Passionnante lecture que ces Lettres de William Burroughs publiées chez Christian Bourgois. Le lecteur un tant soit peu au fait de l'œuvre de cet écrivain extra-ordinaire (noter le tiret) y trouvera une foule d'explications, d'anecdotes et de faits marquants éclairant l'existence et l'œuvre d'un homme pour qui la vie était une fiction. Une fiction que seul un personnage comme Burroughs aurait pu vivre d'ailleurs. Au contraire de beaucoup de recueil de correspondances, la lecture de ses Lettres doit obligatoirement se faire dans l'ordre chronologique. Y apparait dans les premiers temps (les années 50) un individu plutôt anodin, même si doté de convictions et d'idées déjà hors-normes pour son époque.
C'est un fait établi, Burroughs fait ses premiers pas dans l'écriture par désoeuvrement, suite à l'éloignement d'un petit ami. C'est la genèse de Junky, puis de Queer. Il devient progressivement évident à travers ses lettres que Burroughs est happé par l'écriture et que c'est sa vie même, ses évènements, qui le conduiront à se voir comme un véritable écrivain. Du récit impersonnel et pourtant autobiographique de Junky, aux sketchs et "numéros" (ainsi que l'auteur qualifiait les fables déjantées à l'humour outrancier destinées à ses deux fidèles lecteurs, Jack Kerouac et Allen Ginsberg), le style devient de plus en plus halluciné et délirant. Les visions et les rêves prennent une place prédominante. Burroughs s'éloigne subtilement de la narration conventionnelle, annonçant le mythique et cathartique Festin Nu. La mort accidentelle de Joan Vollmer-Burroughs sa compagne, lors d'une soirée bien arrosée au cours duquel, armé d'un revolver il joue a Guillaume Tell et la tue, est évidemment l'un des facteurs déclenchant de son engagement dans l'écriture. Le lecteur constate ainsi l'impact de ce drame sur le style d'un écrivain qui est également (et c'est assez rare pour être noté) le principal protagoniste de ses histoires.
A travers ses lettres enfin, le lecteur suit les pérégrinations de Burroughs dans le monde entier. C'est à partir des années 50 en effet (1952 après un passage à Mexico en 1949, pour être exact), que l'écrivain quitte les Etats-Unis, qu'il ne supporte plus, pour le Mexique. Il parcourt ensuite l'Amérique du Sud à la recherche d'une drogue hallucinogène du nom de Yage (ou Yagé) puis se rend en Afrique du Nord et fini par s'installer à Tanger, au Maroc. On y lit ses déboires sentimentaux, son éternel conviction de décrocher un jour de se dépendance à l'héroïne et ses dérivés. L'importante place de la psychanalyse qui lui fera prendre conscience de sa sexualité (ou au contraire de son manque de goût pour celle-ci après des années d'orgie homosexuelle), sa brouille avec Kerouac, son amour indéfectible pour Allen Ginsberg et enfin son lent éloignement du mouvement et des ses idées. A Tanger, Burroughs rencontre Paul Bowles mais surtout Brion Gysin avec qui il est immédiatement en froid. Pourtant, durant son passage à Paris, c'est avec cet artiste suisse qu'il participera à la diffusion du concept phare qu'est le cut-up. En 1959, la boucle est bouclée, après toutes les années durant lesquelles Burroughs fait figure d'entité paternelle pour les principaux acteur de la beat generation, il tourne la page et entame une nouvelle étape de sa carrière, celle de la trilogie Nova, puis des romans Londonien (Les Garçons Sauvages, Exterminateur ! et Havre des Saints. La suite fait parti de l'histoire mais ce n'est plus celle de William S. Burroughs, c'est désormais celle de la littérature.
Il était une fois sur Flu : les chroniques de Les Garçons sauvages et Entre chats
Lettres de William S. Burroughs (Christian Bourgois)
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Et hop l'inconnue, ton commentaire est de ceux "qui me mettent le coeur à l'envers" (aussi). Encore un comment' venant de quelqu'un n'ayant pas lu le livre dont on parle ici (rassure toi, tu n'es pas la première). Entre "désoeuvrement" et "desespoir" il y a un continent hein... Regarde les définitions. Clairement dans ses Lettres Burroughs explique à Gisnberg qu'il s'ennui... pas qu'il est au desespoir (ça viendra après, paradoxalement quand il aura DEJA écrit Junky, comme quoi)
De plus dans les années 50 (1951, 52 surtout) Burroughs est un homme "d'action", il voyage, bouge, s'active (achète un ranch, le revend, plante des ectares de légumes, embauche des ouvriers, etc) il est pragmatique. Il écrit à Ginsberg après lui avoir envoyer son premier manuscrit : "vend le, essai de m'en ramener un peu de fric" ou encore "ça devrait pouvoir se vendre". Concrètement, il n'est pas encore écrivain, ni artiste à cette époque. Cela vient plus tard. C'est justement cette "métamorphose" à la Kafka qui est passionnante dans ses lettres...
Comme quoi, on ne peut pas toujours analyser (on ne peut JAMAIS analyser l'oeuvre d'un artiste à l'aune de ses propres sentiments... Le mythe de l'artiste maudit, désespéré, tout ça, pfffffffffffffffffff. Putain on est bien en France, hein.
Et bien moi j'ai lu ce livre et je peux vous assurer qu'il est à la hauteur de cette notule. C'est -à-dire excellent.
Je soupçonne Montsé d'agir sous le pseudo d'Inconnue (indice : le billet a été écrit par Maxence, son chouchou comme chacun sait
). Me trompé-je?
Maxence, t'as l'air énervé; est ce vraiment nécessaire ? (lol fallait qu'j'la fasse celle là !)
OK, Je comptais me manifester ce soir pour faire un peu le point. Pour moi, mille feuilles, c'est terminé. Du moins dans la journée. C'est vrai que j'ai pris la mouche avec la réaction de EW -j'ai beau creuser dans mes souvenirs, je ne vois pas où, quand, j'ai manqué de respect envers les idées d'une pesonne que je prétendais apprécier- Sinon, la raison de ce "départ" est toute autre. Je ne peux plus matériellement visiter Flu dans la journée. Dorénavant ce sera le soir, ce qui rendra difficile des conversations comme nous les avions -ça va beaucoup me manquer- mais je supçonne pas mal de monde de s'en féliciter -
yeeees!- Et si de plus vous commencez à voir Montsé dans la première inconnue qui passe... Alors là !!! Inutile de te demander Lolla de me remplacer, c'est bon c'est parti. Je pense que vous vous y retrouverez au change, la miss est drôle et se prend nettement moins au sérieux. N'est-ce pas ?
A part ça, j'adhère complètement à la suggestion de Lolla : A quand une kermesse organisée par Flu. Nous pourrions échanger des bouquins et manger des saucisses. Bref, se marrer !!!!!!!!!!! et surtout se connaître réellement. Sympa non ?
Bon, eh bien j'espère à ce soir.
PS : Oui, je te trouve aussi au brin... hargneux, non Mx ?
Plait-il ?
http://politique.fluctuat.net/blog/12137-dialogue-avec-l-039-ump.html
Je n'avais pas vu l'intervention d'Alfred. Merci à vous, ça fait plaisir !
Sinon en fait j'ai jamais compris le principe de lire les correspondaces d'auteurs, j'ai essayé celle de Capote, parue dernièrement, et je dois dire que l'ennui m'a fait lacher l'opus quelques moments après l'avoir attrapé...
Pourtant ce qu'en dit Maxcence me parait alléchant, faudrait peut être que je me mette à jour sur Burroughs avant histoire d'avoir une perspective plus intéressante que celle de pur voyeur ;)
Non, non Thomz, tu as entièrement raison, nous n'avons rien écrit sur Vonnegut alors qu'il est mort il y a peu. La raison est simple, je n'ai que deux mains. L'autre c'est qu'à ma graaaaaaande honte, je n'ai pas encorel u Vonnegut (Jeter, ouais, Burroughs presque tout, ouais, Gibson, aussi, bref dans le genre transgenre et sf beaucoup mais pas lui) Honte sur moi, je sais.
Abbatoir 5 est réédité en poche, c'est le moment ou jamais.
Mais je vais remédier today à ce manque de post sur Vonnegut sur Millefeuille, vous allez voir comment.
CF, tu fais bien, ces "Lettres" sont vraiment édifiante : ))
Eh Montsé, en plus de faire du boudin, tu ne vas nous faire une crise de jalousie aussi?
A ce soir peut-être.
Pure curiosité : Vous mettez combien tps à écrire un article ?
En tout cas, je constate une aisance certaine dans le maniement de la langue. Celle-ci est claire, efficace, sans lourdeurs et ornements superflus. Vous donnez vraiment envie d'acheter ses lettres de Burroughs.
20 minutes pour celle-ci... hé bien ! c'est tellement rare ces compliments que forcément, je vous dis "merci Aimé" ! : )
Pour revenir à nos moutons, qui a lu les "Essais" de ce cher Bill?
Crypto pomme. Un truc à se faire flinguer ça...
Il y a une anthologie à l'américaine chez Penguin, je crois qui s'appelle Word Virus. C'est comme ça qu'il revenait sur son écriture, une action anti-système... Il y a de la contamination chez Burroughs. Beaucoup de double langage (ah ! les préfaces de Junky et du Festin du Nu... Celle du festin nu est un chef d'oeuvre cyclique du genre "renonçant" dans la "renonce" qui ne "renonce" pas - cf première trad...)
Sinon elle est bien la trad ?
Quand est-ce que tu nous fais une nouvelle conversion du festin nu ?
J'ai envie d'ajouter: "N'est-ce pas M?"
Mais après NE VIENS PAS NOUS SAOULER si tu trouves que c'est trop... Burroughs.
Petite précision au passage : ça se lit très bien à jeun, pas besoin d'être défoncé pour l'apprécier.
Crypto : film. A voir aussi bien sûr (titre éponyme).
Montsé : il n'y a pas d'obligation à lire quoi que ce soit, jamais. On peut demander des conseils sur ce quon pourrait nous recommander de lire. A partir du moment où l'on considère que l'on doit enchainer les livres parce que des articles paraissent dessus, ça n'a pour moi aucun sens, sauf si 'lon considère qu'il s'agit d'un guide suggestif et non pas un impératif quelconque.
Bref, sache, avec CF parce qu'apparemment il a été faire un tour, que tout n'est pas gris (quand je maitriserai un peu plus 'linsertion d'objets multimedia ça ira un peu mieux)..enfin je ne vais pas tout dire.
Maxcence : ai fait un grand pas aujourd'hui , j'ai acheté l'autobio de Burroughs( Mon Education ) et suis plongé dedans..encore une longue nuit s'annonce.
Bon nuit en compagnie du vieux Bill !
http://www.youtube.com/watch?v=H9CwWpcwe78
En tout cas, je n'aurais pas aimé être la femme de Burroughs -avec "s" merci- Quant aux cafards, c'est rédhibitoire !!! C'est juste à cause d'un souvenir d'enfance : Mes parents, ma soeur et moi nous sommes allés à Calpé. En arrivant le soir, nous avons trouvé la maison grouillant de cafards énormes, aussi gros que des dattes. Pendant que la maison était "décafardisée", les lits changés, ma soeur et moi avons attendu plus d'une heure dans la voiture. Cette nuit là, je n'ai jamais pu dormir. Je les imaginais grimpant sur le lit pendant mon sommeil, se balladant sur mon corps et sur ma tête, rentrant dans ma bouche ouverte... Je n'avais pas besoin de drogues hallucinogènes pour imaginer l'horreur ; cette vision de dizaines de bestioles noires courant dans tous les sens, dans toute la maison m'avait suffit. Et je vous promets que ce n'est pas une blague ! VERIDIQUE ! Ca devrait me mettre dans le bain, non ? Bon, allez bonne nuit.... Pour moi ce n'est plus certain du tout !!!
vous verrez, un jour vous me remercierez (vous pouvez aussi confondre ça avec de la mégalomanie).
en tout cas, "mon éducation" est formidable, j'adore ce genre d'ouvrage que l'on peut prendre partout et où on veut...l'humour y est omniprésent, noir, cynique, mais bien là.
Faudrait faire un dossier sur les déglingués des lettres américaines : penser à y inclure Bukowski notamment...Pour le reste, faudrait y réfléchir plus longuement.
Sous-titré "Un livre des rêves" non d'ailleurs. Totalement onirique. Comme "Les garçons sauvages", sous-titré "un livre des morts" Burroughs utilisait beaucoup ses rêves.
Par contre les Lettres sont à lire dans l'ordre. Cela donne envie ensuite de relire ces 3 premiers romans (Junky, Queer et les Lettres du Yage) puis le Festin Nu, dans l'ordre aussi.
Burrouhgs était un grand fan de Conrad aussi. Au coeur des ténèbre était un de ses livres de chevet. Et ça se sent....
: D
Burrouhgs était un grand fan de Conrad aussi.
Quel homme de goût...
Quelle insulte de croire que je n'aime pas Conrad ; )
Montsé, le compte à rebours a commencé : J-14.
Avis a tous les internautes
après de multiples reflexions, la direction du site fluctuanet.fr a décidée de laisser a nouveau le choix a notre chère clientele et il il lui sera possible, tres prochainement de pouvoir accéder a un nouveau pannel plus large de forums aux programmations des plus variés puisque après concertation du team manager et moi meme : "Moderaman" (celui qui te calme quand tu t'enflammes), nous avons decidé de réouvrir l'espace "zoo" pour une durée qui demeure encore indeterminée mais qui je pense devrait ravir notre clientèle analphabète de plus en plus nombreuse sur le site et désireuse de se cultiver comme tout a chacun. mais pour ça bien sur me direz vous, faut il encore pouvoir aligner 2 mots succints et pourvus de sens profond, ce qui n'est pas toujours le cas vous en conviendrez mes chers amis de la blaguounette. le monde qui circule sur ce forum n'est pas forcement a la page du tout dernier language sms ou abregé (qui plus est recouvert d'un tissu d'insultes pour alimenter l'ignorance deja conséquente ), d'ou la creation d'un nouveau salon...ce salon en question donc, un peu a part, le " tripote moi le zboub, j'ai une neurone qui s'active" aura pour but, dans un premier temps d'avoir des vertus curatives pour notre population inculte ( souvent jeune ) et on peut le dire en quelque sorte "ingrate" de part son manque de diversité orthographique. l'exemple en est, l'homme ou la femme qui se fait appeller triple xxx (forum musical sujet " magalie Vaé? tout le monde s'en fout" ) sera tres prochainement soumis a une identification par codes lineaires article 234 du code penal qui dit que " toute utilisation d'un forum a titre culturel (comme notre site) ou comme tout autre forum virtuel, est soumis a une chartre qui demande le respect de l'integrité de la personne", ce qui n'est plus le cas dans un tel cas de figure vous en conviendrez. de plus, l'usurpation de pseudonymes, qui vous est propre dès le jour ou vous pénetrez ici, et vis a vis duquel vous devez assumer en tant que tel cet engagement qui commence par un respect profond des autres et de vous meme ( à l'occasion ), il en va de la responsabilité des propos que vous vous engagez a tenir ici, qui restent les votres avant toute chose. tout ça pour dire que ceci démontre donc a nos yeux un désengagement total de la personne pour ce qui est d'agir civiquement entre gens responsables. désormais la fete virtuelle est finie et il va falloir pour certains s'en tenir a cela sous peine d'etre éjecter sans aucun report et suivi des sanctions qui s'accompagneront avec. merci de votre compréhension mes chers compatriotes. Moderaman ( moderateur depuis 1882 )
A l'époque où Burroughs quitta les Etats Unis il n'écrivait pas encore ; était-ce l'artiste qui sommeillait en lui qui déjà "étouffait sous l'atmosphère" ? Il s'installa au Mexique entre juin et septembre 49 et on ne voit pas bien qu'est-ce qui a été l'élément déclancheur, si ce n'est peut-être qu'il s'était fait appréhender en posséssion de drogues et qu'il risquait un incarcération à Angola. En réalité le malaise est plus profond. Je ne sais pas si je me fais des idées, mais votre ami Burroughs m'a tout l'air d'un libéraliste convaincu. Un vrai de vrai. Je ne parle pas seulement de la morale libérale, c'est-à-dire lorsqu'il s'agit de laisser chacun libre de choisir ses propres fins, ses propres moyens et sa propre morale, dans la mesure où il n’empêche pas les autres d’en faire autant -il est évident que pour un homosexuel et toxicomane tel que lui qui n'aspirait qu'à vivre sa vi et ses penchant tranquillement, le puritanisme et l' hypocrisie des américains devait être insupportable- je parle aussi de libéralisme économique et politique. Et vous ne l'évoquez même pas ! Ts ts...
Si toutes mes récoltes se font à temps , je roulerai sur l'or à l'époque de la cueuillette du coton. La seule chose qui me préocupe est que le ............ gouvernement va mettre le grappin sur une énorme partie de ce que nous, les fils de la terre, faisons sortir de cette même terre. Ces conditions me dégoutent à tel point que je vais peut-être tout simplement quitter les Etats-Unis et déménager avec ma famille en Amérique du Sud ou en Afrique. Quelque part où un homme peut avoir quelque chose avec son argent et vivre dignement. (Ce n'est pas Nicolas qui essaye d'empêcher ce genre de choses. Ok, Ok, je ferma ma g... !) Visiblement, Burroughs voulait posséder des terres et que celles-ci lui raportent. Dans ses premières lettres il ne parle que de ça : ses tomates et ses carottes ! C'était même plutôt ennuyeux ! Donc il revendiquait le droit à la propriété.
J'ai déjà un problème de locataire. Deux tapettes insuportables vivent dans la maison au fond de ma nouvelle propriété et je découvre, à ma surprise et mon indignation, que je ne peux même pas les expulser sans retirer le logement du marché de la location. Je te le dis, nous sommes pris au piège de la pieuvre du socialisme bureaucratique. Il ne s'agit pas là de la paranoïa d'après guerre vis-à-vis du communisme qu'on connu les américains avec les délations, les arrestations et tout le tintouin. Burroughs détestait les syndicalistes et les progressiste qui l'empêchaient de mener ses affaires comme il l'entendait.
Janvier 1950, il écrit du Méxique : Maintenant que je suis ici, je ne suis pas sûr de rentrer un jour aux Etat-Unis. Je crains que le pays ne se dirige vers le socialisme, qui est synonyme bien sûr -bien sûr- d'une ingérence toujours croissante dans les affaires de chaque citoyen. Qu'est-il advenu du glorieux héritage de notre Frontière de s'occuper de ses affaires ? L'homme de la frontière n'est plus qu'un minable bureaucrate progressiste de mêlant de tout. Le mot progressiste désigne la plus diabolique tyrannie, une tyrannie pleurnicharde et pateline de bureaucrates, de travailleurs sociaux, de psychiatres et de représentants syndicaux. Bref, il ne supporte pas l'interventionnisme d'état. C'est très inéressant n'est-ce pas ?! Il raconte, je ne sais plus où, une histoire un peu abracadabrante de salaires minimas imposés par l'état qui ruinent les petites propriétaires comme lui. Pourtant, ces clandestins mexicains sont heureux de venir travailler pour une bouchée de pain. Une bouchée de pain ? Que neni, chez eux, au Mexique, cela fait beaucoup d'argent. En attendant ce sont toujours les mêmes qui s'enrichissent : les grosses banques qui récupèrent les terres des tous ces pauvres petits propriétaires dépossédés tandis que les progressistes sont dupes de croire qu'ils font le bien de la société ! Ah, si tout le monde voulait bien se mêler de ses oignons ? Ce n'est pas drôle tout ça ? Burroughs aurait-il été un trou'd-balle, Mx ? (Pardon pour l'expression, c'est Maxence qui l'a inventé ?)
Mais bon, les choses commencent à devenir sérieuses après 200 pages et le décès de sa femme -soit dit en passant, il ne donne pas l'impression, dans ses lettres, dêtre... comment dire ? Bouleversé ? par cet accident- En tout cas, il commence à devenir cru. C'est un autre round qui commence...
Ca y est, Burroughs arrive à Tanger. Un vrai misanthrope celui-là ! Mais quand même, ça vaut le coup de voyager ; ça donne des idées ! Le style de ses lettre a changé : nous sommes passé de la simple divulgation d'information genre "j'espère que la récolte des tomates et des carottes me rapporteront beaucoup d'argent" à la révélation d'impressions, d'idées sur un mode plus expressif et surtout bien plus... profond : J'ai une chambre dans le quartier le plus chic pour 50 cents par jour. On peut manger dans le quartier indigène pour 20 cents. Mais les garçons et le doux opium me mettent sur la paille. Tu peux avoir un garçon pour 1 dollar et même moins, mais l'auréomycine pro(phylactique) revient cher. Soit dit en passant mon cul recommence à fonctionner... (Il avait attrapé des hémorroïdes an Amérique du Sud). J'ai l'air de me moquer de Burroughs, mais en réalité cet espèce de vieux cochon me fascine... Enfin, c'est peut-être un peu exagéré. Tout juste !
PS : 3è lettre finie. Après "L'intention des mots", "La vapeur de la rébellion s'inverse-t-elle ?" Pas très sérieux comme réflexions... Fort amusant !
Je n'ai pas le droit à une petite réponse ? Bon...
Il a pas mal voyagé notre ami Burroughs. Mais, finalement, les meilleurs voyages qu'il aura fait sont ceux réalisés sous les effets de la drogue, d'après ses descriptions fort détaillées... Fascinant, surtout lorsqu'on sait que c'est la seule façon pour moi d'appréhender de telles expériences. Il semble avoir tout essayé. Comment il a fait pour tenir si longtemps ?
Hello M,
Les "numéros" ou "routines" (plutôt) sont les petits récits à l'humour parfois très noir, souvent douteux et outrancier, que Burroughs écrivait sous forme de court sketch (3/4 feuillets ou un peu plus) et qui finir par devenir pour certains parti prenante du "Festin Nu" et d'Interzone. A l'époque où Burroughs était encore dans une forme de "récit". Récit qu'il abandonne ensuite pour le cut-up.
Le cut-up est une manière expérimentale de composer des textes qu'il a pratiqué sous l'influence du peintre Suisse Brion Gysin (qu'il cite dans les lettres) rencontré à Tanger à la fin des années 50, même si alors, leurs relation n'était pas au beau fixe. Gysin lui-même tenait ça des surréalistes en fait. Le cut-up consistait à prélèver des fragments de texte découpé sur une source donnée (poème, extrait de journaux, essai, romans, publicités) et à les réarranger de manière aléatoire pour faire surgir un autre sens, un texte différent.
Pour Burroughs, le langage est l'outil de contrôle primordial. Il définit les normes et les interdits que nous intégrons dés notre enfance. C'est justement dans le but de défaire cette dictature du mot et du sens, que Burroughs et Gysin, expérimenteront le cut-up. Pour ces artistes, "le langage est un virus". Le cut-up est donc l'antidote ultime, l'outil de décontamination suprême. En brisant le sens commun il propose une autre vision de la réalité...
C'est bien ce que je pensais. Il s'est mis à en parler tout d'un coup et je n'étais pas certaine. Merci pour les précisions complémentaires qui ne manqueront pas de m'aider à comprendre le but de la manoeuvre avec ses cut-up. Pour l'instant, il se promène aus USA ; il court après Allen ! J'avance pas très vite. Tant de choses à faire...
Bon séjour si tu pars ! A dans une semaine... M
Mince, si je m'étais donnée la peine de relire la notule, j'aurais eu la réponse à ma question sur les numéros !
Je disais concernant Dantec que je n'étais pas capable de franchir l'obstacle de son écriture. Je parle d'obstacle ce qui dans la forme ou dans le fond me déplaît. Je semble faire une fixation sur son style et ne parviens pas à apprécier le reste.
Bon, bref ! Du coup, je me pose la question avec Burroughs. Sa personnalité même devrait me poser problème. Un libertaire attiré par tout ce que l'homme offre de plus noir ; il est vulgaire et s'y complaît ! Et pourtant, je le trouve extra-ordinaire (notez le tiret). Pourquoi ??? Ce qu'il écrit est très physique. Il écrit sur ce qu'il connaît le mieux : le corps sous toutes ses coutures et toutes ses facettes, celles du plaisir et de la douleur. Il met à profit son excellente maîtrise de la sémantique pour disséquer ses souffrances, les modeler et finalement les cracher. Il crache des phrases effroyables, émouvantes, hallucinantes avec ce que j'appelerai... une étonnante humilité. Ca peut paraître idiot ce que je dis, mais je vois en lui de l'humilité. Peut-être est-ce dû aux souffrances qu'il a endurées et dont il parle avec humour comme si cela n'avait pas d'importance ou peut-être est-ce dû à l'absence en lui de prétentions littéraires. J'entends par là qu'il ne s'attendait pas -quand il commence à écrire- à gagner beaucoup d'argent ni à devenir un écrivain célèbre. Il écrit au départ par désoeuvrement, il espère ensuite que ses papiers lui feront gagner tout juste de quoi vivre. Mais il se prend au jeu de l'écriture. Ca ressemble à une drogue. Encore une ! Chez Burroughs les drogues se substituent sans cesse les unes aux autres et je me demande si celle-ci ne sera pas l'ultime, la drogue suprême. Cette idée me plaît ! BURROUGHS me plaît car l'écriture sourd de chaque pore de sa peau, chaque goutte de son sang, chaque jet de son sperme...
Vola, voila ! Et moi, je me sens toute petite !!!
….Visiblement, il aurait fallu que je lise aussi les commentaires qui ont suivi… Mais bon, ce n’est pas plus mal. Je termine tout doucement les « Lettres » et je commente à chaud, en fonction de ce que je ressens. Mais où me mène ce fameux ressenti ? Je ne sais plus. Je sens de l’humilité chez Bill peut-être parce qu’il a souffert et que la souffrance rend souvent humble ; je sens qu’il n’écrit pas pour être aimé ou admiré mais parce que c’est un exutoire à sa révolte. La révolte du paria. Mon mépris pour les formes sociales frôle la psychose. On buvait avec des anglais très vieux-jeu sur leur yacht, quelqu’un a dit quelque chose à propos d’une personne qui jouait du trombone, et j’ai dit : « Du trombone ? Heureux homme » et j’étais plié de rire tellement je me trouvais drôle. Je peux t’assurer que ça n’a défrisé que moi. Maintenant quand ils me voient, j’entends un sauve qui peut et ils prennent la tangente, en pensant probablement : « Attention, voila la veille pédale maléfique ». Le p’tit Bill est provocant et vulgaire, et je le conçois comme la façon la plus basique d’exister ! « Entrez entrez trouducs et trouduchesses, et amenez tous vos petit trous, un spectacle pour les jeunes et les vieux, les belles et les bêtes, seul et unique au monde, le Fils de l’Homme vous guérira une vérole de gamin d’une seule main –par simple contact et il vous fabriquera de l’herbe à Marie de l’autre, le tout en marchant sur l’eau et en pissant du vin de l’année par le cul… Vous approchez pas trop, messieurs-mesdames, vous risqueriez d’être irradiés par l’intensité de l’artiste… » Bref, vous me direz peut-être que je me trompe et JE M’EN BALANCE !!! Mais bon, pour tomber juste, encore faut-il arriver à faire abstraction de soi, de sa propre personnalité, de ses propres sentiments… C’est pas gagné !
PS : Je termine. Il ne parle pas franchement des cut-up. Prochaine étape : "Le festin nu", c'est clair. Les lettres ne donnent pas la pleine mesure de son écriture. Seulement un aperçu. Je ne peux pas en rester là !
Tu ne le regretteras pas.
@ Lolla. Il n’y a pas eu de cafards dans les Lettres. Je l’avoue, ce sera un passage difficile lorsque je lirai "Festin Nu". Je ne souffre pas de phobie, mais d’un dégoût profond. L’année où j’ai vécu cette expérience limite traumatisante avec les cafards, je découvrais le film « Quand la Marabunta gronde » (The Nacked Jungle) réalisé en 1954 par Byron Haskin. Hou la la, toutes ces fourmis rouges qui dévoraient tout sur leur passage, beeeeeurk. Alors, tu vois, je n’aime pas trop les petites bebêtes qui grouillent –c’est une question de nombre et non pas de forme ou de couleur- Tiens ! On croirait que je parle de xénophobie…
Mais bon sang, pourquoi essayer de comprendre Burroughs ? Quel casse tête ! Pour bien faire, je devrais me contenter de lire, wouah, le vieux fou, pédéraste, toxicomane dégénéré… Stop, stop. Aucun intérêt. De toute façon, je n’ai rien contre les homos et compatis toxicos. Hé hé hé, je dois faire partie de cette population bien-pensante qu’il détestait tant. Pourtant, il m’aurait plu de le rencontrer. J’aurais aimé qu’il me regarde dans les yeux et j’aurais fait de même : planter mon regard tout droit dans le sien. Je suis certaine qu’il aurait rit. Il aurait lâché une plaisanterie parfaitement choquante et j’aurais tenu bon et peut-être même riposté. Le courant serait passé. Un courant fait de compréhension et de reconnaissance. J’aurais fait partie de ces quelques femmes, pas très nombreuses, pour qui il avait de l’estime...
Quoi ? Ce n’est qu’un rêve ?! Bon… Et si j’essayais de le projeter dans la réalité ? –selon une théorie de Burroughs à propos du pouvoir des rêves réels- « Mais, je crains, cher Bill, que celui-ci ne soit jamais à la hauteur ». Que se passerait-il par exemple, si dans un restaurant un type installé à une table voisine se mettait tout à coup à brailler : Al, je suis un putain de saint, je me suis fait baiser par le Saint-Esprit et mettre en cloque par le Wide Immaculé… je suis le troisième avènement, moi, et je ne suis pas sûr de pouvoir recommencer… Alors tiens-toi prêt pour l’Apocalypse… Je me retrouverais tétanisée. Le grossier personnage apparaîtrait dans mon champ de vision comme une silhouette indistincte traversée de rayons solaires par mon imagination. « Ne le regarde surtout pas, folle que tu es, il va te brûler les yeux, pire, il va te transformer en statue de sel, comme la femme de Lot… » Honte à toi, malotru !
Quien sabe… Je croise peut-être tous les jours des hommes et des femmes qui portent en eux la fibre Burroughs et je suis incapable de la reconnaître… Ben oui, il faut gratter un peu ! « T’as raison Bill, je vais rêver de toi, et dans ce rêve réel, je croiserai ton chemin ; tu ne seras pas forcément grand et élancé, camé ou même pédé, mais je retrouverai cette essence qui est la tienne ! »
A la prochaine Bill !!!
Peur des aspérités ? C'est peut-être un peu exagéré ! Mais il est vrai que je n'aime pas beaucoup la vulgarité. Je l'ai toujours combattu, mais j'avoue qu'aujourd'hui j'ai tendance à baisser les bras. Autant me battre contre des moulins à vent ! J'ai regardé une emission il y a quelques jours au sujet des jurons et comment ceux-ci ont évolués. On ne dit plus saperlipopette, mais putain merde fais chier !!! Le juron est le cri du coeur, l'exclamation qui claque dans une situation bien précise du genre le steak est en train de brûler. Ce que je regrette surtout, c'est que la vulgarité rentre dans le langage courant : les gens ne peuvent plus aligner deux phrases sans y ajouter un putain, bordel ou que sais-je encore. Je me demande ce qui restera aux jurons, comment allons nous exprimer une situation choc : se taper la tête contres les murs sans doute ! Bah ! Au moins ça remettra les idées en place aux adeptes de la grossièreté !
Pour en revenir à Burroughs, c'est bien vu. Je me suis très vite sentie attirée par son écriture -ce qu'il exprime et comment il exprime- qui comme je le disais est très physique pour moi. Mais j'appréhende effectivement l'aspect cru de son language. Enfin, on verra bien. En tout cas merci, merci, merci pour ton commentaire.
Laisse tomber alors
Je repense aux clichés. Ca m’amuse. Plus c’est nul, plus je trouve ça drôle… Mais ce n’est pas une raison pour que ce soit mal écrit. Le grossier personnage apparaîtrait dans mon champ de vision comme une silhouette indistincte traversée de rayons solaires par mon imagination. A mon avis, c’est pas bon ! Le grossier personnage apparaîtrait dans mon champ de vision comme une silhouette indistincte que mon esprit, agressé par cette saillie impie, imaginerait traversée de rayons ardents… hé hé hé c’est mieux non ? Non ? Bon OK, je sors...
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