Le tunnel (de la vie conjugale) - extrait n°3![]() Dans un livre de 709 pages, il faut s'attendre à tout et aussi à ça : la haine trouble inspirée par une femme qu'on a pu aimer et qui se transforme sous nos yeux en mnstre de foire, grosse, grasse et laide. Kohler, l'historien narrateur du Tunnel de William H. Gass, nous gratifie des pages les plus noires, et des formules les plus méchantes qu'il m'ait été donné de lire sur le couple et son devenir. Martha est sans conteste la femme à qui le livre aura fait le plus de mal sur cette planète. Kohler est un monstre bien plus impressionnant que la tapette nazie pédophile de Jonathan Littell, dont il partage certains des caractères : sa haine est une haine de proximité, qu'il n'a pas la force de projeter sur ces autres qu'il ne connaît pas. La haine tombe à portée de vie : sur ses enfants (2, dont un qu'il refuse de nommer, pour l'humilier plus encore) et sa femme-con fermé. Pouah. Lire la chronique du Tunnel sur le mag livres
Commentaires
De Montsé, posté le 07.03.07 à 18:30
![]() Dis-moi Myosotis, est-ce que "Le Tunnel" fait partie de ces bouquins horribles dont tu parlais ? Car celui-ci me paraît vraiment horrible, même s'il n'est pas horrible pour toi de le lire... Rentre-t-il dans cette catégorie des "contraintes" ? Sur ce, je rentre. Buenas noches y un beso a todos. De M, posté le 07.03.07 à 18:40 ![]() Enfin la vie paraît horrible à ce pauvre Kolher qui a vu la femme qu'il a épousée devenir "monstrueuse" Et qu'en est-il lorsqu'une épouse est restée belle, peut-être même plus et que le mari l'ignore ? Qu'est-ce qui est horrible ? des mots ? une histoire ? Laquelle ? Bon, j'étais censée prendre mes distances... Et hop, je m'exécute aussitôt !!! De myosotis, posté le 07.03.07 à 19:47 ![]() Non non on est pas du tout dans l'horrible sur le fond (en dépit des quelques phrases réellement cruelles du personnage principal, de son acidité, de son désespoir - mais rien d'insoutenable à lire ou de stupidement choquant ou provoc) juste dans le très massif, très flippant sur la longueur et dans l'angoisse d'être face à une "oeuvre" qui nous dépasse un peu en tant que lecteur par son ambition, ses intentions, au point qu'on ne sait pas trop si on doit aimer ou ne pas aimer. Ce genre de bouquins où le challenge premier est de savoir si on peut aller au bout, qu'on envisage de lâcher mille fois et qu'on reprend parce qu'on est rattrapé par un passage sublime qui nous culpabilise presque de ne pas mériter ça. Voilà le Tunnel au titre très bien trouvé. C'est exactement ce qu'on ressent en lisant le livre. L'impression que tu descends dans la cave flippante de quelqu'un d'autre sans que tu sois sûr qu'il ne va pas te séquestrer, sans être sûr que tu vas voir quelque chose de sympa au bout. Au final, rien de sympa au bout, je te rassure mais une sorte de lumière noire. Je suppose que tu as déjà ressenti ça pour certains bouquins non ? C'est une sensation très organique, très physique et qui échappe un peu à la critique d'où ma tentative de ne pas faire sur le mag une critique totalement lisible. Sinon content que tu te sois donné du mal pour trouver mon bouquin. Ca doit bien se lire normalement, tu verras. On est pas dans la même catégorie que le Tunnel évidemment. De Montsé, posté le 08.03.07 à 10:00 ![]() J'admets que je trouve l'extrait que tu nous montres absolument fascinant ! Mais encore une fois je répugne à "descendre dans la cave flippante" de qui que ce soit. En quoi consiste une lumière noire ? Tous les livres que j'ai lus parlant de morts, d'angoisse, de malheur m'ont chaque fois laissé un sentiment de vide insuportable et chaque fois je me suis empressée de lire derrière un roman plus constructif psychologiquement, plus tonique ; le roman bol d'air que j'appelle moi. Mais curieusement je ne me souviens pas avoir été fasciné par l'écriture de ces derniers, leur style dirons-nous ? Que signifie alors le mot "poignant" : qui cause une vive douleur morale. Et voilà. C'est injuste !!! Je crains bien de m'être contentée de peu, de peur sans doute d'être... séquestrée ? A 18 ans j'ai lu "Chaque homme dans sa nuit" de Julien Green. Aujourd'hui ça ne me dit plus rien. C'est marrant mais je trouve que lorsque tu commentes sur tes notules tu le fais plus... librement ? Non ? De Easyrewriter, posté le 08.03.07 à 10:34 ![]() Y A UNE CHRONIQUE SUR LE MAG De Thomz, posté le 08.03.07 à 12:42 ![]() Je vois ce que tu veux dire Montsé : quand j'ai terminé La Famille Royale de William Vollmann, dont le cent cinquante dernières pages sont littéralement le récit halluciné d'un clochard céleste, en proie aux remords et à la poursuite d'un idéal dont on sait qu'il ne sera jamais atteint mais dont l'existence théorique donne un souffle étrange à la fin du récit, et puis tout le reste du roman aussi qui est magnifique dans sa noirceur et son désespoir, j'ai enchainé directement sur Brooklyn Follies de Paul Auster que j'ai lu d'une traite, plus aérien sans doute, plus léger mais pas moins superficiel... En tout cas la manière dont Gass évoque le processus de création du Tunnel est assez fascinant...ça me rappelle un peu les propos de Kershaw quand il travaillait sur sa biographie de Hitler...si tu peux Myoso jette un coup d'oeil, il y revient assez longuement en préface de la biographie et dans divers articles... De g@rp, posté le 21.04.07 à 18:10 ![]() Les 4 et 5 mai je serai ici. Si vous avez des questions à poser à claro, des remarques à lui faire à propos de Gass, Vollmann, Danielewski ou autre, n'hésitez pas, je transmettrai. Passez-moi un MP sur le forum fluctuat. Je peux vous garantir que j'aurai laaaaargement le temps de lui poser vos questions ^_^ puisque nous allons passer deux jours sans nous lâcher. De Henri Pelletier, posté le 17.10.07 à 21:55 ![]() Et alors ? Ce fut intéressant ? De Henri, posté le 18.10.07 à 11:29 ![]() Et alors ? Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum livres :
|