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La dernière femme : Vita Sackville West et son Grand Canyon

Posté par Myosotis le 02.04.07 à 11:30 | tags : roman, science-fiction

Connue pour avoir été l'amante de la grande Virginia Woolf et l'inspiration directe de son Orlando, la belle Vita Sackville West est l'achétype de ces femmes infiniment libres qui hantaient le quartier huppé de Bloomsbury dans les années 20. Mariée à un diplomate avec qui elle entretenait une vraie relation affective (et qui dura toute sa vie), Vita Sackville embrassa d'abord une carrière de poétesse, remportant une kyrielle de prix avec son sublime the Land au début des années 20.
Elle enchaîna sur une série de romans (pas lus) qu'on dit dans la tradition d'EM Forster, très anglais dans le style et leurs thématiques comme Héritage ou les Edwardiens, sur la belle société de l'Epoque. Son livre le plus original (et qu'on ne peut que recommander) reste néanmoins le dernier qu'elle écrivit, ce fascinant et atypique Grand Canyon, publié en 1942, et qu'on peut dénicher dans sa traduction française sur www.abebooks.fr ou chez les bouquinistes.
Dans ce livre assez étrange, Vita Sackville West imagine, depuis un Londres en flammes, l'invasion façon Blitzkrieg des Etats-Unis par le IIIème Reich. L'histoire est racontée par une touriste réfugiée dans un hôtel désert du Grand Canyon et rend à la perfection cette idée d'un monde qui sombre et qu'on regarde tomber avec calme. L'indolence de la société anglaise des années 1920 est toute entière tournée vers la perception d'une barbarie et d'un déchaînement qui lui sont tout à fait étrangers. On comprend avec ce livre ce qui a fait que l'Angleterre s'est tenue courageusement pendant de longs mois face aux légions hitlériennes : peu de pays étaient alors plus éloignés, culturellement et rythmiquement, que l'Allemagne et l'Angleterre. Peu de bourgeoises étaient aussi distantes que la vieille société anglaise et l'intelligentsia germanique.
Après son livre de 1942, atypique au possible et qui est à ranger aux côtés du Rêve de Fer de Norman Spinrad (1972), Vita Sackville West n'écrira plus que des bouquins de jardinage sublimes, se consacrant, après l'horreur, à restaurer le parc du manoir de Sissinghurst, où elle décéda. Dans ses mémoires, elle reviendra sur sa vie de lesbianisme et sur sa plus belle histoire d'amour avec Violet Trefusis, son amie d'enfance rencontrée alors qu'elles avaient respectivement 10 et 13 ans, et qui la poursuivra de ses ardeurs pendant des décennies.

 





Commentaires

De Lolla, posté le 02.04.07 à 12:06 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Ca a plus de gueule que la Diwan : )

Magnifique portrait (elle ressemble à Oscar Wilde).

 



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