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Les histoires d'amour finissent mal. En général...

Posté par Solaris le 26.08.07 à 09:00 | tags : extrait, roman

La première fois que nous nous sommes vus, nous avons marché. Deux heures au total. Presque jamais les yeux dans les yeux, toujours tournés vers la ville, la tienne, qui était complètement nouvelle pour moi et pourtant, je ne sais pas pourquoi, familière. Les manches de nos blousons ses sont effleurées - il faisait très froid et je ne me rappelle pas précisément comment j'étais habillée ce jour-là ni comment toi tu étais habillé, je sais seulement que nous étions protégés par des épaisseurs de laine, de duvet, par des chaussettes et écharpes. Cette première fois, tu m'as dit - et je ne me souviens plus comment nous en étions venus à ce sujet, peut-être m'avais-tu parlé de ta séparation, de la fin de cet amour et de la douleur qu'elle avait causée, de l'hostilité, des vengeances, de la violence : maintenant je veux une relation normale. Et j'ai observé les immeubles de la rue dans laquelle nous faisions demi-tour - une avenue remplie de boutiques et de gens qui se promenaient, surtout des jeunes couples qui poussaient berceaux et poussettes et traînaient derrière eux des chiens obèses en laisse -, j'ai pris une grande inspiration et je t'ai dit que pour ma part je voulais seulement être libre.

Simona Vinci propose un roman troublant. La missive d'une femme à l'un de ses amants, le seul qu'elle ait aimé. De leur rencontre à la lente agonie de leur couple, l'héroïne retrace sans pudeur son histoire d'amour dans la chambre d'hôtel qui l'a vue naître. Comme une explication de texte destiné au "tu" qui hier formait le "nous". Il s'agit d'une sorte de bilan, celui d'une union pour consommer sa rupture. Et la preuve qu'il est possible de faire le deuil d'une relation sans heurt.
Évidemment, les interrogations fusent. Se vouer à l'autre, fusionner, préserver son espace, demeurer libre : la conciliation est-elle possible ? L'auto-analyse est critique. Et même si le ton est parfois mélancolique, il n'y a pas de grands élans de désespoir. Au contraire, ce récit respire la vie.
Une lecture qui s'adresse indifféremment aux femmes comme aux hommes. Avec ce message : même privé de l'amour absolu après y avoir goûté, on survit.

Chambre 411
Simona Vinci
Robert Laffont

Consultez également le dossier rentrée littéraire.

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