Histoire de me préparer à mon avenir calamiteux, je regarde Desperate Housewives. Des femmes enfermées dans la routine, cherchant désespérément à réanimer leurs coeurs comateux dans leur propre mariage ou ailleurs : sur le papier, cette série a l'air très réaliste. Allumez la télé et un détail vous choque immédiatement. Elles sont trop jeunes, trop belles ! Je les vois, les vraies desperate housewives d'aujourd'hui, quand les pies infernales qui pensent être les amies de ma mère s'incrustent à la maison pendant des heures ! Elles ne sont plus très jeunes, et trop usées pour être belles. Elles ont toujours un coeur de midinette, et analysent la gente masculine avec les critères de leurs vingt ans, sans réaliser qu'elles-mêmes n'ont plus vingt ans. Leurs yeux sont cerclés de rides, mais elles critiquent impitoyablement les bouées, mentons gélétineux et autres crânes-de-salière du voisin d'en face.
Aujourd'hui, Emma Bovary économise pour s'offrir du botox et rêve toujours du grand amour. Même si elle le vaut bien et que son portefeuille le veut bien, la crème de graisse de porc à l'extrait de racine de romarin ne saurait annuler les sévices laissés par la mise au monde et l'éducation de quelques gamins. Mais rien que l'idée de déménager le bordel entassé par lesdits gamins lui flanque des nausées, donc elle reste.
Une écriture imagée, rythmée par un cynisme rafraîchissant, voici le roman de la " sale gosse " de la rentrée. Ariane Fornia, dix-huit ans dans trois semaines, et un troisième livre qui n'épargne rien ni personne.
" Être pénible, c'est le plus grand plaisir de l'adolescence. Autant en profiter, puisqu'elle touche bientôt à sa fin. " Et, pas de doute, la Daria française s'en est donnée à coeur joie !
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Dernière Morsure
Ariane Fornia
Robert Laffont