Par-delà nature et culture, grand livre théorique du moment
Je
préfère parler d'un livre avant d'en avoir fini sa lecture. Ce qu'il suscite
dès ses premières pages (après l'absorption de la quatrième de couv'), ce qu'il
esquisse comme cadre général d'intervention est la matière première excitante,
celle qui amène la concentration à un niveau suffisant pour travailler (vivre)
avec un livre ou pas. Et puis aussi parce que résumer les livres, en proposer
un commentaire global, ne me semble plus du tout excitant. De la folie plutôt
que du commentaire.Ici le niveau général est très élevé (précipitez vous au Collège de France le 22 février pour l'écouter) et le style d'une grande efficacité. D'ailleurs j'ai plus l'impression de l'écouter que le lire. La star des antrophologues livre sur 600 pages une analyse globale pour classifier les rapports entre l'homme et son environnement. C'est bluffant cette clarté et cette amplitude (ce qui manque à mon avis au livre de Bégout), comment peut-on être aussi intelligent bordel !? Philippe Descola, Par-delà nature et culture, Bibliothèque des sciences humaines, Gallimard, 2005 Commentaires
De pradoc, posté le 12.02.06 à 13:15
![]() Et si ton enthousiasme était aussi lié à la complète altérité du livre, au fait que tu ne puisses absolument pas l'avoir écrit ? Qu'il représente à tes yeux une forme de pensée qui t'est non pas étrangère mais complétement inaccessible ? (la science, le sérieux etc...) De arlix, posté le 12.02.06 à 13:38 ![]() J'ai dépassé ce stade bouffon De pradoc, posté le 12.02.06 à 13:44 ![]() Peut-être mais je te rappelle, que tu t'exaltes pour un livre que tu n'as pas lu, et qu'un minimum de doute de ta part, serait le bienvenu. De arlix, posté le 12.02.06 à 13:51 ![]() 150 pages exaltantes ça suffit pour se laisser porter. et pour la Science et le Sérieux cela n'a produit pour l'instant qu'un monde merdique non ? De pradoc, posté le 12.02.06 à 14:02 ![]() Oui mais tu sais bien que les ouvrages théoriques finissent souvent par fatiguer sur la longueur, comme tu l'as écrit pour le Bégout par exemple. Qu'il y a un appel de la nouveauté, puis parfois un engorgement à cause de la pensée devenue sytème et qui finit par s'appuyer sur des répétitions ou de la glose. Je n'ai malheureusement pas pu lire une seule ligne de "Par delà nature et culture" puisque le lien ne fonctionne pas... La science, le sérieux ont aussi donné l'exception Descartes... Le monde aurait certainement été encore plus "merdique" sans la science et le sérieux. D'ailleurs il ne faut pas confondre sérieux et gravité. De arlix, posté le 12.02.06 à 14:23 ![]() Il y a juste des milliers d'extraits de ce livre en ligne, avec un peu de sérieux tu devrais trouver quelque chose. Plus merdique est-ce seulement possible ? De Enola Gay, posté le 12.02.06 à 14:35 ![]() Oui. De pradoc, posté le 12.02.06 à 14:40 ![]() Permets-moi une bouffonerie, nous vivons quand même dans un monde qui a inventé le Papier Q... Si tu veux te marrer deux minutes, je te recommande de lire "Comment Grantgousier cogneut l'esperit merveilleux de Gargantua à l'invention d'un torchecul". Bon, je te laisse, je deviens envahissant. De Sandor, posté le 12.02.06 à 18:57 ![]() Euh, c'est juste pour dire que jusqu'à hier soir 23h, le lien fonctionnait. J'ai revérifié l'url : elle est correcte, je crois que le pb vient de chez Gallimard, dont le site est périodiquement en cours de réfection. De Jeff, posté le 13.02.06 à 09:51 ![]() Salut, moi je suis en train de lire ce bouquin (page 400 env.) et comme je connais un peu les thèses de l'auteur depuis qq années, je suis moins surpris bien sûr et pourtant cette erudition + cette puissance de réflexion + la prise en compte des anciennes théories anthropologiques + une écriture éclatante et limpide (meme lorsqu'il parle d'ontologies) + encores d'autres choses font que je suis soufflé. Descola râcle la couche de sédiment qui repose sur tout et fait briller un "talisman" qui était caché dessous. Ces nouvelles perspectives de penser ne viennent que de débuter et à partir de maintenant ça va se développer. De action reading, posté le 14.02.06 à 19:03 ![]() Dis... tu nous diras tout de même ce que tu en penses quand tu seras arrivé à la fin, hein, arlix ? Merci... De Jeff, posté le 15.02.06 à 10:06 ![]() Oauis mais patience car j'ai commencé en septembre pis... la vie à Paris fait que j'ai pas hélas beaucoup de moments à lire. 400 pages en 4 mois, restent 2 mois quoi. De Sam, posté le 15.02.06 à 14:20 ![]() Je pense que pour mesurer la valeur de cet ouvrage il faut avoir rencontré le "monsieur" puis avoir pu expérimenter en live direct le raisonnement qui est le sien, ce qui ne me semble pas être le cas de tout le monde ici. Descola prends ici le poux d'un post-structuralisme qui commençait à s'effriter. Au regard de la trame théorique que Descola présente, il propose une direction nouvelle et reste méticuleuxpour se démarquer de ses pairs (autant Lévi-Strauss que Julian Steward). Il reste aussi à connaître et l'avoir entendu parler de son terrain chez les Ashuar pour mesurer la qualité de ce qu'il en ressort théoriquement. De plus, envisageant son parcours intellectuel depuis La Nature Domestique, il s'agit de repenser l'intégrité d'une réflexion qui va "par-delà toute critique." De Jeff, posté le 23.02.06 à 11:22 ![]() Alors ? Plus personne ne réagit ? Quelqu'un est-il allé à la leçon hier ? Au séminaire ? De Jeff, posté le 24.02.06 à 09:15 ![]() Non ? en fait c'est quoi ce blog ? Le blog de l'homme invisible ? De Replay, posté le 24.02.06 à 10:34 ![]() Bah écoute, je sais pas Jeff. Pour une fois, j'ai compris ce qui est écrit à la première lecture, alors je crois que je vais filer lire le bouquin et puis voilà. Ca va, tu te sens moins seul ? De Jeff, posté le 24.02.06 à 11:47 ![]() Oui merci. Alors rendez-vous dans 4 mois à la fin de la lecture ? Certes ce genre de bouquin est passionnant, sauf qu'on peut en parler avec peu de gens finalement. C'est dommage de ne pas partager ses idées surtout lorsqu'elles sont neuves et qu'on sent tenir un fil que l'on peut remonter à loisir vers le haut, vers le bas. Finalement c'est un plaisir solitaire, OK, un dialogue avec l'auteur - mort ou vivant - et soi-même. Fuck others. Ajouter un commentaire |
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