Le Vieux Zack d'un Melville rigolard Avec ses 60 pages pour 10 euros (un peu cher mais la couverture est jolie), l'édition par la Finitude de ce Vieux Zack de l'écrivain américain Herman Melville est une bénédiction pour ceux qui avaient envie de se marrer un peu et n'avaient pas perçu la dimension foncièrement comique de l'auteur de Billy Budd, Moby Dick ou Bartleby. Melville est l'un des meilleurs écrivains américains du XIXème siècle, un prosateur au talent incroyable, un homme qui place rarement un mot en trop ou de travers lorsqu'il s'agit de s'attaquer à des formats courts. Comme souvent, dans ses nouvelles, dans ses articles, sa précision est ce qui ressort de son travail, au point qu'on serait bien infoutu de retrancher une virgule de ce qui nous est présenté ici. Les anecdotes portraits rapportées par Melville sont de vraies pièces d'anthologie décrivant un Zachary Taylor grotesque, obsédé par la nourriture et la réparation de ses fonds de culotte. Rétrograde au possible, Zachary Taylor avait avoué peu avant son élection à la Présidence n'avoir aucun intérêt pour la politique et n'avoir jamais voté lui-même. Melville tire à boulets rouges sur lui, insistant sur ses travers tartarinesques et ses obsessions de vieille caricature militaire. Avec le recul historique, on peut même trouver que Melville qui semble s'amuser comme un fou ici dans ses mises en scènes (il affiche une fausse correspondance du Général et développe un attirail satirique qui est assez novateur et digne de la meilleure presse moderne) n'a pas la main lourde puisqu'il ne prend même pas la peine de moquer les idées politiques de son sujet : propriétaire d'une plantation dans le Sud et dont l'élection se fit avant tout parce qu'il ne déplaisait, à l'époque, ni aux Sudistes, ni aux Nordistes, qui le considéraient tous comme un benêt. Si le livre est vite digéré, on peut s'offrir avec ce Vieux Zack une belle tranche de rigolade et s'amuser à transposer quelques situations à d'autres actualités. L'activisme forcené de Taylor rappelle évidemment d'autres présidents montés sur secteur. La description de son agitation permanente et de son volontarisme en appelle à des comparaisons aussi improbables qu'indispensables. Le Vieux Zack - Herman Melville Finitude (avril 2007)
Commentaires
De M, posté le 21.09.07 à 13:25
![]() Vraiment, je ne vois pas où tu veux en venir... !!! De Lucien, posté le 23.09.07 à 00:49 ![]() Il y a des remarques qui lorsqu'il s'agit d'une traduction paraissent un peu gratuites. Ajouter un commentaire |
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