L'absence de l'ogre : dans les coulisses du succès
Dominique Sylvain est l'écrivain de polar qui monte depuis quelques livres. Elle en profite pour sortir ces dernières semaines coup sur coup une édition refondue de Barka!, l'un de ses meilleurs livres, et ce nouveau roman dont le titre est tiré d'une expression de Alphonse Allais : l'Absence de l'ogre. L'absence de l'ogre se veut un roman de son temps mais évolue dans un Paris qui sent, malgré tout, Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, le bobo et la toc attitude. Tout part ici de la mort d'une jeune rockeuse dans un parc parisien. Le coupable tout trouvé est un jardinier sorti de nulle part, colosse au coeur d'or, et Billy Budd de pacotille, porté disparu depuis le soir du crime, et qui cache... un monstrueux secret : il est américain, venu de New Orleans pour fuir on ne sait quoi. En route, on se débrouillera avec ce qui nous tombe sous la main : du chantage, des tentatives de meurtre et des meurtres tentés qui réussissent, des Gardiens de parc changés en Watchmen, des scènes de sexe torrides avec des sexes d'homme qui vont à l'intérieur des femmes et font du chaud et du bien dedans, des commissaires avec des prénoms russes qui sont prêts à quitter leur femme (méchante et hargneuse) pour céder à un coup de foudre digne de Voici, etc. Si l'intrigue est plutôt consistante (voire complexe et pas facile à suivre dans son dénouement), les personnages attachants et le contexte parisien soigné sur le fond et la forme, Sylvain n'en parvient pas pour autant à nous faire croire à la réalité de ce qu'elle raconte. Le polar sent la couture à plein nez, les gimmicks disséminés ça et là pour produire de l'effet, le tout enveloppé dans une langue qui pue la vieille France et l'effet de style. Là où Vargas (tant qu'à comparer, allons-y) réussit à intriquer les morceaux (culture, enquête, obsessions) qui constituent la chair de son roman en un tissu dense et unitaire, Sylvain présente au final une maille lâche, élaborée mais qui laisse passer l'air au milieu. Du coup, si on peut se laisser envelopper facilement dans la toile de cette Absence de l'Ogre, par beau temps (ça tombe bien), il est sûr que son écriture ne passera pas l'automne. Gageons néanmoins que Dominique Sylvain a, dans les jambes, un mauvais succès planétaire à la Anna Gavalda (Satan, sors de ce superbe corps bourgeois !). Commentaires
De chribule, posté le 19.07.07 à 09:55
![]() J' ai beaucoup aimé " l'absence de l' ogre ". Je suis une fidèle lectrice des aventures d' Ingrid et Lola, je me suis régalée, surtout avec Ingrid. C' est elle qui a la vedette et c' est vrai que le personnage prend du volume et c' est très sympa. C' est le polar idéal pour les vacances, frais, drôle et bien ficelé ! A lire en attendant le prochain Vargas !!!!!! De jojo, posté le 12.05.08 à 18:19 ![]() 1 povre livre
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