L'envers du paradis : quand Fitzgerald devient écrivain
![]() C'est justement l'histoire de cet Envers du Paradis que celle d'un double de l'auteur, jeune homme en pleine construction et à la recherche d'une figure de "père" pour exprimer sa vraie nature. En sus, Fitzgerald trouve bon d'inclure dans la trame du roman quelques poèmes (rappelons qu'il a vécu comme un flash/révélation sa découverte de la poésie anglaise) dont la qualité est pour le moins contestable. Malgré tout ça (l'envers du paradis raconte le parcours intellectuel, spirituel, littéraire, économique et sentimental d'un jeune étudiant posant à une "carrière", ses déceptions, ses enthousiasmes,...), l'Envers du Paradis connaît un grand succès commercial en ce début des années 20 (1919/1921) et devient emblématique d'une certaine idée du cool. Fitzgerald enchaînera assez vite sur The Beautiful and Damned, Gatsby le magnifique, Tendre est la Nuit (Tender is the night) avant de s'abîmer dans la picole, laissant son dernière roman et chef d'oeuvre inachevé (on reparlera du Dernier Nabab très bientôt). La lecture de l'Envers du Paradis reste salutaire si l'on veut comprendre pourquoi un mauvais livre peut devenir un grand livre. Si l'écriture est moyenne, si les techniques romanesques sont celles d'un auteur en apprentissage, l'Envers dégage une attitude, une classe, et une énergie désinvolte qui incarnent à la perfection l'instant historique où l'Amérique se réveille plus belle et libre que le monde entier. L'Envers du Paradis
Commentaires
De Claire, posté le 20.06.07 à 19:45
![]() Rooooh, z'êtes cruels avec Francis quand même, c'est un roman de jeunesse, donc forcément pas très abouti, et moi j'avais bien aimé... quand j'étais ado. Pas sûre que le bouquin supporterait une relecture d'ailleurs, hum. C'est dommage de ne pas évoquer l'abondante production de Fitzgerald en tant que nouvelliste, c'est quand même ça qui l'a fait vivre à une certaine époque de sa vie, et c'est tellement représentatif de sa carrière. On y trouve de pures daubes alimentaires comme de parfaits bijoux. Genre, "The Crack-up". Et plus encore que dans ses romans, on peut y mettre le doigt sur l'ambiguïté qui le caractérisait, entre débauche et aspiration à une certaine "morale" (à la Gide en fait). Si seulement il ne s'était pas mariée à une tarée. Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum livres :
|