James Crumley : Lourde auto-critique d'un géant du polar US
Bien sûr, la pulsion de mort habite tous ses romans depuis le début mais dans Folie Douce l'autocritique et la noirceur atteint un point telle que l'auteur va jusqu'à s'en prendre à lui-même et à son œuvre avec une férocité inaccoutumée. Ici, Shugrue devra encore une fois affronter les noirs démons du secret et de la névrose, et se frotter au pire enemi d'un homme : son meilleur ami. Une course sauvage pour le privé à la petite semaine, plus tout jeune et passablement éprouvé par la vie (voir, les Serpents de la frontière), avec qui l'auteur n'est pas tendre pour autant. Difficile en effet de ne pas faire le parallèle entre ses polars plein d'une psychologie brut de décoffrage, mêlant philosophie Nietzschéenne et mythe de l'ouest sauvage où tout se règle encore à coup de revolver, et le portrait sans concession du psychiatre manipulateur de Folie Douce. A la manière du Krummel (Notez la quasi homonymie) de Un pour marquer la cadence son premier roman, un recit post-viêt-nam, les situations vécues par les personnages de Crumley font souvent l'objet d'exutoires sado-masochistes et sanglants, expression du mal être et de la culpabilité porté par l'auteur depuis le viêt-nam. Une période évoquée au fil des pages, mais dont l'auteur ne dit rien ou presque, hormis dans le premier roman suscité. Hélas, et tant mieux, avec Folie Douce Crumley rate sa cible, en l'occurence lui-même, puisque c'est la tendresse et l'émotion qui prédomine chez le lecteur à la lecture de ce portrait à charge. De fait, peu d'auteurs sont capable d'une telle honnêteté, malheureusement, cet exercice purificatoire ne semble pas avoir moralement réussi au principal intéressé dont on attend pourtant les romans avec toujours autant d'impatience. Go on James ! James Crumley - Folie Douce (Folio Policier) Commentaires
De Maxence, posté le 11.06.07 à 09:14
![]() Alors, personne pour faire un commentaire sur le vieux James. The old' bulldog... Un écrivain du Montana dont Jim Harrisson et Thomas McGuane n'hésitent pas à dire (en privé, ils ont leur honneur) qu'il est certainement l'un des meilleurs de leur génération, avec le talent le plus naturel. Un type édité chez 10/18 et à Gallimard la Noire (mythique) avant d'être repris par Folio. Un mec capable de vous décrire les grands espace, la californie, le Montana et le Texas, leurs moeurs, leur bouffe, leurs déviances et leurs valeurs avec le même talent et la même précision qu'il cite Dostoievski ou les milles et une manière de charger un Glock ou un Air Wreigt .38 special... De M, posté le 11.06.07 à 13:03 ![]() Un mec capable de vous décrire les grands espace, la californie, le Montana et le Texas, leurs moeurs, leur bouffe, leurs déviances et leurs valeurs avec le même talent... J'ai toujours eu envie de visiter le coin. Pour ceux qui ne bougent pas beaucoup, heureusement qu'il y a les les romans ! De mamba, posté le 08.09.07 à 18:06 ![]() Un auteur dont l'un des personnages est un bouledogue alcoolique, qui siphonne de la bière dans des cendriers, ne peut être qu'à découvrir! De ubik, posté le 13.09.07 à 20:27 ![]() Rien à ajouter. Crumley c'est jubilatoire. De Olivier, posté le 19.09.08 à 09:58 ![]() Il est décédé avant-hier, le salaud De Soulman, posté le 19.09.08 à 11:04 ![]() Faut espérer qu'il y a un bar au paradis... De Maxence, posté le 19.09.08 à 14:44 ![]() Putain c'est pas vrai !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Je suis au Scopitone et vous m'apprenez ça en plein festival... Merde !!! Merde !!! MERDE !!!! Putain, plombé la journée, plombée, j'adorais (j'adore cet auteur, il nous laisse avec trop peu de livres...) De MAXOU37, posté le 26.09.08 à 15:42 ![]() Le plus grand écrivain américain contemporain (avec Harrison) vient de s'éteindre : j'attendais tellement un nouveau roman de sa part. Inoubliable James !
De bou9a de 2/6, posté le 04.02.09 à 17:44 ![]() c'est tres tres jolles
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