Ian R. MacLEOD : Des ténèbres avant la lumière.
La magie et la sorcellerie furent longtemps considérées comme les sciences de l'ancien monde. Que se serait-il passé si les puissances éthérées né du coeur le plus sombre de l'histoire humaine avaient réellement eu les pouvoirs que leur conféraient les anciens ? Quel aurait été le destin d'un monde pré-industriel contrôlé par ses forces ? C'est la question que pose Ian R McLeod dans L'âge des Lumières, une uchronie où la première révolution industrielle doit son essor à la magie, paru chez Denoël en collection Lune d'Encre. Dans une Angleterre qui ploie sous le poids d'un système de classes impitoyable entretenu par les très puissantes Guildes, le jeune Robert Borrows assiste à la transformation progressive de sa mère, employée d'une usine d'éther et victime d'un accident, en monstre méconnaissable. Refusant son destin d'ouvrier destiné à une mort atroce ou à un travail ingrat, le jeune garçon s'enfuit pour Londres. L'âge des Lumières raconte son histoire et le rôle majeur qu'il jouera dans la dénonciation des effets pernicieux de l'éther et de la machination qui tua sa mère, avant de déclencher la révolution industrielle dont la Grande-Bretagne a besoin. Dans L'âge des Lumières, manufactures, usines, transport, inventions diverses, communication, toute une société, toute une économie, toute une civilisation même, doit son existence à l'éther ! Le fruit, dangereux, du centre de la terre, l'héritage des années d'obscurantisme et de superstition enfin incarné dans la magie. Une magie mise au service de la société comme principale rouage de la machine sociale. Mais ce pouvoir comporte des dangers. Transformation monstrueuses et incontrôlables, injustices sociales, lutte des classes et obscurantisme savamment entretenu par les maîtres des Guildes des plus puissantes aux plus modestes. Nous sommes donc clairement ici, en présence d'une oeuvre de fantasy urbaine même si le style extrêmement soigné de McLeod dépasse franchement ce genre de classification. De fait, L'âge des Lumières évoque aussi bien Charles Dickens que la fantasy des contes de fées. C'est aussi un peu ce qui gène. Une fois encore une belle œuvre de "science-fiction" se voit empesé d'un style emprunté. Bien sûr, McLeod joue d'une manière évidente du style d'une époque, dans un esprit victorien, mais le lecteur du 21ième siècle aura certainement du mal à s'enthousiasmer pour ce roman qui en vaut pourtant la peine. Qu'à cela ne tienne, le propos est assez fort pour passer outre ces effets de styles d'un autre temps (assumés qui plus est, comme je le disais plus haut). On peut voir dans la métaphore de McLeod, une habile réécriture de l'histoire de la première révolution industrielle de la vapeur, de la domestication du gaz et de l'électricité. On peut aussi déceler le pamphlet dénonçant les abus de cette époque, sur laquelle nous avons bâtit les sociétés modernes telles que nous les connaissons. Mais on peut aussi y voir les angoisses et les incertitudes générées encore aujourd'hui par l'exploitation de l'énergie nucléaire ou de la révolution informatique et des effets qu'elle a eut sur notre société. Sous couvert d'uchronie, McLeod retrace donc habilement un panorama de l'évolution de la technique et aussi d'une époque (qui pourrait être la nôtre) où superstition et magies font place à la science et au rationalisme. Commentaires
De Montsé, posté le 28.03.07 à 14:19
![]() Une belle oeuvre de science-fiction se voit empesé d'un style emprunté. L'auteur emprunte le "style" d'une époque, victorienne. Epoque où se déroule l'histoire, c'est ça? Alors pourquoi pas ? Le contraste peut être intéressant, non ? Dommage que nous n'ayons pas une petite illustration. Moi qui lis pas mal de romans historiques, ça me permettrait d'apprécier si c'est réellement pesant. Ou alors le lecteur SF, n'est absolument pas un lecteur de romans historiques... et ça le gave...
De Maxence, posté le 28.03.07 à 19:05 ![]() Oui mais là c'est une uchronie, cela se passe dans un XIX° qui n'a jamais existé, parallèle au notre si tu veux. Donc il aurait pu allèger le style... un peu. Ceci dit, le fond est bon, comme je le dis en conclusion : on referme ce livre étrange avec une l'impression que la magie qui habitait ce monde a disparue et c'est dommage. C'est peut-être une bonne introduction à un certain genre de science-fiction pour toi M ? De la fantaisie urbaine à la sauce Dickens. Non ? Tu vois, je dialogue hein... De M, posté le 29.03.07 à 11:15 ![]() Mince, avec les deux autres qui se font des billets doux à plus de minuit, je n'avais pas vu. Sorry. Pas l'habitude que ça bouge par ici ! Je ne vois pas dans le terme "uchronie" un parallélisme, mais une sorte de déviation de l'histoire (principalement lors d'une fiction) suite à un "évènement" manqué. Ex. Que serait devenu le monde sans l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand. Ici, l'auteur pose la question : Comment serait le monde si la magie avait eu son mot à dire dans l'industrialisation, isnt' it ? De toute façon, ça se passe au XIX, adopter un style rapprochant est logique et de plus original, à mon avis, compte tenu qu'il ne s'agit pas d'un vrai roman historique. J'en reviens à ce que je disais, le vrai lecteur de CF (toi?) trouve cette écriture rébarbative... Moi, qui sait ça pourrait m'intéresser. D'un autre côté, quitte à essayer la SF autant que ça change complètement, non ? Sinon, continue à dialoguer, c'est comme ça que je te préfère De M, posté le 29.03.07 à 11:17 ![]() Pardon, lire SF à la place CF. Zut, zut, à force d'écrire tes initiales, vois ce que tu me fais faire CF, n'importe quoi !!! De CF, posté le 29.03.07 à 12:13 ![]() Bah je sais bienque je t'obsède ma chère Montsé !! Ne le cachons pas !Et CF ne sont pas du tout mes initiales.... De M, posté le 29.03.07 à 12:19 ![]() Tu en a mis du temps à réagir. Fichu travail qui nous prends du temps Pourquoi CF ? si je peux me permettre de poser la question ? On peu connaître ton prénom... C'est plus intime !! Crypto : Sage. Pas mal, pas mal... De Maxence, posté le 29.03.07 à 12:22 ![]() "une sorte de déviation de l'histoire (principalement lors d'une fiction) suite à un "évènement" manqué" Si si, c'est aussi correct vu comme ça. Bien sûr, il y a une logique évidente à adopter le style d'une époque, mais au niveau purement littéraire - surtout à notre époque - on peut aussi s'en passer... Mais bon, ça reste un très bon livre de "SF" (pas vraiment le style d'ailleurs, mais bon, en fait l'âge des lumières est un hybride d'uchronie, de fantaisie et de roman classique... d'où l'idée que cela pourrait te plaire) Crypto : "Koala" n'importe quoi De CF, posté le 29.03.07 à 12:29 ![]() Mon prénom ? Bertrand. Par contre je vais conserver le mystère sur ces deux lettres de mon pseudo... De Montsé, posté le 29.03.07 à 12:31 ![]() Quand j'aurais lu la cinquantaine de bouquins que j'ai en attente, p'être ben qu'oui ! J'achète plus vite que je ne les lis... Je crois qu'avec un petit extrait, j'aurais mieux apprécié si le style est décalé à ce point. Mais bon, pas facile à respecter le nombre de signes, n'est-ce pas ? De Daylon, posté le 29.03.07 à 12:37 ![]() Max, refait le calcul: ça ne se passe pas au XIXè :) (et d'ailleurs, on s'en fout, sauf pour saisir la réflexion assez fine du "la technologie modèle les moeurs") Ensuite, la vf est poil moins sex que la vo, quand même (après tests comparatifs), beaucoup plus musicale. Et donc moins lourdingue. De Maxence, posté le 29.03.07 à 13:13 ![]() @Daylon : Il s'agit bien de la première révolution industrielle non ? Bon alors, c'est bien au XIXe siècle que cela se passe ! Citation : C'est sous la plume d'Adolphe Blanqui qu'est né le terme de Révolution industrielle pour caractériser le phénomène majeur du XIXe siècle dont les conséquences s'exprimèrent en tout point de l'économie, de la politique et de la société. De toute façon, en réalité on ne sait pas "quand" cela se passe... Mais l'argument de Zen Arcade sur le Forum du Cafard, concernant le fait que le style empesé sert au contraire bien le constat d'immobilisme est vraiment bien vu, je m'incline. De M, posté le 29.03.07 à 13:17 ![]() "Immobilisme"... Ben voilà !! J'ai la berlue où tu as bel et bien effacé et réécrit ton post Mx. ? C'est pas juste, nous on peut pas faire ça... De Maxence, posté le 29.03.07 à 14:56 ![]() ; ) De Tata M, posté le 29.03.07 à 15:14 ![]() J'adore ce genre de réponse... Crypto : salade de soja. De M, posté le 30.03.07 à 14:21 ![]() Bertrant alors... C'est curieux ! ![]() De Daylon, posté le 30.03.07 à 14:26 ![]() Max > oui, peut-être, mais tout au long du récit, tu as le personnage de Robert Borrows qui fait des insinuations à propos des "âges"; tu comprends au bout d'un moment qu'ils font grosso-modo un siècle, à peu de choses près et que l'âge courant se termine (donc un cycle séculaire)... En recoupant (ouais, ça vire au travail de nerd, je te l'accorde) les infos, tu devines qu'on doit être quelque part au milieu du XXè. Quelque chose entre 1930 et 1960. Note aux lecteurs : le fait que l'âge des lumières soit un uchronie est strictement inutile. On pourrait très bien parler d'achronie sans que ce soit choquant. Tout le propos réside dans ce rapport au monde (à ce monde). De Montsé, posté le 30.03.07 à 14:56 ![]() Achronie ? N'est-ce pas une façon de créer un univers en empruntant à des périodes historiques différentes. Un lieu -La grande-Bretagne, ici - où se rencontrent diverses périodes historiques sans tentative de cohérence chronologique ou de mise en situation. Je ne vois pas bien le rapport avec "L'âge des Lumières" !??? Je crois avoir lu quelque part que ce sont les japonais qui utilisent ce "procédé" littéraire. De Daylon, posté le 02.04.07 à 17:33 ![]() Pas mal de gens utilisent l'achronie, mais le terme est peu usité en france, j'ai l'impression. Quand je parle d'achronie, c'est rapport à l'introduction de l'éther comme élément (qui ne tient pas vraiment du merveilleux pour autant) intrinsèque de l'univers de mcLeod. Donc irréaliste. C'est un peu capitalotracté, mais comme dis plus haut, toute référence à de quelconques époques et tout à fait superflu. L'auteur mélange énormément de référencences aux OGMs ou à la pollution radioactive (sans les citer directement), tout en décrivant un univers victorien, aux télégraphes aussi performants que les premiers réseaux à grande échelle. Etc. ... Ça se voit qu'on ne peux pas étiqueter mcLeod, là ? De Montsé, posté le 03.04.07 à 09:50 ![]() Hum.... je vois ce que tu veux dire. OK ! De Mcleod, posté le 17.10.07 à 15:11 ![]() A lire De Roland, posté le 11.01.08 à 12:22 ![]() Moi, je n'ai absolument pas accroché à ce truc là. Ennuyeux à mourir Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum livres :
|