Dans l'enfer de Dante(c)
Plus flippant et convaincant que jamais, Maurice Dantec abuse un peu trop de la macro-idéologie pour affiner son analyse. Il fallait bien deux papiers à Benjamin Berton pour en venir à bout. Il y est parvenu : Lire sur le mag - l'enfer de Dante(c) partie 1 On allait oublier : Bon anniversaire Maurice !!
Commentaires
De pradoc, posté le 13.06.07 à 18:15
![]() Bon anniversaire Maurice ! C'est la fin du monde ! Mais dites-moi, toutes ces thèses ne finissent-elles pas par signifier que Dantec a définitvement accompli son virage à droite et qu'il se rapproche désormais à la vitesse d'un missile de gens comme Alain Soral et autres exaltés ayant refusé d'abdiquer leur adolescence ? Il y a là comme un début de fanatisme, de noyau de grands névrosés qui veulent organiser la panique. Enfin, je veux dire, doit-on encore au nom du talent considérer que se tromper est insuffisant et qu'il faut en plus le dire à gorge déployée pour que cela puisse passer pour du génie ? Ne pas s'excuser de ses erreurs est souvent le seul moyen que trouvent ceux qui ne veulent pas s'amender et qu'une confiance aveugle en eux-mêmes a perverti. Non ? Bon, ensuite, je veux bien qu'on s'en tienne à dire que ce n'est que de la littérature, qu'il ne faut pas rester dans le premier degré, qu'il faut sentir le rythme, la pulsation des phrases et oublier le sens, le côté millénariste et prophète blouson noir, mais voyez-vous je n'y arrive pas. Allez Maurice, fais de la SF et oublie le monde, tu l'interprètes avec des oeillères et tu n'es pas l'ombre d'un visionnaire comme Artaud. De Maxence, posté le 13.06.07 à 18:17 ![]() 2 excellents papiers analytiques ! De Maxence, posté le 13.06.07 à 18:22 ![]() Ce délire de dantec sur "la grande guerre" quelle connerie, on se croirait dans les 50's... ceci dit son éducation contre-culturelle vient de là, des 50's et des 60's, dantec c'est avant tout un rejeton copieur de tout ce que le culture psychédélique à pondu de parano et un petit garçon terrorisé (et fasciné) par la "grande menace" de l'époque... De pradoc, posté le 13.06.07 à 18:44 ![]() En fait, je me demande parfois s'il est pas resté scotché sur une sorte de bad trip à l'acide. D'où le côté hallucinatoire et en flash de sa pensée. Mais je crois plutôt qu'il se drogue au christianisme millénariste. De vento, posté le 14.06.07 à 10:00 ![]() Mmh, je trouve étrange la phrase d'introduction de la seconde partie: "Pour ma part, je ne vois que 2 objections à lui opposer et ne suis pas sûr qu’elles soient consistantes". Peut-être faut-il mettre cette prudence sur le compte d'un respect un peu trop grand pour Dantec, alors que les arguments qui sont alignés par la suite sonnent malgré tout comme un réquisitoire. De Philippe, posté le 14.06.07 à 11:29 ![]() Très bonne synthèse de Berton... De Lolla, posté le 14.06.07 à 12:11 ![]() A pradoc : contrairement à Soral qui se pisse dessus, je trouve que jusqu'à présent Dantec a su garder un peu de dignité. Sans doute parce qu'il est moins vulgaire, et parce qu'entre catho et délire facho, je choisis le premier (choix par défaut, certes...). De Lolla, posté le 14.06.07 à 12:13 ![]() Je voulais écrire "délire catho". De M, posté le 14.06.07 à 13:44 ![]() Ces deux chroniques de Berton me laissent perplexe. T'es pas un peu... contrarié avec Dantec ? Toujours cette fascination pour son style : On a dit tout le bien qu’on pensait de Dantec le romancier et de son style, en nette amélioration, à propos de Grande Jonction, le meilleur livre de l’année 2006. Et puis là, les idées de Dantec sont-elles en phase avec les idées à Berton ? J'en doute fortement. Alors, pourquoi se montrer aussi fair-play avec l'écrivain, aussi prudent, comme le dit si bien Vento. Berton est à des années lumières de la virulence dont il est capable ce qui traduit à mes yeux son loyalisme envers cet auteur admiré et respecté. Le mérite-t-il vraiment ? Berton l'a dit : C'est à prendre ou à laisser, on aime ou on n'aime pas. Je fais partie de ceux qui n'aiment pas. Je lis Dantec et je me dis : Il nous nargue !!! Si en plus, il se lance dans une "guerre sainte"... C'est très malsain ! BenJ, est-ce que oui ou non, son roman te choque ? De sigismund, posté le 14.06.07 à 14:22 ![]() M'en fiche... je ne lis pas un type qui recopie presque mot à mot des passages d'un livre sur les serial killers de Stephane Bourgouin ( voir les racines du mal ) et qui d'ailleurs croit etre le seul à avoir lu des livres et se fait fort de nous apprendre des choses... De Thomz, posté le 14.06.07 à 15:47 ![]() @ M : que veux tu dire quand tu écris "Je lis Dantec et je me dis : il nous nargue". Deuxième question : en quoi est-ce "malsain" de se lancer dans une guerre sainte ? Le terme à mon avis pose problème, à moins que tu aies toi même les idées embrouillées ou que tu aies au contraire une certaine idée erronée de la vertu en littérature... Enfin, on peut parfaitement admirer un écrivain dont les idées sont parfaitement contraires aux siennes. Il n'est pas question de cohérence intellectuelle dans le fait de ne lire que des auteurs correspondant à ses opinions politiques. Tout simplement parce que Dantec ne se limite en aucune façon à tout ça, et que ne pas le lire sous de futiles prétextes comme ceux-ci, c'est de la bêtise, et dénier la valeur de l'analyse de Berton sur ces propos c'est encore pire. De Maxence, posté le 14.06.07 à 15:51 ![]() Même avec trop d'emphase, c'est clair Dantec romancier mérite une majuscule, alors que dantec "essayiste" non ! De Montsé, posté le 14.06.07 à 22:10 ![]() @Thomz. Avant tout, je n'ai pas dénié la valeur de l'analyse de Berton il me semble. Je la trouve excellent au contraire : Il effectue un topo rapide sur le style caractéristique de Dantec qui possède les moyens littéraires de ses ambitions ; Il nous présente American Black Box comme un ouvrage qui tend vers l'essai -Dantec porte une vision radicale et parfaitement documentée à laquelle on adhère ou pas) ; il nous offre un résumé concis et pour finir, Berton nous démontre à travers des auteurs comme Vollmann la fallibilité des théories hallucinées de l'auteur. Je suis d'accord, on peut admirer un écrivain dont les idées sont contraires aux notres, mais jusqu'à un certain point. A un moment donné ça doit être gênant non ? Une chose est de vouloir explorer tous les horizons idéologiques, autre chose est d'apprécier la forme chez un écrivain et de tiquer sur le fond. Depuis le temps que je lis les notules de Myosotis, j'ai du mal à croire qu'il puisse être d'accord avec les idées apparaissant dans le théatre des opérations. En principe, cela ne doit pas avoir d'importance. C'est simplement que je m'interroge sur le rapport écrivain/critique. Berton sait se montrer incisif, dur lorsqu'il estime que quelque chose cloche et je me demande s'il ne met pas des gants avec ce roman parce qu'il s'agit de Dantec. Quant au terme "malaise" qui semble te... chagriner, je rejoins pradoc. Il y a là comme un début de fanatisme, de noyau de grands névrosés qui veulent organiser la panique. Une guerre sainte à vision apocalyptique je trouve ça gros. C'est peut-être parce qu'il s'agit d'une menace qui plane réellement. Ca me dérange, d'où le malaise. Il ne faut pas se cacher derrière la littérature ; quelque soit la forme d'un écrit, il communique des idées. Et pour finir, "Je lis Dantec et je me dis : il nous nargue". J'aurai du mal à expliquer. Il se moque de nous avec sa prose amphatique et répétitive, nous sommes aveugles et ne comprenons rien ! OK, c'est tiré par les cheveux. Bon, eh bien disons simplement qu'il me soûle... De Erin, posté le 18.06.07 à 09:45 ![]() J'parie que Dantec il vote pour Philippe de Villiers... Vive le MPF !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! De Montsé, posté le 24.06.07 à 23:19 ![]() @Myosotis. J’ai conscience du goût (critique) que tu as pour Dantec, ce qu’il raconte et comment il le raconte. (Voir http://livres.fluctuat.net/blog/17561-dans-l-039-enfer-de-dante-c-.html#commentaires). Je reconnais que ce qu’il écrit a un intérêt thématique et même lyrique -pour peu que le lyrisme soit considéré comme l’inspiration poétique essentiellement fondée sur l’exaltation des sentiments de l’artiste-. Personnellement, je n’ai pas l’occasion de "jouir" de l’aspect western de ses romans : la fascination des armes, la violence d’homme à homme, la bravoure dans le sacrifice, le rock à guitares, etc. car je me heurte à ses tics d’écriture comme tu les appelles si bien. Je ne suis pas capable de franchir ce stade. Quand je lis Dantec, je me fais l’effet d’un ivrogne. Je bute sur les phrases, vois double, fais machine arrière, chancèle sur les sens… et finis par m’endormir assommée par les vagues incessantes de ses formules qui pénètrent mon corps aussi brutalement qu’une lampée de whisky ! Hé, hé, ça fait pas cliché ça ? Mais tu as raison, c’est un truc pour mecs ça ! Non ? Pourtant, pourtant… Je pense à Burroughs qui n’a pas spécialement une approche féminine. J’avouerai que la facilité avec laquelle il parle de pines, de cul, de baise, etc, quelques fois me perturbe. Ce doit être dû à mon grand âge car les jeunes femmes d’aujourd’hui vous font concurrence, messieurs ! En réalité, je franchis le stade –cette forme de blocage qu’on peut faire sur un style, une approche, une idée, que sais-je- avec beaucoup de facilité. C’est assez curieux ! PS : Mais toi, Myosotis, tu as aimé oui ou non... bordel ?!!! De Amiral, posté le 25.06.07 à 17:20 ![]() Froid dans le dos? Tu peux le dire, ça déchire Ajouter un commentaire |
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