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Pasolini, par une nuit de Toussaint

Posté par Myosotis le 30.10.08 à 17:52 | tags : elucubration, littérature en vidéo
 
Que vous parliez ou pas italien, vous prendrez peut-être plaisir comme moi à regarder ces deux extraits vidéos. La presse italienne s'est fait l'écho ces derniers jours du retour de l'assassin présumé (condamné et emprisonné) de Pier Paolo Pasolini sur le site d'Ostie où il aurait perpétré (avec qui ?) cet horrible meurtre. Les faits ont eu lieu dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975, il y a tout juste 33 ans. Pasolini était supposément en maraude quand il fut attiré par un jeune homme ou quelqu'un d'autre (des men in black, des espions, des terroristes, des extraterrestres,...) près d'une plage, à Ostie, dans la proche banlieue balnéaire romaine. Pasolini a été roué de coups, frappé avec un bâton puis écrabouillé avec sa propre voiture.
 
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Pino Pelosi, un jeune prostitué d'alors 17 ans, a été convaincu du meurtre et a avoué l'avoir commis seul, malgré quelques indices et contradictions laissant entendre qu'un tel carnage ne pouvait qu'avoir été fait à plusieurs. Il y a quelques jours Pino Pelosi, relâché, est revenu sur les lieux du crime et a déclaré que cela "faisait étrange". Il n'y a pas de vidéo (à ma connaissance) de ce passage mais simplement un enregistrement de sa voix qui étrangement n'a pas varié depuis 30 ans, comme si la prison l'avait conservé intact, jeune et insouciant comme les personnages de Pasolini, ces fameux Ragazzi qui hantent bon nombre de ses livres et films.
 
Les visages qui apparaissent sur le premier film, celui de ses funérailles, alors qu'on entend en fond le discours d'Alberto Moravia, appartiennent au passé de l'Italie et, d'une certaine façon, de notre civilisation. Il faut les regarder de près pour les situer dans le temps. Pasolini avait comparé le capitalisme à une nouvelle forme de fascisme, démonté les ressorts de la Nouvelle Société en passe de balayer le mélange d'histoire antique, de sophistication et d'archaïsme qui caractérisait, selon lui, la civilisation européenne d'avant guerre, puis laissé filer sa vision de l'Italie, doublée, l'homme et le poète, par l'évolution des moeurs, la criminalisation des faubourgs, la vitesse des temps présents. Beaucoup virent dans sa mort à la fois un symptôme de son débordement mais aussi la confirmation de ses prédictions. Le 1er novembre 1975, une certaine idée de la culture et de l'engagement politique se faisait rouler dessus par une automobile, à plusieurs reprises, en avant et en arrière, laissant des traces de crâne et de sang épongées par le sable.
 
Quelques années auparavant, Pasolini avait analysé dans un film une autre mort célèbre, amoureusement presque, comme s'il chantait l'enterrement d'une "naïve originelle". La mort chez lui avait des allures d'horreur romantique et naturelle. Les deux adjectifs entrent en contradiction et définissent une approche assez judicieuse, me semble-t-il, de l'événément (qu'il s'agisse de notre mort ou de celle d'un autre) : un mélange de surprise, d'émerveillement, de catastrophe et de... récompense pour notre existence. Les jours de Toussaint, sans religiosité et sans manquer au devoir de mémoire pour mes propres morts (j'achète mes pomponettes sur Internet et les fais livrer par Interflora), il me plaît à penser à la mort de Pasolini comme à la mort des morts. Celle-ci, celles-ci, sont plus douces prononcées en italien.   



Marc Bressant reçoit le Grand Prix de l'Académie française

Posté par Céline le 30.10.08 à 17:15 | tags : news, prix
La saison des prix littéraires est lancée. C'est le Grand Prix de l'Académie Française qui ouvre la valse (des lauréats), en couronnant Marc Bressant pour La Dernière Conférence, publié aux éditions de Fallois. Le roman a obtenu la majorité absolue au deuxième tour de scrutin, et l'a ainsi emporté face à L'Excuse de Julie Wolkenstein.

Dans cet ouvrage, l'écrivain décrit dans le monde clos de la dernière conférence internationale avant la chute du mur de Berlin, à travers le journal de Tromelin, chef de la délégation française. Avec un regard d'ethnologue, celui-ci témoigne et raconte : les conflits d'intérêts entre ses collègues des deux blocs, le "ghetto qu'est une conférence diplomatique".

Auteur de six récits et romans, Marc Bressant - Patrick Imhaus de son vrai nom - avait reçu en 1993 le prix Jean Giono pour L'anniversaire. Il est lui-même diplomate de profession, et partage le reste de son temps entre l'écriture et la télévision : il a notamment dirigé TV5-Monde de 1990 à 1995.







La seconde vie du livre après destruction massive

Posté par Céline le 30.10.08 à 15:05 | tags : édition, news
Chaque année, au moment de la rentrée, on parle beaucoup des 700 ouvrages qui arrivent sur le circuit. On parle beaucoup moins de ce que deviendront ces ouvrages, qui, tirés à 10 000, 50 000 ou 100 000 exemplaires ne seront bien évidemment pas tous vendus. On sait tous plus ou moins ce qu'il en advient : au pilon !

Dans un article publié dans le Nouvel Observateur aujourd'hui, Pierre Jourde, qui travaille avec le réalisateur Bruno Deniel-Laurent sur un essai cinématographique sur le pilon, explique ainsi « comment les livres deviennent des boîtes à pizza ».

Parti en repérage dans les locaux de la société Interseroh, à Vigneux-sur-Seine, l'écrivain a assisté à un étrange spectacle de destruction sous haute surveillance, d'autant plus absurde qu'il est parfois orchestré par les éditeurs eux-mêmes. « Il n'est pas rare qu'un éditeur prenne dès le départ le parti de faire imprimer des milliers de livres pour les pilonner. Car leur rôle consistera à impressionner, à donner le sentiment de l'importance de l'oeuvre. Il faut se montrer, faire masse dans les Fnac, écraser la concurrence par le poids. L'entassement de 100.000 livres sert à en faire acheter 50.000. Les 50.000 autres seront broyés. »

La France pilonne chaque année près de 100 millions d'ouvrages, soit un cinquième des volumes fabriqués. Et ces tonnes de papier (100 euros la tonne) trouve des acheteurs : Pierre Jourde évoque ainsi les multiples réincarnations du livre : « des cartons à chaussures, des cahiers, des emballages, du papier journal », de quoi donner étrangement du sens à la notion de palimpseste.

La conclusion de l'écrivain sera lucide et critique à l'égard d'un système de surproduction, de surenchère par le nombre et le nom unanimement adopté par les éditeurs : « table rase de tout ce bavardage, du silence, enfin, d'où l'on puisse refonder la parole. Et l'on saurait presque gré au pilon de nous débarrasser des livres inutiles et des tirages excessifs. »

 

Source : Bibliobs




Tout un Bordel pour Basquiat

Posté par Céline le 30.10.08 à 11:30 | tags : news, revue
On avait déjà parlé ici de la revue littéraire Bordel, éditée par Stéphane Million, et qui a pour vocation de permettre « à des non édités de se faire connaître en publiant avec des écrivains reconnus ». Celle-ci a poursuivi son bout de chemin, et le n°9, consacré au peintre Jean-Michel Basquiat, paraît ce mois d'octobre, et proposent de nouveau les textes de jeunes auteurs français : Roxane Duru, Sylvie Bourgeois, Barbara Israel ou Thomas Lélu.

La singularité de ce numéro, c'est qu'il s'ouvre sur un texte de Johnny Depp - spécialiste de Basquiat - traduit par Virginie Despentes. L'illustration tient aussi une place importance dans cette édition, avec des collages d'Erwan Denis et une couverture dessinée par le créateur Jean-Charles de Castelbajac, qui a déjà collaboré à la revue.

 




Sarkozy va encore se faire piquer

Posté par Mélanie le 29.10.08 à 17:37 | tags : édition, news
Le tribunal de grande instance de Paris a finalement rendu sa décision et elle ne va pas plaire à Nicolas Sarkozy. L'action en référé pour violation de son droit à l'image du président a été officiellement déboutée par le tribunal qui s'est opposé au retrait de la vente du manuel et de sa poupée vaudou à l'effigie de Nicolas Sarkozy.

Dans ses attendus, le tribunal considère que la poupée, commercialisée depuis trois semaines par la maison d"édition K&B et la société Tear Prod, "ne constitue ni une atteinte à la dignité humaine, ni une attaque personnelle". Elle "s'inscrit dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour" a-t-il ajouté. Cette décision de justice est une grande première pour Nicolas Sarkozy, peu habitué à être débouté depuis son élection. Son avocat a fait savoir qu'il n'était pas sûr que le chef d'Etat fasse appel de cette décision, comprenant peut-être un peu tard qu'une procédure judiciaire revient à offrir de la publicité gratuite au livre incriminé.

Ségolène Royal, également honorée d'une poupée à son effigie, est allée de son petit commentaire ironique sur Europe 1. "J'ai le sens de l'humour moi, je ne porte pas plainte contre ma poupée vaudou", a-t-elle lancé. "Si Nicolas Sarkozy porte plainte contre une poupée qui le caricature, bientôt il portera plainte contre le Canard enchaîné, contre Marianne, contre les Guignols de l'Info", a-t-elle affirmé.

 

MAJ 30/10 : suite à la décision rendue par la justice, Nicolas Sarkozy fait appel, réclamant "la cessation de la diffusion de la poupée vaudou et le retrait immédiat du Manuel de tous les points de vente", une amende et le remboursement de ses frais d'avocat. Lancé le 9 octobre à 20 000 exemplaires, le manuel vaudou Nicolas Sarkozy est resté ces derniers jours en tête des ventes sur Fnac.com et Amazon.fr, et déjà épuisé depuis le 28 octobre.

 

Source: AFP 




Philippe Val et Backchich deviennent-ils fous?

Posté par Mélanie le 29.10.08 à 13:43 | tags : news

Philippe Val compare dans son dernier livre le site d'info satirique Backchich.info à Je suis partout, journal collaborationniste et antisémite sous l'Occupation. Backchich.info répond et attaque en justice le patron de Charlie Hebdo.

 

Philippe Val a l'outrecuidance de titrer son nouvel ouvrage Reviens, Voltaire, Ils Sont Devenus Fous. Rappellons qu'il est le directeur de publication du célèbre journal satirique, Charlie Hebdo, dont il a délésté son caricaturiste-star, Siné, en raison d'une chronique de mauvais goût et, surtout, mal-pensante. Celle-ci rebondissait sur l'annonce du mariage de Jean Sarkozy et de Jessica Sebbaoun, héritière de l'empire éléctroménager Darty, laissant entendre que le fils Sarko envisageait de se convertir au judaïsme par pur arrivisme. Outre le fait que  le texte relayait une fausse information - celle d'une éventuelle conversion démentie par le principal concerné - il plaçait Siné en situation de récidive dans l'humour franchement borderline. Val, défenseur de la liberté d'expression, de la laïcité et pourfendeur des obscurantismes - souvenons-nous de l'affaire des caricatures de Mahommet - a alors saisi l'occasion de se débarrasser de Siné, coupable d'antisémitisme avéré.

Le propos n'est pas ici de défendre l'attaque politique du clan Sarkozy sur ce terrain glissant et, somme toute, nauséabond de son ascendance juive et d'une quelconque connivence avec la communauté. Il y a effectivement quelques relents antisémites dans les discours d'extrême-gauche sous pretexte de défendre la cause palestinienne (cf. Dieudonné) et Siné s'était lui aussi laissé aller à quelques éructations glaçantes, dont il s'est par la suite excusé. Mais Charlie Hebdo, qui se vante d'être "un hebdomadaire indépendant, polémique, satyrique, politique et social illustré tous les mercredis par les meilleurs dessinateurs de presse" et qui, soit dit-en-passant, représente cette semaine en couverture soeur Emmanuelle en petite culotte, ne peut décemment pas rompre avec cet héritage libertaire et un peu dégueulasse sur les bords qui a fait la gloire d'Hara Kiri et du professeur Choron après mai 68.

Il s'agit de rappeler que si l'antisémitisme est un délit puni par la loi, la diffamation et l'insulte le sont tout autant et qu'il est bien triste de voir nos journaux satiriques perdre leur temps- et le nôtre- dans des gueguerres procédurières, à coups de chantage à l'antisémitisme, fléau s'il en est, trop sérieux pour être ainsi galvaudé. Aussi, si la rédaction du site Backchich.info a toutes les raisons d'être scandalisée d'être ainsi comparée à l'immonde Je suis partout, ne devraient-ils pas, ces journaux qui se vantent de leur "mauvais esprit" et de leur humour hyper-développés, revenir aux fondamentaux et à ce qui devraient être leurs armes de défense de prédilection : la satire et la parodie?

 

Source: Backchich.info




Google va proposer des millions d'ouvrages en ligne

Posté par Mélanie le 29.10.08 à 12:47 | tags : édition, news, numérique
Le conflit sur les droits d'auteur qui opposait le géant américain de l'internet Google, l'association des éditeurs américains (AAP) et le syndicat des auteurs (Authors Guild) s'est conclu par un accord à l'amiable de 125 millions de dollars.

Google, dont le projet est de scanner des millions de livres pour les rendres consultables sur internet, s'est engagé à prendre à sa charge les frais de justice du procès engagé par les éditeurs et auteurs depuis 2005. L'accord, qui doit encore être entériné par la justice, prévoit également que Google financera un "répertoire" des droits d'auteur, donnant un "moyen efficace aux détenteurs de droits d'auteur de contrôler l'accès en ligne à leur propriété" et qui "leur permet d'être rémunérés pour l'accès en ligne à leurs oeuvres", annonce le communiqué commun de Google, de la Authors Guild et de l'association des éditeurs.

"Les détenteurs de droits d'auteur américains peuvent enregistrer leurs ouvrages sur le répertoire des droits d'auteur et percevoir des droits par le biais d'abonnements, de ventes de livres, de revenus publicitaires et d'autres moyens possibles, ainsi qu'une rémunération en liquide si leurs oeuvres ont déjà été numérisées", est-il précisé dans le communiqué.

Il s'agit d'une victoire importante en faveur d'un libre accès aux livres numérisés respectant vraiment les droits d'auteur , et qui pourrait encourager la négociation d'autres accords en dehors des Etats-Unis.

 

Source: AFP





L'affaire Saviano vue par un spécialiste des mafias

Posté par Mélanie le 29.10.08 à 11:30 | tags : news

Jacques de Saint Victor, historien du droit et spécialiste des mafias, a rencontré Roberto Saviano en septembre dernier. Dans un entretien qu'il nous a accordé, il raconte la peur et la solitude de ce "héros" contemporain qui a osé briser la loi du silence.

Pour le juriste, l'incroyable succès de Gomorra, le livre-enquête de Saviano sur la mafia napolitaine l'expose à des représailles tandis que la lumière médiatique le protège. Les menaces de mort prononcées contre Saviano (Cf. billet du 14/10) et l'extraordinaire mobilisation en soutien à Saviano (Cf. billet du 21/10) marquent un véritable tournant dans l'histoire de la mafia. La pieuvre peut réellement être menacée par la survie de Saviano, devenu symbole de celui qui osé la défier. Mais l'attention médiatique est volage et sans elle, Saviano risque sa vie.

 





Les ados lisent toujours des livres

Posté par Myosotis le 29.10.08 à 10:07 | tags : édition, news

Un adolescent allongé sur le canapé avec un livre entre les mains ? Beaucoup de parents ne pensaient plus voir cela de leur vivant. On disait les adolescents connectés en permanence à Internet, hypnotisés par les jeux vidéos ou la télévision, et voilà qu'un rapport de l'institut d'études marketing GfK vient contredire ces belles idées reçues : les adolescents lisent encore, le marché du livre "jeunesse" se porte bien, merci, et le grand format a les faveurs des jeunes devant les livres de poche. Les 3 enseignements de cette étude sont confirmés par des chiffres : le livre jeunesse  représente aujourd'hui 15% du chiffre d'affaire global du marché du livre (soit 526 millions d'euros pour 70 millions de volume) et a surtout connu entre 2004 et 2007 une croissance en valeur de 11,6%, deux fois plus forte que le reste de la filière. Le rapport précise qu'après les années fastes où la croissance du livre jeunesse était tirée par la série des Harry Potter, l'année 2008 affiche une stabilisation du niveau de la consommation d'ouvrages (-0,9% depuis le début de l'année). Les légions de gamins ramenés à la lecture par le petit sorcier ne sont donc pas rangés des manuels et de la littérature.

La lecture en grand format continue d'avoir les faveurs des lecteurs. Après Harry Potter, d'autres séries anglosaxonnes ont pris le relais comme les Uglies de Scott Westerfield ou la série des Chevaliers d'Emeraude d'Anne Robillard. L'orientation reste très science-fiction et fantastique. Le format poche pâtit évidemment de cette bonne santé des grands formats (privilégiés par les éditeurs car plus chers) mais se maintient grâce à un certain dynamisme du fonds ancien (17% du total des ventes poche) et à quelques locomotives (Roald Dahl, les collections bibliothèques verte et rose). D'une façon générale, et commercialement parlant, les séries fonctionnent mieux que les livres "solitaires" ou one shot.

Selon les auteurs de l'étude, et en conclusion, "le marché du livre reste bien orienté, malgré la fin de la saga Harry Potter. Ce marché bénéficie de plusieurs moteurs de croissance externes comme les adaptations de plus en plus systématiques au cinéma des principales séries de lecture anglosaxonnes et les licences qui assurent un renouvellement des héros pour les plus jeunes. Enfin, la prescription scolaire assure des volumes conséquents aux éditeurs. Cette relative bonne santé attire la convoitise d'éditeurs de littérature. Michel Lafon et XO investissent aussi le champ de la fantasy jeunesse".  




Le marché du livre résiste à la crise

Posté par Mélanie le 28.10.08 à 11:04 | tags : édition, news

Le baromètre mensuel de Livres Hebdo indique un regain de 3% (en euros courants) des ventes de livres en septembre alors que celles-ci enregistraient un recul de 3,4% en août.

Aussi la bonne santé du marché de livre paraît-elle miraculeuse au regard de la sinistrose ambiante et de la faible coissance du commerce tous produits confondus réduite à 0,8% sur l'année 2008. Déjà en juillet, tandis que l'INSEE enregistrait une baisse record de l'indice de confiance des ménages (-48), les ventes de livres progressaient de 3,5% par rapport à juillet 2007, pourtant boostées par l'éléction présidentielle.

Si la production de livres accusait, au mois d'août, une baisse de 3% (en nombres de titres), l'accent se concentrait sur l'économie-crise oblige - qui enregistrait une hausse de 63% par rapport à août 2007. Autre secteur apparemment très porteur, le psy, dont le nombre de titres a explosé de 167%, idem pour l'histoire de l'Europe avec une hausse de 120%. L'édition semble, en revanche, s'être désinteressée du sport (-55%) et de la fiction jeunesse (-30%).

Ce sont les grandes surfaces dites "culturelles" qui ont tiré leur épingle du jeu en septembre, avec une hausse de 3,5 % de présence sur les ventes. La vente à distance (web et clubs) poursuit sa progression exponentielle avec une croissance de 25% tandis que les librairies de premier niveau et les hypermarchés restant stables.  

Le principal facteur d'explication de cette bonne santé est la modération des prix. Grâce à la loi Lang de prix unique du livre, les prix n'ont augmenté que de 0,3% en 2007 par rapport à une  inflation générale estimée à 2,6% par l'indice des prix de l'INSEE.

Ainsi, malgré la crise, l'invasion de la culture de l'image, les Français lisent toujours des livres: en voilà une bonne nouvelle!

 

Source: Livres Hebdo




La honte du lecteur face au livre non-lu : la confession d'ignorance

Posté par Myosotis le 28.10.08 à 10:10 | tags : élucubration, roman

Dans son essai désormais fameux, Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?, le psychanalyste et essayiste Pierre Bayard insistait de manière assez amusante sur la manière de parler des livres qu'on n'a pas lus, disséquant, catégorisant les 1001 détours qu'il était possible de prendre pour éviter une conversation gênante ou nous mettant en défaut : retenir l'intrigue, en savoir un minimum sur tel ou tel livre, lire les bonnes feuilles dans la presse, mémoriser les critiques du livre,.... Il évoquait finalement assez peu comme purge de toute honte la solution la plus simple qui soit et qui fonctionne (sur d'autres modes) depuis des millénaires : la confession d'ignorance.

Lorsqu'on est lecteur, même compulsif, même boulimique, il faut avoir à l'esprit que les livres seront TOUJOURS plus nombreux que nous, accepter que nous ne pourrons pas les lire tous et que la somme des livres à lire est supérieure aux nombres de jours dans la vie d'un homme. En bénéficiant de 70 années de lecture et en lisant un livre par jour, ce qui est beaucoup, un être humain peut espérer au maximum lire 25 550 livres, ce qui est une misère ramené à la production d'un pays. Rien qu'en France, en 2007, les statistiques officielles affichent 60 000 livres publiés. Si l'on considère que 0,5% de ces livres sont bons (ce qui fait une statistique raisonnable et pas trop absurde), cela vous fait rien qu'en France 300 bons livres à lire dans l'année. Sachant que ce chiffre est répété dans au moins une centaine de pays (disons que vous vous limitiez à 6), cela vous ferait tous genres confondus près de 1800 livres à vous farcir dans l'année, à considérer que vous sachiez du premier coup lesquels lire et ne pas vous égarer en lisant n'importe quoi.

 

A considérer que vous lisiez 1 bon livre pour 3 mauvais, ce qui, là encore, est un ratio plutôt exceptionnel, il vous faudrait avoir lu 4 x 1800 livres soit 7 200 livres par an pour épuiser le stock des bons livres publiés depuis les années 1990 (date à laquelle les chiffres de publication ont explosé), soit 20 livres par jour pour espérer juste rester au niveau. Il vous resterait alors à augmenter votre moyenne pour reprendre les bons livres du passé, lesquels peuvent se compter comme les termes d'une suite depuis, au choix, l'invention de l'écriture ou celle de l'imprimerie. Dans les deux cas, la reprise du passé rend la chose compliquée pour vous. On voit bien que c'est impossible.

La meilleure solution reste finalement (Bayard suggère de se définir par les livres qu'on ne lit pas plutôt que par ceux qu'on lit - il ne faut pas exagérer) d'avouer qu'on a pas lu des chefs d'oeuvres ou des livres à lire et de l'afficher en place publique (de le dire officiellement lors d'un repas de cultureux, de l'afficher sur son blog, de le poster en commentaire, de le dire devant un Comité Populaire Maoiste de Lecture,...) au lieu de faire semblant ou de feindre d'avoir oublié qu'on ne connaissait rien à tel ou tel. Cela fait mal au coeur mais c'est un exercice expiatoire tout à fait intéressant, que j'entame ci-dessous pour montrer l'exemple. Parmi les livres que je n'ai pas lus donc :

 

1. Harry Potter.  Aucun livre de la série : il vaut mieux commencer par un livre pas trop honteux. Cela permet de se donner confiance. Pas lu Harry Potter, passe encore. Jamais eu envie, jamais eu le déclic.  

 

2. Marcel Proust, A la recherche du temps perdu. J'en suis toujours à la page 30 (le livre démarre à la 19 dans mon édition à cause de la préface) de Du Côté de chez Swann. Je n'y arrive pas.

 

3. La Guerre de la fin du monde de Mario Vargas Llosa. Un ami m'a prêté ce livre il y a 12 ans et je ne l'ai quasiment jamais ouvert, pas plus que je ne lui ai rendu. J'ai toujours eu du mal avec la littérature sud-américaine et me suis même traîné pendant des mois sur Nostromo, qui n'est même pas d'un Sud-Am mais de Conrad, c'est dire. La Guerre de la fin du Monde est typiquement un bouquin fait pour moi (on me l'a conseillé plus de 10 fois) mais je n'ai jamais pu me résigner à dépasser la page 5.  

 

4. Je n'ai jamais lu un livre de David Lodge. J'ai longtemps hésité avec le dernier, La Vie en sourdine, mais j'ai abandonné. Tant qu'à ne pas connaître un auteur, autant ne pas le connaître à fond. Les livres de David Lodge m'ont été recommandés par des dizaines de camarades et mon amie en possède 3 ou 4 qui trônent face à moi toute la journée sur l'étagère. Il m'est arrivé d'en prendre un dans les mains, de le tourner, de lire la 4ème de couverture, mais, à chaque fois, j'ai ressenti une force surnaturelle qui me commandait de le reposer et de ne surtout pas le lire. Pour masquer mon blocage, j'ai décidé depuis longtemps de dire que je préférais Kingsley Amis à David Lodge, même s'ils ont assez peu de points communs finalement. Comme personne n'a lu Kingsley Amis en France, ou presque, cela passe bien, selon ce qu'expose Bayard. David Lodge, donc, inconnu au bataillon.

 

5. De Victor Hugo, je n'ai lu que Les Misérables (les 3 tomes, un été chiant dans l'Aveyron) et Les Contemplations, rien d'autre. Je n'ai jamais lu Notre Dame de Paris (j'ai vu le film avec Anthony Quinn et celui avec Patrick Timsit, par contre) par exemple. Je n'ai pas lu Hernani que j'ai du citer comme tout le monde 3000 fois dans mes dissertations de lycée. Etrangement tout le monde se fout que vous ayez lu Hugo ou pas (c'est un auteur passé de mode, complètement) mais je ne sais pas pourquoi sa non-lecture m'a toujours foutu un complexe énorme, comme si n'ayant pas lu Hugo, je n'avais jamais lu de littérature française, quelque chose de cet ordre.

Sans doute y en a-t-il des milliers d'autres mais je ne les vois pas comme des lacunes criardes ou des sujets de honte. Quel sujet détestable finalement ! Bourgeois par excellence et précieux au possible. "Mais qu'est-ce qu'on en a à fiche des livres qu'il a pas lus ? - Parle déjà de ceux que t'as lus mieux que tu ne le fais et ça ira bien." Honte bue.  

 

Photo : Julius Deutschbauer - auteur d'une exposition La Bibliothèque des Livres non Lus.




Après la poupée vaudou Sarkozy, le "cahier de jeux Nicolas et Carla"

Posté par Céline le 27.10.08 à 18:20 | tags : édition, news
Avec tous ces éditeurs qui s'amusent de son image, Nicolas Sarkozy ne va bientôt plus savoir où donner de la tête. Les manuels et poupées Vaudou à son effigie, diffusés par les éditions K&B, ça ne lui avait déjà pas plu, au point qu'il en réclame le retrait devant la justice (la décision sera rendue mercredi). Peu de chance pour que le Cahier de jeux Nicolas et Carla, que s'apprêtent à publier les éditions Pascal Petiot, le mette de meilleur humeur.
 
Composé de jeux « drôles et ludiques », ce livret de 80 pages sera mis en vente dans les librairies à partir du 6 novembre pour la somme de 8,5 euros. Les différents jeux qui y sont proposés (genre sudokus, rébus, points à relier, les 7 différences, etc.), feront (naturellement) référence au chef de l'Etat et à son épouse Carla Bruni,  et seront illustrés, selon l'éditeur, avec "un humour caustique et une ironie sympathique" qui devrait permettre de "s'amuser des péripéties de notre couple présidentiel".
 
"Ils ont l'air de beaucoup s'amuser dans leur vraie vie alors pourquoi ne pas vous donner la possibilité de s'amuser avec eux ?" argumente le site de Pascal Petiot Editions. Cécilia, ex-épouse du président, fera également l'objet de certains des jeux, élaborés par l'humoriste Pascal Argence et illustrés par Sabine Nourrit.
 
Manuel et poupée vaudous, cahier de jeux, des objets qui font plutôt sourire. Il ne fait pas de doute que l'image de Nicolas Sarkozy doit faire vendre. Il ne fait pas de doute non plus que le personnage en question, entre sa vie privée et ses incartades publiques, se prête trop bien à toutes les caricatures.

 

Rien à voir avec notre histoire, mais Albert Cossery décrivait, dans La violence et la dérision, une société dans laquelle la dérision est devenue la dernière arme du peuple. Ainsi artistes, va-nu-pieds ou professeur y décident-ils, d'un commun accord, de ne plus manquer une occasion de ridiculiser leur tyran : "Le gouverneur appartenait à cette catégorie de personnages publics qui laissent pantois les caricaturistes les plus chevronnés. Ceux-ci n'avaient plus rien à faire ; leur imagination se trouvait débordée par le travail déjà accompli par la nature."

 

MAJ 29/10 : Nicolas Sarkozy débouté dans l'affaire des poupées vaudou

Le tribunal de grande instance de Paris a finalement rendu sa décision sur le sort des poupées vaudou à l'effigie du chef de l'Etat, en faveur de l'éditeur K&B ! Les trois juges ont signalé que "cette représentation non autorisée de l'image de M. Sarkozy ne constitue ni une atteinte à la dignité humaine, ni une attaque personnelle, et s'inscrit donc dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour". Lancé le 9 octobre à 20 000 exemplaires, la poupée vaudou - déjà en rupture de stock - peut donc rester dans le commerce en toute légalité. Peu habitué à être débouté depuis son élection (se souvenir de l'affaire du SMS ou de celle de la pub Ryan Air), Nicolas Sarkozy ne l'entend pas de cette oreille, et décide de faire appel, réclamant toujours "la cessation de la diffusion de la poupée vaudou et le retrait immédiat du Manuel de tous les points de vente", une amende et le remboursement de ses frais d'avocat. On ne dira donc pas que l'affaire est close.




Prix Virilo : un prix à moustache en réaction au Fémina

Posté par Mélanie le 27.10.08 à 17:15 | tags : news, prix

Enfin un peu d'humour et de légèreté dans les prix littéraires. Le dernier-né, le prix Virilo accomplit la performance de prendre le contre-pied du Fémina avec une certaine classe. Créé et présidé par Philippe Butigieg et quelques-uns de ses potes d'HEC, ce qui ressemble fortement à une vaste plaisanterie a le mérite d'apporter au moins un peu de dérision dans l'univers parfois si écrasant de sérieux des prix littéraires.

La profession de foi du Prix Virilo procclame son ambition de "rétablir l'équilibre, le continuum espace temps, en apportant l'autre vital au Femina. Alors seulement la littérature cessera d'être pied-bot. Son boitillement stérile, qui prête à rire car les enfants sont cruels, laissera place à une marche victorieuse sur le chemin de la transcendance." Rien que ça! Car, "hélas, si les femmes ont enfin une voix littéraire, les hommes abiment leur jugement dans des jurys sans envergure, car mixtes".

 

Les membres du jury s'engage donc à porter une moustache pour distribuer trois récompenses le 3 novembre prochain, à 11h30, au Café de l'ambassade, rue Boissy d'Anglas, à Paris.

Il s'agit d'abord du prix Virilo qui récompense le coup de coeur littéraire de l'année. Sont nommés:

L'inévitable Où on va papa? de Jean-Louis Fournier

Emile l'africain de Emile Brami

Courir de Jean Echenoz

Vue sur la mère de Julien Almendros

Un Chasseur de Lions d'Olivier Rolin

Polichinelle de Pierric Bailly

Les figures de Robert Alexis

Zone de Mathias Enard

 

Le Jury remettra aussi Ze Virolo Prize, "mauvais jeu de mot en franglais (very low prize), récompense le coup de coeur non francophone".

Sont en lice:

Le week-end de Bernhard Schlink

Chaos calme de Sandro Veronesi

S'agapo de Renzo Biasion

La ville intemporelle ou Le vampire de Barcelone de Francisco Gonzales Ledesma

 

Enfin, le prix le plus intéressant et le moins convenu, en terme de séléction, le Prix Trop Virilo qui entend récompenser "le livre témoignant de la plus vivace poussée de testostérone" sera remis à l'une des oeuvres suivantes :

Enculée de Pierre Bisiou

La marge molle de Johann Trümmel

Trois hommes seuls de Christian Oster

Testo junkie de Beatriz Preciado

Source: Bibliobs

sur Facebook: groupe "Je soutiens le prix Virilo"




Doc Gynéco "choqué" par le livre de son ex Christine Angot

Posté par Mélanie le 27.10.08 à 15:19 | tags : news

Et revoilà Doc Gynéco, de retour sur la scène médiatique avec un nouvel album produit par Pierre Sarkozy. Interviewé dans le Parisien d'aujourd'hui, il lui est difficile d'éviter les questions sur Le Marché des Amants de son ex maîtresse, Christine Angot qui relate dans le moindre détail leur liaison. A l'évocation de la très controversée auteure, dont le "style consiste à raconter des détails sur ses relations sexuelles", le rappeur s'est dit "choqué de voir tout ça écrit", bien qu'il reconnaisse être flatté de l'attention dont il bénéficie:"des copains écrivains m'ont expliqué que je faisais, quelque part grâce à elle, mon entrée dans la littérature française. Pour un mec comme moi, c'est pas mal."

L'auteur-compositeur, célèbre pour la finesse et l'élégance de sa plume (Ma salope à moi, String my belle...), s'était déjà épanché en septembre dernier dans le magazine Elle. Il confiait la gêne ressentie à la lecture du Marché des Amants. "J'ai eu l'impression d'ouvrir une porte et de me voir faire l'amour! Je ne m'attendais pas à une description aussi... impudique" confiait-il au journaliste. En critique avisé et homme de lettres, il reconnaissait alors au Marché des Amants des qualités littéraires certaines: "Il est bien écrit, même s'il y a quelques mots que je ne comprends pas."

 

 

 

Source: Bibliobs 




William McGonagall, le pire poète de Grande Bretagne

Posté par 2goldfish le 27.10.08 à 09:55 | tags : poésie

Il y a quelques mois de ça, William McGonagall a fait mieux que J.K. Rowling a une vente aux enchères où trente cinq de ses poèmes sont partis pour 600 livres de plus qu'une collection des premières éditions d'Harry Potter dédicacées. McGonagall, écossais qui a vécu entre 1825 et 1902, est en effet reconnu pour être le pire poète au monde (au moins dans le Royaume Uni qui ne voit pas plus loin que son nez).

Tisserand à Dundee en Ecosse, McGonagall a eu une révélation à l'âge de quarante-sept ans : il était un poète et pas seulement ça, il était l'un des tout meilleurs. Il entreprit donc d'écrire sur tous les sujets qui lui importait : la reine, les faits divers, les ponts, les autres poètes... Il les lisait souvent dans la rue, ou bien il pénétrait dans les taverne pour donner une lecture impromptue de ses oeuvres moralisatrices sur les méfaits de l'alcool. Ces dernières étaient les favorites de tous ceux qui en étaient venu à apprécier les nombreuses occasions de jeter de la nourriture sur le poète indifférent à l'accueil du public. Sa métrique bancale, son mauvais emploi des métaphores et son vocabulaire limité lui ont permis très vite de se distinguer comme l'un des meilleurs poètes de sa génération... dans la catégorie "mauvaise poésie".

A cette même époque pourtant, en France, on se mettait aux vers libres, aux versets et on se libérait des vieilles règles de la poésie qu'on a toutes oubliées aujourd'hui (on a même pratiquement oubliée la poésie, à vrai dire). Comment donc ont vieillit ces poèmes naïfs ? Je vous laisse en juger avec cet extrait de son plus célèbre poème, "The Tay Bridge Disaster", soigneusement (mal) traduit par mes soins :

 

Beautiful Railway Bridge of the Silv’ry Tay!
Alas! I am very sorry to say
That ninety lives have been taken away
On the last Sabbath day of 1879,
Which will be remember’d for a very long time.

‘Twas about seven o’clock at night,
And the wind it blew with all its might,
And the rain came pouring down,
And the dark clouds seem’d to frown,
And the Demon of the air seem’d to say-
“I’ll blow down the Bridge of Tay.”

 

Beau pont ferroviaire de Tay l'argentée !

Hélas! Je suis désolé d'annoncer

Que quatre-vingt dix vies ont été emportées

En 1879, au dernier Sabbat de l'an

Dont on se souviendra pour un très long temps

 

Il était sept heure, la nuit,

Et le vent soufflait autant qu'il le puis,

Et la pluie vint se déverser,

Et les nuages noirs semblèrent se fâcher,

Et le démon de l'air parut crier

"Je vais souffler le pont de Tay"

 

McGonnagal, pas comme le pont, ne s'est jamais démonté : il avait écrit une ode à la gloire du pont du temps où il tenait, il en écrit une autre pour le nouveau qu'on bâtit par la suite. 




Entendre Baudelaire et Keats parler ? C'est possible...

Posté par Myosotis le 24.10.08 à 14:51 | tags : elucubration, littérature en vidéo, poésie

Vous aviez déjà eu envie d'entendre Baudelaire, Emily Dickinson ou John Keats dire de la poésie en vrai ? Nous non, mais visiblement les types responsables de ces animations incroyablement.... hideuses, avaient placé très haut dans la liste de leurs fantasmes cette idée d'animer les grands poètes disparus. Le résultat est évidemment à la hauteur de l'idée originale. Oui, John Keats donne son poème comme si vous y étiez : imaginez vous à Rome au XIXème siècle, Piazza Navona (Keats habitait là à la fin de sa vie, on peut visiter sa maison, voir son lit de mort, son pot de chambre, ses lettres, cela vaut le déplacement), Keats est là, près de vous, maladif et déprimé, et comme toujours, envisage le pire. Et le pire, ce n'est pas la guerre, pour une fois, non, le pire c'est évidemment la mort qui prend trop jeune et vous entraîne de l'autre côté du miroir. Keats est là, respire en 3D et vous lance comme cela la bouche en coin et le visage comme métamorphé au botox du futur ces quelques vers magiques qu'on vous redonne ici en quasi intégralité. Le sommet de la poésie romantique, le sommet du sommet de la beauté faite vers et, il faut l'avouer (sus au chauvinisme) un cran au dessus du Balcon de Baudelaire. Hérésie.
On ne va pas mettre en balance ici Keats et Baudelaire qui n'ont à peu près rien à voir ensemble, si ce n'est qu'ils respiraient tous les deux le bonheur et souffraient visiblement, terriblement d'une déformation congénitale et réellement handicapante des lèvres inférieures et supérieures. Parions que s'ils avaient pu voir ces animations, les deux géants auraient trépassé dans l'heure ou composé des vers autrement plus déprimants et sombres que les leurs.

When I have fears that I may cease to be........
When I have fears that I may cease to be
Before my pen has glean'd my teeming brain,
Before high piled books, in charactry,
Hold like rich garners the full-ripen'd grain;
When I behold, upon the night's starr'd face,
Huge cloudy symbols of a high romance,
And think that I may never live to trace

Their shadows, with the magic hand of chance;
And when I feel, fair creature of an hour!
That I shall never look upon thee more,
Never have relish in the faery power
Of unrelenting love:--then on the shore
Of the wide world I stand alone, and think
Till Love and Fame to nothingness do sink.



Jeff Noon dans les libraires : Alice au pays des pixels

Posté par Maxence le 24.10.08 à 14:35 | tags : news, roman, science-fiction

Cela faisait longtemps que nous n'avions pas parlé d'un des auteurs les plus allumés de la perfide Albion, j'ai nommé Jeff Noon, l'inventeur du "Vurt". Le Vurt. C'est ainsi que l'anglais nomme le monde de l'au-delà de la matrice. A la fois trip psychédélique et réalité parallèle digitale et organique. Métaphore de la métempsycose de la virtualité (soit "la transmigration des âmes" mais cette fois, dans des univers virtuels) qui envahit peu à peu notre quotidien et reflet par delà le miroir d'un Manchester futuriste "Lewis Carrolisé". DJ des mots, véritable sampler à idées au de sein la science-fiction contemporaine, le mancunien est issue de la club culture et a bâtit son univers unique, mélange d'Alice au pays des merveilles et de rêveries sous ecstasy, autour des musiques électronique acides des 90's. Or, ça y est, c'est officiel, La Volte, le petit éditeur qui ose, vient d'annoncer l'arrivé dans toutes les bonnes crèmeries (parfois en rayon science-fiction, parfois en littérature étrangère, comme il tient à le préciser à raison vu la dimension transgenre des livres du bonhomme), de Nymphormation et Pixel Juice, un nouveau roman traduit en français et un recueil de nouvelles de cet anglais que l'on qualifiera avec retenue  - et pudiquement de "Lewis Carroll sous influence de substances puissamment hallucinogènes". C'est aussi l'occasion de relire l'interview que nous avait accordé le bonhomme en 2006 au moment de la sortie de Pollen et de la réédition de Vurt chez le même éditeur. Profitez en également pour lire un extrait de Pollen ici.

 

Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, Fluctuat vous promet chronique et compte-rendu de lecture sous peu... stay tuned !

 

Le site de La Volte




Angoulême 2009 : le programme et la sélection officielle

Posté par 2goldfish le 24.10.08 à 13:09 | tags : bd, angoulême

Ce matin en conférence de presse au centre Pompidou à été annoncé le programme du Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême. Côté organisation, on nous assure que financièrement tout va bien, grâce à la FNAC, la SNCF, la Caisse d'Epargne etc... Mais le retrait du soutien du ministère de la culture va forcément se faire sentir à un niveau ou à un autre.

Sur le papier cependant, le programme est vraiment alléchant, peut-être un peu plus que d'habitude : il y a l'obligatoire expo des présidents Philippe Dupuy et Charles Berbérian , des concerts dessinés avec les équipes musiciens/dessinateurs Arthur H / Christophe Blain, Rodolphe Burger / Dupuy & Berbérian et Arno / De Moor & Nix, et pour les spécialistes la perspective des expos consacrées aux manwhas alternatifs, à Winshluss de Feraille et à Shigeru Mizuki ; enfin la présence de Joe Daly, Daniel Clowes, Chris Ware ou Posy Simmonds sont suffisantes pour nous vendre le festival.

La sélection officielle est fidèle à elle-même : un peu de tout, de tous les éditeurs surtout, ce qui ne contentera peut-être personne mais ne fachera probablement pas non plus.

 

3 déclinaisons de Pierre Maurel

American Elf de James Kochalka

Les amis de François Ayroles

The Autobiography Of A Mitroll, Mum Is Dead, tome 1 de Bouzard

Les Bidochon, Tome 19 : Internautes de Binet

BigFoot, Troisième Balade - créatures de Nicolas Dumontheuil adapté de Richard Brautigan

Bons, mauvais, grands et petits joueurs de Anne Rouquette

Bottomless Belly Button de Dash Shaw

Cité 14 Saison 1 de Gabus et Reutimann

De Gaulle à la plage de Ferri

Esthétique et filatures de Tanxxx et Lisa Mandel

Ferme 54 de Galit et Gilad Seliktar

Filles Perdues d’Alan Moore et Melinda Gebbie

La force des humbles de Irata

Le goût du chlore de Bastien Vivès

Le goût du paradis de Nine Antico

Les Gouttes de Dieu, tome 1 de Tadashi Agi et Shu Okimoto

La Guerre d'Alan, tome 3 de Emmanuel Guibert

Gus, tome 3 de Christophe

Harding Was Here, tome 1 de Midam et Adam

L’Héritage du colonel de Varela et Trillo

La Jeune Fille et le nègre de Judith Vanistendael

Jonathan, Elle, tome 14 de Cosey

Le Livre des destins, La Métamorphose, tome 2 de Le Tendre et Biancarelli

Lock Groove Comix n°1 de Jean-Christophe Menu

Loin d'Etre Parfait d'Adrian Tomine

Long John Silver, Neptune, tome 2 de Dorison & Lauffray

Lucien, Tome 9 : Toujours la banane de Frank Margerin

Lulu femme nue, premier livre de Étienne Davodeau

Le Marquis d’Anaon, La chambre de Kheops, tome 5 de Bonhomme & Vehlmann

Martha Jane Cannary, tome 1 de Blanchin et Perrissin

Marzi (1984-1987) : la Pologne vue par les yeux d’une enfant de Savoia et Sowa

Mattéo de Jean-Pierre Gibrat

Max Fridman, tome 5 de Vittorio Giardino

Mon Frère nocturne de Joanna Hellgren

Mon gras et moi de Gally

Nage libre de Sébastien Chrisostome

No comment de Yvan Brun

Oncle Gabby de Tony Millionaire

Pauvres zhéros de Baru, Pierre Pelot

Le Petit Christian, tome 2 de Blutch

Pinocchio de Winshluss

Pluie du paradis de Yu lu

Le Roi des mouches, L’Origine du monde, tome 2 de Mezzo et Pirus

Salade de fluits, tome 2 de Mathieu Sapin

Séquelles de Hugues Micol

Shutter Island de Christian De Metter, Dennis Lehane

Spirou et Fantasio, Le Journal d’un ingénu de Émile Bravo

Tamara Drewe de Posy Simmonds

Tout seul de Christophe Chabouté

Trésor de Lucie Durbiano

Le Tricheur de Ruppert et Mulot

Undercurrent de Toyoda

Ushijima, tome 3 de Manabe

Le Voleur de Visages de Junji Ito

Wanted de Mark Millar, Malcolm Jones et Mounts

 

 




Dernière sélection du Prix Décembre 2008

Posté par Mélanie le 24.10.08 à 10:58 | tags : news, prix
Le jury du prix Décembre, qui sera remis le 12 novembre prochain, a dévoilé ses finalistes. Il s'agit de :

 

Mathias Enard  pour Zone chez Actes Sud

Tristan Garcia pour La Meilleure Part des Hommes chez Gallimard

Denis Podalydès pour  Voix off chez Mercure de France

 

Mathias Enard concourre également pour le prix France Télévisions, et Tristan Garcia, qui figure parmi les favoris de cette saison de prix littéraires, est en lice pour le Médicis et le Flore.

 

Voir nos entretiens avec Mathias Enard et avec Tristan Garcia




10 livres qu'il ne faut pas lire avant de mourir

Posté par Céline le 23.10.08 à 16:10 | tags : elucubration, news, short-list
Notre société est pressée. Combien de livres, de films, de chansons, d'articles, de pub, pour nous rappeler qu'il faut en profiter un max avant d'y passer ? Qu'il y a des choses à ne pas rater ? Le topique de la liste de choses à faire absolument au cours de sa vie revient régulièrement - particulièrement pendant la période des fêtes de fin d'année - vous rappeler que non, vous n'aurez pas le temps, mais qu'il faudrait le trouver quand même...

Richard Wilson, un producteur d'émissions télévisées, inverse la tendance en publiant Can't be arsed : 101 Things Not to Do Before You Die, que l'on pourrait traduire par "Soyez Flemmard : 101 choses à ne pas faire avant votre mort". Titre éloquent (à prendre au second degré bien entendu).

 

Voici l'exemple d'une liste extraite de l'ouvrage, publiée dans le Times, qui conseille dix romans à ne pas lire, car profondément chiants(!). Chaque titre est suivi d'arguments désinvoltes, plutôt très insolents (qui prêtent souvent à sourire) contre des auteurs officiellement considérés comme des piliers de la littérature mondiale . En voici des extraits (traduction libre).

 

10. Ulysse de James Joyce
« Je me souviens de mon professeur d'anglais disant qu'il connaissait quelqu'un qui avait réussi à le finir (...) J'aurais plutôt pensé que c'était le devoir d'un grand livre de vous entraîner jusqu'à la dernière page (...) »

 

9. Le Seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien
« Ce que je peux dire de mieux sur ce livre, c'est qu'il s'avère être un outil très utile pour vous aider à choisir vos amis. (...) Je sais que je n'ai rien de commun avec quelqu'un qui l'a lu."

 

8. Pour qui sonne le glas d'Ernest Hemingway
« Le style d'Hemingway est d'abord impressionnant. (...) Ensuite, vous réalisez qu'il est un peu aride et chiant, et plus vous en apprenez sur Hemingway, plus vous réalisez qu'il est lui aussi un raseur : un affreux macho obsedé par la corrida, les armes, la boxe et attraper un gros poisson. (...) »

 

7. À la Recherche du Temps Perdu de Marcel Proust
« Oui, oui, il a goûté un petit gâteau qui lui a fait penser à son enfance, nous savons tous ça. Si je veux me souvenir de mon enfance je regarde des photos. »

 

6. L'Homme-Dé de Luke Reinhart

5. Las Vegas Parano de Hunter S. Thompson

4.
The Beauty Myth (Le Mythe de la beauté) de Naomi Wolf

3. Guerre et paix de Léon Tolstoï ("Way, way too long.")

2. L'Iliade d'Homère

1. Orgueil et préjugés de Jane Austen


Quelques jours plus tard, Times complète cette liste de livres « à éviter » avec des titres proposés par les lecteurs, qui se sont pris au jeu. Et vous, quels romans adorez-vous détester ?

 

1. La Révolte d'Atlas d'Ayn Rand

2. Le Guépard de Giuseppe tomaso di Lampedusa

3. Le Château de Franz Kafka

4. Catch 22 de Joseph Heller

5. L'Attrape coeurs de J. D. Salinger

"Probablement l'un des livres les plus surmédiatisés de l'histoire de la littérature", a écrit un lecteur.

 

Taken From Can't Be Arsed: 101 Things Not to Do Before You Die, Richard Wilson (Portico Books, £9.99). Illustrations © Jack Noel.

 

Source : Timesonline

 




Le manuel et la poupée vaudou Sarko retirés des ventes ?

Posté par Mélanie le 23.10.08 à 14:16 | tags : édition, news

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, va-t-il obtenir de la justice le retrait des manuels et poupées vaudou à son effigie commercialisés par la maison d'édition K&B depuis quinze jours?

Ces manuels humoristiques sur le parcours du président, tirés à 12 000 exemplaires, s'accompagnent de douze aiguilles à piquer sur la poupée à l'effigie de Sarkozy. Le corps de la poupée est bardé de références aux "heures de gloire" du président comme "170%" rappelant la veritigineuse augmentation de salaire qu'il s'est auto accordée en début de mandat ou encore le fameux "casse-toi pauv'con" du salon de l'agriculture. Un manuel similaire à l'effigie de Ségolène Royal comporte lui les mentions "vive le Québéc libre" et "justice chinoise". L'ex-candidate PS à la présidentielle, elle aussi peu avare en matière de poursuites judiciaires, ne s'est pourtant pas publiquement émue d'être ainsi représentée.

Assignée en référé, la maison d'édition comparaîtra devant le tribunal de grande instance de Paris le vendredi 24 à 15h. La juge aux référés, Isabelle Nicolle décidera si oui ou non ce manuel constitue une violation du droit à l'image du chef de l'Etat et si, le cas échéant, celle-ci mérite un retrait total du commerce de l'oeuvre incriminée.

Les éditions K&B ont fait savoir leur indignation et juge "totalement disproportionnée" la demande de retrait "compte tenu de l'aspect ludique et humoristique du Manuel". La maison d'édition fondée en 2001 par le directeur artistique Jean-François Kowalski et la journaliste Caroline Bee peut d'ores et déjà se réjouir de l'immense coup de pub que leur offre Nicolas Sarkozy pour un objet en passe d'être collector.

Le manuel vaudou Sarkozy figure actuellement en tête des ventes sur Amazon.fr, celui de Ségolène Royal occupe la cinquième place.

Pour commander votre Sarko vaudou avant liquidation judiciaire: K&B

 

Source: AFP

 

 

 




Botho Strauss : Manifeste contre le monde secondaire

Posté par Myosotis le 23.10.08 à 10:34 | tags : essai, théâtre

"En quelques semaines, nous avons vu des empires s'écrouler, et du jour au lendemain nous avons vu des gens, des lieux, des opinions, des doctrines, abandonnés, transformés, rejetés. L'imprévisible s'était acquis son droit et ouvrait une brèche dans la trame apparemment impénétrable des programmes et des prévisions, des habitudes prises et des conséquences logiques. L'événement enseignait à tous que l'Histoire, tout comme la Nature, se plaît particulièrement à faire des sauts. Bien que, dans cette circonstance, nulle particule ne fût plus employée que le préfixe "re", il s'agissait moins que tout de restauration ou de retour. Ce qui se produisait tenait bien plutôt de cette force de surgissement que dans les sciences biologiques l'on qualifie par l'expression d'"émergence" : quelque chose de nouveau, quelque chose qu'on ne pouvait déduire à ce jour de l'expérience, se manifestait soudain et modifiat la "totalité du système", en l'occurrence : le monde.

La révolution qui s'opérait, ou, plus précisément, cette masse émergente de multiples formes de destruction, pression et résistance, devait avoir dès le début la valeur d'une marche vers l'ordre établi en Occident, et sa dynamique va s'épuiser dans la régulation de synchronisations et le besoin de compensation. Mais, dans la conscience de nombre des personnes concernées, l'autome dernier vint rompre l'illusion et mettre un terme par d'amères perspectives à un long sommeil, plus ou moins pénible, de Belle au bois dormant. L'ultime vengeance du régime totalitaire déchu, c'était aussi un bas les masques otal, la révélation négative d'une sotériologie terrestre manquée : tout faux depuis le commencement ! "

 

Un mot peut-être ce sotiérologie qui désigne l'étude du salut, la délivrance d'un état ou d'une condition non désirée. A ce mot près, cette introduction du Le Soulèvement contre le monde secondaire est un texte parfait. Cela tombe bien car c'est cette page qui démarre le petit ouvrage de reprise des essais de Botho Strauss, le dramaturge de l'incommunicabilité allemand, sur lequel je suis tombé par hasard. Strauss est un monument du théâtre allemand et européen. Il a un peu plus de 60 ans et a livré des pièces incroyablement... déprimantes traitant (pour faire bref) de la solitude humaine. Berlin est sa scène préférée et vous pouvez toujours aller chercher du côté de la Trilogie du Revoir, pour savoir de quoi il retourne.

Ses essais, et le premier notamment paru pour la première fois en 1990, soit quelques mois après la chute du mur de Berlin, sont tout bonnement remarquables, d'une précision littéraire et d'une clarté intellectuelle impressionnantes. Le premier est sous-titré "observations pour une esthétique de la présence" et c'est exactement ce dont parle Strauss : les rapports entre le réel et le sacré, entre l'art et le réel, entre la vision de l'homme, sa conception du monde, et l'aspiration au salut. Sa thèse est, si l'on s'amuse à dire ça simplement, que partout où il y a une expérience du sens, il y a présence de l'irrationnel et donc manifestation (sous une forme ou une autre) du sacré. Ce qui intéresse Strauss, c'est ce qu'il appelle l'indémontrable, le coeur de la fiction, comme production spirituelle et témoignage d'une absence de réalité, manifestation désordonnée ou rationnelle d'un ordre caché. On voit mieux ce que cette gestion paradoxale peut amener à l'analyse de l'Histoire et spécifiquement depuis la position dont parle Strauss : cette Allemagne qui après avoir été l'Allemagne de 1933 est devenue l'Allemagne de 1945 puis, enfin, celle de 1989.

 

La théorie de Strauss permet de tenir à distance l'enthousiasme, tout en ne se coupant pas de son énergie, elle permet à sa façon de neutraliser une conception qui verrait la rupture en moteur du changement, les ères séparées les unes des autres. Strauss relativise l'événement non pas en tant que tel mais en tant qu'il s'inscrit dans une manifestation continue et contigue presque du changement. Sans le savoir, il défend une sorte d'approche systémique de l'Histoire qui lui rend une fluidité presque totale. Sans qu'on puisse épuiser toute la richesse de ses thèses, cette série d'essais est très stimulante pour la pensée, en plus d'être un plaisir pour la lecture. Strauss n'est pas un grand dramaturge pour rien. Ainsi, on trouve aussi cette phrase un peu plus loin qui sonne merveilleusement : "la modernité ne se terminera pas sur ses pentes douces du post-moderne, elle s'achèvera par le choc culturel, choc qui ne frappera pas les sauvages mais les oublieux, rendus à leur désert." Convaincus ?    

Botho Strauss - Le Soulèvement contre le monde secondaire - Edition de l'Arche - 92 pages (1996)




Les plus grands écrivains anglo-saxons du 20e siècle réunis sur deux cds

Posté par Céline le 22.10.08 à 16:01 | tags : bibliothèque, news
Scott Fitzgerald récitant Othello, Tennessee Williams dénigrant publiquement les critiques, Raymond Chandler conversant, complètement ivre, avec Ian Fleming... Faute d'avoir assisté à tous moments inoubliables, il est désormais possibles de les écouter sur cds ! La British Library (Bibliothèque Nationale du Royaume-Uni) fait paraître pour la première fois de rares enregistrements d'auteurs anglo-saxons, issus de son fonds d'archives sonores.

Une véritable « mine d'or littéraire », qui réunit sur deux cds 30 écrivains britanniques et 27 américains, parmi lesquels Virginia Woolf ou Conan Doyle, dont ce sont là les uniques enregistrements conservés.

 

« La raison pour laquelle les gens adorent écouter ces cds, constate Richard Fairman, du service des Archives sonores, c'est que nous lisons ces auteurs et que nous les connaissons à travers la lecture de leurs œuvres. Mais lorsque nous les entendons parler c'est comme les rencontrer en personne. Ce n'est pas tout à fait aussi bien que de les voir s'approcher de vous, mais ce n'est pas mal ».

On s'imaginera alors en présence de Nabokov, qui au cours d'une interview répond aux questions avec le style d'un mauvais acteur récitant ses vers ; de Tennessee Williams qui, avec sa chaleureuse voix traînante, avoue dans une émission initialement diffusée sur la BBC que beaucoup de gens ont profité de lui : « je suis une personne extrêmement malléable. Quasiment n'importe qui peut me retourner entre ses mains. Et j'ai été manipulé par tellement de mains que je me sens comme un "bretzel multiple" ».

L'une des pistes les plus troublantes semble être celle où l'on entend un entretien avec le dramaturge Joe Orton, realisé une semaine avant qu'il fut poignardé par son amant Kenneth Halliwell.

Ces deux cds proposent les derniers des « enregistrements historiques » en possession de la British Library. Fairman explique qu'il reste de nombreux vides à combler dans les archives sonores de la bibliothèque, et lance un appel à quiconque détiendrait par exemple un enregistrement de DH Lawrence, John Galworthy ou George Orwell...

 

The Spoken Word : British Writers and American Writers, £19.95 chaque volume

 

Source : The Guardian, 22 octobre 2008




Touche pas à mon Prophète

Posté par Mélanie le 22.10.08 à 12:14 | tags : édition, news

Les fondamentalistes islamiques ne relâchent pas la pression qu'ils exercent à l'encontre des écrivains qui osent évoquer Mahommet ou le Coran, à l'instar de Salman Rushdie, victime d'une fatwa pour ses Les Versets sataniques, il y a plus de vingt ans.

Un poète jordanien a été accusé d'insulte à l'islam pour avoir introduit des versets du Coran dans un recueil de poésies publié en juin sans l'approbation des autorités. La loi jordanienne interdisant la publication d'écrits qui pourraient être perçus offensants pour l'islam, Islam Samhan risque jusqu'à trois ans de prison et une amende pouvant s'élever à 20.000 dinars (environ 28.000 dollars).

Cet évènement suit de près l'affaire du La joyau de Médine de la journaliste américaine Sherry Jones dont l'éditeur, Gibson Square, a été attaqué pour en empêcher la parution. Ce roman historique sur Aïcha, la dernière épouse du Prophète, n'est finalement pas encore sorti au Royaume-Uni, le domicile londonien de son éditeur, Martin Rynja, ayant été incendié au cocktail Molotov , fin septembre .

Mêmes tensions aux Etats-Unis. Fin août, l'éditeur américain Random House renonçait in extremis et «par mesure de sécurité» à sortir le Joyau de Médine, suivant l’avis d’une universitaire américaine spécialiste de l’Islam qui recommandait de «ne pas jouer avec une histoire sacrée et en faire de la soft pornographie.» «Quiconque lira le livre verra qu’il ne fait qu’honorer le prophète et son épouse favorite, avait répondu l’auteur. J’ai délibérément et consciemment écrit de façon respectueuse sur l’Islam et sur Mahomet. Estimer qu’il pourra provoquer des réactions violentes de certains musulmans est absurde.» ajoutait-elle. Salman Rushdie avait alors dénoncé dans le Guardian une «censure par la peur»: «le fait que l'un des plus grands éditeurs du monde refuse de publier un livre à cause d'avertissements témoigne de l'état de la liberté d'expression aux Etats-Unis».

C'est finalement la maison d'édtition Beaufort Books qui a publié le roman, sous protection renforcée du FBI et à une date avancée pour court-circuiter d'éventuelles attaques.

Le roman devrait également paraître au Brésil, en Italie, en Allemagne, en Russie et en Espagne. Reste à savoir si un éditeur français se risquerait à publier le Joyau de Médine qui s'annonce être un best-seller.

 




Les joies du crédit avec Kurt Vonnegut Jr : C'est celui qui le dit qui y est (16)

Posté par Myosotis le 22.10.08 à 12:00 | tags : élucubration, littérature en vidéo, roman
En ces temps de crise, l'avis d'un écrivain culte n'est pas forcément superflu pour soutenir l'économie. Kurt Vonnegut Jr vous le dit donc : il faut consommer, à crédit de préférence, et en utilisant une carte de crédit à réserve illimitée, c'est mieux. Claquez votre fric, achetez des biens de consommation, des disques, des livres, n'importe quoi, de l'électro-ménager, des strings, des pins, et.... des livres de Kurt Vonnegut Jr qui, quoi qu'on en dise, seront des investissements pour le futur. Il y a quelque chose de bizarre, alors qu'on aurait pu tout simplement choisir un extrait d'une de ses nombreuses lectures ou interviews, à choisir l'une des seules publicités tournées par ce pape de la SF expérimentale underground.
Kurt Vonnegut Jr est mort à il y a 18 mois à peu près, des suites d'une chute (et de quelques traumas cérébraux) à 84 ans et quelques. "Au pays", Kurt Vonnegut Jr est devenu, depuis sa mort, plus célèbre et précieux que jamais. Ses héritiers ont démarré il y a quelques mois la publication de ses écrits posthumes, dont une première série de nouvelles intitulée Armageddon in Retrospect, qui parle, comme souvent chez lui, de la guerre et de ses conséquences. Avant d'être un joyeux écrivain déconnant, libertaire et iconoclaste, Kurt Vonnegut Jr a été avant tout un témoin privilégié de la Seconde Guerre Mondiale. En décembre 1944, il fut capturé, isolé, avec 5 autres compagnons d'armes par les nazis et emprisonné à Dresde où il assista, trois mois plus tard, au plus grand massacre de civils par les alliés de toute la seconde guerre (devant Hiroshima). Kurt Vonnegut ne doit son salut alors qu'au fameux Abattoir 5, The Slaughterhouse 5, un hangar fortifié, abattoir récupéré par la Wehrmacht et transformé à la fois en camp de prisonniers et en lieu de crémation pour les corps des victimes des nazis et des alliés. Vonnegut et ses amis d'infortune étaient chargés de brûler les cadavres, lesquels, dans une de ses images les plus horribles, étaient devenus assez vite si nombreux qu'il fallait les terminer au lance-flammes.
Une certaine idée de l'Amérique
De retour aux Etats-Unis, il tenta de suivre des études de lettres mais sa thèse, sur les rapports entre les peintres cubistes et les révolutionnaires native americans du XIXème siècle fut rejetée, avant que son premier roman Cat's cradle (Le Berceau du chat), à la fin des années 60, ne lui ouvre finalement les portes de l'Université. Kurt Vonnegut Jr connut alors une carrière assez étrange : peu valorisé par ses pairs même si son récit SF de l'épisode Dresdois (Abattoir 5, justement), sorti en 1969, fut reconnu ensuite comme un chef d'oeuvre, Vonnegut devint assez vite une sorte de légende underground, la personification d'une "certaine idée" de l'Amérique et des Américains, plus commenté et chéri que véritablement lu.
Ses livres sont truffés de sexe, d'extraterrestres et de développements sur la destinée, l'irrationnalité des hommes. Dans Abattoir 5, Vonnegut reprend presque mot pour mot, sa situation de février 1945, au milieu des bombes et des morts. Son héros Billy Pilgrim est un soldat qui se retrouve évidemment à Dresde à l'époque du grand bombardement mais qui se fait opportunément abducter par les habitants de la planète Tralfamadore, lesquels l'exposent dans un zoo à côté d'autres célébrités. Billy revient ensuite sur Terre mais se fait assassiner en 1976, par l'ami d'un ami dans le cadre d'une vengeance absurde.
Abattoir 5 est un roman exceptionnellement drôle, compte tenu des circonstances, et une excellente illustration de la maestria de Kurt Vonnegut Jr, qui, à son meilleur, est vraisemblablement le meilleur écrivain de série Z du XXème siècle, un maître capable de mêler l'Histoire, la philosophie politique, les voyages dans le temps et des tas d'autres choses, sans qu'on s'aperçoive de quoi que ce soit. Cette publicité pour une carte bancaire est son meilleur rôle au cinéma et un bel exemple des contradictions de son personnage et de son Amérique.



Prix Fémina : le dernier choix de ces dames

Posté par Céline le 22.10.08 à 10:12 | tags : news, prix

Le jury du Fémina a allégé sa sélection, et décide de garder en lice six titres français tous d'éditeurs différents. Le prix sera remis le 3 novembre, après celui de l'Académie française.

 

Romans français

Jean-Louis Fournier, Où on va, papa ? (Stock)

Dominique Mainard, Pour vous (Joelle Losfeld)

Olivier Poivre d'Arvor, Le voyage du fils (Grasset)

Anne Serre, Un chapeau léopard (Mercure de France)

Maylis de Kerangal, Corniche Kennedy, Verticales

Martin Provost, Léger, humain, pardonnable, Le Seuil 

 

Romans étrangers

Charles Lewinsky, Melnitz (Grasset)

Vladimir Pistalo, Millénaire à Belgrade (Phébus)

Sasa Stanisic, Le Soldat et le Gramophone (Stock)

Dubravka Ugresic, Le ministère de la douleur (Albin Michel)

Sandro Veronesi, Chaos calme (Grasset)

 

Essais

Hélé Béji, Nous, décolonisés, Arléa

François Jonquet, Daniel, Sabine Wespieser

Denis Podalydès, Voix off, Mercure de France

Jacques Julliard, L’argent, Dieu et le diable, Flammarion

Alain Vircondelet, Séraphine, de la peinture à la folie, Albin Michel




William Gibson invité d'honneur aux Utopiales de Nantes !

Posté par Maxence le 22.10.08 à 10:00 | tags : festival, news

C'est officiel, en temps qu'invité d'honneur, l'écrivain William Gibson sera le parrain des Utopiales de Nantes qui se tiendront du 29 octobre au 2 novembre 2008 et dont le thème sera « Les réseaux » ! Le grand raout francophone de la science-fiction internationale aura la chance de voir défiler, outre l'ex-pape du cyberpunk, spécialiste des réseaux, du marketing de pointe et des nouveaux comportements engendrés par notre 21e siècle, Jeff Noon, Jean-Pierre Andrevon, Alastair Reynolds, Stéphane Beauverger, Xavier Mauméjean, Jacques Barberi, Sylvie Denis, Catherine Dufour, Greg Bear, Francis Berthelot, Sylvie Lainé, Pierre Bordage, l'ultra-encensé Hal Duncan, Jean-Claude Dunyach, Jean-Marc Ligny, Richard Morgan, Norman Spinrad, Roland C. Wagner, etc. (pour une liste complète des auteurs invités voir ici).

 

William Gibson lui, en profitera pour rallonger son séjour et faire un tour à Paris afin de dédicacer ces livres. Cette rencontre-dédicace unique se tiendra à la librairie Atout Livre le lundi 27 octobre à 19h30. Rappelons que l'américain qui présentait cette année Code Source, un thriller sociologique abordant avec humour les peurs de ce début de millénaire, nous a fait l'honneur d'une interview exclusive il y a quelques mois. Cette visite est l'occasion de le découvrir ou de le redécouvrir.

 

Voir le site des Utopiales




Prix Médicis : la nouvelle sélection

Posté par Céline le 21.10.08 à 18:36 | tags : news, prix

Le jury du Médicis a publié sa nouvelle et dernière sélection avant la remise du prix qui aura lieu le 5 novembre.

 

Domaine français

Mathieu Belezi, C'était notre terre (Albin Michel)

Tristan Garcia, La Meilleure Part des Hommes (Gallimard)

Carole Hachache, La plage de Trouville (Stock)

Jean-Marie Blas de Roblès, Là ou les tigres sont chez eux (Zulma)

Catherine Lepront, Disparition d'un chien (Le Seuil)

Patrice Pluyette, La Traversée du Mozambique par temps calme (Le Seuil)

Jean-Paul Enthoven, Ce que nous avons eu de meilleur (Grasset)

Olivier Rolin, Un Chasseur de Lions (Le Seuil)

 

Domaine étranger

Ian McEwan, Sur la Plage de Chesil (Gallimard)

Bernardo Carvalho, Le Soleil Se Couche à São Paulo (Métailié)

Sandro Veronesi, Chaos calme (Grasset)

Thomas Pynchon, Contre-Jour (Le Seuil)

Don deLillo, L'homme qui tombe (Actes Sud)

Charles Lewinsky, Melnitz (Grasset)

Peter Ackroyd, La chute de Troie (Philippe Rey)

Alain-Claude Sulzer, Un garçon parfait(Jacqueline Chambon)

Richard Ford, L'Etat des lieux (L'Olivier)

Denis Johnson, Arbre de fumée (Christian Bourgois)




Mobilisation massive pour Saviano

Posté par Mélanie le 21.10.08 à 14:47 | tags : news
La pétition publiée lundi en une de la Repubblica à l'initiative de six prix Nobel dont l'écrivain turc Orhan Pamuk, Mikhaïl Gorbatchev et Desmond Tutu a recueilli plus de 125 000 signatures. Les Nobel y appellent à la "responsabilité" de l'Etat italien dans l'affaire Roberto Saviano, jugeant "intolérable" que l'auteur du livre antimafia Gomorra soit menacé de mort "en Europe et en 2008". (Cf. billet du 14/10). Selon eux,"L'Etat doit faire tous les efforts possibles pour le protéger et vaincre la camorra. Mais le cas Saviano n'est pas seulement une affaire de police. C'est un problème de démocratie. La liberté de Saviano nous concerne tous, comme citoyens"

Mobilisation internationale du monde littéraire

L'appel a également été signé par l'écrivain allemand Günter Grass, le dramaturge italien Dario Fo et la sénatrice à vie Rita Levi Montalcini (Nobel de médecine). Auxquels se sont joints le Portugais José Saramago, les Britanniques Martin Amis, Ian McEwan, les Américains Jonathan Franzen, Jonathan Safran Foer ou l'Espagnol Javier Marias.

Le chef du Parti démocrate (PD) Walter Veltroni- politiquement affaibli depuis sa cuisante défaite aux législatives d'avril 2008 qui a signifié le retour aux affaires de Silvio Berlusconi- a également souscrit à cet appel.

 

Pour signer la pétition: La Repubblica

 

Source: AFP




La première biographie officielle de Garcia Marquez publiée à Londres

Posté par Céline le 21.10.08 à 11:25 | tags : biographie, édition, news

C'est la maison d'édition Bloomsburry qui l'annonce : elle a publié lundi la première "biographie autorisée" Gabriel Garcia Marquez, auteur de l'incontournable Cent ans de Solitude.

Gabriel Garcia Marquez, a life, a été rédigé par Gerald Martin, critique littéraire et enseignant de lettres à l'Université de Pittsburgh (Etats-Unis), à la suite d'entretiens réguliers avec l'écrivain colombien. Martin a également rencontré pour les besoins du livre des proches de l'écrivain : sa mère, son épouse, ses enfants, des dirigeants politiques comme Fidel Castro, avec lequel Garcia Marquez entretient une amitié de longue date, Felipe Gonzales, ex-chef du gouvernement espagnol,  plusieurs présidents colombiens, ou encore des écrivains comme Alvaro Mutis, Carlos Fuentes, Mario Vargas Llosa.
 
Bloomsbury présente cet ouvrage comme une biographie exhaustive de Garcia Marquez, Prix Nobel de littérature en 1982, aujourd'hui âgé de 81 ans, et dont la vie, toujours selon l'éditeur, oscille entre « la célébrité et le talent littéraire, entre la politique et l'écriture, entre le pouvoir, la solitude et l'amour ».

 

 




Yasmina Khadra : victime d'un complot des institutions littéraires ?

Posté par Céline le 21.10.08 à 10:53 | tags : news, prix
En cette période de prix littéraires, quelques écrivains et beaucoup d'éditeurs se rongent les ongles. Auront-ils cette fois la chance de voir leurs œuvres consacrées, leurs noms circuler, leurs ventes tripler ? Tandis que le suspense plane pour certains auteurs, d'autres n'auront pas même vu leur nom figurer sur l'une des nombreuses listes. D'autres, comme Yasmina Khadra, qui dans un entretien publié hier dans Le Parisien, s'indigne de que son dernier roman, Ce Que le Jour Doit a la Nuit, ait été écarté d'office par les jurys : « Disqualifié! Toutes les institutions littéraires se sont liguées contre moi. Ca n'a pas de sens ces aberrations parisianistes! »
 
L'ouvrage de Khadra est l'un des romans français qui s'est le mieux vendu ces deux derniers mois. L'œuvre de l'écrivain algérien est traduite dans de nombreuses langues, et lui a valu de nombreuses distinctions, en France et à l'étranger. Mais en cette rentrée, pas de mention spéciale. « Les gens pensent que ça a été facile pour moi de devenir écrivain. Ils n'ont rien vu de mon parcours. J'ai été soldat à l'âge de 9 ans », rappelle Yasmina Khadra, ancien militaire algérien qui écrit sous un pseudonyme féminin.
 
L'ensemble de ces déclarations, si elles ne portent pas de quoi appeler au scandale, font déjà le tour des journaux. Et si tous les écrivains en colère, laissés-pour compte des jurys littéraires, s'y mettaient aussi ? L'automne pourrait désormais devenir le moment de couvrir l'actualité des prix, mais aussi celle des non-prix.



Prix Interallié 2008 : deuxième sélection

Posté par Céline le 21.10.08 à 10:03 | tags : news, prix

Le jury de l'Interallié a rendu sa deuxième sélection : sur onze titres, cinq ont été retenus. Si Jean-Paul Enthoven et Michel Le Bris apparaissent comme des favoris, on relève aussi la présence d'une femme, dans ce très masculin milieu des prix littéraires... Le Prix Interallié sera remis le 18 novembre prochain.

 

Serge Bramly, Le premier principe, le second principe (Lattès)
François Cérésa, Les moustaches de Staline (Fayard)
Benoît Duteurtre, Les pieds dans l'eau (Gallimard)
Jean-Paul Enthoven, Ce que nous avons eu de meilleur (Grasset)
Dominique Jamet, Un traître (Flammarion)
Michel Le Bris, La beauté du monde (Grasset)
Colombe Schneck, Val de Grâce (Stock)

 




Shakespeare est-il le meilleur dramaturge de tous les temps ?

Posté par Myosotis le 20.10.08 à 15:23 | tags : news, théâtre

Certains se posaient encore la question. Beaucoup auraient parié, dès l'entame de ce concours engagé cet été, sur le résultat. La chaîne de télévision Arte a révélé il y a quelques semaines (excusez pour le retard, mais la nouvelle est si... intéressante, qu'on avait oublié d'y aller voir les résultats) le palmarès de son grand sondage européen de l'année : quel est le plus grand dramaturge européen de tous les temps ?

En jeu, pas grand chose : une théma, la retransmission exclusive de quelques pièces sur la chaîne franco-allemande et un titre honorifique. L'originalité, c'est que des centaines de milliers d'européens ont été amenés à voter sur le net et à choisir depuis des dizaines de pays, quel auteur représentait selon eux le mieux la culture théâtrale européenne. Le palmarès est dénué de surprises et met en avant les grands noms du théâtre académique. On s'étonnera juste de trouver Sartre aussi bien placé. On vous laisse repérer les absents. Evidemment c'est le barde de Stratford Upon Avon qui l'emporte à l'aise devant Schiller dont je suis à peu près persuadé que pas un européen ne connaît le théâtre. Pour ceux qui n'auraient pas révisé leurs classiques depuis longtemps, faut-il rappeler que Schiller a écrit Les Brigands, Don Carlos, La Fiancée de Messine ou Guillaume Tell ? Oui ? Non ? Sophocle sauve l'honneur pour l'Antiquité, Brecht et Goethe assoient la domination allemande sur le palmarès et Molière se prend une place sur le podium. Comme c'est intéressant.... Mais est-on seulement sûr que notre auteur favori a existé ? C'est une autre histoire.... 

 

Le résultat des votes :

1. William Shakespeare
2. Friedrich Von Schiller
3. Molière
4. Bertolt Brecht
5. Goethe
6. Samuel Beckett
7. Sophocle
8. Jean-Paul Sartre
9. Anton Tchekhov
10. Henrik Ibsen




Affaire Kundera: la défense riposte

Posté par Mélanie le 20.10.08 à 12:50 | tags : news

Milan Kundera, le célèbre auteur de L'Insoutenable légèreté de l'être est passé en l'espace d'une semaine du statut de héros national à celui d'immonde traître au yeux de ses compatriotes tchèques, une sombre affaire de délation vieille de plus de cinquante ans étant venue entacher la réputation de l'écrivain.

Un procès verbal de police datant de 1950 prouverait que Kundera aurait dénoncé Miroslav Dvoracek, un jeune déserteur de l'armée tchèque passé à l'Ouest. La déposition indiquerait que l'écrivain, alors étudiant à Prague, aurait rapporté à la police avoir su par Miroslav Dlask que sa petite amie Iva Militika s'apprêtait à rencontrer l'espion (cf. billet du 14/10).


Un historien tchèque, Vaclav Havel et Yasmina Reza pour soutien

Pour sa défense, l'écrivain a vigoureusement affirmé : « Je n'ai jamais vu cet homme, je ne le connais pas du tout. Ce n'est pas vrai, le seul mystère que je ne peux pas expliquer est la façon dont mon nom s'est retrouvé là. » Il conteste par ailleurs l'authenticité du document. Ligne de défense renforcée, mercredi, par le témoignage d'un historien de la littérature tchèque, Zdenek Pesat. L'historien, très âgé et malade, se souvient avoir recueilli les confidences de Miroslav Dlask, en 1950. Le petit ami d'Iva Militka lui avait alors déclaré être allé à la police dénoncer Dvoracek. « Sans doute pour éviter à son amie d'être punie pour avoir fréquenté un émigrant voire un agent provocateur », analyse Pesat.

Une thèse renforcée par l'ancien président tchèque et artisan de la "Révolution de velours" de 1989, Vaclav Havel. Celui-ci écrit ses doutes quant à la véracité de l'évènement "qui n'a pas pu avoir lieu de manière aussi stupide", selon lui, dans les colonnes de l'hebdomadaire Respekt qui avait publié le fameux rapport de police. L'ancien homme d'Etat va même jusqu'à exhorter les historiens à éviter tout anachronisme moral. "Même si Kundera est vraiment allé à la police pour annoncer qu'il y avait un espion quelque part, ce qui n'a pas eu lieu à mon avis, il faut essayer - au moins essayer - de le voir dans le contexte de l'époque (...) à l'époque, beaucoup de dénonciations étaient motivées par la peur et il n'était pas nécessaire d'être un communiste zélé ou fanatique pour faire de telles choses", écrit-il.

En France, pays d'adoption de l'écrivain tchèque, c'est l'auteure Yasmina Reza qui prend la plume dans le Monde du 18 octobre pour défendre Kundera. Elle dénonce notamment "l'inconséquente traînée de poudre médiatique, l'ambiguïté de certains titres, l'affreux conditionnel ("aurait dénoncé"...), plus sournois et accusateur qu'une affirmation, ce qui a lieu c'est l'introduction du doute, la salissure, l'ombre subite portée sur une vie et une oeuvre d'exception." Elle rejoint ainsi François Taillandier qui, dans l'Humanité du 16 octobre, addresse sa solidarité à Kundera et villipende le " petit thésard névrosé qui trouve son malpropre plaisir à renifler, dans je ne sais quel vieux commissariat pourri, des paperasses dont on ne voudrait pas pour se torcher. (Et) tous ceux qui brandissent la sale trouvaille parce qu'ils vous détestent."

 

Affaire à suivre, donc...




Prix littéraires et menue monnaie

Posté par Mélanie le 20.10.08 à 11:45 | tags : news, prix

Radin, le Goncourt?En ces temps de course aux prix littéraires et de crise fincancière, la question de la dotation pécuniaire, jugée plutôt vulgaire en France, se pose. En effet, outre le coefficient multiplicateur sur les ventes qu'opèrent certains prix prestigieux- le fameux bandeau Goncourt permettrait de tripler voire quadrupler les ventes du livre élu- est-il lucratif de rafler quelque distinction?

La réponse est indéniablement oui. D'abord, par le traitement médiatique systématique des remises de prix, ensuite par leur dotation financière, non imposable et plus ou moins généreuse.

En France, les prix les plus prestigieux se glorifient de leur radinerie. Ainsi les prix Renaudot et Interallié sont purement honorifiques, le Goncourt attribue au lauréat un chèque de dix euros symboliques (autant s'abstenir) et le Médicis, 686 €. Cependant, d'autres distinctions sont plus généreuses. Le prix de Flore est doté de 6 100 €, le prix Wepler-Fondation la Poste de 10 000 € . Enfin, la richissime Académie française a les moyens de remettre chaque année 70 prix dont le grand prix du roman (7 500 €) ou le grand prix de la francophonie (22 500 €).

A l'étranger, la question de l'argent -comme celle de la nomination des jurys ou des critères de séléction du lauréat- est clairement plus transparente. La dotation des principaux prix commencent à 5 000 € (prix Pulitzer aux Etats-Unis, Strega en Italie ou Victor Rossel en Belgique). Au Japon, le lauréat du prix Akukagawa reçoit 7 370 € et une montre tandis qu'aux Etats-unis, celui du National Book Award reçoit 10 000 € et une sculpture en cristal. Enfin, les prix littéraires nationaux les plus fournis sont allemand ( prix Büchner, 40 000 €), anglais (Man Booker prize, 64 519 €) et espagnol (prix Cervantes, 90 000 €) .

Mais le véritable jackpot pour un écrivain, tant en matière de prestige que de liquidités, est résolument le prix Nobel de littérature qui s'élève, tenez-vous bien, à 1,1 millions d'euros! Si les économistes prédisent une "année noire" pour 2009, la petite entreprise de Jean-Marie le Clézio ne devrait pas, elle, connaître la crise.




Octobre 2008 : Un mois complètement Ballardien

Posté par Maxence le 20.10.08 à 10:30 | tags : news, roman, science-fiction

 Décidemment, ce mois d'octobre 2008 est placé sous le signe de l'écrivain démiurge J.G. Ballard, avec la parution quasi-simultanée de deux romans et du premier tome des recueils raisonnés des nouvelles de l'auteur entamée par les éditions Tristram.

Déjà à l'origine de la redécouverte des écrits les plus expérimentaux du maître avec la réédition de La Foire aux atrocités en 2003, puis de Millénaire mode d'emploi en 2006 - un autre recueil, mais de textes divers et de réflexion sur notre modernité cette fois, l'éditeur aventureux réunit ces Nouvelles Complètes. Trois volumes de 700 pages chacun sont prévus à ce jour, le premier paraissant ce mois. Volume auquel vient s'ajouter la réédition de l'excellent Sauvagerie, initialement paru chez Belfond sous le titre Le massacre de Pangbourne (Running Wild en VO).

 

De son côté, Gilles Dumay, directeur de la collection Lune d'Encre de Denoël, poursuit son travail de réédition des romans de la série dite « des apocalypses », avec la parution de La Forêt de cristal, texte emblématique du Ballard des années 70.

 

A noter également la sortie en novembre de J.G. Ballard, hautes altitudes par Émilie Notéris et Jérôme Schmidt, qui viendra allègrement compléter ce tryptique et alimenter notre monomanie Ballard. Compte rendu de lecture et chronique sous peu sur Fluctuat.




Jacques Sternberg : nécro à rebours

Posté par Myosotis le 17.10.08 à 10:42 | tags : roman, science-fiction

Dans toutes les bonnes rédactions, il y a un type chargé des nécrologies. Il les prépare à l'avance, afin que le jour venu, tout soit prêt pour dire du bien ou du mal du disparu. Cela se pratique assez peu dans les sections littéraires, pour la simple raison qu'on manque de personnel et que les morts n'ont pas suffisamment de retentissement pour mériter ce traitement (hé oui). Le 11 octobre ainsi (je passe un peu tard, mais toutes les occasions sont bonnes de parler des gens biens), on fêtera (hosanna!) le deuxième anniversaire de la disparition de Jacques Sternberg. Jacques qui ? Sternberg, comme l'étoile des montagnes.

Sternberg est un auteur belge au parcours assez atypique. Né en 1923, dans une famille de diamantaires polonais, vivant à Anvers, il se met assez vite à écrire et démarre sa carrière littéraire dans le genre SF et fantastique. Au milieu des années 50, il fait partie de ce qu'on appelle la nouvelle vague de SF française avec des types comme Curval ou Klein. Il vit en France. Il publie des tas de nouvelles épatantes et complètement loufoques (Futurs sans avenir, Contes glacés), insistant sur la dimension absurde de l'existence humaine. Il scénarise le superbe Je t'aime, Je t'aime pour Alain Resnais, un vrai bon film où un type paumé accepte de participer à une expérience de voyage dans le temps. Sternberg s'éloigne, ensuite, peu à peu du genre qui l'a fait connaître pour du roman plus traditionnel et à connotation sociale et psychologique. Ceux qui auront envie d'en savoir plus iront faire un tour sur le joli site qui lui est consacré et qui tente vainement de réparer l'injustice : comme beaucoup d'auteurs de série Z ou B, Sternberg est oublié, n'est plus lu et n'intéresse plus grand monde. Ses livres sont, pourtant, faciles à trouver dans les bouquineries et vendus à des prix défiant toute concurrence (1, 2 ou 3 euros maximum).

 

Dans ce que je considère comme son meilleur livre (disons celui que je préfère), La Sortie est au fond de l'espace (1956), Sternberg imagine de manière très réaliste une superbe catastrophe en deux mouvements. Un jour en France, l'eau du robinet se change en une sorte de mélasse microbienne. Les microparticules (bactéries, bacilles,...) contenues dans le réseau se mettent à proliférer et coulent dans les éviers comme de la marmelade virale. Le phénomène démarre dans les villes et gagne peu à peu toutes les réserves d'eau. Du coup, la civilisation s'écroule et l'homme doit contempler l'idée d'abandonner la planète pour gagner des planètes où... refaire sa vie. Le roman se développe en deux parties très différentes : la première est un roman d'anticipation ultraréaliste - l'action est située en 1998 et racontée jour à jour - qui amène (sur le modèle des films hollywoodiens d'aujourd'hui type Phénomènes) à l'effondrement du monde tel qu'on le connaît. Les gens ne s'alarment pas d'abord, s'en remettent aux scientifiques, aux politiques. Ils boivent du rouge, du lait, ce qu'ils trouvent, ne se lavent plus mais continuent comme si de rien n'était et puis, tout va très vite, et le monde s'échappe. Des gens meurent. Sternberg décrit une sorte d'exode, la mise en place d'un gouvernement d'exception. Il fait cela si bien qu'il n'y quasiment aucun personnage identifiable avant la page 80. Cette séquence est parfaite.

 

Le roman gagne en intensité lorsqu'après pas mal de difficultés, et après avoir perdu plusieurs millions d'habitants, les survivants s'envolent dans l'espace. Le roman devient alors un space opera de comédie, puisque les humains vont faire le tour de la galaxie en allant de désillusions en désillusions. La première planète est foireuse, la deuxième couverte de cendres et inhabitable, la troisième guère mieux, jusqu'à ce qu'une autre (ils en ont du courage), qui ressemble comme deux gouttes d'eau à la Terre, se révèle habitée par une végétation ultrahostile et qui les découpe comme du jambon. Avec ce canevas abracadabrantesque et picaresque, Sternberg réussit à nous emmener dans une odyssée digne de L'Iliade (allons y gaiement), qui s'achève par un pacte passé avec des extraterrestres supersympas, les Sconges, chez qui se terminera l'aventure. La chute est affreuse, incroyable, géniale et conclut le roman en apothéose, dans un retournement qui, là aussi, nous ramène aux coups de théâtre de Shamalayan. La sortie est au fond de l'espace est un roman quasi parfait de bout en bout : écriture précise et sans déchets, sobre et analytique, intrigue à suspense, haletante et enjeux philosophiques majeurs. En bref, un chef d'oeuvre miniature de 244 pages et quelques, qui mérite qu'on s'y attarde.

Petit extrait : " Il y avait le bruit cependant. Je me levai, je me précipitai dans la salle de bains. Quand on collait son oreille contre l'une des conduites d'eau, le bruit paraissait le vacarme d'une armée en marche. Et puis, comme l'ordre en avait été donné, j'avais coupé l'eau hier soir. Mais des gouttes avaient malgré tout coulé. Dans la baignoire. De ces gouttes d'eau qui n'étaient plus que des gouttes de germes englués les uns dans les autres. Ils n'avaient pas grossi depuis hier mais ils vivaient toujours avec la même voracité. Tout le fond de la baignoire en était rempli. Désespérément, je regrdais en essayant d'oublier qu'il y en avait partout de ces microbes :dans les robinets et dans les tuyaux, derrière les murs et sous les parquets, dans la cave, sous les trottoirs. Et cela dans toute la ville. Dans toutes les villes du monde entier. Désespérément, je tentai de ne penser qu'à ces quelques amas de germes qui étaient là, bien visibles sous mes yeux. Je me posai la question de la lutte contre cet envahissement à l'échelle d'un simple appartement. Je me posai cette question pour tenter un acte. Pour tenter de croire qu'il y avait une possibilité de lutte et de défense. J'ouvris un dictionnaire et je lus quelques passages concernant les microbes. Ils pullulaient autour de nous. En effet. Dans l'eau, dans les liquides en fermentation. Ah oui ? Et dans l'air, dans la terre. C'était vrai, il y avait encore l'air et la terre. Et si ces microbes-là se mettaient à grossir ? Si soudain.... Je secouai la tête; je continuai de lire. La chaleur sèche les détruisait à 80°. Mais pour atteindre les spores, il fallait atteindre 120°. La lumière solaire détruisait également les microbes......"




La tombe de Garcia Lorca ouverte dans le cadre d'une enquête

Posté par Mélanie le 16.10.08 à 18:58 | tags : news

L'Espagne, en plein grand ménage historique, s'attaque à l'un de ses monument de la littérature. Le juge Baltasar Garzon, déjà à l'origine du mandat d'arrêt international contre le dictateur chilien Augusto Pinochet, enquête sur les quelque 30 000 "disparus du franquisme". Il a pour cela ordonné l'ouverture de plusieurs fosses communes, dont celle où est enterré le poète Federico Garcia Lorca , exécuté en 1936, près de Grenade.

Le juge Garzon a décidé d'autoriser l'exhumation de la dépouille du maître d'école Dioscoro Galindo, exécuté et inhumé en même temps que le poète. Si la famille de Garcia Lorca s'était toujours opposée à l'ouverture de la sépulture, celle-ci accepte finalement l'ouverture de la fosse commune, par respect pour "le désir des autres parties impliquées", a déclaré, fin septembre, Laura Garcia Lorca, nièce du poète et porte-parole de la famille.

Après la Movida- période de libération culturelle au lendemain de la mort du dictateur Franco en 1975 - l'Espagne réécrit une page sombre de son histoire. Alors qu'une loi d'amnistie scellait la réconciliation nationale en 1977-, le gouvernement socialiste de José Luis Zapatero et la justice ont entendu l'appel des associations des familles de victimes qui réclament leur réhabilitation et la reconnaissance des crimes du franquisme depuis plus de trente ans. Ces 30 000 personnes "disparues" sont à rajouter aux 500 000 victimes de la guerre civile espagnole (1936-1939) et aux 50 000 fusillés par le régime franquiste entre 1939 et 1945 lors de l'épuration qui suivit la victoire du généralissime sur les Républicains.

Garcia Lorca est une des victimes symboliques du régime franquiste. L'auteur de Noces de sang, ouvertement homosexuel et fils d'un républicain, est sauvagement assassiné en 1936 près de Grenade. Et ses oeuvres sont interdites par le régime jusqu'en 1953 et la publication de ses Obras completas (Oeuvres complètes). Aujourd'hui Garcia Lorca figure au panthéon des poètes majeurs du XXe siècle.

 




Céline au Danemark

Posté par Céline le 16.10.08 à 18:07 | tags : beau livre, biographie, news
Grand spécialiste de Louis Ferdinand Céline, David Alliot avait déjà, entre autres, publié les enquêtes Céline à Meudon (Ramsay, 2006) puis Céline à Bezons (éditions du Rocher, 2008). Le feuilleton n'est pas fini. En collaboration avec François Marchetti, écrivain expatrié à Copenhague, il a entrepris cette fois d'explorer la période danoise de l'auteur, dans Céline au Danemark, un beau livre qui paraît ce mois-ci aux éditions du Rocher.

Pourquoi le docteur Destouches a-t-il choisi de s'exiler, à partir de 1945, dans ce pays qu'il connaît mal et dont il ne parle pas la langue ? Pour échapper à la justice française qui veut sa peau ? Comme l'écrit Claude Duneton, dans sa préface très engagée : « La vérité est que Céline avait une fatwa à la faucille et au marteau ! (...) le Danemark a rendu un service inestimable à la littérature française (...) ».

Le travail de David Alliot et François Marchetti a permis de réunir de nombreuses photographies de l'époque (dont quelques-unes sont inédites), montrant l'écrivain dans l'intimité avec sa femme Lucette, ou ses animaux (Bébert le chat) à Korsör ou à Copenhague. Autour de cette iconographie, on trouvera également des éléments biographiques, des documents inédits, ainsi que des témoignages de Danois qui ont fréquenté Céline.

 

Pendant l'exil, l'écrivain se bat pour ne pas être oublié. Pourtant, avec Lucette - qui donne clandestinement des leçons de danse - ils vivent sous de faux noms : « Courtial pour lui, Jensen pour elle. » Ce ne sera pas suffisant pour les protéger : le soir du 17 décembre 1945, le couple se fait arrêté. Céline en prison, menacé d'extradition, d'un grand danger donc en cette période de libération. Le cours de l'histoire littéraire en aurait-il été changé si le Danemark n'avait pas jugé le dossier trop léger, et refuser cette extradition ? C'est en tout cas le sens de cet ouvrage qui rappelle l'importance de la période danoise, « qui fut sans conteste un calvaire désespérant pour Céline » mais donna aussi « un nouvel élan à son œuvre novatrice ».

"Vache de pays, j'y reviendrai quand les harengs auront des plumes." L. F. C

 

David Alliot et François Marchetti, Céline au Danemark (1945-1951), éditions du Rocher.




Comment voler des livres sans se faire prendre avec Chuck Palahniuk

Posté par Myosotis le 16.10.08 à 10:48 | tags : élucubration, littérature en vidéo, roman
En attendant la sortie de son nouveau livre, Pigmy, prévue pour le mois de mai 2009, Chuck Palahniuk s'amuse dans une vidéo enregistrée (on ne sait pas trop pourquoi) pour la chaîne de librairies Borders à nous montrer comment dérober les livres qu'il aime. Si Pigmy raconte l'histoire d'une jeune étudiant étranger envoyé aux Etats-Unis dans le cadre de ses études pour intégrer une famille normale des classes moyennes tout en dissimulant un projet terroriste majeur, le message de ce mini-clip est beaucoup moins subversif. Palahniuk, tout en jouant le VRP de luxe pour les auteurs qu'il soutient régulièrement sur son site, explique flanqué d'un agent de sécurité XXL quelques techniques foireuses pour passer les portiques sans payer, fourrer des livres (pas trop gros, Chuck) dans sa chaussette ou entre la chemise et le pantalon (technique qui ne marche pas pour les fans de Rika Zaraï, ça va sans dire). C'est au choix affligeant ou réellement drôle, quand bien même on ne connaît pas bien les livres pour lesquels il fait l'article.
Ceux qui recherchent des choses un peu plus consistantes pourront chercher en DVD le documentaire Postcards from the future qui raconte comment des étudiants ont organisé une conférence autour de l'auteur dans leur fac. A défaut d'être vraiment bouleversant, le film donne une idée assez juste du culte voué à Palahniuk auprès de certains jeunes après la sortie de Fight Club. Le réalisateur donne la parole (un peu trop) aux étudiants qui dissertent sur les qualités intrinsèques de Tyler Durden, aux professeurs qui découvrent que "Palahniuk est un grand écrivain" et qu'accessoirement celui-ci a réussi à rallier des milliers d'étudiants américains débiles aux joies de la lecture. Au rang des livres qui ont la cote, il semble que Monstres invisibles tienne la corde juste derrière Fight Club justement, qui reste l'un des premiers romans les plus remarqués de ces vingt dernières années et que le film de David Fincher aura sublimé (souvenez vous du final explosif sur fond de Where Is My Mind ? des Pixies).
En ce qui concerne le sujet de la vidéo, le vol de livre, on se dit que Palahniuk n'a pas dû s'y exercer beaucoup et n'y connaît pas grand chose mais qu'il faut sans doute distinguer art, subversion et publicité. On peut au choix enlever les étiquettes des livres, les corner pour les faire passer pour des livres d'occasion, les enrober dans de l'aluminium pour déjouer les portiques magnétiques ou encore, ce qui n'est pas plus con, les emprunter à la bibliothèque municipale. Plutôt que d'aller chez Borders, par ailleurs, ou à la FNAC, on conseillera de toute façon d'aller dérober ses livres chez les libraires indépendants, même si c'est encore plus cruel, lesquels n'ont généralement pas les moyens de se doter d'instruments de détection des vols sophistiqués, ou de se payer les services d'agents de sécurité. Mais c'est une autre histoire....



La crise booste les ventes de...Karl Marx!

Posté par Mélanie le 15.10.08 à 15:50 | tags : édition, news
La grave crise financière qui frappe la planète remet le marxisme au goût du jour.

Ainsi on observe une nette augmentation de la demande pour l'oeuvre de Karl Marx indique le quotidien allemand, Neue Ruhr Neue Rheinzeitung. La maison d'édition berlinoise Karl-Dietz-Verta a vendu le premier tome du Le Capital à 1500 exemplaires en 2008 contre 500 en 2005, soit une augmentation de 200% en trois ans! Et "les ventes vont continuer à augmenter d'avantage encore" d'ici la fin de l'année, selon l'éditeur.

Le philosophe du XIXe siècle, critique du capitalisme, du colonialisme et théoricien de la lutte des classes a même été cité par le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück dans une interview à l'hebdomadaire Der Spiegel publiée fin septembre. Le ministre y déclarait que"certaines parties de la théorie de Marx ne sont pas si fausses" (...)" le capitalisme finit par s'auto-détruire à force d'avidité".

Face à une crise majeure qui semble prouver la faillite du système capitaliste, cet engouement pour la théorie marxiste démontre surtout l'absence de modèle théorique alternatif viable.



Source: AFP



Albanel répond aux syndicats du livre sur les délais de paiement

Posté par Mélanie le 15.10.08 à 14:07 | tags : édition, news

La mobilisation des professionnels du livre contre la réduction à 45 jours des délais de paiement entre entreprises prévue par la Loi de modernisation de l'économie (LME) a payé. (cf. billet du 14/10)

Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication, souhaite que la mesure en question "soit adaptée aux particularité du commerce du livre" a-t-elle déclaré dans un communiqué publié aujourd'hui. La loi, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier, "pose le principe d'une réduction des délais de paiement entre entreprises à 45 jours. Or ces délais sont aujourd'hui d'une centaine de jours en moyenne pour les libraires, en accord complet avec les éditeurs", rappelle-t-elle dans un communiqué publié mercredi. "Sensible aux demandes conjointes des libraires et des éditeurs", la ministre souhaite "que la possibilité de déroger à cette réduction de délais par voie d'accord professionnel, prévue par la loi, soit pleinement utilisée pour permettre aux libraires de continuer à présenter au public l'ensemble de la production, sur le temps long qui est celui du livre".

 

Source: AFP




Plon réédite l'autobiographie de Guillaume Depardieu

Posté par Mélanie le 15.10.08 à 12:09 | tags : édition, news

 

L'édition est une industrie qui ne manque pas de cynisme.

Au lendemain du décès prématuré de l'acteur Guillaume Depardieu, Plon s'est empressée de rééditer son récit autobiographique paru en 2004, Tout donner, co-écrit avec Marc-Olivier Fogiel (spécialiste des confessions people après Guy Carlier et sa boulimie).

Tout donner, notable succès médiatique et commercial avec ses 31 000 exemplaires vendus, a figuré en 2004 dans le top 50 annuel des ventes d'essais et récits. Et nul ne peut nier que la disparition subite du "fils de" a suscité une vive émotion tant son destin tragique, livré sur la place publique depuis son adolescence, nous est familier.

Une excellente opération à venir, donc, pour Plon, les ayant-droits du défunt et... Marc-Olivier Fogiel!

 

Source: Livreshebdo.fr





Beigbeder président de Brive

Posté par Mélanie le 15.10.08 à 11:08 | tags : news

La vingt-septième édition de la Foire du livre de Brive la Gaillarde se tiendra les 7, 8 et 9 novembre sous la présidence de Frédéric Beigbeder. Choisi pour sa "jeunesse", le médiatique écrivain- journaliste-éditeur-animateur entend insuffler un esprit nouveau à cet incontournable rendez-vous de la scène littéraire où se retrouveront plus de 300 auteurs et près d'une centaine de maisons d'éditions.

Aussi, parmi des manifestations plutôt convenues (les rendez-vous de l'Histoire, exposition "Empreinte du Limousin"), quelques évènements pourraient parvenir à attirer un public différent, rajeuni. Comme les rencontres avec la jeune Faïza Guène autour du thème "Femmes d'aujourd'hui," des débats, "Génération provocateurs" avec Arnaud Viviant et Frédéric Andrau ou encore un concert de pop rock donné par les Slumberlands, groupe de dessinateurs et d'auteurs de BD avec notamment le dessinateur de Blacksad, Juanjo Guarnido à la guitare.

Le mot d'ordre à Brive, où les auteurs se pressent aussi pour la bonne chère, sera donc "place aux jeunes!". D'où une déclinaison d'ateliers de création et d'écriture, concours et lectures destinées aux tout petits.

 

Le programme complet de la Foire de Brive

 

 




Le Man Booker Prize couronne un jeune écrivain indien

Posté par Céline le 15.10.08 à 10:38 | tags : news, prix

Le prestigieux Man Booker Prize 2008, pendant britannique du Goncourt français, a été décerné mardi au jeune écrivain indien Aravind Adiga, pour son premier roman Le tigre blanc (The White Tiger), paru en France en septembre dernier (Buchet-Chastel). Le jury a salué l'humour féroce du livre, qui dresse le portrait d'une Inde multiforme à travers le parcours d'un personnage qui quitte son village pour faire fortune en ville. Selon Michael Portillo, le président du jury, Adiga "s'attelle à la tâche extrêmement difficile de gagner et de maintenir la sympathie du lecteur pour un parfait scélérat".

Âgé seulement de 33 ans, Aravind Adiga était le plus jeune des candidats sélectionnés cette année. Il devient aujourd'hui, après Salman Rushdie, Arundhati Roy et Kiran Desai, le quatrième indien à devenir lauréat du Man Booker Prize, décerné depuis 1969. Si quelques détracteurs avaient reproché à son oeuvre d'avoir dépeint l'Inde moderne sous les couleurs les plus négatives, et d'en montrer seulement le côté le plus sombre, le jury, lui, ne tarit pas d'éloges : "Par certains aspects, il est parfait. Il est vraiment difficile de lui trouver des erreurs structurelles".

 

Né à Madras en 1974, Aravind Adiga a vécu en Australie, aux Etats-Unis pendant ses études, avant de s'installer à Bombay. Il a travaillé un temps comme journaliste, notamment comme correspondant pour le Times, mais a toujours voulu devenir écrivain. Cela semble être chose faite, à en juger par le succès de ce premier roman, qui pourrait être suivi d'un second puisque le lauréat pourra désormais se consacrer entièrement à l'écriture.

 

Source : AFP




Neal Stephenson lance son Anathem

Posté par Maxence le 14.10.08 à 18:00 | tags : elucubration, littérature en vidéo, news, science-fiction
Ça y est, il est arrivé. Il trône sur ma table de chevet, imposant, un peu effrayant aussi, et surtout, en VO ! « Il » c'est Anathem, le dernier roman de Neal Stephenson. Je me suis toujours promis de m'y mettre, Stephenson en VO c'est certes une expérience à tenter une fois dans ça vie. Cela devrait même faire parti des questions pièges du fameux « purity test » : Avez-vous lu, Neal Stephenson en VO ? Un « oui » et pan, 20 points de plus dans la catégorie « Vous êtes décidemment un grand malade. Réagissez ! ». Il faut dire que le CV du bonhomme est des plus étonnant. : Reconnu par ses pairs comme l'un des possibles, et recevables, héritiers de Thomas Pynchon (encore un me direz vous), Neal Stephenson est d'abord un auteur américain issue de la seconde génération d'écrivain de science-fiction cyberpunk. A ce titre, son fameux Snowcrash (Le Samouraï virtuel en VF), peut être d'ailleurs lu comme une parodie du genre. Auteur iconoclaste donc, il se situe à la fois dans et en dehors, du cercle des écrivains de science-fiction. Outre une culture tout azimut, il partage aussi avec le maître du roman post-moderne cité plus haut, un goût pour les intrigues à tiroirs, les personnages innombrables, les élucubrations temporelles, le mélange des genres et une écriture allègre aux caractéristiques proprement physiques, si communicatives qu'elle anime généralement tout autant ses protagonistes que ses lecteurs les plus assidus.

 

A l'origine avec The Baroque Cycle, d'une énorme fresque en trois volumes d'un peu plus de 900 pages chaque, encore non-traduite en France (et certainement pas traduite dans les années qui viennent me souffle t'on), aussi fantaisiste que basé sur des faits historiques réelles (la révolution industriel du début du XIX° siècle entre autre) dans lesquels nous retrouvons les ancêtres des personnages présents dans son déjà volumineux Cryptonomicon, Stephenson revient aujourd'hui avec un space opera métaphysique narrant l'histoire d'un ordre religieux de mathématiciens, et suivant en particulier les aventures d'un novice de 19 ans prénommé Raz. Celui-ci devra, entre deux débats philosophiques sidérant, décider s'il doit où nom sauver l'humanité résidant sur la planète Arbre d'une catastrophe d'origine extra-terrestre. Ceux-ci ayant gentiment évincé ces religieux trop brillants depuis des siècles afin de s'adonner en toute quiétude aux joies de la consommation, des jeux et de l'exploitation à outrance de leur environnement, ces deux idées du monde antagonistes fusionneront-elles à l'occasion de cet évènement imprévu ? Tel est la question.

 

On le voit, ce nouveau Stephenson s'annonce encore un poil plus complexe que la plupart des space opera « classique » (je ne parle pas de Stephen Baxter ici, ni de Greg Bear, Alastair Reynolds ou Ian Banks en effet) et l'auteur a eu l'intelligence d'élaborer un sympathique widget multimédias grâce auquel il présente les principaux thèmes de son Anathem, bande annonce hollywoodienne à l'appui. Ceux qui voudraient se lancer dans sa lecture en VO avant la traduction en France, prévu pour l'année prochaine, serait bien inspiré d'y jeter un oeil. Conseil d'ami. Pour le reste on en reparle en fin de lecture.

 


PS : A noter que ce seront donc les éditions Bragelonne, maison d'édition spécialisée dans la science-fiction "musclée" et la fantasy... fantaisiste (et du coup, souvent hilarante, mais passons) qui a acquis les droits de traduction de ce roman de Stephenson. L'éditeur annonce aussi la réédition de son roman Le samouraï virtuel sous son titre original, Snow Crash, et ça, ce n'est pas du luxe !




L'auteur de Gomorra dans la ligne de mire de la mafia

Posté par Mélanie le 14.10.08 à 13:30 | tags : news

Un mafieux repenti a révélé au quotidien La Repubblica que Roberto Saviano, l'auteur du livre-enquête sur la mafia, Gomorra est sur la liste noire du clan des Casalesi qui le voulait mort pour Noël.

Son livre Gomorra - jeu de mots entre Gomorre et Camorra, appelation de la mafia napolitaine signifiant "protection"- montre l'emprise toxique et totale de la mafia sur toutes les sphères de la vie sociale dans la région de Naples. Le best seller de Saviano, vendu à plus d'un million d'exemplaires en Italie aurait fait "trop de bruit" selon le mafieux repenti. Et son adaptation cinématographique, Gomorra, par Matteo Garrone a été primée à Cannes et va représenter l'Italie pour l'Oscar du meilleur film étranger.

Le parquet anti-mafia de Naples prend très au sérieux ces nouvelles menaces qu'il a jointes au dossier de Saviano, déjà sous protection policière depuis la sortie du livre en Italie en 2006. Le clan des Casalesi est, en effet, l'un des plus violents de la Camorra. Ils sont notamment soupçonnés d'être responsables de la récente tuerie de Castel Volturno qui a fait sept morts-dont six Africains- le 18 septembre dernier.


Mise à jour 21/10/2008
: Suite à l'appel de six prix Nobel (Orhan Pamuk, Mikhaïl Gorbatchev, Desmond Tutu, Günter GrassDario Fo et  Rita Levi Montalcini) publié le 20 octobre en une de La Reppublica, de nombreux écrivains ont manifesté leur soutien à Roberto Saviano : Martin Amis, Ian McEwan, José Saramago, Jonathan Franzen, Jonathan Safran Foer, Javier Marias.  Le chef du Parti démocrate (PD), Walter Veltroni, demande également à l'Etat "de faire tous les efforts possibles pour protéger l'écrivain".
 

Source: AFP




Les syndicats du livre se mobilisent contre la loi de modernisation de l'économie

Posté par Mélanie le 14.10.08 à 12:30 | tags : édition, news

Le Syndicat national de l’édition (SNE) et le Syndicat de la librairie française (SLF) s'apprêtent à lancer une pétition contre l'article 6 de la loi de modernisation de l'économie (LME) du 5 mai 2008 qui impose un raccourcissement des délais de paiement entre entreprises “à quarante-cinq jours fin de mois ou soixante jours à compter de la date d’émission de la facture”.

Cette mesure, destinée à soutenir les PME sous-traitantes, notamment dans le domaine de la grande distribution, semble parfaitement inapplicable, selon les professionnels du livre, avec le cycle d'exploitation des libraires et leur fragilité financière.

De plus, loin de stimuler l'activité, un raccourcissement des délais de paiement entraînerait, selon le SNE et le SFL, une baisse des achats des libraires et une dégradation de leur gestion du fonds, ce qui va à l’encontre de l'esprit de la loi sur le prix unique du livre du 10 août 1981.

Outre la pétition qui circulera dans les prochains jours dans le milieu de l'édition et de la librairie, les deux syndicats vont déposer une demande de dérogation, la mesure de la LME entrant en application le 1er janvier 2009. Une dérogation permettrait dans un premier temps de retarder l’application pleine et entière de la mesure jusqu'à 2012, date butoir de respect des délais de paiement prévue par la loi.

 

Source: Livres Hebdo




Milan Kundera accusé de délation

Posté par Mélanie le 14.10.08 à 11:26 | tags : news

Le célèbre auteur tchèque est accusé de délation et collaboration avec le régime communiste tchèque par un rapport de police datant de 1950. Bien que Milan Kundera nie la véracité des faits, le procès verbal de la déposition de l'écrivain, exhumé par l'institut tchèque d'étude des régime totalitaire, est pour le moins incriminant.

Kundera, alors étudiant en lettres et cinéma âgé de 21 ans, y déclare "qu'une étudiante, Iva Militka, résidant dans la même cité universitaire, avait indiqué à l'étudiant Dlask, de la même cité universitaire, qu'elle avait rencontré Miroslav Dvoracek, un de ses amis". L'étudiant en question, Dvoraceck, était un pilote tchèque, recherché pour désertion depuis la prise de pouvoir des communistes en Tchécoslovaquie. Il a été arrêté le jour même de sa dénonciation pour être ensuite condamné à vingt-deux ans de prison. Astreint au travail forcé dans une mine d'uranium, comme beaucoup de prisonniers politiques à l'époque, il a été relâché quatorze ans plus tard, en 1963.

Ce passé trouble de l'écrivain tchèque a un arrière-goût d'ironie amère. L'auteur, figure de proue du mouvement de libération du Printemps de Prague de 1968, n'a eu, en effet, de cesse de dénoncer le régime communiste, à travers notamment son roman La Plaisanterie, ou le destin kafaïen d'un étudiant dans le collimateur du Parti, coupable d'avoir écrit par provocation "Vive Trotski!" sur une carte postale.

 

 




Mesrine en BD

Posté par Mélanie le 13.10.08 à 18:25 | tags : news

L'invasion médiatique de Jacques Mesrine continue avec la sortie chez Casterman de la bande dessinée, Mesrine, l'évasion impossible.

A la plume, Roger Knobelspiess, 61 printemps dont 26 en prison. C'est à Fresnes qu'il rencontre Jacques Mesrine, l'ennemi public N°1 de la fin des seventies dont il partage les promenades et les projets d'évasion. Il s'est engagé depuis activement pour l'amélioration des conditions de vie carcérale. Au pinceau, Lounis Chabane qui a déjà mis en images un scénario de Knobelspiess en 2007 avec Voleur de poules.




Deuxième manche du Fémina 2008

Posté par Mélanie le 13.10.08 à 15:25 | tags : news, prix

Le jury du prix Fémina, qui sera remis le 3 novembre, a dévoilé la liste des ouvrage encore en lice après le deuxième tour. Après le jury du Goncourt, les dames du Fémina ont éliminé Catherine Millet et son Jour de souffrance de la liste des prétendants. Parmi ceux-ci, La beauté du monde de Michel Le Bris récolte sa quatrième nomination après le prix Goncourt, l'Interallié et le Renaudot. Et nombre des auteurs préssentis cumulent les nominations pour d'autres prix littéraires : Maylis de Kerangal (Médicis et Wepler), Anne Serre (grand prix de l'Académie française), Sandro Veronesi et Charles Lewinsky (Médicis), Olivier Poivre d'Arvor et Maxime Cohen (Renaudot), ou encore Dominique Jamet (Interallié), Philippe Vilain (prix de Flore) et Jean-Louis Fournier (Goncourt).

 

Dans la catégorie des romans français:

Gérard de Cortanze, Gitane sans filtre (Gallimard)

Jean-Louis Fournier, Où on va, papa? (Stock)

Dominique Jamet, Un traître (Flammarion)

Maylis de Kerangal, Corniche Kennedy (Verticales)

Michel Le Bris, La beauté du monde(Grasset)

Dominique Mainard, Pour vous (Joelle Losfeld)

Olivier Poivre d'Arvor, Le voyage du fils (Grasset)

Anne Serre, Un chapeau léopard (Mercure de France)

Philippe Vilain, Faux-Pere (Grasset)

Martin Provost, Léger, humain, pardonnable (Seuil)

 

Les romans étrangers:

Kate Atkinson, A quand les bonnes nouvelles? (de Fallois)

Ceridwen Dovey, Les liens du sang (Héloïse d'Ormesson)

Gail Jones, Pardon (Mercure de France)

Charles Lewinsky, Melnitz (Grasset)

Vladimir Pistalo, Millénaire à Belgrade (Phébus)

Dag Solstad, Honte et dignité (Les Allusifs)

Sasa Stanisic , Le Soldat et le Gramophone (Stock)

Dubravka Ugresic, Le ministère de la douleur (Albin Michel)

Sandro Veronesi, Chaos calme (Grasset)

 

Essais:

Denis Podalydès, Voix off (Mercure de France)

Jacques Julliard, L'argent, Dieu et le diable (Flammarion)

Alain Vircondelet, Séraphine, de la peinture à la folie (Albin Michel)

François Jonquet, Daniel (Sabine Wespieser)

Hélé Béji, Nous, décolonisés (Arléa)

Maxime Cohen, Promenades sous la lune (Grasset)

Laurent Theis, François Guizot (Fayard)

Isabelle Miller, Les inachevées (Le Seuil)

Joël Schmidt, Le sortilège allemand (Le Rocher)

Joachim Bouflet, Une histoire des miracles (Le Seuil)

Robert Muchembled, Une histoire de la violence (Le Seuil)




Le Céline antisémite réédité au Paraguay

Posté par Mélanie le 13.10.08 à 12:42 | tags : édition, news

Un pamphlet antisémite de Louis Ferdinand Céline vient d'être réédité par  les éditions de la Reconquête, une structure française implantée au Paraguay, « terre promise » d’après guerre des criminels nazis et autres collaborationnistes. Les beaux draps reparaît donc soixante-sept ans après sa première publication, contre la volonté de la veuve de l’auteur et de Céline lui-même qui ne souhaitait pas voir ses écrits susceptibles de susciter la polémique réédités au lendemain de la guerre. Tiré à 5010 exemplaires, le pamphlet est complété d’une étude du journaliste collaborationniste fusillé en 1945, Robert Brasillach ("Céline Prophète").

« Publication d’intérêt purement littéraire », selon les éditions de la Reconquête, on ne saurait cependant douter de l’orientation idéologique de cette « vénérable » maison d’édition qui entend honorer chaque année la mémoire de Brasillach et Maurras par l’attribution d’un « prix des écrivains assassinés » précisant, bien entendu, que « ne seront pas retenus les manuscrits qui feront la promotion de la pédérastie, du communisme ou du socialisme, et de l’athéisme . » (sic)

Source : La République des Livres




Catherine Millet expliquée aux enfants : C'est celui qui le dit qui y est (15)

Posté par Myosotis le 13.10.08 à 12:36 | tags : élucubration, roman
 
Il fut un temps où présenter un livre ou un auteur consistait à en lire quelques lignes, à en exposer les qualités, à évoquer ses thèmes centraux, les ressorts de l'oeuvre ou de son dernier roman. Il fut un temps où les livres parlaient du monde, de son cours, de la manière dont la fiction croisait la réalité pour la refuser ou la laisser entrer. Et puis advint une époque où le grand maître du service après-vente décida une bonne fois pour toutes qu'il fallait couper avec tout ça, "pitcher", "teaser", faire saliver le client lecteur avec des méthodes de VRP ou de bateleur, des méthodes de démonstrateur empruntées au couteau qui coupe de la NASA, à la poudre qui lave plus blanc que blanc, à la poèle anti-adhésive de l'espace.
 
Un libraire décida alors de couper quelques pages d'un livre en carrés de cinq centimètres sur cinq, ce qui en laissait voir quatre ou cinq demi-lignes. Il ramassa les confettis et les plaça dans une assiette en plastique (par ailleurs, soumise à une écotaxe pique-nique) et les offrit en picorette pour l'apéritif à ses clients. Ceux-ci se ruèrent sur les amuse-gueule cérébraux mais furent déçus après que, enthousiasmés par ce qu'ils avaient lu (le libraire venait, sans avoir l'air d'y toucher, d'inventer le cut-up), ils achetèrent le livre, le ramenèrent chez eux et tentèrent de le dévorer en son entier. La somme des parties (qui n'avaient rien de génitales, contre les apparences) était inférieure, de moitié selon les statistiques, à la valeur du tout. L'accroche publicitaire était meilleure que le produit. Ce qu'ils avaient expérimenté dans d'autres domaines, se révéla valoir aussi pour la littérature. On les blousait et on leur fourguait des trucs dont ils ne voulaient pas mais qu'ils voulaient quand même (du cul, du cul, avec des larmes), en leur racontant des sornettes. Du coup, on passa encore à autre chose, mais c'est une autre histoire.
 
Je n'ai rien contre la FNAC (bah non), ni contre cet intervenant merveilleux (bah non plus) qui use de toutes les ficelles disponibles pour attirer le jeune lectorat. Il faut dire que Catherine Millet est un bien meilleur produit encore que Marc Lévy ou que nos amies hérissées habituelles : Millet couche sur des parkings, suce des "queues raides et des glands enflammés" tandis que, dans son dos, sournoisement, son Henric de mari aime d'amour. Ce résumé est le meilleur résumé qu'il m'ait été donné d'entendre de ce que propose Catherine Millet depuis sa vie en M, un sublime mensonge, une illusion qui donne un tour romantique à une partie de jambes en l'air mondaine. L'emballement du libraire démonstrateur demande un talent qui paradoxalement, selon moi, a déserté le livre au service duquel il se met.
 
D'une certaine façon, et parce qu'elle est brillante, confondante, drôle et spectaculaire, cette séquence en dit plus sur Millet, en la rendant à son statut de monstre de foire pour cour de récré ("- ouah, elle s'est pris combien de kilomètres de bites dans le cul, la meuf ! - et maintenant elle chiale !") qu'une critique traditionnelle. Les moyens sont disproportionnés et il n'est pas certain que le poker hâbleur monté par ce vendeur se révèle gagnant. Pas sûr qu'on donne envie de lire de cette façon. Comme dirait Christine Angot, qui s'y entend pour couper court car il n'y a plus rien à démontrer : ce n'est pas ça ! Clap de fin.



Le Festival Mediapart invite Salman Rushdie et Lou Reed

Posté par Céline le 13.10.08 à 12:13 | tags : news

Coup d'envoi aujourd'hui du premier Festival Mediapart (jusqu'au 27 octobre), en partenariat avec Arte et France Inter. Au menu : débats, lectures, rencontres. On y retrouvera quelques stars de la rentrée littéraire :

- Salman Rushdie sera à la BNF pour un entretien et une lecture le jeudi 16 octobre à 18h30

- Denis Podalydès, Olivier Rolin, Pierric Bailly et Tristan Garcia se retrouveront pour un débat le lundi 20 octobre à 19h00 au Théâtre de la Colline. Le même soir, Lou Reed lira ses poèmes, publiés ce mois-ci aux éditions du Seuil (Traverser le feu), au 104 à 20h30.

- Les trois écrivains Elias Sanbar, Edouard Glissant et Mathias Enard rendront un hommage au poète palestinien Mahmoud Darwich le mercredi 22 octobre à 20h30, à la maison de l'Amérique latine.

- Notons enfin que François Bégaudeau donnera un cours très particulier à la Sorbonne (lundi 27 octobre à 20h30), dans l'esprit de l'Antimanuel de Littérature qu'il vient de publier chez Bréal.

 

Voir le programme complet du Festival sur Mediapart

 

 




Grand Prix de l'Académie Française : plus que trois titres en lice

Posté par Céline le 10.10.08 à 15:30 | tags : news, prix

Le jury de la prestigieuse académie a rendu publique sa deuxième sélection. Sur les neuf titres annoncés, il n'en reste que trois pour prétendre au Grand Prix, qui sera remis le 30 octobre :

 

Marc Bressant, La dernière conférence (éd. de Fallois)

Bruno de Cessole, L'heure de la fermeture dans les jardins d'Occident (la Différence)

Julie Wolkenstein, L'Excuse (POL)




Dans quel endroit incongru avez-vous déjà lu un livre ? Atelier de trivialités (5)

Posté par Myosotis le 10.10.08 à 14:46 | tags : élucubration

 Parmi les marronniers des émissions psychosociales qui font les beaux jours de la télé, on croise très très souvent cette question débile : dans quel endroit incongru avez-vous déjà fait l'amour ?
Les "intervenants", témoins et autres animateurs rivalisent alors de franchise (mensonges?) pour raconter comment (accessoirement avec qui) ils se sont envoyés en l'air dans le Concorde, un camion à bestiaux, les toilettes de la Sécurité sociale, un escalier, un ascenseur, une Simca 1000, un hors-bord, un scooter des mers ou lancés au galop sur un pur-sang arabe lors du Grand Prix d'Amérique.

Etrangement, si l'on considère que lire est un plaisir et une forme de jouissance comme une autre, la question est rarement posée aux lecteurs et, à vrai dire, ne se pose pas.

Dans quel endroit bizarre avez-vous déjà... lu un livre ? Si personne ne s'interroge là-dessus (ou presque), c'est au choix :
1) parce qu'on peut lire partout et donc parce que la question n'a aucun intérêt en soi
2) parce que lire, contrairement au sexe, est une activité qui ne nécessite aucune motivation perverse, ni aucune forme de transgression pour atteindre...hum... la jouissance
3) parce la lecture est, au contraire du sexe (admettons), un plaisir qui ne s'accommode pas de fantaisie mais réclame un confort et un cérémonial ou un rituel stable, .
4) parce que lire est un acte qu'on peut partager et afficher publiquement sans que cela ne soit perçu comme un scandale, devant des enfants, un chien, ses parents, des inconnus, des couples....

Ces 4 raisons se tiennent évidemment mais n'épuisent pas le sujet. On pourrait du reste s'amuser à les démonter. Vous êtes-vous déjà senti seul(e) et en danger alors que vous aviez un livre à la main en rentrant une nuit dans un wagon aux 2/3 tiers vides du RER B ? Racisme social ou stigmatisé pour de vrai ? En position d'intello expiatoire à ou sans lunettes ? A deux doigts de vous faire dépouiller ? Le complexe de la grosse tête ? Ne peut-on dire que la présence d'un gros livre entre vos mains renforçait votre posture de victime citadine ? Avez-vous déjà éprouvé un sentiment de malaise ou de dérangement lorsque vous sortiez un roman (un vrai roman) sur une plage seins nus l'état à Saint-Tropez, entre le fromage et le dessert lors d'une réunion familiale ? Avez-vous déjà sursauté, au boulot, lorsque vous lisiez le blog livres de fluctuat (par exemple) et que le téléphone sonnait ou qu'un collègue entrait dans votre bureau.

Les rapports entre le sexe et la lecture ont été l'objet de pas mal de développements : la lecture vue comme masturbation (intellectuelle), solitaire, isolant du reste du monde, rendant sourd, rêveur, dangereux, asocial; la lecture vue comme un péché (on a quelques exemples historiques fameux ici et ailleurs - les listes noires de Sarah Palin, les talibans, les écrits communistes, etc). Il n'est donc pas complètement idiot d'envisager alors une comparaison entre les deux questions et de chercher pour le plaisir, l'augmentation du plaisir de lire à sortir de chez soi, à défier les lois du genre, à tourner les pages là où on ne les tourne jamais. Cinq exemples parmi d'autres :

1. Sous la douche. Envelopper le livre d'un sachet plastique ou dans une bâche. Eventuellement le faire entièrement plastifier. Se déshabiller, se savonner sensuellement (que l'on soit seul ou à plusieurs), faire couler l'eau et essayer de tourner les pages comme on peut.

2. En faisant l'amour (ce qui permet de retourner la perspective). Tout le monde connaît cette scène célèbre des Les Liaisons dangereuses où Valmont écrit sur un pupitre vivant et cale son rythme épistolaire sur celui de l'acte sexuel. On peut faire exactement l'inverse, lire et faire l'amour en même temps, à condition d'avoir informé le ou les partenaires avant de son projet.

3. Dans un bar à strip-tease ou un club échangiste. D'après les descriptions, on y a jamais vu personne lire. Manque de lumière peut-être mais sentiment d'étrangeté assurée. A coup sûr, un lecteur n'y tiendrait pas deux minutes. "Si vous ne consommez pas, dehors, dégueulasse, va !"

4. En regardant les Enfants de la télé ou un spectacle de Florence Foresti. Ce serait une première et un véritable exploit. Un défi que les meilleurs lecteurs n'ont jamais réussi. Très très improbable et à déconseiller aux lecteurs inexpérimentés. Trop dangereux.

5. Lire dans le noir. On connaissait les dîners aveugles mais pas encore la joie de lire un livre que l'on n'a jamais lu dans le noir. Evidemment, on y voit rien. Avec un brin de concentration chamanique, et en partant du livre seul, vous serez peut-être surpris d'avoir l'impression que vous lisez vraiment, que les mots se manifestent tous seuls, dans la pénombre et que le livre vous parle. Lorsqu'on lit dans le noir assez longtemps, on écrit....

Note : ce billet a été réalisé sans trucage et en l'absence de toute stimulation illégale. C'est dit.




Le Clézio, Prix Nobel de littérature

Posté par Easywriter le 09.10.08 à 15:10 | tags : prix

Jean-Marie Le Clézio (photo) obtient donc le Prix Nobel. L'écrivain français n'était pourtant pas vraiment dans les favoris il y a encore quelques jours (alors qu'on lui prédit le Nobel depuis dix ans au moins).
On citait plus volontiers l'Israëlien Amoz Oz, l'Australien Les Murray, le romancier nigérian Chinua Achebe et le poète syrien Ali Ahmad Saïd.
Bien sûr les éternels favoris comme Philip Roth ou Haruki Murakami revenaient aussi régulièrement aux lèvres. 

L'Académie a indiqué qu'elle avait fait le choix "d'un écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'exstase sensuelle, l'explorateur d'une humanité au-delà et en-dessous de la civilisation régnante".
Ecrivain voyageur, Le Clézio a obtenu le Prix Renaudot à 23 ans pour Le Procès-verbal.
Son rapport au monde sera bouleversé par ses voyages au Panama dans les années 1970 où il vécut avec les communautés indiennes. D'une écriture novatrice et révoltée, il déviera ensuite vers des romans plus oniriques où le voyage, l'enfance et la solitude tiennent une grande place.
S'il n'est pas le plus grand styliste de la langue française, il est l'un des auteurs les plus atypiques par son imaginaire et son souci de maintenir à distance les medias depuis plus de quarante ans. On a parlé à son égard de métaphysique-fiction, voici ce qu'à l'occasion il répondit : «J’ai le sentiment d’être une petite chose sur cette planète et la littérature me sert à exprimer ça. Si je me hasardais à philosopher, on dirait que je suis un pauvre rousseauiste qui n’a rien compris»

Les derniers lauréats français du Nobel sont l'écrivain d'origine chinoise Gao Xingjian en 2000 et Claude Simon, grande figure du Nouveau roman, en 1985.

 

Illustration : © JESSICA GOW/SCANPIX SUEDE/SIPA

 


 

 

 




Travaux pratiques : les nouveaux essais des P.U.F

Posté par Céline le 09.10.08 à 10:17 | tags : édition, essai, news
Cet automne, les célèbres P.U.F accueillent du sang neuf dans leur catalogue. Dirigée par Laurent de Sutter, chercheur et enseignant bruxellois, la toute nouvelle collection des P.U.F, baptisée "Travaux Pratiques", entreprend en effet de faire entendre les voix d'une génération montante d'auteurs.

Les deux premiers ouvrages qui paraîtront dans la collection, le 15 octobre prochain, donnent le ton : Camille de Toledo (auteur notamment du remarqué Archimondain jolipunk, Calmann-Lévy, 2002) proposera une réflexion sur l'état du réel dans la littérature avec Visiter le Flurkistan ou les illusions de la littérature monde. Quant à Pascal Chabot, philosophe spécialiste de Simondon, et par ailleurs conseiller artistique de la chorégraphe Michèle Noiret, il interrogera la notion de progrès, dans Après le progrès.

 

Nous avons posé quelques questions à Laurent de Sutter sur la collection Travaux Pratiques, qui devrait désormais publier quatre titres par an.


Pouvez-vous résumer l'esprit de la collection Travaux pratiques ?

Avec plaisir. « Travaux Pratiques » est une collection de brefs essais rassemblant des jeunes auteurs de tous horizons et toutes disciplines autour de l'enjeu suivant : relancer le genre littéraire de l'essai à partir d'objets nouveaux. Depuis toujours, l'essai fait partie intégrante du monde de la littérature : de Mishima à Vollmann, de Bergson à Baudrillard, de Bourdieu à Latour, l'histoire de la pensée est celle d'un alliage savant d'écriture et de concept. En lançant « Travaux Pratiques » grâce au soutien des Presses Universitaires de France, je souhaite souligner que cette histoire n'est pas finie - et même, au contraire, qu'il existe aujourd'hui un terreau des plus vivaces pour son futur. Les lecteurs curieux, et notamment ici, chez Fluctuat, suivent sans doute depuis un moment les aventures de « Matrix, machine philosophique » ou de Fresh Théorie, de même qu'ils lisent Camille de Toledo ou Mehdi Belhaj Kacem, en sentant que quelque chose de neuf se joue dans ces entreprises pourtant si diverses. L'ambition de « Travaux Pratiques » est d'être un lieu où toutes ces tentatives - qu'elles soient déjà connues, comme celles que je viens de citer, ou bien qu'elles soient encore discrètes - pourraient trouver un asile logique.


S'agit-il de dépoussiérer la "pensée française", de remettre la théorie au goût du jour ?

Je ne suis pas très sûr de la nécessité de dépoussiérer quoi que ce soit. J'ai plutôt l'impression que ce qui importerait - et dont « Travaux Pratiques » serait la manifestation éditoriale - est la nécessité renouvelée de choisir. La « pensée française », comme vous dites, me paraît aujourd'hui confrontée à l'alternative suivante : ou bien poursuivre le travail des maîtres de Mai 68, ou bien tenter de les enterrer. Avec « Travaux Pratiques », c'est une autre voie qu'il s'agit d'explorer : y aller du « tout autrement », comme le disait Levinas de Derrida. C'est-à-dire prendre tous les risques, se piquer de tous les savoirs, pour parvenir à briser les termes de cette alternative. Ni révérence, ni mépris, mais expérimentation, en quelque sorte. Or je crois que l'expérimentation a toujours été au « goût du jour » ; du moins, telle était l'opinion de Gilles Deleuze, et j'y souscris volontiers : c'est le désir d'expérimentation qui, depuis la nuit des temps, a distingué les véritables penseurs de ceux qui ne font que semblant.


Comment choisissez-vous vos auteurs ?

Disons que je les choisis par goût. Les auteurs qui m'ont fait le plaisir et l'honneur d'accepter de participer à « Travaux Pratiques » sont des gens que j'ai d'abord rencontrés dans tel article ou tel livre. En les lisant, j'ai, à chaque fois, été frappé par deux choses : une intelligence et un style. Pour moi, ces deux facteurs sont indissociables : le style est peut-être l'homme, mais il est d'abord la pensée - ce que, à nouveau, Derrida a jadis fortement souligné. Les auteurs que je recherche sont donc avant tout des écrivains qui pensent. Que ces écrivains choisissent la psychanalyse, le droit ou la philosophie plutôt que la littérature pour exprimer leurs idées est à mes yeux un détail. Seul compte leur rapport à l'essai comme genre littéraire dont la contrainte, double, est celle de l'originalité de pensée et de l'originalité du style. C'est ainsi que je peux me permettre de rassembler dans une même collection des écrivains comme Camille de Toledo et Chloé Delaume, des universitaires comme Pascal Chabot ou Pierre Cassou-Noguès, et des francs-tireurs comme Véronique Bergen ou Pacôme Thiellement, sans que, du moins je l'espère, cela ne fasse trop collage.

 


Les P.U.F sont une véritable référence, notamment pour les étudiants (et les professeurs). A qui s'adresse prioritairement les essais de Travaux pratiques ?

J'ai envie de dire : à tous ceux pour qui la pensée conserve encore un capital d'excitation ou de jouissance. Même Platon s'en était rendu compte : la pensée est érotique ou n'est pas. Qui n'a jamais, en lisant par exemple Sloterdijk ou Zizek, fait l'expérience de ce vertige proche de celui produit par les meilleurs romans de science-fiction risque de trouver cette thèse absurde - et pourtant, je crois que c'est son intuition qui nous conduit avant tout à la spéculation. Car cette expérience érotique du vertige de la pensée l'est précisément parce qu'en elle se combine la plus grande sophistication de raisonnement, la plus grande élégance de présentation, la plus inattendue des conclusions - et, pourtant, comme on s'en rend compte en un éclair, la plus grande charge de vérité. En ce sens, je crois qu'il y a quelque chose de proustien dans la pensée : elle nous fait apercevoir, par des détours qui paraissent gratuits, voire oiseux, quelque chose qui, sans eux, demeurerait fondu dans le décor l'entourant. J'espère que « Travaux Pratiques » pourra contribuer à fournir à ceux que cela attire, un peu de ce vertige - c'est-à-dire un peu plus de clarté dans la vision.




Catherine Millet n'aura pas le Goncourt

Posté par Easywriter le 08.10.08 à 17:12 | tags : news, prix
Deuxième sélection du Prix Goncourt 2008 dont a disparu le Jour de souffrance de Catherine Millet (on va s'en remettre). Plus gênant en revanche, la disparition de Patrice Pluyette et sa traversée du Mozambique par temps calme ( toujours en lice pour le Medicis). On notera qu'au milieu du "Galigraseuil" habituel survit également Jean-Marie Blas de Roblès dont on (je) n'a(i) toujours pas écrit tout le bien qu'on en pensait.

La liste complète :

Jean-Baptiste Del Amo, Une éducation libertine, Gallimard

Christophe Bataille, Le rêve de Machiavel, Grasset

Jean-Marie Blas de Roblès, Là ou les tigres sont chez eux, Zulma

Catherine Cusset, Un brillant avenir, Gallimard

Jean-Louis Fournier, Où on va, papa ?, Stock

Alain Jaubert, Une nuit à Pompéi, Gallimard

Michel Le Bris, La Beauté du monde, Grasset

Atiq Rahimi, Syngué Sabour, POL

Olivier Rolin, Un chasseur de Lions, Seuil

 

 




Atelier de trivialités (4) : la magie des cours de français

Posté par Myosotis le 08.10.08 à 10:09 | tags : élucubration, littérature en vidéo
On peut préférer au dispositif formel et corseté de Bégaudeau et de son Entre les murs (trop théâtral pour moi dans sa fausse reconstruction d'une "réalité" qui n'existe pas), les petits films qui courent un peu partout sur le net et parlent à leur façon de la manière dont est enseignée aujourd'hui la littérature en France. 39 secondes saisies à la volée au portable. Enregistrements pirates de cours, zooms sur une attitude, une moue, un bordel organisé, ou le lynchage d'un professeur malhabile. A l'exemple de cette saisissante lecture d'une scène de Dom Juan de Molière par un professeur pour le moins possédé par son sujet (l'accent "paysan" est si bien rendu qu'on y entend rien de rien), le cours de littérature ou cours de français est l'un des endroits stratégiques où se déroule la bataille de l'écrit, l'un des terrains où la littérature peut espérer assurer sa survie face aux autres médias.
Si l'on enseigne le français à l'école et pas le cinéma, la télévision ou le "mobile langage", c'est parce que contrairement à d'autres arts, le livre, dit-on, n'est pas d'un accès facile, d'une consommation immédiate. Pour lire, et on a l'impression d'être un peu con en disant ça, il faut apprendre la langue des signes littéraires (son code, sa grammaire, ce genre de bêtises) mais surtout accepter, ce qui ne paraît plus si évident aujourd'hui, l'idée selon laquelle un... pictogramme pourrait non seulement contenir du sens mais aussi des sensations. S'il va de soi pour les "jeunes générations" que l'image et le son charrient l'émotion, la structure mentale et culturelle capable de tisser un lien d'évidence immédiat entre le mot et son contenu chimique a été ruinée, détruite ou du moins fragilisée. Il apparaît peu probable ou alors moins probable, compte tenu de cette situation, que l'adolescent ou l'enfant aille naturellement vers l'écrit alors que le réservoir d'émotions est si riche et varié par ailleurs et ne réclame pas de machine à traduire, de médiation ou de savoir-faire particulier.
Lorsqu'on parle de structure mentale, cela ne désigne pas la simple capacité à lire et à déchiffrer mécaniquement mais bien la capacité qui n'a rien d'innée à relier au signe (le mot, le vers, la phrase, le roman) l'univers symbolique, sensationnel, émotionnel qui lui est DIRECTEMENT associé chez un lecteur chevronné. Rimbaud parle plus ou moins de ce travail dans son fameux poème "Voyelles" et Vian, pour rester dans les auteurs enseignés à l'école, ne dit pas autre chose lorsqu'il invente son dispositif du "Pianocktail".
Le cours de français, qu'il soit bon ou mauvais, est, parce qu'il est l'endroit où la littérature s'énonce, se prononce parfois pour la première fois, plus qu'une leçon d'apprentissage, un instant de stimulation d'ordre biologique, une science du cerveau dont le but est de connecter les récepteurs (sensoriels, les oreilles) aux émetteurs d'émotion (le cerveau, le sexe, la peau). On pourrait heureusement rebaptiser les cours de français, cours d'éducation littéraire, comme on baptisait jadis les cours d'éducation sexuelle. Il s'agit dans les deux cas d'un apprentissage du corps autour d'un processus dont on ignore à peu près tout. Comme chacun d'entre nous, je peux me souvenir avec précision de mes professeurs de français plus que du contenu de leurs cours. Je me souviens beaucoup mieux que dans d'autres disciplines, de la façon dont ils parlaient, dont ils agitaient les bras en lisant, dont ils se déplaçaient. Je me souviens de leurs yeux qui brillaient et aussi de la façon dont leurs effets de manche animaient la bouche des filles de ma classe. Inconsciemment, j'étais alors une sorte de puceau littéraire géant qui découvrait non pas les livres (j'en avais lu des tas sans comprendre ce que cela voulait dire) mais les effets qu'ils étaient susceptibles de produire sur d'autres personnes que moi.
Paradoxalement, et pour revenir à Bégaudeau, le cours de français a la particularité de ne pas devoir essayer de ramener l'esprit de l'élève dans les limites de la classe, de concentrer son attention, mais bien, au contraire, de la disperser, de la diffracter, de l'éparpiller contre et au travers des murs. Merci monsieur le professeur et blablabla.



La BD c'est quoi d'abord ?

Posté par 2goldfish le 07.10.08 à 12:10 | tags : bd, elucubration
Ca semble à beaucoup un débat oiseux et ça l'est certainement un peu mais il existe bien une dispute entre les partisans de telle ou telle définition de la BD/comic/graphic novel/art séquentiel/manga/fumetti/neuvième art...

Principalement on a deux écoles : celle de Scott McCloud ou Thierrry Groensteen qui pose que le propre de cet art est défini par la création de séquence par la juxtaposition d'images, l'autre, dont Thierry Smolderen est l'un des champions, se pose généralement en opposition à la première pour dire que l'on pourrait tout aussi bien à la place de la juxtaposition des images retenir la bulle ou le mariage des images et des lettres pour définir la BD.

La première définition a pour inconvénient d'exclure de la BD tous les dessins de presse : vous dessinez, je ne sais pas, Nicolas Sarkozy qui dit "On va faire ça et ça" et François Fillon qui dit "Zut !" (désolé, ce n'est pas mon métier) et ce n'est pas une BD. Vous tracez un trait entre les deux et hop, vous avez une BD... La seconde définition vous force  à exclure toutes les BD muettes, ce qui n'est guère plus satisfaisant.

Modestement, j'ai développé mon propre système pour définir ce qui est une BD et ce qui ne l'est pas de manière à inclure ce que je veux et exclure le reste. C'est simple : je prends la première définition (celle de la juxtaposition) et j'utilise la théorie du langage visuel de Neil Cohn selon laquelle une case comme un pavé ou une bulle de texte constitue une unité de sens équivalente, pour simplifier, une case ou une bulle, c'est fondamentalement la même chose (le grand apport de cette théorie étant de défaire le mythe de la case en tant qu'unité temporelle mais ce n'est pas ça qui nous intéresse ici). Une BD, c'est donc tout ce qui juxtapose en séquence au moins deux unités de sens, un dessin et une bulle, deux cases ou, théoriquement, deux bulles.
 
Sur Flu : lire le dossier Graphic Novel



La Belle Personne vs la Princesse de Clèves : le livre ou le film ? (9)

Posté par Myosotis le 06.10.08 à 15:03 | tags : elucubration, le livre ou le film ?, roman

Nos amis critiques de cinéma ont fait un (trop) joli sort à La Belle personne de Christophe Honoré, au motif que c'était une "adaptation" contemporaine de La Princesse de Clèves, un film ultrasensible et (surtout) que l'actrice principale, la fille Seydoux (quel talent de père en fille, affaires, arts, même combat) était sexydiaphane comme il fallait. Sans doute ont-ils été peu nombreux devant Arte, avant ou après la projection en salle, à se replonger dans le roman de Mme de La Fayette pour vérifier si cette idée d'adaptation tenait la route ou si ce n'était qu'un argument marketing comme un autre pour donner une tenue à cette sorte de navet blanc des beaux quartiers (se reporter sur ce point à l'intéressante colonne parue dans Libération et qui évoquait intelligemment la (ré)vision des "minorités" dans le film).

Quel point commun peut-on trouver entre ce film de collège (l'histoire d'amour entre un ténébreux professeur d'italien - aussi crédible que je le serai en professeur de technologie - et l'une de ses élèves) et un roman chef d'oeuvre paru en 1678 ? Personnellement, je ne vois pas ou alors pas grand chose qui soit à l'avantage du film. Si l'on reste à la surface des choses, les seuls points communs évidents (si l'on écarte le décalque malhabile de l'histoire qui font que... hum... Men in Black est une adaptation de... Hamlet) sont une sorte de préciosité et l'apparence gracile des protagonistes. Dans le roman, l'action se situe à la cour du roi Henri II, réputée pour réunir des aristocrates jeunes, très jeunes et particulièrement stylés. Dans le film d'Honoré, le tout est transposé dans un lycée des beaux quartiers de Paris où tout le monde est riche, à défaut d'être vraiment beau : bonjour l'ambition. Ce qui fait clocher avant tout ce projet d'adaptation en tant que tel, c'est avant tout les 420 ans qui nous séparent du cadre originel et l'évolution du coeur et des moeurs qui s'est produite entre temps. Là où le roman de Mme La Fayette faisait merveille, c'était dans la présentation d'un cadre moral strict et gentiment perturbé (terriblement perturbé) à l'intérieur du personnage central (la Princesse et ses fameux monologues intérieurs, premiers du genre avant le genre), par une passion naissante et jamais actualisée.

 

Chez Mme La Fayette, on sent, passée la phase introductive, assez pénible à lire aujourd'hui, trop longue, mais en soi assez fascinante, la société déployer ses règles et contenir les êtres comme un grand corset géant. Ce qui compte ici c'est le frémissement qui s'empare de l'héroïne, seize ans à peine, lorsqu'elle rencontre le Prince de Nemours alors qu'on l'a déjà "vendue" au Prince de Clèves. Chez Honoré, le contexte a changé : les coeurs et les corps sont libérés. Les protagonistes ont le droit de s'en servir comme il leur plaît, si bien que tout le dispositif de frustration, de containment du sentiment amoureux est non seulement désactivé mais ne peut espérer dégager la même force que dans le roman. Mme La Fayette qui, elle-même, choisit de situer son intrigue dans le propre passé de son époque (pour créer un décalage temporel), n'est pas dupe de l'évolution des moeurs. Les précieux ont gagné du terrain et l'afféterie menace déjà. Le libertinage est présent et incarné plus ou moins directement par le personnage de Nemours qui renonce, d'une certaine façon, à ses obligations envers la Couronne (l'Education Nationale dans le téléfilm) pour vivre sa passion (ou ne pas la vivre) avec la Princesse de Clèves. Il l'épie, la poursuit, se jette sur son chemin comme un mendiant sous une voiture. Ce voyeurisme naissant et un rien pervers peut être vu alors comme le comble de l'audace. A notre époque, il est tout bonnement incompréhensible et sans intérêt, incapable du moins de produire la même intensité. "Voir, au milieu de la nuit, dans le plus beau lieu du monde, une personne qu'il adorait, la voir sans qu'elle sût qu'il la voyait, et la voir tout occupée de choses qui avaient du rapport à lui et à la passion qu'elle lui cachait, c'est ce qui n'a jamais été goûté ni imaginé par nul autre amant."

Ce qui était novateur et haletant, dramatique et quasi insoutenable dans le roman, devient précieux (pour le coup) et affecté dans La Belle Personne, sorte de fantasme passéiste et bourgeois d'une impossibilité d'aimer qui tient plus désormais du caprice (la belle personne vous emmerde ou ne vous kiffe pas assez pour baiser avec vous) que de la réalité de son temps. L'autre changement décisif qui rend l'adaptation inopérante est évidemment l'apparition d'une nouvelle catégorie humaine : l'adolescent(e). Lorsque Mme de La Fayette écrit, il n'y a pas encore ce statut intermédiaire entre l'enfant et l'adulte qui, quatre siècles plus tard, change la donne. Dans la société contemporaine, on voit mal pourquoi (la société l'encourage), l'adolescence choisirait d'aller à l'encontre de son désir, dans la mesure où toute action, fut-elle scandaleuse ou idiote, issue de cet âge ingrat est immédiatement excusée et excusable, ou du moins imputable à cette appartenance générationnelle qui autorise les écarts. Là encore, le film se caractérise par son absence d'enjeu pour la belle Personne précisément. On peut considérer que le déport de risque se fait sur le personnage de Nemours (le professeur d'Italien) et par rapport à sa position. On répondra qu'on en a vu d'autres. L'amour est bien rendu impossible, à une époque individualiste, par une décision individuelle plus que par un système social : c'est ce qui fait la différence.

 

Pour conclure et pour revenir à notre question, le livre ou le film ?, il faut, encore une fois, donner l'avantage au livre, monument littéraire, premier roman parmi les premiers romans, chef d'oeuvre de retenue bouillonnante, contre un film terriblement "versaillais" et qui joue sur des situations qui n'existent plus de cette manière. Si la Princesse du film est aveugle, c'est parce qu'elle le veut -vaut- bien ou parce que son cinéaste l'est aussi. On ne peut pas faire un film aujourd'hui en tenant le monde à distance. Cela ne fonctionne tout simplement pas et ça compte pour du beurre.

 




L'autobiographie de Mesrine rééditée chez Flammarion

Posté par Céline le 06.10.08 à 09:30 | tags : édition, news

Jacques Mesrine a braqué des banques, s'est évadé de tôle, a semé la pagaille chez les flics… et a écrit un livre. Son autobiographie, intitulé L'Instinct de Mort et initialement publié chez JC Lattès en 1977, est rééditée par les éditions Flammarion (parution le 8 octobre) à l'occasion de la sortie du film en deux volets de Jean-François Richet, Mesrine : L'Instinct de mort et Mesrine : L'Ennemi public n°1

L'ouvrage était épuisé, malgré une première réédition chez Champ Libre en 1984. Emprisonné dans les quartiers de haute sécurité de la Santé et de Fleury-Mérogis, Jacques Mesrine y décrit sa vie de gangster de façon romancée.

Visiblement, il existe un effet Mesrine qui devrait retrouver du souffle grâce au film de Richet : les documentaires consacrés au gangster se multiplient, et un autre ouvrage, signé Guy Adamik, L'Affaire Mesrine, est également prévu chez Flammarion (la date de sortie a été repoussée).

 

Jacques Mesrine, L'Instinct de Mort, Flammarion, octobre 2008.




Recherche John Boyd désespérément : récompense assurée

Posté par Myosotis le 03.10.08 à 13:00 | tags : élucubration, science-fiction

 

Aujourd'hui, 3 octobre 2008, John Boyd fête, s'il est toujours en vie, ses 89 ans. Alors que tout le monde se passionne pour l'invisibilité de Thomas Pynchon (combien de fois faudra-t-il encore se farcir sa photo de jeunesse débile en noir et blanc en illustration des articles le concernant ?), John Boyd, de son vrai nom Boyd Bradfield Upchurch, est sûrement le vrai héros insaisissable des littératures de seconde zone. Révélé par un premier roman de SF et d'anticipation éblouissant, The Last Starship From Earth, Boyd a écrit une quinzaine de romans que j'avais tenté de lister ici il y a quelques années.

Depuis, je me suis procuré ce qui me manquait et j'ai, je pense, quasiment épuisé ce qu'il était possible de dégotter de cet auteur (en "occasion") en langue française et anglaise : soit une oeuvre quasiment sans fausse note que je placerais (personnellement - et je suis sans doute le seul à le placer à ce niveau) entre Ballard et HG Wells pour sa pertinence et son importance visionnaire.

Boyd a écrit mine de rien sur l'écologie, le féminisme, la pollution, le libertinage, l'épuisement culturel et économique de notre civilisation, sous couvert de romans lorgnant vers la série B et la science-fiction la moins noble. A côté de lui, Kurt Vonnegut était un m'as-tu-vu assoiffé de reconnaissance. Boyd ne s'est jamais départi de son écriture classique qui le rattache directement à la grande lignée des écrivains de science-fiction de la fin du XIXème siècle.

 

Alors qu'on fête son anniversaire, sa présence/absence m'obsède plus que jamais. Depuis 1977 et son dernier roman connu, The Girl with the Jade Green Eyes, un chef d'oeuvre dont l'héroïne est une sorte de Supergirl sans pouvoirs égarée sur la terre avec quelques compagnons après la destruction de son monde (les dernières pages sont affolantes de beauté, lorsque Kyla offre au garde forestier Breedlove une vision fabuleuse d'un monde où la nature et l'homme ne seraient pas en opposition), Boyd n'a rien publié et est complètement introuvable.

Personne ne semble l'avoir interviewé, le net est muet sur ses trente dernières années. En cherchant un peu, on tombe sur cette biographie qui est à peu près la plus complète à ce jour. Boyd aurait choisi à la fin des années 70 de se retirer et de se consacrer à son métier de marchand de photographies (ou de gravures photos, selon les sources). Son épouse était institutrice et on sait aussi qu'ils ont vécu longtemps et heureux ensemble. Pour le reste, rien. Nul ne sait si Boyd a continué d'écrire, s'il est mort, s'il a dans ses tiroirs (mais où?) des dizaines de manuscrits perdus et qui n'attendent qu'à être ramassés. Pourquoi personne n'est allé le débusquer ? - Parce que Beigbeder et les autres préfèrent évidemment aller avec leur équipe de douze journalistes camper devant chez Pynchon, dont TOUT LE MONDE connaît l'adresse à 300 kilomètres à la ronde.

 

Pour Boyd, c'est une autre histoire. Il est probable, s'il est toujours vivant, qu'il se trouve pas très loin de Los Angeles. J'ai tenté vainement de rentrer en contact avec ses anciens éditeurs mais tout le monde est muet. Après trente ans, autant dire que les gens qui le connaissaient ont depuis longtemps quitté le business. Boyd n'a pas de site internet, n'a pas de cercles de fans comme d'autres auteurs de SF de l'époque. Ce billet est d'une certaine façon mon dernier espoir. Avec votre aide de limiers, de documentalistes, de chercheurs, d'amoureux de littérature, d'étudiants, de connaisseurs des soutes du net, de butineurs magiques, j'aimerais non seulement récupérer un maximum de renseignements sur John Boyd mais aussi pouvoir le retrouver et offrir à fluctuat, l'exclusivité dont tout le monde se tamponne : la seule interview de John Boyd jamais réalisée. Il va de soi que cela relève du fantasme mais, comme nous l'apprend son oeuvre, il ne faut désespérer de rien. Ce qui arrive arrive et ce qui ne doit pas arriver, arrive également..... Merci d'avance pour les informations que vous pourrez ramener, et déposer ici.

PS : pas la peine de dire qu'il n'y a AUCUNE photo de Boyd sur le net. J'ai déniché un vieux cliché dans une revue SF de 1966 mais il est tellement mauvais que le scanner n'aurait aucun sens. Ce billet est donc illustré avec n'importe quoi. J'ai hésité à mettre la photo de Pynchon pour attirer le chaland.... mais non. Ce ne serait pas sport.

 




Proust fera aussi la Nuit Blanche

Posté par Céline le 03.10.08 à 12:00 | tags : news
Demain soir, Paris fera Nuit Blanche pour la 7e année consécutive. Si beaucoup des manifestations artistiques consisteront en des installations vidéos ou sonore, ou en des expositions nocturnes, certaines d'entre elles mettront aussi le livre à l'honneur.

La plus attendue d'entre elle, c'est la mise en scène des Microfictions de Régis Jauffret, qui sera jouée au Théâtre du Rond-point de 17 heures à 2 heures du matin, par des comédiens célèbres ou amateurs, dirigés par Valéry Warnotte et Charlie Windelschmidt (nous en avions déjà parlé ici).


A l'Hôtel d'Albret (4e) on célèbrera l'œuvre monument de Marcel Proust. Véronique Aubouy y présentera en effet un projet qui requiert la participation de lecteurs : pour réaliser Le Baiser de la matrice, la cinéaste a chargé 4000 personnes, disséminées dans le monde, de se connecter et de s'autofilmer pendant qu'elles lisent une page de La recherche du temps perdu. Le Web-tournage a commencé le 27 septembre, il se prolongera samedi soir et fera l'objet d'une projection pendant la Nuit Blanche.

 

Dans le 11e arrondissement, au 17, rue de la Fontaine-au-Roi plus précidément, la librairie "La Plume vagabonde" et son association "Page commune" organisent la "Nuit blanche du roman noir" avec une série de lectures et de signatures d'auteurs comme Didier Daeninckx, Laurent Chalumeau, Paul Loubière, Thierry Jonquet... Une "rivière sonore" imaginée par le concepteur Corsin Vogel dévalera la rue, fermée à la circulation et plongée dans le noir, afin de guider les noctambules vers la littérature policière...

Enfin, des librairies organiseront pour l'occasion des lectures pendant une bonne partie de la nuit. Aux "Cahiers de Colette" (3e), on pourra ainsi rencontrer des auteurs de la rentrée littéraire : Christine Angot, Olivier Rolin, Charles Dantzig, Chloé Delaume, Olivier Poivre d'Arvor, Atiq Rahimi, Philippe de La Génardière, Pascal Bruckner...





La littérature américaine se fait saquer pour le Prix Nobel

Posté par Céline le 03.10.08 à 10:38 | tags : news, prix

"Les Etats-Unis sont trop isolés, ils ne traduisent pas assez et ne participent pas au dialogue des littératures." A quelques jour de l'attribution du prix Nobel de Littérature, cette déclaration d'Horace Engdhal, secrétaire général de l’académie des Nobel, provoque outre-Atlantique l'indignation des spécialistes de littérature. Ces derniers ont cité Philip Roth, Joyce Carol Oates et John Updike, dont les noms circulent depuis des années.

Cependant, Engdhal est sûr de lui : "Vous ne pouvez pas écarter le fait que l'Europe est encore au centre du monde littéraire... pas les Etats-Unis". Il ajoute encore : "En Europe vous pouvez bâtir votre œuvre, en toute tranquillité, sans crainte d'être battu à mort." Des propos qui mettent à mal la suprêmatie américaine, et devenus aussitôt polémiques. David Remnick, journaliste du New Yorker, a d'ailleurs rétorqué : «Si Horace Engdhal était plus attentif à la scène littéraire qu'il vise, il verrait la vitalité dont font part les auteurs comme Roth, Updike, et Don DeLillo, ainsi que des jeunes écrivains qui sont, pour certains, des enfants de l'immigration, et qui écrivent dans leur anglais adopté. Quelle que soit leur génération, aucune de ces pauvres âmes n'a été ravagée par les horreurs du Coca-Cola».

Le Nobel n’a pas été décerné à un auteur américain depuis 25 ans : Toni Morrison, l’auteur de Beloved, est la dernière à l'avoir obtenu en 1983. Avant elle, trois autres américains s'étaient vus remettre cette distinction : Saul Bellow, Ernest Hemingway et John Steinbeck.

L'annonce du prix Nobel de Littérature devrait être annoncé ce jeudi, mais l'académie prévient que « la révélation pourrait prendre quelques semaines de retard ». Parmi les nobélisables, on trouve notamment Philip Roth et le Japonais Haruki Murakami (deux éternels favoris), l'Israëlien Amoz Oz, l'Australien Les Murray, le romancier nigérian Chinua Achebe et le poète syrien Ali Ahmad Saïd.



Salman Rushdie affirme ne pas regretter ses Versets Sataniques

Posté par Céline le 02.10.08 à 11:39 | tags : news
Vingt ans après la publication des Les Versets sataniques, le livre qui a failli lui coûter la vie, Salman Rushdie a déclaré dans une interview diffusée sur le site du Times qu'il ne regrette rien de ce qu'il a écrit. L'auteur indien estime qu'il était important de s'attaquer à des questions religieuses ou philosophiques majeures : "La question que je me pose tout le temps est la suivante : sommes-nous maîtres ou victimes ? Faisons-nous l'histoire ou est-ce que c'est l'histoire qui nous fait ? Est-ce qu'on façonne le monde ou est-ce qu'on est façonné par lui ?"

La polémique qu'avait soulevée la publication des Versets sataniques est plus que jamais d'actualité. Il y a quelques jours, trois hommes ont été arrêtés, soupçonnés d'avoir provoqué un incendie chez Martin Rynja, l'éditeur de Gibson Square, qui venait d'annoncer publication du roman controversé The Jewel of Medina (Le joyau de Médine) de l'américaine Sherry Jones, portant sur la plus jeune épouse du prophète Mahomet.

En février 1989, l'imam Khomeiny, guide suprême de la révolution islamique iranienne, avait prononcé une fatwa contre Salman Rushdie, l'obligeant à vivre caché et sous protection policière pendant près de dix ans. Plusieurs des traducteurs de l'ouvrage s'étaient vus menacés de mort. C'est seulement en 1998 que les choses se sont apaisées, lorsque le gouvernement iranien a déclaré qu'il ne tenterait pas de faire appliquer le décret prononcé par l'ayatollah Khomeiny. Cependant, la fatwa ne peut pas être annulée, et les tensions subsistent toujours. L'anoblissement de l'écrivain par la reine Elizabeth II, en 2007, avait provoqué de violentes protestations au Pakistan et en Malaisie.

Rushdie refuse de se repentir d'avoir écrit cet ouvrage, peut-être l'un des plus controversé de son époque. Et continue d'écrire. Son dernier roman, L'Enchanteresse de Florence, paraît aujourd'hui en France. Il y est encore question d'histoire, celle de l'Orient "conquérant et contemplatif" et celle de l'"Occident sensuel et terrible de la Renaissance florentine", mais aussi, et surtout, de magie et de légende.
 
 
Voir l'interview de Salman Rushdie sur le site du Times.



Le livre mystérieux de Houellebecq et BHL est en librairie

Posté par Céline le 02.10.08 à 10:46 | tags : news, actu de la rentrée

Le "mystérieux livre de Flammarion", plus si mystérieux que ça avec tout ce qui en a déjà été dit, arrive en librairie aujourd'hui. La parution d'Ennemis publics, correspondance entre Houellebecq et Bernard-Henri Lévy, était prévue pour le 8 octobre, mais la révélation du JDD a précipité les choses (voir le billet à ce sujet).

Mardi dernier, Houellebecq était sur Europe 1, face à Marc-Olivier Fogiel, inaugurant ainsi une longue série de rendez-vous promotionnels. Dès son retour en France, BHL le rejoindra : les deux auteurs sont déjà attendus chez Nicolas Demorand, le 7 octobre sur France Inter.

Libération et le Nouvel Obs ont déjà accordé beaucoup d'intérêt à l'ouvrage. Pour écouler les 120 000 exemplaires tirés (il s'agit d'une co-édition Grasset et Flammarion), il va bien falloir que tout le monde s'y mette.




La première sélection du Prix décembre : toujours les mêmes

Posté par Céline le 02.10.08 à 10:30 | tags : news, prix

Crée en 1999 par Pierre Bergé, et dans la continuité du Prix Novembre, le Prix décembre est une sorte d'anti-Goncourt, qui vise à soutenir des voix singulières de la littérature française. Voici la première sélection, qui sera suivie d'une deuxième le 23 octobre, en attendant la remise du prix le 12 novembre. Beaucoup des auteurs de la liste ont déjà été cités pour d'autres prix.

 

Christine Angot : Le Marché des Amants (Le Seuil)
Claro : Madman Bovary (Verticales)
Maxime Cohen : Promenades sur la lune (Grasset)
Benoît Duteurtre : Les pieds dans l’eau (Gallimard)
Mathias Enard : Zone (Actes Sud)
Alain Fleischer : Prolongations (Gallimard)
Tristan Garcia : La Meilleure Part des Hommes (Gallimard)
Jean-Yves Lacroix : Le cure-dent (Allia)
Catherine Millet : Jour de souffrance (Flammarion)
Denis Podalydès : Voix off (Le Mercure de France)
Josyane Savigneau : Point de côté (Stock)
Philippe Vilain : Faux-Père (Grasset)




La crise financière en littérature et autres quizz

Posté par Céline le 01.10.08 à 12:05 | tags : web, news, jeux littéraires

Le site du Guardian propose des quizz littéraires assez amusants (en anglais, bien sûr), sur des sujets divers et variés.

Très adapté à l'actualité, l'un d'entre eux propose notamment de tester ses connaissances sur les crises financières dans la fiction ("Fictional Financial Disaster Quiz"). On vous demandera par exemple le nom de la famille en proie à la misère dans Les Raisins de la colère de John Steinbeck, ou encore de retrouver quel désastre financier touche le couple Calloway dans Trente ans et des poussières de Jay Mc Inerney.

On pourra également répondre à des questions sur les scientifiques fous en littérature (pourquoi Griffin, dans L'Homme invisible de Wells, se rend-il lui-même invisible avec sa potion ?), sur la littérature chinoise (qui fut le premier écrivain chinois à remporter le prix nobel ?), ou encore sur l'histoire des livres censurés (pourquoi L'Appel de la forêt de Jack London a-t-il été interdit en Yougoslavie ?).

 

Voir les quizz littéraires sur le site du Guardian

 




François Bégaudeau sera au Théâtre Ouvert en octobre

Posté par Céline le 01.10.08 à 11:45 | tags : news
François Bégaudeau a le profil type du jeune auteur à qui tout réussit. Il y a quelques mois, il montait aux côtés de Laurent Cantet recevoir la Palme d'Or du Festival de Cannes pour le film Entre les murs, adapté de son livre éponyme, et dans lequel il jouait le rôle principal. Demain, 2 octobre, paraît aux éditions Bréal l'Antimanuel de Littérature qu'il a élaboré, et dont l'originalité, l'humour et le dynamisme laissent présager un certain succès.

L'actualité de François Bégaudeau ne s'arrête pas là. Pensez-vous, il faut prolonger l'effet Palme d'Or... au théâtre, par exemple. En octobre, le Théâtre Ouvert publie Le Problème, la première pièce écrite par l'auteur, qui "déjoue les clichés de la famille traditionnelle" (Ed. Théâtre Ouvert/Tapuscrit). Dans le cadre de la 20e édition de Lire en fête, le même théâtre proposera le 12 octobre une mise en voix du roman Fin de l'histoire de François Bégaudeau, par et avec François Bégaudeau et Cécile Backès. Sur scène, deux paroles se croiseront : celle de la journaliste Florence Aubenas, pendant sa conférence de presse quelques jours après sa libération d'Irak en juin 2005, et celle du narrateur, qui construit un monologue intérieur tout en assistant à la conférence. Cette mise en voix sera suivie d'un dialogue autour des thèmes "Ecritures/roman, cinéma, théâtre".

Ce n'est pas tout. Le Théâtre Ouvert annonce également, pour le 16 janvier 2009, la création scénique d'Entre les murs, par le metteur en scène François Wastiaux. Après le papier, après l'écran, l'œuvre de Bégaudeau va-t-elle conquérir les planches ?

Photo : copyright  Benjamin Boccas

 

Fin de l'histoire, de François Bégaudeau. Mise en voix par et avec François Bégaudeau et Cécile Backès.

Au Théâtre Ouvert, Dimanche 12 octobre à 15 heures

4 bis, Cité Véron - 75 018 Paris

01 42 55 55 50

 




Prix du premier roman : une sélection de jeunes talents

Posté par Céline le 01.10.08 à 10:35 | tags : news, prix
Stasiland, d'Anna Funder (Héloïse d'Ormesson), Dans la ville des veuves intrépides, de James Canon (Belfond), Le tigre blanc d'Aravind Adiga, (Buchet-Chastel) et Bêtes sans patrie, d'Uzodinma Iweala (L'Olivier)

Présidé par Joël Schmidt, le jury du Prix du premier roman a rendu publique la liste de sa première sélection. Une deuxième sélection devrait être annoncé le 20 octobre, en attendant la remise du prix qui pourrait avoir lieu le 18 novembre, une date qui reste à confirmer, la tradition voulant que le Prix du Premier roman soit remis en même temps que l'Interallié.

 

Domaine Français  

Los Angeles 32, de Philippe Moreau-Sainz (Michalon)

Polichinelle, de Pierric Bailly, (P.O.L)

Sans elle, d'Alma Brami (Mercure de France)

Alexis, la vie magnétique, de Christine Brusson (Rocher)

Le théorème d'Almodovar, d'Antoni Casas Ros (Gallimard)

L'Inachevée, de Sarah Chiche (Grasset)

Des néons sous la mer, de Frédéric Ciriez (Verticales)

Hôtel de Lausanne, de Thierry Dancourt (La table ronde)

Désirée, de Marie Frering (Quidam Editeur)

La Meilleure Part des Hommes, de Tristian Garcia (Gallimard)

Place Monge, de Jean-Yves Laurichesse (Le Temps qu'il fait)

Les récidivistes, de Laurent Nunez (Champ Vallon)

Mon roi, mon amour, de Robert Pagani (La Table ronde)

Saloon, d'Aude Walker (Denoël). 

 

Domaine étranger :

Stasiland, d'Anna Funder (Héloïse d'Ormesson)

Dans la ville des veuves intrépides, de James Canon (Belfond)

Le tigre blanc d'Aravind Adiga, (Buchet-Chastel)

Bêtes Sans Patrie, d'Uzodinma Iweala (L'Olivier)




La sélection utopique du Grand Prix de l'imaginaire

Posté par Céline le 01.10.08 à 10:22 | tags : news, prix

Le Grand Prix de l'Imaginaire, qui couronne des oeuvres de science-fiction, sera décerné lors du Festival Les Utopiales, du 29 octobre au 2 novembre à Nantes. Le jury a rendu publique sa sélection.

Domaine français :

L'autre rive, de Georges-Olivier Châteaureynaud (Grasset)

Lothar Blues, de Philippe Curval (Robert Laffont)

Les tours de Samarante, de Norbert Merjagnan (Denoël)

Leçons du monde fluctuant, de Jérôme Noirez (Denoël)

Reine de mémoire, d'Elisabeth Vonarburg (Alire).

 

Domaine étranger :

Code Source, de William Gibson (Au Diable Vauvert)

Des horizons rouge sang, de Scott Lynch (Bragelonne)

La Route, de Cormac McCarthy (L'Olivier)

L'oiseau impossible, de Patrick O'Leary (Calmann-Lévy)

L'enfant de cristal, de Theodore Roszak (Le Cherche Midi).

 

 





Le prix Interallié fait la part belle à Grasset

Posté par Céline le 01.10.08 à 10:15 | tags : news, prix

Le jury du prix Interallié a rendu publique sa sélection 2008. Sur onze titres, cinq de chez Grasset, dont l'ouvrage de Christophe Bataille, qui est le secrétaire général édition et promotion de la maison, alors que l'usage à l'Interallié est de ne jamais couronner d'éditeur... On verra bien ce qu'il en advient, lors des prochaines sélections les 17 octobre et 12 novembre, avant la remise du prix le 18 novembre.

Beaucoup des titres de la sélection sont également en lice pour d'autre concours.

 

Le rêve de Machiavel, de Christophe Bataille (Grasset)
Le premier principe, le second principe, de Serge Bramly (Lattès)
L’heure de la fermeture dans les jardins de l’Occident, de Bruno de Cessole (La Différence)
Les moustaches de Staline, de François Cérésa (Fayard)
Mon traître, de Sorj Chalandon (Grasset)
Les pieds dans l’eau, de Benoit Duteurtre (Gallimard)
Ce que nous avons eu de meilleur, de Jean-Paul Enthoven (Grasset)
Un traître, de Dominique Jamet (Flammarion)
La beauté du monde, de Michel Le Bris (Grasset)
Val de Grâce, de Colombe Schneck (Stock)
L'Ami de jeunesse, d'Antoine Sénanque (Grasset)




Grand Prix de l'Académie française : première sélection

Posté par Céline le 01.10.08 à 10:10 | tags : news, prix
Voici la première sélection 2008 pour le Grand Prix de l'Académie française, qui sera remis le 30 octobre. Si l'Académie se fixe pour règle de ne pas citer les éditeurs des ouvrages sélectionnés, on distingue cependant neuf éditeurs différents sur neuf titres en lice.

 

La sélection :

La dernière conférence, de Marc Bressant (de Fallois)
Les moustaches de Staline, de François Cérésa (Fayard)
L’heure de la fermeture dans les jardins d’Occident, de Bruno de Cessole (La Différence)
Les pieds dans l’eau, de Benoît Duteurtre (Gallimard)
Ce que nous avons eu de meilleur, de Jean-Paul Enthoven (Grasset)
L'inaperçu, de Sylvie Germain (Albin Michel)
Un Chasseur de Lions, d’Olivier Rolin (Seuil)
Un chapeau léopard, d’Anne Serre (Mercure de France)
L'Excuse, de Julie Wolkenstein (POL)






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