John Betjeman : poète ordinaire Mal connu (et peu traduit) dans notre pays, l'Anglais John Betjeman s'est imposé en Angleterre, ces dernières années, comme l'un des poètes de référence du XXème siècle britannique. Les manuels scolaires lui ont fait une petite place auprès de Yeats, de Keats ou de Shakespeare, après sa mort en 1984, alors qu'il souffrait encore d'un désamour des spécialistes. Poète "France Loisirs" selon les uns, Betjeman n'en est pas moins chéri d'un public vaste, et a écoulé au total plus de deux millions de ses opuscules sur la seule Angleterre. Homme de radio et de télévision, Betjeman a un style inimitable et incarne à lui seul l'Englishness. Sa poésie est directement accessible, assez simple dans ses modes de versification et surtout gorgée de références à la vie quotidienne. Elle conserve cependant, à l'image de celle de Keats et des travaux de DH Lawrence, une sorte d'évidence pop qui la rend très suggestive et chargée de musicalité. Betjeman aura marqué son temps (malgré des études universitaires ratées) en développant une série de documentaires vidéo sur l'habitat et la forme esthétique que prennent les sociétés modernes, et urbaines en particulier. Ces films sur la banlieue londonienne et la lente contamination architecturale de la campagne par la ville sont un miracle d'intelligence et de poésie. On y voit une époque trépasser en direct et une autre apparaître dans un style qui, étrangement, rappelle l'étonnement et la naïveté des films de Tati. En revenant d'Australie (1974) CommentairesAjouter un commentaire |
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