Le problème (hautement littéraire) du store vénitien au petit matinPosté par Myosotis le 18.05.07 à 16:53 | tags : elucubration
"Le soleil illuminait une arabesque de poussières en suspension. Les yeux entrouverts, Absinthe savourait ce spectacle qui, loin de lui rappeler le caractère à jamais inachevé des travaux ménagers, ranimait l'émerveillement de son enfance. Les rayons fusaient des persiennes comme autant de fragments du Paradis."
Cette description, sous une forme ou une autre, je l'ai rencontrée des milliers de fois, chez des auteurs anonymes qui me remettaient un manuscrit, chez des amis qui s'essayaient à l'écriture ou chez des écrivains chevronnés comme Marc Lévy qui se fend d'une telle scène particulièrement grotesque dans son avant dernier ouvrage. D'une certaine façon, il semble que cette situation (le store, le soleil) soit tout simplement l'allégorie la plus évidente et la plus instantanée du travail de l'écrivain : un homme (moi qui écrit et lit), une lumière (la lumière solaire de mon imagination) et un filtre qui laisse passer la beauté (moi qui écrit et le store à lames). Dans ce store à lames et ce parquet ensoleillé, il faut voir l'espoir du jeune auteur et l'abnégation qui va suivre : celle de terminer son histoire, d'en venir à bout, celle d'essayer de poser au beau, au vrai, à l'intense. Le store ensoleillé est une image-cliché qui s'apprécie autant en littérature qu'au cinéma. On peut et on doit, en qualité de lecteur, faire preuve de la pire cruauté envers quelqu'un qui vous engagerait dans une de ces horribles scènes de store mais ne pas oublier qu'il y a dans ces quelques lignes un authentique suicide créatif, aussi touchant et violent qu'un hara-kiri. Cette seule perspective inspire le respect, la compassion, en plus du mépris. Evidemment, l'absence de scène de store ne ferait pas pour autant d'un écrivain un bon écrivain. Commentaires
De Lolla, posté le 18.05.07 à 17:24
![]() Tu n'arrêtes pas aujourd'hui Myosotis ; ) Le post sur Fillon Dorian Gray n'apparaît plus dans le blog politique. C'est voulu ou c'est un bug ? J'ai pas eu le temps de le lire sacrebleu. De Thomz, posté le 18.05.07 à 18:35 ![]() Dans ces cas là, il suffit de ne pas lire. Je sais quand on est critique, ça la fout mal. J'aime bien l'idée de pouvoir sélectionner ce que je vais lire. Infinie liberté. Généralement si je feuillette un roman qui commene comme ça je peux être sûr qu'il ne finira pas dans mon escarcelle. De Lolla, posté le 18.05.07 à 18:54 ![]() Thomz, tu veux dire que les critiques ne sélectionnent pas ce qu'ils lisent ? Ca me paraît étrange, avec tout ce qu'ils reçoivent, comment opèrent-ils cette sélection ? Je suis sans doute naîve, merci de m'éclairer : ) De Thomz, posté le 18.05.07 à 19:00 ![]() Ce n'est pas ce que je voulais dire. Quand un livre ne me plait pas, plutôt que dans poursuivre la pénible lecture, je l'arrête. Tomber sur un mauvais bouquin est une chose. Devoir en faire une critique alors que la lecture a déjà été une épreuve en soit en est une autre. Après effectivement je ne sais pas comment ils fonctionnent à fluctuat...Par exemple, un bouquin qui s'appelle Eden Sur Seine et qui commence comme Myoso l'a indiqué, il aurait bien fallu une force supérieure pour me le faire lire en entier. Peut être qu'un stagiaire a bien fait son boulot et que la quatrième donne envie... De mouais, posté le 20.05.07 à 22:22 ![]() Cette critique aussi je l'ai lue des milliers de fois et certaines étaient bien plus cassantes et bien plus fines. Que se soit le mauvais écrivain ou le mauvais critique la seule chose qui transparait c'est l'intention. De Bof, posté le 21.05.07 à 09:00 ![]() C'est ça quand on cherche le style à tout prix, non ? De Bof, posté le 21.05.07 à 11:04 ![]() C'esc comme au bout du rouleau et de l'allée des surgelés ? En comparaison le store vénitien au petit matin s'en sort pas trop mal ! De Maxence, posté le 21.05.07 à 19:21 ![]() Un roman qui commence par une scène sous la pluie est également un bon indice de médiocrité. "Il était 14 heures et la pluie n'arrêtait pas de tomber depuis le début de la matinée..." etc. ce genre De greg, posté le 21.05.07 à 20:27 ![]() moi et ma culture littéraire on ferait peut être mieux de se la fermer mais un bouquin qui commence par une appréciation vaguement météorologique (le soleil pointait..., une pluie fine me transperçait le corps..., des nuages menacant arrivaient de l'ouest...) ou une évocation poussive du temps qui s'écoule et nous mène tous vers la mort (il était 9h et..., cela faisait 2 jours que.., depuis hier je...) est forcément mauvais, ou à défaut aussi chiant à lire que mon commentaire (en effet je l'ai relu pour juger de l'effort syntaxique à entreprendre et je me suis trouvé ennuyeux à lire). merde à la littérature pompeuse des bas fonds crasseux de caniveaux engorgés (est-ce assez lourd et inutilement complexo-pejoratif ??) De Maxence, posté le 22.05.07 à 11:27 ![]() Non, non, c'est très bien Greg. Exprime ce que tu as sur le coeur. As-tu été battu, moqué ou brimé par tes petits camarades quand tu étais enfant ? ; ) De greg, posté le 22.05.07 à 12:27 ![]() Non, je me brimais et moquais tout seul... que veux tu, j'ai redoublé ma 1ère scientif parce que j'étais nul en math et en physique, j'ai refusé de me réorienter en littéraire pour le prestige de l'option math au bac, et je m'en bouffe les doigts !! je suis un écriveur frustré, voilà tout, alors je laisse des commentaires façon "désabusé" sur les posts sympas des (vrais) écriveurs inspirés... pathétique... De Zgeg, posté le 22.05.07 à 13:08 ![]() Yeeeeeeees, sir !!!!!!!!!!!!! ![]() De vento, posté le 22.05.07 à 15:33 ![]() Dans le genre cliché, il y a aussi la fin où le héros s'en va voir la mer. De Maxence, posté le 23.05.07 à 19:06 ![]() Et ses larmes salées se mêlent à l'eau de mer qui l'est aussi... (Celle là elle est vraiment conne, j'en suis très fier !) De Montsé, posté le 23.05.07 à 20:46 ![]() Moi j'ai soupé des son visge taillé à la serpe... dans le granit, dans le marbre... Je ne sais pas, ça doit être le top de la virilité. Et je ne dirai pas dans quoi j'ai lu ça...De Lolla, posté le 23.05.07 à 21:57 ![]() The end : Il s'en alla dans le vent, les cheveux lui fouettant le visage, ébloui par la puissance pure de la mer. Il était libre. Plus conne que la tienne Maxence ! Qui dit mieux ? (au hasard, greg ou vento, plouf plouf). De Montsé, posté le 23.05.07 à 22:03 ![]() Tu as cité les meilleurs dans le genre... ![]() De Lolla, posté le 23.05.07 à 22:24 ![]() Elle partit sans un mot. Elle ne voulait pas laisser de la place au remord. Elle assumait. Fière. De Lolla, posté le 24.05.07 à 03:39 ![]() Elle partit sans un mot. Elle ne voulait pas laisser de place au remord. Elle assumait. Fière. De greg, posté le 24.05.07 à 09:40 ![]() M'enfin Lolla, quelle familiarité !! tu devrais savoir que je ne sais pas lire, alors te balancer une "silly end" comme ça, de butte-en-blanc, j'en suis bien incapable... (d'autant que tous mes bouquins sans intérêt sont au grenier) De Lolla, posté le 24.05.07 à 09:58 ![]() Tu le peux, greg, tu le peux... ; ) De Maxence, posté le 24.05.07 à 13:36 ![]() Montsé j'aime bien le "taillé à la serpe dans le marbre..." glups, c'est un titan le tailleur hein, tallé dans du marbre (ou du granite) avec une serpe... Il doit changer souvent de serpe (tous les deux coups je pense) De Montsé, posté le 24.05.07 à 21:41 ![]() Tu es affreux l'ami. Je citais 3 propositions : le visage taillé à la serpe, le visage taillé dans le granit, le visage taillé dans le... quoi déjà ? Ah oui, dans le marbre ! Quelque chose qui inspire la dureté, la virilité -forcément-... pas une bonne bouille ! Est-ce que je l'ai bien affutée celle-là ? Si je peux me permettre de revenir à des sujets plus sérieux. Comment ne pas tomber dans la cliché ? Lire, lire, lire, lire, lire... de tout. Et pas forcément des bons auteurs. Si ceux-ci nous guident vers une écriture de qualité, les autres -les mauvais- nous montrent , à force de rabâcher leurs clichés, comment il ne faut surtout pas écrire. Bon, malgré tout, je pense que l'écriture est un don qu'on possède ou qu'on ne possède pas, comme tout ce qui est de nature artistique. On apprend, on travaille, beaucoup, mais si on ne possède pas ce don... C'est chiant !!!!!!!!!!!! De greg, posté le 24.05.07 à 22:43 ![]() Tout a fait !! voila pourquoi je m'abstiens d'alleurs en général de commenter sur mille-feuilles... sur SLG, ça passe tranquille le manque de style, puisqu'il n'y a ques des vicieux obsédés sexuels, et des fois y'a aussi Maxence ;-) De Lolla, posté le 24.05.07 à 23:41 ![]() Bah, faut pas être complexé comme ça greg... De vento, posté le 25.05.07 à 10:06 ![]() Il marchait le long de la plage, le visage noyé par le soleil couchant. Un enfant construisait un chateau de sable, malgré les vagues qui le grignotaient. "La vie continue" se dit-il, en souriant à l'enfant qui le regardait naïvement. La vie continue... Version trash: Il marchait le long de la plage, le visage noyé par le soleil couchant. Un enfant construisait un chateau de sable, malgré les vagues qui le grignotaient. Il bondit sur le chateau et le détruisit à coup de pieds; l'enfant se mit à pleurer, et Patrick, froidement, l'étrangla. "Putain, ça recommence" se dit-il. Ca recommençait. De Caballer, posté le 25.05.07 à 10:15 ![]() @Vento : Tu devrais faire dans la philosophie profonde, tu as toutes tes chances... ![]() De greg, posté le 25.05.07 à 11:23 ![]() Merci psycho-vento, exactement ce que je me refuse de faire ici même : mais quand tu annonces "version trash" je pensais que Patrick allait sodomiser le petit garçon avant (ou après) l'avoir étranglé (ou détruit le chateau)... De Lolla, posté le 25.05.07 à 11:42 ![]() En fait, il l'égorge avec un couteau de cantine pas aïguisé. Pour que ça dure plus longtemps. De Police des moeurs, posté le 25.05.07 à 11:43 ![]() Attention Greg, tu vas te faire pincer pour pédophilie... et ça mène loin, tu sais. Et tu n'as pas droit à un clin d'oeil. De Lolla, posté le 25.05.07 à 11:49 ![]() Il a aussi violé sa mère et sa soeur, et tué le chien après l'avoir sauvagement castré. Crypto : chien. De vento, posté le 25.05.07 à 11:53 ![]() Si je peux me permettre: alors que le gosse se débat dans les vagues, Patrick trouve dans le sable un couvercle de boite de conserve rouillée avec lequel, effectivement, il l'égorge -- comme ça, ça dure plus longtemps, et puis psychologiquement, c'est plus terrible :-) -- on imaginera que le type se coupe également, ça fait encore plus psychopathe qui a "même pas mal"; et il se lave les mains dans l'eau salée de la mer. Ou alors, le gosse que Patrick égorge, lui dit: "même pas mal!" et Patrick reconnait son fils et dans un flash psychotique, retrouve la raison pour laquelle il était venu ici, sur cette plage de Perpignan: il était venu retrouver son fils qu'il avait abandonné, et père et fils sont ensemble maintenant. Ca serait le numéro 0 d'une série racontant les péripéties d'un fils et d'un père tueurs en série qui sillonnent la France à la recherche de leur femme et mère. Le tout avec un inspecteur a leur trousse et des accouplements hors nature -- De Lolla, posté le 25.05.07 à 12:01 ![]() Qu'advient-il du chien Vento ? De vento, posté le 25.05.07 à 12:06 ![]() Accouplements contre nature. De Lolla, posté le 25.05.07 à 12:09 ![]() Ouch ! De Commentateur anonyme, posté le 25.05.07 à 12:13 ![]() Le numéro de mon psy : 02 99 52 36 43. Il soigne aussi les criminel psychotiques en phase terminale : D De vento, posté le 25.05.07 à 12:13 ![]() Les chiens, ça fait plutôt 'ouaf-ouaf' :-) Je crois qu'on s'est un peu écarté du sujet. De Lolla, posté le 25.05.07 à 12:17 ![]() Ca peut le faire si il a de longs poils, sur la plage ventée dans le soleil couchant, esseulé, à la recherche de son maître. De Lolla, posté le 25.05.07 à 12:20 ![]() Ou alors il se transforme en loup garrou. Qui es-tu commentateur anonyme pour me poursuivre jusque sur ce blog ? De Tartuffe, posté le 25.05.07 à 12:41 ![]() Je ne te cherche pas, je te trouve en train de déblatérer -avec un peu d'aide- des trucs encore plus cons que les miens... De Atchum, posté le 25.05.07 à 17:47 ![]() A ne pas manquer.......................................... De Flem, posté le 01.06.07 à 16:00 ![]() Je suis allongé dans le canapé de la veranda. Je lis. Au-dessus de moi, la poussière vole mais je ne la vois qu'entrecoupée par les rayons du soleil que le store veut bien laisser filtrer.... Laisse tomber ! De greg, posté le 01.06.07 à 16:11 ![]() T'es démasqué Myoso (la veranda t'a trahit...) De phoebecaulfield, posté le 21.08.07 à 11:28 ![]() Monsieur ou madame Myosotis, qui en anglais se dit "forget me not", ce qui, comme vous semblez aimer le mot "allégorie", pourrait laisser deviner un profond besoin de reconnaissance au travers de votre pseudonyme... La critique est aisée, l'art est difficile, chacun voit midi à sa porte et paille dans l'oeil du voisin... etc etc... C'est votre interprétation, avec une verve façile,mais un tantinet paresseuse et conventionnelle , et tout à fait dictatoriale... On ne dit pas " les épinards, c'est pas bon "... on dit "je n'aime pas les épinards, d'autres les aiment " disaient ma grand mère et Victor Hugo. Votre critique fait penser à cette pub des années 80 pour un certain papier peint... J'ai des références à 97 cents, une syntaxe de blonde peroxydée (... ) et l orthographe de Titeuf certes mais j'ai déja les rieurs de mon coté,comme Socrate. Cette tisane a un gout de fenêtre...elle avait des yeux couleur menthalo parce que grenadine, ca fait lapin myxomatisé... ) tout l'art de l'écriture repose sur des références familères, ou déconcertantes, qui permettent au lecteur d'imaginer, d'être à son tour auteur... C'est d'ailleurs pourquoi les adaptations cinématographiques sont compliquées... Qui pour interpreter Nana? Emma Bovary, La Belle au Bois Dormant etc etc? L oeuvre de l'auteur, la part du lecteur... Les livres ne sont que des intentions, les lecteurs des inventeurs, ne vous arrêtez pas à l'exercice du commentaire composé de première littéraire,
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