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Richard Morgiève : une rentrée mitigée

Posté par Solaris le 18.09.07 à 12:59 | tags : extrait, roman, denoel

Cinq ans à Souffrance sous France
Le Faubourg est face à la ville, les pauvres d'un côté les riches de l'autre. Elle s'appelle Beurque cette ville. Entre la ville et le Faubourg il y a le marais et le fleuve. Marais plus fleuve ça fait quatre cinq kilomètres de quoi se noyer dans pitié. Le marais est la conséquence d'un méandre du fleuve, un problème de niveau, faudrait construire une digue ça coûte un max et pour quoi faire ? Pour contenir les crues ? Pour qui ? Quelques douzaines de traîne-lattes, phtisiques et compagnie ? Faut pas déconner laisse tomber ! Donc pas de digue. Encadré par des peupliers hauts de cinq étages, un chemin de terre éculé remblayé à la merde de vache part du Faubourg et rejoint la grande route en terre éculée remblayé à la merde de vache qui elle conduit à Beurque. Au bout de la grande route il y a le pont. Lui il est en pavés et en pierres de taille. On veut en construire un autre depuis Vercingétorix. Avant les élections c'est cher mais on le fera, après les élections c'est trop cher on le fera pas. Donc sur le port c'est souvent le marasme, on se roule dessus se bouscule s'insulte. Et puis on sort du piège on a traversé le pont et donc on quitte Beurque ou on arrive à Beurque. Beurque sous-préfecture du département c'est pas New York. Cinq six mille citoyens un internat un musée avec trois tableaux et deux gardiens plus un asile de dingues. La légende dit plein de conneries parle de Saint Thomas le Coquin de Louis XIII du marquis de Sade de José Maria de Heredia c'est là qu'il aurait pas volé sa célèbre pneumonie. La ville aurait été pillée par les Drague-Queen les Vikings les armées révolutionnaires et fondée par un abbé connu de tous mais personne se souvient de son nom.
C'est dans ce faubourg qu'atterrit durant l'exode, un mac, une petite troupe d'entraîneuses et un enfant trouvé parmi les ruines d'un village. Richard Morgiève nous livre un conte en clair-obscur dans une période grise de l'histoire ou les personnages livrent un à un les raisons de leur propre Occupation. Morgiève met en pleine lumière les collabos-résistants, la splendeur et la misère des claques de l'époque.
Je vous avoue, je suis carrément passé à côté de ce bouquin. La prose est ciselée, ne serait-ce le mélange de référence vingtième a tendance à me faire décrocher. C'est sûrement dû à une overdose personnelle concernant cette période. Sinon, ça reste une bonne porte d'entrée dans le monde et les obsessions de Richard Morgiève.

Miracles et légendes de mon pays en Guerre
Richard Morgiève
Denoël

Nb Solaris : Cette chronique est proposée par Jeev.

Consultez le dossier Rentrée littéraire.

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