Le tunnel (de la littérature) - extrait n°2
![]() "Un livre, écrivis-je, est une comme une galerie de fenêtres; chaque page perçoit un monde et raconte sa fortune; chaque page même faiblement reflète le visage de son lecteur, et transmet un jugement; chaque page est faite d'esprit, et c'est ce même esprit qui perçoit le monde extérieur, et c'est ce même esprit qui reflète un monde intérieur, et c'est ce même esprit qui se tient dans la transparence entre la perceptionet le reflet, unissant et divisant, jouant un double jeu. Il est clair que vous avez recopié votre dissertation, dit Miss Buse (car que font les buses sinon persifler toute la nuit durant) : ce n'est pas votre travail et tout simplement ne peut pas l'être,; qui donc avez-vous pillé ? Où avez-vous trouvé ces lignes ? votre papa les a-t-il trouvées pour vous ? Dans quel ouvrage d'agrément, peut-être. Je connus la joie que tirent les juifs des accusations injustifiées. "
Kohler raconte ses années collège avec une lucidité extraordinaire. Le flot ininterrompu des souvenirs est si cruel et juste que le lecteur ploie parfois sous la maestria du propos, mais aussi de chaque phrase. Dans un livre où presque tout est juste comme il faut, sur chaque mot, chaque paragraphe, l'oeil qui lit ne se sent parfois plus à sa place. On souhaiterait presque, pour notre satisfaction, que le livre soit moins bon. Question : qui est assez balèze pour recevoir un livre parfait ? Pas moi. Sauf si je savais qu'il nous venait de dieu en personne. Coming soon : la chronique du Tunnel sur le mag Commentaires
Pas encore de commentaire
Ajouter un commentaire |
Discussions en cours sur le forum livres :
|