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Croquez la pomme avec les Demoiselles de Vigàta

Posté par Solaris le 20.08.07 à 14:40 | tags : extrait, roman, métailié

Puis, un vendredi, en parlant dans la sacristie avec le curé qu'elle allait voir un jour sur deux, il advint que Luisina raconta que son mari était en train de se soigner pour ne plus bégayer.
- Ah, très bien, et qui le soigne ?
- Un docteur qui habite à la Pension Eva.
- Qui habite où ? !
- A la pension Eva, c'est ce qu'il m'a dit, Minicuzzo.
Aussitôt, le curé parut possédé par le diable. Il se mit à pousser des cris, à dire que Minicuzzo était une personne dégueulasse et indigne.
- Mais pourquoi ?
Et le curé lui expliqua ce qu'était la pension Eva, qu'il y avait là des femmes et ce que venaient y faire les hommes. Luisina ne broncha pas, elle ne pleura pas, ne se désespéra pas. Elle rentra à la maison l'air tranquille et content, prépara à manger comme d'habitude, s'endormit comme d'habitude.
Quand le lendemain à huit heures et demie du soir, Minicuzzo s'apprêta à sortir, Luisina voulut en avoir le coeur net :
- Tu vas à la Pension ?
- Oui.
Dans la matinée, en parlant avec la bonne, elle avait réussi à savoir où était situé le bordel. Elle s'habilla et dedans son sac à main glissa un poids de fer de deux kilos qu'elle prit sur la balance.

Ecrivain tardif et prolifique, l'italien Andrea Camilleri nous livre La Pension Eva. Environ 150 pages (pourrait-on en supporter davantage ?), pour relater l'apprentissage sexuel d'un jeune sicilien dans les années 1940.
Écriture naïve : sa lecture fut pénible tant les fautes récurrentes et volontairement insérées dans le récit fatiguent les membres de la communauté " SOS bonne orthographe " dont je suis. Adopter le phrasé d'un enfant de primaire, pourquoi pas. Mais ce choix de style ne passe pas forcément avec tout le monde. Clichés à répétition, à commencer par le lieu principal : une maison close de Vigàta, transformée en véritable cour des miracles. Les demoiselles d'Avignon à la sauce Camilleri, Gloups, cela laisse dubitatif. (Et pas de fausse vertu de ma part en ce qui concerne les bordels.)
Alors, certes, il y a de la bonne volonté, et pas de doute, il y aura des amateurs pour cet ouvrage. D'ailleurs, comme de coutume (enfin cela risque d'en devenir une), le bébé sera sous peu refilé à une bonne âme de mon entourage (" Tu n'as pas apprécié ? Donne, ça m'intéresse de le lire. "), qui tentera d'en déceler le meilleur afin de pondre un commentaire démontant tout ce qui est écrit ci-dessus.

La pension Eva
Andrea Camilleri
Métailié

Consultez le dossier de la rentrée littéraire.

Commentaires

De P47alto, posté le 26.08.07 à 12:11 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
La question se pose tout d'abord de savoir si la traduction rend hommage à l'original, lequel n'a rien à voir avec le pensum puéril susdécrit. En revanche nulle interrogation sur les responsabilités supposées de l'auteur et du traductuer quant à l'emploi de la formule lapidaire "apprentissage sexuel" utilisée pour décrire le livre. N'y voir que cela tient plus de l'aveuglement volontaire que du jugement pondéré. Tout comme parler des "années 40" alors que le fascisme, la guerre et le débarquement US tiennent une part non négligeable pour ne pas dire prépondérante tout au long du livre. 

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