Moby Dick m'a sauvé la vie !
![]() Avant même l'annonce des Prix, j'avais déjà décidé de tirer un bilan désastreux de cette rentrée littéraire : trop de livres (comme toujours) ; trop de livres lus dans le cadre de ce blog (une cinquantaine en 2 mois, vraiment vraiment lus, et dont certains sur lesquels je n'ai même pas trouvé le courage d'écrire 2 mots) ; pas assez de bonnes surprises, et surtout pas de gros choc émotionnel, de révélations à vous faire regretter un jour d'avoir commencé à écrire. J'avais déjà presque achevé le Vollmann quand je m'y suis remis, et déjà lu le Coupland lors de sa sortie anglaise. Je n'ai pas été transporté par le dernier Dantec, comme pour Grande Jonction. J'ai séché sur Cendrillon, et carrément levé les bras au ciel en lisant Zoli. Olivier Adam m'a terrifié et Foenkinos fait seulement sourire. Qu'allait-il advenir de moi ? Avais-je raté le livre de l'année ? Ou est-ce qu'il n'existait pas pour moi ? Commentaires
De sigismund, posté le 26.09.07 à 14:14
![]() Melville, tout comme Joseph Conrad, a trop été catalogué "romancier d'aventures". Or tout comme Conrad, c'est un romancier exceptionnel !!! De Montsé, posté le 26.09.07 à 15:20 ![]() Mais c'est génial le roman d'aventure ! Pourquoi est-il décrié ? Trop populaire ? De Hubert Guillaud, posté le 26.09.07 à 17:32 ![]() Avis partagé. De vento, posté le 26.09.07 à 17:58 ![]() Ben voilà une notule intéressante :-) Et Conrad, c'est fantastique -- De le fou, posté le 26.09.07 à 20:40 ![]() Oulah, ça recycle... Qui décrie le roman d'aventure ? De vento, posté le 26.09.07 à 22:45 ![]() Bah, il est aisé de comprendre la nécessité soudaine de la corvette, après qu'elle ait soutenu un voyage parmi des îles sans intérêt, la nécessité soudaine de suivre le chemin pointé par un phare comme l'index d'un vieux capitaine montrant au jeune moussaillon, l'île là-bas qui n'existe que dans son coeur et qu'un jour, ce jeune marin foulera lui aussi après une tempête rédemptrice. Las, la corvette Myo se dirige vers ces rochers ancestraux où les récits classiques l'y attendent, emplis de mots sages et de poésie désuète, loin du clinquant des chants des sirènes posées sur les têtes de gondole et barrées du bandeau rouge qui agrémentent les Miss Monde, les vaches victorieuses au concours de bestiaux de la place de la Guierle à Brive. Oui, le jeune moussaillon Myo a pris le bateau après avoir parcouru de long en large toutes les rues du port, où il a goûté les femmes les plus légères desquelles il n'en a retiré qu'une sombre amertume. Hissez les voiles, souquez mes amis! ![]() (et je tape le crypto adéquat: moule) De vento, posté le 27.09.07 à 09:41 ![]() (Ceci dit, en relisant Blanchot dernièrement, je me suis rendu compte qu'il allait avoir 100 ans; et c'est aujourd'hui! Bonne anniv' Maurice!) De vento, posté le 27.09.07 à 09:43 ![]() (ce commentaire annule le précédent: wikipedia m'annonce qu'il est mort! Sur flu, vous souhaitez l'anniv' des morts?! Trop cool :-) De Marie Ferran, posté le 27.09.07 à 10:49 ![]() J'ai tellement aimé ce livre que j'ai appelé mon "blog" d'après un de ses personnages. J'y ai retranscrit un extrait magnifique. Pas encore eu envie d'attaquer un livre de la rentrée! Marie Ferran (écrivain) De Lolla, posté le 28.09.07 à 01:41 ![]() Vento is back. Manque plus que greg. De martine, posté le 28.09.07 à 10:30 ![]() Joli billet sur un livre fantastique. Je ne vois pas vraiment de quoi vous vous moquez ? c'est bien aussi de parler de livres qui ne sont pas sortis il y a 3 mois. De basilou, posté le 28.09.07 à 11:15 ![]() En tout cas, ce post m'a donné envie de lire ce bouquin. La biographie croisée de Deleuze et Guattari attendra. De Miss, posté le 28.09.07 à 11:30 ![]() Pour peu qu'il en parle en bien, Myosotis donne toujours envie de lire un bouquin ! ![]() De Hervé, posté le 28.09.07 à 13:17 ![]() Vous avez raison : Moby Dick écrase tout sur son passage! Parmi les extraits, vous auriez pu citer la scène du sermon dans la chapelle des baleiniers, la première apparition d'Achab sur le pont, celle du prophète Elie sur le port de Nantucket (ou New Bedford ??), ou encore celle du feu Saint Elme, à la fin du roman... bref, un texte inépuisable ! PS : la traduction d'Armel Guerne rééditée par Phébus est incomparable, à privilégier si vos moyens le permettent. De Montsé, posté le 30.09.07 à 22:28 ![]() Qui décrie le roman d’aventure ? Je ne sais pas, mais j’ai bien peur qu’il ne soit considéré comme une sorte de sous-littérature ! Tout comme le polar ou la SF, le roman d’aventure est selon moi un genre à part entière. C’est un genre qui privilégie l’action, souvent au détriment de tout le reste : Peu ou pas de psychologie –j’ai souvent pensé que les personnages n’avaient pas de temps à perdre en états d’âmes-, une construction le plus souvent linéaire et un style direct et concis –sauf quand l’auteur se laisse aller à un lyrisme vieillot ; un style qui vous rappelle Burt Lancaster, le sourire carnassier, dressé dans les haubans qui brandit le sabre…- Bref, le roman d’aventure est non seulement très accessible mais de plus, l'action étant généralement violente avec ce trait d’exotisme aussi bien historique que géographique, est très populaire. Je ne pense pas qu’il faille mettre au ban un genre mais plutôt la manière dont il est traité. Comme dans tout, il y a de l’excellent et du… merdique, vous ne trouvez pas ? L'important n'est pas le type de roman ou l’auteur qu’on lit, mais l'émotion et les sensations que l'on éprouve en le lisant –j’ai lu quelque chose qui ressemble à ça quelque part, je ne sais plus où…!- Je me suis demandée si « Moby Dick » faisait partie du genre ? Le roman comporte une très grande part de psychologie, notamment l’obsession d’Achab pour la baleine. Mais parfois il suffit qu’un héros se retrouve dans une situation critique dont il aura à s’extraire pour qu’un roman soit qualifié d’aventure ! Je ne suis pas convaincue. Milan Kundera définit l'aventure comme étant la découverte passionnée de l'inconnu. Pour moi, cela veut tout dire ! –rien que pour ça, je lui pardonne ce qu’il osa dire concernant le maniement de la pensée féminine, grrrrrrrrr !- Tout le monde connaît Daniel Dafoe, Robert Louis Stevenson ou Rudyard Kipling… Mais il y en a d’autres, des auteurs contemporains qui ont saisi pleinement la formule « découverte passionnée de l’inconnu ». Il s’agit par exemple de Wilbur Smith, un écrivain de langue anglaise né en 1933 en Rhodésie du nord –actuellement la Zombie- Ce dernier a écrit non loin d’une trentaine de romans. Je l’ai découvert en lisant « Les oiseaux de proie » (de la saga des Courtenay). Sublime ! Une douzaine de romans ont suivi derrière. Le style de l’auteur est direct et épuré, sans aucun doute ! Aucune figure de style, aucune tournure de phrase alambiquée ou de terminologie absconse ne vient entraver le déroulement de l’action ; on EST dans l’action ! Et je ne pense pas qu’il soit si aisé pour un romancier de faire vivre son histoire à un lecteur –pour ceux qui voudraient critiquer l’absence de recherche stylistique- Pas de longues réflexions –comme avec JC Ballard, hein ?- mais de l’émotion vive… physique, très, très physique ! Sur ce, je vous laisse un petit extrait sur lequel je me suis arrêtée ce matin : Il veut dire beaucoup ! Le bosco, étonné, fixait le visage ingrat du mousse, un visage racheté par la passion du regard. Ce corps gracile mais doté d’une énergie et d’une agilité incroyables… D’où lui venait une telle assurance ? Et soudain, il comprit. L’enfant tenait sa force de cette étrange faculté de voir les choses telles qu’elle s ne sont pas, ou pas encore, mais telles qu’il les rêvait, don merveilleux de l’enfance. Il avait obéi à un appel irrésistible, celui du rêve. Ah, qu’est-ce que le rêve ? Une vision intime qui dépasse la réalité, découvre l’essentiel et engendre la force. Un peu comme le parfum transcende la fleur, comme la lumière transcende le soleil. Cependant la réalité était là, et plutôt menaçante : la mer imprévisible, la nef inconfortable, les marins grossiers et brutaux, le terrible capitao mor… et cebosco… « Le Sixième condamné de l’Espérance » JJ Antier. De Francis, posté le 09.11.07 à 11:37 ![]() Non, je ne pense pas que Moby Dick soit considéré comme un roman d'aventure, sans vouloir mésestimer celeui-ci. De Archie69, posté le 08.02.08 à 16:14 ![]() Ah ! ces bon vieux romans, comme on les aime ! La lecture de Moby Dick date de matusalem mais je m'en souviens encore. De Vladimir, posté le 11.02.08 à 09:01 ![]() En effet, j'essaye de me replonger dedans dès que je n'ai plus rien sous la dent. La lecture est un peu difficile pour moi, car la langue est differente mais merveilleuse... from bookie blog De Greg, posté le 21.02.08 à 00:23 ![]() Merci. Super texte ! Je l'ai lu aussi il n'y a pas longtemps et... il fait partie de ceux qui restent, là, au fond de nous même. De Ismael, posté le 03.04.08 à 08:20 ![]() Moby Dick n'est pas qu'un roman d'aventure, c'est une oeuvre monumentale. "Un équivalent écrit de l'univers" pour citer Blanchot. Il concilie tous les styles, les genres, fourmille et présente paradoxalement une grande unité. Un des plus grands chef d'oeuvre américain. Ajouter un commentaire |
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