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Archives > Février 2006

Palahniuk, Coupland : le choc des Titans

Posté par Myosotis le 28.02.06 à 13:41 | tags : chuck palahniuk, douglas coupland, livre
Evidemment, ça risque d'être un peu chaud question timing, mais encore jouable avec le décalage horaire et à condition d'avoir quelques euros de côté et une bonne machine à remonter le temps : se tiendra le lundi 27 février à 19h30 (dans le continuum local) dans un théâtre de Vancouver (Canada) la rencontre littéraire la plus excitante de la décennie. L'Américain Chuck Palahniuk (droite), auteur, entre autres, de Choke, Fight Club, Invisible Monsters, rencontrera pour une causette exceptionnelle le canadien Douglas Coupland (gauche), non moins célèbre auteur de Generation X, Microserfs et Girlfriend In A Coma. Tous les renseignements (tarifs, horaires, lieu) sont disponibles sur le site un rien ampoulé et excessif du Cult, le mouvement de soutien à Chuck Palahniuk (www rubrique forum).
Si quelqu'un a chez lui une machine à téléporter disponible et en état de marche, mailez moi immédiatement.
Si quelqu'un, totalement par hasard, avait déjà acheté un billet au départ du Mans pour cette manifestation et ne pouvait s'y rendre pour cause de maladie, de décès ou de grippe aviaire, mailez-moi immédiatement également.
Merci d'avance.
Pour ceux qui pour une raison x ou y (comme le fait qu'elle ait eu lieu HIER dans notre continuité temporelle) ne pourraient pas se rendre à cet événement exceptionnel, il est probable que la séance sera... filmée (ce qui est peut-être aussi bien après tout). A suivre sur le site du beau Chuck-aux-cheveux-ras donc....



Transfuge : Bukowski, Fuentes, Murakami et les autres...

Posté par Easywriter le 28.02.06 à 11:43 | tags : revue
On en aurait du vous en parler avant mais il n'est jamais trop tard pour dire tout le bien que l'on pense de Transfuge. Comme à chacune de ses livraisons, le dernier numéro du magazine de la littérature étrangère regorge de pépites. Outre les nombreuses critiques littéraires, un hommage à Carlos Fuentes, une rencontre avec Iris Murdoch et une autre avec Jonathan Coe, Transfuge propose surtout une passionnante interview avec Haruki Murakami. L'écrivain japonais y évoque notamment l'influence de la culture américaine sur son oeuvre, influence qui passe aussi bien par les romans de Chandler que par les films de Lynch. L'auteur de Kafka sur le rivage revient aussi sur quelques uns de ses fondamentaux : obsession à lier réalité terrestre et monde des esprits, goût immodéré pour les personnages hors-normes qui refusent le modèle étouffant du salariat nippon.
Intelligent sans être rébarbatif, l'entretien parle aussi cuisine et musique.
Autre temps fort de la revue, un solide et ambitieux dossier sur Bukowski, auquel participe notamment François Bégaudeau. L'auteur de "jouer juste" explique en quoi le réel le plus violent est la meilleur source d'inspiration du poète underground. Dans ces pages, il est aussi question de la fonction dionysiaque de l'écrivain, de puritanisme et de dépravation, de Hollywood et de la figure paternelle de Hemingway. Mais on n'en dira pas plus. Pourquoi ? Parce qu'on n'a plus de place.







Le clou (Alan Davis)

Posté par Myosotis le 28.02.06 à 00:29 | tags : bd, science-fiction
La mini-série Le Clou imaginée et dessinée par Alan Davis pour DC Comics ne vaut pas tant pour son dessin, assez hideux, que pour son procédé narratif. Dans cet épisode original de la Justice League of America (JLA, rassemblement de tous les héros DC chargés de faire régner l'ordre mondial autour de Superman, Wonderwoman, Batman, Flash, Aquaman, etc), Davis utilise le procédé bien connu des amateurs de science-fiction baptisé "What If?". Ici, un clou (héros malgré lui de l'ouvrage) vient crever le pneu du pick-up du couple Kent au moment où celui-ci doit se rendre en ville et croiser sur son chemin une météorite renfermant en son coeur le jeune Clark, futur Superman. Du coup, la JLA est privée vingt plus tard de son héroset n'a pas réussi son positionnement marketing comme garant des valeurs démocratiques et du Bien terrien.
Je passe sur l'intrigue tordue qui suit (et sa fin excellente) pour saluer la réflexion de l'auteur sur la politique et ses ressorts. Ceux qui se gaussent généralement des comics et des héros en collants seront bien inspirés d'y aller faire un tour car on y apprend pas mal et plutôt mieux qu'ailleurs. Il suffit de remplacer les super-héros par n'importe quel politique, homme public ou providentiel, pour s'apercevoir que tout ceci n'est pas que futilité. Le Clou ne vaut évidemment pas le Kingdom Come d'Alex Ross qui reste la référence en la matière mais divertit intelligemment. Quant à la technique du "Et si ?", elle reste fructueuse au-delà de ce qu'il est possible d'espérer.
Le Clou, Alan Davis, éd. Marvel Panini France, janvier 2006

 




Qui suis-je ?

Posté par Myosotis le 26.02.06 à 21:51 | tags : photo
Pour doper l'audience du site, voici un jeu avec un super-lot à la clé. Un truc qui vous sera envoyé par la Poste tout bêtement, à condition que vous acceptiez de laisser votre nom et votre adresse. Le cadeau n'a que peu de valeur marchande. Pour gagner, il vous suffit de trouver le nom de la personne ci-dessus. Le premier qui poste la bonne réponse emporte le prix. Dans 48 heures, une notule apportera éventuellement un indice. Dans l'hypothèse (très probable) où personne ne trouve, le visage de cet homme restera sans identité.



Literotica.com, oasis libidineux

Posté par Myosotis le 24.02.06 à 18:52 | tags : sexe et littérature, web
Je me souviens d'une citation de Sade qui disait à peu près ceci : "trouver le bonheur, c'est identifier sa perversion et les moyens de ne pas y répondre". Parmi les millions de sites porno et érotiques de la toile, il n'est pas si simple de trouver son bonheur. Après avoir cherché du côté des amateurs de fétichistes des sables mouvants (un réservoir de photos et de vidéos qui rappelle les combats de catch à seins nus dans la boue), perversion sur laquelle je travaille actuellement pour mon éventuel prochain roman (sic), j'aime à me reposer sur l'un des classiques US du littéro-porno, le très fameux Literotica.com. Il y a depuis peu sur le site une section française d'histoires érotiques, récits mais j'ai un faible pour les rubriques Audio et poésies où des nanas (et des mecs) exaltées racontent des histoires torrides ou des poèmes façon Gysin sous ecsta en poussant des hurlements. Les forums sont plutôt bien fréquentés et complètement décents pour ce type de propos. En fait, c'est un oasis libidineux extraordinaire pour ceux qui sont stimulés par l'écrit plutôt que par le visuel.Globalement, les réservoirs d'histoires sexy ou porno sont peu nombreux et de mauvaise qualité. Literotica est mon préféré. Un moyen vaguement classieux de se monter la tête et le reste en bonne intelligence. Le site a sorti récemment un livre de nouvelles tiré des interventions web qui a bénéficié d'une préface d'un autre fan des forums, l'écrivain William T. Vollmann, l'un des auteurs les plus fameux du pays et de la période, auteur entre autres du sublime La Famille Royale et du non moins fameux Des putes pour Gloria.



Peter Ackroyd : un puritain paradisiaque

Posté par Myosotis le 23.02.06 à 20:14 | tags : livre, robert laffont, roman

Rien de tel pour passer quelques jours de vacances qu'un Peter Ackroyd tout chaud venu dans la splendide petite collection Poche de Robert Laffont (une découverte pour moi, mais le format est plaisant et la couverture très esthétique). Avec Un puritain au paradis, roman du prolifique auteur britannique, j'ai passé, comme toujours avec Ackroyd, quelques heures délicieuses, savantes et romanesques. Cette fois, Ackroyd à qui l'on doit entre autres le Testament d'Oscar Wilde, les biographies de Shakespeare, de William Blake, ou de Londres (la ville), mais également des romans réellement sublimes comme Le Golem de Londres ou L'Architecte assassiné, s'intéresse au poète John Milton, surtout connu pour son Paradis Perdu (et retrouvé). Au lieu de finir vieil aveugle ballotté par la Restauration après avoir apporté un soutien sans faille au régime de Cromwell, Milton choisit de fuir l'Angleterre et de gagner l'Amérique où il fonde et dirige une communauté selon les lois de la Raison et du puritanisme.
Autour de cette uchronie (que se passerait-il si on changeait ce petit détail....), Ackroyd livre un récit enlevé, qui est à la fois une peinture de l'Amérique des premiers temps (assez proche du Nouveau Monde de Malick) et une réflexion sur les philosophes au pouvoir. Evidemment, et bien qu'inspiré par les meilleurs idéaux, le gouvernement Milton va se barrer en sucette et donner un grand n'importe quoi assez proche des pires années de la Révolution Française. J'aurai de toute façon l'occasion de revenir sur le cas Ackroyd et son succès Outre-Manche mais ce bouquin est un assez bon début pour entrer dans l'oeuvre.




Bruxelles, Belgique, le 6 octobre 2005

Posté par Eric Arlix le 22.02.06 à 22:19 | tags : elucubration
Un brouillard épais plane sur l'Europe. Des camions en travers de l'autoroute pour preuve. Ça impressionne. Un peu plus de quatre heures pour me rendre à Bruxelles au lieu des 2h30 prévues par la simulation logicielle. Arrivée 9 h. Je gare mon bolide 19 ans d'âge et demande mon chemin, l'hésitation est présente, parlement, parlement, parlement belge ou européen, c'est où déjà ? L'Europe dans le brouillard ce jeudi matin, en ce moment suspensif, en cette période du Non, cet instant hypervisible de l'opposition (des oppositions) LIBÉRAL/SOCIAL - MONDIALISTE/ALTERMONDIALISTE.
Comme dans chaque période proto-transitoire, les symboles étant "fabriqués" - "artefactualisés" - "montés en mayonnaise", il règne un flou gaussien dans les cerveaux trop sollicités/manipulés et donc désormais méfiants du peuple européen. Comme tous les nouveaux quartiers d'affaires ou administratifs du monde riche il règne ici la froideur des temps nouveaux. Un lieu sans vie. Un lieu repoussant la vie. Extirpation du junkspace pour retrouver (créer) des espaces structurants et hygiénistes. Même une des villes contenant le plus de café au monde n'échappe pas à la règle. Pas de raison recevable pour cela. Rien autour. Un périmètre abstractif. Des bureaux, des parcmètres, quelques touristes cherchant le bâtiment.
Il est là.



Célébrant les dogmes directeurs, parfois l'argent, parfois la loi, la transparence symbolisée aussi par ces vitres épaisses ne s'ouvrant pas des lieux climatisés qu'elles protège. Tout autour un chantier, des échafaudages métalliques faiblement garnis d'ouvriers et de machines bruyantes. Des vélos moins présents dans cette partie de la ville. Sur le côté le centre de documentation dans lequel je pénètre, seul "client" je suis à peine dévisagé non salué et me dirige vers d'interminables distributeurs d'imprimés, choisissant ma langue, une vingtaine d'entre eux m'attende. J'aurais voulu repartir aussi avec un "cadeau, un "souvenir" mais rien à vendre que de la com gratuite sur coucher moderne mat 110 g. J'emmagasine, je souris, je sors. Un petit drapeau européen sur son socle pour 3 euros, non ? Dommage.
Je contourne le bâtiment et me retrouve dans un parc flanqué d'un playground, vierge de joueur. J'attends une heure, rien. Pas de cost to cost ni de wah wah wah en vue. Pas d'eurodéputés venant dunker. Pas d'anormalités pointant leur nez. Je reprends ma visite anthropologique du monde artificiel et j'aperçois une vingtaine de chatons au milieu d'un bosquet, autours d'écuelles, une mini zone terrain vague (20 m2) se créant depuis peu semble-t-il. Mon flash les fait disparaître comme une première semonce à leur délocalisation prochaine. Je croise un groupe de touristes uniquement constitué de jeunes crétins aux sweet vulgaires, des panneaux publicitaires ambulant missionnaires hyperactifs de la crétinisation du monde. Je cours vers la ville.
(illus. Bruxelles, quartier de l'Europe)



Robert Fisk : Tintin, mais de gauche

Posté par Eric Arlix le 21.02.06 à 23:31 | tags : essai, média
Alors là oui je veux bien lire quelques livres de journalistes s'ils atteignent en puissance d'informations, de réflexions, de faits, le livre de Robert Fisk. Une épopée un poil essoufflante (1000 pages) où l'on pourrait se passer de quelques unes de ses anecdotes (100 pages), mais on les supporte (ou on les saute) sans problème puisque le reste n'est que pur bonheur.

Robert Fisk, La grande guerre pour la civilisation, l'Occident à la conquête du Moyen-Orient (1979-2005), La Découverte, 2005



Michael Chabon Superstar

Posté par Myosotis le 21.02.06 à 12:29 | tags : bd, livre, roman

Je n'aime pas trop le look et la physionomie de Michael Chabon, auteur "golden boy" natif de Washington, que j'ai découvert au hasard de mes lectures de comics, mais le premier livre que j'ai lu de lui m'a donné envie de lire tous les autres, ce que je suis en train de faire avec Des Garçons Epatants (Robert Laffont), depuis hier, et bientôt avec les Mystères de Pittsburgh. Le livre qui a déclenché cet engouement s'appelle Les Aventures extraordinaires de Kavalier et Clay et a reçu rien moins que le Prix Pulitzer en 2001 (le livre existe en collection 10x18). C'est une sorte de biopic fantastique qui raconte, sous forme ultraromanesque, le destin de Kavalier et Clay, deux amis/cousins juifs qui se rencontrent et inventent l'un des plus grands superhéros de comics de l'avant et de l'après-guerre : l'Escapist. On peut reconnaître derrière K&C, Jerry Siegel et Joseph Shuster, les inventeurs de Superman, mais c'est une histoire du demi-siècle à la Don DeLillo que Chabon embrasse avec ces aventures. Comics bien sûr, univers de la création, géopolitique, judéité, homosexualité, rapport fiction/ réalité, amour, amitié sont autant de thèmes brassés au fil de ces 600 pages, comme seuls savent le faire les Américains et les auteurs de romans régionaux. Kavalier & Clay est animé par un souffle épique étonnant qui donne aux 400 premières pages une densité et une fraîcheur rarement rencontrées ces dernières années. Le roman m'a paru d'autant plus intéressant qu'il évoque frontalement plusieurs de mes obsessions permanentes : les comics évidemment mais aussi Houdini le magicien, le Golem et la figure du "héros", avec ou sans pouvoirs. L'Escapist est devenu depuis une BD (illus.) et on a parlé pendant un moment d'une adaptation au cinéma. Chabon bosserait à en croire son site sur un nouveau projet après avoir collaboré avec Hollywood sur le script de Spiderman 2 notamment. Le roman est devenu si populaire qu'il bénéficie d'un micro-site dédié, en plus du site de Chabon. A côté, la présence des superstars du roman français sur le net fait franchement peine à voir.




Le journal de Pete Doherty

Posté par Myosotis le 20.02.06 à 00:11 | tags : média
Une fois n'est pas coutume, j'ai envie d'incruster la bonne bouille de Pete Doherty dans la section Mille feuilles plutôt qu'en Playlist. Doherty a livré au Guardian quelques pages de son Journal de Pentonville, la célèbre prison anglaise dans laquelle il purgeait un entre-deux peines avant son jugement pour possession multiple et consommation de stupéfiants. Si Doherty se retrouve dans la section littéraire pour une fois, c'est non seulement parce que la dimension tragique de son personnage suffirait à l'y qualifier, mais parce que ces quelques lignes sont d'une grande tenue littéraire. J'ai relevé notamment cette phrase : "It has never been about depravity. It's always been about melody. But melody and I met in many depraved situations. Meeting melody is the victory of the empty spiralling nightmare", qui, en VO, sonne vraiment comme un petit poème en prose.
Le journal de Doherty ne suffit pas évidemment à en faire un écrivain, ni à faire de ces quelques mots un texte important sur l'enfermement. Doherty n'est pas Lacenaire, Wilde, n'est pas Genet, mais n'est pas non plus Le Floch-Prigent ou ces types qui chez nous racontent leur vie en prison comme des touristes ou des déportés. Il y a bien sûr de la poésie dans les textes de chansons mais ce n'est pas la même chose qu'ici. La "littérature de prisonnier" est un genre littéraire en soi qui sombre vite dans le ridicule ou le complaisant.




Comprendre le monde, oh oui !

Posté par Eric Arlix le 20.02.06 à 00:03 | tags : essai, livre
Profitions de la sortie en poche (12 euros) du sublimissime livre d'Immanuel Wallerstein (illus.) pour (re)découvrir sa théorie des systèmes-monde (mise en perspective historique, "permet de saisir les lignes de forces qui façonnent l'évolution des sociétés"). Ultra lisible, un grand dépoussiérage de la pensée, une mise à jour de la lucidité.
"C'est d'abord le développement des rouages légaux de l'État libéral qui a permis, au plan institutionnel, la victoire du libéralisme dans la définition de la géoculture du système-monde moderne du XIXe et d'une bonne partie du XXe siècle. Mais ce succès a également été rendu possible par l'influence grandissante des mouvements antisystémiques. Cela peut sembler paradoxal, dans la mesure où les mouvements antisystémiques sont par définition censés saper le système et non le soutenir. Et pourtant les actions de ces mouvements ont globalement contribué, dans une large mesure, à renforcer le système. Il est crucial d'étudier cet apparent paradoxe afin de comprendre comment l'économie-monde capitaliste - dont la taille et les richesses augmentaient régulièrement, en même temps que s'accentuaient les inégalités dans la répartition des profits - a pu alors rester soudée."
Immanuel Wallerstein, Comprendre le monde, introduction à l'analyse des systèmes-monde, éd La Découverte, 2006, collection Repères



V for vengeance

Posté par Myosotis le 17.02.06 à 16:17 | tags : livre
v.jpgIl est urgent, avant que ne commence le tintouin médiatique qui ne manquera pas d'accompagner la sortie du film, V for Vendetta et de polluer a priori l'imaginaire de ceux qui ne l'auraient pas lu encore, de redécouvrir la bande dessinée culte d'Alan Moore. Sorties il y a presque vingt ans de l'imagination du plus grand scénariste de BD du monde, les aventures du terroriste masqué V (qu'on voit mal en ces temps de guerre internationale se sortir intact des pattes d'Hollywood) sont une oeuvre aussi forte qu'un roman de Dantec ou un fantasme situationniste pour aider à penser le système dans lequel nous vivons, la façade démocratique qui nous abrite et les dérives qu'elle pourrait subir soumise à de mauvaises influences. Ecrites pour et contre le système thatchérien, la critique d'Alan Moore dans sa version dessinée par David Lloyd est encore parfaite d'acuité. Le dessin verdâtre de Lloyd dit la misère d'un monde qui a été dépossédé de sa liberté comme aucun chef lumière de cinéma ne pourra vraisemblablement le rendre. On saura néanmoins dans quelques mois si les frères Wachowski, qui ont téléguidé ce projet et confié à l'un de leurs prête-nom, ont eu le nez creux après Matrix. La thématique est là pour un nouveau film générationnel même si la densité et l'extrême noirceur du propos initial ont toutes les chances d'être lessivées. Il sera donc surtout intéressant de suivre le travail de réécriture intervenu pour le film (auquel Moore n'a pas participé) pour savoir ce que l'industrie peut aujourd'hui supporter. L'intérêt sera donc autant dans le film que dans la distance du graphic novel au film. N'oublions pas que Moore n'a jusqu'à présent pas été gâté par les adaptations avec un désastreux Ligue des Gentlemen extraordinaires, saboté par Sean Connery et un Constantine (personnage créé par Moore) humilié par... Keanu Reeves.


MAJ 18/04 : chronique de V pour Vendetta sur Flu + interview de David Lloyd
Lire aussi le dossier Allan Moore



Bug 2 ou pas ?

Posté par Eric Arlix le 17.02.06 à 16:15 | tags : elucubration
Le bug n'étant pas prévisible, pas trop souhaitable non plus (juste un rappel, une gymnastique occasionnelle, pas une pratique), peut-il ressurgir aussi vite ? Peut-il contaminer d'autres posts ? Peut-il générer une ambiance "bug" de quelques heures ? Dois-je vraiment vous parler des passages sublimes de L'Insurgé que j'ai relu ce matin ? Dois-je vraiment vous dire que le Descola ça décolle toujours au chapitre 5 écologie des relations ? A voir la photo de Angot dans le post ci-dessous oui l'ambiance bug pourrait continuer, Jules pourrait venir étriper Christine pour une petite séance gore. Avoir du style c'est avoir quelque chose à foutre sur terre.



Ta dissert' sur l'autofiction

Posté par Myosotis le 17.02.06 à 00:30 | tags : autofiction

La phrase du jour retrouvée par hasard ce matin en rangeant des papiers, inscrite sur un post-it et qui semblait venir de nulle part. De qui est-elle ? Mystère mais peu importe. J'aurais bien aimé l'avoir en renfort pour ma dissertation sur le roman français du XXe siècle de 1994.
"Avoir du style, c'est dire je à toutes les personnes."
Ca me semble toujours une bonne charge facile mais valable contre l'autofiction. Un plaidoyer efficace pour la polyphonie et la fiction contre l'autofic'. Pourquoi dire "je" et seulement "je", quand un "il" peut se faire entendre pareil et tellement mieux par tous ? Mais peut-être est-ce que cette phrase ne veut pas du tout parler de ça et que je l'ai mal comprise. Avis aux amateurs et exégètes...
(illus. Christine Angot)




Baston

Posté par Eric Arlix le 16.02.06 à 11:52 | tags : elucubration
... Je tente, un peu naïvement vu la distance, un lancé de Hakim Bey et de Slavoj Zizek sur le Mall contigu à la tour histoire de voir le système de défense en place. Impressionnant. J’accélère le pas puis cours à toute vitesse tout en arrosant façon Uzi le Taipei101 d’une sélection de feuillets historiques (Breton, Daumal, Perec, Queneau, Schmidt, Schuhl). Le taux d’attaques-ripostes augmente. Je sors l’artillerie contemporaine avec Stiegler, Sloterdijk, Sassen mais je reçois coup pour coup et les taxis explosent en vol autour de moi. C’est à moi qu’tu parles ?
À moins de deux cents mètres je tente un lancé de recueils de textes communistes (toutes époques confondues) mais l’effet est quasi nul, je réitère l’attaque avec des proses plus incisives, plus poétiques, plus inattendues, et souris devant les effets constatés. Quelques perturbations en cours hélas de courte durée. C’est à moi qu’tu parles ? Mes feuillets le chatouillent à peine.
À deux pas du Mall il tente de m’anéantir en faisant exploser toutes les vitrines du rez-de-chaussée dans ma direction et je les évite grâce à La société hyperindustrielle et son avenir puis grimpe quatre à quatre les escalators du Mall pendant qu’explosent à mon passage les vitrines Gucci, Boss, Cerruti, Kenzo, Sonia Rykiel. Arrivé sur le plateau central dominant, je vois les robots anti-feux s’agiter sur leurs rails et diriger vers moi leurs canons à eau haute pression. Je slalome entre les 875 chaises métalliques design et confortables et malgré des ripostes à base de feuillets situationnistes je suis néanmoins atteint par un jet me propulsant violemment contre le bar d’un Sushi-bar à 100 euros le menu. Trop c’est trop.
J’entoure un des piliers du Mall des œuvres complètes de Nietzsche traduites en 48 langues soit 2092 volumes puis rassemble toutes mes forces pour affronter environ 1000 agents de sécurité me scrutant à partir de la tour. Ce n’est que du petit personnel et ma progression est rapide n’utilisant que quelques feuillets à peine ébauchés. Arrivé au milieu de la passerelle je la sens vibrer puis se détacher de la tour me propulsant au sol. Je rebondis avec aisance puis pénètre dans la tour par l’entrée principale. Je projette l’installation de Rebecca Horn (852 kg, super lourd l’art contemporain institutionnel) vers l’un des piliers centraux de l’édifice moins par souci de le détruire ou de l’endommager que poussé par l’envie de produire sur 101 étages une vibration sur toute sa longueur. C’est à moi qu’tu parles?...



Burgaud Cut Up !

Posté par Myosotis le 16.02.06 à 00:11 | tags : elucubration

Comme les vieux cons, je cherche des questions toutes faites dans des livres de chevet. En coutrituformant Nova Express (Burroughs), et en collant la tête du juge ci-contre (gauche), ça peut donner ceci.
J'imagine - dit l'homme élégant - que la défaillance du monsieur est due à l'atmosphère qui règne ici. Vous voyez ce qui est ici c'est tout et le monsieur est bouleversé, pas en d'autres lieux. Habitué comme il l'était à l'air du bureau il se sentait mal dans l'air relativement frais qui remontait par la cage d'escalier. Déjà, il avait gagné plusieurs cas semblables soit totalement soit partiellement. C'était très important car la première impression émise par l'accusation déterminait souvent la teneur du procès ultérieur. Surtout si un cas qu'il avait mené leur échappait. C'était sans doute la plus terrible chose qui pouvait arriver à un juge. Ayant embauché quelqu'un pour l'assister comment pouvait-il agir seul ? Parfois l'affaire prenait une telle tournure que le juge ne pouvait plus suivre. L'affaire l'accusé et la suite furent enlevées des mains du juge. Ainsi les meilleures connexions officielles ne facilitaient pas les choses. Même les officiels ne savaient rien.
L'affaire avait tout simplement atteint un niveau où toute assistance était annulée. Elle disparut dans des cours inaccessibles et vagues où même l'accusé était hors de portée. Le bureau du juge se trouvait dans le plus haut grenier si vous trébuchiez dans le trou votre jambe se voyait dans le grenier en bas dans le corridor même où les accusés attendaient.

d'après William Burroughs (illus. droite) - 1964.




Bug 1

Posté par Eric Arlix le 15.02.06 à 12:30 | tags : elucubration
En bug 1 je n'ai rien à dire. Je le dis, non pas obligé, mais conscient qu'il faut occuper aussi un certain espace, de plus en plus, consacré à la temporisation. Pas de livre génial aujourd'hui, dans l'immensité des parutions, à vous présenter, pas de plug particulier sur les millions de références géniales du jour, pas mille feuilles aujourd'hui pas même quelques mots, sûrement s'habituer aussi un peu plus à se déprofessionaliser, à casser le (les) rythmes trop parfaits (par défaut insuffisants) de la veille cacophonique. Pas de photo, pas de lien, une grève communicationnelle de quelques minutes. C'est si bon.



Wilde Life

Posté par Myosotis le 14.02.06 à 23:25 | tags : livre, sexe et littérature

Bénéficiant d'une bonne introduction du petit-fils d'Oscar Wilde, Merlin Holland, Le Procès d'Oscar Wilde (Stock, 2005) reprend quasiment in extenso les actes du procès d'Oscar Wilde pour corruption et homosexualité de 1895. L'action en justice qu'il ne faut pas confondre avec le premier procès, intenté cette fois (et gagné) par Wilde pour diffamation contre le marquis de Queensburry, est bien celle qui donnera lieu à la condamnation de Wilde pour délit d'homosexualité et à son emprisonnement pour 2 ans à Reading. Ce qui frappe à la lecture de ce livre qui n'apprend pas grand-chose en soi sur un procès déjà largement commenté et auquel Robert Badinter avait même consacré un opuscule (pas terrible) intitulé C.3.3, Wilde ou l'Injustice, c'est le total décalage verbal de l'homme Wilde par rapport à la mécanique judiciaire.
En cette période où le positionnement du citoyen par rapport au juge est mis en cause, on assiste au travers de pages succulentes, à une sorte d'anti-Outreau où l'auteur brillantissime aligne les bons mots, humilie le juge toutes les deux secondes pour le plaisir de "faire son show". Ainsi, pris au piège de sa propre flamboyance et de sa supériorité évidente, quand les accusés d'Outreau peinaient par manque d'éloquence et de partage des codes sociaux à parler la langue judiciaire, Wilde se retrouve pareillement condamné pour avoir mal ou trop dit. Le crime devient, dans ce rapport de forces, moins le délit lui-même que la façon dont on le raconte et dont l'autre l'entend.




Mini lobby

Posté par Eric Arlix le 14.02.06 à 01:06 | tags : édition

Dégainons nos CB pour acheter quelques petits livres artisanaux (tirages de 50 ex. - illus.)
Dégainons (ou pas) nos CB pour sauver un éditeur qui sortira beaucoup moins de livres que prévu en 2006.

Dégainons nos CB car les prix des livres Allia sont très raisonnables (mais comment fait-il ?)
Dégainons nos CB car - on vous en a déjà parlé - il paraît qu'ils en ont besoin.



Le livre des 1001 clowns

Posté par Myosotis le 14.02.06 à 00:52 | tags : beau livre

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Le récit donné par la presse des (probables) derniers jours de Raymond Devos et de ceux qui vont suivre m'a ramené vers un thème littéraire plus souvent discuté que traité par les écrivains : celui de la tristesse des clowns. Rappelons que Devos, 83 ans, a été frappé par une attaque cérébrale, sans doute très grave, puisqu'une demande de mise sous tutelle a été faite il y a peu le concernant. Une certaine Samantha Lemonnier, âgée de 53 ans, qui prétend être sa compagne depuis 3 ans, s'est vu interdire juridiquement (avec huissier - je ne savais pas que c'était possible) l'accès à l'humoriste, bouclé à la Pitié-Salpêtrière, par son secrétaire artistique Pierre Hénan, lequel affirme que la dame en question connaît à peine l'intéressé. Chacun possède une lettre de la main de Devos affirmant qu'il souhaite ou ne souhaite pas rencontrer cette fameuse Samantha. Histoire de gros sous à venir.
La fin de Devos risque donc d'être triste, mais finalement assez conforme au caractère inquiétant de ses jeux de mots. Réputé comme le plus littéraire des (vieux) humoristes, Devos avait un phrasé, un flow dirait-on aujourd'hui, saccadé, flippant et hypnotique. Je ne connais pas suffisamment son travail pour avoir un jugement sûr mais il avait un sketch qui s'appelait le "savoir-choir" où il y avait ces mots : "Les gens ne savent plus choir. Ils s'imaginent que choir, c'est déchoir. Un homme qui a chu n'est pas déchu, à condition qu'il choie bien." Ca fait un exercice de diction et c'est plutôt très bien dit. Devos comme tous les clowns faisait peur. Je suis sûr qu'il avait dû feuilleter cet ouvrage de Thomas Steele publié il y a 3 ans chez Taschen, baptisé sobrement 1000 Clowns et qui reprenait des clichés de clowns depuis le début du siècle. C'est le bouquin le plus sinistre de ma bibliothèque. Je ne sais pas qui me l'a offert mais je ne peux pas regarder ce livre sans faire de cauchemar.




And the winneuse is : (Gabrielle Wittkop)

Posté par Eric Arlix le 13.02.06 à 13:52 | tags : livre, roman
"Elle a toujours vécu pour voir, ce qui lui a donné non seulement de la hauteur mais aussi de la distance. Petite déjà, elle considérait les êtres comme des marionnettes susceptibles de s'affaisser brusquement dans un fracas de mécanique en plein milieu du rôle débité, pantins sujets à cette chute sèche qu'elle avait vue plusieurs fois et qu'on nommait : la mort".
Pour choisir cet extrait, j'ai quasiment pointé mon doigt au hasard sur une page, c'est dingue ce flux fictionnel hyperqualitatif.
Gabrielle Wittkop (illus. photo © Luc Pâris), Chaque jour est un arbre qui tombe, éditions Verticales, 2006. 



Pasolini souverain

Posté par Myosotis le 13.02.06 à 00:02 | tags : exposition, livre, photo

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J'ai pris sur mon temps de déjeuner pour aller faire un tour à la mairie du Xe arrondissement à Paris (72, rue du Faubourg Saint-Martin) où se donne actuellement une expo photo consacrée à Pier Paolo Pasolini. Je ne suis pas objectif avec Pasolini et j'ai probablement tort de le considérer comme le plus bel écrivain du XXe siècle mais ces photos sont aussi sublimes que ce qu'il écrivait à l'époque : le roman inachevé Pétrole. D'après la plaquette publicitaire de l'exposition, le photographe, Dino Pedriali, est un spécialiste du "corps masculin". Il a photographié des gens comme Rudolf Noureev ou Andy Warhol, ce qui vous marque un homme. C'est plus ou moins Pasolini qui lui a mis le pied à l'étrier (et probablement pas que le pied) en l'introduisant dans sa maison de Chia, pour lui faire prendre les clichés qui sont exposés ici pour la première fois. Pedriali avait pressé PPP de poser pour lui quelques mois avant puis c'était l'écrivain qui l'avait relancé et proposé ce "shooting" chez lui. Les photos devaient servir à illustrer Pétrole, qui aurait été le premier matériel multimédia populaire si l'auteur n'était mort peu après. L'originalité de l'exposition, c'est qu'elle concerne uniquement Pasolini l'écrivain et pas le peintre ou le cinéaste. Et Pasolini l'écrivain est ce qu'il y a de plus beau à voir. Il n'a pas ce côté ridicule et sérieux du réalisateur, ce côté bohème du peintre. L'écrivain est parfait dans ses expressions, on sent l'inspiration qui lui coule dessus comme une lumière, qui lui entre par les oreilles et ruisselle jusque dans ses poignets. Il y a bien quelques photos débiles où il lit un livre la bite à l'air mais globalement c'est très bien. Je vais y retourner une fois par semaine comme au temple. C'est gratos.
(et http://www.pasolini.net est toujours un chouette site).



Par-delà nature et culture, grand livre théorique du moment

Posté par Eric Arlix le 11.02.06 à 16:42 | tags : essai, livre
Je préfère parler d'un livre avant d'en avoir fini sa lecture. Ce qu'il suscite dès ses premières pages (après l'absorption de la quatrième de couv'), ce qu'il esquisse comme cadre général d'intervention est la matière première excitante, celle qui amène la concentration à un niveau suffisant pour travailler (vivre) avec un livre ou pas. Et puis aussi parce que résumer les livres, en proposer un commentaire global, ne me semble plus du tout excitant. De la folie plutôt que du commentaire.
Ici le niveau général est très élevé (précipitez vous au Collège de France le 22 février pour l'écouter) et le style d'une grande efficacité. D'ailleurs j'ai plus l'impression de l'écouter que le lire. La star des antrophologues livre sur 600 pages une analyse globale pour classifier les rapports entre l'homme et son environnement. C'est bluffant cette clarté et cette amplitude (ce qui manque à mon avis au livre de Bégout), comment peut-on être aussi intelligent bordel !?

Philippe Descola, Par-delà nature et culture, Bibliothèque des sciences humaines, Gallimard, 2005 



Psychanalyse : noir c'est noir

Posté par Myosotis le 10.02.06 à 11:24 | tags : essai
Le Livre noir de la psychanalyse (Les Arènes, septembre 2005), compilé par la normalienne Catherine Meyer, a beau être blanc (tiens, tiens, ça veut dire quoi ?), il est encore plus sévère que les autres livres noirs (du communisme, du capitalisme, du colonialisme...) sur son sujet d'étude. Phénomène éditorial réussi, avec mini-polémique en sus, l'ouvrage de 800 pages et quelque 30 articles ne restera pourtant pas dans les annales comme un modèle d'analyse rigoureuse. Assez relâché dans la forme (certains articles sont carrément faiblards), souffrant d'un fond mal unifié par le collectionneur, Le Livre noir de la psychanalyse est une charge frontale contre, d'une part, la psychanalyse en général, freudienne en particulier, la place qu'elle aurait usurpée parmi les sciences humaines, et, d'autre part, ses visées curatives. Freud serait un imposteur, ses analyses viciées, trafiquées et ses résultats modifiés parce qu'il "défonçait" ses clients à la coke. Personne n'a jamais été soigné de quoi que ce soit au sortir d'une analyse (sauf par accident), etc.
Le procès est instruit à charge et a pour seul mérite de redonner une chambre d'écho (aucune trace de réponse, en revanche) à la question qui se pose depuis l'invention du système d'analyse freudien , lacanien & co : C'EST DE L'ARNAQUE ou PAS ? Si, à petite échelle, on voit bien que ce modèle appliqué comme outil en renfort d'une analyse multiple a de jouissif et de fructueux pour ses utilisateurs, son côté "couteau à huîtres pour âmes en peine" (qui n'a JAMAIS été revendiqué par aucun psychanalyste digne de ce nom d'ailleurs) est plus incertain. Comme si la question (qui n'est pas franchement décisive à l'heure actuelle pour comprendre la France et son mal-être) ne pouvait trouver de réponse efficace que dans un bon "Ca se discute", où le pour et le contre se mêleraient harmonieusement.




Sollers : une vie divine, mais d'un autre âge

Posté par Myosotis le 09.02.06 à 17:45 | tags : best-seller, gallimard, livre, roman

A vue de nez, Une vie divine doit être quelque chose comme le 20e roman (ou ouvrage revendiqué comme tel) de Philippe Sollers et je n'en avais lu aucun jusqu'à celui-ci. Du divin marquis des lettres françaises, dont le compteur personnel affiche 70 ans, je n'avais retenu que 4 livres : Mystérieux Mozart, une sorte d'essai biographique qui parlait plus de Mozart et du génie qu'Une vie divine ne parle de Nietzsche, une série d'entretiens passionnants sur La Divine Comédie, la "biographie" de Casanova et (sic) l'Atlas des Vins du monde. J'avais retenu une situation cocasse également. Lors de mon premier Salon du Livre de Paris (en 2000), j'avais signé à côté de Sollers qui m'avait vaguement salué avant de dédicacer des livres à la pelle à des vieux, des vieilles, des plus jeunes, souvent pas très jolies ou alors pas du genre à lire des livres. J'avais vendu 2 ou 3 bouquins en plusieurs heures et j'avais dû écarter à plusieurs reprises des fans de Sollers qui s'allongeaient sur mon Espace Dédicace, dérangeaient mes piles d'invendus pour pouvoir l'approcher de plus près. Pendant ce temps là, le grand écrivain fumait tranquille sa clope, signait d'une main des bouquins en lançant des oeillades de vieux séducteur aux nanas, tout en enchaînant au portable conversation sur conversation mais sans jamais ralentir le rythme de la dédicace... personnalisée.
La lecture d'Une vie divine m'a ramené à ce souvenir du Salon et à la lecture de cette goutte d'eau dans l'oeuvre qu'étaient les 4 bouquins que je connais de lui. Son écriture est sublime, lumineuse, cela se ressent sur presque chaque tournure. Les idées sont juste, les thèmes classieux et Sollers produit une littérature impressionniste (il raconte par juxtaposition de "touches sensitives", succession d'émotions, plus que par une continuité narrative) à la fois précise, distanciée et offensive. Ce qui épate chez cet homme (en plus de sa prolixité) c'est qu'on peut entendre rien qu'à le lire comment sa phrase est fluide, comment elle se déploie naturellement à l'ancienne comme un gros matou ou un vieux beau, s'étire, s'expose et se referme. C'est une phrase qui comme la phrase "palpé-roulé" de Céline ou la phrase "à l'arrache" d'Hemingway ressemble à l'homme qui l'écrit. Et c'est ce qui m'embête avec Sollers au final. Ce qui fait que je n'ai pas de plaisir à le lire. Sa phrase, au contraire d'autres "vieux" écrivains, sent un peu l'ancienne France. Elle charrie des références d'un autre temps, des images de notaires de province, des odeurs de tabac à priser, des goûts à la Mitterrand pour la bonne cuisse, le latin et le grec, la bonne bouffe et la musique classique. Ce qui me gêne chez Sollers, c'est qu'il fait de la littérature classique pour les jeunes vieux et les vieux jeunes d'aujourd'hui. Appelons ça une rupture générationnelle (mais il y a aussi de jeunes hussards de trente ans qui explorent cette veine là). Je suis persuadé que ce monde littéraire n'a plus rien à dire ou ne parlera bientôt plus à personne. Ce qui n'enlève rien à la qualité de sa plume. Tout est question ici, de qualité de lecteur.




Le lobby

Posté par Eric Arlix le 09.02.06 à 11:00 | tags : édition, livre
Archimondain, Jolipunk Je suis dans le hall de Gallimard. Je suis le plus petit (ventes, notoriété) des auteurs Verticales / Gallimard. J'attends mon ami éditeur Bernard Wallet en regardant les photos des stars dans le hall. Le plus petit (ventes, notoriété) des portraits est celui de Camille de Toledo (illus. en quelque sorte...), le plus grand (ventes, notoriété) serait J.K. Rowling (Harry Potter) mais il n'y a pas de photo de l'auteure. Personnellement, j'aurais disposé sa photo à côté de celle de Sollers, mais c'est un choix purement esthétique, pas de signifiant particulier. Je dis à Bernard que ces photos sont très drôles (photos en noir et blanc d'auteurs soit tourmentés, soit clichés énigmatiques censés incarner la psychologie atypique de l'auteur). Puis, en blaguant : "ouf ma photo n'est pas encore là" (j'espère jamais) et il me répond que cela arrive plus vite que l'on peut l'imaginer. Je lui dis : "Tu déconnes j'espère ? je crois plutôt que la top classe est de ne pas avoir sa photo dans ce cimetière virtuel". On est parti boire un verre pour parler de stars dont les photos ne sont jamais nulle part (Hubert Lucot, Jean-Marc Lovay....)
(illus. ceci n'est pas Camille de Toledo)



Bégout et des couleurs

Posté par Myosotis le 08.02.06 à 15:28 | tags : essai, livre, philosophie

L'analyse philosophique du monde a des vertus pour le lecteur qu'il est la plupart du temps urgent et plus agréable d'ignorer. La langue philosophique, produite par le philosophe contemporain (le terme de philosophe exclut les personnes qui apparaissent plus d'une fois par semaine à la télévision ou publient des "points de vue" réguliers dans la presse quotidienne), est malheureusement de plus en plus hermétique et inaccessible au profane dont nous sommes. La philosophie d'aujourd'hui (on exagère tout de même un peu) serait ainsi au choix chiante ou inconsistante. Bruce Bégout, au travers de son roman-pensée L'Eblouissement des bords de route et de ses deux essais somptueux Zéropolis et Lieu Commun, avait jusqu'à présent réussi à s'imposer à nous (le lecteur moyen) comme l'exception française qui confirme la règle. Sa philosophie causait français, ne développait pas nécessairement une pensée à cinq ou six tiroirs (ou niveaux de conscience) quand notre intelligence n'en supportait que deux ou trois, et ses thématiques étaient suffisamment reliées à notre monde pour faire surgir des images de cinéma américain ou des émotions de personnes mondaines. Ses livres faisaient 100 pages bien tassées, intuitions géniales comprises. Bégout disait la ville américaine, la route, le motel comme paradigme de la modernité, d'une langue proche - par sa précision, sa concision et sa poésie - des fulgurances de Walter Benjamin.
Avec La Découverte du quotidien, toujours chez Allia, Bégout passe au format maousse, avec 600 pages pour se coltiner frontalement le thème autour duquel il tournait jusqu'à présent, à savoir la phénoménologie du quotidien. En clair, "qu'est-ce que le quotidien ?" et "comment ça fonctionne?" soit, de notre point de vue, la seule question qui mérite d'être examinée. Si sa langue est toujours aussi claire (et c'est une qualité rare, répétons-le) et intelligible, le livre est plus difficile à aborder que les précédents, plus théorique et référencé aussi, ce qui déconcerte autant que lorsqu'on regarde Harry Potter 4 sans avoir vu les trois premiers. Il ne faut pas exclure que cette impression repose aussi (et surtout) sur notre incapacité à comprendre tout ce dont il est question. Disons pour effectuer - en même temps, allons y - un résumé et un jugement sacrilèges de la pensée de Bégout en une dizaine de lignes :
1) que la matière et la manière ont changé mais que la qualité d'exposition est intacte - on lit et on comprend ce dont il est question ;
2) que cette compréhension est renforcée par le sentiment (et c'est une critique) que les grandes idées sont disséquées et reformulées sur des dizaines de pages alors que (peut-être) la forme concise des précédents livres aurait suffi à nous les faire saisir en économisant notre intelligence ;
3) que Bégout nous apporte des éléments décisifs sur le quotidien, à savoir : a- l'homme naît inquiet depuis sa projection dans le monde, hostile et étranger ; b- le quotidien est une construction mentale qui est le travail d'une vie entière ayant pour but de DOMESTIQUER le sentiment d'étrangeté du monde.
4) que Bégout n'écrit pas le livre qu'on veut lire mais son introduction technique - c'est ce qui laisse un arrière-goût d'insatisfaction à la fin du livre ; l'idée qu'il ne nous sert pas assez d'exemples, qu'il ne nous fournit pas (il explique d'ailleurs pourquoi) la phénoménologie du quotidien que nous espérions à la lecture du quatrième de couv' est tenace et fondée, ce n'est pas le livre pour ça et on ne peut pas lui en faire le reproche ;
5) que l'équivalent moderne du Paris, capitale du XIXe siècle de Walter Benjamin, seule oeuvre philosophique ayant réussi à absorber l'ensemble des "symptômes du monde" dans une pensée cohérente et accessible à tous, est toujours à écrire. Bégout tourne autour de ce livre comme une mouche autour d'un pot à miel et on peut souhaiter qu'il s'y jette pour nous un jour ou l'autre. En attendant, sa pensée reste précieuse pour réfléchir avec nos moyens à ce qui nous environne, et on ne lui sera jamais assez reconnaissant pour ça.

Pour ceux que ça intéresserait, on conseillera de jeter un oeil à l'interview de l'auteur sur www.chronicart.com mais aussi à son visage photographié. On ne voit pas assez de philosophes en photos en France (autres que BHL et ses compères) et il est réellement impressionnant de VOIR le visage qui héberge une pensée de cette qualité, comme l'on voit un visage d'artiste, de sage ou de footballeur professionnel, avec circonspection et admiration. (C'est d'ailleurs possible, un post plus bas, illus. ci-dessous.)




Bruce Bégout : j'y retourne

Posté par Eric Arlix le 08.02.06 à 11:55 | tags : essai, livre, philosophie
Super auteur (Bruce Bégout - illus.), super éditeur (Allia), super quatrième de couv' ("pour autant que l'on puisse en juger, il n'y a absolument rien de commun entre le livre Gamma de la Métaphysique d'Aristote et le fait d'acheter son pain chez le boulanger"), super sujet (la découverte du quotidien) pourtant je sature vers la page 277 ("L'inquiétude originelle et la problématicité du monde") sur 600. Convaincu que ce "genre" de livre gagnerait énormément à sortir un peu plus des hyperspécificités philosophiques classiques. Étonnant de la part de Bruce Bégout, ce "changement de braquet" après deux petits livres (2 essais chez Allia, 1 livre de fictions chez Verticales) hyper courts et hyper lisibles. Pressentiment à confirmer dans quelques centaines de pages, j'y retourne.
(illus. Bruce Bégout, photo © Alph. B. Seny, courtesy Editions-verticales.com)
MAJ (11/02/06) : Lire l'avis de Myosotis sur La Découverte du quotidien, le dernier Bruce Bégout



Angry Patriotic Bastard : l'Amérique est ici

Posté par Myosotis le 07.02.06 à 13:04 | tags : autofiction, livre, web
Pas facile de se faire son point de vue américain quand on a jamais mis les pieds ou vécu plusieurs années en Amérique. La dernière campagne électorale et le traitement médiatique régulier de la "chose atlantique" ont depuis longtemps épuisé pour nous le sujet, nous vendant grosso modo deux pays en un : l'un débile, teendéveloppé et pro-Bush ; l'autre mature, subtil, proche de la vieille Europe et libre dans sa tête. A défaut de répondre précisément à la question "Qu'est-ce qu'être américain ?", Angry Patriotic Bastard, site personnel d'un Américain dit "moyen", témoigne qu'au sein-même d'un individu (moyen donc, comme vous et moi), les deux mondes se rejoignent, se fécondent et s'affrontent. Hilarant, souvent pertinent, l'Angry Fucking Bastard est peut-être le reflet le plus juste qui soit du pays : choquant, réactionnaire, incompréhensible de notre point de vue, mêlant racisme, ultranationalisme et un formidable souffle de liberté. AFB est anti-Britney, pro-guerre en Irak, anti-intellectuel primaire, intello lui-même, pro-lobby des armes à feu, pro-avortement, etc. Ses analyses et ses articles sont formulés à la truelle, lancés au bazooka mais toujours fulgurants. Qu'on se le dise, l'Amérique est là et pas ailleurs, entre l'intelligence brutale et la sensibilité exprimée dans Patriotism is My Motor, Testosterone my Fuel, le roman couillu bouillant de Dustin Green, vendu sur le site. Une horreur d'autofiction (à l'américaine, rassurez-vous) qui fait penser à une fusion de Kerouac et de Vollmann, une synthèse populo d'Ellis et de Burroughs. Si vous ne trouvez pas ça bien, osez le dire à l'auteur (illus.).




Lyber

Posté par Eric Arlix le 07.02.06 à 12:40 | tags : édition, web
Aujourd'hui, je ne vais lire (parcourir) que des livres gratuits, des lybers. Je commence évidemment par les éditions de l'Éclat (seul éditeur à proposer un nombre de lybers conséquent). C'est quand même le top de pouvoir lire gratuitement un livre, même avec les inconvénients de l'écran ou de la sortie imprimante. Cela semble si simple. Ensuite, les personnes qui sont intéressées par le contenu n'hésitent pas une seule seconde à acheter le livre (et ainsi à soutenir l'édition qui s'intéresse aux contenus difficiles et contemporains malgré l'incroyable improbabilité de "rentrer dans ses frais" avec ces projets). Le livre étant, pour l'instant, beaucoup plus fort que l'édition numérique (ouverture instantanée, nomadisme total, pérennité de l'objet confortable, partage-prêt ou cadeau-évident). Vive les lybers, vive les livres papier, vive les auteurs et les éditeurs lucides.



Scott Mac Cloud : du l'art à des cochons

Posté par Myosotis le 06.02.06 à 20:09 | tags : angoulême, bd, essai, livre

La fin du festival d'Angoulème marque, presque chaque année, le retour de l'art graphique à la case supermarché ou boutique spécialisée. Le marché a beau être florissant, difficile de faire gober aux français amateurs de Titeuf, d'Astérix ou d'Amélie Nothomb que la BD a quelque chose dans le ventre culturel. Conseillons à ceux qui ne tiendraient pas encore la réponse d'aller faire un tour sur http://www.scottmccloud.com, le site de Scott Mac Cloud, l'un des seuls dessinateurs à avoir, à la suite d'Eisner et d'Umberto Eco, fourni une analyse exigeante du média. Repris dans deux BD, L'Art Invisible (illus.) et Réinventer la bande dessinée, publiées chez Vertigo Graphic, le travail de Mac Cloud, mêlant dessin traditionnel et conception sur ordinateur, est une merveille d'intelligence. L'auteur revient, depuis l'aube des temps, sur le goût de l'homme civilisé pour le dessin et décrypte scrupuleusement la langue dessinée (bulle, planche, cases, etc.), depuis les strips de Schultz, jusqu'à l'avant-garde d'un Ware, en passant (trop peu) par la suprématie des super-héros. Le site est une réserve presque infinie de ressources graphiques, de prolongements des deux livres, contés depuis l'avatar binoclard de l'auteur, dans un style clair et alerte. Si vous devez lire un seul ouvrage théorique (excusez le gros mot) sur la BD, c'est celui-ci. Vous pourrez ensuite passer tout votre temps de cerveau à reprendre Pif, Green Lantern ou les Watchmen, sans vous demander si vous êtes une tête de lard.




Raccourcis

Posté par Eric Arlix le 06.02.06 à 00:25 | tags : beau livre, édition
Mark Layner sur Salon.com Mark Leyner (illus.) est le plus grand auteur américain contemporain. B.E. Ellis est devenu le pire des auteurs américains contemporains. Le prix du m2 linéaire dans les grands salons du livre français est inaccessible pour les petits éditeurs, donc dehors les blaireaux. Les librairies indépendantes vont bientôt disparaître (comme les disquaires il y a dix ans). La plus grosse vente section "beaux livres" est : La grande aventure de l'Airbus A380 ; tout le monde la tête dans les nuages (Le viaduc de Millau est aussi bien placé). Sachant qu'un "beau livre" peut occasionnellement vraiment cartonner (et qu'il permet à certains après cela de racheter un grand groupe d'édition), je me dis, en tant qu'éditeur (è®e), que je vais peut-être y réfléchir à deux fois. Bon, comme projet de "beau livre" je n'ai qu'un historique des bris de machines, c'est sûr qu'un million d'exemplaires pour ce projet c'est une prévision de vente un peu haute.
(illus. Mark Leyner sur Salon.com)



Le lecteur rêve et c'est bien

Posté par Eric Arlix le 03.02.06 à 11:25 | tags : essai, philosophie
Oh oui, une biographie intelligente de Branca plutôt que Mozart. Good, good ! les romans de Leyner en français plutôt que les rééditions d'Ellis en poche. Great la disponibilité en français du Bloemhof* plutôt que le dernier BHL.

* Een Bloemhof van allerley Lieflikheyd sonder vendriet ("Le Jardin de tous les délices sans tristesse"). Texte signé de Vrederick Waarmond mais écrit par les frères Koerbagh en 1668. Lire absolument l'incroyable livre Les lumières radicales, la philosophie de Spinoza et la naissance de la modernité (1650-1750), de Jonathan I. Israel, traduit aux éditions Amsterdam en 2005. Le Bloemhof page 228. Hyper lisible même si votre niveau en philosophie n'est pas top, presque un polar mais attention quand même 1000 pages et 37 euros qui pourraient vous stopper net.



El Boomerang, blog latino

Posté par Sandor le 03.02.06 à 11:20 | tags : blogosphère livres, web

Repéré sur le site du quotidien espagnol El Pais ce matin : avec ses correspondants à Barcelone, Mexico ou Buenos Aires, le "blog littéraire latinoaméricain" El Boomeran(g) est de très belle tenue. Para hispanohablantes unicamente. A bookmarquer.



Lectures

Posté par Eric Arlix le 02.02.06 à 15:39 | tags : essai
Je lis un livre sorti en 2003. Un livre qui vous met à genoux devant les horreurs de pays coloniaux ayant profité de catastrophes climatiques pour mettre en place la businessisation du capitalisme dans ces territoires. Une trentaine d'années (1870-1900) pour environ 35 millions de morts (il y aussi une estimation plus haute). Période terrible. Par Mike Davis, déjà auteur du fabuleux City of Quartz, Los Angeles capitale du futur.
Avant j'ai lu les deux meilleurs livres de la rentrée littéraire de janvier, le Vasset et le Pireyre. Wah ! qu'ils sont forts. Des écrivains lucides vraiment ça fait plaisir. Pour le Vasset la 4e de couverture est un programme plus qu'alléchant : "Il n'y a plus d'art, seulement des hobbies. Plus de beau : du joli. Plus de spectateurs : des amis. Dans leurs maisons douillettes et soigneusement décorées, j'introduirai le froid et la nuit." Pour le Pireyre l'amplitude des questionnements est à la hauteur du titre.

Génocide tropicaux, catastrophes naturelles et famines coloniales aux origines du sous-developpement, Mike Davis, La Découverte (illus.)
Bandes alternées
, Philippe Vasset, Fayard
Comment faire disparaître la terre ?
Emmanuelle Pireyre, Seuil ("Fiction & Cie")




Archi et livres, la suite

Posté par Sandor le 01.02.06 à 17:42
Dans la série architecture et livres, c'est l'agence de Florence Lipsky et Pascal Rollet qui vient de remporter l'Equerre d'argent 2005 (c'est un peu le César du meilleur bâtiment) pour leur bibliothèque du campus d'Orléans (illus.) Pour en savoir plus, lire cette belle analyse-parcours dans Libé.





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