Archives > Octobre 2008Pasolini, par une nuit de ToussaintQue vous parliez ou pas italien, vous prendrez peut-être plaisir comme moi à regarder ces deux extraits vidéos. La presse italienne s'est fait l'écho ces derniers jours du retour de l'assassin présumé (condamné et emprisonné) de Pier Paolo Pasolini sur le site d'Ostie où il aurait perpétré (avec qui ?) cet horrible meurtre. Les faits ont eu lieu dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975, il y a tout juste 33 ans. Pasolini était supposément en maraude quand il fut attiré par un jeune homme ou quelqu'un d'autre (des men in black, des espions, des terroristes, des extraterrestres,...) près d'une plage, à Ostie, dans la proche banlieue balnéaire romaine. Pasolini a été roué de coups, frappé avec un bâton puis écrabouillé avec sa propre voiture. 0 Pino Pelosi, un jeune prostitué d'alors 17 ans, a été convaincu du meurtre et a avoué l'avoir commis seul, malgré quelques indices et contradictions laissant entendre qu'un tel carnage ne pouvait qu'avoir été fait à plusieurs. Il y a quelques jours Pino Pelosi, relâché, est revenu sur les lieux du crime et a déclaré que cela "faisait étrange". Il n'y a pas de vidéo (à ma connaissance) de ce passage mais simplement un enregistrement de sa voix qui étrangement n'a pas varié depuis 30 ans, comme si la prison l'avait conservé intact, jeune et insouciant comme les personnages de Pasolini, ces fameux Ragazzi qui hantent bon nombre de ses livres et films. Les visages qui apparaissent sur le premier film, celui de ses funérailles, alors qu'on entend en fond le discours d'Alberto Moravia, appartiennent au passé de l'Italie et, d'une certaine façon, de notre civilisation. Il faut les regarder de près pour les situer dans le temps. Pasolini avait comparé le capitalisme à une nouvelle forme de fascisme, démonté les ressorts de la Nouvelle Société en passe de balayer le mélange d'histoire antique, de sophistication et d'archaïsme qui caractérisait, selon lui, la civilisation européenne d'avant guerre, puis laissé filer sa vision de l'Italie, doublée, l'homme et le poète, par l'évolution des moeurs, la criminalisation des faubourgs, la vitesse des temps présents. Beaucoup virent dans sa mort à la fois un symptôme de son débordement mais aussi la confirmation de ses prédictions. Le 1er novembre 1975, une certaine idée de la culture et de l'engagement politique se faisait rouler dessus par une automobile, à plusieurs reprises, en avant et en arrière, laissant des traces de crâne et de sang épongées par le sable. Quelques années auparavant, Pasolini avait analysé dans un film une autre mort célèbre, amoureusement presque, comme s'il chantait l'enterrement d'une "naïve originelle". La mort chez lui avait des allures d'horreur romantique et naturelle. Les deux adjectifs entrent en contradiction et définissent une approche assez judicieuse, me semble-t-il, de l'événément (qu'il s'agisse de notre mort ou de celle d'un autre) : un mélange de surprise, d'émerveillement, de catastrophe et de... récompense pour notre existence. Les jours de Toussaint, sans religiosité et sans manquer au devoir de mémoire pour mes propres morts (j'achète mes pomponettes sur Internet et les fais livrer par Interflora), il me plaît à penser à la mort de Pasolini comme à la mort des morts. Celle-ci, celles-ci, sont plus douces prononcées en italien. Marc Bressant reçoit le Grand Prix de l'Académie française La saison des prix littéraires est lancée. C'est le Grand Prix de l'Académie Française qui ouvre la valse (des lauréats), en couronnant Marc Bressant pour La Dernière Conférence, publié aux éditions de Fallois. Le roman a obtenu la majorité absolue au deuxième tour de scrutin, et l'a ainsi emporté face à L'Excuse de Julie Wolkenstein. Dans cet ouvrage, l'écrivain décrit dans le monde clos de la dernière conférence internationale avant la chute du mur de Berlin, à travers le journal de Tromelin, chef de la délégation française. Avec un regard d'ethnologue, celui-ci témoigne et raconte : les conflits d'intérêts entre ses collègues des deux blocs, le "ghetto qu'est une conférence diplomatique". Auteur de six récits et romans, Marc Bressant - Patrick Imhaus de son vrai nom - avait reçu en 1993 le prix Jean Giono pour L'anniversaire. Il est lui-même diplomate de profession, et partage le reste de son temps entre l'écriture et la télévision : il a notamment dirigé TV5-Monde de 1990 à 1995. La seconde vie du livre après destruction massive![]() Chaque année, au moment de la rentrée, on parle beaucoup des 700 ouvrages qui arrivent sur le circuit. On parle beaucoup moins de ce que deviendront ces ouvrages, qui, tirés à 10 000, 50 000 ou 100 000 exemplaires ne seront bien évidemment pas tous vendus. On sait tous plus ou moins ce qu'il en advient : au pilon ! Dans un article publié dans le Nouvel Observateur aujourd'hui, Pierre Jourde, qui travaille avec le réalisateur Bruno Deniel-Laurent sur un essai cinématographique sur le pilon, explique ainsi « comment les livres deviennent des boîtes à pizza ». Parti en repérage dans les locaux de la société Interseroh, à Vigneux-sur-Seine, l'écrivain a assisté à un étrange spectacle de destruction sous haute surveillance, d'autant plus absurde qu'il est parfois orchestré par les éditeurs eux-mêmes. « Il n'est pas rare qu'un éditeur prenne dès le départ le parti de faire imprimer des milliers de livres pour les pilonner. Car leur rôle consistera à impressionner, à donner le sentiment de l'importance de l'oeuvre. Il faut se montrer, faire masse dans les Fnac, écraser la concurrence par le poids. L'entassement de 100.000 livres sert à en faire acheter 50.000. Les 50.000 autres seront broyés. » La France pilonne chaque année près de 100 millions d'ouvrages, soit un cinquième des volumes fabriqués. Et ces tonnes de papier (100 euros la tonne) trouve des acheteurs : Pierre Jourde évoque ainsi les multiples réincarnations du livre : « des cartons à chaussures, des cahiers, des emballages, du papier journal », de quoi donner étrangement du sens à la notion de palimpseste. La conclusion de l'écrivain sera lucide et critique à l'égard d'un système de surproduction, de surenchère par le nombre et le nom unanimement adopté par les éditeurs : « table rase de tout ce bavardage, du silence, enfin, d'où l'on puisse refonder la parole. Et l'on saurait presque gré au pilon de nous débarrasser des livres inutiles et des tirages excessifs. »
Source : Bibliobs Tout un Bordel pour BasquiatOn avait déjà parlé ici de la revue littéraire Bordel, éditée par Stéphane Million, et qui a pour vocation de permettre « à des non édités de se faire connaître en publiant avec des écrivains reconnus ». Celle-ci a poursuivi son bout de chemin, et le n°9, consacré au peintre Jean-Michel Basquiat, paraît ce mois d'octobre, et proposent de nouveau les textes de jeunes auteurs français : Roxane Duru, Sylvie Bourgeois, Barbara Israel ou Thomas Lélu. La singularité de ce numéro, c'est qu'il s'ouvre sur un texte de Johnny Depp - spécialiste de Basquiat - traduit par Virginie Despentes. L'illustration tient aussi une place importance dans cette édition, avec des collages d'Erwan Denis et une couverture dessinée par le créateur Jean-Charles de Castelbajac, qui a déjà collaboré à la revue. Sarkozy va encore se faire piquer Le tribunal de grande instance de Paris a finalement rendu sa décision et elle ne va pas plaire à Nicolas Sarkozy. L'action en référé pour violation de son droit à l'image du président a été officiellement déboutée par le tribunal qui s'est opposé au retrait de la vente du manuel et de sa poupée vaudou à l'effigie de Nicolas Sarkozy. Dans ses attendus, le tribunal considère que la poupée, commercialisée depuis trois semaines par la maison d"édition K&B et la société Tear Prod, "ne constitue ni une atteinte à la dignité humaine, ni une attaque personnelle". Elle "s'inscrit dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour" a-t-il ajouté. Cette décision de justice est une grande première pour Nicolas Sarkozy, peu habitué à être débouté depuis son élection. Son avocat a fait savoir qu'il n'était pas sûr que le chef d'Etat fasse appel de cette décision, comprenant peut-être un peu tard qu'une procédure judiciaire revient à offrir de la publicité gratuite au livre incriminé. Ségolène Royal, également honorée d'une poupée à son effigie, est allée de son petit commentaire ironique sur Europe 1. "J'ai le sens de l'humour moi, je ne porte pas plainte contre ma poupée vaudou", a-t-elle lancé. "Si Nicolas Sarkozy porte plainte contre une poupée qui le caricature, bientôt il portera plainte contre le Canard enchaîné, contre Marianne, contre les Guignols de l'Info", a-t-elle affirmé.
MAJ 30/10 : suite à la décision rendue par la justice, Nicolas Sarkozy fait appel, réclamant "la cessation de la diffusion de la poupée vaudou et le retrait immédiat du Manuel de tous les points de vente", une amende et le remboursement de ses frais d'avocat. Lancé le 9 octobre à 20 000 exemplaires, le manuel vaudou Nicolas Sarkozy est resté ces derniers jours en tête des ventes sur Fnac.com et Amazon.fr, et déjà épuisé depuis le 28 octobre.
Source: AFP Philippe Val et Backchich deviennent-ils fous?
Philippe Val a l'outrecuidance de titrer son nouvel ouvrage Reviens, Voltaire, Ils Sont Devenus Fous. Rappellons qu'il est le directeur de publication du célèbre journal satirique, Charlie Hebdo, dont il a délésté son caricaturiste-star, Siné, en raison d'une chronique de mauvais goût et, surtout, mal-pensante. Celle-ci rebondissait sur l'annonce du mariage de Jean Sarkozy et de Jessica Sebbaoun, héritière de l'empire éléctroménager Darty, laissant entendre que le fils Sarko envisageait de se convertir au judaïsme par pur arrivisme. Outre le fait que le texte relayait une fausse information - celle d'une éventuelle conversion démentie par le principal concerné - il plaçait Siné en situation de récidive dans l'humour franchement borderline. Val, défenseur de la liberté d'expression, de la laïcité et pourfendeur des obscurantismes - souvenons-nous de l'affaire des caricatures de Mahommet - a alors saisi l'occasion de se débarrasser de Siné, coupable d'antisémitisme avéré. Le propos n'est pas ici de défendre l'attaque politique du clan Sarkozy sur ce terrain glissant et, somme toute, nauséabond de son ascendance juive et d'une quelconque connivence avec la communauté. Il y a effectivement quelques relents antisémites dans les discours d'extrême-gauche sous pretexte de défendre la cause palestinienne (cf. Dieudonné) et Siné s'était lui aussi laissé aller à quelques éructations glaçantes, dont il s'est par la suite excusé. Mais Charlie Hebdo, qui se vante d'être "un hebdomadaire indépendant, polémique, satyrique, politique et social illustré tous les mercredis par les meilleurs dessinateurs de presse" et qui, soit dit-en-passant, représente cette semaine en couverture soeur Emmanuelle en petite culotte, ne peut décemment pas rompre avec cet héritage libertaire et un peu dégueulasse sur les bords qui a fait la gloire d'Hara Kiri et du professeur Choron après mai 68. Il s'agit de rappeler que si l'antisémitisme est un délit puni par la loi, la diffamation et l'insulte le sont tout autant et qu'il est bien triste de voir nos journaux satiriques perdre leur temps- et le nôtre- dans des gueguerres procédurières, à coups de chantage à l'antisémitisme, fléau s'il en est, trop sérieux pour être ainsi galvaudé. Aussi, si la rédaction du site Backchich.info a toutes les raisons d'être scandalisée d'être ainsi comparée à l'immonde Je suis partout, ne devraient-ils pas, ces journaux qui se vantent de leur "mauvais esprit" et de leur humour hyper-développés, revenir aux fondamentaux et à ce qui devraient être leurs armes de défense de prédilection : la satire et la parodie?
Source: Backchich.info Google va proposer des millions d'ouvrages en ligne Le conflit sur les droits d'auteur qui opposait le géant américain de l'internet Google, l'association des éditeurs américains (AAP) et le syndicat des auteurs (Authors Guild) s'est conclu par un accord à l'amiable de 125 millions de dollars.Google, dont le projet est de scanner des millions de livres pour les rendres consultables sur internet, s'est engagé à prendre à sa charge les frais de justice du procès engagé par les éditeurs et auteurs depuis 2005. L'accord, qui doit encore être entériné par la justice, prévoit également que Google financera un "répertoire" des droits d'auteur, donnant un "moyen efficace aux détenteurs de droits d'auteur de contrôler l'accès en ligne à leur propriété" et qui "leur permet d'être rémunérés pour l'accès en ligne à leurs oeuvres", annonce le communiqué commun de Google, de la Authors Guild et de l'association des éditeurs. "Les détenteurs de droits d'auteur américains peuvent enregistrer leurs ouvrages sur le répertoire des droits d'auteur et percevoir des droits par le biais d'abonnements, de ventes de livres, de revenus publicitaires et d'autres moyens possibles, ainsi qu'une rémunération en liquide si leurs oeuvres ont déjà été numérisées", est-il précisé dans le communiqué. Il s'agit d'une victoire importante en faveur d'un libre accès aux livres numérisés respectant vraiment les droits d'auteur , et qui pourrait encourager la négociation d'autres accords en dehors des Etats-Unis.
Source: AFP L'affaire Saviano vue par un spécialiste des mafias
Pour le juriste, l'incroyable succès de Gomorra, le livre-enquête de Saviano sur la mafia napolitaine l'expose à des représailles tandis que la lumière médiatique le protège. Les menaces de mort prononcées contre Saviano (Cf. billet du 14/10) et l'extraordinaire mobilisation en soutien à Saviano (Cf. billet du 21/10) marquent un véritable tournant dans l'histoire de la mafia. La pieuvre peut réellement être menacée par la survie de Saviano, devenu symbole de celui qui osé la défier. Mais l'attention médiatique est volage et sans elle, Saviano risque sa vie.
Les ados lisent toujours des livres
La lecture en grand format continue d'avoir les faveurs des lecteurs. Après Harry Potter, d'autres séries anglosaxonnes ont pris le relais comme les Uglies de Scott Westerfield ou la série des Chevaliers d'Emeraude d'Anne Robillard. L'orientation reste très science-fiction et fantastique. Le format poche pâtit évidemment de cette bonne santé des grands formats (privilégiés par les éditeurs car plus chers) mais se maintient grâce à un certain dynamisme du fonds ancien (17% du total des ventes poche) et à quelques locomotives (Roald Dahl, les collections bibliothèques verte et rose). D'une façon générale, et commercialement parlant, les séries fonctionnent mieux que les livres "solitaires" ou one shot. Selon les auteurs de l'étude, et en conclusion, "le marché du livre reste bien orienté, malgré la fin de la saga Harry Potter. Ce marché bénéficie de plusieurs moteurs de croissance externes comme les adaptations de plus en plus systématiques au cinéma des principales séries de lecture anglosaxonnes et les licences qui assurent un renouvellement des héros pour les plus jeunes. Enfin, la prescription scolaire assure des volumes conséquents aux éditeurs. Cette relative bonne santé attire la convoitise d'éditeurs de littérature. Michel Lafon et XO investissent aussi le champ de la fantasy jeunesse". Le marché du livre résiste à la crise
Aussi la bonne santé du marché de livre paraît-elle miraculeuse au regard de la sinistrose ambiante et de la faible coissance du commerce tous produits confondus réduite à 0,8% sur l'année 2008. Déjà en juillet, tandis que l'INSEE enregistrait une baisse record de l'indice de confiance des ménages (-48), les ventes de livres progressaient de 3,5% par rapport à juillet 2007, pourtant boostées par l'éléction présidentielle. Si la production de livres accusait, au mois d'août, une baisse de 3% (en nombres de titres), l'accent se concentrait sur l'économie-crise oblige - qui enregistrait une hausse de 63% par rapport à août 2007. Autre secteur apparemment très porteur, le psy, dont le nombre de titres a explosé de 167%, idem pour l'histoire de l'Europe avec une hausse de 120%. L'édition semble, en revanche, s'être désinteressée du sport (-55%) et de la fiction jeunesse (-30%). Ce sont les grandes surfaces dites "culturelles" qui ont tiré leur épingle du jeu en septembre, avec une hausse de 3,5 % de présence sur les ventes. La vente à distance (web et clubs) poursuit sa progression exponentielle avec une croissance de 25% tandis que les librairies de premier niveau et les hypermarchés restant stables. Le principal facteur d'explication de cette bonne santé est la modération des prix. Grâce à la loi Lang de prix unique du livre, les prix n'ont augmenté que de 0,3% en 2007 par rapport à une inflation générale estimée à 2,6% par l'indice des prix de l'INSEE. Ainsi, malgré la crise, l'invasion de la culture de l'image, les Français lisent toujours des livres: en voilà une bonne nouvelle!
Source: Livres Hebdo La honte du lecteur face au livre non-lu : la confession d'ignorance
Lorsqu'on est lecteur, même compulsif, même boulimique, il faut avoir à l'esprit que les livres seront TOUJOURS plus nombreux que nous, accepter que nous ne pourrons pas les lire tous et que la somme des livres à lire est supérieure aux nombres de jours dans la vie d'un homme. En bénéficiant de 70 années de lecture et en lisant un livre par jour, ce qui est beaucoup, un être humain peut espérer au maximum lire 25 550 livres, ce qui est une misère ramené à la production d'un pays. Rien qu'en France, en 2007, les statistiques officielles affichent 60 000 livres publiés. Si l'on considère que 0,5% de ces livres sont bons (ce qui fait une statistique raisonnable et pas trop absurde), cela vous fait rien qu'en France 300 bons livres à lire dans l'année. Sachant que ce chiffre est répété dans au moins une centaine de pays (disons que vous vous limitiez à 6), cela vous ferait tous genres confondus près de 1800 livres à vous farcir dans l'année, à considérer que vous sachiez du premier coup lesquels lire et ne pas vous égarer en lisant n'importe quoi.
A considérer que vous lisiez 1 bon livre pour 3 mauvais, ce qui, là encore, est un ratio plutôt exceptionnel, il vous faudrait avoir lu 4 x 1800 livres soit 7 200 livres par an pour épuiser le stock des bons livres publiés depuis les années 1990 (date à laquelle les chiffres de publication ont explosé), soit 20 livres par jour pour espérer juste rester au niveau. Il vous resterait alors à augmenter votre moyenne pour reprendre les bons livres du passé, lesquels peuvent se compter comme les termes d'une suite depuis, au choix, l'invention de l'écriture ou celle de l'imprimerie. Dans les deux cas, la reprise du passé rend la chose compliquée pour vous. On voit bien que c'est impossible. La meilleure solution reste finalement (Bayard suggère de se définir par les livres qu'on ne lit pas plutôt que par ceux qu'on lit - il ne faut pas exagérer) d'avouer qu'on a pas lu des chefs d'oeuvres ou des livres à lire et de l'afficher en place publique (de le dire officiellement lors d'un repas de cultureux, de l'afficher sur son blog, de le poster en commentaire, de le dire devant un Comité Populaire Maoiste de Lecture,...) au lieu de faire semblant ou de feindre d'avoir oublié qu'on ne connaissait rien à tel ou tel. Cela fait mal au coeur mais c'est un exercice expiatoire tout à fait intéressant, que j'entame ci-dessous pour montrer l'exemple. Parmi les livres que je n'ai pas lus donc :
1. Harry Potter. Aucun livre de la série : il vaut mieux commencer par un livre pas trop honteux. Cela permet de se donner confiance. Pas lu Harry Potter, passe encore. Jamais eu envie, jamais eu le déclic.
2. Marcel Proust, A la recherche du temps perdu. J'en suis toujours à la page 30 (le livre démarre à la 19 dans mon édition à cause de la préface) de Du Côté de chez Swann. Je n'y arrive pas.
3. La Guerre de la fin du monde de Mario Vargas Llosa. Un ami m'a prêté ce livre il y a 12 ans et je ne l'ai quasiment jamais ouvert, pas plus que je ne lui ai rendu. J'ai toujours eu du mal avec la littérature sud-américaine et me suis même traîné pendant des mois sur Nostromo, qui n'est même pas d'un Sud-Am mais de Conrad, c'est dire. La Guerre de la fin du Monde est typiquement un bouquin fait pour moi (on me l'a conseillé plus de 10 fois) mais je n'ai jamais pu me résigner à dépasser la page 5.
4. Je n'ai jamais lu un livre de David Lodge. J'ai longtemps hésité avec le dernier, La Vie en sourdine, mais j'ai abandonné. Tant qu'à ne pas connaître un auteur, autant ne pas le connaître à fond. Les livres de David Lodge m'ont été recommandés par des dizaines de camarades et mon amie en possède 3 ou 4 qui trônent face à moi toute la journée sur l'étagère. Il m'est arrivé d'en prendre un dans les mains, de le tourner, de lire la 4ème de couverture, mais, à chaque fois, j'ai ressenti une force surnaturelle qui me commandait de le reposer et de ne surtout pas le lire. Pour masquer mon blocage, j'ai décidé depuis longtemps de dire que je préférais Kingsley Amis à David Lodge, même s'ils ont assez peu de points communs finalement. Comme personne n'a lu Kingsley Amis en France, ou presque, cela passe bien, selon ce qu'expose Bayard. David Lodge, donc, inconnu au bataillon.
5. De Victor Hugo, je n'ai lu que Les Misérables (les 3 tomes, un été chiant dans l'Aveyron) et Les Contemplations, rien d'autre. Je n'ai jamais lu Notre Dame de Paris (j'ai vu le film avec Anthony Quinn et celui avec Patrick Timsit, par contre) par exemple. Je n'ai pas lu Hernani que j'ai du citer comme tout le monde 3000 fois dans mes dissertations de lycée. Etrangement tout le monde se fout que vous ayez lu Hugo ou pas (c'est un auteur passé de mode, complètement) mais je ne sais pas pourquoi sa non-lecture m'a toujours foutu un complexe énorme, comme si n'ayant pas lu Hugo, je n'avais jamais lu de littérature française, quelque chose de cet ordre. Sans doute y en a-t-il des milliers d'autres mais je ne les vois pas comme des lacunes criardes ou des sujets de honte. Quel sujet détestable finalement ! Bourgeois par excellence et précieux au possible. "Mais qu'est-ce qu'on en a à fiche des livres qu'il a pas lus ? - Parle déjà de ceux que t'as lus mieux que tu ne le fais et ça ira bien." Honte bue.
Photo : Julius Deutschbauer - auteur d'une exposition La Bibliothèque des Livres non Lus. Après la poupée vaudou Sarkozy, le "cahier de jeux Nicolas et Carla"![]() Avec tous ces éditeurs qui s'amusent de son image, Nicolas Sarkozy ne va bientôt plus savoir où donner de la tête. Les manuels et poupées Vaudou à son effigie, diffusés par les éditions K&B, ça ne lui avait déjà pas plu, au point qu'il en réclame le retrait devant la justice (la décision sera rendue mercredi). Peu de chance pour que le Cahier de jeux Nicolas et Carla, que s'apprêtent à publier les éditions Pascal Petiot, le mette de meilleur humeur. Composé de jeux « drôles et ludiques », ce livret de 80 pages sera mis en vente dans les librairies à partir du 6 novembre pour la somme de 8,5 euros. Les différents jeux qui y sont proposés (genre sudokus, rébus, points à relier, les 7 différences, etc.), feront (naturellement) référence au chef de l'Etat et à son épouse Carla Bruni, et seront illustrés, selon l'éditeur, avec "un humour caustique et une ironie sympathique" qui devrait permettre de "s'amuser des péripéties de notre couple présidentiel". "Ils ont l'air de beaucoup s'amuser dans leur vraie vie alors pourquoi ne pas vous donner la possibilité de s'amuser avec eux ?" argumente le site de Pascal Petiot Editions. Cécilia, ex-épouse du président, fera également l'objet de certains des jeux, élaborés par l'humoriste Pascal Argence et illustrés par Sabine Nourrit. Manuel et poupée vaudous, cahier de jeux, des objets qui font plutôt sourire. Il ne fait pas de doute que l'image de Nicolas Sarkozy doit faire vendre. Il ne fait pas de doute non plus que le personnage en question, entre sa vie privée et ses incartades publiques, se prête trop bien à toutes les caricatures.
Rien à voir avec notre histoire, mais Albert Cossery décrivait, dans La violence et la dérision, une société dans laquelle la dérision est devenue la dernière arme du peuple. Ainsi artistes, va-nu-pieds ou professeur y décident-ils, d'un commun accord, de ne plus manquer une occasion de ridiculiser leur tyran : "Le gouverneur appartenait à cette catégorie de personnages publics qui laissent pantois les caricaturistes les plus chevronnés. Ceux-ci n'avaient plus rien à faire ; leur imagination se trouvait débordée par le travail déjà accompli par la nature."
MAJ 29/10 : Nicolas Sarkozy débouté dans l'affaire des poupées vaudou Le tribunal de grande instance de Paris a finalement rendu sa décision sur le sort des poupées vaudou à l'effigie du chef de l'Etat, en faveur de l'éditeur K&B ! Les trois juges ont signalé que "cette représentation non autorisée de l'image de M. Sarkozy ne constitue ni une atteinte à la dignité humaine, ni une attaque personnelle, et s'inscrit donc dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour". Lancé le 9 octobre à 20 000 exemplaires, la poupée vaudou - déjà en rupture de stock - peut donc rester dans le commerce en toute légalité. Peu habitué à être débouté depuis son élection (se souvenir de l'affaire du SMS ou de celle de la pub Ryan Air), Nicolas Sarkozy ne l'entend pas de cette oreille, et décide de faire appel, réclamant toujours "la cessation de la diffusion de la poupée vaudou et le retrait immédiat du Manuel de tous les points de vente", une amende et le remboursement de ses frais d'avocat. On ne dira donc pas que l'affaire est close. Prix Virilo : un prix à moustache en réaction au Fémina![]() Enfin un peu d'humour et de légèreté dans les prix littéraires. Le dernier-né, le prix Virilo accomplit la performance de prendre le contre-pied du Fémina avec une certaine classe. Créé et présidé par Philippe Butigieg et quelques-uns de ses potes d'HEC, ce qui ressemble fortement à une vaste plaisanterie a le mérite d'apporter au moins un peu de dérision dans l'univers parfois si écrasant de sérieux des prix littéraires. La profession de foi du Prix Virilo procclame son ambition de "rétablir l'équilibre, le continuum espace temps, en apportant l'autre vital au Femina. Alors seulement la littérature cessera d'être pied-bot. Son boitillement stérile, qui prête à rire car les enfants sont cruels, laissera place à une marche victorieuse sur le chemin de la transcendance." Rien que ça! Car, "hélas, si les femmes ont enfin une voix littéraire, les hommes abiment leur jugement dans des jurys sans envergure, car mixtes".
Les membres du jury s'engage donc à porter une moustache pour distribuer trois récompenses le 3 novembre prochain, à 11h30, au Café de l'ambassade, rue Boissy d'Anglas, à Paris. Il s'agit d'abord du prix Virilo qui récompense le coup de coeur littéraire de l'année. Sont nommés: L'inévitable Où on va papa? de Jean-Louis Fournier Emile l'africain de Emile Brami Courir de Jean Echenoz Vue sur la mère de Julien Almendros Un Chasseur de Lions d'Olivier Rolin Polichinelle de Pierric Bailly
Le Jury remettra aussi Ze Virolo Prize, "mauvais jeu de mot en franglais (very low prize), récompense le coup de coeur non francophone". Sont en lice: Le week-end de Bernhard Schlink Chaos calme de Sandro Veronesi S'agapo de Renzo Biasion La ville intemporelle ou Le vampire de Barcelone de Francisco Gonzales Ledesma
Enfin, le prix le plus intéressant et le moins convenu, en terme de séléction, le Prix Trop Virilo qui entend récompenser "le livre témoignant de la plus vivace poussée de testostérone" sera remis à l'une des oeuvres suivantes : ![]() Enculée de Pierre Bisiou La marge molle de Johann Trümmel Trois hommes seuls de Christian Oster Testo junkie de Beatriz Preciado Source: Bibliobs sur Facebook: groupe "Je soutiens le prix Virilo" Doc Gynéco "choqué" par le livre de son ex Christine Angot
L'auteur-compositeur, célèbre pour la finesse et l'élégance de sa plume (Ma salope à moi, String my belle...), s'était déjà épanché en septembre dernier dans le magazine Elle. Il confiait la gêne ressentie à la lecture du Marché des Amants. "J'ai eu l'impression d'ouvrir une porte et de me voir faire l'amour! Je ne m'attendais pas à une description aussi... impudique" confiait-il au journaliste. En critique avisé et homme de lettres, il reconnaissait alors au Marché des Amants des qualités littéraires certaines: "Il est bien écrit, même s'il y a quelques mots que je ne comprends pas."
Source: Bibliobs William McGonagall, le pire poète de Grande Bretagne
Tisserand à Dundee en Ecosse, McGonagall a eu une révélation à l'âge de quarante-sept ans : il était un poète et pas seulement ça, il était l'un des tout meilleurs. Il entreprit donc d'écrire sur tous les sujets qui lui importait : la reine, les faits divers, les ponts, les autres poètes... Il les lisait souvent dans la rue, ou bien il pénétrait dans les taverne pour donner une lecture impromptue de ses oeuvres moralisatrices sur les méfaits de l'alcool. Ces dernières étaient les favorites de tous ceux qui en étaient venu à apprécier les nombreuses occasions de jeter de la nourriture sur le poète indifférent à l'accueil du public. Sa métrique bancale, son mauvais emploi des métaphores et son vocabulaire limité lui ont permis très vite de se distinguer comme l'un des meilleurs poètes de sa génération... dans la catégorie "mauvaise poésie". A cette même époque pourtant, en France, on se mettait aux vers libres, aux versets et on se libérait des vieilles règles de la poésie qu'on a toutes oubliées aujourd'hui (on a même pratiquement oubliée la poésie, à vrai dire). Comment donc ont vieillit ces poèmes naïfs ? Je vous laisse en juger avec cet extrait de son plus célèbre poème, "The Tay Bridge Disaster", soigneusement (mal) traduit par mes soins :
Beautiful Railway Bridge of the Silv’ry Tay! ‘Twas about seven o’clock at night,
Beau pont ferroviaire de Tay l'argentée ! Hélas! Je suis désolé d'annoncer Que quatre-vingt dix vies ont été emportées En 1879, au dernier Sabbat de l'an Dont on se souviendra pour un très long temps
Il était sept heure, la nuit, Et le vent soufflait autant qu'il le puis, Et la pluie vint se déverser, Et les nuages noirs semblèrent se fâcher, Et le démon de l'air parut crier "Je vais souffler le pont de Tay"
McGonnagal, pas comme le pont, ne s'est jamais démonté : il avait écrit une ode à la gloire du pont du temps où il tenait, il en écrit une autre pour le nouveau qu'on bâtit par la suite. Entendre Baudelaire et Keats parler ? C'est possible...Vous aviez déjà eu envie d'entendre Baudelaire, Emily Dickinson ou John Keats dire de la poésie en vrai ? Nous non, mais visiblement les types responsables de ces animations incroyablement.... hideuses, avaient placé très haut dans la liste de leurs fantasmes cette idée d'animer les grands poètes disparus. Le résultat est évidemment à la hauteur de l'idée originale. Oui, John Keats donne son poème comme si vous y étiez : imaginez vous à Rome au XIXème siècle, Piazza Navona (Keats habitait là à la fin de sa vie, on peut visiter sa maison, voir son lit de mort, son pot de chambre, ses lettres, cela vaut le déplacement), Keats est là, près de vous, maladif et déprimé, et comme toujours, envisage le pire. Et le pire, ce n'est pas la guerre, pour une fois, non, le pire c'est évidemment la mort qui prend trop jeune et vous entraîne de l'autre côté du miroir. Keats est là, respire en 3D et vous lance comme cela la bouche en coin et le visage comme métamorphé au botox du futur ces quelques vers magiques qu'on vous redonne ici en quasi intégralité. Le sommet de la poésie romantique, le sommet du sommet de la beauté faite vers et, il faut l'avouer (sus au chauvinisme) un cran au dessus du Balcon de Baudelaire. Hérésie. On ne va pas mettre en balance ici Keats et Baudelaire qui n'ont à peu près rien à voir ensemble, si ce n'est qu'ils respiraient tous les deux le bonheur et souffraient visiblement, terriblement d'une déformation congénitale et réellement handicapante des lèvres inférieures et supérieures. Parions que s'ils avaient pu voir ces animations, les deux géants auraient trépassé dans l'heure ou composé des vers autrement plus déprimants et sombres que les leurs. When I have fears that I may cease to be........ When I have fears that I may cease to be Before my pen has glean'd my teeming brain, Before high piled books, in charactry, Hold like rich garners the full-ripen'd grain; When I behold, upon the night's starr'd face, Huge cloudy symbols of a high romance, And think that I may never live to trace Their shadows, with the magic hand of chance; And when I feel, fair creature of an hour! That I shall never look upon thee more, Never have relish in the faery power Of unrelenting love:--then on the shore Of the wide world I stand alone, and think Till Love and Fame to nothingness do sink. Jeff Noon dans les libraires : Alice au pays des pixels
Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, Fluctuat vous promet chronique et compte-rendu de lecture sous peu... stay tuned !
Le site de La Volte Angoulême 2009 : le programme et la sélection officielleCe matin en conférence de presse au centre Pompidou à été annoncé le programme du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême. Côté organisation, on nous assure que financièrement tout va bien, grâce à la FNAC, la SNCF, la Caisse d'Epargne etc... Mais le retrait du soutien du ministère de la culture va forcément se faire sentir à un niveau ou à un autre. Sur le papier cependant, le programme est vraiment alléchant, peut-être un peu plus que d'habitude : il y a l'obligatoire expo des présidents Philippe Dupuy et Charles Berbérian , des concerts dessinés avec les équipes musiciens/dessinateurs Arthur H / Christophe Blain, Rodolphe Burger / Dupuy & Berbérian et Arno / De Moor & Nix, et pour les spécialistes la perspective des expos consacrées aux manwhas alternatifs, à Winshluss de Feraille et à Shigeru Mizuki ; enfin la présence de Joe Daly, Daniel Clowes, Chris Ware ou Posy Simmonds sont suffisantes pour nous vendre le festival. La sélection officielle est fidèle à elle-même : un peu de tout, de tous les éditeurs surtout, ce qui ne contentera peut-être personne mais ne fachera probablement pas non plus.
American Elf de James Kochalka The Autobiography Of A Mitroll, Mum Is Dead, tome 1 de Bouzard Les Bidochon, Tome 19 : Internautes de Binet BigFoot, Troisième Balade - créatures de Nicolas Dumontheuil adapté de Richard Brautigan Bons, mauvais, grands et petits joueurs de Anne Rouquette Bottomless Belly Button de Dash Shaw Cité 14 Saison 1 de Gabus et Reutimann De Gaulle à la plage de Ferri Esthétique et filatures de Tanxxx et Lisa Mandel Ferme 54 de Galit et Gilad Seliktar Filles Perdues d’Alan Moore et Melinda Gebbie La force des humbles de Irata Le goût du chlore de Bastien Vivès Le goût du paradis de Nine Antico Les Gouttes de Dieu, tome 1 de Tadashi Agi et Shu Okimoto La Guerre d'Alan, tome 3 de Emmanuel Guibert Gus, tome 3 de Christophe Harding Was Here, tome 1 de Midam et Adam L’Héritage du colonel de Varela et Trillo La Jeune Fille et le nègre de Judith Vanistendael Jonathan, Elle, tome 14 de Cosey Le Livre des destins, La Métamorphose, tome 2 de Le Tendre et Biancarelli Lock Groove Comix n°1 de Jean-Christophe Menu Loin d'Etre Parfait d'Adrian Tomine Long John Silver, Neptune, tome 2 de Dorison & Lauffray Lucien, Tome 9 : Toujours la banane de Frank Margerin Lulu femme nue, premier livre de Étienne Davodeau Le Marquis d’Anaon, La chambre de Kheops, tome 5 de Bonhomme & Vehlmann Martha Jane Cannary, tome 1 de Blanchin et Perrissin Marzi (1984-1987) : la Pologne vue par les yeux d’une enfant de Savoia et Sowa Mattéo de Jean-Pierre Gibrat Max Fridman, tome 5 de Vittorio Giardino Mon Frère nocturne de Joanna Hellgren Mon gras et moi de Gally Nage libre de Sébastien Chrisostome No comment de Yvan Brun Oncle Gabby de Tony Millionaire Pauvres zhéros de Baru, Pierre Pelot Le Petit Christian, tome 2 de Blutch Pinocchio de Winshluss Pluie du paradis de Yu lu Le Roi des mouches, L’Origine du monde, tome 2 de Mezzo et Pirus Salade de fluits, tome 2 de Mathieu Sapin Séquelles de Hugues Micol Shutter Island de Christian De Metter, Dennis Lehane Spirou et Fantasio, Le Journal d’un ingénu de Émile Bravo Tamara Drewe de Posy Simmonds Tout seul de Christophe Chabouté Trésor de Lucie Durbiano Le Tricheur de Ruppert et Mulot Undercurrent de Toyoda Ushijima, tome 3 de Manabe Le Voleur de Visages de Junji Ito Wanted de Mark Millar, Malcolm Jones et Mounts
Dernière sélection du Prix Décembre 2008 Le jury du prix Décembre, qui sera remis le 12 novembre prochain, a dévoilé ses finalistes. Il s'agit de :
Mathias Enard pour Zone chez Actes Sud Tristan Garcia pour La Meilleure Part des Hommes chez Gallimard Denis Podalydès pour Voix off chez Mercure de France
Mathias Enard concourre également pour le prix France Télévisions, et Tristan Garcia, qui figure parmi les favoris de cette saison de prix littéraires, est en lice pour le Médicis et le Flore.
Voir nos entretiens avec Mathias Enard et avec Tristan Garcia 10 livres qu'il ne faut pas lire avant de mourir![]() Notre société est pressée. Combien de livres, de films, de chansons, d'articles, de pub, pour nous rappeler qu'il faut en profiter un max avant d'y passer ? Qu'il y a des choses à ne pas rater ? Le topique de la liste de choses à faire absolument au cours de sa vie revient régulièrement - particulièrement pendant la période des fêtes de fin d'année - vous rappeler que non, vous n'aurez pas le temps, mais qu'il faudrait le trouver quand même... Richard Wilson, un producteur d'émissions télévisées, inverse la tendance en publiant Can't be arsed : 101 Things Not to Do Before You Die, que l'on pourrait traduire par "Soyez Flemmard : 101 choses à ne pas faire avant votre mort". Titre éloquent (à prendre au second degré bien entendu).
Voici l'exemple d'une liste extraite de l'ouvrage, publiée dans le Times, qui conseille dix romans à ne pas lire, car profondément chiants(!). Chaque titre est suivi d'arguments désinvoltes, plutôt très insolents (qui prêtent souvent à sourire) contre des auteurs officiellement considérés comme des piliers de la littérature mondiale . En voici des extraits (traduction libre).
10. Ulysse de James Joyce
9. Le Seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien
8. Pour qui sonne le glas d'Ernest Hemingway
7. À la Recherche du Temps Perdu de Marcel Proust
6. L'Homme-Dé de Luke Reinhart 5. Las Vegas Parano de Hunter S. Thompson 3. Guerre et paix de Léon Tolstoï ("Way, way too long.") 1. Orgueil et préjugés de Jane Austen
1. La Révolte d'Atlas d'Ayn Rand 2. Le Guépard de Giuseppe tomaso di Lampedusa 3. Le Château de Franz Kafka 4. Catch 22 de Joseph Heller 5. L'Attrape coeurs de J. D. Salinger "Probablement l'un des livres les plus surmédiatisés de l'histoire de la littérature", a écrit un lecteur.
Taken From Can't Be Arsed: 101 Things Not to Do Before You Die, Richard Wilson (Portico Books, £9.99). Illustrations © Jack Noel.
Source : Timesonline
Le manuel et la poupée vaudou Sarko retirés des ventes ?
Ces manuels humoristiques sur le parcours du président, tirés à 12 000 exemplaires, s'accompagnent de douze aiguilles à piquer sur la poupée à l'effigie de Sarkozy. Le corps de la poupée est bardé de références aux "heures de gloire" du président comme "170%" rappelant la veritigineuse augmentation de salaire qu'il s'est auto accordée en début de mandat ou encore le fameux "casse-toi pauv'con" du salon de l'agriculture. Un manuel similaire à l'effigie de Ségolène Royal comporte lui les mentions "vive le Québéc libre" et "justice chinoise". L'ex-candidate PS à la présidentielle, elle aussi peu avare en matière de poursuites judiciaires, ne s'est pourtant pas publiquement émue d'être ainsi représentée. Assignée en référé, la maison d'édition comparaîtra devant le tribunal de grande instance de Paris le vendredi 24 à 15h. La juge aux référés, Isabelle Nicolle décidera si oui ou non ce manuel constitue une violation du droit à l'image du chef de l'Etat et si, le cas échéant, celle-ci mérite un retrait total du commerce de l'oeuvre incriminée. Les éditions K&B ont fait savoir leur indignation et juge "totalement disproportionnée" la demande de retrait "compte tenu de l'aspect ludique et humoristique du Manuel". La maison d'édition fondée en 2001 par le directeur artistique Jean-François Kowalski et la journaliste Caroline Bee peut d'ores et déjà se réjouir de l'immense coup de pub que leur offre Nicolas Sarkozy pour un objet en passe d'être collector. Le manuel vaudou Sarkozy figure actuellement en tête des ventes sur Amazon.fr, celui de Ségolène Royal occupe la cinquième place. Pour commander votre Sarko vaudou avant liquidation judiciaire: K&B
Source: AFP
Botho Strauss : Manifeste contre le monde secondaire"En quelques semaines, nous avons vu des empires s'écrouler, et du jour au lendemain nous avons vu des gens, des lieux, des opinions, des doctrines, abandonnés, transformés, rejetés. L'imprévisible s'était acquis son droit et ouvrait une brèche dans la trame apparemment impénétrable des programmes et des prévisions, des habitudes prises et des conséquences logiques. L'événement enseignait à tous que l'Histoire, tout comme la Nature, se plaît particulièrement à faire des sauts. Bien que, dans cette circonstance, nulle particule ne fût plus employée que le préfixe "re", il s'agissait moins que tout de restauration ou de retour. Ce qui se produisait tenait bien plutôt de cette force de surgissement que dans les sciences biologiques l'on qualifie par l'expression d'"émergence" : quelque chose de nouveau, quelque chose qu'on ne pouvait déduire à ce jour de l'expérience, se manifestait soudain et modifiat la "totalité du système", en l'occurrence : le monde. La révolution qui s'opérait, ou, plus précisément, cette masse émergente de multiples formes de destruction, pression et résistance, devait avoir dès le début la valeur d'une marche vers l'ordre établi en Occident, et sa dynamique va s'épuiser dans la régulation de synchronisations et le besoin de compensation. Mais, dans la conscience de nombre des personnes concernées, l'autome dernier vint rompre l'illusion et mettre un terme par d'amères perspectives à un long sommeil, plus ou moins pénible, de Belle au bois dormant. L'ultime vengeance du régime totalitaire déchu, c'était aussi un bas les masques otal, la révélation négative d'une sotériologie terrestre manquée : tout faux depuis le commencement ! "
Un mot peut-être ce sotiérologie qui désigne l'étude du salut, la délivrance d'un état ou d'une condition non désirée. A ce mot près, cette introduction du Le Soulèvement contre le monde secondaire est un texte parfait. Cela tombe bien car c'est cette page qui démarre le petit ouvrage de reprise des essais de Botho Strauss, le dramaturge de l'incommunicabilité allemand, sur lequel je suis tombé par hasard. Strauss est un monument du théâtre allemand et européen. Il a un peu plus de 60 ans et a livré des pièces incroyablement... déprimantes traitant (pour faire bref) de la solitude humaine. Berlin est sa scène préférée et vous pouvez toujours aller chercher du côté de la Trilogie du Revoir, pour savoir de quoi il retourne. Ses essais, et le premier notamment paru pour la première fois en 1990, soit quelques mois après la chute du mur de Berlin, sont tout bonnement remarquables, d'une précision littéraire et d'une clarté intellectuelle impressionnantes. Le premier est sous-titré "observations pour une esthétique de la présence" et c'est exactement ce dont parle Strauss : les rapports entre le réel et le sacré, entre l'art et le réel, entre la vision de l'homme, sa conception du monde, et l'aspiration au salut. Sa thèse est, si l'on s'amuse à dire ça simplement, que partout où il y a une expérience du sens, il y a présence de l'irrationnel et donc manifestation (sous une forme ou une autre) du sacré. Ce qui intéresse Strauss, c'est ce qu'il appelle l'indémontrable, le coeur de la fiction, comme production spirituelle et témoignage d'une absence de réalité, manifestation désordonnée ou rationnelle d'un ordre caché. On voit mieux ce que cette gestion paradoxale peut amener à l'analyse de l'Histoire et spécifiquement depuis la position dont parle Strauss : cette Allemagne qui après avoir été l'Allemagne de 1933 est devenue l'Allemagne de 1945 puis, enfin, celle de 1989.
La théorie de Strauss permet de tenir à distance l'enthousiasme, tout en ne se coupant pas de son énergie, elle permet à sa façon de neutraliser une conception qui verrait la rupture en moteur du changement, les ères séparées les unes des autres. Strauss relativise l'événement non pas en tant que tel mais en tant qu'il s'inscrit dans une manifestation continue et contigue presque du changement. Sans le savoir, il défend une sorte d'approche systémique de l'Histoire qui lui rend une fluidité presque totale. Sans qu'on puisse épuiser toute la richesse de ses thèses, cette série d'essais est très stimulante pour la pensée, en plus d'être un plaisir pour la lecture. Strauss n'est pas un grand dramaturge pour rien. Ainsi, on trouve aussi cette phrase un peu plus loin qui sonne merveilleusement : "la modernité ne se terminera pas sur ses pentes douces du post-moderne, elle s'achèvera par le choc culturel, choc qui ne frappera pas les sauvages mais les oublieux, rendus à leur désert." Convaincus ? Botho Strauss - Le Soulèvement contre le monde secondaire - Edition de l'Arche - 92 pages (1996) Les plus grands écrivains anglo-saxons du 20e siècle réunis sur deux cds Scott Fitzgerald récitant Othello, Tennessee Williams dénigrant publiquement les critiques, Raymond Chandler conversant, complètement ivre, avec Ian Fleming... Faute d'avoir assisté à tous moments inoubliables, il est désormais possibles de les écouter sur cds ! La British Library (Bibliothèque Nationale du Royaume-Uni) fait paraître pour la première fois de rares enregistrements d'auteurs anglo-saxons, issus de son fonds d'archives sonores.Une véritable « mine d'or littéraire », qui réunit sur deux cds 30 écrivains britanniques et 27 américains, parmi lesquels Virginia Woolf ou Conan Doyle, dont ce sont là les uniques enregistrements conservés.
« La raison pour laquelle les gens adorent écouter ces cds, constate Richard Fairman, du service des Archives sonores, c'est que nous lisons ces auteurs et que nous les connaissons à travers la lecture de leurs œuvres. Mais lorsque nous les entendons parler c'est comme les rencontrer en personne. Ce n'est pas tout à fait aussi bien que de les voir s'approcher de vous, mais ce n'est pas mal ». On s'imaginera alors en présence de Nabokov, qui au cours d'une interview répond aux questions avec le style d'un mauvais acteur récitant ses vers ; de Tennessee Williams qui, avec sa chaleureuse voix traînante, avoue dans une émission initialement diffusée sur la BBC que beaucoup de gens ont profité de lui : « je suis une personne extrêmement malléable. Quasiment n'importe qui peut me retourner entre ses mains. Et j'ai été manipulé par tellement de mains que je me sens comme un "bretzel multiple" ». L'une des pistes les plus troublantes semble être celle où l'on entend un entretien avec le dramaturge Joe Orton, realisé une semaine avant qu'il fut poignardé par son amant Kenneth Halliwell. Ces deux cds proposent les derniers des « enregistrements historiques » en possession de la British Library. Fairman explique qu'il reste de nombreux vides à combler dans les archives sonores de la bibliothèque, et lance un appel à quiconque détiendrait par exemple un enregistrement de DH Lawrence, John Galworthy ou George Orwell...
The Spoken Word : British Writers and American Writers, £19.95 chaque volume
Source : The Guardian, 22 octobre 2008 Touche pas à mon Prophète![]() Les fondamentalistes islamiques ne relâchent pas la pression qu'ils exercent à l'encontre des écrivains qui osent évoquer Mahommet ou le Coran, à l'instar de Salman Rushdie, victime d'une fatwa pour ses Les Versets sataniques, il y a plus de vingt ans. Un poète jordanien a été accusé d'insulte à l'islam pour avoir introduit des versets du Coran dans un recueil de poésies publié en juin sans l'approbation des autorités. La loi jordanienne interdisant la publication d'écrits qui pourraient être perçus offensants pour l'islam, Islam Samhan risque jusqu'à trois ans de prison et une amende pouvant s'élever à 20.000 dinars (environ 28.000 dollars). Cet évènement suit de près l'affaire du La joyau de Médine de la journaliste américaine Sherry Jones dont l'éditeur, Gibson Square, a été attaqué pour en empêcher la parution. Ce roman historique sur Aïcha, la dernière épouse du Prophète, n'est finalement pas encore sorti au Royaume-Uni, le domicile londonien de son éditeur, Martin Rynja, ayant été incendié au cocktail Molotov , fin septembre . Mêmes tensions aux Etats-Unis. Fin août, l'éditeur américain Random House renonçait in extremis et «par mesure de sécurité» à sortir le Joyau de Médine, suivant l’avis d’une universitaire américaine spécialiste de l’Islam qui recommandait de «ne pas jouer avec une histoire sacrée et en faire de la soft pornographie.» «Quiconque lira le livre verra qu’il ne fait qu’honorer le prophète et son épouse favorite, avait répondu l’auteur. J’ai délibérément et consciemment écrit de façon respectueuse sur l’Islam et sur Mahomet. Estimer qu’il pourra provoquer des réactions violentes de certains musulmans est absurde.» ajoutait-elle. Salman Rushdie avait alors dénoncé dans le Guardian une «censure par la peur»: «le fait que l'un des plus grands éditeurs du monde refuse de publier un livre à cause d'avertissements témoigne de l'état de la liberté d'expression aux Etats-Unis». C'est finalement la maison d'édtition Beaufort Books qui a publié le roman, sous protection renforcée du FBI et à une date avancée pour court-circuiter d'éventuelles attaques. Le roman devrait également paraître au Brésil, en Italie, en Allemagne, en Russie et en Espagne. Reste à savoir si un éditeur français se risquerait à publier le Joyau de Médine qui s'annonce être un best-seller.
Les joies du crédit avec Kurt Vonnegut Jr : C'est celui qui le dit qui y est (16)En ces temps de crise, l'avis d'un écrivain culte n'est pas forcément superflu pour soutenir l'économie. Kurt Vonnegut Jr vous le dit donc : il faut consommer, à crédit de préférence, et en utilisant une carte de crédit à réserve illimitée, c'est mieux. Claquez votre fric, achetez des biens de consommation, des disques, des livres, n'importe quoi, de l'électro-ménager, des strings, des pins, et.... des livres de Kurt Vonnegut Jr qui, quoi qu'on en dise, seront des investissements pour le futur. Il y a quelque chose de bizarre, alors qu'on aurait pu tout simplement choisir un extrait d'une de ses nombreuses lectures ou interviews, à choisir l'une des seules publicités tournées par ce pape de la SF expérimentale underground. Kurt Vonnegut Jr est mort à il y a 18 mois à peu près, des suites d'une chute (et de quelques traumas cérébraux) à 84 ans et quelques. "Au pays", Kurt Vonnegut Jr est devenu, depuis sa mort, plus célèbre et précieux que jamais. Ses héritiers ont démarré il y a quelques mois la publication de ses écrits posthumes, dont une première série de nouvelles intitulée Armageddon in Retrospect, qui parle, comme souvent chez lui, de la guerre et de ses conséquences. Avant d'être un joyeux écrivain déconnant, libertaire et iconoclaste, Kurt Vonnegut Jr a été avant tout un témoin privilégié de la Seconde Guerre Mondiale. En décembre 1944, il fut capturé, isolé, avec 5 autres compagnons d'armes par les nazis et emprisonné à Dresde où il assista, trois mois plus tard, au plus grand massacre de civils par les alliés de toute la seconde guerre (devant Hiroshima). Kurt Vonnegut ne doit son salut alors qu'au fameux Abattoir 5, The Slaughterhouse 5, un hangar fortifié, abattoir récupéré par la Wehrmacht et transformé à la fois en camp de prisonniers et en lieu de crémation pour les corps des victimes des nazis et des alliés. Vonnegut et ses amis d'infortune étaient chargés de brûler les cadavres, lesquels, dans une de ses images les plus horribles, étaient devenus assez vite si nombreux qu'il fallait les terminer au lance-flammes. Une certaine idée de l'Amérique De retour aux Etats-Unis, il tenta de suivre des études de lettres mais sa thèse, sur les rapports entre les peintres cubistes et les révolutionnaires native americans du XIXème siècle fut rejetée, avant que son premier roman Cat's cradle (Le Berceau du chat), à la fin des années 60, ne lui ouvre finalement les portes de l'Université. Kurt Vonnegut Jr connut alors une carrière assez étrange : peu valorisé par ses pairs même si son récit SF de l'épisode Dresdois (Abattoir 5, justement), sorti en 1969, fut reconnu ensuite comme un chef d'oeuvre, Vonnegut devint assez vite une sorte de légende underground, la personification d'une "certaine idée" de l'Amérique et des Américains, plus commenté et chéri que véritablement lu.Ses livres sont truffés de sexe, d'extraterrestres et de développements sur la destinée, l'irrationnalité des hommes. Dans Abattoir 5, Vonnegut reprend presque mot pour mot, sa situation de février 1945, au milieu des bombes et des morts. Son héros Billy Pilgrim est un soldat qui se retrouve évidemment à Dresde à l'époque du grand bombardement mais qui se fait opportunément abducter par les habitants de la planète Tralfamadore, lesquels l'exposent dans un zoo à côté d'autres célébrités. Billy revient ensuite sur Terre mais se fait assassiner en 1976, par l'ami d'un ami dans le cadre d'une vengeance absurde. Abattoir 5 est un roman exceptionnellement drôle, compte tenu des circonstances, et une excellente illustration de la maestria de Kurt Vonnegut Jr, qui, à son meilleur, est vraisemblablement le meilleur écrivain de série Z du XXème siècle, un maître capable de mêler l'Histoire, la philosophie politique, les voyages dans le temps et des tas d'autres choses, sans qu'on s'aperçoive de quoi que ce soit. Cette publicité pour une carte bancaire est son meilleur rôle au cinéma et un bel exemple des contradictions de son personnage et de son Amérique. Prix Fémina : le dernier choix de ces dames![]() Le jury du Fémina a allégé sa sélection, et décide de garder en lice six titres français tous d'éditeurs différents. Le prix sera remis le 3 novembre, après celui de l'Académie française.
Romans français Jean-Louis Fournier, Où on va, papa ? (Stock) Dominique Mainard, Pour vous (Joelle Losfeld) Olivier Poivre d'Arvor, Le voyage du fils (Grasset) Anne Serre, Un chapeau léopard (Mercure de France) Maylis de Kerangal, Corniche Kennedy, Verticales Martin Provost, Léger, humain, pardonnable, Le Seuil
Romans étrangers Vladimir Pistalo, Millénaire à Belgrade (Phébus) Sasa Stanisic, Le Soldat et le Gramophone (Stock) Dubravka Ugresic, Le ministère de la douleur (Albin Michel) Sandro Veronesi, Chaos calme (Grasset)
Essais Hélé Béji, Nous, décolonisés, Arléa François Jonquet, Daniel, Sabine Wespieser Denis Podalydès, Voix off, Mercure de France Jacques Julliard, L’argent, Dieu et le diable, Flammarion Alain Vircondelet, Séraphine, de la peinture à la folie, Albin Michel William Gibson invité d'honneur aux Utopiales de Nantes !
William Gibson lui, en profitera pour rallonger son séjour et faire un tour à Paris afin de dédicacer ces livres. Cette rencontre-dédicace unique se tiendra à la librairie Atout Livre le lundi 27 octobre à 19h30. Rappelons que l'américain qui présentait cette année Code Source, un thriller sociologique abordant avec humour les peurs de ce début de millénaire, nous a fait l'honneur d'une interview exclusive il y a quelques mois. Cette visite est l'occasion de le découvrir ou de le redécouvrir.
Voir le site des Utopiales Prix Médicis : la nouvelle sélectionLe jury du Médicis a publié sa nouvelle et dernière sélection avant la remise du prix qui aura lieu le 5 novembre.
Domaine français Mathieu Belezi, C'était notre terre (Albin Michel) Tristan Garcia, La Meilleure Part des Hommes (Gallimard) Carole Hachache, La plage de Trouville (Stock) Jean-Marie Blas de Roblès, Là ou les tigres sont chez eux (Zulma) Catherine Lepront, Disparition d'un chien (Le Seuil) Patrice Pluyette, La Traversée du Mozambique par temps calme (Le Seuil) Jean-Paul Enthoven, Ce que nous avons eu de meilleur (Grasset) Olivier Rolin, Un Chasseur de Lions (Le Seuil)
Domaine étranger Ian McEwan, Sur la Plage de Chesil (Gallimard) Bernardo Carvalho, Le Soleil Se Couche à São Paulo (Métailié) Sandro Veronesi, Chaos calme (Grasset) Thomas Pynchon, Contre-Jour (Le Seuil) Don deLillo, L'homme qui tombe (Actes Sud) Charles Lewinsky, Melnitz (Grasset) Peter Ackroyd, La chute de Troie (Philippe Rey) Alain-Claude Sulzer, Un garçon parfait(Jacqueline Chambon) Richard Ford, L'Etat des lieux (L'Olivier) Denis Johnson, Arbre de fumée (Christian Bourgois) Mobilisation massive pour Saviano La pétition publiée lundi en une de la Repubblica à l'initiative de six prix Nobel dont l'écrivain turc Orhan Pamuk, Mikhaïl Gorbatchev et Desmond Tutu a recueilli plus de 125 000 signatures. Les Nobel y appellent à la "responsabilité" de l'Etat italien dans l'affaire Roberto Saviano, jugeant "intolérable" que l'auteur du livre antimafia Gomorra soit menacé de mort "en Europe et en 2008". (Cf. billet du 14/10). Selon eux,"L'Etat doit faire tous les efforts possibles pour le protéger et vaincre la camorra. Mais le cas Saviano n'est pas seulement une affaire de police. C'est un problème de démocratie. La liberté de Saviano nous concerne tous, comme citoyens"Mobilisation internationale du monde littéraire L'appel a également été signé par l'écrivain allemand Günter Grass, le dramaturge italien Dario Fo et la sénatrice à vie Rita Levi Montalcini (Nobel de médecine). Auxquels se sont joints le Portugais José Saramago, les Britanniques Martin Amis, Ian McEwan, les Américains Jonathan Franzen, Jonathan Safran Foer ou l'Espagnol Javier Marias. Le chef du Parti démocrate (PD) Walter Veltroni- politiquement affaibli depuis sa cuisante défaite aux législatives d'avril 2008 qui a signifié le retour aux affaires de Silvio Berlusconi- a également souscrit à cet appel.
Pour signer la pétition: La Repubblica
Source: AFP La première biographie officielle de Garcia Marquez publiée à Londres
Gabriel Garcia Marquez, a life, a été rédigé par Gerald Martin, critique littéraire et enseignant de lettres à l'Université de Pittsburgh (Etats-Unis), à la suite d'entretiens réguliers avec l'écrivain colombien. Martin a également rencontré pour les besoins du livre des proches de l'écrivain : sa mère, son épouse, ses enfants, des dirigeants politiques comme Fidel Castro, avec lequel Garcia Marquez entretient une amitié de longue date, Felipe Gonzales, ex-chef du gouvernement espagnol, plusieurs présidents colombiens, ou encore des écrivains comme Alvaro Mutis, Carlos Fuentes, Mario Vargas Llosa. Bloomsbury présente cet ouvrage comme une biographie exhaustive de Garcia Marquez, Prix Nobel de littérature en 1982, aujourd'hui âgé de 81 ans, et dont la vie, toujours selon l'éditeur, oscille entre « la célébrité et le talent littéraire, entre la politique et l'écriture, entre le pouvoir, la solitude et l'amour ».
Yasmina Khadra : victime d'un complot des institutions littéraires ? En cette période de prix littéraires, quelques écrivains et beaucoup d'éditeurs se rongent les ongles. Auront-ils cette fois la chance de voir leurs œuvres consacrées, leurs noms circuler, leurs ventes tripler ? Tandis que le suspense plane pour certains auteurs, d'autres n'auront pas même vu leur nom figurer sur l'une des nombreuses listes. D'autres, comme Yasmina Khadra, qui dans un entretien publié hier dans Le Parisien, s'indigne de que son dernier roman, Ce Que le Jour Doit a la Nuit, ait été écarté d'office par les jurys : « Disqualifié! Toutes les institutions littéraires se sont liguées contre moi. Ca n'a pas de sens ces aberrations parisianistes! »L'ouvrage de Khadra est l'un des romans français qui s'est le mieux vendu ces deux derniers mois. L'œuvre de l'écrivain algérien est traduite dans de nombreuses langues, et lui a valu de nombreuses distinctions, en France et à l'étranger. Mais en cette rentrée, pas de mention spéciale. « Les gens pensent que ça a été facile pour moi de devenir écrivain. Ils n'ont rien vu de mon parcours. J'ai été soldat à l'âge de 9 ans », rappelle Yasmina Khadra, ancien militaire algérien qui écrit sous un pseudonyme féminin. L'ensemble de ces déclarations, si elles ne portent pas de quoi appeler au scandale, font déjà le tour des journaux. Et si tous les écrivains en colère, laissés-pour compte des jurys littéraires, s'y mettaient aussi ? L'automne pourrait désormais devenir le moment de couvrir l'actualité des prix, mais aussi celle des non-prix. Prix Interallié 2008 : deuxième sélectionLe jury de l'Interallié a rendu sa deuxième sélection : sur onze titres, cinq ont été retenus. Si Jean-Paul Enthoven et Michel Le Bris apparaissent comme des favoris, on relève aussi la présence d'une femme, dans ce très masculin milieu des prix littéraires... Le Prix Interallié sera remis le 18 novembre prochain.
Serge Bramly, Le premier principe, le second principe (Lattès)
Shakespeare est-il le meilleur dramaturge de tous les temps ?
En jeu, pas grand chose : une théma, la retransmission exclusive de quelques pièces sur la chaîne franco-allemande et un titre honorifique. L'originalité, c'est que des centaines de milliers d'européens ont été amenés à voter sur le net et à choisir depuis des dizaines de pays, quel auteur représentait selon eux le mieux la culture théâtrale européenne. Le palmarès est dénué de surprises et met en avant les grands noms du théâtre académique. On s'étonnera juste de trouver Sartre aussi bien placé. On vous laisse repérer les absents. Evidemment c'est le barde de Stratford Upon Avon qui l'emporte à l'aise devant Schiller dont je suis à peu près persuadé que pas un européen ne connaît le théâtre. Pour ceux qui n'auraient pas révisé leurs classiques depuis longtemps, faut-il rappeler que Schiller a écrit Les Brigands, Don Carlos, La Fiancée de Messine ou Guillaume Tell ? Oui ? Non ? Sophocle sauve l'honneur pour l'Antiquité, Brecht et Goethe assoient la domination allemande sur le palmarès et Molière se prend une place sur le podium. Comme c'est intéressant.... Mais est-on seulement sûr que notre auteur favori a existé ? C'est une autre histoire....
Le résultat des votes : 1. William Shakespeare Affaire Kundera: la défense riposte
Un procès verbal de police datant de 1950 prouverait que Kundera aurait dénoncé Miroslav Dvoracek, un jeune déserteur de l'armée tchèque passé à l'Ouest. La déposition indiquerait que l'écrivain, alors étudiant à Prague, aurait rapporté à la police avoir su par Miroslav Dlask que sa petite amie Iva Militika s'apprêtait à rencontrer l'espion (cf. billet du 14/10). Pour sa défense, l'écrivain a vigoureusement affirmé : « Je n'ai jamais vu cet homme, je ne le connais pas du tout. Ce n'est pas vrai, le seul mystère que je ne peux pas expliquer est la façon dont mon nom s'est retrouvé là. » Il conteste par ailleurs l'authenticité du document. Ligne de défense renforcée, mercredi, par le témoignage d'un historien de la littérature tchèque, Zdenek Pesat. L'historien, très âgé et malade, se souvient avoir recueilli les confidences de Miroslav Dlask, en 1950. Le petit ami d'Iva Militka lui avait alors déclaré être allé à la police dénoncer Dvoracek. « Sans doute pour éviter à son amie d'être punie pour avoir fréquenté un émigrant voire un agent provocateur », analyse Pesat. Une thèse renforcée par l'ancien président tchèque et artisan de la "Révolution de velours" de 1989, Vaclav Havel. Celui-ci écrit ses doutes quant à la véracité de l'évènement "qui n'a pas pu avoir lieu de manière aussi stupide", selon lui, dans les colonnes de l'hebdomadaire Respekt qui avait publié le fameux rapport de police. L'ancien homme d'Etat va même jusqu'à exhorter les historiens à éviter tout anachronisme moral. "Même si Kundera est vraiment allé à la police pour annoncer qu'il y avait un espion quelque part, ce qui n'a pas eu lieu à mon avis, il faut essayer - au moins essayer - de le voir dans le contexte de l'époque (...) à l'époque, beaucoup de dénonciations étaient motivées par la peur et il n'était pas nécessaire d'être un communiste zélé ou fanatique pour faire de telles choses", écrit-il. En France, pays d'adoption de l'écrivain tchèque, c'est l'auteure Yasmina Reza qui prend la plume dans le Monde du 18 octobre pour défendre Kundera. Elle dénonce notamment "l'inconséquente traînée de poudre médiatique, l'ambiguïté de certains titres, l'affreux conditionnel ("aurait dénoncé"...), plus sournois et accusateur qu'une affirmation, ce qui a lieu c'est l'introduction du doute, la salissure, l'ombre subite portée sur une vie et une oeuvre d'exception." Elle rejoint ainsi François Taillandier qui, dans l'Humanité du 16 octobre, addresse sa solidarité à Kundera et villipende le " petit thésard névrosé qui trouve son malpropre plaisir à renifler, dans je ne sais quel vieux commissariat pourri, des paperasses dont on ne voudrait pas pour se torcher. (Et) tous ceux qui brandissent la sale trouvaille parce qu'ils vous détestent."
Affaire à suivre, donc... Prix littéraires et menue monnaie
La réponse est indéniablement oui. D'abord, par le traitement médiatique systématique des remises de prix, ensuite par leur dotation financière, non imposable et plus ou moins généreuse. En France, les prix les plus prestigieux se glorifient de leur radinerie. Ainsi les prix Renaudot et Interallié sont purement honorifiques, le Goncourt attribue au lauréat un chèque de dix euros symboliques (autant s'abstenir) et le Médicis, 686 €. Cependant, d'autres distinctions sont plus généreuses. Le prix de Flore est doté de 6 100 €, le prix Wepler-Fondation la Poste de 10 000 € . Enfin, la richissime Académie française a les moyens de remettre chaque année 70 prix dont le grand prix du roman (7 500 €) ou le grand prix de la francophonie (22 500 €). A l'étranger, la question de l'argent -comme celle de la nomination des jurys ou des critères de séléction du lauréat- est clairement plus transparente. La dotation des principaux prix commencent à 5 000 € (prix Pulitzer aux Etats-Unis, Strega en Italie ou Victor Rossel en Belgique). Au Japon, le lauréat du prix Akukagawa reçoit 7 370 € et une montre tandis qu'aux Etats-unis, celui du National Book Award reçoit 10 000 € et une sculpture en cristal. Enfin, les prix littéraires nationaux les plus fournis sont allemand ( prix Büchner, 40 000 €), anglais (Man Booker prize, 64 519 €) et espagnol (prix Cervantes, 90 000 €) . Mais le véritable jackpot pour un écrivain, tant en matière de prestige que de liquidités, est résolument le prix Nobel de littérature qui s'élève, tenez-vous bien, à 1,1 millions d'euros! Si les économistes prédisent une "année noire" pour 2009, la petite entreprise de Jean-Marie le Clézio ne devrait pas, elle, connaître la crise. Octobre 2008 : Un mois complètement Ballardien![]() Décidemment, ce mois d'octobre 2008 est placé sous le signe de l'écrivain démiurge J.G. Ballard, avec la parution quasi-simultanée de deux romans et du premier tome des recueils raisonnés des nouvelles de l'auteur entamée par les éditions Tristram. Déjà à l'origine de la redécouverte des écrits les plus expérimentaux du maître avec la réédition de La Foire aux atrocités en 2003, puis de Millénaire mode d'emploi en 2006 - un autre recueil, mais de textes divers et de réflexion sur notre modernité cette fois, l'éditeur aventureux réunit ces Nouvelles Complètes. Trois volumes de 700 pages chacun sont prévus à ce jour, le premier paraissant ce mois. Volume auquel vient s'ajouter la réédition de l'excellent Sauvagerie, initialement paru chez Belfond sous le titre Le massacre de Pangbourne (Running Wild en VO).
De son côté, Gilles Dumay, directeur de la collection Lune d'Encre de Denoël, poursuit son travail de réédition des romans de la série dite « des apocalypses », avec la parution de La Forêt de cristal, texte emblématique du Ballard des années 70.
A noter également la sortie en novembre de J.G. Ballard, hautes altitudes par Émilie Notéris et Jérôme Schmidt, qui viendra allègrement compléter ce tryptique et alimenter notre monomanie Ballard. Compte rendu de lecture et chronique sous peu sur Fluctuat. Jacques Sternberg : nécro à reboursDans toutes les bonnes rédactions, il y a un type chargé des nécrologies. Il les prépare à l'avance, afin que le jour venu, tout soit prêt pour dire du bien ou du mal du disparu. Cela se pratique assez peu dans les sections littéraires, pour la simple raison qu'on manque de personnel et que les morts n'ont pas suffisamment de retentissement pour mériter ce traitement (hé oui). Le 11 octobre ainsi (je passe un peu tard, mais toutes les occasions sont bonnes de parler des gens biens), on fêtera (hosanna!) le deuxième anniversaire de la disparition de Jacques Sternberg. Jacques qui ? Sternberg, comme l'étoile des montagnes. Sternberg est un auteur belge au parcours assez atypique. Né en 1923, dans une famille de diamantaires polonais, vivant à Anvers, il se met assez vite à écrire et démarre sa carrière littéraire dans le genre SF et fantastique. Au milieu des années 50, il fait partie de ce qu'on appelle la nouvelle vague de SF française avec des types comme Curval ou Klein. Il vit en France. Il publie des tas de nouvelles épatantes et complètement loufoques (Futurs sans avenir, Contes glacés), insistant sur la dimension absurde de l'existence humaine. Il scénarise le superbe Je t'aime, Je t'aime pour Alain Resnais, un vrai bon film où un type paumé accepte de participer à une expérience de voyage dans le temps. Sternberg s'éloigne, ensuite, peu à peu du genre qui l'a fait connaître pour du roman plus traditionnel et à connotation sociale et psychologique. Ceux qui auront envie d'en savoir plus iront faire un tour sur le joli site qui lui est consacré et qui tente vainement de réparer l'injustice : comme beaucoup d'auteurs de série Z ou B, Sternberg est oublié, n'est plus lu et n'intéresse plus grand monde. Ses livres sont, pourtant, faciles à trouver dans les bouquineries et vendus à des prix défiant toute concurrence (1, 2 ou 3 euros maximum).
Le roman gagne en intensité lorsqu'après pas mal de difficultés, et après avoir perdu plusieurs millions d'habitants, les survivants s'envolent dans l'espace. Le roman devient alors un space opera de comédie, puisque les humains vont faire le tour de la galaxie en allant de désillusions en désillusions. La première planète est foireuse, la deuxième couverte de cendres et inhabitable, la troisième guère mieux, jusqu'à ce qu'une autre (ils en ont du courage), qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la Terre, se révèle habitée par une végétation ultrahostile et qui les découpe comme du jambon. Avec ce canevas abracadabrantesque et picaresque, Sternberg réussit à nous emmener dans une odyssée digne de L'Iliade (allons y gaiement), qui s'achève par un pacte passé avec des extraterrestres supersympas, les Sconges, chez qui se terminera l'aventure. La chute est affreuse, incroyable, géniale et conclut le roman en apothéose, dans un retournement qui, là aussi, nous ramène aux coups de théâtre de Shamalayan. La sortie est au fond de l'espace est un roman quasi parfait de bout en bout : écriture précise et sans déchets, sobre et analytique, intrigue à suspense, haletante et enjeux philosophiques majeurs. En bref, un chef d'oeuvre miniature de 244 pages et quelques, qui mérite qu'on s'y attarde. Petit extrait : " Il y avait le bruit cependant. Je me levai, je me précipitai dans la salle de bains. Quand on collait son oreille contre l'une des conduites d'eau, le bruit paraissait le vacarme d'une armée en marche. Et puis, comme l'ordre en avait été donné, j'avais coupé l'eau hier soir. Mais des gouttes avaient malgré tout coulé. Dans la baignoire. De ces gouttes d'eau qui n'étaient plus que des gouttes de germes englués les uns dans les autres. Ils n'avaient pas grossi depuis hier mais ils vivaient toujours avec la même voracité. Tout le fond de la baignoire en était rempli. Désespérément, je regrdais en essayant d'oublier qu'il y en avait partout de ces microbes :dans les robinets et dans les tuyaux, derrière les murs et sous les parquets, dans la cave, sous les trottoirs. Et cela dans toute la ville. Dans toutes les villes du monde entier. Désespérément, je tentai de ne penser qu'à ces quelques amas de germes qui étaient là, bien visibles sous mes yeux. Je me posai la question de la lutte contre cet envahissement à l'échelle d'un simple appartement. Je me posai cette question pour tenter un acte. Pour tenter de croire qu'il y avait une possibilité de lutte et de défense. J'ouvris un dictionnaire et je lus quelques passages concernant les microbes. Ils pullulaient autour de nous. En effet. Dans l'eau, dans les liquides en fermentation. Ah oui ? Et dans l'air, dans la terre. C'était vrai, il y avait encore l'air et la terre. Et si ces microbes-là se mettaient à grossir ? Si soudain.... Je secouai la tête; je continuai de lire. La chaleur sèche les détruisait à 80°. Mais pour atteindre les spores, il fallait atteindre 120°. La lumière solaire détruisait également les microbes......" La tombe de Garcia Lorca ouverte dans le cadre d'une enquête
L'Espagne, en plein grand ménage historique, s'attaque à l'un de ses monument de la littérature. Le juge Baltasar Garzon, déjà à l'origine du mandat d'arrêt international contre le dictateur chilien Augusto Pinochet, enquête sur les quelque 30 000 "disparus du franquisme". Il a pour cela ordonné l'ouverture de plusieurs fosses communes, dont celle où est enterré le poète Federico Garcia Lorca , exécuté en 1936, près de Grenade. Le juge Garzon a décidé d'autoriser l'exhumation de la dépouille du maître d'école Dioscoro Galindo, exécuté et inhumé en même temps que le poète. Si la famille de Garcia Lorca s'était toujours opposée à l'ouverture de la sépulture, celle-ci accepte finalement l'ouverture de la fosse commune, par respect pour "le désir des autres parties impliquées", a déclaré, fin septembre, Laura Garcia Lorca, nièce du poète et porte-parole de la famille. Après la Movida- période de libération culturelle au lendemain de la mort du dictateur Franco en 1975 - l'Espagne réécrit une page sombre de son histoire. Alors qu'une loi d'amnistie scellait la réconciliation nationale en 1977-, le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero et la justice ont entendu l'appel des associations des familles de victimes qui réclament leur réhabilitation et la reconnaissance des crimes du franquisme depuis plus de trente ans. Ces 30 000 personnes "disparues" sont à rajouter aux 500 000 victimes de la guerre civile espagnole (1936-1939) et aux 50 000 fusillés par le régime franquiste entre 1939 et 1945 lors de l'épuration qui suivit la victoire du généralissime sur les Républicains. Garcia Lorca est une des victimes symboliques du régime franquiste. L'auteur de Noces de sang, ouvertement homosexuel et fils d'un républicain, est sauvagement assassiné en 1936 près de Grenade. Et ses oeuvres sont interdites par le régime jusqu'en 1953 et la publication de ses Obras completas (Oeuvres complètes). Aujourd'hui Garcia Lorca figure au panthéon des poètes majeurs du XXe siècle.
Céline au Danemark Grand spécialiste de Louis Ferdinand Céline, David Alliot avait déjà, entre autres, publié les enquêtes Céline à Meudon (Ramsay, 2006) puis Céline à Bezons (éditions du Rocher, 2008). Le feuilleton n'est pas fini. En collaboration avec François Marchetti, écrivain expatrié à Copenhague, il a entrepris cette fois d'explorer la période danoise de l'auteur, dans Céline au Danemark, un beau livre qui paraît ce mois-ci aux éditions du Rocher.Pourquoi le docteur Destouches a-t-il choisi de s'exiler, à partir de 1945, dans ce pays qu'il connaît mal et dont il ne parle pas la langue ? Pour échapper à la justice française qui veut sa peau ? Comme l'écrit Claude Duneton, dans sa préface très engagée : « La vérité est que Céline avait une fatwa à la faucille et au marteau ! (...) le Danemark a rendu un service inestimable à la littérature française (...) ». Le travail de David Alliot et François Marchetti a permis de réunir de nombreuses photographies de l'époque (dont quelques-unes sont inédites), montrant l'écrivain dans l'intimité avec sa femme Lucette, ou ses animaux (Bébert le chat) à Korsör ou à Copenhague. Autour de cette iconographie, on trouvera également des éléments biographiques, des documents inédits, ainsi que des témoignages de Danois qui ont fréquenté Céline.
Pendant l'exil, l'écrivain se bat pour ne pas être oublié. Pourtant, avec Lucette - qui donne clandestinement des leçons de danse - ils vivent sous de faux noms : « Courtial pour lui, Jensen pour elle. » Ce ne sera pas suffisant pour les protéger : le soir du 17 décembre 1945, le couple se fait arrêté. Céline en prison, menacé d'extradition, d'un grand danger donc en cette période de libération. Le cours de l'histoire littéraire en aurait-il été changé si le Danemark n'avait pas jugé le dossier trop léger, et refuser cette extradition ? C'est en tout cas le sens de cet ouvrage qui rappelle l'importance de la période danoise, « qui fut sans conteste un calvaire désespérant pour Céline » mais donna aussi « un nouvel élan à son œuvre novatrice ». "Vache de pays, j'y reviendrai quand les harengs auront des plumes." L. F. C
David Alliot et François Marchetti, Céline au Danemark (1945-1951), éditions du Rocher. Comment voler des livres sans se faire prendre avec Chuck PalahniukEn attendant la sortie de son nouveau livre, Pigmy, prévue pour le mois de mai 2009, Chuck Palahniuk s'amuse dans une vidéo enregistrée (on ne sait pas trop pourquoi) pour la chaîne de librairies Borders à nous montrer comment dérober les livres qu'il aime. Si Pigmy raconte l'histoire d'une jeune étudiant étranger envoyé aux Etats-Unis dans le cadre de ses études pour intégrer une famille normale des classes moyennes tout en dissimulant un projet terroriste majeur, le message de ce mini-clip est beaucoup moins subversif. Palahniuk, tout en jouant le VRP de luxe pour les auteurs qu'il soutient régulièrement sur son site, explique flanqué d'un agent de sécurité XXL quelques techniques foireuses pour passer les portiques sans payer, fourrer des livres (pas trop gros, Chuck) dans sa chaussette ou entre la chemise et le pantalon (technique qui ne marche pas pour les fans de Rika Zaraï, ça va sans dire). C'est au choix affligeant ou réellement drôle, quand bien même on ne connaît pas bien les livres pour lesquels il fait l'article. Ceux qui recherchent des choses un peu plus consistantes pourront chercher en DVD le documentaire Postcards from the future qui raconte comment des étudiants ont organisé une conférence autour de l'auteur dans leur fac. A défaut d'être vraiment bouleversant, le film donne une idée assez juste du culte voué à Palahniuk auprès de certains jeunes après la sortie de Fight Club. Le réalisateur donne la parole (un peu trop) aux étudiants qui dissertent sur les qualités intrinsèques de Tyler Durden, aux professeurs qui découvrent que "Palahniuk est un grand écrivain" et qu'accessoirement celui-ci a réussi à rallier des milliers d'étudiants américains débiles aux joies de la lecture. Au rang des livres qui ont la cote, il semble que Monstres invisibles tienne la corde juste derrière Fight Club justement, qui reste l'un des premiers romans les plus remarqués de ces vingt dernières années et que le film de David Fincher aura sublimé (souvenez vous du final explosif sur fond de Where Is My Mind ? des Pixies). En ce qui concerne le sujet de la vidéo, le vol de livre, on se dit que Palahniuk n'a pas dû s'y exercer beaucoup et n'y connaît pas grand chose mais qu'il faut sans doute distinguer art, subversion et publicité. On peut au choix enlever les étiquettes des livres, les corner pour les faire passer pour des livres d'occasion, les enrober dans de l'aluminium pour déjouer les portiques magnétiques ou encore, ce qui n'est pas plus con, les emprunter à la bibliothèque municipale. Plutôt que d'aller chez Borders, par ailleurs, ou à la FNAC, on conseillera de toute façon d'aller dérober ses livres chez les libraires indépendants, même si c'est encore plus cruel, lesquels n'ont généralement pas les moyens de se doter d'instruments de détection des vols sophistiqués, ou de se payer les services d'agents de sécurité. Mais c'est une autre histoire.... La crise booste les ventes de...Karl Marx! La grave crise financière qui frappe la planète remet le marxisme au goût du jour.Ainsi on observe une nette augmentation de la demande pour l'oeuvre de Karl Marx indique le quotidien allemand, Neue Ruhr Neue Rheinzeitung. La maison d'édition berlinoise Karl-Dietz-Verta a vendu le premier tome du Le Capital à 1500 exemplaires en 2008 contre 500 en 2005, soit une augmentation de 200% en trois ans! Et "les ventes vont continuer à augmenter d'avantage encore" d'ici la fin de l'année, selon l'éditeur. Le philosophe du XIXe siècle, critique du capitalisme, du colonialisme et théoricien de la lutte des classes a même été cité par le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück dans une interview à l'hebdomadaire Der Spiegel publiée fin septembre. Le ministre y déclarait que"certaines parties de la théorie de Marx ne sont pas si fausses" (...)" le capitalisme finit par s'auto-détruire à force d'avidité". Face à une crise majeure qui semble prouver la faillite du système capitaliste, cet engouement pour la théorie marxiste démontre surtout l'absence de modèle théorique alternatif viable. Source: AFP Albanel répond aux syndicats du livre sur les délais de paiement
Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, souhaite que la mesure en question "soit adaptée aux particularité du commerce du livre" a-t-elle déclaré dans un communiqué publié aujourd'hui. La loi, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier, "pose le principe d'une réduction des délais de paiement entre entreprises à 45 jours. Or ces délais sont aujourd'hui d'une centaine de jours en moyenne pour les libraires, en accord complet avec les éditeurs", rappelle-t-elle dans un communiqué publié mercredi. "Sensible aux demandes conjointes des libraires et des éditeurs", la ministre souhaite "que la possibilité de déroger à cette réduction de délais par voie d'accord professionnel, prévue par la loi, soit pleinement utilisée pour permettre aux libraires de continuer à présenter au public l'ensemble de la production, sur le temps long qui est celui du livre".
Source: AFP Plon réédite l'autobiographie de Guillaume Depardieu
L'édition est une industrie qui ne manque pas de cynisme. Au lendemain du décès prématuré de l'acteur Guillaume Depardieu, Plon s'est empressée de rééditer son récit autobiographique paru en 2004, Tout donner, co-écrit avec Marc-Olivier Fogiel (spécialiste des confessions people après Guy Carlier et sa boulimie). Tout donner, notable succès médiatique et commercial avec ses 31 000 exemplaires vendus, a figuré en 2004 dans le top 50 annuel des ventes d'essais et récits. Et nul ne peut nier que la disparition subite du "fils de" a suscité une vive émotion tant son destin tragique, livré sur la place publique depuis son adolescence, nous est familier. Une excellente opération à venir, donc, pour Plon, les ayant-droits du défunt et... Marc-Olivier Fogiel!
Source: Livreshebdo.fr Beigbeder président de Brive
Aussi, parmi des manifestations plutôt convenues (les rendez-vous de l'Histoire, exposition "Empreinte du Limousin"), quelques évènements pourraient parvenir à attirer un public différent, rajeuni. Comme les rencontres avec la jeune Faïza Guène autour du thème "Femmes d'aujourd'hui," des débats, "Génération provocateurs" avec Arnaud Viviant et Frédéric Andrau ou encore un concert de pop rock donné par les Slumberlands, groupe de dessinateurs et d'auteurs de BD avec notamment le dessinateur de Blacksad, Juanjo Guarnido à la guitare. Le mot d'ordre à Brive, où les auteurs se pressent aussi pour la bonne chère, sera donc "place aux jeunes!". D'où une déclinaison d'ateliers de création et d'écriture, concours et lectures destinées aux tout petits.
Le programme complet de la Foire de Brive
Le Man Booker Prize couronne un jeune écrivain indien
Âgé seulement de 33 ans, Aravind Adiga était le plus jeune des candidats sélectionnés cette année. Il devient aujourd'hui, après Salman Rushdie, Arundhati Roy et Kiran Desai, le quatrième indien à devenir lauréat du Man Booker Prize, décerné depuis 1969. Si quelques détracteurs avaient reproché à son oeuvre d'avoir dépeint l'Inde moderne sous les couleurs les plus négatives, et d'en montrer seulement le côté le plus sombre, le jury, lui, ne tarit pas d'éloges : "Par certains aspects, il est parfait. Il est vraiment difficile de lui trouver des erreurs structurelles".
Né à Madras en 1974, Aravind Adiga a vécu en Australie, aux Etats-Unis pendant ses études, avant de s'installer à Bombay. Il a travaillé un temps comme journaliste, notamment comme correspondant pour le Times, mais a toujours voulu devenir écrivain. Cela semble être chose faite, à en juger par le succès de ce premier roman, qui pourrait être suivi d'un second puisque le lauréat pourra désormais se consacrer entièrement à l'écriture.
Source : AFP Neal Stephenson lance son AnathemPosté par Maxence le 14.10.08 à 18:00 | tags : elucubration, littérature en vidéo, news, science-fiction
Ça y est, il est arrivé. Il trône sur ma table de chevet, imposant, un peu effrayant aussi, et surtout, en VO ! « Il » c'est Anathem, le dernier roman de Neal Stephenson. Je me suis toujours promis de m'y mettre, Stephenson en VO c'est certes une expérience à tenter une fois dans ça vie. Cela devrait même faire parti des questions pièges du fameux « purity test » : Avez-vous lu, Neal Stephenson en VO ? Un « oui » et pan, 20 points de plus dans la catégorie « Vous êtes décidemment un grand malade. Réagissez ! ». Il faut dire que le CV du bonhomme est des plus étonnant. : Reconnu par ses pairs comme l'un des possibles, et recevables, héritiers de Thomas Pynchon (encore un me direz vous), Neal Stephenson est d'abord un auteur américain issue de la seconde génération d'écrivain de science-fiction cyberpunk. A ce titre, son fameux Snowcrash (Le Samouraï virtuel en VF), peut être d'ailleurs lu comme une parodie du genre. Auteur iconoclaste donc, il se situe à la fois dans et en dehors, du cercle des écrivains de science-fiction. Outre une culture tout azimut, il partage aussi avec le maître du roman post-moderne cité plus haut, un goût pour les intrigues à tiroirs, les personnages innombrables, les élucubrations temporelles, le mélange des genres et une écriture allègre aux caractéristiques proprement physiques, si communicatives qu'elle anime généralement tout autant ses protagonistes que ses lecteurs les plus assidus.
A l'origine avec The Baroque Cycle, d'une énorme fresque en trois volumes d'un peu plus de 900 pages chaque, encore non-traduite en France (et certainement pas traduite dans les années qui viennent me souffle t'on), aussi fantaisiste que basé sur des faits historiques réelles (la révolution industriel du début du XIX° siècle entre autre) dans lesquels nous retrouvons les ancêtres des personnages présents dans son déjà volumineux Cryptonomicon, Stephenson revient aujourd'hui avec un space opera métaphysique narrant l'histoire d'un ordre religieux de mathématiciens, et suivant en particulier les aventures d'un novice de 19 ans prénommé Raz. Celui-ci devra, entre deux débats philosophiques sidérant, décider s'il doit où nom sauver l'humanité résidant sur la planète Arbre d'une catastrophe d'origine extra-terrestre. Ceux-ci ayant gentiment évincé ces religieux trop brillants depuis des siècles afin de s'adonner en toute quiétude aux joies de la consommation, des jeux et de l'exploitation à outrance de leur environnement, ces deux idées du monde antagonistes fusionneront-elles à l'occasion de cet évènement imprévu ? Tel est la question.
On le voit, ce nouveau Stephenson s'annonce encore un poil plus complexe que la plupart des space opera « classique » (je ne parle pas de Stephen Baxter ici, ni de Greg Bear, Alastair Reynolds ou Ian Banks en effet) et l'auteur a eu l'intelligence d'élaborer un sympathique widget multimédias grâce auquel il présente les principaux thèmes de son Anathem, bande annonce hollywoodienne à l'appui. Ceux qui voudraient se lancer dans sa lecture en VO avant la traduction en France, prévu pour l'année prochaine, serait bien inspiré d'y jeter un oeil. Conseil d'ami. Pour le reste on en reparle en fin de lecture.
PS : A noter que ce seront donc les éditions Bragelonne, maison d'édition spécialisée dans la science-fiction "musclée" et la fantasy... fantaisiste (et du coup, souvent hilarante, mais passons) qui a acquis les droits de traduction de ce roman de Stephenson. L'éditeur annonce aussi la réédition de son roman Le samouraï virtuel sous son titre original, Snow Crash, et ça, ce n'est pas du luxe ! L'auteur de Gomorra dans la ligne de mire de la mafia |
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