physique quantique, la philosophie light, la théologie bidon et les références à des artefacts culturels insignifiants à la Star Wars fournissent le plus gros des gags. Comme d'après mon estimation personnelle huit lecteurs de blogs sur dix sont compris entre "intensément" à "au moins un peu au fond" sur l'échelle de la geekitude, le lien devrait vous intéresser. 




Les best-sellers sur grand écran en 2009

Posté par Céline le 17.12.08 à 15:37 | tags : best-seller, news, le livre ou le film ?
Un film peut-il égaler un livre ? Même si quelques lecteurs sont catégoriques - non, c'est non - les nombreuses adaptations cinématographiques de romans prévues pour 2009 donneront l'occasion de reposer la question. Au programme : du best-seller, des stars, et du best-seller. Voici quelques exemples de couples - écrivain / réalisateur - qui pourraient s'avérer gagnants en 2009.

Vikas Swarup / Danny Boyle. Avec Slumdog Milliardaire (14 janvier), Danny Boyle propose une version sur grand écran des Fabuleuses aventures d'un indien malchanceux, premier roman de Vikas Swarup, qui avait fait un carton en Inde. Le film a déjà été salué par le public des festivals.

Guillaume Musso / Gilles Bourdos. Première adaptation d'un roman de Guillaume Musso réalisé par Gilles Burdos, Et après (14 janvier) repose, lui, sur un casting imposant : Romain Duris, John Malkovich... Cela sera-t-il suffisant ?

Francis Scott Fitzgerald / David Fincher. Le réalisateur de Seven a relevé un défi en adaptant L'étrange histoire de Benjamin Button (4 février), une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald réputée inadaptable. Le film, dans lequel Brad Pitt tient l'un des rôles principaux, aura du attendre 14 ans avant de sortir en salle.

Anna Gavalda / Zabou Breitman. Deux ans après l'adaptation d'Ensemble, c'est tout, les fans d'Anna Gavalda pourront voir Je l'aimais en film, avec Daniel Auteuil dans l'un des rôles principaux.

Sempé & Goscinny / Laurent Tirard. En portant sur grand écran les aventures du Le Petit Nicolas, Laurent Tirard porte une lourde responsabilité. Inventé par Sempé et Goscinny, Le Petit Nicolas est un véritable monument de la littérature jeunesse. Valérie Lemercier et Kad Merad joueront le rôle des parents du garçon dans le film prévu pour septembre.

Muriel Barbery / Mona Achache. Annoncée depuis quelques temps déjà, l'adaptation de L'élégance du hérisson sortira le 30 septembre. Avec Josiane Balasko dans le rôle de la concierge, elle comblera ou décevra les très nombreux adeptes du livre.

Christian Gailly / Alain Resnais. Toujours du côté cinéma français, Alain Resnais donnera une adaptation de L'incident de Christian Gailly, avec ses comédiens fétiches André Dussollier et Sabine Azéma avec Les Herbes folles (21 octobre).

Les cinémas proposeront au cours de l'année bien d'autres films tirés de romans. Citons, dans le domaine français : L'Autre (4 février), de Patrick Mario Bernard et avec Dominique Blanc, adapté de L'Occupation d'Annie Ernaux ; Villa Amalia, de Benoît Jacquot et avec Isabelle Huppert, adapté du livre éponyme de Pascal Quignard ; Coco avant Chanel d'Anne Fontaine et avec Audrey Tautou, tiré de L'irrégulière d'Edmonde Charles-roux.

Passons sur les phénomènes Dan Brown, Harry Potter et Millenium, qu'on retrouvera également sur grand écran en 2009, mais dont on entendra assez parler en temps voulu, pour signaler également : Une histoire de Noël (25 octobre), un film d'animation 3D de Robert Zemeckis (à qui l'on doit la trilogie Retour vers le futur) avec Jim Carrey, tiré du classique Un Chant de Noël de Charles Dickens, ainsi qu'une nouvelle adapatation de Sherlock Holmes, avec Robert Downey Jr et Jude Law dans les rôles des célèbres détectives.

Source : Livres Hebdo du 12 décembre 2008




Scott Heim revient 13 ans après Mysterious skin

Posté par Mélanie le 17.12.08 à 11:53 | tags : news, littérature en vidéo

Scott Heim, l'enfant chéri de la littérature gay, fait un retour gagnant avec son troisième roman Nous Disparaissons, qui sortira en France le 8 janvier au Diable Vauvert.

 

En 1995, Scott Heim avait fait une entrée fracassante sur la scène littéraire américaine avec son premier roman, Mysterious Skin, un livre troublant sur l'enfance abusée et la mémoire refoulée. L'Amérique puis l'Europe a trouvé le symbole d'une littérature dite gay, naissante et prometteuse. Un deuxième roman mal accueilli en 97 (In Awe) ne le fait pas sombrer dans l'oubli puisqu'il participe pleinement à l'excellente adaptation cinématographique de Mysterious Skin que réalise Gregg Araki en 2003.

 

Blocage "post-premier-succès"

 

Mais la drogue, le syndrome de la feuille blanche et les désillusions face à un monde de l'édition en mutation ont failli pousser Scott Heim à abandonner l'écriture. Heureusement on ne se débarasse pas du besoin d'écrire si facilement et Heim renaît de ses cendres avec le très beau Nous Disparaissons, roman personnel et tendre sur la mort de sa mère et sa toxicomanie sur fond d'enquête obsessionnelle sur les enfants disparus.

Adepte de son et d'image, l'écrivain a réalisé un petit film au fin fond de son Kansas natal pour accompagner la sortie de son livre. Visionnable sur Youtube, ce trailer - exercice promotionel de plus en plus utilisé surtout par les auteurs anglo-saxons comme Chuck Palahniuk - retranscrit parfaitement l'ambiance sombre et froide de son roman.

 

 

- Lire notre entretien avec Scott Heim

- Lire la chronique de Nous disparaissons sur Fluctuat




Le poème "people" fait son retour dans le New Yorker

Posté par Mélanie le 16.12.08 à 17:04 | tags : vo, média, news

Le New Yorker accueille de nouveau dans ses pages le traditionnel poème de voeux en forme de name-droping des personnalités ayant marqué l'année. On y trouve les inévitables Paris Hilton (accolée à Colin Powell, tout de même !), Miley Cyrus, Beyonce, J.K. Rowling, les Pussycat Dolls et bien d'autres...

Roger Angell, entré au New Yorker en 1956, reprend la plume pour se soumettre à ce petit exercice annuel savoureux auquel il a officié entre pendant plus de 20 ans jusqu'à sa suppression en 1998.

Le poème de voeux "people", inventé par Frank Sullivan en 1932, était une véritable institution, attendue par les lecteurs du New Yorker comme l'un de ces marqueurs immanquables de l'entrée dans la période des fêtes de fin d'année. Mais après 1998, Angell est sec et laisse tomber le poème, si difficile à renouveler année après année. Mais heureusement, certaines traditions ne se font pas oublier si facilement et l'année 2008 fournit au vieil auteur foison d'inspiration et l'institution fait son comeback.

 

"Carla Bruni, comment ça va?"

 

Alors qui trouve-t-on cité dans ce bijou en vers d'associations parfois grinçantes de près de 70 personnalités? Cocorico : une seule française et pas n'importe laquelle. Carla Bruni, notre first lady herself qui a marqué les esprits lors de son petit tour de promo dans la grosse pomme pendant que son président de mari sauvait le monde au G20.

Viennent ensuite en vrac des politiques : "welcome pres.elect Obama", le congressman de l'Ohio, Dennis J. Kucinich, double candidat malheureux à la primaire démocrate dans une rime pauvre avec "spinach". Angell avoue avoir eu besoin de l'aide de ses jeunes collègues, plus au fait de la pop culture. Aussi trouve-ton les inévitables Paris Hilton (accolée à Colin Powell, tout de même !), Miley Cyrus, Beyonce, J.K. Rowling, les Pussycat Dolls, autant de people un peu cheap, de "filles de" (Suri Cruise, Bristol Palin, Chelsea Clinton) mis au même niveau que les nouvelles stars de la crise (Fannie Mae, Freddie Mac entre autres), les sportifs qui ont marqué 2008, année olympique (Michael Phelps, Usain Bolt) ou des écrivains, cinéastes ou universitaires dits "sérieux" (l'auteure Susan Choi, la première présidente de Harvard, Drew Gilpin Faust ou l'architecte Zaha Hadid).

Le tout assaisonné de jeux de mots et de blagues bienvenues sur la crise. Un peu de légèreté et d'ironie dont les américains (et le monde entier) ont bien besoin en ces temps déprimants.




Un Octobre Noir pour le marché du livre

Posté par Mélanie le 16.12.08 à 12:59 | tags : news, édition

On annonçait fièrement une encourageante résistance du livre à la crise en septembre. Mais hélas, face à une conjoncture de plus en plus dégradée, les ventes de livres ont brutalement chuté en octobre.

Avec une baisse de 5,5% en euros courants (-7% en volume) par rapport à octobre 2007, le livre ne fait pas exception et subit aussi de plein fouet les conséquences de la crise financière. Ce chiffre alarmant est cependant à relativiser : octobre 2007 avait été particulièrement favorable (+ 9%) avec la sortie du dernier épisode d'Harry Potter. Or cette année, la dernière fournée de J.K. Rowling, Les contes de Beedle le barde, n'est sortie qu'au mois de novembre. Aussi, ce retournement de conjoncture était prévisible dans la mesure où tous les postes de consommation - à l'exception de l'alimentaire - sont orientés à la baisse. Aucun circuit de distribution n'échappe au plongeon d'octobre, même pas la vente à distance, jusqu'ici en plein boom, qui affiche un recul de 5%.

 

Idem aux Etats-unis, foyer de la crise. Le marché du livre américain est également à la peine. Après une baisse des ventes de 2% en septembre, les ventes ont chuté de 5,6% en octobre (par rapport à 2007). Et tous les genres sont dans le rouge, malgré la progression des livres numériques qui se maintient à 57,7% en octobre 2008 contre 73% en 2007. Cependant, les e-books ne représentent même pas 1% du marché total du livre.

Boost de Noël et "réactivité"


Mais le tableau n'est pas forcément si noir. Et le livre, cadeau idéal s'il en est, peut tout à fait profiter du climat de crise. Avec une pandémie d'oursins dans les poches qui s'abat sur le monde en proie à l'angoisse, les bouquins-offerts-à-Noël vont sans aucun doute fleurir les bibliothèques. Et pas la peine d'espérer refourguer la chose sur eBay car avec le prix unique du livre, sauf une très belle édition originale, pas de plus-value à attendre.

Autre phénomène qui profite à l'industrie : la réactivité. C'est-à-dire la capacité de l'édition à surfer sur la vague et profiter du besoin du public en information économique. Actuel grand champion de la crise: George Soros. Non content d'avoir vendu ses titres à temps et de s'être même enrichi avec le krach, l'économiste prodigue ses bons conseils de Madame Irma plutôt éclairée dans La vérité sur la crise financière (Denoël) qui totalise depuis sa sortie en septembre 35 000 exemplaires vendus en France.

Une dizaine de titres ont déjà été publiés depuis mi-novembre et 25 titres sont annoncés en janvier et février. Dont la "vista" de Jean-Marie Messier, Le jour où le ciel nous est tombé sur la tête (Seuil) et Wall Street : dans les coulisses du Krach de 1929 (Nouveau Monde éd.) de Gordon Thomas.


Sources: Publishers Weekly et Livres Hebdo




La déprimante histoire de Steve Ditko, co-créateur de Spiderman

Posté par Myosotis le 16.12.08 à 10:48 | tags : comics, vo, biographie

 

En attendant de vous parler du très bel album qui accompagne aux Etats-Unis une énième édition des Watchmen de Dave Gibbons et Alan Moore, Watching The Watchmen, un autre beau livre est sorti, il y a peu, qui raconte une histoire presque aussi triste et catastrophique : la vie de Steve Ditko, le dessinateur star, co-créateur reconnu sur le tard du super-héros le plus rentable de l'histoire des comics : Spiderman. A 81 ans, Steve Ditko fait partie des légendes sombres de l'univers des comics et reste un personnage insondable dont ce livre, Strange and Stranger : the world of Steve Ditko, explore avec beaucoup de nuances, d'intelligence et dans un environnement graphique somptueux les contradictions. Le livre, disponible uniquement en vo, est, non seulement le parfait compagnon du documentaire dont l'extrait ci-dessus est issu (une interview d'Alan Moore) mais surtout la première vraie critique rétrospective d'une oeuvre et d'une vie incroyables placées sous le sceau de l'intransigeance et du suicide commercial.

 

La première partie du livre revient sur ce qu'on connaît le mieux de Ditko : l'invention de Spiderman et le conflit qui l'opposa, dès l'origine, à son compère d'alors, Stan Lee. Le livre expose clairement les divergences créatives qui apparaissent entre les deux hommes. D'un côté, un Lee omnipotent qui rêve d'un tisseur galactique et dans le moule superhéroïque, de l'autre, un Ditko qui fait de son Spiderman un adolescent tombé dans la soupe des superpouvoirs et quelque peu effrayé par la vie et les responsabilités qui vont avec.

Lee censure parfois Ditko et le remplace à la couverture par des artistes qui font de Spiderman un dieu grec, tandis que le natif de Pennsylvanie continue de le peindre comme un jeune homme. Les récits sont encore contradictoires sur cette affaire mais les deux hommes s'opposent également par des personnalités très différentes : Lee est sûr de lui, un brin réac, Ditko est, à cette époque, plus jeune et ouvert. Il vit, dans une étrange association locative, avec Eric Stanton, un artiste fétichiste aux photographies très osées, même pour le début des années 60. Lors de leur travail commun, Lee et Ditko accouchent en plus de Spiderman d'une autre création intéressante : le Docteur Strange qui continue de faire les beaux jours de Marvel et dont leurs numéros communs sont des chefs d'oeuvre du genre. Le trait de Ditko est à la fois d'une précision affolante, d'une rigueur rare et pourtant d'une souplesse qui lui donne une légéreté incroyable. A l'image de Spiderman dont les mouvements désordonnés jurent avec la raideur des autres superhéros, Ditko invente un genre qui, au même titre que ses maîtres Jerry Robinson et Jack Kirby, fera date.

 

La seconde partie du livre explore ce qui s'apparente assez vite à la décadence de Steve Ditko : transformation progressive de l'homme en un adepte zélé des théories objectivistes de la philosophe écrivain Ayn Rand, mêlant individualisme moral, ultra rationalisme et libertarisme ; transformation du dessinateur qui coupe les ponts avec les majors en un dessinateur inégal, capable du meilleur comme d'envoyer tout valdinguer sur un coup de tête. Ditko se fâche avec presque tous ses éditeurs, impose, sur ses propres créations, des textes qui envahissent tout l'espace disponible, philosophent et assénent à tout va des vérités que lui seul partage. Auréolé par son passé et hanté par la figure un brin envahissante du Tisseur, Ditko survit en alternant les travaux de commande, refusant de gonfler son compte en banque en vendant des planches originales....

 

L'homme est difficile à cerner, à approcher. Il décide de boycotter les conventions de fans, se dit en permanence trahi par les uns et les autres, claque les portes pour des motifs insoupçonnables : une couleur ou un papier qui ne lui plaît pas, une coupe de trois mots dans une bulle, etc. En 1975, son retour chez DC avec le personnage intéressant de Shade (lequel lui survivra longtemps) tourne au fiasco. Quelques années plus tard, il revient chez Marvel où il travaille sur diverses franchises comme le Submariner ou les dégradants Power Rangers. Lorsqu'il se retire définitivement en 1998 des comics grand public, l'impression de gâchis est intense. Ditko vit aujourd'hui à New York et continue de dessiner pour divers supports, survivant sur d'anciennes amitiés mais refusant le moindre contact avec la presse ou les journalistes. Cet homme reste une énigme, même pour ses amis les plus proches, un mystère pas très sympathique et qui navigue à des centaines de miles de son personnage emblématique..... A suivre.

 




Le Canard (enchaîné) se gave avant les fêtes

Posté par Mélanie le 15.12.08 à 14:58 | tags : média, édition, news
En cette veille de Noël, le Canard est partout. Avant que son foie engraissé n'atterisse dans vos assiettes, il pourrait bien figurer en bonne place sous votre sapin.

La sortie du Vrai Canard, livre enquête à charge de Karl Laske et Laurent Valdiguié sur les dessous honteux du célèbre journal satirique, le Canard enchaîné, n'est pas passée inaperçue. Suscitant une de ces polémiques dont les médias raffolent, Le Vrai Canard figurait à la date du 7 décembre dans le top 20 des ventes de Livres Hebdo/Ipsos pour la deuxième semaine consécutive tandis que l'anthologie de caricatures Le Canard Enchaîné : La Vème République en 2 000 Dessins a été tirée à 70 000 exemplaires et est en rupture de stock.

Alors pourquoi une telle passion pour le sympathique palmipède ? Il semblerait que deux écoles s'affrontent : les déçus et les fidèles.

Les déçus comme les fans sont servis

Ceux qui voyaient dans le Canard enchaîné le quasi seul journal vraiment indépendant financièrement et libre ont vu leurs illusions brisées par les révélations du Vrai Canard. Un fonctionnement interne limite dictatorial, des revenus obscurs et une collusion avec les politiques, principales sources d'information de la fameuse rubrique "la Mare aux canards", donneraient un journal obligé de renvois d'ascenseur, tels que le passage à l'as pendant la campagne présidentielle d'un sujet sur les revenus de Maître Sarkozy, avocat d'affaire...

Et les autres ? Ceux qui ne veulent pas croire aux complot sont convaincus par la ligne de défense du journal. Les auteurs du Vrai Canard seraient des aigris recalés de la rédaction la plus riche de France et leur enquête n'aurait aucune valeur. Avec pour ultime preuve, les dénégations mollassonnes des politiques cités comme indics. Ces fans irréductibles se seront rués sur le dernier opus de la collection d'anthologies de dessins publiés par le Canard, comme pour prouver une intacte insolence.

Sans doute quelques uns auront droit aux deux ouvrages pour Noël. Gavés. Avant même de passer à table...

Source: La République des Livres




Robert Crumb dessine pour Agnès B.

Posté par 2goldfish le 15.12.08 à 11:39 | tags : comics, web
Robert Crumb, figure de proue du dessin underground et ennemi du politiquement correct, qui dessine sur commande pour Agnès B., symbole de la branchitude ? Surprenant, mais vrai. La marque, connue pour ses implications dans le monde de l'art, a laissé carte blanche au dessinateur américain pour le numéro d'automne de sa feuille-magazine "Point d'ironie".

Et ce qui est bien quand on est un auteur mondialement reconnu pour ses oeuvres complétements barrées, glauques et libidineuses, c'est que quand au bout d'une carrière passée à effrayer le bourgeois, une marque de vêtement vous approche avec son chéquier pour vous commander une BD, elle sait exactement à quoi s'attendre.

Exemple donc avec Robert Crumb qui pond pour Agnès B. douze pages de Flesh And Blood Comix, qui parlent des choses crades que nous avons au fond de nous comme des intestins, une libido et une profonde agonie existentielle. On ne sait pas si c'était le but recherché, mais c'est vrai que ça donne plutôt envie de porter des vêtements pour cacher tout ça.

Quoiqu'il en soit, ces douze pages ne seront sans doute pas déterminantes dans la luttes contre le naturisme mais elles sont de Robert Crumb et elles sont lisibles par tous (avec l'accord des parents) gratuitement sur internet. C'est déjà pas mal, non ?




Faut-il empêcher les criminels de publier leurs mémoires ?

Posté par Céline le 12.12.08 à 15:27 | tags : édition, news

Après l'annonce de l'interdiction des happy hours, des consos gratuites pour les filles, et des verres XXL dans les bars, une nouvelle proposition du gouvernement Brown fait des remous chez les Britanniques. Ce ne sont plus les fêtards, mais les éditeurs qui se sentent cette fois menacés : une loi pourrait désormais interdire la publication de mémoires de criminels notoires.

Même si elle se base sur un argument recevable - il est immoral de laisser des truands s'enrichir grâce au récit de leurs crimes...- la loi en question peut en effet être perçue comme une véritable menace de liberté, et fait même office, si l'on va plus loin, d'une seconde condamnation pour le criminel. L'éditeur John Blake, qui a publié, entre autres, les mémoires de Charlie Bronson, « preneur d'otages en série », et Mad Dog, les souvenirs du leader paramilitaire Johnny Adair, s'indigne contre une telle interdiction, qui serait d'autant plus dommageable que "nombre de criminels ont pu se réhabiliter justement par le biais de l'écriture". Il rappelle également la responsabilité des éditeurs, qui refuseraient, selon lui, de publier le texte signé d'un psychopathe et faisant l'apologie de la violence.

Simon Juden, directeur de la Publishers Association, précise quant à lui que les mémoires de criminels peuvent s'avérer très utiles mieux comprendre la criminalité et sa psychologie. D'autre part, les textes les plus outrageants ne venant pas forcément des condamnés, l'interdiction conduirait à censurer les mauvaises personnes : Nelson Mandela, reconnu coupable et emprisonné, ne pourrait pas être publié, quand O.J Simpson, acquitté, ne rencontrerait aucun obstacle...

Une enquête menée autour de ce projet de loi a conclu que si imposer aux éditeurs une interdiction radicale reviendrait à « une inacceptable restriction de la liberté d'expression », il faut cependant envisager un moyen d'empêcher les criminels de tirer profit de ce genre de publication.

Source : The Guardian

 




Le Top 10 des livres qui rendent séduisant

Posté par Mélanie le 12.12.08 à 11:56 | tags : news, short-list

Les hommes mentent deux fois plus que les femmes sur leurs lectures pour impressionner celles-ci. What a surprise...

L'organisation National Year of reading, chargée de promouvoir la lecture au Royaume-uni, a réalisé une enquête sur 1 543 personnes révèlant le top 10 des livres à mentionner pour séduire le sexe opposé. Si l'habit ne fait pas le moine, hommes et femmes continuent à se juger mutuellement sur la couverture de leur livre de chevet...

Pour la séduire : lire sensible

En tête arrive l'autobiographie de Nelson Mandela, Long Walk to Freedom. Le héros de la résistance contre l'Apartheid et symbole de la paix impressionne les femmes. Aussi, messieurs, lisez ce livre pour récupérer à votre profit un petit bout d'aura du grand homme, plutôt que la bio de Richard Virenque ou de Patrick Sébastien.

Médaille d'argent: William Shakespeare. Pour nos amis britanniques, l'auteur incontournable. Placer, l'air de rien, qu'on a lu Othello ou Songe d'une nuit d'été dénote une sensibilité appréciable à la poésie et à l'histoire. Le préferer à Sacha Guitry, dramaturge misogyne par excellence.

En troisième position : les livres de cuisine. Et oui, la parité grignote du terrain et vous devez montrer à madame que vous êtes bon à marier. Effet séduction largement supérieur à celui de livres de mécanique ou de geeks genre Il était une fois Linux de Linus Torvalds.

Viennent ensuite la poésie (pas Les brèves de comptoir), les paroles de chanson (Jeff Buckley pas Richard Gotainer), les sites d'info, les SMS (pitié, pas en langage texto), les mails (saus fautes et sans liens débiles vers Youtube), le Financial Times et Facebook.

Pour le charmer : paraître informée

Eh oui mesdames, merci le féminisme, le mâle moderne n'est plus intéressé par les ravissantes idiotes. Et pour débattre avec lui de l'éfficacité du énième plan de relance ou de la situation au Proche Orient, il faut être connectée. En tête, donc : les sites d'info générales (et pas de mode ou people).

En deuz : l'ami William (Shakespeare), décidemment inévitable. Idem que ci-dessus : patrimoine, poésie : le b.a-ba de la littérature anglaise.

On retrouve ensuite les paroles de chanson (pas de Lorie), les livres de cuisine (féministe d'accord, mais monsieur entend être nourri correctement), la poésie, Nelson Mandela, l'auteure féminine par excellence Jane Austen , Facebook et Myspace, des textes religieux (mais peut-être pas Soeur Emmanuelle) et le Financial Times (il voudra parler de la crise, on vous dit).

Source: The Guardian

 




Faut-il un plan de sauvetage pour les écrivains en ces temps de crise ?

Posté par Mélanie le 11.12.08 à 15:53 | tags : édition, news

Des losers, les écrivains ? Rares sont ceux qui vivent correctement de leur plume et ce constat - qui sent le vécu - a amené l'écrivain et journaliste Paul Greenberg à réfléchir pour le New York Times à un plan de sauvetage censé renflouer les écrivains.

Comment procéder ? Mener plutôt une politique de grands travaux à la Roosevelt ou un contrôle de la surproduction comme dans l'agriculture ? Avec une bonne dose d'humour et d'autodérision, Greenberg singe une approche qui se voudrait pragmatique des problèmes économiques d'une caste en crise.

Le New Deal des écrivains

Lors de la grande dépression des années 30, le président américain Franklin Delano Roosevelt a lancé le Federal Writer's Project qui a employé quelque 6 000 auteurs au chômage sur des projets de longue haleine de recherche et d'écriture de guides, d'ouvrages d'histoire orale, d'éthnographies pour "décrire l'Amérique aux Américains". Le programme a non seulement maintenu en vie les écrivains mais les a aussi encouragé à se multiplier. Aujourd'hui, 185 000 américains déclarent des revenus provenant principalement de l'écriture (hors journalisme).

Pour Greenberg, l'approche keynésienne de Roosevelt a ses effets pervers, notamment celui d'un appel d'air provoquant une crise de surproduction. Il faudrait donc se tourner vers le modèle de la politique agricole d'ajustement des productions. Selon le principe économique de base que trop d'offre pour une demande stable fait baisser les prix, Greenberg conlut qu'il faut éliminer le surplus d'écrivains.

Surproduction littéraire

Le journaliste cite l'exemple d'Ann Beattie, l'un de ces auteurs au best seller unique qui, dans un essai publié en 2002, se plaignait de ce monde dans lequel les gens sont plus intéressé par l'idée d'être un écrivain que par l'écriture elle-même: "Nous sommes trop nombreux et les diplômés de MFA (Master of Fine Arts) sont plus nombreux chaque année. A l'arrivée, les éditeurs sont submergés de manuscrits et tout le monde est perdu."

Sur les 275 000 nouveaux titres sont publiés aux Etats-unis chaque année, Greenberg propose d'en éliminer la moitié. Partant du principe qu'il faut une moyenne de deux ans pour écrire un livre, l'Etat pourrait offrir aux "éliminés" deux ans de salaire moyen d'un écrivain - soit 38 000 dollars par an. Soit un plan de 10,5 milliards de dollars - une broutille - pour réduire une offre surabondante.

Au-delà de l'ironie et de la grande autodérision dont il fait preuve, Greenberg pointe plusieurs dérives de l'industrie littéraire. L'écrivain subventionné à l'unique best-seller - il a publié en 2002 Leaving Katya qui lui a valu d'être comparé à Henry James et a bénéficié du mécénat de la Bogliasco Foundation à Gênes - montre le danger de regarder le livre comme n'importe quel autre marché. En ces temps de crise et de remise à plat des dépenses publiques, grande est la tentation de redéfinir les priorités, au risque de couper les vivres aux activités culturelles. Aussi, s'il existe bel et bien une industrie du livre, soumise à des impératifs économiques comme toute autre industrie, peut-on quantifier nos besoins en écrivains comme en produits agricoles et est-il bon de vouloir " fonctionnariser " le travail d'écrivain ?

Source: the New York Times




Les leçons de drague d'un garçon de neuf ans... en librairie et au cinéma

Posté par Céline le 11.12.08 à 11:32 | tags : édition, news
Pas besoin d'être vieux, ni même d'avoir atteint l'âge de la puberté, pour savoir parler des relations entre filles et garçons. La preuve - vivante - avec Alec Greven, petit écolier du Colorado qui, du haut de ses neuf ans, vous fait la leçon dans un manuel intitulé How To Talk to girls (Comment parler aux filles), publié le mois dernier par HarperCollins.
 
A l'origine de tout ça, un simple exercice scolaire. Le professeur demande aux élèves d'écrire un texte sur "quelque chose qu'ils ont pu observer dans la vie de tous les jours". Alec, alors âgé de huit ans, choisit d'analyser les obstacles rencontrés par les garçons qui cherchent à attirer l'attention des filles dans la cour de récré. "Je voulais aider les garçons à approcher les filles sur lesquelles ils ont flashé", explique plus tard le spécialiste de la drague en culotte courte. Alec conseille, par exemple, de penser à se peigner les cheveux, ou encore de se méfier des jolies filles, qui sont les premières à vous rembarrer. Les jolies filles se repèrent facilement : elles portent de "grandes boucles d'oreilles, des robes branchées et tout un tas de bijoux", et fonctionnent "comme des voitures qui ont besoin de beaucoup d'essence".
 
Les profs, amusés par le texte d'Alec, lui propose d'en faire des petits livrets artisanaux, qui seront vendus 3 dollars pièce à la foire aux livres de l'école. Le phénomène prend vite de l'ampleur : Alec est invité sur un plateau télé, l'éditeur HarperCollins lui propose un contrat. Le livre de 46 pages est désormais en vente aux Etats-Unis. Et cette semaine, la Fox annonce avoir acquis, pour un montant à six chiffres, les droits d'adaptation ciné du livre.
 
Pas question bien sûr, ni pour le studio ni pour l'éditeur (tous deux appartiennent à Newcorps), de passer à côté de ce qui semble être un bon filon : des conseils mignons tout pleins, lucides qui plus est (encore une fois : la vérité sort de la bouche des enfants). Très soucieux du bien-être de ses camarades, Alec donne en effet des bons tuyaux : ne pas se montrer trop passionné, car "les filles n'aiment pas les garçons désespérés". Compris, les mecs ?



Le livre numérique progresse, Europeana piétine

Posté par Mélanie le 10.12.08 à 16:45 | tags : news, numérique
Les supports de lecture de livres numérisés se multiplient et les catalogues s'allongent. Nous sommes résolument entrés dans l'ère du livre numérique...du moins aux Etats-Unis et au Japon ! Car sur le vieux continent, les éditeurs continuent de faire de la résistance et Europeana, le projet de bibliothèque virtuelle, est toujours en panne... L'Europe va-t-elle encore perdre une guerre mondiale, sur le terrain du numérique ?

Le carton des personal readers

Le Wall Street Journal l'annonce : Sony rafle la mise avec son Sony Reader vendu à 300 000 exemplaires depuis sa mise sur le marché américain, en octobre 2006. Avec près de 3 millions d'e-books téléchargés pour 57 000 titres disponibles sur le portail maison, Sony espère proposer 100 000 ouvrages d'ici à la fin de l'année.

Idem du côté de l'iPhone qui s'enrichit d'une nouvelle application conçue par l'éditeur Penguin. Cet outil permettra aux utilisateurs l'accès à des versions électroniques enrichies de certains classiques du catalogue de l'éditeur sans toutefois qu'ils puissent accéder à l'ensemble du catalogue. En parallèle, Random House, autre éditeur majeur transatlantique, s'associe à Stanza, l'application de lecture de e-books la plus répandue sur iPhone, pour offrir de télécharger gratuitement l'intégralité de certains titres. Et la maison d'édition Houghton Mifflin lance ScrollMotion, une autre application de lecture numérique.

Malins, les éditeurs américains ont compris que la révolution numérique est inévitable et qu'ils doivent trouver le moyen d'en profiter. En prenant l'initiative, ils contrôlent l'intégrité de leurs titres et peuvent utiliser le e-book comme un outil promotionnel. Bref, en donner un peu pour finalement gagner beaucoup.

L'Europe à la traîne

Ce que ne semblent pas comprendre les éditeurs européens. Outre le fiasco d'Europeana, qui prolonge son chômage technique jusqu'en janvier, la résistance purement idéologique au niveau de l'offre risque d'être pénalisée par une demande inéluctable... qui ira voir ailleurs!

De leur côté, la Fédération des éditeurs européens (FEE) a fini par se positionner vis à vis de l'accord que Google a négocié avec les éditeurs américains. Le dit-accord ne concernant pas uniquement les Américains, mais aussi les ayants droit européens des ouvrages présents dans les bibliothèques américaines et numérisés par Google, la FEE a rappelé que "si les ayants droit ne demandent pas à sortir de l'accord, ils abandonnent toute possibilité de poursuivre Google pour ses activités de numérisation, même en Europe." La FEE fustige ainsi l'introduction du principe de "l'opt-out" dans l'accord, qui "affaiblit significativement les régimes existants de droits d'auteur et contraste fortement avec les solutions européennes, particulièrement le projet Europeana", que la FEE soutient ardemment !

Des initiatives existent cependant, notamment en France, avec l'accord Sony-Hachette-la Fnac et le projet autonome de Gallimard de numériser son catalogue et de le rendre accessible sur son site de librairie en ligne.


 


 

 




La Déclaration universelle des droits de l'homme voyage dans l'espace pour ses 60 ans

Posté par Mélanie le 10.12.08 à 12:58 | tags : news

A l'occasion du soixantième anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH) par l'Assemblée générale des Nations Unies réunie à Paris le 10 décembre 1948, un exemplaire du fameux texte va être envoyé dans l'espace et un nouveau prix littéraire va voir le jour./p> Imprimée sur un mini-livre de trois grammes par les éditions Biotop, le premier exemplaire de cette mini-réédition (2x3 cm) sera envoyé dans l'espace pour y effectuer chaque jour 16 révolutions autour de la Terre pendant de nombreuses années.

De son côté, la Fondation Albert Cohen - du nom de l'auteur de Belle du Seigneur - a également annoncé la création d'un prix "Mémoire Albert Cohen", qui sera remis chaque 10 décembre. Basée à Genève, la Fondation Albert Cohen oeuvre en faveur de la reconnaissance des droits des étrangers en France et en Suisse. Le jury, présidé par l'écrivain Jorge Semprun, entend récompenser une oeuvre littéraire "interrogeant la figure de l'étranger et lui apportant un nouvel éclairage". Le lauréat se verra attribuer une somme de 50 000 Francs suisses (environ 32 000 euros) qu'il devra partager avec une association de son choix oeuvrant pour le droit des étrangers en France ou en Suisse.

 

"Considérant... "

Les 30 articles de la DUDH, largement inspirés de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, n'ont de valeur juridique que celle d'une proclamation de droits. C'est l'ex-première dame américaine, Eleanor Roosevelt, féministe et militante acharnée pour les droits civiques qui s'est battue sans relâche pour que l'ONU puis la DUDH voient le jour. Le texte a été rédigé en français dans sa version originale par le juriste et diplomate français René Cassin, ancien Résistant et prix Nobel de la Paix en 1968.
 

Et malgré un contexte géopolitique tendu (décolonisation, création de l'Etat d'Israël, début de la Guerre Froide), seuls huit Etats sur les 58 participant à l'Assemblée générale de l'ONU de 1948 refusèrent d'adopter cette charte universelle. Parmi eux, l'Afrique du Sud de l'apartheid qui refusait l'affirmation au droit à l'égalité sans distinction de race, l'Arabie saoudite, contre l'égalité homme-femme et les pays du bloc soviétique, en désaccord avec la définition du principe d'universalité.

Aujourd'hui la DUDH est le document le plus traduit au monde (plus de 330 traductions) et est implicitement reconnue par la totalité des 192 Etats membres des Nations Unies ayant ratifié au moins un des nombreux traités internationaux relatifs aux droits de l'homme.

 

Photos : Albert Cohen, et Eleanor Roosevelt tenant la Déclaration universelle des droits de l'homme.




Un nouveau Spinrad en mars 2009 chez Fayard

Posté par Céline le 09.12.08 à 17:11 | tags : science-fiction, édition, news

Même si son nom est souvent associé au genre de l'anticipation, Norman Spinrad est bien plus qu'un auteur de science-fiction. Son prochain roman, Il est parmi nous (He Walked among us), paraîtra d'ailleurs chez Fayard en mars prochain hors collection SF. Va-t-on enfin pouvoir faire connaître à un plus large public des écrivains de génie jusqu'alors relégués à des genres dits mineurs ?

 

Dix ans après Bleue comme une orange, roman qui posait la question du réchauffement climatique, Spinrad propose, dans ce nouvel ouvrage, une projection vers le futur à travers le personnage d'un comique médiatique qui semble issu d'une autre époque. Fayard, qui a obtenu les droits mondiaux de ses deux prochains romans, évoque à propos d'Il est parmi nous un « humour si ravageur qu'aucun éditeur anglo-saxon n'a osé le publier ».

Style subversif, spéculations dérangeantes, les œuvres de Norman Spinrad ont quelques fois connu les affres de la censure. Ainsi en fut-il de Rêve de fer (1972), uchronie politique qui mettait en scène Adolf Hitler en écrivain de SF renommé : l'ouvrage fut interdit en Allemagne et en Angleterre.

 

En choisissant de le faire figurer dans son catalogue "généraliste", Fayard permettra sans doute d'élargir le lectorat de Norman Spinrad. Après Il est parmi nous, l'éditeur devrait publier en 2010 "Osama the gun" - où il sera question de Ben Laden. Les plus impatients peuvent d'ores et déjà découvrir le premier tiers de ce roman, disponible gratuitement en ligne (en anglais).




Lire un livre : mode d'emploi (rires)

Posté par Myosotis le 09.12.08 à 14:50 | tags : littérature en vidéo, élucubration
 
On me reproche d'être trop sérieux et pontifiant, limite chiant des fois. Hé bien, pas tout le temps. La preuve - ok, les types qui commencent par "la preuve" pour montrer qu'ils ne sont pas ce qu'ils sont réussissent souvent à faire le contraire de ce qu'ils voulaient faire - voici une petite vidéo qui se passe de commentaire et sur laquelle je ne tiendrai AUCUN discours critique.
 
Je ne dirai pas que c'est plutôt bien vu que de se moquer des types qui écrivent et déchiffrent des modes d'emploi, de faire comme si le livre avait pu être un jour.... un ordinateur ou un magnétoscope, ce qui, en soi, est une idée rétrofuturiste tout bonnement ahurissante. Quitte à se la jouer léger et anti-professionnel, je n'ai même pas cherché à identifier les auteurs de cette bonne blague en... danois. Je m'en fous comme de ma dernière BD. C'est bientôt Noël, j'ai la lecture rigolarde. AAAhhhh ! AAaah ! (j'arrive jamais à faire les rires en mots). Héééé ! Héééé ! Ooooouuuu !!!! Ooooouuuu !!!! Iiiiiiiiii ! Iiiiiiiii ! (je connais une fille qui rit en faisant iiiiii iiii !).



Une lettre d'Oscar Wilde à son amant Bosie retrouvée après 50 ans

Posté par Mélanie le 09.12.08 à 11:05 | tags : news

Oubliés depuis plus d'un demi-siècle, neuf manuscrits et quatre lettres du grand écrivain et dramaturge irlandais Oscar Wilde ont été retrouvés et confiés à la bibliothèque Morgan de New York. Parmi ces précieux écrits, une lettre datant de 1892 et adressée à son amant, Lord Alfred Douglas, est la plus ancienne page signée de la main de Wilde, auto-proclamé "Seigneur de la langue".

 

Cette lettre est la seule survivance de la liaison marquante que Wilde entretint avec Alfred Douglas, qu'il surnommait "Bosie". Celui-ci avait détruit la majeure partie de leur correspondance pour protéger l'écrivain de la rage de son père, Lord Douglas, neuvième marquis de Queensberry, qui finit cependant par humilier publiquement Wilde, le faisant condamner à deux ans de travaux forcés pour "indécence grossière". Wilde en sortit brisé et mourut peu après.

C'est le fils de "Bosie" Douglas, Lord Douglas, onzième du nom, qui a précieusement conservé les vestiges épistolaires de la relation qu'entretenait son père avec Wilde. Les manuscrits sont d'ailleurs reliés et porte en couverture les armes du marquis de Queensberry. L'ouvrage, issu de la collection privée d'un banquier brésilien a été gracieusement offert par Lucia Moreira Salles, veuve de ce dernier.

 




"Animaus, biciclette, filosofie" : faut-il réformer l'orthographe ?

Posté par Céline le 08.12.08 à 16:51 | tags : média, édition, news

L'orthographe va mal, nous apprend un article du Monde daté du 5 décembre. A en juger par les dissertations truffées de fautes, l'incapacité des jeunes cadres à rédiger un rapport propre, ou encore la généralisation de l'écriture « texto », le niveau en langue française des étudiants a enregistré une baisse inquiétante au cours de ces vingt dernières années. Que faire contre ces lacunes qui concernent de plus en plus de monde, de la primaire à l'université ?

 

Ancien enseignant devenu chercheur à l'Institut national de recherche pédagogique, André Chervel, qui a récemment publié L'orthographe en crise à l'école. Et si l'histoire montrait le chemin ? (éditions Retz), appelle à une réforme drastique de l'orthographe. Le seul moyen, selon lui, d'éviter que l'orthographe ne devienne « une pratique d'élite », qui produirait de la discrimination « auprès de ceux qui ne la maîtrisent pas ».

 

« S'il fallait réellement enseigner à tous l'orthographe actuelle, cela aurait un coût énorme, en efforts et en temps », explique le grammairien, interviewé par Le Monde. Avant de l'enseigner, il faut la réformer - la simplifier - comme cela a d'ailleurs été fait à plus d'une reprise au cours de l'histoire. Exit alors toutes les règles de grammaire qui font le sel des exercices de primaire. Par exemple, toutes les doubles consonnes inutiles pour la prononciation serait supprimées : on écrirait donc "colège", "dificile", "inocent"... Une réforme qui est aussi censée rapprocher la France de ses voisins européens : « On écrirait une "ipotèse" (ipotesi en italien), une "bibliotèque" (biblioteca en espagnol, italien, portugais, roumain), une "biciclette", une "cronique", un "daufin"...

 

Et quand on lui demande si écrire "des animaus" ou "filosofie" ne serait pas finalement « faire violence à tous ceux qui aiment la langue française », André Chervel répond avec assurance : « Ce n'est pas en figeant l'orthographe qu'on maintient la tradition.(...) On ne peut pas accepter la fracture orthographique de la société et laisser un nombre croissant de jeunes Français en situation d'infériorité ou d'échec face à l'écriture de la langue nationale. » Les vœux d'André Chervel sont beaux parce qu'égalitaires. Bon, on pourra quand même trouver sa proposition un peu... radicale, sans être réac ou élitiste pour autant.




La Bible en argot londonien, en manga ou sur MP3

Posté par Céline le 08.12.08 à 13:07 | tags : news, édition
A l'approche de Noël, il est désormais possible de songer à offrir La Bible - ou le livre le plus vendu de tous les temps - sans passer pour un dévot un peu fanatique ou terriblement ringard. Les éditeurs britanniques n'hésitent plus à publier des versions détournées du Livre Saint, auxquelles même la famille Ingalls - qui ne pense qu'à ça - n'aurait pas pu penser.

 

On trouvera par exemple The Bible in Cockney (éd. The Bible Reading Fellowship), une retranscription du texte sacré en argot londonien, établie par l'universitaire Mike Coles. Voici un petit aperçu de la version « cockney » de la Bible avec la fin du Notre Père : "For Thine is the kingdom, the power and the glory" ("C'est à toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire") devient ainsi : "You're the Boss, God, and will be for ever, innit ?" ("T'es le chef, Dieu, et ça sera pour toujours, pas vrai ?"). Plutôt surprenant, même si on a déjà vu pire dans le genre profane.

 

Le dessinateur Ajin-Bayo Akinsiku - alias Siku - propose, lui, une version manga de la Bible (The Manga Bible, éd. Hodder & Stoughton), dans laquelle Caïn interpelle Abel dans des termes également peu attendus : « Wassup bro' ? » ("ça va, Frérot ?"). La bande dessinée fait davantage ressortir le côté le plus sombre d'un Jésus devenu super héros, révolutionnaire et combatif comme un samouraï.

Enfin, La Bible Illuminée (Bible Illuminated : The Book New Testament, éd. Forlaget Illuminated Sweden), dont la publication a été financée par l'homme d'affaires suédois Dag Soederberg, mérite elle aussi une mention : présenté comme un magazine au papier glacé, l'ouvrage invite à porter un autre regard sur la religion à travers des photos d'art ou reportages qui se veulent parfois provoquantes.

 

En France, en dehors de La Bible pour les nuls, sortie il y a quelques années déjà, on peut signaler la parution, pour la première fois, de l'intégralité de la Bible en version audio (éd. Audiolib). L'écouter avant de se coucher peut sans doute s'avérer utile, sans garantir cependant de faire de beaux rêves.

 

Illustrations : Image extraite de Bible Illuminated : The Book New Testament, éd. Forlaget Illuminated Sweden, DR ; Couverture de The Manga Bible-NT Raw, Siku, Hodder & Stoughton, DR.




Les lectures de Miss France et les saucisses frontistes

Posté par Myosotis le 08.12.08 à 10:47 | tags : news, élucubration

Les Miss France et la lecture ? Un marronnier depuis l'année dernière, pensait-on, qui inaugurait sur le site de la société des Miss France un portrait de chaque candidate avec interview associée spécifiant (comme un champ obligatoire) : livre préféré. Hé non, en 2009, on ne sait pas trop pourquoi la présentation a évolué. Il y a toujours une interview des candidates mais la question sur la lecture a été remplacée par la suivante : "quel film ou livre vous a ému dernièrement ?", faisant passer à la trappe, chez nombre d'entre elles, la question pourtant passionnante du dernier livre lu par des créatures aussi sexy et désirables au profit de films improbables comme Mesrine ou la ligne verte. Vous connaissez quelqu'un dont le film préféré est La Ligne verte ? Bah, une Miss....

 

Les lectures des Miss France ne s'améliorent pas.

Sur le plan statistique donc, notre échantillon se réduit de moitié mais n'en reste pas moins représentatif : apparemment entre livre et film, les Miss font moit'-moit' et continuent d'enfiler les perles. Au programme cette année, que du lourd et presque que du bon : on retrouve les grands auteurs pour Miss des années précédentes, Guillaume Musso (qui monte avec 2 ou 3 mentions, c'est du sérieux), une amatrice exclusive de Marc Lévy, une qui a lu Bernard Werber (mais quel livre, bon sang ?, Les Fourmis ? les trucs métaphysiques ? la SF ?), l'éternel Paulo Coelho, au fil des ans, le préféré des mannequins et des filles haut perchées (l'espoir, l'espoir...), un incongru Croisée des mondes (en livre) et un goût prononcé pour les livres ayant trait aux rêves, comme ce dictionnaire des rêves sur lequel s'est endormie sûrement Miss Artois Hainaut, ma préférée (régionalisme quand tu nous tiens). Conclusion : les Miss ne viennent pas sur ce blog. Je n'y avais pas pensé avant et cela suffit à me foutre le bourdon.

 

Etrangement, alors que le niveau d'instruction global ne cesse de progresser (des étudiantes en droit, des BTS augmentés, des licences, ont partiellement remplacé les diplômes d'esthétique, les "études dé communicassi'on" etc), le niveau de lecture des Miss France a tendance à plafonner, comme si ces jeunes femmes s'échinaient à montrer aux machos qu'être belle (et se présenter au concours de Miss Berry 2009) nuisait au développement du goût pour la lecture. Tandis que les laids dont nous sommes lisent, les Miss France embrassent-elles, prennent-elles du temps pour se coiffer, se maquiller ? On n'aime pas du tout tenir ce genre de discours convenus mais, il faut se rendre à l'évidence, le beau est l'ennemi du vrai et ce n'est pas qu'un mauvais sujet de philosophie pour bacheliers.

 

Et pour ceux qui veulent continuer à faire les malins, rappelons que la vainqueure se nomme Chloé Mortaud et non Morteau comme la saucisse. Ce n'est pas drôle. Laquelle saucisse, autrement baptisée "la Belle de Mortau" est "une saucisse fumée de manière traditionnelle dans des tuyés dans le Doubs" qui "se reconnaît à sa bague et à la cheville de bois qui en obture une extrémité." La nouvelle Miss France n'a pas de bague et encore moins de cheville de bois. J'ai vérifié lors du primetime de samedi soir. Il faut quand même savoir néanmoins, et chose que je ne m'explique pas, que si vous tapez "saucisse mortaud" sur google, vous tomberez en 1ère proposition sur une étonnante page du front national, qui donne aussi son avis sur l'élection de la nouvelle Miss... Etonnant non ?

 

Photo : Miss Albigeois Midi-Pyrénées, Chloé Mortaud. ©NIVIERE-TV/LORENVU-TV/SIPA




L'écrivain Stéphane Zagdanski condamné pour injure sur son blog

Posté par Mélanie le 05.12.08 à 14:55 | tags : média, web, news

Après l'affaire de Filippis, l'affaire Zagdanski ? L'interpellation humiliante de Vittorio de Filippis, ex-PDG du journal Libération pour une affaire de diffamation provenant d'un commentaire d'internaute sur le site de Libé a ému l'ensemble de la presse et de la classe politique. Mais on ne fera sans doute pas grand cas de la condamnation de l'écrivain Stéphane Zagdanski à une amende de 500 euros et 1000 euros de dommages et intérêts pour avoir injurié Serge Maulausséna sur son blog. Cette affaire illustre pourtant bien la question de liberté d'expression sur le net et le double discours politique qui y répond.

 

L'affaire Zagdanski vs Malausséna

 

L'écrivain et philosophe Stéphane Zagdanski a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir injurié sur son site internet le neveu d'Antonin Artaud, Serge Malausséna, unique ayant-droit de l'écrivain mort en 1948. Zagdanski, en grand admirateur d'Antonin Artaud l'évoque dans son essai consacré au cinéma, La mort dans l'oeil, tant cet écrivain, acteur, dramaturge, qui a flirté avec le surréalisme avant de céder à la folie et de finir interné le fascine. Et Malausséna lui adresse un mail en février 2007 pour lui demander de retirer un extrait de l'émission radiophonique d'Artaud, "Pour en finir avec le jugement de Dieu", placé en fond sonore sur une page de son site internet perso baptisé "Paroles des jours".

Furieux, Zagdanski publie le lendemain sur son blog une lettre ouverte à l'héritier d'Artaud qu'il traite, entres autres amabilités, d'"ultime chiure électrochoquante", de "crétin chicaneur" arguant que "cela fait longtemps que des milliers d'anonymes peuvent se procurer en quelques secondes sur internet l'intégralité des enregistrements d'Artaud, gratuitement et sans avoir à rendre compte à ta malsaine caboche monomane". Maulausséna, pas certain de pouvoir faire reconnaître sa requête d'ayant droit par la justice, se venge de Zagdanski en l'attaquant pour "injure". Injure reconnue par la 17e chambre correctionnelle qui a estimé que "ni la nature essentiellement littéraire du site sur lequel ce texte a été mis en ligne, ni la qualité d'écrivain du prévenu ne confèrent à ce dernier une immunité particulière", ont encore relevé les juges, avant de conclure que les propos "méprisants" et "particulièrement virulents" étaient bien "injurieux".

 

Les blogs et les sites d'info indépendants dans le viseur

 

Si, contrairement à l'affaire de Filippis, la responsabilité directe de Zagdanski est avérée et qu'il n'y a pas eu de dérive de procédure, cette histoire fait figure de parabole au moment où, face au flou juridique qui règne sur la blogosphère, les politiques et législateurs tiennent un double discours entre respect de la liberté d'expression, essence même des blogs, et répression de ses dérives.

Ainsi, on l'a entendu, Nicolas Sarkozy - toujours prompt à surfer sur la vague émotionnelle - s'est déclaré favorable à une dépénalisation des délits de presse tels que l'injure et la diffamation. Or quasiment au même moment, le Sénat votait en lousedé un projet de loi visant à prolonger les délais de prescription de ces délits de trois mois à un an, spécifiquement lorsqu'ils sont commis sur internet ! Dans le but avoué de favoriser la mutliplication des affaires, dans les tribunaux déjà submergés, rappelons-le. Seuls seront exemptés les sites d'info adossés à des titres de presse papier (Libé, le Monde, l'Express etc...). Dans la ligne de mire, donc, les blogs sur lesquels officient de nombreux journalistes et les sites d'info indépendants.

 

Ce projet de loi doit encore passer devant la commission des lois de l'Assemblée. Espérons que les députés se souviendront de leur vive "émotion" lors de l'affaire de Filippis au moment de voter...


(Photo: Stéphane Zagdanski)




Le manuscrit de Kerouac, on the road again

Posté par Mélanie le 05.12.08 à 10:07 | tags : news, exposition
Alors que le monde s'apprête à célébrer le cinquantenaire du grand roman beatnik de Jack Kerouac, Sur la route, le manuscrit dactylographié dudit roman va être exposé au Barber Institute de Birmingham, au Royaume-Uni.

6 500 mots tapés par jour sur 400 mètres de papier

Kerouac a écrit Sur la route d'une traite, sans un seul paragraphe et en trois semaines sur un unique rouleau de papier faisant près de 400 mètres de long. Le manuscrit appartient à l'américain Jim Irsay qui l'a acheté en 2001 pour la modique somme de 2,4 millions de dollars. Seuls six mètres du rouleau seront exposés dans une vitrine spécialement réalisée sur mesure.

Le professeur Dick Ellis, conservateur de l'exposition "Jack Kerouac: Back on the Road", se réjouit d'avoir décroché le gros lot : être choisi pour exposer ce "manuscrit iconique". Pour lui, ce rouleau témoigne de "l'énorme effort que Kerouac a consacré à sa composition. C'était vingt jours d'écriture, à raison de 6 500 mots tapés par jour. Il voulait retranscrire les choses avec le plus d'acuité possible en usant une technique d'écriture spontanée. Sa machine à écrire est devenue un instrument de composition." (...) "comme un instrument de jazz, un saxophone."

Pas radin, l'heureux propriétaire du rouleau "sacré" l'a laissé pas mal bourlinguer en Amérique et aujourd'hui en Europe, à Birmingham jusqu'au 28 janvier. A cette date, le manuscrit reprendra la route. Et parce que toutes les routes y mènent, il rejoindra Rome .


 

Source: The Guardian




Les grands classiques de la littérature sont sur Nintendo DS

Posté par Mélanie le 04.12.08 à 15:07 | tags : news, numérique

Le groupe leader de jeux vidéo Nintendo entend bien se placer sur le marché juteux du livre numérique. Ce sera chose faite à partir du 26 décembre avec le lancement sur les marchés anglophones de sa nouvelle console DSi et d'un "jeu" nommé "100 Classic Book collection".

 

Avec aujourd'hui 78 millions d'utilisateurs, dont un tiers en Europe, Nintendo, comme Apple avec son iPhone, veut transformer ce support originellement ludique en outil multimédia multifonctions. Ainsi la nouvelle console DSi, qui sera distribuée en Europe au printemps 2009, s'est déjà écoulée à plus de 500 000 exemplaires deux semaines après sa mise en vente au Japon. Plus légère que la précédente et avec un écran plus large de 17 %, la DSi permet de capter, conserver et exporter des vidéos et des photos, d'écouter de la musique et de se connecter à Internet.

 

Un personal reader multifonctions

La cartouche "100 Classic Book Collection" proposera des auteurs incontournables comme Jane Austen, Charles Dickens, Oscar Wilde, Alexandre Dumas , Victor Hugo ou Jules Verne. Le feuilletage s'effectuera à l'aide du stylet, la taille de la police s'ajustera au confort de lecture et la console choisira un titre en fonction de l'humeur de l'utilisateur . De plus il sera possible de télécharger dix titres supplémentaires via une connexion wifi. La version nippone, "Bungaku Zenshu" est déjà un best-seller dans le pays.

Le groupe japonais, qui a aussi confirmé le dépôt de plusieurs marques et brevets comme DS Novel et DS Book devrait de plus en plus associer des applications liées à la lecture et à l'écrit à des exercices plus ludiques.

 

Carton annoncé, cette petite merveille de technologie risque de pâtir d'un lancement post-Noël et d'un contexte de crise dans lequel racheter une DS pour quelques applications supplémentaires n'apparaît pas franchement comme une priorité...




Des manuscrits de Cioran remis à une brocanteuse

Posté par Céline le 04.12.08 à 11:52 | tags : news
Le philosophe roumain Emil Cioran, à qui l'on doit, entre autres, De l'inconvénient d'être né ou Sur Les cimes du désespoir, n'était pas connu pour être particulièrement serein. Aujourd'hui, certains de ses manuscrits, que se disputent depuis près de dix ans plusieurs intéressés, vont peut-être, eux, connaître enfin la quiétude. Le tribunal de grande instance de Paris a tranché : le lot de 37 manuscrits signés Cioran revient à la brocanteuse qui les avait découvert en débarrassant la cave du philosophe.

 

En 1995, Simone Boué, la compagne de Cioran, avait déclaré à la Chancellerie des Universités de Paris vouloir faire don de ces manuscrits à la bibliothèque Jacques Doucet. Seulement, à sa mort en 1997, impossible pour l'équipe envoyée par la bibliothèque de remettre la main dessus. C'est Simone Baulez, brocanteuse chargé de débarrasser l'appartement du philosophe qui retrouve le trésor : un buste de l'écrivain, mais surtout, de nombreux cahiers contenant, notamment, cinq versions de De l'inconvénient d'être né, des notes préparatoires à Ecartèlement (1979) et à Aveux et anathèmes (1987), ainsi que l'ensemble du Journal inédit de Cioran, rédigé de 1972 à 1980.

Alors que Simone Baulez décide de mettre en vente ces manuscrit à l'Hôtel Drouot, la Chancellerie des Universités fait appel à la justice pour interrompre cette vente, estimant que les biens lui reviennent. Finalement, les manuscrits litigieux sont placés sous séquestre, jusqu'à ce que le tribunal décide, hier, que l'institution n'a aucun droit dessus.

 

Estimés à plus d'un million d'euros, les manuscrits vont donc pouvoir être remis en vente par Simone Baulez, qui trouvera d'ailleurs des acheteurs sans difficultés. Le ministère roumain de la culture s'avère être le premier intéressé.




Vaut-il mieux une librairie bordélique ou bien rangée ? Atelier de trivialités (7)

Posté par Myosotis le 04.12.08 à 10:33 | tags : élucubration, littérature en vidéo
A l'image de cette librairie/bouquinerie où les ouvrages menacent de vous tomber dessus (ce qui ne l'empêche pas d'être fréquentée par de... jolies blondes, vous l'aurez noté), les avis sont partagés quant à savoir s'il vaut mieux une librairie (ou une bibliothèque) bien rangée ou que les livres s'y amoncèlent dans un somptueux bordel, propice aux découvertes, et redécouvertes, aux accidents domestiques (vous vous êtes déjà pris un Vollmann ou un Sulitzer sur le crâne ?) et aux allergies.
Ce qu'on peut noter, d'une façon générale, c'est que le désordre dans une bibliothèque personnelle n'est pas forcément lié à un désordre dans le reste de la maison : on peut être très soigné et AIMER laisser sa bibliothèque en jachère comme s'il y avait un intérêt personnel (secret), un charme et une sorte de stratégie visant à enfouir les livres les uns sous les autres, à les dissimuler pour faire en sorte, peut-être, que leurs histoires se fécondent et se mélangent les unes aux autres. On aime perdre des livres ou ne pas les retrouver, un peu moins ses clés ou ses chaussettes. A côté de ça, on observe aussi des gens pas toujours très nets qui ont organisé leurs étagères comme s'ils s'agissaient d'un plan de crise anti-grippe aviaire, en rangeant les livres par thèmes, sous-thèmes, par ordre alphabétique, format (les poches avec les poches), couleur (les blancs ensemble), nationalité, genre, et qui ne supporteraient pas, sous peine de suffocation, qu'on change un ouvrage de place.
Si les réactions sont si différentes, ce n'est pas tant parce que chacun a sa personnalité que parce que le livre par son contenu (un ordonnancement de mots très strictement bâti qui ouvre sur un infini dérangement) appelle à cette classification ambigue. Le livre est rangement : il est carré, rectangulaire, ordonné par la numérotation des pages, le sens et la tournure générale de chaque phrase. Mais le livre porte l'anarchie sur lui : il fait exploser sa forme droite en de multiples dimensions, des allégories, des images, des mondes contenus, fantastiques ou non, qui transforment le droit en courbe, en creux et en profond. Il y a donc un paradoxe intégré qui fait que le livre, objet qui se prête a priori bien à un ordre strict (comme un parpaing ou une boîte à chaussures), s'incarne souvent en un joyeux bordel.  
Cette question trouve une application encore plus ambigue dans les rayons des librairies (et des bibliothèques municipales) puisque l'ordre commercial imposé par la nécessité de s'y retrouver vient en rajouter une couche. On trouve des librairies bien agencées, bien ordonnées qu'on n'aime pas parce qu'elles sont trop froides, trop rigides presque et ne laissent pas la place à la surprise dissimulée dans un alignement de livres-mégalithes ; des librairies un peu trop bordéliques pour être honnêtes et qui nous enlèvent tout courage exploratoire, et d'autres qui réussissent, miracle, à garder le mystère de l'objet sans demander des qualités d'apnéistes trop prononcées. En tant qu'acheteur évidemment, on fait fausse route en associant la forme (l'étal) et le fond (la richesse d'un fonds) mais c'est une association inconsciente dont on ne peut se débarrasser et sur laquelle repose le succès (relatif) des bouquineries : on se dit toujours qu'on trouvera quelque chose de merveilleux dans une montagne de vieux livres qui pue, quelque chose d'unique et qu'on sera le seul à lire, tandis qu'on ne pense pas toujours croiser la magie dans une allée de la FNAC.  
Je n'ai pas connaissance (mais cela doit exister) de personnes mortes sous leur bibliothèque. Dans les films d'horreur où les objets domestiques s'animent et se mettent à tuer leurs propriétaires, tout y est passé : la machine à laver, le réfrigérateur de la mort, le lave vaisselle possédé par le diable, les voitures, les robots ménagers. Etrangement, les livres n'ont jamais eu cet honneur. Est-ce à dire que cette discussion, comme toutes les autres, n'a aucun intérêt ?



Obama : la bande dessinée

Posté par Mélanie le 03.12.08 à 17:15 | tags : news, bd, vo

La passion que suscite l'élection du premier président Noir Américain à la Maison Blanche atteint le monde de la BD française. Et c'est la petite maison d'édition Petit à petit qui arrive prem's dans cet exercice avec le premier tome d'une série entièrement consacrée à Barack Obama signée Efix et Nappez.

 

Ce premier album, intitulé Obama : L'espoir, feuilletable sur le site de l'éditeur, semble un peu bâclé, il faut bien l'avouer. Les auteurs reviennent sur le parcours d'Obama et le symbole qu'il incarne sur fond d'histoire des droits civiques.

 

Obama en BD, connaissant sa passion pour les comics, ça paraît logique. Et s'il inspire surtout les cartoonists politiques américains, des auteurs américains de BD lui ont déjà consacré des albums entiers. L'éditeur Atomic comics, pas fou, proposait déjà pendant la campagne un album "Obama" et un album "McCain". Et Blue water productions, qui a déjà publié une BD "Obama" va sortir une bio dessinée de son épouse Michelle, première first lady noire et forte personnalité.






Un nouveau roman de Paul Auster en janvier 2009

Posté par Céline le 03.12.08 à 16:45 | tags : news, édition, actes sud
La sortie en France du dernier roman de Paul Auster, prévue pour le 7 janvier, sera une belle façon d'inaugurer une nouvelle année... littéraire. Attendu par de nombreux fans, Seul dans le Noir (Actes Sud) renoue avec les thèmes de prédilection l'écrivain New Yorkais, comme la solitude, la quête identitaire et artistique, ou encore le processus de création romanesque.

 

Critique littéraire à la retraite, le héros August Bill est contraint à l'immobilité suite à un accident de voiture. La nuit, pour lutter contre ses angoisses, il se raconte l'histoire d'un monde parallèle, où ni le 11 septembre ni la guerre en Irak n'auraient eu lieu, mais où les Etats-Unis seraient, en revanche, en proie à une terrible guerre civile.

Fiction dans la fiction - c'est là l'une des spécialités d'Auster - le monde imaginaire d'August Bill conduit à interroger le rapport entre l'individu et l'Histoire, entre le temps réel et le temps de la fiction. Deux itinéraires se croisent alors dans le roman : celui d'une conscience américaine en plein désarroi, et celui, non moins tortueux, de l'invention romanesque.

 

Inutile de préciser que l'on attend beaucoup de Paul Auster, qui, depuis près de vingt ans, fait un carton mondial avec chacun de ses romans. Le mois de janvier sera d'ailleurs l'occasion de mettre à l'honneur cet écrivain majeur : parallèlement à Seul dans le noir sortira, le 9 janvier, le DVD de Paul Auster Confidential, un documentaire réalisé par Guy Seligmann et Gérard de Cortanze (Arte Editions). Celui-ci propose la seule interview accordée par Paul Auster à New York. Entre Brooklyn, Central Park ou le Shea Stadium, l'écrivain se confie sur sa vie - son enfance, le base-ball, ses voyages - et son œuvre, indissociable de celle-ci.

 

Lire la chronique de Seul dans le noir sur Fluctuat




Batman est-il vraiment mort ?

Posté par Mélanie le 03.12.08 à 16:43 | tags : news, comics, vo

La nouvelle tournait depuis un moment dans la communauté des fans de comics et de l'homme chauve-souris: le scénariste Grant Morrison a commis l'irréparable, Batman est mort. L'épisode #681 de son story-arc Batman R.I.P sorti chez DC Comics fin novembre montre bien Bruce Wayne tomber d'un hélicoptère et son corps ne jamais être retrouvé.

 

Après la mort de Superman en 1992 et de Captain America l'année dernière, c'est l'hécatombe chez les super-héros ? Pas forcément...

L'auteur lui-même le laissait entendre en interview il y a quelques mois: "c'est la fin de Batman en tant que Bruce Wayne mais je lui réserve un destin bien pire que la mort, des choses que personne ne soupçonnerait vont lui arriver." Alléchant...

 

Fin de la poule aux oeufs d'or ?

Car, en effet, il semble carrément inimaginable que DC Comics se débarrasse comme ça de son personnage le plus rentable. Avec le carton de la version ciné des aventures de Batman et l'arrivée massive de nouveaux fans néophytes vers le comic, le héros en cuir will survive, soyez rassurés. Après deux numéros flashback signés Neil Gaiman, qui a imaginé une espèce de remise à niveau batmanesque via les souvenirs du majordome de l'homme chauve-souris, Morrison sera de retour aux manettes pour orchestrer ce qui sera, sans nul doute, un spectaculaire comeback de son héros. A partir de là, toutes les conjectures sont possibles : résurrection de Bruce Wayne, reprise du flambeau (et du costume moulax) par Robin ? Réponse courant 2009...

En attendant, délectez-vous de la chute du héros dans Batman R.I.P qui sortira en version deluxe en février 2009 (en VO).




La liste "Books of the year 2008" du Times est arrivée

Posté par Mélanie le 03.12.08 à 16:38 | tags : edition, news

Comme le Beaujolais nouveau, le classement du supplément littéraire du Times revient chaque année. Et chaque année, on en parle sans parvenir à se décider sur sa qualité. Le "books of the year" ce sont douze journalistes-critiques du vénérable journal anglais qui ont l'extrême obligeance de choisir deux coups de coeur littéraires de l'année. Soit une liste de 24 titres... pas si séléctive, la liste du Times ?

 

En France, délais de traduction obligent, le classement du Times peut se révéler un bon indicateur de ce qui va nous arriver de bon d'outre-Manche et d'outre-Atlantique en 2009. Repérage...


The Black Minutes de Martin Solares (Les Minutes noires sortie prévue en France en février 2009 chez Christian Bourgois). Il s'agit du premier roman d'un jeune auteur mexicain mettant en scène le meurtre d'un journaliste dans une ville de taille moyenne du Mexique. Comme dans tout polar qui se respecte, l'enquêteur-héros chargé de l'affaire est embarqué dans un mystère plus sombre encore. Celui d'une série de meurtres non résolus de jeunes filles. Pour le Times, "c'est une fiction latino-américaine à son sommet de charnue fantasmagorie , un chef d'oeuvre littéraire déguisé en polar."

 

Le "grand satiriste de Londres", Martin Amis, a déjà ses fans en France et devrait bientôt revenir avec la traduction de The second plane. "Dans une ville faite de miroirs, des milliers de personnes marchèrent contre une terrible erreur de la police londonienne comme si c'était le principal drame de 2005 au lieu de se révolter contre les attentats eux-même." Politiquement incorrect, Amis ? Cest pour ça qu'on l'aime...

 

Encensé par le Times qui n'hésite pas à le comparer à Proust, nous avons hâte de découvrir Adam Mars-Jones avec Pilcrow, "l'un des romans les plus remarquables depuis quelques années (..) C'est intelligent, enjoué, fluide, spirituel; attachant."

 

L'argentin Alberto Manguel et son essai sur la littérature, The Library at Night (La Bibliothèque la Nuit) arrive en France en janvier dans la collection Babel d'Actes Sud. Il y poursuit sa réflexion sur l'univers du livre amorcée dans Une histoire de la lecture. Pour le journal, "un livre plein de souvenirs plaisants, plein de bonheur."

 

Enfin, espérons que le premier roman de Preeta Samarasan, Evening is the whole day, sera traduit en France, tant "l'écriture forte et pleine de potentiel" de cette jeune auteure d'origine malaysienne a séduit le Times.

 

 

 

 




Le livre solidaire, cadeau de Noël idéal

Posté par Mélanie le 02.12.08 à 15:50 | tags : news, édition

Quand on ne sait pas quoi offrir à Noël, à quoi pense-ton ? Au livre, bien sûr car il est valorisant autant pour l'offrant que pour le recevant : nous sommes tous deux de fins lettrés. Or une tendance se dessine en cette fin d'année faisant du livre solidaire LE cadeau parfait. Tout simplement parce qu'il présente un coefficient narcissisant (ou culpabilisant) bien supérieur au simple livre.

 

Un livre solidaire, c'est quoi ?

C'est un roman, reccueil de nouvelles, mémoires...bref un livre dont les bénéfices aux ventes et/ou les droits d'auteurs sont intégralement reversés à une association. Exemple: le livre annuel de photos de Reporters sans Frontières.


Pourquoi est-ce le cadeau idéal?

On a vu qu'acheter un livre pour l'offrir présente un bénéfice secondaire narcissisant, alors pourquoi le livre solidaire c'est encore mieux?

Parce que les personnes mesquines qui voient dans le livre offert le cadeau typique de la barre de fer (merci la loi Lang pour le prix unique du livre) vont culpabiliser de penser cela : l'offrant a en effet fait une bonne action en achetant ce livre et il associe le recevant dans ce geste de pure générosité !


Quels livres solidaires?

Véritable carton éditorial, les droits de Confessions d'une religieuse de Soeur Emmanuelle sont intégralement reversés à son association d'aide aux enfants défavorisés, Asmaé. Et il en est de même pour les autres livres de la défunte soeur qui figurent également dans le top des ventes depuis plusieurs semaines.

 

Dans le recueil de nouvelles Huit, 8 auteurs emblématiques du monde entier comme Zoé Valdés, Taslima Nasreen ou Alain Mabanckou reviennent sur les objectifs du millénaire pour le développement. Dans ce projet, auteurs, traducteurs et éditeurs reversent chacun la moitié de leur bénéfice.

 

Jean di Scullio qui édite un très beau livre, Don de vie, signé par 100 photographes prestigieux, reverse 4 euros sur chaque vente de ce titre vendu 29,90 euros et tiré à 3 000 exemplaires à l'association Greffe de vie qui milite pour le don d'organes. La vente aux enchères des 100 clichés originaux, estimés entre 150 et 500 euros pièce sera également reversée dans son intégralité à l'association.

 

Enfin, le marché du livre jeunesse, en plein expansion, se met également au solidaire avec le dernier ouvrage de J.K. Rowling, auteure millionnaire de la saga Harry Potter. Celle-ci a renoncé à ses droits sur Les contes de Beedle le barde au profit de l'association Children's High Level Group qu'elle a confondée.

 

Source: Livres Hebdo du 28 novembre 2008

Voir aussi les meilleures idées de cadeaux de Noël et notamment la sélection des cadeaux culture




Le Top 5 des mots les plus recherchés aux Etats-Unis

Posté par Mélanie le 02.12.08 à 12:40 | tags : société, numérique, news, short-list

Qui a dit que les américains n'avaient pas de vocabulaire? Si c'est le cas, nos amis de chez l'Oncle Sam se soignent et cherchent à maîtriser perfaitement les termes clés de l'actualité... Ainsi, le dictionnaire en ligne gratuit Merriam-Webster qui recense 125 millions de pages vues par mois et 10 consultations par seconde a rendu public son palmarès 2008 des mots les plus recherchés.

 

Top five des "mots que les Américains ont entendus et lus tous les jours en 2008 et dont ils ne sont pas sûrs de connaître l'exacte définition":


Number 1: "Bailout" (plan de sauvetage)

Terriblement d'actualité, ce terme se réfère bien sûr au contexte économique - les Etats-Unis sont officiellement entrés en récession hier - et au plan de 700 milliards de dollars proposé par le secrétaire au Trésor américain, Henry Paulson, destiné à sauver les banques de la faillite.

 

2: "(to) Vet" (vérifier)

Ce verbe qui signifie également "apporter des soins vétérinaires" se réfère ici au processus de vérification auquels sont soumis les candidats aux plus hautes responsabilités exécutives avant que leur nomination ne soit soumise au vote du Sénat. L'équipe du président élu Barack Obama a procédé récemment à la vérification de l'irréprochabilité morale de son prochain attorney general (ministre de la justice), Eric Holder. Une telle transparence démocratique dans le processus de nomination paraît très exotique pour nous, Français. Notre régime monarcho-présidentiel ne prenant pas la peine de vérifier les diplômes de sa Garde des Sceaux ou si le directeur de cabinet de sa Ministre au Logement n'occupe pas abusivement un logement HLM...

 

3: "Socialism" (socialisme)

Les américains se sont-ils passionnés pour la laborieuse désignation du Premier Secrétaire du Parti Socialiste français au congrès de Reims pour s'intéresser subitement à la définition de ce mot diabolisé depuis le maccarthysme? Of course not. Il semblerait qu'enfin, nos amis yankees cherchent à connaître la réelle définition de ce mot, utilisé à tort et à travers par les opposants au plan Paulson qui s'insurgeaient contre la nationalisation des banques menacées de faillite.

 

4: "Maverick" ( franc-tireur, éléctron libre)

Voilà un mot rigolo, difficilement traduisible en français. Son origine est liée au baron Samuel A. Maverick, pionnier texan du XIXe siècle qui avait la particularité de ne pas marquer ses moutons. Ce mot a été utilisé pendant toute la campagne présidentielle américaine pour définir le candidat républicain malheureux John McCain. Celui-ci s'est en effet distingué des néo-conservateurs dominant le parti républicain pendant toute sa carrière par des positionnements "centristes" (pro-choix par exemple). Ce qui était alors son plus grand défaut est devenu son argument clé pour se désolidariser de la politique execrée du président sortant, George Bush.

 

5: "Bipartisan" (bi-partisan)

Cet adjectif, en référence à la situation politique bipolaire des Etats-Unis, est utilisé pour désigner une commission ou un groupe de travail où Républicains et Démocrates sont équitablement répartis. C'était le cas de la commission chargée de valider le plan Paulson.

 

Dans un genre beaucoup plus léger, rappelons que le mot "cassoulet" a enregistré un pic d'interrogations sur Google et fait l'objet d'une création de fiche Wikipédia après que l'équipe du petit journal de Yann Barthès sur Canal+ ait brandi une pancarte "cassoulet" sur Times Square le soir de l'élection... >

 

Photo: Henry Paulson, secrétaire au Trésor U.S. Son plan de sauvetage des banques a véritablement été au centre des préoccupations sémantiques des Américains en 2008.

 




Michel Butor et ses livres objets : C'est celui qui le dit qui y est (18)

Posté par Myosotis le 02.12.08 à 10:43 | tags : elucubration, littérature en vidéo
 
 
Michel Butor est parfait : simple, sage (80 ans tout de même), rond et solide comme son discours. Depuis qu'il en a soupé du roman (La Modification aura été son coup de génie, Degrés son dernier coup de dés romanesque.... en 1960 !), Butor fait des livres d'artiste, de l'art pour des cochons (capitaliste, on l'imagine, vu les tirages limités de ses trucs). Comme il l'explique, ce n'est pas n'importe quoi, ni (tout le temps) une façon de jouer à l'avant-gardiste : Butor travaille sur la matière du livre, l'alliance de la forme, du format et du fond, depuis plus de quarante ans. Ses créations sont étonnantes et hautement signifiantes. Elles sont aussi droites que lui et jamais m'as-tu-vu.
 
Signe que Butor n'y connaît pas grand chose au business, il a sorti en janvier dernier (et pourquoi pas pour Noël, Michel !) une Petite histoire de la littérature française, qu'on ne peut que recommander, en 6 CD, 1 DVD, 1 livre-objet, le tout dans un joli coffret et à un prix qui paraît bien bas : 35 euros les 144 pages et des heures d'entretien sur la littérature française du Moyen-Age au XXème siècle. C'est au moins aussi bien et indispensable que la nouvelle édition du Lagarde et Michard qui sort ces jours-ci et qui mérite que l'on s'y attarde. Comme dirait mon ancien prof de français : Butor, je l'adore et c'est le plus fort. (Rires)  
 
 
Photo : Michel Butor invité de l'émission "Esprits libres" sur France 2 en mars 2008. © BATEL/SIPA



Daniela Lumbroso et Catherine Dolto : la guerre continue

Posté par Mélanie le 01.12.08 à 17:04 | tags : news, édition

Une guerre judiciaire féroce oppose Daniela Lumbroso à Catherine Dolto, à propos de la biographie que l'animatrice à consacré à la mère de celle-ci, Françoise Dolto. A coups d'insultes et de procès, ces deux-là fêtent indignement le centenaire de la pédo-psychanalyste préférée des Français.

 

Rappel des faits

 
L'ambitieuse Daniela Lumbroso, parvenue à se réinventer journaliste "sérieuse" après des débuts prometteurs de chanteuse dévêtue sous le pseudo de Coco Boer dans les années 80, squatte quelques temps l'animation des plateaux "culture" de France 2 avant de disparaître de nos écrans (heureusement pour nos tympans). Mais flairant le bon coup, la revoilà avec une biographie de Françoise Dolto intitulée Françoise Dolto : La vie d'une femme libre. En publiant son livre en 2007, soit un an avant le centenaire de celle qui a donné la parole aux enfants, Lumbroso grille ainsi sciemment la politesse à Gallimard , éditeur "historique" de Dolto qui prépare une bio "autorisée" par des spécialistes de la psychanalyste. Quand on vous dit qu'elle est maline, la Daniela.

 
L'héritière contre la "canaille très prétentieuse"
 
Or, la dite biographie provoque la fureur de la fille de Françoise Dolto qui dénonce un plagiat pur et simple et de grossières erreurs de recopiage de deux ouvrages de Dolto, Lettres de jeunesse : Correspondance, 1913-1938 et Une vie de correspondances 1938-1988. Catherine Dolto prépare alors avec Gallimard une plainte pour plagiat et envoie avant la sortie de l'objet du scandale un mail collectif à tout son réseau médiatique. Suppliant les journalistes de sa connaissance de ne pas médiatiser le livre de Lumbroso, la fille de Dolto dit dans ce mail son "dégoût" pour cette biographie non autorisée et qualifie son auteure de "médiocre présentatrice de télévision" et de "canaille très prétentieuse".
La bataille judiciaire entre les deux femmes s'engage et Lumbroso tire la première avec une plainte pour "injure non publique". Et le tribunal condamne l'injurieuse en septembre 2007 à verser à Lumbroso 1 500 euros, jugement confirmé aujourd'hui en appel.

 
Procès pour plagiat

Mais si Lumbroso a gagné une bataille, elle est très loin de gagner la guerre. Suite à une plainte déposée en juillet 2008 par Gallimard, Catherine Dolto et la psychanalyste Muriel Djéribi-Valentin, spécialiste de Dolto, le procès pour plagiat de l'ex-animatrice devrait débuter avant la fin de l'année. Pour avoir reproduit sans les citer plus de 130 passages provenant des écrits de la psychanalyste, Lumbroso pourrait voir son livre retiré des ventes et être condamnée à 65 000 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice économique et moral.



Que lisent les fans d'Obama en pleine déprime post-électorale ?

Posté par Céline le 01.12.08 à 15:57 | tags : news, édition, société
La déprime postélection est un mal dont on ne parle pas souvent. Pourtant, selon le Wall Street Journal, cette version politique du baby-blues touche depuis quelques semaines ceux qui, pendant la campagne électorale américaine, ont soutenu Barack Obama avec le plus de ferveur.

Après son élection le 4 novembre, le victorieux démocrate a, semble-t-il, laisser un vide douloureux auprès de ses plus insatiables fans. Moins de vidéos, moins de discours, moins d'anecdotes : les accrocs ont dû se trouver des produits de substitution, parmi lesquels... des livres. Alors, que trouve-t-on sur le chevet des Obamaniaques ?

D'abord, les livres que lit le nouveau président lui-même. Parfois qualifié de « nouvel Oprah », en référence à la très influente présentatrice Oprah Winfrey, Obama est devenu un gros prescripteur en matière de lecture. Le mois dernier, il n'avait eu qu'à mentionner deux ouvrages sur Franklin Roosevelt - The Defining Moment: F D R's Hundred Days and the Triumph of Hope de Jonathan Alter, et une biographie de Jean Edward Smith - pour que les éditeurs concernés espèrent voir grimper les ventes de ces deux titres.

Ensuite, les livres qui parlent du nouveau président, qu'ils soient signés de sa main ou non. En France, l'effet Obama agit aussi sur l'édition, de façon certes plus atténuée que dans le premier pays concerné, mais remarquable quand même : la version en poche de son autobiographie, Les Rêves de Mon Père (Points), occupe la 5e place dans les meilleures ventes de livres de poche (classement Ipsos/Livres Hebdo).

Son essai De la race en Amérique (tiré de son discours donné le 18 mars en réponse au pasteur Wright), paru chez Grasset, a quant à lui été tiré à 65 000 exemplaires et se trouve en 20e place des meilleures ventes d'essais. Il est suivi de près par Obama : Les secrets d'une victoire, paru chez Fayard (24e place). Selon l'éditrice Sophie de Closets, ce livre, signé Guillaume Debré, « ressemble à la saison sept de West Wing (A la Maison Blanche) », série pleine de rebondissements retraçant le quotidien d'un président démocrate. La déprime postélection, c'est par les livres qu'on la combat.

(Source : Livres Hebdo du 28 novembre 2008)






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