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Fottorino : Le cinéma à l'honneur

Posté par Solaris le 06.09.07 à 10:35 | tags : gallimard, roman, news



Baisers de cinéma est assurément le meilleur roman que j’ai lu en cette rentrée littéraire. Et peut-être le meilleur que j’aie lu cette année. Je l’ai savouré lentement, assis sur un banc, à l’ombre des grands arbres, au bout du quai Bourbon.
Baisers de cinéma est une promenade dans Paris, sur l’île St Louis, le long de la rue Cassette…, avec arrêts dans les cinémas d’art et essai du Quartier Latin. Le narrateur y scrute, presque compulsivement, les films de la Nouvelle Vague. Et Baisers de cinéma devient alors non seulement une promenade dans Paris, mais aussi un roman du cinéma dans lequel Eric Fottorino nous offre de magnifiques éclairages sur la lumière. Et puis Baisers de cinéma, c’est aussi un roman sur la quête de mémoire, la piété filiale, celle que le héros voue à son père (photographe de la lumière, photographe du cinéma) dont l’ombre est omniprésente dans le livre. Baisers de cinéma, c’est encore un roman sur l’absence, celle de la mère, dont le héros espère l’apparition un jour au détour d’une projection dans l’une des salles obscures qu’il fréquente. C’est que son père lui a laissé des dizaines et des dizaines de bouts d’essais ainsi que de photos d’actrices dont l’une, mais Gilles Hector ne sait laquelle, a été sa mère. Et puis un jour que la projection s’achève, aux 3 Luxembourg, sa voisine de fauteuil semble tout droit sortie d’un film d’Eric Rohmer (à moins que ce ne soit de Truffaut ?). Le livre devient alors un roman de la passion, de la déraison amoureuse qui monte comme la vague et submerge tout. (Tout sauf le mari trompé, dont le portrait est à peine, en arrière-plan, mais avec quel talent, esquissé par Fottorino, et dont on devine tout l’héroïsme, tout le malheur muet, tout l’amour qu’il porte à son garçon et, malgré tout, à sa femme infidèle.). Mais la mer toujours se retire, de la femme parfaite apparaissent bientôt les défauts, la vague reflue, l’envoûtement d’abord croissant de l’amoureux devient désamour. Tout cela est magnifiquement construit, parfaitement amené et écrit avec tellement de subtilité, de légèreté, de délicatesse… Un grand, grand bonheur de lecture.


Baisers de cinéma
Eric Fottorino
éditions Gallimard

Nb Solaris : Cette chronique est proposée par Charles Kermarec, directeur de la Librairie Dialogues à Brest.
Retrouvez les dossiers Rentrée littéraire et Rentrée des Libraires.

Commentaires

De zzzzzz , posté le 29.01.08 à 19:41 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Si c'est le meilleur livre que tu as lu cette année, alors j'espère que tu n'en as pas lu beaucoup...

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