Avec le flot continu des informations dispensables, on aurait presque fini par oublier toutes ces bonnes nouvelles qu'un quotidien d'un genre nouveau entend désormais laisser s'écouler comme un pétulant fleuve printanier. Si Wah est déjà le journal de la France qui gagne - on y trouvera un vibrant édito sur les qualités intellectuelles de Miss France - sa rédaction n'hésite pas non plus à voir la beauté du monde au-delà de nos frontières : l'année sabbatique des morues offerte par l'Union européenne ou la destruction tant attendue et enfin programmée par ctte dernière des stades de foot. On trouvera encore des brèves réellement stimulantes comme celle-ci : "Selon le programme environnemental des Nations Unies (UNEP) et grâce aux actions conjointes avec les populations locales, la moitié de la superficie des marais d'Irak,
situés entre le Tigre et l'Euphrate, aurait retrouvé sa jeunesse biodiverse, fleurie et foisonnante des années 70, événement rarissime dans le monde vivant qui passé un certain seuil d'assèchement et de déplétion a habituellement tendance à s'encroûter tout à fait pour laisser passer les chenilles." Car oui, Wah, est bien écrit -par des écrivains comme Chloë Delaume et Jean-Charles Massera, mais pas que.
Encore une bonne nouvelle : Wah est gratuit et distribué par des gens souriants chaque jour à 18H aux stations Oberkampf et Parmentier ou téléchargeable ici. Soucieux d'accompagner une démarche éditoriale qui refuse le déclinisme ambiant, Mille-Feuilles hébergera chaque jour un article de l'auguste publication éditée par Eric Arlix, espérant qu'elle créera un sursaut au sein de la presse gratuite abonnée à une honteuse médiocrité. C'est, en l'instant, un immense espoir.
Premier article de l'édition du 29 01 de Wah vers 18 h.