Angoulême: le marché de la BD pas très discuté
Commentaires
De XaV, posté le 31.01.06 à 10:07
![]() Je tiens simplement à réagir à la petite pique "polémique = excès inverse ?" attachée au lien vers une analyse dont je suis l'auteur. Le but de cette analyse n'était pas de faire polémique, mais simplement de faire entendre un autre son de cloche que celui de ce rapport qui, parce qu'il est pratiquement le seul qui soit fait sur l'industrie de la bande dessinée, est largement diffusé et repris sans même l'ombre d'une remise en question. Or, j'ai essayé de le montrer, il y a des choses bien réductrices dans ce rapport, et surtout, un parti-pris de vouloir tout faire rentrer sous un seul concept simple -- ce qui mène à des conclusions fallacieuses, assorties qui plus est de déclarations préremptoires sans véritable fondement. Le véritable problème est que les média en général se sont fait l'écho de cette "mangalisation", depuis l'AFP qui en a fait une dépêche jusqu'au Monde reprenant le terme (ainsi qu'une bonne partie des conclusions de Gilles Ratier) dans l'un de ses articles. Enfin, il me semble que le rapport de Gilles Ratier était largement passé à côté d'une véritable analyse des raisons de la montée du manga, pour se concentrer sur un discours anxiogène -- "le péril jaune est de retour, c'est l'invasion !". Plutôt que d'essayer de voir en quoi les manga réussissent à séduire un public là où la bande dessinée franco-belge tire la langue : fidélisation du public avec des sorties plus fréquentes, offre plus diversifiée en matière de thèmes et de styles (avec notamment une offre destinée aux lectrices, très largement délaissées par les XIII, Largo Winch et autres trucs de mecs), atout prix ... C'est dommage, en effet, que l'identification d'un succès ne donne lieu qu'à des inquiétudes et des discours alarmistes, alors qu'il y aurait tout lieu d'y voir des raisons de se réjouir (de plus en plus de gens lisent de la bande dessinée au sens large) et d'y trouver des prémices de solutions pour redynamiser tout le secteur. De 2goldfish, posté le 31.01.06 à 13:48 ![]() Ma petite info-bulle (il y a donc bien des gens qui les lisent!) est présente pour une raison: certains chiffres (qui constituent une grosse partie de l'article) me semblent exploitées d'une manière aussi selective que dans le rapport de Gilles Ratier. Je ne propose pas d'en refaire une étude ici (les lecteurs ont les informations qu'il leur faut pour se faire leur propre avis) surtout que, sur le fond (et il me semble que le contenu de la notule est assez clair sur ce point) je suis d'accord avec vous. Les auteurs européens ot déja pris beaucoup de bonnes choses chez les japonais (et coréens), de même que certains éditeurs, et les journalistes sont aujourd'hui plutôt ouverts aux mangas, et vous pouvez nous compter dans ceux là. Merci en tout cas pour ce commentaire fort enrichissant. De XaV, posté le 31.01.06 à 14:08 ![]() Je pense qu'il faut garder à l'esprit que mon article était en réaction au rapport de Gilles Ratier -- et donc, effectivement, il y a eu une certaine sélection pour mettre en avant que les choses n'étaient pas "aussi terribles" qu'il les annonçaient. Je trouvais également étrange qu'il passât sous silence la montée des produits marketing (type Bigard), et j'espère que la partie moins chiffrée, par la suite, explicite un peu plus ma position. La montée des manga est indéniable, mais d'une part elle était déjà présente dès 2004, et d'autre part elle ne se fait pas au détriment de la bande dessinée franco-belge. Bref. C'est déjà beaucoup trop long, mais cela prouve au moins qu'il y avait matière à faire plus (ou mieux) que ce rapport mis en avant par tous les médias. De Laurent Turpin, posté le 01.02.06 à 08:35 ![]() D'entrée je dois dire que Gilles Ratier est mon ami. Pour éviter qu'on me reproche de le cacher. Xav a raison sur les données interpellantes d'un métier qui change, et qui sont toutes présentes dans le rapport de Gilles, n'en doutez pas : surproduction de titres, exposition de vie très limitéee, baisse du tirage moyen, inquiétude sur la vente du stock, etc. Mais ce que Gilles Ratier appelle la "Mangalisation" reste pourtant clairement le fait marquant de l'année dernière car il installe désormais de manière incontournable et irreversible un nouveau secteur éditorial dans le domaine de la bande dessinée (jusqu'à présent on parlait plutôt de "phénomène Manga"). A tel point que les ventes de Mangas ne sont plus, depuis le début 2006, comptabilisées par Livres-Hebdo avec celles des BD franco-belges mais bénéficient d'un classement spécifique. Le fait marquant ne doit évidemment pas faire oublier toutes les autres paramètres d'analyse du marché, certes. Mais ces données sur la surproduction étaient déjà exprimées dans les précédents rapports annuels de Gilles Ratier, pour l'ACBD, dont la publication a débuté en 2000. Les avez-vous lus, cher Xav ? J'en doute car vous auriez pu relativiser vos commentaires, qui auraient alors pu être considérés comme pertinents. Ce qu'ils ne peuvent être d'ailleurs être car discrédités par vos propos insultants concernant la xénophobie présumée - et sans fondement, je vous l'assure - de Gilles Ratier. J'étais à la conférence dont 2goldfish parle. Personne ne souhaite aujourd'hui parler rééllement de la mangalisation car l'inquiétude domine le secteur, et notamment les plus concernés par un éventuel retrounement de situation économique : les auteurs. Il est évident que ce seront eux (certains le sont malheureusement déjà) les plus touchés en cas de "crise". Mais, ne nous cachons pas, tous les phénomènes sont liés puisque les mangas ne sont pas des créations originales des éditeurs français mais de simples achats de droit : moins risqués et tout aussi rentables ! Parler donc de la croissance du secteur des bandes dessinées d'origine asiatique a donc valeur d'analyse si celle ci semble se faire au détriment de la création francophone. Il n'est plus question de "péril jaune". Tout en reconnaissant (il faudrait être aveugle) l'intérêt artistique des oeuvres japonaises ou coréénnes, il faut forcément s'interroger (je n'ai pas dit condamner, hein !) sur la cannibalisation éventuelle de celles ci sur les autres secteurs de la bande dessinée. Ce seuil ne semble pas franchi aujourd'hui mais où se situe la limite ? Voilà un des sens, je crois, parmi d'autres, de l'étude annuelle de Gilles Ratier et de l'intérêt -fort peu discuté je vous l'accorde, cher 2goldfish, de la Mangalisation. De XaV, posté le 01.02.06 à 17:28 ![]() Laurent, Déjà, je tiens à préciser que je n'ai nullement fait des accusations racistes à l'égard de Gilles Ratier -- j'ai d'ailleurs fait très attention de ne pas aller sur ce terrain, mais je trouve que l'ensemble de son rapport, en agitant le spectre de l'"invasion", donnait l'impression d'un discours manga-phobe. J'ai également lu les autres rapports, et je reviens encore sur ma critique principale liée à ce rapport 2005 : stigmatiser une année suivant un seul angle, simpliste et accrocheur, et qui plus est assorti de petites piques à l'égard du manga qualifié entre les lignes de sous-bd et de sous-littérature. Et encore une fois, j'attends de voir la preuve (avec des études consommateurs dont on donnerait les sources, avec des chiffres à l'appui) que le manga vient prendre du marché à la bande dessinée franco-belge. S'interroger, oui. Mais je n'ai rien vu dans le rapport de Gilles Ratier qui me permette d'affirmer qu'il y a cannibalisation. Enfin, sur un plan purement méthodologique (puisqu'il s'agit ici d'analyse), j'ai déjà indiqué en quoi ce rapport ne me plait pas, en quoi l'analyse purement comptable du nombre de référence et l'approche qui ne considère que les tirages n'est pas satisfaisante. Ajouter un commentaire |
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